1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 18:04

Depuis environ 15 ans, le nettoyage du campus Jussieu est assuré par des salarié-es de sociétés sous-traitantes, aux pratiques illégales honteuses. Les agents du nettoyage, dont le travail permet aux personnels et étudiant-es de travailler et étudier dans des locaux propres, sont ainsi soumis à des conditions de travail inacceptables : cadences infernales, salaires très bas, menaces et pressions sur les salarié-es pour leur faire accepter des modifications arbitraires de leur contrat ou de leurs conditions de travail…

Ces mauvais traitements sont à mettre en perspective avec les multiples couches d'oppression que les salarié-es subissent : racisme, sexisme et classisme, qui interagissent et s'ajoutent à la dévalorisation du travail effectué. Cela est notamment le cas pour les femmes, qui sont particulièrement touchées par les changements d’horaires imposés, souvent incompatibles avec leurs obligations familiales. Par ailleurs, les problèmes de faible compréhension du français oral ou écrit de certain-es salarié-es ont permis à Arc En Ciel de leur faire signer des contrats de CDD antidatés en lieu et place de leurs CDI, afin de mettre fin à leur travail.

Excédées par cette situation, notamment par la hausse brutale de leur charge de travail suite au non-renouvellement de plusieurs collègues en CDD, et l'annonce d'un fractionnement des journées de travail, les 130 personnes, en grande majorité des femmes, employées par la société de sous-traitance « Arc-en-ciel Environnement » se sont mises en grève à partir du 14 septembre. Après huit jours d'une grève massivement suivie, avec le soutien de syndicats de l'université dont la section SUD Éducation, les grévistes ont obtenu satisfaction sur leurs revendications :

  • pas de fractionnement des journées de travail
  • non-application de la clause de mobilité (inscrite sur les contrats de travail, cette clause permettait à la direction de muter les agents sur toute la région parisienne, au gré de ses besoins)
  • aucun licenciement
  • remplacement des absences
  • paiement des sommes dues pour les heures travaillées et non payées, notamment les heures supplémentaires
  • régularisation des contrats de travail
  • fourniture de produits d'entretien non allergisants
  • départ du responsable d'exploitation du site, au comportement irrespectueux envers les agents
  • paiement de 50 % des jours de grève

Si les 130 agents de Jussieu ont gagné face à une entreprise au chiffre d'affaires de 23 millions d'euros et employant 1000 salarié-es, c'est avant tout parce qu'ils et elles ont su rester soudé-es tout au long du mouvement, débattant quotidiennement la poursuite de la grève, en fonction des avancées obtenues face à l'employeur. C'est aussi parce qu'ils et elles ont été appuyé-es au quotidien par les militants syndicaux de l'université, pour tous les aspects de la grève; les syndicats ont aussi pesé sur l'administration de l'université pour qu'elle fasse pression sur l'entreprise. C'est enfin parce qu'une très forte solidarité des personnels et des étudiant-es de l'université s'est exprimée tout au long de la grève : pétition massivement signée, dons à la caisse de grève, démarches de responsables de laboratoire auprès de la direction de l'université, applaudissements dans les amphis lors des manifestations quotidiennes sur le campus, affichages, motions de soutien, etc. Le soutien extérieur a aussi été précieux : rassemblement de solidarité médiatisé, contributions importantes d'autres syndicats à la caisse de grève, préparation d'une manifestation au siège de l'entreprise Arc-en-Ciel, etc. Ce mouvement de solidarité est encourageant pour les luttes à venir, par exemple celles des personnels précaires de l'université (vacataires, doctorant-es sans financement...), dont le travail, bien que plus valorisé socialement, est également minimisé et invisibilisé.

Cette grève est une nouvelle démonstration éclatante qu'une lutte unitaire, déterminée et organisée des travailleuses et des travailleurs peut les mener à la victoire, et cela même si les grévistes sont parmi les travailleur-ses les plus précaires du site. Cette victoire fait écho à celle des femmes de chambre de l'hôtel Ibis Clichy-Batignolles, qui sont d'ailleurs venues soutenir leurs collègues.

