23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 21:10

L’assassinat de Samuel Paty a bouleversé la profession. Une question qui se pose très largement parmi les collègues est celle de savoir s’il a été convenablement protégé. Au-delà se pose la question plus générale de la protection des personnels.

L’enchaînement des événements, que l’on connaît par le biais d’une note du renseignement territorial publiée dans les médias, est éclairant. Dès le 5 octobre, les pressions diverses exercées par des parents d’élèves, par le biais de rendez-vous, d’appels téléphoniques ou sur les réseaux sociaux se multiplient. La direction de l’établissement a alerté les services académiques, qui ont apporté comme réponse la mobilisation de l’équipe “Valeurs de la République”, et lui ont conseillé de revenir sur la séance en classe avec les élèves pour lever les ambiguïtés. Par la suite, la direction a accompagné le professeur dans son dépôt de plainte. 

Nous constatons qu’à aucun moment, semble-t-il, la protection fonctionnelle n’a été proposée à Samuel Paty. Or elle correspondait à la situation. Le statut général des fonctionnaires prévoit ainsi dans son article 11 que “La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée”. L’administration est donc tenue de mettre les agent-e-s à l’abri, et de compenser les préjudices subis. Ce droit à la protection fonctionnelle est valable aussi pour les agent-e-s contractuel-le-s.

Le droit à la protection fonctionnelle est consubstantiel au statut des agents publics : on ne choisit pas ses collègues ni son public. On a donc droit à être protégé d’eux et elles en cas de difficultés. Pourtant, ce droit est trop régulièrement dénié lorsqu’il est demandé par les agent-e-s, quelque soit le type d’agissement, et notamment les violences sexistes et sexuelles au travail. 

Pour SUD éducation, c’est sur ce dispositif, au centre de la relation hiérarchique, qu’il faut aujourd’hui travailler. Les dispositifs divers qui ont été inventés ces dernières années ou qui sont évoqués aujourd’hui dans le débat public (brigades laïcité, formulaires de signalement d’atteintes à la laïcité, numéros verts) ont en commun de faire miroiter de fausses solutions et de diluer la responsabilité de l’institution. Outre ce que l’on peut reprocher par ailleurs à tout ou partie de ces dispositifs (stigmatisation, climats de délation par exemple), il faut reconnaître les faits : ils ne protègent pas les personnels. 

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 21:10

Le ministère a finalement dévoilé ses propositions sur les salaires aux organisations syndicales le 13 octobre. Sur les 400 millions d’euros consacrés à cette augmentation des seuls personnels enseignants, 396 serviront à des primes. Ce ne sont que des miettes jetées par le ministre Blanquer qui promettait encore des milliards consacrés à l’augmentation des salaires des personnels il y a moins d’un an.

Il s’agit tout d’abord d’une “prime d’attractivité” qui serait versée aux enseignant-e-s en début de carrière, seulement après leur titularisation. Selon les scénarii, il s’agit d’une prime au montant dégressif, versée durant les 9, 12, 14, 18 premières années d’enseignement.

Dans le meilleur des cas, la prime ne sera attribuée selon l’aveu du ministère qu’à 42% des enseignant-e-s, et encore dans cette hypothèse à des montants ridicules pour les personnels avec le plus d’ancienneté, de l’ordre de 35 euros par mois pour un-e PE, 21 euros pour un-e agrégé-e si les primes étaient différenciées selon les corps.

Quant aux enseignant-e-s contractuel-le-s, ils et elles ne percevraient qu’une prime forfaitaire de 50 à 66 euros nets mensuels.

Il s’agit ensuite d’une “prime d’équipement” de 150 euros nets, versée annuellement à tous les personnels, dont les contractuel-le-s embauché-e-s pour au moins une année scolaire. Cette prime ne serait versée, en une fois, qu’à partir de septembre 2021. Pour SUD éducation, cette prime, bien que faible, est une avancée. Mais ne doit pas dispenser le ministère d’indemniser les personnels pour le travail à distance réalisé durant toute la période du confinement.

