17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 18:58
La mobilisation paie !

Le lycéen Harouna arrêté fin septembre a été  libéré vendredi 8 octobre par le TA après 13 jours de rétention. La mobilisation menée par RESF a porté ses fruits, Harouna va pouvoir retourner au lycée Raspail où l’attendent ses profs et camarades.

Arrivé en France pour rejoindre son père en situation régulière, il n’a pu commencer à constituer son dossier de demande de titre de séjour qu’un peu tardivement en raison des difficultés d’obtention de la Carte Nina auprès de son consulat d’une part, et, d’autre part, en raison des importantes difficultés à obtenir un rendez vous dans le cadre d’un Admission Exceptionnelle au Séjour depuis que les services de la préfecture sont dématérialisés.

Harouna a un projet d’alternance qui lui tient à cœur, sa famille est ici, ses amis sont ici .. La place de Harouna est parmi nous.

Alors que le gouvernement prépare une nouvelle loi, plus restrictive, concernant les jeunes Isolé.es Etranger.es et en particulier les mineur.e.s non accomapagné.es, les fichant d’office et ressortant les test osseux, comme élément pouvant déterminer leur majorité,

Alors que la mise en des plateformes interrégionales Mains d’oeuvre étrangère, dépendantes du Ministère de l’Intérieur, évinçant ainsi tout regard extérieur au dossier, obscurcissent de plus en plus l’horizon des demandeurs d’asile.

Alors la criminalisation des militants.es se renforcent, que des familles avec enfants scolarisés sont mis à la rue à l’approche de l’Hiver,

Sud Education salue la victoire de Resf, et du collectif de défense d’Harouna, laquelle nous invite toutes et tous, à renforcer la lutte collectivement aux quatres coins de la métropole et aussi dans les territoires dits ultramarins.

SUD éducation réaffirme son soutien à RESF et revendique fermement la régularisation immédiate et sans conditions des sans papiers

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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 18:56
Agression d’une collègue à Combs-la-ville : “pas de vague” et manque de moyens

Une enseignante d’un lycée de Combs-la-ville (77) a été violemment agressée en fin de semaine dernière. La vidéo de cette agression a été diffusée par les réseaux sociaux. SUD éducation apporte tout son soutien à cette collègue, et demande à l’institution de prendre ses responsabilités pour qu’elle soit protégée.

De tels agissements sont rendus possibles en raison de la logique comptable à l’œuvre dans l’Éducation nationale. Les effectifs par classe augmentent en effet de manière continue dans les établissements du second degré depuis de nombreuses années, tandis que les moyens alloués à la Vie scolaire baissent, en particulier dans les établissements où le besoin se fait le plus cruellement sentir. De même, de nombreuses heures postes sont progressivement converties en heures supplémentaires, ce qui conduit à accroître la charge de travail des personnels, et in fine à réduire encore le nombre d’adultes présent⋅es dans l’établissement. De ce fait, de nombreuses classes et de nombreux établissements deviennent de véritables cocotte-minutes.

Le nombre d’incidents graves remontés pour mille élèves par les établissements augmente ainsi sans cesse depuis la rentrée 2017. La prise en charge des incidents par la hiérarchie n’est pas satisfaisante. Plutôt que de se donner les moyens de traiter les situations – et pas seulement par le disciplinaire – la hiérarchie préfère bien souvent le “pas de vague”. La parole des personnels n’est pas suffisamment entendue, et les solutions institutionnelles, comme la protection fonctionnelle, sont trop rarement mises en œuvre.

Il est inacceptable que ces agressions fassent l’objet d’une récupération politicienne. Les personnalités politiques de droite ou d’extrême-droite qui s’émeuvent de l’agression de Combs-la-Ville font bel et bien partie du camp des fossoyeurs de l’éducation. Cet opportunisme teinté de mépris de classe, de racisme et d’islamophobie, est inacceptable. De même, nous appelons à la vigilance quant à la surenchère sécuritaire à laquelle pourrait se livrer le ministère dans les semaines qui viennent, comme il le fait de manière récurrente dans ce genre de situation.

