29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 13:33

Déroulé du master et droit à la poursuite d’études Un accord historique ?

Le mois dernier, nous avions eu droit au tour de passe-passe consistant à faire disparaître 30 millions d’Euros des caisses du FIPHFP (Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique) pour les faire réapparaître sous la forme de vigiles à l’entrée des universités.

Ce mois-ci, c’est un numéro de grande illusion que nous jouent la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche et le secrétaire d’état chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche : « Déroulé du master et droit à la poursuite d’études : un accord historique ! ».

Pour obtenir un accord historique : la recette !

Il suffit de regarder rapidement la liste des signataires de l’accord pour s’apercevoir que, contrairement à ce qu’affirme la ministre, toutes les organisations représentatives n’apparaissent pas. La Fédération des syndicats SUD Education n’a jamais été reçue par le ministère sur cette question. Notre position sur la sélection à l’université, affichée en mai dernier , nous a-t-elle écartés d’emblée des discussions ?

Auquel cas, il aurait été plus honnête de préciser dans les détails de la méthode de négociation que seules les organisations représentatives et susceptibles d’être d’accord avec le projet sont invitées. Si la ministre trouve cette méthode efficace, nous avons beaucoup de mal à partager son enthousiasme quant à l’avenir et au choix de la voie de ce qui peut fonctionner.

La grande illusion !

Cet accord en vue de la réforme du cursus conduisant au diplôme national de master est un numéro de grande illusion.

Pour rappel : Suite à la réforme LMD, la loi Fioraso prévoyait de modifier l’accès en 2ème cycle (master). Mais le décret n’est jamais paru.

Dans le flou juridique, certaines universités sélectionnaient à l’entrée du master (M1), d’autres lors du passage en 2ème année de master (M2). Des étudiant-e-s, non sélectionné-e-s en M1 ou M2, ont déposé des recours et le Conseil d’État leur a donné raison. La Conférence des Président-e-s d’Université (CPU) qui prône sans cesse l’excellence, s’est émue de ce jugement. Elle souhaitait « la mise en place d’une orientation renforcée et d’une possibilité de sélection dès l’entrée dans le cycle master ».

Au printemps dernier, pour couvrir juridiquement les établissements et ainsi « sécuriser » la rentrée 2016, le ministère a arrêté par décret une liste de 1300 mentions de master sur 3040 (soit 42% du total des masters) qui peuvent sélectionner entre le M1 et le M2.

Au Conseil National de l’Enseignement Supérieur Et de la Recherche (CNESER) du 18 avril 2016 (consultatif), ce projet de décret a recueilli 19 voix pour, 27 contre et 29 abstentions. Il est en vigueur depuis la rentrée 2016.

Cette solution, conçue pour être temporaire, voit, aujourd’hui, au travers de l’accord « historique » sur le déroulé du master poindre une solution plus définitive mais toute aussi néfaste. Remède de charlatan, cet accord n’a donc pour objectif que de légitimer la sélection à l’Université pour offrir une couverture juridique aux établissements qui la pratiquaient jusqu’alors en toute illégalité.

Hormis le fait que l’accord reconnaît, en toute logique, que le diplôme national de master est un bloc de 4 semestres et qu’il est inadmissible qu’il y ait une sélection en milieu de cycle, nous ne voyons aucune avancée significative en termes de démocratisation de l’accès à l’Enseignement Supérieur. Pire, nous pensons qu’un tel projet ne peut que conduire à l’aggravation d’une situation déjà fortement dégradée et à l’amplification des inégalités sociales dans la droite ligne du constat fait par le CNESCO sur l’école dans son rapport scientifique de septembre 2016.

Une sélection qui ne dit pas son nom

Le « processus de recrutement » à l’entrée du master n’est rien d’autre que la possibilité donnée aux universités de sélectionner « leurs » étudiant-e-s. Répondant aux vœux élitistes de la CPU, les établissements pourront ainsi, sous prétexte de capacités d’accueil limitées, créer des voies royales pour les un-e-s et des voies de garage pour les autres, des masters « d’excellence » pour les un-e-s et des masters « poubelle » pour les autres.

Sud Education s’est clairement prononcé contre toute sélection y compris en Master. Rappelons simplement cette notion élémentaire que l’obtention d’un diplôme atteste de la capacité des étudiant-e-s à poursuivre des études. Le Master est donc une suite logique de la Licence

Si les capacités d’accueil de certaines formations de Master ne sont pas suffisantes, c’est au service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche de se donner les moyens d’assurer ses missions et d’assumer son ambition « de porter à 60% d’une classe d’âge contre 42% aujourd’hui la proportion de diplômés de l’enseignement supérieur d’ici 2025 (50% en Licence et 25% en Master), et de porter à 20 000 par an le nombre de doctorats délivrés ». Or en 2015, les universités reçoivent 195 000 étudiants de plus qu’en 2009 et dans le même temps, 7150 emplois titulaires ont été supprimés.

A contrario de cette sélection inique qui ne veut en rien améliorer l’enseignement mais seulement distinguer ceux-celles qui possèdent ce capital d’être « bien né-e-s », la solution passe par :

  • la réaffirmation de la mission de l’université : la création et la diffusion des connaissances ainsi que leur critique, la recherche et l’enseignement par la recherche, l’ouverture à tous et toutes sans sélection, y compris aux personnes en reprise d’étude, dans un service public et gratuit ;

  • la recherche des causes du problème en passant par l’évaluation les conséquences des réformes du système éducatif de la maternelle à l’université sur les dernières décennies.

