21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 16:15

La politique du ministre conduit à un échec. Les classes fermées sont six fois plus nombreuses en ce mois de septembre qu’au mois de juin.

 

Pour SUD éducation, l’objectif est que le plus grand nombre d’élèves demeurent en classe, et que les écoles et établissements restent ouverts. Pour cela, il faut s’en donner les moyens.  

Pour cela, il faut s’appuyer sur des campagnes de tests massives et régulières, qui permettent d’isoler rapidement et uniquement les élèves contaminé⋅es. C'est le sens de l’avis du conseil scientifique, qui désavoue le protocole sanitaire bâclé du ministère.

 

Les campagnes de tests dans le milieu scolaire sont un fiasco retentissant depuis l’année scolaire dernière : nombre de tests insuffisant, acceptation très faible, surcharge de travail pour les personnels médico-sociaux dans les écoles et établissements.

 

La mesure qui consiste, pour pallier le manque de dépistages, à évincer les élèves non-vacciné⋅es dans le second degré est mauvaise : elle conduit à exclure en premier lieu du milieu scolaire les élèves issu⋅es des classes populaires qui ont eu le moins accès au vaccin, et induit des différences inacceptables de traitement entre élèves.

 

Le conseil scientifique recommande un test hebdomadaire pour tou⋅tes les élèves de primaire, et un test dès le lendemain d’un diagnostic de cas-contact pour tou⋅tes les élèves du même niveau, afin de n’isoler que les cas positifs.

 

Il est urgent que le ministère organise le dépistage régulier de l’ensemble de la population scolaire en plus de la campagne de vaccination. Pour cela, il est nécessaire :

  • d’approvisionner rapidement et régulièrement les écoles et établissements en tests rapides et acceptables par les élèves ;

  • de recruter les personnels nécessaires pour opérer ces dépistages et assurer la liaison avec les ARS, l’administration, les familles, les élèves, les équipes pédagogiques.

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 16:15

Depuis plusieurs mois maintenant, une véritable campagne est orchestrée ciblant les militant⋅es antiracistes. Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal, manifestement en croisade réactionnaire, n’en finissent plus de voir des « islamo-gauchistes » partout.

La secrétaire d’État chargée de la jeunesse est même allée plus loin en déclarant le 13 septembre qu’elle craignait plus les « discours intersectionnels » que Zemmour.

Comment s’étonner alors que le site d’extrême droite Fdesouche s’autorise à établir un fichier de militant⋅es antiracistes ?

Sur cette liste les noms et affiliations politiques, syndicales et associatives de nombreuses et nombreux militant⋅es apparaissent. Parfois accompagnés d’assignations comme leur religion musulmane supposée. Des membres de SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires y ont été fiché⋅e·s.

Il s’agit très clairement d’une tentative d’intimidation de l’extrême droite organisée que le gouvernement n’a toujours pas dénoncé à cette heure.

Cette tentative d’intimidation prend place dans un contexte islamophobe et raciste, de plus en plus décomplexé et exacerbé, notamment depuis la loi « séparatisme » promulguée par le gouvernement et l’approche des éléctions présidentielles. Ce contexte nauséabond fournit un terreau propice à l’ensemble des racismes, comme le montre la résurgence au grand jour d’un antisémitisme nauséabond ces derniers mois.

Rappelons également que les violences de groupuscules fascistes se multiplient à l’encontre des militant⋅es et forces progressistes. Nos locaux syndicaux ont ainsi été récemment l’objet de dégradations imputables à l’extrême droite.

SUD éducation affirme sa solidarité antifasciste sans faille avec l’ensemble des militant⋅es concerné⋅es par le fichage de Fdesouche.

Elle soutient la démarche de l’ensemble des militant⋅es fiché⋅es de Solidaires de s’associer à la plainte collective déposée contre Fdesouche.

SUD éducation prendra toute sa place dans les ripostes unitaires antifascistes et antiracistes à venir.

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 20:57

De quoi s’agit-il ?

Les Pôles inclusifs pour l’accompagnement localisés (PIAL) ont été instaurés par la Loi n°2019-791 du 26 juillet 2019 dite de l’école de la confiance. La circulaire de rentrée de 2019 décrit leur mise en place. Ils ont vocation à coordonner l’accompagnement humain des élèves en situation de handicap.

Depuis la loi de 2005 pour « l’égalité des chances », le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisé·es dans les écoles et établissements scolaires a augmenté. Néanmoins, il n’y a pas assez d’AESH pour les accompagner dans leur scolarité. Plutôt que de créer un vrai statut de la Fonction publique pour les AESH afin de rendre le métier plus attractif, le ministre Blanquer a choisi de les précariser davantage en créant les PIAL, des regroupements d’écoles, de collèges et de lycées.

Avec le PIAL, les AESH doivent intervenir sur plusieurs écoles, collèges ou lycées d’une zone géographique pour accompagner plusieurs élèves aux besoins souvent très différents.

Le PIAL dégrade les conditions de travail des AESH en flexibilisant l’accompagnement. Le PIAL a aussi des conséquences catastrophiques sur la scolarité des élèves en situation de handicap qui perdent des heures et dont l’accompagnement est atomisé !

Chronologie du métier

• 2003 : Création des missions d’AVS

• 2010 : Création des contrats CUI-CAE

• 2014 : Création du métier d’AESH et accès à la CDIsation au bout de 6 ans de CDD

• 2017 : Circulaire de missions des AESH

• 2019 : Concertation nationale sur l’école inclusive et création du Pial

• 2019 : Circulaire du 5 juin sur le recrutement et la gestion des AESH.

