5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 16:19

 

Nos organisations ont pris connaissance de la campagne d’affichage ministérielle sur la laïcité. Ces affiches entretiennent une série de confusions et suscitent une inquiétude et un rejet important dans la profession, sur une thématique qui demande de la clarté et de la sérénité.

 En effet, elles entretiennent la confusion entre l’apparence et le patronyme des élèves représentés et leur identité religieuse supposée. Le rôle de l’école n’est pas d’assigner les élèves à telle ou telle identité mais au contraire de viser à l’émancipation de toutes et tous. D’autre part, les affiches entretiennent une confusion entre la laïcité et des valeurs comme le vivre-ensemble, la coexistence ou le multiculturalisme. Les différences entre élèves sont ainsi présentées de manière négative, comme si elles mettaient en difficulté ces valeurs, et comme si la laïcité était une solution à ces difficultés. Enfin, le choix des prénoms et des caractéristiques phénotypiques renvoie à l’idée que les enjeux de promotion de la laïcité concerneraient en premier lieu les élèves issus de l’immigration. À aucun moment ne sont rappelés ni même évoqués les fondements de la laïcité, à savoir la liberté de conscience, la neutralité de l'État et l'égalité des droits. De plus, cette campagne va totalement à l’encontre des contenus pédagogiques utilisés par les enseignants et enseignantes pour appréhender au mieux cette notion avec les élèves.

Ces choix ne correspondent ni à l’esprit ni à la lettre de la loi de 1905, mais bien plutôt à un dévoiement de la laïcité à des fins politiques, notamment en stigmatisant les jeunes issus de l’immigration. Cela s’inscrit dans une série d’attaques récentes contre le principe de laïcité : suppression de l’Observatoire de la laïcité, rapport Obin, loi sur le Séparatisme, sans parler du détournement des fonds publics chaque année au profit de l’enseignement privé confessionnel.

 Pour toutes ces raisons, cette campagne d’affichage nous semble malvenue. Elle doit être retirée. Le principe de laïcité doit sortir des polémiques et des instrumentalisations de tous ordres. Le respect de la loi de 1905, le Statut de fonctionnaire d’Etat et la liberté pédagogique constituent la meilleure protection pour les personnels et les élèves eux-mêmes.

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 16:19

Le jeudi 2 septembre , en dévoilant son plan « Marseille en Grand » qui prévoit des investissements dans la santé, dans les transports et dans l'éducation, Emmanuel Macron a annoncé un statut dérogatoire spécial pour 50 écoles marseillaises dès la rentrée 2022 dans les quartiers populaires de la cité phocéenne. Dans ces écoles, les directeurs, directrices, choisiront les enseignant-e-s « autour d'un projet » et disposeront d'une large autonomie pour adapter les horaires, les rythmes scolaires avec la participation  "d'acteurs extrascolaires".

En résumé dans ces écoles, censées permettre de mener des projets pédagogiques nouveaux, les enseignant-e-s ne seraient plus affecté-e-s en fonction d'un barème lors des mutations, mais seraient directement recruté-é-s par le directeur ou la directrice. Directeurs ou directrices qui auraient un vrai statut hiérarchique. Comme pour la loi Rilhac sur la direction d'école, Macron et son gouvernement veulent imposer par tous les biais, des chef-fes dans les écoles.

À l'en croire, les problèmes de l'école seraient donc avant tout liés à un mauvais recrutement des enseignant-e-s et pourraient être réglés d'un coup de baguette magique, grâce à un meilleur management et à un profilage des postes. Il lui aura peut-être échappé que rien n'empêche aujourd'hui des enseignant-e-s motivé-e-s de venir travailler dans le périmètre de l'éducation prioritaire et que le manque de stabilité dont pâtissent certaines écoles ne pourra certainement pas être comblé par une systématisation des entretiens de recrutement : ce n'est pas en donnant de nouvelles responsabilités à des directeurs et directrices déjà surchargées de tâches administratives qu'on arrivera à constituer des équipes enseignantes soudées, dynamiques et innovantes. Et ce n'est pas en détricotant la formation initiale des enseignant-e-s qu'on pourra nourrir des questionnements pédagogiques.

Ce que nous promet E. Macron c'est une école publique alignée sur les écoles privées où tout sera géré comme dans une entreprise, or cela n'est pas notre conception de l'école. Ce que veut Macron, c'est casser l'école publique. De plus, il ajoute que ces « écoles innovantes » pourraient être généralisées. C'est une porte ouverte à l'école libérale.

Quid de la rénovation des écoles ?

Macron promet une aide de l'état sous forme de la création d'une société qui sera présidée par le maire de Marseille mais qui restera sous le contrôle de l'Etat. Il conditionne l'aide de l'Etat à une mise au pas des personnels municipaux qu'il juge « trop grévistes et trop absents ». Toutes ces conditions pour une aide qui n'est pas chiffrée.

De quoi on besoin les écoles marseillaises ?

- D'investissements et d'un plan de rénovation sérieux. En effet, il n'est pas rare de constater dans plusieurs écoles marseillaises : un chauffage absent l'hiver, des trous dans le plancher, des fenêtres qui ferment mal, des murs lépreux, un manque de mobilier pour faire asseoir et travailler les enfants, des plafonds qui s'effondrent, des cafards, rats et punaises de lits... La liste est longue.

- De personnels municipaux pour assurer la sécurité des enfants pendant les temps de cantine, à Marseille le taux d'encadrement est l'un des plus faible de France (en maternelle : 1 personne responsable de 25 enfants (1 pour 12 à Lyon), en élémentaire : 1 personne responsable de 50 enfants (1 pour 24 à Lyon)) ; pour assurer l’hygiène des locaux .

- De professeur-e-s des écoles en nombre suffisant pour assurer des conditions d'apprentissages correctes pour les enfants, de création de postes de brigades pour assurer les remplacements, de création de postes de RASED.

 

Que propose E. Macron dans son plan « Marseille en grand » ?

Pour faire face à une situation catastrophique des écoles à Marseille, Macron répond management et mise en concurrence des personnels et des établissements. Réponse qui n'améliorera en rien les conditions d'enseignements des professeur-e-s et d'apprentissages des élèves dans les écoles de Marseille laissées à l'abandon depuis des années dans une totale indifférence.

Sur le bâti des écoles, Macron répond par la création d'une société qui sera en charge de la rénovation avec une aide financière non chiffrée mais conditionnée.

Les déclarations de Macron sont inadaptées à la situation des écoles marseillaises et ces propositions montrent bien son incompétence et son ignorance des réalités du terrain marseillais. En effet, les écoles marseillaises n'ont nul besoin de chef-fes qui recruteraient des enseignant-es motivé-es, elles ont besoin d'investissements en terme financiers et en terme de personnels municipaux et de l'Education Nationale.