Le droit à la poursuite des études pour faire passer la pilule !

Le projet prévoit de créer un « droit à la poursuite des études » . Lorsqu’un-e étudiant-e (titulaire du diplôme national de licence) n’aura reçu aucune proposition d’admission en réponse à ses candidatures à l’inscription dans un master, il ou elle pourra faire valoir son droit à la poursuite d’études. Ce droit peut être immédiat (l’année universitaire suivant celle où il a validé sa licence) ou différé (il conviendra cependant d’articuler ce droit différé avec la durée de la VAE).

L’application de ce droit sera à la charge du recteur de la région académique concernée (là où l’étudiant-e a validé sa licence) selon des modalités précisées dans un texte réglementaire (décret).

Le ou la recteur/trice devra lui faire trois propositions après échange avec les établissements d’enseignement supérieur accrédités en vue de la délivrance du diplôme national de master (universités et grandes écoles) de la région et éventuellement en accord avec les recteurs/trices des autres régions académiques.

Cette liste de propositions devra tenir compte de l’offre de formation existante, des capacités d’accueil, du projet professionnel de l’étudiant, de l’établissement où l’étudiant-e a obtenu sa licence et des pré-requis des formations.

Ce droit n’est assorti d’aucune réelle garantie quant au fait que les propositions faites soient effectivement en lien avec le cursus de licence et le projet personnel de l’étudiant-e. Il ne prévoit pas non plus de dispositif d’accompagnement clair en cas de mobilité géographique autre qu’une bourse/prime d’installation.

Sans un minimum de garantie ce droit n’est qu’un pis-aller pouvant conduire les étudiant-e-s titulaires d’un diplôme national de Licence à renoncer à poursuivre dans l’une des trois propositions faites par le recteur d’académie si celles-ci sont totalement farfelues ou si elles demandent un investissement financier insoutenable.

  • SUD Education se félicite donc de ne pas apparaître parmi les signataires de cet « accord historique » mais regrette de n’avoir pas pu exprimer, auprès du ministère, son point de vue sur la question en temps utile.

  • Depuis des années, l’université s’écarte de ces missions premières pour s’inscrire dans une logique d’adaptation aux nécessités économiques. Les politiques appellent cela : excellence !

  • Au même titre que nous dénonçons l’excellence scientifique dans sa forme actuelle, nous dénonçons l’excellence des formations dans sa logique concurrentielle et pathogène pour les étudiant-e-s et les enseignant-e-s.

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 06:21

Notre déclaration préalable est également présente sur le blog, n'hésitez pas à la lire !

  1. Ajustements de rentrée :

    10 PES ont été recrutés sur liste complémentaire. Il a donc été nécessaire de trouver 10 mi-temps pour les accueillir. Pour ce faire, 1 poste PMQC a été créé et 4 enseignants en poste composite ont vu leur poste modifié après la rentrée scolaire. Un regard particulier sera porté lors de la phase d'ajustement du mouvement 2017-2018 pour que ces enseignants, s'ils sont toujours nommés a titre provisoire, puisse obtenir un poste proche de leurs vœux.

  2. Promotions

    Si vous voulez savoir si vous changez d'échelon, et à quelle date, n'hésitez pas à nous contacter.

  3. Formation continue

    Nous avons la liste des départs en formation continue.

    Certains stages ont eu beaucoup d'inscrits pour peu de place. Nous avons demandé à ce qu'une cession supplémentaire soit organisée. Le DASEN s'engage à en vérifier la faisabilité, toutefois, comme ce sont des stages d'une semaine, et vu les difficultés de remplacements et les emplois du temps chargés des conseillers pédagogiques, il y a peu de chance que notre demande aboutisse.

    Ce fut une fois de plus l'occasion pour Sud Éducation de rappeler sa demande de rétablir une véritable formation continue de qualité.

  4. Questions diverses :

    - 19 postes restent inoccupés à la rentrée. 7 restent vacants et 12 sont pris en charge par des brigades.

    - Au total, 21 brigadiers sont sur des postes à l'année, 6 à temps plein et 14 à temps partiel.

    - Depuis le début de l'année, 16 collègues n'ont pas été remplacés sur 1 journée.

    - 1 baisse de note et 4 maintiens de note ont été notifiés par la DSDEN. Les collègues concernés sont accompagnés pédagogiquement par leur circonscription.

N'hésitez pas à nous contacter pour toute information complémentaire.

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 14:10

Sud éducation est toujours opposé au système d'évaluation des enseignant-es ainsi qu'au principe des promotions tel qu'il est actuellement en place.

 

En ce qui concerne le projet de réforme de l'évaluation des enseignant-es même si un avancement régulier est envisagé, les augmentations de salaires sont encore insuffisantes et injustes dans leur répartition.

 

Cette réforme de l’évaluation n'est pas déconnectée des modifications des carrières et des rémunérations annoncées en fin d’année scolaire. En effet, à l’issue de chacun des quatre rendez-vous de carrière, l’évaluation pourra déboucher sur une accélération de carrière… ou pas. Seuls 30% des enseignant-e-s pourraient bénéficier de cette accélération, 70% restant sur le carreau. La date de l’accès à la hors classe et l’accès ou non à la classe exceptionnelle dépendront ainsi de ces évaluations.