En 2022, gagnons un vrai statut de la Fonction publique pour les AESH

Logiciel AGESH

AGESH est le logiciel de gestion des moyens d’accompagnement généralisé à la rentrée dans plusieurs départements. L'algorithme prévoit un minimum de 5 heures d’aide mutualisée pour les élèves, sans tenir compte de ses besoins particuliers

Sur le contrat, ça change quoi ?

Avec la généralisation du PIAL à la rentrée 2020, les AESH déjà en poste reçoivent des avenants au contrat pour changer leur lieu de travail : les avenants mentionnent l’ensemble des écoles et établissements scolaires qui composent le Pial. La plupart des AESH sont recruté·es en tant qu’AESH-mutualisé·e afin d’accompagner simultanément ou successivement les élèves en situation de handicap dont la notification de la MDPH ne précise pas de quotité horaire nécessaire. L’objectif de l’administration est clair : faire en sorte que les AESH accompagnent plus d’élèves sans recruter davantage.

Le PIAL, c’est :

►le renforcement de la hiérarchie

►l’exploitation des AESH

L’employeur

la DSDEN

Les pilotes du PIAL, supérieur·es hiérarchiques des AESH : ’IEN dans le 1er degré et Les chef·fes d’établissement dans les EPLE

Pour le PIAL inter-degrés : l’IEN et/ou les chef·fes de l’EPLE

Les coordos de PIAL

Dans le 1er degré, ce sont les directeurs ou directrices d’école.

Dans les EPLE, ce sont des CPE, des ou des enseignant·es. Leurs missions :

• recenser les besoins et les moyens,

• proposer une répartition et les emplois du temps.

Dans certains départements, des enseignant·es référent·es et des AESH sont nommé·es coordo hors de tout cadre réglementaires.

Les AESH référent·es

Des AESH  coopté·es pour superviser leurs collègues, et qui touchent une indemnité de 600€ brut par an.

Refusons de mettre en place le PIAL !

Refusons de créer des hiérarchies entre collègues

SUD éducation appelle les personnels, AESH, enseignant·es et CPE à refuser ces missions.

En multipliant les échelons hiérarchiques, les AESH sont sans cesse surveillé·es et soumis·es à des ordres contradictoires. Cette organisation du service produit des conditions de travail pathogènes !

Ces missions ne peuvent vous être imposées, refusons de gérer la pénurie de moyens !

De maigres augmentations de salaire pour faire avaler la pilule du PIAL…

La rémunération des AESH est scandaleuse. Avec un salaire moyen de 750€ par mois, les AESH sont sous-payé·es. Le ministre a annoncé une enveloppe de 40 à 60 millions pour revaloriser les salaires des AESH. Il y a 121 000 AESH, cela revient à une augmentation moyenne de 27 à 41€ brut par mois.

Avec la grille salariale proposée par le Ministère, les augmentations de salaire sont insuffisantes. Pour un·e AESH à 61%, le salaire mensuel augmente :

• 14€ de plus en début de carrière,

• 36€ de plus après 6 ans,

• 110€ de plus après 12 ans,

• 353€ de plus après 18 ans.

Les bas salaires sont dus aux temps incomplets imposés. Il faut créer un statut de la Fonction publique pour les AESH avec un temps plein à 24h d’accompagnement !

Ensemble, on est plus fort·es !

SUD éducation, un syndicat efficace et combatif pour les AESH !

Se défendre contre le PIAL !

Avec le PIAL, l’administration pense pouvoir imposer aux AESH des changements de lieux d’affectation et d’emploi du temps afin de pallier la pénurie de moyens.

Je suis réaffecté·e sur une nouvelle école qui ne figure pas sur mon contrat de travail (en dehors du PIAL), dois-je accepter ? Pour vous demander d’intervenir sur un autre lieu de travail, il faut que celui-ci soit indiqué sur votre contrat et que l’ordre vous soit donné par écrit par mail ou par courrier signé de votre employeur. Si le lieu de travail n’est pas inscrit sur votre contrat, il faut demander un ordre de mission et un avenant au contrat si le changement est définitif.

La coordo du PIAL change mon emploi du temps du jour au lendemain en me prévenant par SMS, dois-je accepter ? Non, on ne peut pas modifier n’importe comment les emplois du temps des AESH. Cela doit rester exceptionnel, l’emploi du temps est annuel, et « tenir compte dans la mesure du possible de vos contraintes personnelles » (Guide national ministériel des AESH). Dans tous les cas la décision doit être écrite, par courrier ou par mail.

Pour gagner :

• l’arrêt de la mutualisation des moyens et du PIAL ,

• un vrai statut de la Fonction publique avec un temps plein à 24h,

• une réelle augmentation de salaire,

• des moyens pour une véritable formation initiale et continue.