Ces primes ne rattraperont en aucun cas la décennie de stagnation des salaires de tous les personnels de la fonction publique. SUD éducation exige que ces primes soient intégrées au salaire, afin qu’elles entrent dans l’assiette des cotisations pour la retraite ou l’arrêt-maladie.

Pour SUD éducation, il faut construire dès maintenant la mobilisation pour gagner une augmentation de la rémunération pour tous les personnels sans contrepartie, qui se traduirait immédiatement par :

  • l’indexation des salaires sur l’inflation pour garantir le maintien du niveau de vie des personnels les moins bien rémunérés ;

  • l’intégration des primes et indemnités au salaire ;

  • une augmentation significative des salaires, d’autant plus forte que le salaire de l’agent-e est bas, pour réduire les inégalités salariales.

SUD éducation revendique également dans le cadre du projet d’égalité salariale qu’elle porte :

  • avec l’Union syndicale Solidaires, une augmentation du Smic à 1700€ nets ;

  • la titularisation sans condition de concours ni de nationalité de tous les personnels contractuels de l’Éducation nationale.

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 21:08

Suite à l’assassinat de notre collègue Samuel Paty vendredi, dans les Yvelines, un rassemblement a été organisé dimanche sur la place de la République à Paris et un peu partout en France. À l’initiative de SUD éducation, une intersyndicale éducation s’est tenue et a produit un communiqué appelant à participer aux différents rassemblements. Pour témoigner de leur solidarité en cette période de recueillement, mais aussi pour ne pas laisser la place aux généralisations, stigmatisations et récupérations réactionnaires de ce drame, les militantes et militants de SUD éducation étaient présent-e-s dans ces rassemblements.

Pour les enseignant-e-s, la question de la préparation de la rentrée se pose dorénavant avec acuité. Dans différentes académies se tiennent des réunions institutionnelles pour préparer, organiser la rentrée des vacances d’octobre avec la commémoration de l’assassinat de Samuel Paty et des échanges à mener dans les classes.

Pour SUD éducation, après ce drame, les besoins exprimés par les personnels sont claires :

  • un besoin de protection de la part de l’administration, notamment par le biais de la protection fonctionnelle en cas de menaces ;
  • un besoin d’accompagnement pour les élèves et de renforcement de la communauté éducative par l’intervention de psychologues scolaires, d’assistant-e-s sociales·aux ;
  • un besoin de formation et un besoin d’échanges, entre adultes mais aussi entre adultes et enfants.

Pour SUD éducation le « cadrage national strict » évoqué par Jean-Michel Blanquer s’agissant de la commémoration de l’assassinat de Samuel Paty n’est pas adapté à la diversité des élèves accueilli-e-s dans les classes, que ce soit par leur âge, leur sensibilité ou leur maturité. Plutôt que d’imposer une parole venue d’en-haut, SUD éducation insiste sur le fait de faire vivre la liberté d’expression dans les classes, en formant les personnels pour cela et en proposant des outils adaptés. À ce titre, SUD éducation regrette que la réécriture des programmes d’enseignement moral et civique, en 2018, ait sensiblement réduit la part faite au débat, à la coopération et à la pratique effective de la liberté d’expression.

Pour SUD éducation, il faut faire confiance aux enseignant-e-s, qui connaissent leurs élèves et sauront se saisir d’éventuelles propositions de supports adaptés à l’âge des enfants.

L’erreur serait de plaquer sur les élèves un discours tout fait, en décalage avec leur compréhension du monde ou leur ressenti. Au contraire, il faut prendre en compte les enjeux émotionnels et, pour les plus grands, les enjeux politiques, sans passer sous silence les propos stigmatisants ou les sursauts de haine auxquels les élèves ont pu être confronté-e-s sur les réseaux sociaux ou devant leur télévision.

SUD éducation le redit avec force : nous condamnons toutes les généralisations, stigmatisations et récupérations réactionnaires de ce drame, d’où qu’elles viennent.