L’évolution des carrières « au mérite » est donc maintenue et renforcée. Tout le monde doit désormais accéder à la hors-classe (plus ou moins tôt selon son « mérite »), mais la mise en place d’une « classe exceptionnelle » vient élargir encore l’écart de rémunération entre un-e débutant-e et un e enseignant-e « méritant-e » en fin de carrière. Aujourd’hui, pour l’ensemble des enseignant-e-s, l’écart entre l’échelon le plus faible et le plus élevé est de 434 points d’indice, il sera en 2020 de 582. La classe exceptionnelle sera réservée à 10 % des enseignant-e-s, 8 % pour celles et ceux qui auront des fonctions ou des missions particulières et 2 % pour les plus « méritant-e-s ». Lorsque le ministère affirme qu’il a renoncé à la mise en place du GRAF (grade d’accès fonctionnel), il se paie de mots puisque la classe exceptionnelle sera de fait essentiellement réservée à celles et ceux qui auront occupé des fonctions spécifiques.

 

Il nous semble urgent et indispensable que l'évaluation soit déconnectée des évolutions de carrière et des rémunérations.

 

En ce qui concerne la formation continue, l'offre nous semble toujours très largement insuffisante. Dans certaines circonscriptions, les IEN imposent aux enseignants de mettre en œuvre des pratiques pédagogiques innovantes, fustigent ceux qui exercent leur profession de manière plus traditionnelle, et dans le même temps, aucune formation n'est proposée, ou alors, le nombre de place est très restreint.

Beaucoup d'enseignants ne demandent pas mieux que de faire évoluer leurs pratiques professionnelles (par exemple les stages syndicaux sur les pratiques pédagogiques alternatives font salle comble), il serait temps que l'institution réponde à cette demande.

Plus largement, Il nous semble essentiel d'instaurer une vraie formation initiale, mais aussi, pour tou-te-s, un droit réel à la formation continue sur temps de travail et d'augmenter de façon drastique les droits de congés formation.

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 10:27

Un combat de SUD éducation depuis 2008

Les Activités Pédagogiques Complémentaires (APC) instaurées par la réforme Peillon des rythmes scolaires sont les héritières directes du dispositif d’Aide Personnalisée (AP). L’AP avait été mise en place lors de la précédente réforme des rythmes scolaires initiée par Darcos en 2008. En supprimant le samedi matin et deux heures d’enseignement hebdomadaire pour les élèves, Darcos ne voulait pas faire cadeau de ces heures aux enseignant-e-s. Il a introduit dans les obligations de service des PE 60 heures annualisées pour un dispositif d’aide personnalisée que nous avons immédiatement combattu. Un mouvement de « résistance pédagogique » s’est développé en 2008, notamment à travers des actions de désobéissance qui consistaient entre autres à ne pas faire l’AP et à résister au démantèlement des RASED. SUD éducation n’a pas tergiversé et a apporté nationalement et sur tout le territoire son soutien à cette résistance, en agissant pour sa généralisation et en soutenant les enseignant-e-s. Nous n’avons pas attendu l’automne 2016 pour agir.

En 2008 comme en 2016, objectif : asphyxier les RASED

Hier comme aujourd’hui, le ministère explique que ces dispositifs d’AP ou d’APC apportent l’aide directe suffisante aux élèves en difficulté en les comparant avec l'offre des nombreuses officines privées qui se sont inscrites dans ce créneau, hautement lucratif, de l'aide personnalisée et que la véritable mission des RASED est circonscrite à la très grande difficulté scolaire. Les RASED ont complètement été démantelés par la suppression de 5000 postes sous la présidence Sarkozy. Malgré les engagements la main sur le cœur du candidat Hollande, ils n’ont pas du tout été restaurés depuis. Et leurs missions sont dénaturées dans les « pôles ressource » de circonscription qui font disparaître les missions de prévention et de remédiation des RASED pour les réduire à des missions de diagnostic et d'expertise qui ne profitent que très marginalement aux élèves étant donné l'absence de moyens alloués.

Un dispositif inefficace et stigmatisant

Le discours démagogique en direction des parents et de la société vend l’aide personnalisée comme la panacée universelle pour résoudre les difficultés des élèves. Pourtant, ainsi que l'ont confirmé de manière unanime les chercheurs et chercheuses ayant contribué au récent rapport du CNSECO sur les inégalités scolaires, ajouter dans ces conditions des heures dans la journée d’école à des élèves qui n’en peuvent déjà plus, notamment à cause des deux dernières réformes des rythmes, cela est non seulement inutile mais souvent contre-productif, malgré tous les efforts que font les enseignant-e-s pour tirer quelque chose de ces injonctions institutionnelles.

Le temps de travail des PE explose

En moyenne, les enseignant-e-s du primaire travaillent plus de 44 heures par semaine. Et les professeur-e-s des écoles débutant-e-s travaillent plus de 52 heures par semaine. Alors oui, la réduction du temps d’enseignement effectué par les PE est une urgence. Les 108 heures sont largement dépassées, même sans faire les APC. Les temps de réunion et de rencontres se multiplient. L’accueil des élèves avant la classe n’est décompté d’aucune des obligations réglementaires de service. Boycotter les APC, c’est encore travailler trop !

Les APC, une composante de la réforme des rythmes scolaires

SUD éducation n’a pas renoncé à son combat contre cette réforme des rythmes scolaires dont les APC ne sont qu’une dimension. Cette réforme ne présente aucun bénéfice ni pour les apprentissages des élèves ni pour les conditions et la qualité du périscolaire. Nous en exigeons toujours l’abrogation et revendiquons une tout autre réforme pour l’école publique.