Mobilisation AESH : Tou·tes en grève le 19octobre

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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 15:12
Dans l’Éducation nationale, 1 enseignant·e sur 5 est contractuel·le. Ces dernières années ont vu se développer le recrutement d'enseignant·es non titulaires dans le premier degré afin de pallier le manque de remplaçant·es.
Le cadre d'emploi des enseignant·es non titulaires reste très précaire, ils et elles subissent :
  •  les inégalités salariales car les salaires sont définis au sein des académies et non à l'échelle nationale,
  • des affectations arbitraires dans le département ou l'académie. Certain·es collègues changent chaque année d'affectation, d'autres enchaînent les contrats courts ou se retrouvent à intervenir sur plusieurs établissements éloignés géographiquement,
  • la pression au renouvellement du contrat et l'incertitude permanente.
    La politique de Blanquer maltraite particulièrement les enseignant·es non titulaires : la réforme du lycée pro, les suppressions de postes et le recours systématique dans certains établissements aux 2 HSA imposées  ont eu pour conséquence le non-renouvellement de nombreux et nombreuses collègues enseignant·es dans le second degré. Pourtant les besoins sont là : les classes sont trop chargées et les enseignant·es sont trop peu souvent remplacé·es.
Les politiques gouvernementales visant à casser le statut protecteur de fonctionnaire ont pour conséquences de dégrader les conditions de travail de tous les personnels, ainsi que les conditions d’apprentissage des élèves
Les personnels non-titulaires ont moins de droits que leurs collègues fonctionnaires qui exercent pourtant les mêmes missions !
Sachez que le syndicat SUD éducation est à vos côtés, dans vos démarches, tout au long du parcours semé d'embûches qui attend malheureusement les contractuel·les, depuis l'affectation jusqu’à la CDIsation. SUD éducation a édité deux guides mis à jour en juillet 2021, pour vous aider à comprendre  vos droits :
SUD éducation  est présent pour vous aider à faire respecter vos droits !
Si vous rencontrez des problèmes individuels (affectation, non renouvellement de contrat,   interruptions entre deux contrats survenues pendant la période d’état d’urgence sanitaire, passage sous CDI au bout de 6 ans, etc...), contactez votre syndicat SUD éducation départemental.
Pour agir collectivement vers la conquête de nouveaux droits :  syndiquez-vous en   contactant  votre syndicat SUD  éducation départemental.
Trouvez votre syndicat SUD éducation départemental : https://www.sudeducation.org/contact/
 Titularisation de tous les personnels précaires sans condition de concours ni de nationalité.
Les enseignant·es non-titulaires font déjà le même métier que leurs collègues, rien ne justifie qu’ils et elles n’aient pas les mêmes droits. Les personnels non-titulaires sont trop souvent maltraité·es par la hiérarchie :  Les chef·fes jouent sur la peur de voir son contrat ne pas être renouvelé pour imposer des conditions de travail inacceptables aux non-titulaires (heures supplémentaires imposées, répartitions de service que les collègues titulaires n’ont pas voulu accepter, etc...).
De même, la condition de nationalité permet la relégation d’une partie des travailleurs et travailleuses à un statut moins protecteur en raison de leur nationalité : SUD Éducation s’oppose à cette discrimination qui vise principalement à précariser les personnels originaires de pays hors UE.
Arrêt du recrutement de personnels non-titulaires
Le gouvernement baisse le nombre de postes aux concours de l’enseignement afin de remplacer progressivement les fonctionnaires par des personnels contractuels, plus précaires et bénéficiant de moins de droits. La précarité d’une partie des personnels permet le nivellement des droits de tous et toutes par le bas.
En attendant de gagner sur ces revendications qui sont primordiales, nous revendiquons de nouveaux droits pour les personnels non-titulaires, afin de combler les écarts qui existent entre les droits des non-titulaires et ceux des personnels titulaires :
 
L’égalité salariale, une augmentation générale des salaires et l’abrogation du jour de carence.
L’accès aux mêmes primes, indemnités et pondérations que les titulaires qu’importe la durée du contrat !
Des moyens pour une véritable formation !
Le droit à la représentation syndicale dans les affectations !
L’étude en CCP de tous les cas de non-renouvellements !
La généralisation des contrats de 3 ans pour tous les personnels qui le souhaitent !
La fin des temps incomplets imposés !
SUD éducation défend les droits des non-titulaires, œuvre à l’obtention de nouveaux droits alignés sur ceux des titulaires en vue d’instituer un statut unique pour tous les personnels.
 
Même travail, même statut !
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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 13:22

La rentrée a été particulièrement éprouvante pour les élèves et les personnels des départements du sud touchés par de violentes inondations. Les risques climatiques font partie des cycles saisonniers, néanmoins la violence et l’ampleur de ces phénomènes météorologiques sont particulièrement inquiétants. Leur nombre a triplé depuis les années 1990 en raison de la crise écologique.

La reconversion écologique est un enjeu central, tous les secteurs de la société doivent y participer, y compris l’Éducation nationale.

 

Un plan d’urgence écologique pour l’Éducation nationale

Il faut agir à l’échelle du ministère et des collectivités territoriales sur la rénovation et le réaménagement des bâtiments scolaires pour réduire et rationaliser leur consommation énergétique, sur le tri des déchets, sur la politique alimentaire dans les cantines, sur le contenu des enseignements afin de comprendre les mécanismes de la crise environnementale en cours, les moyens d’agir dessus et de faire la promotion des métiers de la reconversion écologique. Tout cela nécessite des moyens et un investissement financier conséquent, et pas seulement “du courage”...

Des mesures immédiates pour faire face aux phénomènes météorologiques

La situation des départements du sud touchés par les inondations du mois de septembre met au jour l’incapacité de l’Éducation nationale à agir pour faire face à ces catastrophes. Dans le Gard, les bâtiments scolaires les plus délabrés ont été endommagés. L’Éducation nationale doit garantir la sécurité des usager⋅es et des personnels dans les locaux scolaires. Il faut un effort budgétaire conséquent de la part de l’État pour mettre en œuvre une politique de rénovation et d’adaptation des bâtiments des zones en proie à ces catastrophes répétées. Les collectivités territoriales ne pourront pas réaliser cet effort seules.