Cette grève a donné à voir les aspects les plus sombres de la sous-traitance, allant jusqu'à la maltraitance quotidienne et au travail sans contrat et/ou non-rémunéré. L'une des pancartes brandies par les grévistes portait le slogan : « En grève pour le respect ». En effet, il a fallu huit jours de grève et des négociations serrées, juste pour obtenir que des garanties inscrites dans le droit du travail, voire dans le droit tout court, soient respectées au sein de l'université ! Cela est indigne du service public et de l'université. De plus, l'attitude de la direction d'Arc-en-Ciel et de ses « syndicats maison » lors des négociations a été abjecte : d'abord un refus de mettre par écrit les engagements, puis la communication d'un protocole d'accord avec une date de reprise erronée, en passant par des rendez-vous non honorés, le refus de rencontrer une délégation de grévistes, des menaces de sanctions, la perturbation des assemblées de grève par des « représentants du personnel » aux ordres, l'envoi de fausses informations à la direction de l'université, etc.

Cette grève est aussi là pour nous montrer à quoi sert la mise en concurrence dans les marchés publics. Au gré des changements de prestataires, les agents de nettoyage restent les mêmes (certains y travaillent depuis 25 ans !) : ce sont elles, ce sont eux qui connaissent le campus, ses amphis, ses espaces extérieurs, ses couloirs, ses labos. La seule fonction des entreprises sous-traitantes, dont la mise en concurrence favorise toujours le moins-disant, n'est pas d'améliorer la qualité du service rendu mais de réduire les coûts pour le compte du « donneur d'ordres » (l'université), en pressant les salarié-es au maximum, au besoin par des méthodes illégales. Au passage, la sous-traitance crée des « angles morts » en déresponsabilisant l'université vis-à-vis des conditions de travail de certaines catégories de personnes qui travaillent pourtant sur ses campus. La pratique de la sous-traitance doit cesser ! SUD Éducation exige que les travailleuses et travailleurs intervenant pour des tâches régulières dans le service public d'éducation, d'enseignement et de recherche bénéficient tou-tes du statut d'agent titulaire de la fonction publique. C'est aux établissements et aux ministères concernés de prendre leurs responsabilités, car ils ne peuvent pas ignorer que la sous-traitance engendre des violations systématiques des garanties élémentaires sur les conditions de travail, notamment envers des femmes et des personnes racisées qui sont déjà parmi les plus précaires dans l’échelle sociale.

Dans les semaines et les mois à venir, nous resterons mobilisé-es, aux côtés des salarié-es, pour veiller au respect des engagements pris par l'entreprise Arc-en-ciel. La force collective acquise, et l'importance du soutien reçu, leur permettent d'envisager une nouvelle grève si ces engagements ne sont pas tenus.

Section SUD Éducation Sorbonne Université

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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 18:35
S’organiser ensemble pour gagner !Ce tract a été publié le 25/09/2021

Nous sommes face à un gouvernement qui mène une politique au service des plus riches : on ne compte plus les cadeaux au patronat. Le gouvernement privatise petit à petit les entreprises publiques. Les cheminot·es luttent par exemple contre la privatisation rampante du réseau TER avec l’ouverture à la concurrence. 

Le gouvernement ne peut privatiser le secteur de l’éducation ou de la santé, néanmoins en refusant d’octroyer à ces secteurs les moyens de fonctionner, il favorise l’émergence d’un secteur privé concurrentiel : l'enseignement privé et les cliniques privées sont les grands gagnants de la politique de casse des services publics du gouvernement. 