La fédération SUD éducation appelle à boycotter les APC et à construire un mouvement revendicatif pour :

  • La restitution des 5000 postes des RASED et le développement de RASED complets et de proximité partout, dans le respect des missions des trois spécialités (maître-sse-s E et G, Psy), à l’opposé de la logique des « pôles ressources »

  • La diminution du nombre d’élèves par classe, des programmes dont les contenus laissent du temps à la manipulation, l’expérimentation, la recherche, la possibilité d’un réel travail en équipe et la mise en place de pédagogies coopératives

  • La réduction du temps de service des PE : 18 heures d’enseignement et 6 heures de concertation et de travail en équipe, la différenciation entre le temps de travail des PE devant élèves et le temps d’enseignement pour les élèves et plus de PE que de classes dans toutes les écoles

  • L’abrogation de la réforme des rythmes scolaires, la suppression des APC, une tout autre réforme pour l’école publique

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 10:59

Les déchargé(e)s SUD 61 sont à votre écoute.

  • Pascal MESNIL, Fatemeh MIR KHOSRAVI, Lilie MOTTIN : mercredi matin

  • Stéphanie CATOIRE, Héloïse FOUCHER, Fabienne LARRIEU que vous pouvez aussi contacter au 06.83.70.38.48 : vendredi toute la journée

Présence dans les différentes instances départementales :

  • Conseil Départemental de l’Éducation Nationale : le CDEN peut être consulté sur toute question relative à l'organisation et au fonctionnement du service public d'enseignement dans le département. Les représentant(e)s sont Mathilde DUVEAU et Fatemeh MIR KHOSRAVI (titulaires), Fabienne LARRIEU et Pascal MESNIL (suppléant-e-s).

  • Comité Technique Spécial Départemental : chaque CTSD est compétent pour les questions concernant l'organisation et le fonctionnement des établissements scolaires des premier et second degrés dans le département. Les représentant(e)s sont Mathilde DUVEAU et Fatemeh MIR KHOSRAVI (titulaires), Fabienne LARRIEU et Pascal MESNIL (suppléant-e-s).

  • Commission Administrative Paritaire Départementale : les CAPD sont compétentes pour les questions relatives à la gestion des instituteurs et des professeurs des écoles. Les représentantes sont Stéphanie CATOIRE (titulaire) et Lilie MOTTIN (suppléante).

  • Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail Départemental CHSCT-D: il est compétent pour toutes les questions relatives à la santé, la sécurité et les conditions de travail des personnels des écoles, des collèges et des services administratifs. Il apporte son concours au Comité Technique Départemental.

    Le CHSCT contribue à la protection de la santé physique et mentale des personnels et des usagers, il veille à la sécurité, au suivi des prescriptions légales ainsi qu'à l'amélioration des conditions de travail. Les représentantes sont Héloïse FOUCHER (titulaire), Carole RIO (suppléante).

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 10:28

Un casier scolaire patronal, une standardisation des pratiques, une surcharge de travail

À la suite des changements de programmes pour l’école primaire et le collège et dans le cadre d’une pseudo réforme de « l’évaluation » pour les élèves, le ministère a décidé d’imposer, en remplacement du Livret Personnel de Compétences, un Livret Scolaire Universel Numérique (LSUN) pour les cycles 2, 3 et 4. Sa mise en œuvre doit se faire dès l’année scolaire 2016/2017.

Simplification des outils d’évaluation

Ce LSUN est censé répondre, d’après le ministère, à la nécessité de simplifier les outils de suivi des élèves en les uniformisant sur l’ensemble du territoire pour les rendre plus lisibles et accessibles aux familles, qui pourraient ainsi enfin comprendre ce que font leurs enfants à l’école et ce sur quoi ils sont évalués.

Il regroupe deux éléments distincts qui sont néanmoins indissociables : le Livret Personnel de Compétences (les bulletins de fin de cycle) et les bulletins scolaires périodiques (trimestriels ou bi trimestriels). Le LPC regroupe un peu plus d’une quarantaine d’items regroupés en 7 ou 8 domaines. Les bulletins scolaires périodiques regroupent les différentes compétences et « sous-compétences » travaillées correspondant aux différents domaines répertoriées dans les programmes officiels. Compte tenu de la complexité du LSUN et du nombre d’items à évaluer qu’il contient, pour la lisibilité et la simplification pour les familles, on repassera.

Uniformisation et formatage des pratiques

Ce nombre très important d’items renvoie à une vision morcelée des apprentissages qui ne permet pas d’aider les élèves à progresser et n’aide pas à donner du sens aux apprentissages. Ce LSUN n’est pas un outil de bilan qui ferait état des progrès et évolutions des élèves mais une « attestation » de mise en conformité des enseignant-e-s avec les programmes et injonctions institutionnelles. Des artifices pour faire accroire en cochant des cases que l’école remplit bien sa mission.

Inégalités d’accès

Son accessibilité via une application numérique n’est pas garante d’égalité entre les familles quant à son usage. En effet, si les outils numériques sont largement répandus, leurs usages restent très inégalitaires. Ce sont les familles les plus socialement fragiles et éloignées de l’école qui les maîtrisent le moins bien. Le LSUN, comme c’est déjà le cas pour l’accès aux ENT (environnements numériques de travail) dans le secondaire, va accentuer les inégalités et creuser encore un peu plus les écarts entre les familles qui ont une haute maîtrise des outils numériques et celles qui ne l’ont pas.