De même l’administration n’a pas été en mesure de porter des consignes claires de fermeture des établissements scolaires alors que la situation météorologique l’exigeait. Pire, elle ne trouve rien de mieux que d’exiger des personnels et des élèves la continuité pédagogique, alors même que les bâtiments sont inondés, l’électricité coupée, les réseaux internet interrompus... Déployer la béquille éducative d’une crise sanitaire pour masquer l’ampleur d’un sinistre climatique, c’est bien à la hauteur du mépris que l’institution porte à l’ensemble du système éducatif.

De même, les différentes périodes de sécheresse ont entraîné des pics de pollution qui nécessitent des mesures de prévention pour la santé des personnels et des élèves, des adaptations du temps scolaire et une politique de végétalisation des cours d’école.

Pour SUD éducation, il faut que l’administration de l’Éducation nationale se saisisse avec les collectivités territoriales des questions environnementales. SUD éducation porte auprès de l’employeur des mesures concrètes pour la reconversion écologique de l’école.

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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 13:21

Alors que la communauté éducative marseillaise attendait des annonces ambitieuses pour ses écoles délabrées, le président de la République a annoncé comme mesure phare le « choix » des enseignant·es par les directeurs et directrices d’école. Cette mesure, totalement inappropriée et présentée comme une expérimentation généralisable à terme, est vécue comme une provocation par les personnels des écoles de Marseille.

Même si le ministre s’en défend, difficile de ne pas faire le lien entre cette annonce et la volonté ministérielle de parvenir à terme à instaurer un statut hiérarchique de la direction d'école pourtant largement rejeté par l'ensemble de la profession. L’étude en seconde lecture de la proposition de loi Rilhac au parlement fin septembre, ainsi que les annonces réglementaires sur le statut d’emploi fonctionnel par les représentants du ministre, illustrent d’ailleurs parfaitement cette volonté.

En pointant du doigt les enseignant·es et leur “motivation” et en faisant une telle annonce contraire aux principes du service public et qui bouleverserait le fonctionnement de l'École Publique, le président de la République détourne l’attention des vrais enjeux pour les écoles marseillaises.

Les personnels ne manquent pas de motivation, mais ils ont besoin des moyens pour exercer leur métier dans des conditions matérielles dignes de ce nom pour eux-mêmes et leurs élèves, des créations de postes et du recrutement de personnels enseignants, AESH, Atsem... en nombre suffisant. La direction d’école, elle, a besoin d’une augmentation significative des quotités de décharge, d’une aide administrative statutaire et de l’allègement des tâches.

Les organisations syndicales SNUipp-FSU, SNUDI-FO, CGT Educ’action, SNALC et Sud Education refusent donc clairement cette idée selon laquelle le « choix des enseignant·es » par les directrices et directeurs répondrait aux besoins des écoles. Au contraire, elle ne ferait qu’entraîner une dérégulation des écoles publiques.

Nous exigeons donc l’abandon immédiat du projet d’expérimentation de recrutement des enseignant·es par les directeurs et directrices tout comme nous refusons la proposition de loi Rilhac et le statut d’emploi fonctionnel.

L’école, à Marseille comme ailleurs, nécessite une toute autre ambition et des réponses à ses problèmes construites avec ses personnels.

C’est un des enjeux que nous aurons collectivement à porter lors des mobilisations à venir.

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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 13:21

La rentrée universitaire se déroule dans des conditions déplorables et donne lieu à des mobilisations des étudiant·es et des personnels à Rennes, Paris, etc. Elle révèle une nouvelle fois le sous-financement chronique des établissements, alors que le nombre d'étudiant·es continue d'exploser, que la nécessité d'une recherche publique forte n'a jamais été aussi criante. Pourtant, le gouvernement actuel persiste dans ses choix et fait fi des enjeux sociaux, des besoins et des souhaits de la jeunesse et des agent·es.

La dépense publique moyenne par étudiant·e ne cesse de baisser. Tandis que des milliers de jeunes sans inscription sont privés du droit d'étudier, les salles sont toujours surchargées et vétustes. Le sous-encadrement ne fait que s'accroître. La fatigue des personnels, à peine rentrés, est déjà palpable et les établissements n’hésitent plus à faire connaître leur incapacité à financer le recrutement de titulaires qui permettraient de remettre l’université et la recherche à flot et de revenir à des conditions de travail décentes.

Le nombre de contractuel·les et de vacataires sous-payé·es continue à progresser. Plutôt que de permettre un recrutement massif de titulaires, le gouvernement fait toujours clairement le choix de la précarité et de la casse des statuts avec les nouvelles formes de contrats issues de la Loi de programmation de la recherche (LPR). Les étudiant·es aussi font face à une précarité structurelle aggravée par la politique du gouvernement, qui ne veut même pas maintenir le ticket de restaurant universitaire à 1 € pour l’ensemble des étudiant·es.

Les restrictions budgétaires et la mise en concurrence systématique entre les équipes de recherche,entre les établissements, via le financement par appels à projet par exemple, conduisent aujourd’hui à de grandes inégalités : les subventions pour charge de service public varient du simple au double et les taux d’encadrement du simple au triple.

Les organisations signataires soutiennent la journée d’action intersyndicale du 23 septembre aux côtés des personnels du service public d’éducation et de la formation. Elles appellent tous les personnels de l’ESR et tou·tes les étudiant·es à participer à la journée interprofessionnelle du 5octobre.

Avec les signataires de l'appel interprofessionnel, nos organisations s'opposent à l'utilisation de la crise sanitaire par le gouvernement pour accélérer la remise en cause des droits et des acquis des salarié·es et des jeunes. Au lieu de donner les moyens d'exercer en toute sécurité, il attaque les libertés et sanctionne les salarié·es. Ce n’est pas acceptable.