La crise écologique et sociale que nous vivons montre que ce système économique n’est pas viable. Pourtant, le gouvernement et le patronat restent sourd aux alertes. Seul le rapport de force permet d’obtenir des victoires. Dans notre secteur, celui de l’éducation, comme dans la société, le patronat et le gouvernement ne lâcheront aucune avancée s’ils n’y sont pas contraints par une mobilisation forte et massive. Les personnels qui se mobilisent pour des moyens pour l’éducation, pour un vrai statut pour les AESH, pour le climat, contre le racisme ou contre les violences sexuelles et sexistes, font quotidiennement l’expérience d’une impossibilité de dialoguer avec l’administration.Face à un gouvernement implacable, le syndicat est notre arme pour construire le rapport de force ! 

Renforcer le collectif 

Notre nombre est notre force, c’est pourquoi nous nous employons à construire, sur nos lieux de travail, des liens de solidarités entre collègues. Les difficultés du quotidien créent des désaccords dans les équipes, notre rôle de syndicaliste est de faire dialoguer les collègues pour créer du consensus et avancer ensemble. 

Les outils syndicaux sont à la disposition des collègues pour construire et renforcer le collectif. Les heures d’information syndicale sont les premiers espaces d’auto-organisation des collègues. Tou·tes peuvent y participer sur temps de travail pour discuter des difficultés rencontrées et pour élaborer ensemble des revendications et des modalités d’action. On peut commencer par porter les revendications auprès de la hiérarchie puis alerter et informer les parents d’élèves, demander le soutien de l’intersyndicale, construire une mobilisation, y compris par la grève et la publicisation des revendications dans les médias et sur les réseaux sociaux via une vidéo, des visuels, des communiqués de presse… Qu’importe les modalités de mobilisation, la priorité c’est d’être dans le collectif ! 

Du lieu de travail à une mobilisation nationale ! 

La bataille des moyens pour le service public d’éducation et de l’enseignement supérieur comme la bataille pour la reconnaissance du métier d’AESH se mène à une échelle nationale. Pour gagner, il faut construire des mobilisations partout et favoriser leur coordination. C’est un aller et retour perpétuel entre une construction au plus près du terrain, dans les écoles, EPLE, universités, et des rencontres nationales à travers les journées d’action. Les militant·es syndicaux préparent ces journées d’action afin de permettre aux personnels de s’en saisir.

 

Horizontalité et démocratie à tous les niveaux 

 

Transformer la société et lutter contre les inégalités commencent dès à présent dans la pratique syndicale. Ce sont les équipes militantes qui font vivre la démocratie sociale sur le lieu de travail en organisant des heures d’information syndicale et des Assemblées Générales. Les adhérent·es de SUD éducation y portent des outils de démocratie directe et d’auto-organisation permettant à tou-te-s celles et ceux qui le souhaitent de s’investir. Pour éviter par exemple que la parole ne soit monopolisée par les mêmes personnes, on peut mettre en place un tour de parole.

De même, la recherche du consensus est un impératif lorsqu’on aspire à plus de démocratie. Les décisions prises doivent convenir à tou·tes : empêchons les coups de force et l’accaparement du pouvoir par quelques un·es. 

Enfin, lorsque naissent des mobilisations d’ampleur, on estime à SUD éducation qu’il faut dépasser le cadre habituel des intersyndicales en favorisant l’organisation soit d’assemblées générales locales avec les grévistes, soit, si la grève est très bien suivie, de coordinations départementales, académiques voire nationales de grévistes mandaté-e-s par leurs Assemblées Générales locales. La grève appartient à celles et ceux qui la font, syndiqué·es et non syndiqué·es.

Pour le progrès social, soutenez le syndicalisme de lutte et de transformation sociale, adhérez à SUD éducation !