Constitution d’un casier scolaire

Le LSUN s’inscrit dans la même logique que le LPC (Livret Personnel de Compétences). Mais en bien pire, puisqu’il intègre dans une même application le livret de compétences du socle commun, les bulletins périodiques des élèves, les différents parcours et attestations, mais aussi des éléments de suivi des élèves en difficulté

(Plan d’Accompagnement Personnalisé, Programme Personnalisé de Réussite Educative, suivi RASED) ou à besoins particuliers (ULIS, UPE2A, …). Il participe de la constitution d’un véritable casier scolaire, au service de la normalisation et du profilage des élèves, chère à cette société néolibérale, pour qui seul ce qui est quantifiable et mesurable compte, afin de trier les élèves en leur attribuant une place dans la hiérarchie sociale, justifiant ainsi les inégalités.

C’est pour nous totalement inacceptable et parfaitement révélateur d’une volonté d’instrumentaliser l’école pour formater les élèves selon des critères d’employabilité et de traçabilité définis par le patronat. C’est d’ailleurs pour ces raisons que le MEDEF s’est réjoui de la mise en œuvre du LSUN.

Exploitations dangereuses des données

Le ministère affirme que les données regroupées dans cette application numérique ne pourront être accessibles qu’aux familles. Cela est faux car celle-ci sera regroupée avec l’ensemble des applications qu’utilise déjà l’éducation nationale au sein de la base élèves dans le 1er degré et via SCONET dans le 2nd degré. Ces données pourront donc être diffusées, partagées et utilisées car elles pourront être extraites, croisées, alimentées, lues et exploitées par différent-e-s utilisateurs/trices, en premier lieu grâce au RNIE (Répertoire national des identifiants élèves), dans lequel figurent des données personnelles sur l’enfant et sa famille.

C’est ce que prévoit par exemple l’article 48 de la loi sur les « Droits des étrangers en France » adoptée en mars 2016 qui instaure un dispositif de contrôle permettant aux préfectures, dans le cadre de l’examen des demandes de titre de séjour, d’accéder aux informations détenues par les établissements scolaires.

Fichage et traçabilité

De plus le stockage des données est centralisé et leur transit est insuffisamment sécurisé. Ce qui permet un détournement frauduleux de toutes les données qui transiteront via le LSUN.

Par ailleurs, si le ministère met en avant « un droit à l’oubli » avec l’effacement des données un an après la fin de la Troisième, aucun dispositif concret, aucun moyen n’ont été prévus pour le rendre effectif. L’absence de pérennisation des données au-delà de la Troisième n’est donc absolument pas garantie.

C’est pourquoi SUD éducation considère que ce livret scolaire n’est ni plus ni moins qu’un nouvel instrument de fichage et de flicage des élèves et que les mesures mises en œuvre pour sécuriser l’application par le ministère ne sont garantes de rien du tout.

Une surcharge de travail pour les enseignant-e-s

Dans le cadre des réorganisations permanentes auxquelles les personnels sont contraints dans l’exercice de leurs missions, ce LSUN va dégrader les conditions de travail des personnels. Sa mise en œuvre constitue une surcharge de travail car il impose entre autre aux personnels des opérations de saisie fastidieuses. Il restreint leur liberté pédagogique et oblige les enseignant-e-s à utiliser un outil sans pouvoir en questionner le sens et l’usage dans leurs pratiques professionnelles. Sous couvert de simplification des tâches, il s’agit d’uniformiser les pratiques pour mieux les contrôler, comme c’est déjà le cas avec l’utilisation des Espaces Numériques de Travail.

Les CHSCT sont compétents pour prononcer un avis négatif sur ce projet, comme ce fût le cas concernant M@gistère après quoi le ministère était revenu sur son caractère obligatoire. Il faut qu’ils s’en saisissent dés maintenant. SUD éducation a contacté les autres organisations syndicales dans cette optique. Utilisons tous les moyens pour refuser cette nouvelle dégradation de nos conditions de travail !

Pédagogie ou injonctions institutionnelles normatives ?

Nous considérons que l’évaluation des élèves ne peut pas relever d’injonctions institutionnelles normatives. Les évaluations et leurs rendus doivent être des outils construits par les enseignant-e-s dans le cadre de leurs pratiques pédagogiques pour faire progresser les élèves à leurs rythmes en s’appuyant sur les acquis et les recherches des pédagogies alternatives et coopératives.

Contre le formatage pédagogique et pour des alternatives aux évaluations normatives imposées par l’institution SUD éducation revendique :

  • une évaluation formative plutôt que sommative

  • une évaluation dans un cadre pédagogique ne donnant pas lieu à un quelconque fichage de l’élève

  • la réduction du temps d’enseignement pour permettre une réflexion collective sur l’évaluation

  • Contre le fichage des élèves et la constitution d’un casier scolaire,

  • Contre la soumission des pratiques pédagogiques à un formatage institutionnel,

  • Contre une nouvelle augmentation de la charge de travail des enseignant-e-s,

La fédération SUD éducation revendique l’abrogation du Livret Scolaire Universel Numérique.

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 08:08

Solidarité avec les établissements en lutte !

Apparue au grand jour lors de la mobilisation du 18 mai de plusieurs lycées généraux, technologiques et professionnels, elle vient de passer avec succès, le cap de l’été. Ce sont maintenant 45 établissements du 92 mais aussi du 95, du 94 du 93 et du 80 qui ont signé l’appel « Touche pas à ma ZEP ». La mobilisation a démarré aussi dans d’autres départements comme les Bouches-du-Rhône.

La mobilisation de l’éducation prioritaire prend de l’ampleur !

Apparue au grand jour lors de la mobilisation du 18 mai de plusieurs lycées généraux, technologiques et professionnels, elle vient de passer avec succès, le cap de l’été. Ce sont maintenant 45 établissements du 92 mais aussi du 95, du 94 du 93 et du 80 qui ont signé l’appel « Touche pas à ma ZEP ». La mobilisation a démarré aussi dans d’autres départements comme les Bouches-du-Rhône.