SUD éducation propose pour la reprise :

  • la banalisation des cours du lundi matin afin de permettre aux collègues de se concerter, discuter et préparer la commémoration de l’assassinat Samuel Paty
  • la banalisation du lundi après-midi pour échanger et recueillir la parole des élèves et des parents
  • le report de la minute de silence au mardi 3 novembre, afin que celle-ci fasse pleinement sens pour l’ensemble de la communauté éducative

Au-delà, nous réaffirmons le besoin de moyens supplémentaires alloués à l’école : il est évident que, de manière générale, les échanges avec les élèves et notamment autour de présupposés qu’il s’agirait de déconstruire, ne peuvent se faire convenablement qu’avec des effectifs réduits et de meilleurs taux d’encadrement.

SUD éducation suivra avec attention la manière dont sera organisée cette reprise et sera vigilant-e-s face à d’éventuelles injonctions irraisonnées de la part du ministère à la crise sanitaire.

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 21:06

Une fois encore, le visage horrible du terrorisme nous met au défi.
Assassiner et décapiter un enseignant, un professeur d’histoire-géographie en charge de l’enseignement moral et civique, c’est s'attaquer au cœur de notre société.
C'est s'attaquer à ces hommes et ces femmes qui se chargent sur tout le territoire national d’enseigner les savoirs, d’initier au débat argumenté, d’éveiller l'esprit critique et d’assurer la liberté de conscience.
C'est s'attaquer à l'ambition d'une école commune donnant à tous les jeunes les moyens de maîtriser leur avenir. Dans toutes nos écoles, en exerçant leur métier, les professeurs et l’ensemble des personnels font vivre les valeurs républicaines, la liberté, la laïcité, en leur donnant sens. Chaque jour, par leur action patiente, enseignantes et enseignants, personnels de l’Education nationale contribuent à construire une République unie et fraternelle, diverse et respectueuse, éclairée et apte au débat démocratique.
Face à l’obscurantisme qui a massacré l’un des nôtres et nous meurtrit, notre réponse doit être ferme et résolue. Cet acte a été commis au nom de l’islamisme intégriste. C’est bien cette idéologie et celles et ceux qui la portent qui doivent être combattu.es sans relâche.
Par ailleurs, la stigmatisation des musulman.es dans laquelle certaines forces politiques veulent entraîner le pays depuis bien des années ne peut que renforcer des clivages délétères et alimenter les machines de haine.
C’est par une politique ambitieuse d’éducation dans le cadre de l’École publique et laïque avec l’implication des mouvements d’éducation populaire complémentaire de l’enseignement public et des collectivités territoriales, pour transmettre et faire vivre les valeurs de la République, par une politique de justice sociale que nous ferons reculer les périls obscurantistes et garantirons nos libertés.

Parce que c’est le devenir même de la République, de son École publique et laïque et de notre Nation qui est en jeu et, avec elles, une part de celui du monde, nous appelons toute la
population à construire cette réponse avec nous.

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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 18:22

Depuis maintenant deux ans, le ministère de l'Éducation Nationale fait avancer sa "réforme" de la formation des enseignant-es et des CPE. Les organisations syndicales signataires ne peuvent que constater la grande confusion dans la gestion de ce dossier. Les réunions n'ont pas été de réelles concertations. Elles se soldent par une réforme incohérente et finalement inachevée : les projets d'arrêtés précisant les contenus des concours ne sont pas encore publiés ; les modalités concrètes de l'organisation de l'alternance en master MEEF et celle de l'année de stage se font toujours attendre ; le tout nouveau projet de PPPE (parcours préparatoire au professorat des écoles), dernier avatar d'une juxtaposition de dispositifs, contribue à déstabiliser un peu plus le schéma de formation initiale dans notre pays.