Les déclarations de Macron et sa venue à Marseille n'améliorera en rien l'état catastrophique des établissements scolaires, elles ne servent qu'une politique libérale et une destruction déjà amorcée du service public d'éducation.


 

À rebours de cette idéologie du « manager providentiel », nous affirmons qu'une politique éducative ambitieuse doit reposer sur une limitation des effectifs par classe, un plan de construction et de rénovation du bâti scolaire, un recrutement massif de personnels, notamment pour reconstituer des réseaux d'aide, et une meilleure formation initiale et continue des enseignant-e-s, qui donne toute leur place aux pédagogies alternatives. Nous ne savons que trop à quoi ressemble l'école qu'Emmanuel Macron et son ministre Jean-Michel Blanquer appellent de leurs vœux : une école sous contrôle, sans liberté pédagogique et sans esprit critique. À Marseille comme ailleurs, nous revendiquons des moyens pour une école qui favorise la réussite et l'épanouissement de tou-te-s les élèves.

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 14:29

Fiche syndicale pour lutter contre le complotisme et l’extrême-droite  · septembre 2021

Édito

La crise sanitaire et sa mauvaise gestion par le gouvernement constituent, depuis le printemps 2020, un terreau extrêmement favorable à la propagation des fake news et des théories complotistes. Ces dernières profitent directement à l’extrême-droite en lui permettant d’imposer sa vision du monde.

Des gouvernements d’extrême-droite ont adopté une posture   « négationniste », au Brésil, le décès d’ un million de personnes dont 64%  de personnes noires est clairement défini par le gouvernement de “nettoyage ethnique”.

En France, les thèses conspirationnistes ont explosé à l’occasion du mouvement de contestation du passe sanitaire et de la vaccination à l’été 2021.

L’Union syndicale Solidaires s’oppose au passe sanitaire mis en place par le gouvernement et dénonce les inégalités qu’il crée ou aggrave. Cette décision résulte de l’échec du gouvernement à empêcher les vagues successives, en partie faute de moyens suffisants pour l’hôpital et de mesures sociales et sanitaires pour limiter la propagation du virus dans les espaces de contamination, c’est-à-dire à l’école et sur les lieux de travail.

Le gouvernement, le patronat et l’industrie pharmaceutique font passer la recherche du profit avant l’intérêt collectif c’est pourquoi SUD éducation exige la suspension des brevets et les transferts de technologie permettant la production des vaccins.  Néanmoins, ne nous trompons pas de combat : la vaccination est une avancée scientifique majeure qui a permis de faire reculer de nombreuses maladies : la variole, la rougeole, la poliomyélite …

https://www.visa-isa.org/

 

L’extrême-droite est un danger mortel !

SUD éducation est membre de VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes). VISA recense, analyse et dénonce les incursions de l’extrême-droite et plus particulièrement du Front national, devenu Rassemblement national, sur le terrain social.

Par l’adhésion à VISA, SUD éducation s’engage à construire des outils de formation et de mobilisation afin de démystifier, aux yeux des salarié·e·s les propositions prétendues sociales de l’extrême-droite. Les idées d’extrême-droite n’ont pas leur place ni à SUD éducation, ni dans les écoles, ni dans les collèges, ni dans les lycées, ni dans les universités !

 

Cartographie de la nébuleuse antivax : fachosphère et complosphère à la loupe

SUD éducation décrypte pour vous une partie des personnalités, médias, partis qui participent aujourd’hui au mouvement antivax.

Des forces politiques d’extrême droite :

Florian Philippot,  ex-FN et fondateur du mouvement d’extrême-droite Les Patriotes, avec l’avocat Di Vizio, dénoncent la « coronafolie » et toutes les mesures sanitaires destinées à lutter contre l’épidémie.

François Asselineau, président du mouvement souverainiste et conspirationniste : l’UPR. Il fait la promotion d’un médicament jugé inefficace par les médecins, l’ivermectine. Il minimise la dangerosité du virus.

Jean-Frédéric Poisson, ex-suppléant de Christine Boutin (Manif pour tous) et son parti Via la voie du peuple (le vaccin a tué des centaines de personnes en France) : il minimise les mort·es du Covid.

Martine Wonner, députée exclue de LREM. Elle milite contre le masque, les vaccins à ARN messager et pour l’hydroxychloroquine, pourtant inefficace.

→ les catholiques intégristes avec le mouvement Civitas, anti-avortement et acteur de la Manif pour tous, qui racontent  que la « vaccination » a fait 18 000 mort·es et son leader, Alain Escada, appelle à manifester contre la « tyrannie démocratique » avec les pancartes antisémites « Qui ? ».

Des scientifiques

Didier Raoult est une figure centrale du mouvement complotiste. Il défend l’hydroxychloroquine alors même que  le médicament est inefficace contre la Covid.

Gérard Delépine, chirurgien à la retraite, anti-confinement, anti-vaccin. Auteur, entre autres, d’une tribune sur France Soir intitulée « Rien à craindre du variant Delta : il donne le rhume, curable par traitements précoces ».)

Christian Perronne, professeur de médecine (démis de son poste de chef de service par l’APHP). Selon lui on n’utilise pas l’hydroxychloroquine car les réanimations auraient un intérêt financier à garder des patient·es,

Alexandra Henrion-Caude, généticienne, pour qui les tests PCR visent à introduire des nanoparticules dans le cerveau, elle participe à la Manif pour tous et est proche des catholiques intégristes de Civitas.

Luc Montagnier, biologiste et prix Nobel de médecine, anti-vaccin, selon lui la vaccination serait responsable de l’apparition de nouveaux variants et d’une hausse de la mortalité.

 

Des médias 

France soir : média conspirationniste, tribune pour les souverainistes,

Reinfocovid : site de l’anesthésiste Louis Fouché, qui dénonce le « génocide » de la vaccination des gens âgés et « l’apartheid » du passe,

Égalité et Réconciliation, fondé par Soral, militant d’extrême-droite, antisémite, négationniste et conspirationniste.

Bas les masques (exclu de YouTube le 17 août),

Profession Gendarme (qui relaie les thèses complotistes sur la Covid, sur le Sida ou sur les vaccins « machines à tuer »,

Sud radio invite des personnalités antivax à parler quotidiennement,

→ Les sites pro-russes Sputnik et Russia Today reprennent souvent des propos complotistes tenus ailleurs.

Cnews ouvre son antenne à l’extrême-droite et aux conspirationnistes de manière quotidienne.