Le 16 septembre une première assemblée générale région parisienne de l’éducation prioritaire s’est tenue à la bourse du travail de Paris, elle a été suivie d’une deuxième le 3 octobre dans une ambiance déterminée, avec une assistance de plus en plus importante.

Le 29 septembre ces établissements se sont mis en grève (avec des taux historiques : plus de 80% de grévistes dans de nombreux établissements), contraignant le ministère à les recevoir en délégation, ce qu’il refusait obstinément de faire jusqu’alors. La lutte s’organise à présent en direction de toute l’éducation prioritaire.

Les personnels ont bien raison de se battre

En effet depuis 2014, avec la réforme de l’éducation prioritaire qui a acté la fin des ZEP, la question des lycées classés avait été renvoyée à plus tard. Mais la ministre a annoncé à plusieurs reprises, depuis avril 2016, son intention d’exclure les lycées de l’éducation prioritaire à partir de la rentrée 2017. Cela signifierait :

►La baisse des moyens des lycées actuellement classés avec la fin des limitations d’effectifs, du travail en petits groupes, de temps pour faire des projets, ces moyens étant déjà largement insuffisants.

►La fin des bonifications pour les points de mutation pour le prochain mouvement inter-académique, à savoir celui de 2017, et la remise en cause annoncée de l’indemnité.

A l’heure où le système scolaire reste socialement très inégalitaire, ce gouvernement poursuit la destruction de l’éducation prioritaire, à la fois en écartant les lycées du dispositif et en réduisant les moyens dans de nombreuses écoles et collèges qui en font partie.

En effet le dispositif REP ne s’accompagne d’aucune baisse d’effectifs. Les pondérations débouchent sur des concertations dont les horaires et le contenu sont souvent imposés aux collègues par la hiérarchie. Pour nous cela n’a rien d’une véritable réforme de l’éducation prioritaire.

Une mobilisation pour une vraie éducation prioritaire

C’est le sens de ce mouvement dont l’appel revendique « un statut d’établissement classé, une carte élargie de l’éducation prioritaire pour les lycées avec la garantie d’effectifs limités, des moyens supplémentaires et des compensations spécifiques pour l’ensemble des personnels, assurant ainsi la stabilité des équipes. »

SUD éducation soutient cette mobilisation et les revendications exprimées !

L’assemblée générale soutenue par plusieurs syndicats d’île de France dont SUD éducation appelle à la grève le 11 octobre.

Nous appelons tous les établissements de l’éducation prioritaire à rejoindre cette mobilisation.

Maintien des lycées dans l’éducation prioritaire ! De véritables moyens pour l’ensemble de l’éducation prioritaire !

Pour contacter le mouvement :

www.facebook.com/touchepasmazep/

Pour signer la pétition

www.frama.link/lyceesprioritaires

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 09:27

RIS

Voici les dates de nos prochaines réunions d'informations syndicales (RIS)

Comme tous les ans, vous avez droit à 3 réunions par année scolaire.

Petit rappel, les RIS peuvent être déduites des animations pédagogiques, en présentiel ou à distance, mais aussi des conseils des maitres, de cycles, etc...

Dans ce cas, il vous faut avertir l'administration en envoyant un courrier, au moins 48heures avant la RIS. Vous trouverez un modèle de courrier un peu plus bas.

Nous vous communiquerons les lieux précis un peu plus tard.

Toutes nos RIS ont lieu de 16H30 à 19H30.

L'Aigle mardi 8 novembre

Argentan mardi 8 novembre école Prévert

Flers mardi 8 novembre

Mortagne mardi 15 novembre

Alençon mardi 8 novembre école Émile Dupont

Nom, prénom

fonction

Ecole de rattachement

à Mme l'IEN

s/c Mme la Directrice

objet : réunion d'information syndicale

Conformément au Décret 82-447 du 28 mai 1982, j'ai l'honneur de vous informer que je participerai à une réunion d'information syndicale le ....................... de (horaires) à (lieu) à l'invitation de SUD éducation.

En conséquence, je défalquerai 3h des heures de service que je dois effectuer hors de la présence des élèves de la manière suivante : …........................................................

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 09:25

RIS

Voici les dates de nos prochaines réunions d'informations syndicales (RIS)

Comme tous les ans, vous avez droit à 3 réunions par année scolaire.

Petit rappel, les RIS peuvent être déduites des animations pédagogiques, en présentiel ou à distance, mais aussi des conseils des maitres, de cycles, etc...

Dans ce cas, il vous faut avertir l'administration en envoyant un courrier, au moins 48heures avant la RIS. Vous trouverez un modèle de courrier un peu plus bas.

Nous vous communiquerons les lieux précis un peu plus tard.

Toutes nos RIS ont lieu de 16H30 à 19H30.

L'Aigle mardi 8 novembre

Argentan mardi 8 novembre école Prévert

Flers mardi 8 novembre

Mortagne mardi 15 novembre

Alençon mardi 8 novembre école Émile Dupont

Nom, prénom

fonction

Ecole de rattachement

à Mme l'IEN

s/c Mme la Directrice

objet : réunion d'information syndicale

Conformément au Décret 82-447 du 28 mai 1982, j'ai l'honneur de vous informer que je participerai à une réunion d'information syndicale le ....................... de (horaires) à (lieu) à l'invitation de SUD éducation.

En conséquence, je défalquerai 3h des heures de service que je dois effectuer hors de la présence des élèves de la manière suivante : …........................................................