Le 5 octobre, elles appellent à se mobiliser par la grève et les manifestations dans le cadre de la journée interprofessionnelle pour défendre le service public, les salaires, les emplois, les droits des salarié·es et la protection sociale.

Plus spécifiquement, en plus des motifs évoqués dans l’appel interprofessionnel, elles appellent à se mobiliser :

  • pour contrer le démantèlement du service public de l’ESR
  • pour le libre accès de toutes et tous à l'enseignement supérieur, la fin de la sélection et un droit effectif à la poursuite d'études
  • pour un plan d’urgence dans l’ESR avec une programmation budgétaire permettant le recrutement massif de titulaires et l’accueil sur site de toutes et tous les étudiant·es pour la totalité de leur formation
  • pour une réforme des bourses ambitieuse permettant l'autonomie des étudiant·es
  • pour la revalorisation indiciaire des salaires et des carrières des personnels et pour l'arrêt de l'individualisation des rémunérations et de la mise en concurrence des personnels
  • pour l’arrêt de la contractualisation des personnels et pour la titularisation de toutes et tous les contractuel-le-s sur mission pérenne
  • pour la défense des statuts et l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes
  • pour de meilleures conditions de travail et d’études
  • pour une augmentation significative du financement récurrent des activités de recherche
  • pour les libertés académiques et la défense de tout le personnel de l’ESR.

Signataires: CGT Ferc sup, CGT INRAE, SNTRS-CGT, FO ESR, SNASUB-FSU, SNETAP-FSU, SNESUP-FSU, SNCS-FSU, UNEF, L’Alternative, CJC, Sud Recherche, Sud Éducation

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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 13:20
Cette année encore, le ministère Blanquer fait sa rentrée auprès des AESH avec un cartable bien fourni. Conditions d’emploi et de rémunération précaires, formations quasi inexistantes, généralisation délétère des PIAL et dégradation des conditions de travail sont à nouveau au rendez-vous pour cette rentrée 2021.
Alors que l’année écoulée a été remarquablement jalonnée par une mobilisation grandissante, le ministère ne cesse de répondre aux revendications fièrement portées par les AESH par un mépris persistant et des mesures aussi indignes qu’insuffisantes.
Une nouvelle grille salariale au rabais.
L’une des conclusions du dernier Grenelle de l’éducation portait sur l’attribution d’une enveloppe budgétaire destinée aux salaires des personnels accompagnant·es. Le ministère de l’Éducation nationale a ainsi publié cet été les décrets et arrêtés fixant une grille de revalorisation indiciaire applicable sur tout le territoire… mais les maigres augmentations salariales sont très insuffisantes : le ministre maintient les AESH dans la précarité !
Bien que cette nouvelle grille mette un terme aux inégalités de traitement et de rémunération selon l’académie dans laquelle sont employé·es les AESH, elle reste bien en-deçà des tenaces revendications portant sur une véritable revalorisation salariale, la reconnaissance d’un temps plein pour 24h d’accompagnement, la création d’un statut de fonctionnaire pour le métier d’éducateur ou éducatrice scolaire spécialisé·e, et l’abandon des PIAL.
Et ne nous y trompons pas ! Certes insuffisante, cette nouvelle grille n’est pas un geste de bonté de la part d’un gouvernement soucieux du service public d’éducation et de ses personnels, mais bien le résultat de la mobilisation des AESH, déterminé·es à améliorer leurs conditions de travail, d’emploi et de rémunération.
Généralisation des PIAL et dégradation des conditions de travail.
Vendue comme un moyen de répondre au mieux aux besoins d’accompagnement des élèves en situation de handicap, la mise en place des PIAL n’a eu d’autre effet que de sérieusement dégrader des conditions de travail déjà difficiles, et ce, tout en dégradant les conditions d’accompagnement des élèves.
Les AESH ont vu le nombre d’élèves à accompagner augmenter, leurs lieux de travail se démultiplier, leurs temps de trajets s'accroître.
Les élèves subissent les conséquences de l’atteinte portée aux conditions de travail de leurs accompagnant·es mutualisé·es à outrance.  Certain·es élèves perdent des heures d'accompagnement, d'autres attendent un accompagnement faute de personnels.
Face à cette maltraitance institutionnelle, SUD éducation appelle les AESH à poursuivre et étendre leur mobilisation et à construire un véritable rapport de force.
 
Soyons massivement en grève le mardi 19 octobre !
 
Pour les AESH, SUD éducation revendique :
  •        la création d’un statut d’éducatrice/éducateur scolaire spécialisé·e et une titularisation sans condition dans un corps de fonctionnaire ;
  •        la reconnaissance d’un temps plein pour 24 heures d’accompagnement auxquelles s’ajoutent les heures connexes pour le travail de préparation de suivi et de concertation ;
  •        l’accès à la prime REP/REP+ au même titre que les autres personnels ;
  •        l'abandon des PIAL et de la logique de mutualisation ;
  •        une véritable formation initiale et continue.
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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 13:20

Vous venez d’être titularisé·e à la rentrée, vous avez droit à plusieurs aides ou primes. De la prime d'entrée dans le métier aux aides au logement : n'hésitez pas à faire les démarches pour les obtenir et à contacter le syndicat SUD éducation de votre département pour qu'il vous accompagne dans vos démarches !