La construction d’un climat apaisé en milieu scolaire passe par l’attribution de moyens permettant à toutes et tous de travailler sereinement, et non par des postures martiales et identitaires.

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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 18:53
Régularisation pour les jeunes étranger·e·s en formation – pétition unitaire

Collectif pour la régularisation des jeunes majeurs en formation a lancé cette pétition adressée à Mesdames les Sénatrices et à 

Il y a plusieurs mois, Stéphane Ravacley, boulanger à Besançon, a entrepris une grève de la faim. Laye Fodé Traoré, jeune migrant guinéen, dont il était le maître d’apprentissage, venait d’avoir 18 ans et de recevoir une Obligation de quitter le Territoire Français (OQTF). Par sa démarche radicale, Stéphane a exprimé sa révolte face à cette décision administrative abrupte aux conséquences destructrices. Sa détermination a éveillé l’intérêt des médias et lui a valu un immense soutien solidaire. Stéphane a obtenu gain de cause et Laye Fodé Traoré a pu continuer son chemin vers un vrai métier.

Partout en France ces situations se multiplient : Patricia Hyvernat a mené une grève de la faim pour son apprenti Yaya, Guy de La Motte à son tour a mis sa vie en péril pour sauver Boubacar et Sidiki de l’expulsion. Karim, Traoré, Souleymane Bakayoko, Nasser, Abakar, etc. Ce sont des dizaines de jeunes en formation qui sont menacés sur tout le territoire. Ils ne font pas tou.te.s l’objet d’une visibilité médiatique mais ils sont les victimes d’un système incohérent et soumis à l’aléa de décisions administratives variables d’une préfecture à l’autre : comment en effet justifier aux yeux des citoyen.ne.s et des contribuables que l’Etat interrompe brutalement à 18 ans les formations de jeunes que les collectivités publiques et l’Education nationale ont pris en charge ? Comment accepter que des mesures administratives variables d’une préfecture à l’autre décident arbitrairement du destin de ces jeunes ? Comment accepter que ceux qui ont déployé tant d'efforts pour s'intégrer soient reconduits dans des pays où personne ne les attend, parfois même définitivement interdits de retour sur le territoire français ? Faut-il se mettre en danger par une grève de la faim, simplement pour que des jeunes qui souhaitent se former, travailler et s’insérer puissent voir leur situation traitée avec humanité ?

Pour sortir de cette contradiction et des drames humains qu’elle engendre, nous tous et toutes, jeunes, chef.fe.s d’entreprise, maîtres d’apprentissage, enseignants, soutiens associatifs, demandons une révision de la législation pour garantir une régularisation à chaque jeune en formation jusqu’à la fin de son parcours de formation. Nous soutenons la proposition de loi de Jérôme Durain, Sénateur de Saône et Loire qui sera examinée le 13 octobre par le Sénat. (en annexe)

Il est essentiel que la société civile se mobilise et donne une caution citoyenne forte à cette démarche. Les droits de ces jeunes doivent être garantis et ne plus passer à la trappe d’une machine administrative inhumaine, nous vous invitons donc à signer la pétition et, aussi, à saisir les élu.e.s (sénateurs, députés, conseillers départementaux) afin qu’ils s’engagent à soutenir le texte. (courrier en annexe)

Pour que cessent les expulsions des jeunes étrangers en apprentissage ou en formation dans notre pays ; pour que la France continue à placer les enjeux humains universels au cœur de ses valeurs ; pour donner une vraie chance à d’autres Laye, Yaya, Boubacar et Sidiki, rejoignez notre mobilisation, signez cette pétition, écrivez à vos élu.e.s !

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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 18:51
Étudiants et étudiantes afghanes : en finir avec les politiques d’hostilité – Tribune publiée dans Le Monde
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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 13:07

SUD éducation fait le point sur la prise en charge par l’employeur public de 50 % de la mutuelle, comme c’est déjà le cas dans le privé depuis 2016.

Vous pouvez télécharger le diaporama pour le diffuser à vos collègues.