 

Un film :"Hold-up"

Le film Hold-up compte au moins une dizaine de millions de vues  sur les réseaux sociaux. Son contenu sensationnaliste lui a permis de “faire le buzz” sur internet.  Hold-up est un film qui a été diffusé sur internet à partir de mai 2021. Son réalisateur, Pierre Barnérias, est connu pour avoir réalisé plusieurs documentaires pro-Manif pour tous. Ce documentaire part de la critique de la gestion catastrophique de la pandémie par le gouvernement pour glisser vers une explication complotiste de l’épidémie : un complot aurait créé le virus pour tuer la moitié de l’humanité et soumettre les survivant·e·s. Hold-up développe une vision du monde qui ne laisse pas de place à la contradiction pourtant les interviews sont sortis de leur contexte, le travail d’enquête est invisible, les enchaînements rapides créent des liens artificiels entre les événements. On observe à travers ce film les mécanismes propres au conspirationnisme : la critique de l’État, des médias, de l’industrie pharmaceutique, est instrumentalisée pour imposer une vision du monde totalitaire : celle d’un complot mondial pour expliquer les événements politiques et les phénomènes sociaux.

Reinfo.covid, la vitrine “pseudo-scientifique” de l’extrême-droite !

Depuis le début de la pandémie de nouveaux sites sont apparus. Le plus connu est réinfocovid. La « réinformation » est un vocable d’extrême-droite, utilisé pour la première fois en 1997 par Bruno Mégret, ancien du FN et fondateur du mouvement d’extrême-droite, le MNR. Ce terme est forgé par l’extrême-droite pour présenter ses propres sites d’information comme des sites plus fiables.
Le site Réinfocovid est apparu en octobre 2020 : avant d’être un média c’est un collectif anti-restrictions sanitaires. Il est animé par Louis Fouché, anesthésiste et réanimateur à l’hôpital Conception à Marseille. Il est covido-sceptique, anti-masques, anti-vaccins, adepte de la théorie de l’effondrement, proche de La manif Pour tous dont il partage les idées contre la PMA et les positions anti-avortements. Il participe ainsi à des débats avec Jean Robin, proche d’Égalité et Réconciliation et du Bloc Identitaire. Alexandra Henrion-Caude participe également à l’animation du site. Elle est généticienne, et accuse les tests PCR de viser à introduire des nanoparticules dans le cerveau. Elle participe à la Manif pour tous et est proche des catholiques intégristes de Civitas.  L’animateur web du site, Hayssam Hoballah, donne la parole dans ses émissions à différentes figures de l’extrême-droite radicale et antisémite et homophobe : Chloé Frammery, une proche des Qanon et d’Égalité et Réconciliation, le mouvement fasciste de Soral, Farida Belghoul, célèbre pour son appel à retirer les enfants de l’école pour protester contre “la théorie du genre” et membre d’Égalité et Réconciliation. Mais Hayssam Hoballah est également très proche du CNT (Comité National de Transition) qui avait appelé à putsch militaire pour le 14 juillet 2015. Le CNT, explicitement homophobe, dénonce un complot mondial pédocriminel et franc-maçons.

Les CV des trois animateurs du site Reinfo.covid doivent nous alerter. Ils et elle baignent dans une idéologie antisémite, homophobe, conspirationniste dissimulée derrière un discours pseudo scientifique et écolo. Pourtant leurs fréquentations et leur participation à des mouvements fascistes ne trompent pas.

Une tribune pour les petits partis souverainistes 

Des personnalités en mal de victoires électorales utilisent le mouvement antivax et anti-passe pour se faire connaître, c’est le cas de Philippot, d’Asselineau, de Dupont-Aignan. L’hégémonie du RN à l’extrême-droite leur laisse peu de place pour se développer et propager leurs idées rétrogrades et réactionnaires.

Des thématiques propres à l’extrême-droite

→ La population serait mise en danger par un complot mondial.

→ La dénonciation des « élites », un groupe homogène et omnipotent.

Pour l’extrême-droite, le peuple doit donner le pouvoir à un être providentiel pour le libérer de l’emprise des élites. Ce peut être un roi, un chef de parti, un militaire …

→ L’appel à un putsch militaire pour sauver la France.

→ La critique de la démocratie qui ne serait que la dictature de ces élites.

→ Le mythe d’un peuple uni, ni de gauche, ni de droite, contre les élites. C’est faux : la société est divisée en classes sociales aux intérêts divergents. L’extrême-droite, qu’elle soit souverainiste, catholique, religieuse, se situe toujours du côté du patronat et défend des régimes discriminatoires à l’égard des femmes, des racisé·es, des LGBTI, des travailleurs et des travailleuses…

→ Assimiler des régimes dictatoriaux à la France en la comparant  à une « tyrannie », parler de « dictature sanitaire » pour  qualifier des mesures sanitaires destinées à sauver des vies. Pourtant des éléments concrets (le droit de manifester sans répression étatique pour les antivax, la liberté d’expression …) montrent que cela n’est pas le cas.

→ La comparaison entre la situation des personnes non-vaccinées et celles des juifs et juives persécuté·es et exterminé·es pendant la Shoah : cela revient à minimiser le génocide ainsi que les mécanismes qui y ont conduit et à en nier la gravité.

→ Accuser les vaccins d’être « contre-nature », ce sont les mêmes arguments que ceux avancés par les homophobes durant la Manif pour tous.

Et le Rassemblement national dans tout ça ?

Le RN de Marine Le Pen n’est pas au premier plan de la mobilisation antivax. Marine Le Pen poursuit sa stratégie de dédiabolisation de son parti, toujours d'extrême-droite. Elle entend se doter d’une image respectable et séduire la majorité d’électeurs et d’électrices favorables à la vaccination et au passe sanitaire. Néanmoins, une partie de son électorat reste attachée à l’image (même si elle est fausse) « anti-système » et absolument réactionnaire du FN et aujourd’hui du RN. Pour satisfaire cet électorat, Marine Le Pen s’est contentée de dénoncer la politique du gouvernement et les inégalités induites par le passe sanitaire pendant que des élu-e-s RN ont participé aux mobilisations contre la vaccination et le passe sanitaire.

 

Le rôle des plateformes

Les plateformes généralistes ont un rôle certain dans la progression du complotisme. Les algorithmes favorisent les contenus sensationnalistes sur les réseaux sociaux : propositions d’abonnement, de vidéos ... Tik Tok est un espace numérique au public jeune et très fortement travaillé par les contenus complotistes. Les militant·es d’extrême-droite vont utiliser les réseaux sociaux pour diffuser largement des contenus issus de sites d’extrême-droite.

Avant d’être banni de Facebook, Dieudonné, une figure centrale de la fachosphère, bénéficiait de 1,3 million d’abonné-e-s !