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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 13:01

 

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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 13:01
Motion d’actualité du conseil fédéral de septembre 2021

En cet automne 2021, et alors que la crise sanitaire s’éternise, le gouvernement instrumentalise cette situation pour poursuivre son travail de casse sociale, au-delà de sa gestion non démocratique et chaotique de la crise sanitaire. La réforme des retraites est toujours sur la table. La casse de l’assurance-chômage se poursuit, pendant que les travailleurs et travailleuses subissent de plein fouet les effets de la crise. Dans l’Éducation nationale, le ministre a profité de la crise sanitaire pour accélérer l’augmentation de la part du contrôle continu dans le baccalauréat, faisant exploser les inégalités entre établissements et élèves. Il remet ainsi en cause, une nouvelle fois, la liberté pédagogique des équipes. Par ailleurs, le ministère a accéléré la mise en place d’un statut de directeur·trice avec la loi Rilhac, que Macron anticipe en annonçant une expérimentation en ce sens dans les écoles marseillaises. Pourtant, toutes ces réformes sont très largement rejetées par la profession.

La situation sanitaire demeure précaire. Le gouvernement ne se donne pas les moyens de combattre efficacement la pandémie par des politiques publiques ambitieuses et égalitaires. Il préfère la mise en place du passe sanitaire dont SUD éducation revendique l’abrogation, avec l’Union syndicale Solidaires.

De façon générale, le contexte sanitaire a été instrumentalisé par le ministère pour passer en force ses réformes. On a retrouvé une telle méthode chez des chef·fes d’établissement, comme chez les corps d’inspection qui soutiennent sans réserve toutes les dégradations dans les conditions d'enseignement. À cet égard, les effectifs sont une nouvelle fois à la hausse dans les classes en raison des suppressions de postes successives. Aucun moyen supplémentaire n’est dégagé pour pallier les inégalités scolaires. SUD éducation revendique toujours un plan d’urgence pour l’éducation.

Le ministère s’est livré à un véritable démantèlement du statut de la fonction publique en généralisant la contractualisation des métiers de l’Éducation nationale. Pour ce faire, il recourt désormais à des étudiant·es de 2e année de Master MEEF ou encore pire à des officines néo-libérales comme “Le choix de l’école”, dans un contexte de destruction de la formation initiale des enseignant·es. Conspuant les syndicats, en particulier SUD éducation, le Ministère mène une politique autoritaire et répressive et multiplie les entraves au droit syndical.

Après la grève du 23 septembre, une nouvelle échéance s’impose pour remobiliser notre camp social. Le 5 octobre doit être une date de convergence des secteurs en lutte, et permettre la construction d’un mouvement de grève qui s’ancre dans la durée.

L’exploitation des plus précaires s’accentue (services civiques, AED, AESH, Atsem). Les PIAL dégradent les conditions d’emploi des AESH et les conditions d’étude des élèves par gestion purement comptable des affectations. Après les succès des mobilisations de l’an passé, SUD éducation fait de la réussite de la date de grève du 19 octobre une priorité, et s’efforcera de renforcer les collectifs locaux d’AESH en lutte, afin d’inscrire cette mobilisation dans la durée pour gagner sur les revendications : fin des Pial, statut de fonctionnaire, augmentations de salaires.

Au sein du gouvernement, les ministres Blanquer et Vidal incarnent bien la jonction entre néo-libéralisme et conservatisme identitaire que l'on voit à l'œuvre aujourd'hui dans la politique gouvernementale. La récente campagne d’affichage dévoyant la laïcité en est un nouvel exemple.  Contre l’islamophobie et toutes les formes de discrimination, SUD éducation continuera à s’opposer à cette vision réactionnaire de l’école et mènera vigoureusement le combat pour la laïcité. SUD éducation dénonce les liens des ministres avec les sphères réactionnaires et mènera campagne pour la socialisation de l’enseignement privé.