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 20:38

Soumission à la hiérarchie et gestion managériale

Le 31 mai 2016, Najat Valaud Belkacem déclarait : « Je souhaite passer d’une gestion administrative à une gestion des ressources humaines ».

C’est à l’occasion des annonces sur les « augmentations de salaires » dont les visées électoralistes n’ont trompé personne que le ministère a dévoilé les principes d’une modification en profondeur de l’évaluation des enseignant e-s. Plusieurs réunions avec les organisations syndicales qui siègent au Comité technique ministériel de l’éducation nationale se sont tenues à la fin juin et en juillet, d’autres sont prévues les 15 et 16 septembre.

SUD éducation se bât pour la suppression du système actuel d’évaluation basé sur l’inspection-notation, qui est par ailleurs totalement décrédibilisé aux yeux des collègues. Mais celui que projette le ministère pour le remplacer, basé sur l’instrumentalisation managériale de l’autoévaluation et l’entretien professionnel, est encore pire.

Au lieu de donner à la profession plus de liberté pédagogique et d’autonomie, le projet révélé le 23 août promet une soumission à la hiérarchie encore plus grande.

Nouveaux critères d’évaluation des enseignant-e-s : encore plus d’arbitraire

La grille nationale d’évaluation définit neuf compétences, avec quatre niveaux d’acquisition.

Dans le premier degré, les inspecteurs/trices de l’éducation nationale resteraient les seul-e-s évaluateurs/trices.

Dans le second degré la double évaluation administrative et « pédagogique » est conservée. Mais au côté des cinq compétences évaluées par les inspecteurs/trices, trois autres le seraient par le/la chef-fe d’établissement et la neuvième le serait de manière conjointe par l’inspection et par le/la chef-fe d’établissement.

Ces nouvelles compétences, valables pour le premier et le second degrés, sont très générales et relèvent en grande partie de dimensions comportementales et relationnelles, bien au-delà des principes de déontologie professionnelle et du respect des missions de service public.

La hiérarchie va donc évaluer des compétences telles que la « coopération au sein d’une équipe », la « contribution à l’action de la communauté éducative », le fait que l’enseignant-e agisse « en éducateur responsable et selon des principes éthiques »...

Dans le second degré, le/la chef-fe d’établissement va maintenant pouvoir évaluer des compétences pédagogiques.

Ce seront davantage de pressions de la part de la hiérarchie pour imposer la mise au pas des personnels et la docilité dans la mise en œuvre des réformes contestées ou l’obéissance aux ordres absurdes.

Ce projet s’inscrit ainsi dans la continuité des réformes des missions et des obligations réglementaires de service des enseignant-e-s du premier et du second degrés, qui imposent toujours plus de tâches et de missions sans réduction du temps d’enseignement.

Le but est de museler les enseignant-e-s et de les assujettir à un mode de management qui a pour seul but de les faire taire.

Les documents du ministère parlent « d’implication individuelle et collective dans le développement professionnel », sur le modèle managérial initié dans les entreprises capitalistes et qui s’étend progressivement à toute la fonction publique (les personnels des collectivités territoriales y sont soumis-e-s depuis longtemps, mais de plus en plus d’agent-e-s de la fonction publique d’État également).

C’est devenu une des méthodes classiques du management que d’impliquer le ou la salarié-e dans sa propre évaluation et dans la définition de ses objectifs professionnels, tout en l’incitant à appliquer des processus de travail irréalisables, engendrant des risques psycho-sociaux, dégradant ses conditions de travail et induisant une plus grande flexibilité dans le temps de travail. Pour les enseignant-e-s, ce sera multiplier les projets et les réunions diverses en dehors de leur temps de service devant élèves en les habituant à des obligations de résultat.

Enfin, la dernière compétence, « s’engager dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel », marque aussi une évolution du droit à la formation vers un formatage institutionnel imposé par la hiérarchie.

Inspections et entretiens d’évaluation

Pour tou-te-s, quatre « rendez-vous de carrière » sont institués : après 7 ans d’exercice, 13 ans, 20 ans puis en fin de carrière. Ils commenceront tous par une inspection en classe, suivie d’un entretien avec l’inspecteur/trice au cours duquel sera fait un retour sur l’inspection et où auront lieu des échanges à partir du bilan professionnel rédigé par l’enseignant-e. Tant que ces évaluations ne seront pas totalement déconnectées de l’évolution des carrières et des rémunérations, cette autoévaluation ne peut être qu’un exercice hypocrite de soumission aux attendus institutionnels.

Dans le second degré, dans le cadre de « l’accompagnement », et indépendamment des entretiens à intervalles réguliers avec le ou la chef-fe d’établissement, un deuxième entretien aura lieu entre l’enseignant-e et son ou sa chef-fe d’établissement dans un délai maximal de six semaines après l’inspection.

Le ou la chef-fe d’établissement voit donc son rôle renforcé dans l’évaluation de ses subordonné-e-s. Il/elle devient un-e manager de la carrière des enseignant-e-s, et vient s’immiscer dans leurs pratiques pédagogiques.

Outre le renseignement des trois items de la grille, il/elle produira en dix lignes une évaluation du niveau des enseignant e s.

SUD éducation combat les inspections et la forme actuelle de l’évaluation. Mais nous considérons que ces nouvelles modalités vont encore accentuer le pouvoir des IEN et chef fe s d’établissement.

Cette nouvelle évaluation risque d’être encore plus opaque que l’ancienne. Sans grille de référence selon l’échelon, les possibilités de recours en CAP (Commission administrative paritaire, qui peut permettre un certain contrôle des représentant-e-s des personnels) seront réduites et l’arbitraire encore plus grand.