Le complotisme sert de « pont » entre l’extrême-droite et les antivax

Il serait faux de dire que la totalité des manifestant-e-s antivax sont des militant-e-s d’extrême-droite. Néanmoins, l’idéologie d’extrême-droite exerce une emprise sur le mouvement antivax. Le complotisme semble être un pont qui fait traverser les idées de l’extrême-droite aux personnes sceptiques quant à la vaccination. Ainsi, celles-ci vont, sans avoir reconnu la patte de l’extrême-droite, publier sur les réseaux sociaux ou diffuser des tweets, des vidéos, des chaînes Whatsapp des messages émanant de l’extrême-droite. Elles vont également reprendre en manifestation le langage de l’extrême-droite (« dictature sanitaire », « apartheid », « éveillez-vous », « Liberté liberté ! », « tyrannie démocratique »…) ainsi que leurs symboles (rose blanche, étoile jaune, « Qui ? »…). Elles propagent, sans le vouloir, la vision du monde de l’extrême-droite.

Une banalisation inacceptable de l’antisémitisme

De Dieudonné et Soral à Jean-Marie Le Pen, l’antisémitisme est un invariant de « l ‘identité extrême-droite ». Il s’est cependant répandu dans l’espace public de manière décomplexée pendant la mobilisation de l’été 2021 contre le passe sanitaire et la vaccination à travers deux symboles principaux.

• L’étoile jaune est emblématique de la Shoah. La Shoah désigne le génocide pendant lequel au moins 6 millions de personnes juives ont péri, exterminées par les nazis. On parle de génocide  car les nazis avaient planifié l’élimination systématique de l’ensemble d’un groupe, les juifs et les juives. Comparer la Shoah au vécu des personnes non-vaccinées est une maniére de nier la gravité et la nature même du génocide des juifs et des juives. Ne pas se faire vacciner est un choix qui ne conduit personne à être exterminé-e, alors que les juifs et les juives ont été massacré-e-s en raison de leur origine.

•  La pancarte « Qui ? » reproduit un code antisémite : cette question fait référence aux propos de l’ex-général Delarwarde sur Cnews qui sous-entend que les juifs et les juives dirigent le monde, un mensonge destiné à attiser la haine à l’égard des juifs et des juives. Cette question s’accompagne d'accusations de traîtrise et bien souvent d’une liste de personnalités désignées à la vindicte. Elle renvoie directement et ouvertement à un antisémitisme complotiste qui accuse les juifs et les juives de vouloir dominer et asservir le monde en étant à l’origine de la pandémie.

La comparaison avec la Shoah et les accusations proférées nous rappellent que l’antisémitisme est un poison intolérable qui n’a pas sa place dans notre société. Aucune tolérance pour les antisémites !

Ce qu’il faut retenir

  • sans organiser d’apparition dans les manifestations, le RN a progressé pendant cette mobilisation par la diffusion d’un langage, de symboles, d’une vision du monde propre à l’extrême-droite.
  • les manifestations du week-end restent une modalité favorable pour l’extrême-droite en raison de sa faible implantation dans le monde du travail. Cela favorise l’émergence de revendications inter-classistes et la participation des franges les plus réactionnaires à la mobilisation.

 

Revendications syndicales pour protéger la santé de tou·tes :

Le ministre Blanquer s’est montré incapable de mener une politique sanitaire cohérente: pas de masque pour l’ensemble des personnels à la rentrée 2020, des adaptations renvoyées au local pendant les périodes de pics épidémiques, à la rentrée 2021, un protocole évolutif sans publication des critères d’évolution et d’analyse…

SUD éducation revendique des mesures sanitaires protectrices ainsi que les moyens de les appliquer.

La vaccination est un élément, pour, à court terme, prévenir les formes graves dues au variant delta, et sur un plus long terme, réduire la mortalité de cette épidémie. Dans sa communication, Blanquer minimise sa responsabilité dans la propagation importante du virus en milieu scolaire en 2019/2020. Son refus de mettre en œuvre des mesures de protection adaptées laisse supposer une proximité idéologique entre lui et l’extrême-droite, opposée aux mesures sanitaires de protection.

Le gouvernement fait payer son incurie aux travailleurs et travailleuses par un dispositif de contrôle, de surveillance et de contrainte généralisés. Il a par ses volte-face successifs, ses mensonges et ses approximations largement sa part de responsabilité dans la montée des thèses complotistes.

La crise que nous traversons est particulièrement propice à la diffusion de fake news créant un climat de confusion. L’extrême-droite se nourrit de ces doutes et des peurs. Elle s’y engouffre pour désigner des boucs émissaires et propager sa vision rétrograde et obscurantiste de la société. Le rôle des organisations syndicales est au contraire de défendre les intérêts et la santé des travailleurs et des travailleuses, la vaccination a montré son efficacité dans l’histoire. Aujourd’hui le ratio bénéfice/risque indique qu’il faut se faire vacciner pour protéger la santé de tou-te-s.

 

Combattons l’extrême-droite ! Imposons contre le gouvernement une autre politique, juste, écologique et démocratique ! 

 

SUD éducation revendique :

► une politique sanitaire cohérente avec les moyens de se développer partout : campagnes de sensibilisation aux enjeux de la vaccination et campagnes de vaccination, distribution de masques gratuits, achat de purificateurs d’air et détection de CO2 pour les locaux scolaires, recrutement de personnels afin d’assurer le nettoyage et la désinfection des locaux scolaires,

► un investissement massif de l’État dans les services publics et en particulier dans l’hôpital public,

► la levée des brevets sur les vaccins et les transferts de technologie nécessaires afin de permettre l'accès à la vaccination, y compris dans les pays les plus pauvres. Le vaccin est un bien commun, il doit appartenir à tou·tes !

► des actions immédiates et la mise en œuvre d’une vraie politique volontariste de transition environnementale vers un autre modèle de société, plus juste socialement et plus écologique.

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 14:29

Les mobilisations des AESH, ainsi que les interventions des organisations syndicales, ont contraint le ministère à ouvrir les discussions sur les salaires des AESH et à concéder une avancée en instaurant une grille de rémunération à avancement automatique. C’est un élément qui doit permettre de supprimer les inégalités de traitement selon les académies. Mais elle ne répond pas aux revendications immédiates d’une réelle revalorisation salariale, de création d’un corps de fonctionnaires et d’amélioration des conditions de travail, notamment avec l’abandon des PIAL, le recours généralisé aux notifications mutualisées. Ces revendications restent pleinement d’actualité.

Les indices de la nouvelle grille et le rythme d’avancement ne permettront pas de résorber la faiblesse des salaires des AESH. Le choix de l’indice majoré plancher 335, quasiment au niveau du SMIC, est en deçà des annonces de la ministre de la transformation et de la Fonction publiques qui cite l’indice 337 a minima pour les fonctionnaires de catégorie C.

La progression de 10 points d’indice tous les trois ans est largement insuffisante et sera rattrapée par l’inflation. C’est inacceptable.