Les attaques de Vidal contre les universitaires, loin d’être une simple manœuvre de diversion, jouent un rôle politique à part entière, dans un contexte général d’offensive raciste et autoritariste et participent à la stratégie de Macron d’aller sur les terrains de prédilection du RN et dans une entreprise de délégitimation de toute forme de critique, universitaire comme politique, sociale, syndicale, antiraciste, féministe, écologiste…

La banalisation dans le débat public des idées réactionnaires, racistes, xénophobes, intolérantes profite aux partis d’extrême-droite, et le gouvernement en porte une écrasante responsabilité. La multiplication de la diffusion d’expressions antisémites et conspirationnistes est particulièrement inquiétante. En cette année d’élections présidentielles, il faut réaffirmer notre mot d’ordre « l’extrême-droite est notre ennemi mortel » dans notre secteur, celui de l'Éducation nationale et de l'université, mais aussi en interpro, et en lien avec Vigilance syndicale antifasciste (VISA) comme dans le cadre unitaire issu de la manif du 12 juin dernier”. SUD éducation mènera des campagnes résolues sur cette question (notamment pour obtenir la fermeture des locaux fascistes) tout au long de l’année, et entamera des démarches en direction de l’intersyndicale à cet effet.

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26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 14:36

L’interruption volontaire de grossesse : un droit fondamental

Partout dans le monde et notamment en France les acquis sociaux sont attaqués par le système néolibéral et avec eux , le droit à l’avortement . Pour paraphraser Simone de Beauvoir, Il suffit d’une crise économique, politique ou religieuse pour que le système patriarcal remette en question les droits des femmes.

Durant la crise sanitaire, le gouvernement français a réaffirmé que le droit des femmes à disposer de leur corps était un droit « qui ne saurait être remis en cause en période de crise sanitaire ». Pourtant, les centres de planification familiale et les professionnel⋅les de santé ont constaté une augmentation significative des appels rapportant des difficultés dans l'accès aux IVG1. De plus, le confinement a limité les droits des femmes² en les empêchant de quitter le territoire français pour pouvoir bénéficier d’un IVG dans un autre pays où les délais sont plus longs.

Le droit effectif à l’avortement est malmené en France depuis plusieurs années à cause de la fermeture de nombreux centres IVG décidée par les pouvoirs publics3. On peut craindre que des femmes se retrouvent hors cadre légal avec la saturation des hôpitaux, la suppression de certaines opérations chirurgicales et la fermeture des centres de planification. Un amendement visant à allonger le délai légal de l’IVG de 12 à 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines aménorrhées) a été rejeté par les parlementaires. Dans d’autres pays, ce délai est pourtant bien plus long : il est de 22 semaines au Pays-Bas et de 24 semaines au Royaume-Uni. Il n'y a pas de délai maximal au Canada.

En 2019, plus de 230 000 IVG ont été enregistrées en France4.

Le droit à l’avortement est un droit légitime et nécessaire pour l’égalité des genres. Ce droit est remis en cause en France car des femmes n’ont plus accès à l’avortement. En effet, les moyens alloués aux hôpitaux et centres IVG ne cessent de diminuer. En 2013, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes alertait sur la fermeture de 130 établissements spécialisés dans l’IVG en 10 ans. De plus, dans certains hôpitaux, de nombreux gynécologues invoquent la clause de conscience spécifique sur l'avortement. Elle a été instaurée par la loi de 1975 : l'Article L2212-8 du Code de la Santé Publique stipule qu’ « un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse, mais il doit informer, sans délai, l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention ». Rappelons que cette clause fut le résultat d'un compromis pour faire accepter, en 1975, la loi sur l’avortement, farouchement combattue par les réactionnaires. Pourtant, une clause de conscience générale existait : «Hors le cas d’urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d’humanité, un médecin a le droit de refuser ses soins pour des raisons professionnelles ou personnelles.» (Article R4127-47 du Code de la Santé Publique). L'IVG ne constituant pas un acte médical à part, la clause de conscience spécifique n'a pas lieu d'être. Il est donc largement temps de supprimer cette double clause de conscience spécifique d’un autre âge, tout en maintenant l’obligation de communiquer le nom d’autres praticien⋅nes.

Par ailleurs, la montée des extrêmes-droites met en cause l'existence même de l'avortement et donc le droit fondamental pour les femmes de pouvoir choisir de poursuivre ou non une grossesse.