Les textes parus en 2021

L’ordonnance

Ordonnance n°2021-175 du 17 février 2021 relative à la protection sociale complémentaire dans la Fonction Publique

Le décret d’application

Décret n° 2021-1164 du 8 septembre 2021 relatif au remboursement d'une partie des cotisations de protection sociale complémentaire destinées à couvrir les frais de santé des agents civils et militaires de l'Etat

Pour tous-tes les fonctionnaires

Modifie la loi du 13 juillet 1983 portant droit et obligations des fonctionnaires (loi Le Pors)

→ Article 22 bis

Pour la FPT

Modifie la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale

→ Article 25-1.

→ Article 88-2 (à partir du 1er janvier 2026), 3 (à partir du 1er janvier 2025) et 4.

Mise en œuvre et dispositions transitoires

L’ordonnance entre en application au 1er janvier 2022.

Pour la Fonction Publique d’État, la prise en charge à 50 % n’entrera en vigueur qu’au 1er janvier 2024 (article 4 de l’ordonnance) : le temps de faire des appels d’offre et de signer des conventions…

Du 1er janvier 2022 à l’entrée en vigueur de la prise en charge à 50 % (2024 dans la FPE), remboursement d’une partie de la mutuelle à hauteur de 15€ (brut).

→ C’est le décret qui fixe le montant et les conditions de remboursement, ainsi que la liste des personnels concernés.

Dans la FPT, les assemblées délibérantes des collectivités territoriales organisent un débat portant sur les garanties accordées aux agents en matière de protection sociale complémentaire dans un délai d'un an à compter de la publication de la présente ordonnance.

Applications du décret pour l’Éducation nationale

Pour qui ? (Articles 1 et 2)

→ Les fonctionnaires titulaires et stagiaires relevant de la loi du 11 janvier 1984

→ Les agents contractuels de droit public relevant du décret du 17 janvier 1986

→ Les agents contractuels de droit privé relevant du code du travail, dont les apprentis

→ Les personnels enseignants et de documentation des établissements d'enseignement privés sous contrat relevant du code de l'éducation

Attention : Les dispositions du présent décret ne s'appliquent pas :

1° A la personne engagée pour une tâche précise, ponctuelle et limitée à l'exécution d'actes déterminés ;

2° A l'agent bénéficiant d'une participation de son employeur au financement de ses cotisations de protection sociale complémentaire destinées à couvrir les frais occasionnés par une maternité, une maladie ou un accident lorsque cette participation est attribuée individuellement.

Position de l’agent (article 5)

Le remboursement est versé à l'agent placé dans l'une des positions ou situations suivantes :

1° Activité ;

2° Détachement ou congé de mobilité ;

3° Congé parental ;

4° Disponibilité pour raison de santé, congé sans rémunération pour raison de santé ou tout dispositif de même nature ;

5° Congé de proche aidant, congé de présence parentale et congé de solidarité familiale ;

6° Position, situation ou congé de toute nature donnant lieu au versement d'une rémunération, d'un traitement, d'une solde, d'un salaire, ou d'une prestation en espèces versée par son employeur.

Le versement est maintenu jusqu'à la fin du mois au cours duquel l'agent cesse d'être dans l'une de ces positions ou situations. Lorsque la reprise du service a lieu au cours d'un mois ultérieur, le versement est effectué pour ce mois entier.

Temps partiel / incomplet (articles 7 et 8)

Lorsque l'agent exerce ses fonctions à temps partiel ou occupe un emploi à temps incomplet, il bénéficie du remboursement dans les mêmes conditions que s'il travaillait à temps plein ou complet.

Lorsque l'agent occupe des emplois à temps incomplet auprès de plusieurs employeurs publics de l'Etat, le remboursement est versé par l'employeur auprès duquel il effectue le volume d'heures de travail le plus important. L'appréciation de ce volume d'heures de travail est effectuée à la date de la demande de l'agent et réévaluée annuellement ou, le cas échéant, lorsque l'agent cesse sa relation de travail avec l'employeur en charge du versement.

Démarche (articles 4 et 9)

Faire une demande à l’employeur en passant par votre gestionnaire.