Si l’action syndicale a permis que toutes les années d’AESH ou d’AED-AVS soient prises en compte lors du classement dans la nouvelle grille, ce n’est pas le cas des années sous contrat aidé (CUI CAE – PEC).

Les discussions sur le temps de travail des AESH vont être ré-ouvertes fin septembre. Les premières pistes avancées par le ministère pour faciliter l’accès à des emplois à temps complet ne sont toujours pas acceptables. La multiplication des contrats auprès de plusieurs employeurs, en dehors du temps scolaire ne répond aucunement aux attentes des AESH ni aux missions pour lesquelles ils.elles se sont engagé.e.s. Ce projet est contraire à l’exigence de pleine reconnaissance du métier d’AESH dans les écoles et établissements scolaires.

La généralisation des PIAL à cette rentrée scolaire est un pas de plus dans la mutualisation des moyens. Les PIAL dégradent les conditions de travail des AESH, et aggravent la précarité des personnels en leur imposant de suivre davantage d’élèves et d’intervenir sur plusieurs écoles, collèges et lycées.

Les organisations FSU, FNEC-FP-FO, CGT Éduc’action, SNALC, SUD éducation, SNCL-FAEN jugent nécessaire de poursuivre et d’amplifier la mobilisation pour :

  • augmenter les rémunérations de toutes et tous les AESH sur toute la carrière, avec comme objectif l’alignement sur la grille de catégorie B ;

  • leur garantir la possibilité de contrats à temps complet pour vivre dignement de leur travail ;

  • abandonner les PIAL et la politique de mutualisation des moyens ;

  • créer un véritable statut de la Fonction publique pour reconnaître le métier d’AESH ;

  • donner accès à des formations qualifiantes à la hauteur des missions d’inclusion ;

  • recruter les AESH qui font encore défaut pour permettre aux élèves en situation de handicap de bénéficier d’un accompagnement à la hauteur des besoins.

Cette mobilisation doit se poursuivre avec tous les personnels dans les académies et les départements pour obtenir la satisfaction des revendications. Les organisations FSU, FNEC-FP-FO, CGT Éduc’action, SNALC, SUD éducation, SNCL-FAEN appellent les personnels à poursuivre les réunions dès la rentrée, à mener le débat avec les personnels, pour construire le rapport de force.

Elles appellent à faire du mardi 19 octobre une grande journée de grève et de mobilisation nationale.

Elles soutiennent toutes les initiatives pour développer la mobilisation dans l’action commune la plus large, sur la base de ces revendications.

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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 16:09
Renforcez le syndicalisme de lutte et de transformation sociale : adhérez à SUD éducation ! – Tract de SUD éducation

SUD, c’est un syndicat efficace et combatif, dont les équipes sont présentes sur tout le territoire et se renforcent, toujours prêtes à défendre les droits des personnels, de la maternelle à l’université : SUD éducation est résolument engagé à défendre tous les personnels, titulaires et précaires, face à la hiérarchie comme dans les instances paritaires.

SUD éducation s’oppose frontalement à la politique libérale, réactionnaire et autoritaire menée par le ministère : contre-réformes du Bac et des lycées, proposition de loi Rilhac, parcoursup, réformes à venir de l’éducation prioritaire et de la formation initiale.

SUD éducation est de tous les combats de société, féministe, antiraciste, contre les LGBTI-phobies, contre l’extrême-droite et les réactionnaires de tout poil.

SUD éducation est présent dans toutes les luttes pour le progrès social, en première ligne contre la réforme des retraites, contre les lois liberticides, avec son Union syndicale Solidaires.

SUD, c’est un syndicat qui porte un projet d’école et de société fondé sur le progrès social, l’émancipation de toutes et tous et l’autogestion : c’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !

Rendez-vous sur www.sudeducation.org/adherer

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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 16:08
Le panneau syndical de SUD éducation – septembre 2021

Stopper la politique de Blanquer, bâtir une école égalitaire

 

Campagne ministérielle d’affichage sur la laïcité : une pente dangereuse

SUD éducation a pris connaissance d’une campagne d’affichage ministérielle concernant la laïcité. Cette campagne mélange les thématiques dans une confusion qui peut s’avérer dangereuse. En effet, aucune information n’est donnée sur les élèves, qui sont réduit-e-s sur les affiches à leur apparence et à leur prénom. Les affiches leur attri-buent implicitement une identité religieuse supposée sur cette base, ce qui relève d’une logique de stéréotypes. Les affiches présentent l’école comme permettant de réaliser un certain nombre d’activités épanouissantes et de favoriser le vivre-ensemble. En miroir, ce sont les différences entre les élèves qui sont présentées comme un frein supposé à celles-ci. Les affiches, présentant les différences entre les élèves comme des facteurs de fractures au sein de la société, renvoient en réalité davantage à la campagne gouvernementale sur le “séparatisme” qu’à la laïcité. En mélangeant religion, couleur de peau, origine géographique supposées, et en faisant des différences les freins à l’épanouissement et au vivre-en-semble, la campagne d’affichage est sur une pente dangereuse, celle d’un dévoiement raciste et xénophobe de la laïcité, appuyé sur un imaginaire colonial. Malheureusement le ministère est coutumier du fait. Le ministère doit renoncer à déployer cette campagne d’affichage et s’en expliquer au plus vite, d’autant qu’elle semble s’intégrer, à en croire la conférence de presse du ministre, dans une campagne de communication plus vaste. L’urgent pour SUD éducation, c’est surtout que l’État cesse de financer le secteur éducatif privé largement confessionnel, et que le ministre s’abstienne d’apporter son soutien public à l’enseignement privé, comme il l’a fait avec la Fondation pour l’école, organisation imprégnée de valeurs catholiques intégristes et opposées à la laïcité. À l’opposé de ces valeurs d’intolérance, de division et de réaction, SUD éducation rappelle son attachement à une école publique laïque, gratuite, égalitaire et émancipatrice.

 

Pour garder les écoles, collèges et lycées ouverts : il faut des moyens !

La crise sanitaire que nous vivons depuis février 2020 met au jour l’état du service public d’éducation : un manque de moyens criant, des personnels qui se sentent méprisés par l’institution, des élèves déboussolé-es, une poli-tique éducative à côté des enjeux de la crise environne-mentale et sociale... Il faut des mesures de prévention :

- une information renforcée au sujet de la situation sanitaire et des précautions à prendre, pour limiter l’apparition de nouveaux clusters,

- achat de purificateurs d’air et de capteurs de CO2

- des campagnes de tests massives et régulières pour limiter l’apparition de nouveaux clusters,

- des campagnes de vaccination avec des personnels formés, au plus près du terrain, pour garantir l’accès de tou-te-s à la vaccination.