Fin 2018, le président du Syngof (Syndicat national des gynécologues et obstétriciens français) a qualifié l’avortement d’"homicide", lors d'un entretien dans les médias. Le droit à l’avortement, inscrit dans la loi, ne peut dès lors être considéré comme acquis.

Il faut donc rester très vigilant⋅es et contrer ces manœuvres qui visent à cantonner les femmes à une fonction procréatrice et au service de leur famille.

Pour ce faire, il faudrait, entre autres, que l’éducation aux sexualités soit effective dans le système scolaire. Certes la loi du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception prévoit au moins trois séances par an pour informer les élèves de leurs droits et des choix possibles. Elles n’ont lieu que trop rarement dans les faits. L'information ainsi que l’accès réel à la contraception, à la contraception d’urgence et à l’IVG sont nécessaires pour permettre à chacun et chacune de disposer de son corps.

Pour le droit à l’avortement, réaffirmons que :

L’avortement est un choix ;

Les délais légaux pour avorter doivent être harmonisés sur ceux des pays les plus progressistes en Europe, et les femmes qui désirent avorter doivent pouvoir être prises en charge sans délai ;

La clause de conscience spécifique des professionnelles de santé doit être supprimée de la loi ;

Des moyens financiers doivent être donnés pour que les centres pratiquant l’avortement et les centres de planification soient accessibles sur tous les territoires ;

Des campagnes d’information tous publics sont nécessaires pour pouvoir en parler librement sans tabou ni jugement ;

Tous les moyens contraceptifs doivent faire l'objet d'un remboursement intégral, pour que toutes puissent choisir celui qui leur convient ;

Une éducation aux sexualités doit être prodiguée à toutes et à tous ;

La formation aux techniques d’avortement et à l’accompagnement doit faire partie intégrante de la formation initiale des professionnel·les de santé de l'éducation nationale.

Au plan international, l’avortement doit être légalisé dans tous les États.

 

1. Source : planning familial https://www.planning-familial.org/fr/nvn/point-presse-sur-lavortement-en-temps-de-confinement-analyse-de-la-situation-du-30-mars-au-19

2.Dans tout ce tract, sont incluses avec les femmes toutes les personnes susceptibles de subir une grossesse non désirée (hommes trans, personnes non binaires, etc)

3.Source : Le Monde

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/27/avortement-en-france-pres-de-8-des-centres-pratiquant-l-ivg-ont-ferme-en-dix-ans_6013384_3224.html

4.C'est dans les catégories sociales les plus modestes, et les territoires les plus marginalisés qu'on a le plus souvent recours à l'avortement. Priver d'un accès à l'IVG, en France métropolitaine comme dans les espaces ultramarins, c'est compliquer encore la vie des plus précaires. Source : DREES

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-02/ER%201163.pdf

 

 

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26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 14:31

Paris, le 24 septembre 2021

Mobilisons-nous contre la proposition de loi Rilhac !

La proposition de loi Rilhac sera de nouveau examinée à l’Assemblée nationale les 29 et 30 septembre. La délégation aux directeurs et directrices d’une autorité fonctionnelle et leur participation à l’encadrement du système éducatif provoqueraient une profonde césure au sein des écoles et ébranleraient les équipes pédagogiques. Le passage de la proposition de loi en commission parlementaire a permis aux député·e·s et au ministre d’aggraver cette proposition de loi en ne proposant aucune amélioration des conditions de travail des directeurs et directrices (décharges, aides administratives, formation) pour ne garder que l’aspect autorité fonctionnelle. En refusant dans le même temps de réinscrire l’absence d’autorité hiérarchique, les député·e·s laissent la porte ouverte à cette dérive. C’est un nouveau cap dans les attaques qui est franchi.