Force est de constater que l'ensemble des transformations prévues sont loin de garantir les améliorations qu'elles prétendent porter, tant sur le plan des finalités éducatives que sur celui des conditions d'étude. L'attractivité recherchée pour les métiers de l'éducation et de la formation n'est absolument pas garantie par cette réforme. Au contraire : la logique comptable semble manifestement l'emporter sur tout projet de revalorisation de la formation et du métier. Cette réforme ne porte pas un projet ambitieux pour la formation des enseignant-es et pour une école de qualité. Elle ne permettra pas à tous les enseignants de construire l'ensemble des savoirs nécessaires à la démocratisation du système scolaire.

Dans une situation de crise sanitaire qui aggrave encore les difficultés pour mener à bien le travail collectif que mérite la conception des parcours de formation des enseignant.es et des CPE, nous affirmons que maintenir le calendrier initial (novembre 2020) pour la finalisation des maquettes MEEF et la remontée des dossiers d'accréditation de certains INSPÉ constitue un passage en force inacceptable qui témoignerait à la fois d'une rupture incompréhensible avec les usages universitaires et d'un mépris pour les collègues. Ceuxci, alors qu'ils et elles ont été tenu-es à l'écart de l'élaboration des maquettes, seraient en effet chargé-es ensuite de les mettre en oeuvre dans une urgence déraisonnable et sans aucune garantie sur les moyens effectivement mis à disposition.

Nous réitérons solennellement notre demande de report de la mise en oeuvre de la réforme. Le respect des formateurs et formatrices des INSPÉ ainsi que la reconnaissance de leur expertise doivent prévaloir pour l'amélioration de la formation. Cette réforme ne pourra se faire aux dépends de leurs conditions de travail.

Nous demandons à nouveau l'ouverture de véritables négociations sur la formation des enseignant-es et des CPE.

Signataires : SNESUP-FSU, SNUIPP-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SNPI-FSU, SNES-FSU, SGEN-CFDT SUD ÉDUCATION, FERC CGT

 

Fédération SUD éducation

Commission exécutive

01 58 39 30 12

fede@sudeducation.org

31 rue de la Grange aux Belles 

75010 Paris

www.sudeducation.org 

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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 18:20

Le gouvernement continue son passage en force, comme si de rien n'était malgré la très grande opposition de la communauté de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche au projet de loi LPR.
Opposition une nouvelle fois exprimée dans la rue le 13 octobre, partout en France, malgré la situation sanitaire. A peine renouvelé, le Sénat est appelé à se prononcer sur la LPR, après un débat de courte durée censé démarrer le 28 octobre.

La crise sanitaire exige des moyens immédiats dans l’enseignement supérieur et la recherche

Nous exigeons toujours l’abandon du projet de LPR

Nous ne lâcherons rien de nos revendications de postes statutaires et de moyens récurrents.

Nous devons afficher notre détermination à construire un grand service public de l'enseignement supérieur et de la recherche, au service de toutes et tous, avec des moyens humains, financiers et matériels garantis et pérennes, au sein duquel la précarité n’est plus de mise.

Nous appelons les collègues et étudiant.e.s à se réunir massivement en assemblées générales et à participer au Rassemblement le 28 octobre à 14h Place Pierre-Dux devant le Sénat pour exiger l’abandon du projet de loi LPR et les moyens nécessaires pour cette rentrée 2020

 

Signataires : SNTRS-CGT, CGT FERC SUP, CGT-INRAE, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, FO-ESR, SUD RECHERCHE EPST-SOLIDAIRES, SUD EDUCATION, SOLIDAIRES ETUDIANT-E-S, UNEF, L’ALTERNATIVE, UNEF, ANCMSP, FACS ET LABOS EN LUTTE, CJC.

 

Fédération SUD éducation

Commission exécutive

01 58 39 30 12

fede@sudeducation.org

31 rue de la Grange aux Belles 

75010 Paris

www.sudeducation.org 

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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 20:26

À la suite de l’assassinat ignoble de notre collègue, l’heure est avant tout au recueillement.SUD éducation a appelé les personnels à participer aux rassemblements en hommage à notre collègue, notamment à toutes les initiatives prévues le dimanche 18 octobre. L’heure est au recueillement, au deuil et à la solidarité avec les proches, la famille, les élèves et collègues de Samuel Paty.