Joindre à la demande l’attestation émise par votre mutuelle (la MGEN vient de l’envoyer par courrier).

Le remboursement est fixé à 15€ (brut) par mois.

Nos revendications

→ Notre union syndicale Solidaires revendique la mise en place d’un régime universel, solidaire et égalitaire d’Assurance Maladie conduisant à une prise en charge à 100 % des frais médicaux nécessaires et à la généralisation du tiers payant. Ce qui suppose de sortir de la prise en charge des frais de santé toutes les complémentaires privées, instituts de prévoyance, sociétés privées qui réalisent des profits sur la maladie.

→ En attendant l’aboutissement de cette revendication, nous demandons que l’État constitue les dossiers et rembourse a priori les agent-es, en se mettant en relation avec les mutuelles, au lieu de faire reposer la charge administrative sur chacun des personnels.

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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 13:02

À la rentrée 2021, l’école accueille 400 000 élèves en situation de handicap. Blanquer se félicite de ces chiffres, néanmoins sur le terrain, la réalité est tout autre !

Les conditions de scolarisation des élèves en situation de handicap sont inacceptables :

  • les élèves perdent des heures d’accompagnement,
  • les AESH sont maltraité·es,
  • les autres personnels ne bénéficient pas de l’aide nécessaire pour garantir la réussite des élèves en situation de handicap.

Une baisse du nombre d’heures d’accompagnement par élèves !

Il n’y a pas assez de personnels AESH pour accompagner tous les élèves qui en ont besoin. Avec la mutualisation des moyens et l’instauration des Pial (Pôle inclusif d’accompagnement localisé), le nombre d’heures d’accompagnement ne dépend plus des besoins des élèves, mais des moyens disponibles. Lorsqu’un·e élève reçoit une notification de la MDPH stipulant la nécessité d’un accompagnement, les autres élèves du Pial perdent des heures pour que l’élève nouvellement notifié soit accompagné. Dans certaines écoles et certains EPLE, il manque des centaines d’heures. Voilà à quoi mène la logique comptable !

Les conditions de travail des AESH se sont dégradées depuis la mise en place des Pial !

Avec le Pial, les AESH sont conduit·es à se déplacer d’écoles en établissements scolaires, parfois au cours d’une même journée. L’administration leur demande d’accompagner davantage d’élèves, sans formation, sur des temps de plus en plus courts. C’est mépriser les compétences professionnelles et le travail des AESH : le suivi des élèves, l’adaptation des supports pédagogiques, la concertation avec les équipes, la formation aux différents types de handicap…

Contre la précarité, gagnons un vrai statut pour les AESH !

Les collègues AESH sont employé·es sous contrat, le temps scolaire ne leur permet que très exceptionnellement de travailler à plein temps. La plupart des AESH sont employé·es sur des temps incomplets imposés avec un salaire moyen de 750-800 euros pour 24h de travail hebdomadaire. Les AESH se mobilisent pour faire reconnaître que 24h d’accompagnement constitue un travail à temps plein qui doit être reconnu par un vrai statut de la Fonction publique.

Ensemble on peut gagner !

Après plusieurs journées de grève, les AESH ont obtenu que le ministère rouvre le dossier des salaires, il faut poursuivre la mobilisation, l’amplifier pour gagner :

  • un vrai statut et un vrai salaire pour les AESH
  • l’abandon des Pial et de la mutualisation des moyens !
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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 12:57

Dans un courrier adressé aux recteur·ices le 6 octobre, le ministère demande qu’un hommage soit organisé dans les écoles et établissements le vendredi 15 octobre, un an après l’attentat atroce dont a été victime notre collègue Samuel Paty.

Comme l’année dernière, le ministère bâcle de manière inacceptable un hommage qui demande une mobilisation pleine et entière de la profession et de la communauté éducative. Les délais impartis sont beaucoup trop courts pour permettre une mise en œuvre sensée et cohérente de l’hommage. Dans de nombreux endroits, celui-ci n’aura lieu que de manière superficielle, faute de temps de préparation suffisant.