Les organisations SNUipp-FSU, SNUDI-FO, CGT Éduc’action et SUD éducation jugent inacceptable ce qui mettrait à mal la place centrale du conseil des maîtresses et maîtres animé par les directrices et directeurs, lieu de débats et de démocratie au sein des écoles. Les personnels des écoles n’ont pas besoin de hiérarchie dans l’école, mais de renforcer le collectif pédagogique.

Cette proposition de loi doit être votée au moment où le président Macron annonce une expérimentation à Marseille où les directeurs et directrices d’école pourraient recruter les autres enseignant·e·s de l’école, suscitant ainsi l’indignation des personnels, à Marseille et ailleurs.

Nos organisations revendiquent :

• l’abandon de la proposition de loi Rilhac et de l’expérimentation Macron à Marseille

• Une aide administrative statutaire dans chaque école ;

• Un réel allègement des tâches administratives ;

• Une augmentation des quotités des décharges de direction et une décharge hebdomadaire.

Nos organisations appellent les personnels à se mobiliser dès le 29 septembre, à l’occasion du passage de la proposition de loi à l’Assemblée nationale et soutiennent les initiatives locales d’ores et déjà prévues ce jour :

• rassemblement devant l’Assemblée nationale à 13h30

• rassemblements devant les DSDEN, les permanences des parlementaires, conférences de presse…

• adoption de motions et de prises de position au sein des écoles, accrochage de banderoles...

Nos organisations appellent aussi à se saisir de la journée de grève interprofessionnelle du 5 octobre pour porter leurs revendications contre la proposition de loi Rilhac et en défense du service public d’éducation.

Nos organisations se reverront après le 5 octobre pour construire les suites à donner à la mobilisation.

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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 11:36

Le projet de loi de finances 2022 a été présenté hier en Conseil des ministres. Ce projet de loi est largement en deçà des enjeux auxquels est confronté le système éducatif, épuisé par cinq années de refus du gouvernement de donner au service public d’éducation les moyens de fonctionner correctement et de garantir l’égalité de traitement des élèves sur le territoire.
À tous les niveaux, les moyens manquent cruellement.
Les personnels médico-sociaux manquent dans de nombreuses circonscriptions et de nombreux établissements. On ne compte ainsi en moyenne qu’un médecin pour 12 000 élèves. Les Pial destinés à mettre en œuvre une vision strictement comptable de l’inclusion scolaire conduisent à limiter fortement les moyens d’accompagnement. Dans le second degré, le budget prévoit la suppression de 300 postes d’enseignant⋅es. Cela porte à 7 800 le nombre de postes supprimés dans le second degré dans un contexte de hausse démographique, en partie détournés au profit de postes d’inspection et d’heures supplémentaires. Les augmentations de salaire sont à la fois dérisoires, comme la grille indiciaire des AESH déjà rendue obsolète suite à l’augmentation du Smic, et limitées à des mesures catégorielles, comme les primes destinées aux personnels enseignants qui ne concernent qu’une partie de la profession.
SUD éducation réclame depuis dix-huit mois un plan d’urgence pour l’éducation, prévoyant des recrutements importants afin de diminuer les effectifs en classe, un accent mis sur la formation continue des personnels, et des moyens matériels permettant une mise à niveau du bâtis scolaire pour faire face aux enjeux sanitaires et climatiques des années à venir. Le budget soumis par le gouvernement n’est à la hauteur d’aucun de ces enjeux.

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 14:15
Après le 23 septembre, amplifions la mobilisation pour gagner !

Les personnels de l’Éducation nationale se sont mobilisé·es aujourd’hui afin d’exprimer leur colère face à la politique inacceptable du ministre Blanquer. Cette journée de mobilisation en appelle d’autres : il faut poursuivre et engager un véritable rapport de force pour faire plier le gouvernement.

Rentrée 2022 : encore des suppressions de postes

Le Projet de loi de finances, présenté hier, montre que le Ministre s’entête dans sa politique de casse du service public et de dégradation des conditions de travail des personnels : il prévoit de supprimer 400 postes d’enseignant·es dans le second degré pour financer des postes de CPE, d’AS et des personnels d’inspection.