Pour obtenir les aides ci-dessous, vous pouvez obtenir des informations et les formulaires auprès du secrétariat de votre établissement, sur les sites Internet des administrations, en contactant le service social de votre département (personnels du premier degré) ou de votre académie (personnels du second degré). 

Vous trouverez ici les aides qui existent à l’échelle nationale mais dans certains départements, les personnels peuvent prétendre à des aides ou des primes territoriales. Renseignez-vous auprès du syndicat SUD éducation de votre département !

1- Les aides au logement

Il existe plusieurs types d'aides au logement  : les PIM (Prestations Inter-Ministérielles) qui concernent les agent·es des différents ministères de la Fonction Publique et les ASIA (actions sociales d’initiative académique). Les personnels titulaires et certains personnels non titulaires bénéficient des PIM et des ASIA. Les AESH et les AED bénéficient uniquement des ASIA. Cette discrimination à l'égard des AESH et des AED est inadmissible, SUD Education revendique les mêmes prestations pour tou·tes les agent·es qu'ils  et elles soient enseignant·es ou non, titulaires ou non.

 

Les Prestations inter-ministérielles

- L'aide à l'installation des personnels (AIP) : pour les agent·es en 1ère affectation qui s'installent dans un logement locatif.

Montant maximum en Ile-de-France et Zones Urbaines Sensibles : 900

Conditions d'attribution : être stagiaire, néo-titulaire ou titulaire, sous conditions de ressources, dépôt du dossier 4 mois après avoir signé le bail et maximum deux ans après l'affectation dans l'académie.

+ d'infos dans la circulaire DGAFP-B9 n°09-2182 du 30/03/2009.

- L'aide à l'installation des personnels – Ville : pour les agent·es de l'Education Nationale spécifiquement, l'AIP-Ville s'adresse aux personnels affectés en établissement difficile (ZEP, REP, sensible, ZUS, « ambition-réussite ») pour au moins 51% de leur service. Les autres conditions sont les mêmes que l'AIP.

Montant : maximum de 900€

L'AIP-Ville n'est pas cumulable avec l'AIP pour un même logement.

+ d'infos dans la circulaire DGRH-C1-3 n°07-121 du 23/07/2007.

Les prestations académiques

Chaque Rectorat définit sa propre politique d’action sociale et ses propres dispositifs d’aide au logement. Consultez le syndicat SUD éducation de votre département pour vous renseigner sur les aides auxquelles vous pouvez prétendre. 

 

2- Les primes spécifiques aux néo-titulaires

La prime d'entrée dans le métier dont bénéficient les enseignant·es du premier et du second degré, CPE, CO-Psy néo-titulaires affecté·es dans une école, un établissement ou un service qui relève du ministère de l'éducation nationale.

Son montant est de 1500€ versé en deux parties : une première en novembre et une seconde en février.

Attention cette prime est imposable ! Si en novembre, la prime n'est pas perçue, n'hésitez pas à contacter les services payeurs du rectorat.

La prime spéciale d'installation pour l'Île de France et la communauté urbaine de Lille) dont bénéficient tou·tes les fonctionnaires dont l'indice afférent au 1er échelon de leur catégorie n'excède pas l'indice brut 435 s'ils et elles sont affecté·es en tant que néo-titulaire dans la zone géographique citée ci-dessus.

Son montant est de 2019,67€ à 2080,26€ selon votre zone de résidence. Si en novembre, la prime n'est pas perçue, n'hésitez pas à contacter les services payeurs du rectorat.

La procédure n’est pas automatique, il faut en faire la demande en remplissant un formulaire à demander dans les secrétariats.

 

Primes, aides… c’est l’arbre qui cache la forêt !

SUD éducation encourage les personnels à demander les aides et primes de l’action sociale auxquelles ils ont droit.

Ces aides et primes restent néanmoins insuffisantes pour masquer la précarité que subissent les personnels de l’Education Nationale. Les agent·es les plus précaires, qui ont déjà des bas-salaires, ne peuvent prétendre à bon nombre d’entre elles. Pour SUD éducation, se donner les moyens pour combattre la précarité passe par une vraie politique d’accès au logement et d’augmentation des salaires pour tou·tes les personnels et certainement pas par des maigres primes et aides réservées uniquement aux arrivant·es et aux néo-titulaires. 

Pour aller plus loin : 

Pour tout comprendre sur votre salaire, flashez le QR code de notre guide salaire avec l’appareil photo de votre téléphone ou rendez-vous sur le site de SUD éducation dans la rubrique Ressources - Guides - Salaires : https://www.sudeducation.org/guides/guide-salaires/ 

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Published by SUD 61
15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 15:12

Sommaire
➢ Injonctions vestimentaires
➢ Grossophobie
➢ Assignation de genre
➢ Mutilations des enfants intersexes
➢ Droit à l’IVG

 

Injonctions vestimentaires

Régulièrement, dans beaucoup de collèges et lycées de France, de nombreuses élèves reçoivent des avertissements ou se voient refuser l’accès de leur établissement parce que leur tenue est jugée « provocante » ou « indécente ». Les coupables : jupes courtes, shorts, hauts qui laissent apparaître les épaules ou le nombril, soutiens-gorge qui dépassent, absence de soutien-gorge… Même lorsque les températures sont très élevées, on demande à ces jeunes filles de mettre un gilet ou un pantalon. Les garçons subissent beaucoup moins d'injonctions quant à leur tenue et ne sont pas accusés d'y mettre une intention sexuelle.