De nouveau, aucun créneau n’est dégagé pour permettre aux personnels d’échanger entre eux pour décider de la façon de mener l’hommage. Les initiatives les plus inadaptées pourront très bien être décidées localement par la hiérarchie, au mépris de toute initiative des collègues.

Rappelons que l’année passée, le ministère avait refusé, dans une volte-face de dernière minute d’une brutalité inouïe, la banalisation des heures de 8h à 10h pour permettre aux personnels d’échanger entre eux. SUD éducation avait revendiqué à l’époque que le lundi soit consacré à la préparation de l’hommage, entre pairs le matin et avec un accueil des élèves l’après-midi. Face à la surdité du ministère, les personnels avaient dû se mettre en grève pour prendre de force le temps de concertation qui leur était refusé.

Les modalités de la cérémonie officielle, largement inadaptées, avaient révélé tout le cynisme du ministre qui avait imposé la lecture d’un texte de Jaurès dont avaient été caviardés les passages qui lui déplaisaient.

SUD éducation porte toujours les mêmes revendications : que l’hommage à notre collègue se fasse dans des conditions dignes et respectueuses de la liberté pédagogique des équipes, avec un temps d’échanges prévu entre collègues et un dispositif permettant une mobilisation toute entière de la communauté éducative.

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8 octobre 2021 5 08 /10 /octobre /2021 09:13

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l'époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l'indépendance de l'Algérie, et le Préfet de Police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l'indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés –notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police parisiennes.

60 ans après, la Vérité est partiellement en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées – en particulier la Guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu'elles ont entraînés, comme ce crime d’État que constitue le 17 octobre 1961. Le 17 octobre 2012, le Président de la République (François Hollande) avait certes fait un premier pas important, en déclarant : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. » Mais le terme de crime n'est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie. Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à « honorer » les criminels de l'OAS.

Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :

➢ Que la lumière soit faite sur les soi-disant « retours vers leurs douars d’origine » des Algériens survivants du 17 octobre envoyés en fait dans des camps de la mort de l'Algérie coloniale.

➢ Que la création d’un lieu de mémoire voué à cet événement, demandée dans la résolution votée par le Sénat en octobre 2012 qui reconnaissait elle aussi ce massacre, soit rapidement mise en œuvre par les autorités de l’État, de la Ville de Paris et la Région Île-de-France.

➢ Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs collègues algériens

➢ La vérité doit être dite sur l'organisation criminelle de l’OAS que certains au sein de la droite et extrême droite politique veulent réhabiliter.

➢ Faute d’une telle reconnaissance, le système de ce type de violence policière se reproduit.

Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d'Algérie, à savoir le racisme, l’islamophobie et les discriminations dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après plus d’un demi-siècle, il est temps : 

✓ Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste fort, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’État. Comme il l'a fait en septembre 2018 pour l'assassinat de Maurice Audin, et en mars 2021 pour celui de maître Ali Boumendjel par l’armée française et pour l’existence d’un système de torture généralisé. Cette reconnaissance doit s’étendre aux milliers d’Algériens qui en ont été victimes (voir le site www.1000autres.org)

✓ Que l’État français reconnaisse sa responsabilité dans l'internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps ;

✓ Que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens ;

✓ Que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

✓ Qu’une loi de réparation soit mise en œuvre.

 

Manifestation dimanche 17 octobre 2021 à 15 h, du cinéma REX au pont Saint-Michel à PARIS

 

Signataires :