La loi Rilhac : une attaque majeure

Dans les écoles, la colère gronde également. L’exécutif présente à l’Assemblée nationale le projet de loi Rilhac qui vise à donner une “autorité fonctionnelle” aux directeurs et directrices d’école. Les personnels n’ont pas besoin de plus de hiérarchie dans les écoles, ils ont besoin de plus de soutien de leur administration et de plus de moyens. Ils ont besoin d’enseigner dans des bâtiments salubres, d’avoir accès à la médecine du travail, de travailler en coopération avec des personnels médico-sociaux et des personnels AESH.

Contre les contre-réformes Blanquer dans les lycées

Les personnels et les élèves subissent les effets des réformes des lycées et du bac. Après deux ans de mobilisation contre la casse du bac et les E3C, le ministre impose la généralisation d’un contrôle continu élaboré localement avec le projet local d’évaluation, un véritable recul pour notre liberté pédagogique et une casse majeure du cadrage national du diplôme.

Pour SUD éducation, il faut d’urgence gagner les moyens de construire l’école de demain, une école plus juste, plus égalitaire, qui réponde à l’impératif de la reconversion écologique de la société.

À chaque date de mobilisation, soyons de plus en plus nombreux et nombreuses !

SUD éducation appelle les personnels à poursuivre la mobilisation, à l’amplifier pour construire une mouvement massif, pour cela l’appel à la grève interprofessionnelle du 5 octobre doit être un point d’appui.

SUD éducation appelle, avec l’intersyndicale, les personnels à se mettre massivement en grève le 19 octobre pour les droits des AESH. Blanquer fait de l’école inclusive une vitrine de sa politique éducative alors que les conditions d’emploi des personnels AESH sont inacceptables. Soyons nombreux et nombreuses pour gagner un vrai statut de la Fonction publique pour les AESH.

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 14:14
Covid-19 : SUD éducation revendique des campagnes de tests régulières en milieu scolaire

La politique du ministre conduit à un échec. Les classes fermées sont six fois plus nombreuses en ce mois de septembre qu’au mois de juin.

Pour SUD éducation, l’objectif est que le plus grand nombre d’élèves demeurent en classe, et que les écoles et établissements restent ouverts. Pour cela, il faut s’en donner les moyens.  

Pour cela, il faut s’appuyer sur des campagnes de tests massives et régulières, qui permettent d’isoler rapidement et uniquement les élèves contaminé⋅es. C'est le sens de l’avis du conseil scientifique, qui désavoue le protocole sanitaire bâclé du ministère.

Les campagnes de tests dans le milieu scolaire sont un fiasco retentissant depuis l’année scolaire dernière : nombre de tests insuffisant, acceptation très faible, surcharge de travail pour les personnels médico-sociaux dans les écoles et établissements.

La mesure qui consiste, pour pallier le manque de dépistages, à évincer les élèves non-vacciné⋅es dans le second degré est mauvaise : elle conduit à exclure en premier lieu du milieu scolaire les élèves issu⋅es des classes populaires qui ont eu le moins accès au vaccin, et induit des différences inacceptables de traitement entre élèves.

Le conseil scientifique recommande un test hebdomadaire pour tou⋅tes les élèves de primaire, et un test dès le lendemain d’un diagnostic de cas-contact pour tou⋅tes les élèves du même niveau, afin de n’isoler que les cas positifs.

 Il est urgent que le ministère organise le dépistage régulier de l’ensemble de la population scolaire en plus de la campagne de vaccination. Pour cela, il est nécessaire :

  • d’approvisionner rapidement et régulièrement les écoles et établissements en tests rapides et acceptables par les élèves ;
  • de recruter les personnels nécessaires pour opérer ces dépistages et assurer la liaison avec les ARS, l’administration, les familles, les élèves, les équipes pédagogiques.
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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 13:52

 

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