L’argument principal qui justifie ces injonctions est malheureusement connu : ces tenues, dit-on, « exciteraient les garçons » et « les empêcheraient de se concentrer en classe » - sous-entendant que la « concentration » des garçons prime sur l’accès aux cours des filles. Illustration parfaite d’une culture du viol qui considère que ce sont aux femmes et aux jeunes filles de faire attention à leur manière de s’habiller, qui prétend que les garçons et les hommes ne seraient pas capables de se contenir à la vue d’une épaule, d’un sein, d’une cuisse. Faut-il le rappeler ? Une agression sexuelle ou un viol n’a qu’un seul responsable : l’agresseur.

D'autres diront qu'il s'agit simplement d'avoir une tenue « correcte », « normale » ou « républicaine » dans les mots de Blanquer. Mais en quoi une jupe courte ne serait ni « correcte », ni « normale » ou « républicaine » ? La notion de décence est le règne de la subjectivité et du moralisme.

Ne nous méprenons pas, quelle que soit l'argumentation proposée, l'enjeu est toujours le même : contrôler l'habillement des jeunes filles, considérer qu'il n'est pas acceptable que leur corps soit visible, alors même que ce sont elles qui le choisissent. Ces commentaires dévoilent, par ailleurs, le système de double contrainte auquel sont soumis les femmes et jeunes filles : trop court, c’est intolérable ; trop long, c’est intolérable aussi. En France, des policiers peuvent à la fois demander à une femme, seins nus sur la plage, de remettre son haut de maillot de bain et à une autre qui porte un voile sur la plage de l’enlever. Une femme doit montrer son corps, mais pas trop. Il n’y a aucune façon de gagner : être une jeune fille ou une femme, c’est se voir sans cesse scrutée, jugée, être sommée de trouver le juste milieu. Une société qui n’a de cesse de contrôler la manière dont s’habillent les femmes est une société profondément sexiste et patriarcale. Cette société discrimine particulièrement les jeunes femmes trans, mais aussi toute personne non-binaire, agenre ou ayant une expression de genre fluide.

En tant que personnels de l’éducation, notre rôle est de former la jeunesse pour l’avènement d’une société respectueuse des libertés de chacun·e. Ce sont les garçons qu'il faut éduquer, en leur disant qu’aucune tenue vestimentaire n'est jamais une invitation à quoi que ce soit, (ni à commenter, ni à toucher), et qu'il leur faudra bien apprendre à se concentrer en classe quelques soient les circonstances.

• Nous soutenons les jeunes collégien·ne·s et lycéen·ne·s dans leur combat pour le droit de s’habiller comme ils et elles l’entendent, et contre les remarques sexistes des adultes.
• Nous condamnons toutes les démarches qui visent à interdire l'accès à l'établissement scolaire à des élèves sous prétexte d'une tenue inadaptée.
• Nous condamnons les règlements intérieurs qui se transforment en police vestimentaire et restreignent de manière injustifiable la liberté des élèves et exigeons la réécriture de ces derniers.
• Nous revendiquons une réelle éducation pour tou·te·s les élèves sur les questions de sexisme, de genre et de consentement.

Grossophobie

En 2019, le terme grossophobie entre dans le dictionnaire : « attitude de stigmatisation, de discrimination envers les personnes obèses ou en surpoids ». Cette entrée est une première victoire symbolique pour les personnes et collectifs qui se mobilisent pour faire entendre la réalité des discriminations systémiques que subissent les personnes grosses ou perçues comme telles. La stigmatisation, les discriminations et le dénigrement que subissent ces personnes sont étroitement liées aux injonctions normatives sur les corps, qui pèsent avec d’autant plus de force sur les femmes. Aujourd’hui, dans les représentations (publicité, médias, films) et l’opinion commune, la minceur, voire la maigreur, est valorisée. Tout signe de surpoids fait l’objet d’une forte culpabilisation et s’accompagne de stéréotypes : paresse, manque de volonté, négligence, stigmate social.

Cette dynamique de culpabilisation est marquée par l’amalgame entre surpoids et obésité et par l’argument des enjeux de santé. Pour les associations concernées, il s’agit, d’une part, de « décorréler le surpoids de l’obésité » (compte-rendu des États généraux de la lutte contre la grossophobie, janvier 2017) ; et, d’autre part, dans les politiques de santé publique, de prendre en compte non seulement la santé physique, mais aussi psychique des personnes concernées.

La difficulté à assumer socialement un corps gros ou perçu comme tel se répercute dans de nombreux champs de la vie quotidienne :

➢ discrimination à l’emploi : une enquête menée par le Défenseur des Droits et l’Organisation Internationale du Travail en 2016 sur les discriminations à l’embauche liées au physique souligne « l’ampleur de la contrainte sociale qui pèse sur l’apparence des femmes est l’impact du surpoids dans les discriminations liées à l’apparence physique. En effet, le surpoids n’a pas d’effet spécifique chez les hommes, alors que les femmes en surpoids rapportent 4 fois plus souvent avoir été discriminées à cause de leur apparence que les femmes ayant un IMC normal »

➢ discriminations médicales : personnels médicaux grossophobes, matériel inadapté (par exemple les tunnels de scanner ou IRM), pharmacologie également inadaptée (par exemple la pilule du lendemain impropre pour les plus de 80 kg)

➢ sociabilité : remarques d’inconnu·e·s, de collègues ou de parents d’élèves sur une prétendue grossesse dès lors qu’un ventre apparaît ; difficulté d’accès aux transports en commun, aux infrastructures accueillant du public, etc.