Les dérapages islamophobes, qui se sont multipliés à la faveur du débat autour de la loi dite sur les “séparatismes”, ont depuis hier encore crû en intensité. Des personnalités médiatiques, des responsables politiques, des parlementaires, se croient autorisé-e-s à déverser leur haine. SUD éducation condamne toutes les généralisations, stigmatisations et récupérations réactionnaires de ce drame, d’où qu’elles viennent.

Les personnels savent que l’éducation, le partage du savoir et l’esprit critique sont des remparts contre l’obscurantisme et le fanatisme et constituent la cible des tenant-e-s d’idéologies meurtrières et rétrogrades.

Le ministre Blanquer a déclaré à la presse se préparer à imposer un “cadrage strict” aux enseignant-e-s amené-e-s à évoquer cet attentat avec les élèves à la rentrée. Cette annonce est inquiétante, quand on sait que dans la perspective du déconfinement, le ministère de l’Éducation nationale a produit des fiches éduscol stigmatisant ouvertement les élèves de confession musulmane. Ces fiches ont été retirées précipitamment suite à l’intervention d’organisations syndicales dont SUD éducation. Rappelons que le ministre n’a eu de cesse de stigmatiser et caricaturer les musulman-e-s..

Les professionnel-le-s de l’éducation n’ont pas besoin que le ministre leur explique leur métier de pédagogue. Ils et elles ont besoin d’être protégé-e-s par leur employeur quand ils et elles sont victimes de menaces. Ils et elles ont également besoin que les infirmier-ère-s, assistante-s sociales-aux, médecins, psychologues soient suffisamment nombreuses et nombreux dans les établissements pour prendre en charge tou-te-s les élèves qui en ont besoin.

A ce sens, les rassemblements prévus appartiennent à celles et ceux qui font le service public, pas à celles et ceux qui le détruisent : la présence du ministre au rassemblement parisien résonne à ce titre comme une récupération indigne. Les personnels ne s’y trompent pas.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:55

En ce début d’année, dans de nombreuses circonscriptions et écoles, beaucoup d’ enseignant-e-s se voient imposer une formation dite « en constellations » générée par le Plan national de formation Français. Désigné-e-s par les IEN, les enseignant-e-s « constellé-e-s » sont ainsi contraint-e-s de participer à une formation sur une thématique imposée. Cette formation et ses modalités, déjà dénoncées l’an passé avec la mise en place du Plan mathématiques, devrait concerner l’ensemble des enseignant-es qui, au cours des 6 prochaines années, seraient contraint-es de suivre ces deux dispositifs.

 

Lors d’un groupe de travail au ministère le 2 octobre dernier sur la formation continue, les représentant-e-s du ministre ont indiqué que ces formations devaient "recueillir l’adhésion des enseignants désignés et que les problématiques de travail devaient être élaborés par les personnels eux-mêmes ". A ce jour, nous faisons le constat que les dispositifs de formation en « constellations » imposés se développent malgré tout dans les départements.

 

La formation continue concerne l’ensemble des programmes et doit être fondée avant tout sur les besoins exprimés par la profession. C'est ce que prévoit le schéma directeur de formation ministériel. Pour nos organisations, la formation « en constellations » ne doit pas déroger aux ORS des PE, ni donner lieu à des visites de classes non souhaitées.

 

Face au rejet grandissant suscité par le dispositif de formation « en constellations », nos organisations syndicales demandent au ministre qu’une consigne claire soit adressée aux services académiques confirmant la liberté de choix tant pour la participation que les problématiques traitées.

 

Paris, le 15 octobre 2020

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:54

Le 5 octobre2020, le Directeur de Cabinet de la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche a adressé un courrier aux organisations syndicales représentatives de l’Enseignement supérieur et la recherche, accompagné du projet d’«Accord relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières».