Il faut investir dans le service public d’éducation :

- des recrutements de personnels médico-sociaux, de personnels enseignant-e-s, d’éducation et administratifs sur des postes statutaires,

- une politique de construction et de rénovation de bâtiments pour l’usage scolaire.

Imposons un plan d’urgence pour l’éducation, construisons une grève d’ampleur le 23 septembre, et débattons dès maintenant des moyens de l’ancrer dans la durée pour obtenir satisfaction sur nos revendications !

Retrouvez notre analyse de la rentrée sur notre site : www.sudeducation.org

 

Rejoignez la dynamique SUD éducation !

→ un syndicat efficace et combatif

→ un syndicat pour le progrès social

→ un syndicat de tous les combats de société, féministe, antiraciste, contre les LGBTIphobies, contre l’extrême-droite et les réactionnaires de tout poil

→ un syndicat anti-Blanquer

Pour adhérer, rendez-vous sur www.sudeducation.org

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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 16:07

Le dérèglement climatique menace à court terme l’ensemble de la population : incendies, épidémies, montées des eaux, réchauffement climatique, chute de la biodiversité… il faut agir sur les causes de ce dérèglement. La crise sociale et la crise environnementale vont de pair : le gouvernement et le patronat sacrifient la planète et sa population à la recherche du profit logique du capitalisme. Les inégalités sociales s’accroissent à mesure que la crise environnementale s’aggrave. Des centaines de millions de personnes vivent dans une extrême pauvreté alors que le nombre de milliardaires n’a jamais été aussi élevé. 

 

Avec l’Union Syndicale Solidaires, SUD éducation porte des revendications concrètes pour la justice sociale et environnementale. 

 

Nos revendications syndicales visent à imposer dans nos secteurs des mesures de redistribution et  de partage des richesses mais aussi de construction d’une société plus solidaire et plus écologique. La reconversion écologique et sociale passe entre autres par le développement des services publics (transports, santé, éducation…), nous avons donc un rôle à jouer dans notre secteur. 

 

Pour bâtir l’école solidaire de demain, SUD éducation revendique un plan d’urgence pour l’éducation. 

 

La crise sanitaire a mis en lumière le délabrement de l’école d’aujourd’hui, conséquence des gouvernements successifs : sans un abondement important de moyens, les inégalités qui se sont déjà creusées vont continuer à s’accroître.

Les baisses constantes de moyens et les réformes successives menées par le ministre Blanquer ne font qu’accroître les inégalités. Il faut d’urgence : 

- recruter des personnels en créant des postes statutaires afin de réduire le nombre d’élèves par classe et mieux accompagner les élèves dans leur scolarité,

- mener une réflexion collective  pour que l’école soit un véritable moteur d’une transformation sociale et écologique de la société décidée par les personnels et les usager-e-s  : le « tout-numérique » de Blanquer, l’état du bâti scolaire (amiante, aération, consommation énergétique, végétalisation des cours de récréation…) sont deux enjeux de taille.

 

SUD éducation appelle à construire une grève d’ampleur le 23 septembre et à débattre dès maintenant des moyens de l’ancrer dans la durée pour : 

- gagner les moyens de faire face à la crise sanitaire,

- gagner les moyens pour transformer l’école !

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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 16:06

 

La crise sanitaire que nous vivons depuis février 2020 met au jour l’état du service public d’éducation : un manque de moyens criant, des personnels qui se sentent méprisés par l’institution, des élèves déboussolé-e-s, une politique éducative à côté des enjeux de la crise environnementale et sociale...

 

4 ans de casse du service public d’éducation

Depuis sa prise de fonction, Blanquer a supprimé 7 270 postes dans l’Éducation nationale pour 60 000 élèves supplémentaires. Pourtant le service public d’éducation a un rôle central dans la lutte contre l’aggravation des inégalités et dans l’impulsion  d’une politique environnementale ambitieuse. Au contraire, la boussole du ministre Blanquer reste de réduire au maximum le coût de l’école en abandonnant les élèves en difficulté sociale ou scolaire. Pour SUD éducation, il faut dès aujourd’hui, construire l’école de demain, une école plus égalitaire, mais aussi une école au service de la transition écologique.

 

1 an et demi de déni de la crise sanitaire 

 

Les effets de la crise sanitaire sont aggravés par l’irresponsabilité d’un ministre, soucieux de communications médiatiques mais incapable de répondre aux besoins avec les des personnels et des élèves  et de protéger leur santé. Les personnels ont dû se  battre pour obtenir des mesures de protection. 

Le ministre a annoncé quelques jours avant la rentrée les conditions de rentrée  : sur le protocole sanitaire gradué, nous sommes donc en « niveau 2 ».
Alors que la situation épidémique est plus alarmante qu’en juin, le ministre n’a pas communiqué les critères qui déterminent le passage d’un niveau à un autre. Les dédoublements en collège et lycée sont supprimés. Le ministre entend encore une fois imposer ses décisions arbitraires aux personnels.

 

En quoi consiste le protocole ? 

- activité physique à l’extérieur,

- port du masque obligatoire, sauf pour les élèves en maternelle,

- limitation du brassage,

- recommandation d’adopter une salle fixe par classe,

- récréation par groupes,

- en élémentaire, les élèves doivent déjeuner, à des places fixes 

- en collège et lycée, il faut rechercher la « stabilité » des groupes à la cantine.

 

La plupart de ces mesures sont des recommandations dont la mise en œuvre est laissée au local en fonction des moyens et des contraintes. 

SUD éducation dénonce ce protocole insuffisant. 

 

Pour SUD éducation, il faut des mesures de prévention : 

  • une information renforcée au sujet de la situation sanitaire et des précautions à prendre (hygiène, cas contact…) pour l’ensemble de la communauté éducative, 

- achat de purificateurs d’air et de capteurs de CO2,

- des campagnes de tests massives et régulières pour limiter l’apparition de nouveaux clusters,

- des campagnes de vaccination avec des personnels formés, au plus près du terrain, pour garantir l’accès de tou-te-s à la vaccination,

 

Pour SUD éducation, il faut investir dans le service public d’éducation : 

- avec des recrutements de personnels médico-sociaux pour garantir un vrai accompagnement des élèves au sein de l’école,

- avec des recrutements de personnels enseignant-e-s, d’éducation et administratifs sur des postes statutaires

- avec une politique de construction et de rénovation de bâtiments pour l’usage scolaire afin d’éviter la surpopulation scolaire et baisser le nombre d’élèves présent-e-s simultanément dans les écoles et établissements

 

Imposons un plan d’urgence pour l’éducation, construisons une grève d’ampleur le 23 septembre, et débattons dès maintenant des moyens de l’ancrer dans la durée pour obtenir satisfaction sur nos revendications

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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 16:02
Toutes et tous en grève le 23 septembre ! – Dossier complet de SUD éducation

En 4 ans, Blanquer a considérablement dégradé le service public d’éducation. Il a montré cette rentrée encore son incapacité à faire face à la crise sanitaire. Entre les évaluations nationales dès le plus jeune âge et l’instauration d’une part de contrôle continu pour l’obtention du baccalauréat, il a imposé une évaluation permanente des élèves au détriment de la relation pédagogique qui doit unir les enseignant-e-s aux élèves. À la toute fin de l’année scolaire, Blanquer a achevé la destruction du bac national et cassé l’indispensable collégialité des écoles. Il s’apprête à démanteler l’éducation prioritaire et la formation initiale. Chaque année, les suppressions de postes amplifient la mise sous pression des personnels. Stop ! Enseigner devient une lutte ! SUD éducation réaffirme la nécessité de mettre en place un plan d’urgence pour l’éducation qui remette l’intérêt des élèves et des personnels au cœur de la politique éducative et salariale du ministère.