Associations : 17 octobre contre l’oubli, 4ACG (Anciens appelés en Algérie et leurs ami·e·s contre la guerre), ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui), ACDA (Association pour le Changement et la Démocratie en Algérie), ACORT (Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie), ADM (Action Droits des Musulmans), ADTF (Association Démocratique des Tunisiens en France), Africa 93, Agir ensemble pour les droits humains, Algeria Democraty, AlternaCultures, AISDPK (Association Informations et Soutien aux Droits du Peuple Kanak), AMF (Association des Marocains en France), Ancrages, ANPNPA (Association Nationale des Pieds-Noirs Progressistes et leurs Amis), ANPROMEVO (Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS), APCV (Agence de Promotion des Cultures et du Voyage), APEL-Égalité, ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), ASDHOM (Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc), Association de Jumelage Rennes-Sétif, Association des Ami.e.s de Maurice Rajsfus, Association Josette et Maurice Audin, ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France), ATTAC, Au nom de la mémoire, CCAF PACS (Comité de Citoyens Algériens en France pour une Assemblée Constituante Souveraine), CEDETIM (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale), CNDF (Collectif National pour les Droits des Femmes), collectif 17 octobre 1961 de l'Isère, collectif du 17 octobre 1961 Marseille, Collectif des Algériens de Grenoble, Collectif Faty KOUMBA (Association des Libertés – Droits de l’Homme et non-violence), Comité Adama, Coordination nationale Pas sans Nous, COPERNIC, CPSLD (Collectif pour une Syrie Libre et Démocratique), Comité Montreuil Palestine, Comité Vérité et Justice pour Charonne, CRID (Centre de Recherche et d'Information pour le Développement), CRLDHT (Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie), CVPR PO (Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient), D’ailleurs Nous Sommes d’Ici 67, Debout l’Algérie, EPP (Enseignants Pour la Paix), Entre les lignes entre les mots, ESSF (Europe solidaire sans frontières), FARR (Franco-Algériens Républicains Rassemblés), FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou·te·s les Immigré·e·s), Fédération nationale de la Libre Pensée, Femmes en Noir de Caen, Femmes Plurielles, FFF (Fondation Frantz Fanon), FIDH (Fédération Internationale pour les Droits Humains), Fondation Copernic, FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives), GISTI (Groupe d'information et de soutien des immigré·e·s), Graines Pop Des Luttes, Histoire coloniale et postcoloniale, IDT (Immigration Développement Démocratie), Institut Mehdi Ben Barka – Mémoire Vivante, Inter réseau – Mémoires Histoires, ITS (Institut Tribune Socialiste – histoire et actualité des idées du PSU), LDH (Ligue des Droits de l’Homme), Le Mouvement de la Paix, Les Amis de la Terre, Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, Les Films de l'Atalante, Les Oranges, les Oranges Epinay, Les Oranges Montreuil, Maghreb Des Films, Memorial 98, MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), Per a Pace (Association Corse), Pour la Mémoire, contre l'oubli, PUNA (Pour Une Autre Algérie), RAAR (Réseau d'Action contre l'Antisémitisme et tous les Racismes), Rencontres Marx, Réseau Féministe Ruptures, Riposte Internationale, Société Louise Michel, SOS Racisme, Survie, UAVJ (Une Autre Voix Juive), UJFP (Union Juive Française pour la Paix), Utopia 56, ZSP (Zone de Solidarité Paris 18e)

Organisations syndicales : CGT Educ'action Paris, Confédération paysanne, FIDL (Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne), Fédération SUD éducation, FSU (Fédération Syndicale Unitaire), MNL (Mouvement National Lycéen), SNES-FSU (Syndicat National des Enseignements Secondaires), SNJ-CGT, SNPES-PJJ/FSU, SNUIPP-FSU, Solidaires (Union Syndicale Solidaires), UNEF (Union Nationale des Étudiant·e·s de France), URIF-CGT (Union Régionale Île-de-France CGT)

Partis politiques : A Manca (association corse), EELV (Europe Écologie Les Verts), ENSEMBLE !, GDS (Gauche démocratique et sociale), Génération·S, La Jeune Garde (Lyon, Strasbourg & Paris), LFI (La France Insoumise), NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), PCF (Parti Communiste Français), PEPS (Pour une Écologie Populaire et Sociale), PG (Parti de Gauche), UCL (Union communiste libertaire)

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8 octobre 2021 5 08 /10 /octobre /2021 09:13

À chaque rentrée scolaire, pour pourvoir les postes restés vacants dans les écoles, le Ministère peut soit recruter des professeur·es supplémentaires sur la liste complémentaire du concours, soit faire appel à des contractuel·les. Dans le premier cas, les professeur·es stagiaires ainsi recruté·es reçoivent une formation et peuvent prétendre à une titularisation. Dans le deuxième cas, le contrat s'arrête à la fin de l'année scolaire et c'est le retour à la case Pôle emploi. Il s'agit donc d'un choix politique : créer des emplois pérennes ou généraliser  la précarité.