Dans les projets du ministère, les enseignant-e-s seront amené e-s à exprimer leur souhait d’évolution professionnelle. Mais les mesures concrètes de cette réforme montrent qu’on se dirige vers toujours plus d’individualisation des parcours et de concurrence organisée entre collègues.

Progression de carrière et rémunérations : toujours plus d’inégalités !

Cette réforme de l’évaluation ne peut pas être déconnectée des modifications des carrières et des rémunérations annoncées en fin d’année scolaire. En effet, à l’issue de chacun des quatre rendez-vous de carrière, l’évaluation pourra déboucher sur une accélération de carrière ou pas. Seuls 30% des enseignant-e-s pourraient bénéficier de cette accélération, 70% restants sur le carreau. La date de l’accès à la hors classe et l’accès ou non à la classe exceptionnelle dépendront ainsi de ces évaluations.

L’évolution des carrières « au mérite » est donc maintenue et renforcée. Tout le monde doit désormais accéder à la hors-classe (plus ou moins tôt selon son « mérite »). Mais la mise en place d’une « classe exceptionnelle » vient élargir encore l’écart de rémunération entre un-e débutant-e et un e enseignant-e « méritant-e » en fin de carrière. Aujourd’hui, pour l’ensemble des enseignant-e-s, l’écart entre l’échelon le plus faible et le plus élevé est de 434 points d’indice, il sera en 2020 de 582. La classe exceptionnelle sera réservée à 10 % des enseignant-e-s, 8 % pour celles et ceux qui auront des fonctions ou des missions particulières et 2 % pour les plus « méritant-e-s ». Lorsque le ministère affirme qu’il a renoncé à la mise en place du GRAF (grade d’accès fonctionnel), il se paie de mots puisque la classe exceptionnelle sera de fait essentiellement réservée à celles et ceux qui auront occupé des fonctions spécifiques.

Accès précoce ou tardif à la hors classe, accès ou non à la classe exceptionnelle... On voit bien la logique managériale qui cherche à créer toujours plus de concurrence et de division entre les personnels : entre les « méritant-e-s » et les autres, entre les directeurs/trices d’écoles et les adjoint e s, entre celles et ceux à qui les chef-fe-s d’établissement et les recteurs/trices attribueront des missions particulières en récompense de leur loyauté et les autres, etc.

Alors que certaines organisations syndicales se félicitent comme d’habitude de cette réforme et que d’autres réclament « des critères qui permettent de classer objectivement les personnels », la fédération SUD éducation réaffirme que la seule solution est la déconnexion complète entre l’évaluation et l’évolution des carrières et des rémunérations.

La fédération SUD éducation appelle les personnels à se saisir de cette réforme et à organiser la mobilisation pour :

s’opposer à toute transformation managériale de l’évaluation des personnels et à tout accroissement du contrôle hiérarchique,

imposer une évaluation purement formative et coopérative, complètement déconnectée de l’évolution des carrières et des rémunérations,

imposer la réduction du temps de service des enseignant-e-s devant élèves pour permettre la concertation des équipes et les échanges pédagogiques entre collègues.

La fédération SUD éducation a adopté lors de son sixième congrès des revendications offensives que nous soumettons aux personnels et aux débats des assemblées générale :

Évaluation des personnels : imposons des alternatives au management !

Texte d’orientation adopté par le sixième congrès de la fédération des syndicats SUD éducation

Contre toutes les séparations hiérarchiques et pour l’égalité.

L’Éducation, comme le reste de la Fonction Publique, fonctionne sur un modèle autoritaire, pyramidal et infantilisant. La hiérarchie exerce son pouvoir sur les horaires, les conditions de travail, l’emploi et les statuts des personnels. Des réponses satisfaisantes à l’évolution des pratiques professionnelles passent par des pratiques collectives associant l’ensemble des personnels.

Nous luttons pour la suppression de l’inspection, de la notation et de toute forme de division des personnels qui vise à maintenir la hiérarchie. De même Sud Éducation s’oppose à la hiérarchisation des métiers et à la multiplicité des grades.

Après celle des agents, la réforme de l’évaluation des personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation constitue une étape majeure dans le processus de transformation néolibérale du service public d’éducation.

SUD éducation est opposé à la notation, aux inspections, à l’évolution différenciée des carrières. L’évaluation par l’entretien professionnel est encore pire : individualisation, mise en concurrence, caporalisation : on passe à l’ère du management sur le modèle de l’entreprise capitaliste.

Contre les divisions et la mise en concurrence, SUD éducation revendique :

  • une évaluation purement formative, complètement déconnectée de la progression des carrières et des rémunérations ;

  • une évaluation qui favorise la coopération et le travail en équipe.

Pourquoi pour les enseignant-es des 1er et 2nd degré ne pas instaurer entre collègues des visites les un-e-s dans les classes des autres, suivies d’échanges de pratiques permettant de discuter de ce qui fonctionne bien ou moins bien, et de chercher entre nous des réponses ?

  • Des évaluations formatives par des personnels spécialisés peuvent peut-être être utiles aussi, mais elles le seraient plus facilement si elles étaient déconnectées du flicage et des sanctions salariales

  • une véritable formation : cela passe pour les enseignant-e-s par l’abrogation de la mastérisation et l’instauration d’une vraie formation initiale, mais aussi, pour tou-te-s, par

  • un droit réel à la formation continue sur temps de travail et par une augmentation drastique des droits à congés formation.

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