L’école de Blanquer broie les élèves et les personnels : à l’inverse, SUD éducation défend sans relâche le projet d’une école plus égalitaire.

 

Comment changer l’école? 

  • Réduire la taille des classes pour enseigner autrement et favoriser la réussite des élèves.
  • Titulariser, recruter davantage, former mieux, rémunérer plus.
  • Gagner les moyens pour une école ouverte à tou-te-s les élèves : les élèves à besoins particuliers doivent bénéficier de l’accompagnement nécessaire à leur réussite.
  • Créer un vrai secteur médico-social de l’Éducation nationale.

 

SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à se mettre en grève le 23 septembre.

SUD éducation appelle les personnels à se réunir en Assemblée générale pour formuler leurs revendications et à décider des moyens d’action pour ancrer cette grève dans la durée.  

Bâtissons l’école pour la société de demain, plus juste et plus égalitaire ! 

Vous trouvez en pièce jointe le tract de SUD éducation.

 

 


 

Vous trouverez ci-dessous le tract intersyndical SUD-CGT-FO-FSU :

 

 

Appel à se mobiliser dès la rentrée, à se mettre en grève le 23 septembre et à préparer la mobilisation interprofessionnelle

L’École a été soumise à rude épreuve et les personnels ont terminé l’année dans un état de fatigue rarement atteint.

La rentrée 2021 est de nouveau marquée par le manque d’anticipation et la confusion de la politique suivie face à la poursuite de la crise sanitaire. Par ailleurs, alors que cette rentrée aurait nécessité la mise en place d’un plan d’urgence et la création massive de postes pour l’éducation dans un contexte qui a rendu plus compliquée la progression des apprentissages, le ministère poursuit une politique qui va à rebours des besoins du service public :

- refus de créer un collectif budgétaire pour la création de postes d’enseignant.es, de CPE, AED, AESH, de PsyEN, de RASED, de personnels administratifs, techniques, santé et sociaux dans les écoles, les établissements et les services pour répondre aux besoins et annuler les suppressions de postes notamment dans le 2d degré où le déploiement d’heures supplémentaires est une réponse inadaptée

- publication de la circulaire de rentrée sans qu’aucune concertation préalable n’ait été organisée. De plus, son contenu relève davantage de la promotion de la politique ministérielle.

Encore une fois, le ministre est dans le déni de réalité en refusant de prendre les mesures nécessaires. Cette absence d’anticipation et de prise de décisions est irresponsable au regard des enjeux de gestion et de sortie de crise.

Les annonces du Grenelle ont confirmé qu’il n’y aurait pas de loi de programmation pluriannuelle. Un renoncement de plus qui ne répond pas aux attentes salariales des personnels et en exclut la majorité. Au-delà de la deuxième tranche de la prime d’attractivité, très insuffisante pour rattraper les retards, il est bien difficile de voir de quelconques perspectives de revalorisation pour les années à venir. Il est urgent d’augmenter les salaires de tous les personnels.

Nos organisations dénoncent l’ensemble de ces mesures qui tournent le dos à la priorité à l’éducation et cherchent à transformer en profondeur les métiers dans le sens de contraintes supplémentaires sur les personnels : projet de création d’un emploi fonctionnel de directeur d’école et de hiérarchies intermédiaires, pilotage par l’évaluation. Nous ne pouvons accepter de tels reculs.

Nos organisations refusent la généralisation du contrôle continu et demandent le rétablissement du baccalauréat national pour la session 2022, avec des épreuves nationales, terminales et anonymes.

Nos organisations appellent la profession à se mobiliser dès la prérentrée afin d’exiger un plan d’urgence pour le service public d’Éducation. Notre École ne peut fonctionner sans moyens supplémentaires et sans personnels revalorisés et reconnus dans leurs expertises professionnelles.

Elles appellent les personnels à se réunir dès les premiers jours de la rentrée, y compris avec les parents d’élèves, pour lister les revendications et organiser les mobilisations nécessaires. Nos organisations soutiendront toutes ces actions qui doivent permettre de préparer une action nationale d’ampleur. Elles appellent les personnels à la grève le 23 septembre. Elles appelleront à poursuivre ces actions, en particulier dans le cadre d’une mobilisation interpro

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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 12:53

En cette rentrée 2021, l'université et la recherche publique sont exsangues, l'ensemble des catégories de personnels épuisées et les étudiant-e-s déboussolé-e-s: non seulement la crise sanitaire a fragilisé les individus et les collectifs, mais sa gestion autoritaire et maltraitante par le pouvoir a désorganisé les activités d'enseignement et de recherche, cependant que le gouvernement profitait cyniquement de la situation pour imposer une loi dite de "programmation de la recherche" (LPR) pourtant largement rejetée.

A Lille, Montpellier ou encore Rennes les projets d'Établissements Publics Expérimentaux actent la désintégration de la recherche et de l’enseignement universitaire en mettant en place un système à deux vitesses: destruction de la recherche publique indépendante, pérennisation des filières sélectives dans les Écoles et non sélectives dans l’université, recul de la démocratie universitaire, technocratie...

SUD éducation fait le point sur les principaux dossiers dans notre secteur de l'enseignement supérieur et la recherche.

Crise sanitaire : pour une gestion démocratique et une prise en charge sanitaire

La période ouverte depuis le printemps 2020 a été marquée par une gestion autoritaire de la crise sanitaire par le pouvoir : dans les universités, les personnels et les étudiant-e-s s ont dû subir les changements de protocole sanitaire imposés du jour pour le lendemain et les revirements soudains, lorsque qu'aux promesses de reprise en présentiel succèdent les fermetures brusques. Les missions de service public nécessitent de s'inscrire dans la durée, loin du tempo de la communication politique. Il est temps de relocaliser la décision et de sortir de l'urgence et des palliatifs.