 

Cette année, près de 3 500 professeur·es des écoles contractuel·les ont été recruté·es au 1er octobre 2021, soit 38% de plus que l'année dernière à la même date. Cela révèle à la fois l'incurie du Ministère, qui aurait dû ouvrir plus de postes au concours, et sa gestion cynique du recrutement. En effet, dans certaines académies, des contractuel·les ont été embauché·es alors même qu'il restait des inscrit·es sur les listes complémentaires. C'est le cas notamment à Paris où seuls 20 recrutements supplémentaires de stagiaires ont été autorisés pour pourvoir les 70 postes vacants à la rentrée. Pour le reste, ce seront des professeur·es précaires qui assureront le service public d’éducation. Dans certains départements, ce recrutement de contractuel·les a pris des proportions inédites et 544 professeur·es ont ainsi été recruté·es par contrat dans le seul département du 93, où la liste complémentaire était déjà épuisée. Les enseignant·es contractuel·les subissent par ailleurs un manque criant de formation et d’accompagnement lors de leur entrée dans le métier.  

 

Face à une telle situation, SUD éducation revendique  plus que jamais un plan d'urgence pour l'éducation. Il est urgent de créer des postes supplémentaires en recrutant l'ensemble des inscrit·es sur liste complémentaire ou en organisant si nécessaire des concours exceptionnels pour couvrir les besoins.

 

SUD éducation revendique la titularisation sans condition de concours ni de nationalité avec le même statut de fonctionnaire des enseignant·es contractuel·les recruté·es pour pallier les manques de personnels car les collègues en question ont rempli les mêmes missions que les autres professeur·es des écoles.

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8 octobre 2021 5 08 /10 /octobre /2021 09:12

Ce 17 octobre 1961, des dizaines de millier d’Algériennes et d’Algériens se dirigent des bidonvilles où ils et elles vivent vers le centre de Paris. Le FLN a appelé à une démonstration de masse pacifique pour protester contre le couvre-feu visant exclusivement les « Français musulmans algériens » de région parisienne depuis le 5 octobre. Le Préfet de police de Paris, Maurice Papon, sous autorité du premier ministre, Michel Debré, doit empêcher l’accès au cœur de la capitale et pour cela mater dans le sang la manifestation : les blessé·e·s et les mort·e·s se comptent par centaine. Des corps sont repêchés dans la Seine jusqu’à plusieurs jours après cette nuit de répression. 12 000 à 15 000 Algérien·ne·s sont raflé·e·s. Un millier d’Algériens sont renvoyés « dans leur douar d’origine », livrés à l’armée française à leur arrivée.

Depuis les travaux de Jean-Luc Einaudi en 1991, la connaissance historique du 17 octobre 1961 progresse. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un crime d’État impliquant les plus hautes sphères du pouvoir. Mais la reconnaissance institutionnelle de ce massacre et de ses responsables n’est pas au rendez-vous. Le 17 octobre 1961 comme d’autres massacres coloniaux s’inscrit dans une longue histoire qui se perpétue aujourd’hui dans le sort réservé aux travailleurs et travailleuses sans-papiers, dans les violences et crimes policiers à l’encontre des populations des quartiers populaires, d’où le racisme ne peut pas être exclu.

● La reconnaissance pleine et entière du 17 octobre 1961 comme massacre colonial et crime d’État est une nécessité historique et politique et doit être mentionnée clairement et sans ambiguïtés comme telle dans les programmes scolaires.

● Les archives de la Guerre d’Algérie et celles du 17 octobre 1961 doivent être ouvertes sans restrictions d’aucune sorte et leur accès facilité.

● Des mesures de réparations, symboliques comme matérielles, doivent être prises en direction des victimes du 17 octobre 1961, de leurs familles et descendant·e·s.

 

 
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