• Face à la grossophobie, ce sont toutes les représentations sur les normes de beauté et sur ce qui serait « acceptable » ou pas dans l’apparence physique qu’il faut déconstruire. Il est urgent que les autorités de santé publique prennent en compte, sans jugement, les variations morphologiques qui existent et qui sont le résultat bien plus de notre responsabilité collective (précarité) que de responsabilités individuelles.

 

Assignation de genre

Dès la naissance, les enfants sont assigné·e·s à un genre, féminin ou masculin, au regard des attributs de leur corps biologique. Les études de genre ont pourtant bien montré la nécessité de dissocier sexe d’une part, et genre d’autre part (c’est-à-dire la construction sociale des identités). De fait, la question des identités trans met en lumière les problèmes que pose l’assignation de genre. Les personnes trans sont obligé·e·s de se battre quotidiennement pour faire valoir leur identité face aux discriminations et violences transphobes systémiques.

Ils et elles subissent des injonctions contradictoires quant à leur apparence physique. L’injonction au « passing » (c’est-à-dire répondre aux normes de genre correspondant à son identité) s’abat de façon contradictoire sur les personnes trans : à la fois on les accuse d’être fausses si elles ne s’y conforment pas, et, dans le même temps, on les accuse de reproduire et de véhiculer des stéréotypes lorsqu’elles le font. Souvent, elles ont également à subir des questions intrusives sur leur corps (à savoir s’ils et elles sont opéré·e·s, s’ils et elles suivent un traitement hormonal) qui violent leur intimité.

• L’autodétermination, le respect des parcours de chacun·e et des prénoms et pronoms d’usage doivent s’imposer dans l’ensemble de la société à commencer par l’école (changements de prénom sur les listes d’appel, sur le carnet de correspondance, sur l’ENT, etc.)

 

Mutilation des enfants intersexes

Selon la définition de l’ONU, les personnes intersexes sont nées avec des caractères sexuels (génitaux, gonadiques ou chromosomiques) qui ne correspondent pas aux définitions binaires types des corps masculins ou féminins.

C’est d’abord avec l’accord des parents – parfois extorqué sous la pression par les médecins – parfois à leur demande, que les enfants et adolescent·e·s intersexes sont le plus souvent mutilé·e·s, opéré·e·s et soumis·e·s à des « traitements » hormonaux lourds. Les opérations et mutilations ne sont pas une intervention ponctuelle, à la naissance, comme on le croit souvent. Elles sont répétées, multipliées, durant toute l’enfance et l’adolescence – certains enfants sont opérés plusieurs dizaines de fois. Les opérations comme les traitements hormonaux peuvent également générer d’autres problèmes de santé. Outre ces mutilations, les personnes intersexes ont à subir stigmatisation et violences, en particulier à l’adolescence : les adolescent·e·s sont, en effet, obsédé·e·s – et socialement encouragé·e·s à l’être – par la transformation de leur corps et sa conformité aux normes de genre dominantes. Des personnes assignées filles qui n’ont pas de seins, pas leurs règles, une pilosité importante, ou des personnes assignées garçons qui ne développent pas de pilosité, dont le sexe ne correspond pas aux critères de masculinité… seront harcelées par les autres élèves, soucieux·ses de conformité aux normes de la féminité ou de la masculinité hégémoniques et voulant se démarquer de ces « déviant·e·s ».

• Les mutilations, stérilisations, traitements hormonaux non consentis sur des personnes intersexes, quel que soit leur âge, doivent cesser.
• Le droit à l’autodétermination des personnes intersexes doit être reconnu : respect du prénom et des pronoms d’usage des élèves dans l’Éducation nationale, possibilité de changement d’état civil libre et gratuit par simple déclaration devant un officier d’état civil en mairie, sans intervention des pouvoirs médicaux et judiciaires.
• La formation des personnels éducatifs sur les questions intersexes doit être effective.
• Une prise en compte, non pathologisante, des variations intersexes dans les supports pédagogiques doit prévaloir.

 

Droit à l’IVG

Partout dans le monde le droit à l’avortement est attaqué par le système patriarcal. Près d’une femme sur trois a recours à l’avortement au cours de sa vie. Chaque année, sur 1 000 jeunes de 12 à 14 ans enceintes, 770 ont recours à une IVG. Le droit à l’avortement est un droit légitime et nécessaire pour l’égalité des femmes et des hommes. Ce droit est remis en cause en France. Aujourd’hui, des femmes n’y ont plus accès, car les moyens alloués aux hôpitaux et centres IVG ne cessent de diminuer. En 2013, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes alertait sur la fermeture de 130 établissements spécialisés dans l’IVG en 10 ans. De plus, dans certains hôpitaux, de nombreux gynécologues invoquent la clause de conscience pour refuser de pratiquer cet acte.

Nous ne sommes plus en 1975, où il a fallu arracher le droit à l’avortement par une lutte acharnée. Il est donc largement temps de supprimer cette double clause de conscience caractéristique d’un autre âge, tout en maintenant l’obligation de communiquer le nom d’autres praticiens. La montée des extrêmes-droites remet également en cause ce droit fondamental pour les femmes de décider d’enfanter ou pas, quand et avec qui.

• L’accès à l’avortement est un droit
• La clause de conscience des professionnel·le·s de santé doit être supprimée de la loi ;
• Des moyens financiers doivent être donnés pour que les centres pratiquant l’avortement et les centres de planification soient accessibles sur tous les territoires ;
• Des campagnes d’information tous publics sont nécessaires pour pouvoir en parler librement sans tabou ni jugement ;
• L’éducation à la vie sexuelle doit être prodiguée à toutes et à tous pour qu’elles et ils puissent avoir des choix libres et éclairés.

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