Depuis plus d'un an, les personnels des universités ont par ailleurs été massivement placés en "travail à distance sanitaire", invention des directions des établissements afin de ne pas recourir au télétravail, celui-ci étant encadré par un décret et donnant droit aux salarié-e-s de bénéficier de remboursement des fluides, du matériel informatique et de bureautique. Ces 18 mois d'alternance entre travail sur site et travail à domicile ont engendré fatigue et souffrance pour les personnels: pression accrue, réogarnisation du travail, manque de concertation, avec aussi pour effets le développement de troubles musculo-squelettiques et l’accroissement des risques psycho-sociaux.

Nos revendications: 

  • C'est nous qui étudions et travaillons, nous qui connaissons le mieux nos établissements et leurs missions : à nous de décider des protocoles sanitaires, par l'entremise des conseils élus et des instances de représentation du personnel et des étudiant-e-s.
  • Tous les coûts liés au télétravail doivent être pris en charge par l'administration dans le respect du décret de 2016. Les protections des agents doivent également s'appliquer, en particulier le droit à la déconnexion, à des coupures dans la journée, à l'aménagement ergonomique du poste de travail…
  • Le déploiement et l'accès à la vaccination via la médecine préventive sans délai : exsangue depuis trop longtemps, il lui faut des moyens humains et financiers
  • Réduction du temps de travail à 32h pour réduire les risques professionnels et assurer un service public de qualité
Le virage / mirage numérique

La crise sanitaire a constitué une aubaine pour le Ministère et les directions d'université suivistes, qui se sont empressés de pousser à l'hybridation et la numérisation des activités d'administration, d'enseignement et de recherche.

Le bilan est sans appel : si les personnels se sont efforcés de maintenir le lien avec des étudiant-e-s isolé-e-s et privés des ressources matérielles et morales des campus universitaires, le passage à des formes d'enseignement numérisées a révélé l'impossibilité pour les moyens numériques de suppléer à l'absence d'enseignement présentiel. Il a aussi accru les inégalités entre établissements, entre formations et entre étudiant-e-s inégalement équipé-e-s. Il a enfin amené les établissements à se livrer pieds et poings liés aux multinationales du numérique.

Nos revendications:

  • Abandon des projets d'hybridation et numérisation des missions d'enseignement supérieur et de recherche
  • Renforcement de l'enseignement présentiel par l'attribution des postes de titulaires et des locaux nécessaires pour accueillir les étudiant-e-s dans de bonnes conditions
  • Adaptation de l'enseignement aux impératifs sanitaires: installation de détecteurs de CO2 pour organiser une bonne ventilation des salles, réduction des groupes de TD et TP, limitation de l'enseignement magistral

 

Précarité généralisée dans l’ESR

Toutes les dimensions du service public d'enseignement supérieur sont attaquées.

A l'université, on compte aujourd’hui 4,4 millions d’heures complémentaires assurées par les titulaires, tandis que 1,4 millions d’heures supplémentaires sont assurées par des agent-e-s contractuel-les. Plus de 145 000 vacataires sont sollicité-e-s. Cela conduit à un épuisement professionnel généralisé. L’accueil des 91 000 bacheliers de plus en deux ans n'a pas été anticipé, créant une forte surcharge de travail pour les personnels BIATSS. Ces conditions de travail et d'études dégradées vont de pair avec des conditions d'accès de plus en plus difficiles : les capacités d'accueil ne suivent pas la hausse démographique, problème “résolu” par le gouvernement grâce à Parcoursup qui généralise la sélection sur dossier à l'ensemble des formations du supérieur.
A l'INSPE, la réforme fait passer le concours à bac+5 et dégrade très fortement le contexte pédagogique et économique de la formation des futur-e-s enseignant-e-s du 1er et 2nd degré. La projection dans ce métier devient très difficile (le futur stage de M2, en responsabilité à tiers-temps en tant que contractuel-le rémunéré-e 670 € / mois, est sans assurance de titularisation).
A l'IUT, la réforme des BUT (Bachelors) baisse drastiquement les heures de formation en présentiel. La formation du secteur tertiaire passe de 2070h à 1800h. Cela correspond à une perte du caractère national du diplôme des IUT.

Nos revendications:

  • Un système universitaire solidaire : salaire étudiant, recrutement  massif de titulaires sur postes de maximum 192h enseignement sans heures supplémentaires au-delà des 35h et avec formation continue
  • Titularisation de tou-te-s les précaires
  • La construction de l’équivalent de dix universités supplémentaires et le recrutement de 9000 fonctionnaires
  • Maintien du nombre d’heures et cadrage national de formation pour les IUT et les licences
  • Réorganisation de la formation initiale et continue des futur-e-s enseignant-e-s avec une véritable formation de fonctionnaire stagiaire dès le bac.

 

Attaques idéologiques et neutralisation des actions de protestation

Ces derniers mois ont été le théâtre d'attaques à l'encontre de l'université et de celles et ceux qui la font vivre. Ces attaques réussissent le tour de force de joindre l'anathème idéologique à la répression antisyndicale. Les exemples sont hélas foisonnants : à l'IEP de Grenoble, la tenue d'une discussion sur le racisme a ainsi été entravée, et l'enseignante organisatrice livrée en pâture aux médias, cependant que des étudiant-e-s étaient exclu-e-s d'un cours en raison de leur appartenance syndicale.

Que dire du Sénat ? Peut-être déçu-e-s de n'avoir pas réussi à enrichir la LPR d'amendements scélérats pénalisant les actions militantes sur campus ou soumettant la recherche universitaire à des valeurs «républicaines », ces parlementaires sont revenus à la charge en songeant à des moyens légaux de dissoudre l'UNEF, appuyés en cela par les accusations de « séparatisme ». Tableau désespérant mais incomplet si on n'évoquait la chasse au sorcières contre la mystérieuse entité « islamogauchiste », procès politique auquel s'est jointe la Ministre Frédérique Vidal.

Relevant jusqu'ici de la juridiction universitaire (le CNESER), les étudiant-e-s sont passé-e-s sous juridiction administrative, voie ouverte à une répression accrue à l'encontre des luttes étudiantes. Les progrès idéologiques de l'extrême droite, dont les thématiques sont reprises par le gouvernement et par la droite «parlementaire », doivent être combattus sans relâche, puisque ces groupes s'avèrent de redoutables briseurs de grève, comme ce fut le cas à Montpellier en 2018. Ni oubli, ni pardon !

Nos revendications:

  • Les libertés académiques et de recherche sont fondamentales et non négociables
  • Pour un ESR émancipateur et débarrassé d’injonctions idéologiques comme économiques d’où qu’elles viennent.

En cette rentrée 2021, il est plus que temps de relever la tête et de retrouver le chemin de l'organisation collective.

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