SUD éducation et SUD Recherche EPST ne signeront pas ce protocole d’accord.

Ce protocole est indécent dans sa démarche. Il s’est agi, par son entremise, de gagner quelques maigres soutiens au projet de Loi de programmation de la recherche (LPR). Or ce projet de loi est largement rejeté par les agent-e-s du service public d’enseignement supérieur et de recherche parce qu’il marque une nouvelle étape dans la précarisation, la mise en concurrence et la re-féodalisation généralisées de l’université et de la recherche publique. Ce protocole est indécent, ensuite, parce qu’il vise à s’attirer les faveurs des titulaires par le biais d’augmentations des primes et des promotions au moment même où la LPR condamne les nouvelles générations de personnel de la recherche et de l’enseignement supérieur à une précarité massive.

Ce protocole est même critiquable dans sa manière d’envisager les quelques améliorations de rémunération ou de carrière qu’il annonce (pour plus de détail voir l’exposé des motifs de notre refus en PJ).

Jamais nous n’accepterons de sacrifier l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur public ainsi que de l’ensemble de son personnel pour quelques avantages restreints destinés à quelques un-e-s. Nous le proposer au travers d’un tel protocole d’accord, c’est faire affront à notre intégrité! L’expérience du Ségur de la santé devrait pourtant nous alerter: après l’attribution largement médiatisée de quelques primes, le gouvernent continue de supprimer des lits et de casser le service public de santé (4Md€ d’économies sont prévues dans le projet de loi de finance de la sécurité sociale de 2021). Nous refusons de cautionner ces manœuvres de destruction des services publics,d’autant plus que dans le même temps pleuvent les cadeaux au privé et aux plus riches (plus de 54Md€ aux entreprises via la diminution des prélèvements obligatoires entre 2018 et 2021, près de 13Md€ en cadeau aux plus riches via la suppression de l’ISF sur la même période). Imposons un autre partage des richesses, imposons un autre avenir.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:54
Ce communiqué a été publié le 15/10/2020

Monsieur le Ministre,

Un mois après la rentrée, nous avons la confirmation que, d’un point de vue pédagogique, cette rentrée n’était pas normale et que le confinement a laissé des traces.

L’ensemble des enseignantes et des enseignants s’est investi sans compter pendant le confinement et après pour maintenir un lien pédagogique avec les élèves, mais l’école à distance ne peut remplacer l’école en présentiel. Les inégalités se sont donc creusées. Des notions voire des pans entiers des programmes ne sont pas acquis par toute et tous les élèves ce qui, en fonction de la construction des savoirs selon les disciplines, produit des effets plus ou moins importants mais doit de toute façon être pris en considération.

Les moyens mis en oeuvre pour pallier les difficultés sont insuffisants, dans certains établissements, aucun dispositif n’a encore pu être mis en oeuvre ! Cela entraîne des inquiétudes, notamment sur les conséquences prévisibles pour les futures évaluations, en particulier les épreuves d’examen.

Il y a urgence à prendre des mesures permettant de ramener de la sérénité dans les apprentissages. Aujourd’hui, les élèves comme les enseignantes et les enseignants subissent quotidiennement les effets conjugués de programmes, inadaptés à un contexte post confinement et d’évaluations trop précoces.
Nous réitérons notre demande d'une réflexion sur l'aménagement des programmes, en concertation avec les organisations représentatives des personnels.
En terme de calendrier, nous demandons qu'un calendrier transitoire et exceptionnel des examens, tenant compte du poids de la crise sanitaire soit mis en place : la première session des EC, en première, doit être supprimée et les épreuves de spécialités, en terminale, prévues en mars, doivent être reportées en fin d’année.

Cette année est, à bien des égards, exceptionnelle. Il ne doit pas y avoir de génération perdue. Cela implique de prendre les décisions nécessaires pour prendre la mesure des effets de la crise sanitaire en matière pédagogique.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en notre profond attachement au service public d'éducation.
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