10 septembre 2021 5 10 /09 /septembre /2021 08:07

 

L’École a été soumise à rude épreuve et les personnels ont terminé l’année dans un état de fatigue rarement atteint. La rentrée 2021 est de nouveau marquée par le manque d’anticipation et la confusion de la politique suivie face à la poursuite de la crise sanitaire. La rentrée aurait nécessité la mise en place d’un plan d’urgence et la création massive de postes pour l’éducation dans un contexte qui a rendu plus compliquée la progression des apprentissages. Au lieu de cela :

  • refus de créer un collectif budgétaire pour la création de postes d’enseignant. es, de CPE, AED, AESH, de PsyEN, de RASED, de personnels administratifs, techniques, santé et sociaux dans les écoles, les établissements et les services pour répondre aux besoins
  • refus d’annuler les suppressions de postes
  • publication de la circulaire de rentrée sans concertation

Encore une fois, le ministre est dans le déni de réalité en refusant de prendre les mesures nécessaires. Cette absence d’anticipation et de prise de décisions est irresponsable au regard des enjeux de gestion et de sortie de crise.

 

Salaires

Les annonces du Grenelle ont confirmé qu’il n’y aurait pas de loi de programmation pluriannuelle. Un renoncement de plus qui ne répond pas aux attentes salariales des personnels et en exclut la majorité. Au-delà de la deuxième tranche de la prime d’attractivité, très insuffisante pour rattraper les retards, il est bien difficile de voir de quelconques perspectives de revalorisation pour les années à venir. Il est urgent d’augmenter les salaires de tous les personnels.

Directions d’école

Nos organisations dénoncent l’ensemble de ces mesures qui tournent le dos à la priorité à l’éducation et cherchent à transformer en profondeur les métiers dans le sens de contraintes supplémentaires sur les personnels : projet de création d’un emploi fonctionnel de directeur d’école et de hiérarchies intermédiaires, pilotage par l’évaluation. Nous ne pouvons accepter de tels reculs.

Baccalauréat

Nos organisations refusent la généralisation du contrôle continu et demandent le rétablissement du baccalauréat national pour la session 2022, avec des épreuves nationales, terminales et anonymes. Elles appellent les personnels à se réunir dès à présent, y compris avec les parents d’élèves, pour lister les revendications et organiser les mobilisations nécessaires. Nos organisations soutiendront toutes ces actions qui doivent permettre de préparer une action nationale d’ampleur.

 

Toutes et tous en grève le 23 septembre !

Poursuivons la mobilisation le 5 octobre dans le cadre de l’appel à la grève interprofessionnelle !

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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 15:19

Quorum atteint (3 maires absents), début 14h30

 

1- Déclarations préalables :
- 1 commune à la FSU, l'UNSA, SUD et La Ligue de l'enseignement

- FSU

- UNSA
- SUD
- Ligue

Toutes les organisations ont dénoncé la campagne d'affiches sur la laïcité prévue par le ministère.

 

La Préfète répond d'abord sur la situation sanitaire :

Sur les 12-17 ans dans l'Orne, plus de 74% a reçu une première injection vaccinale et 50% a reçu 2 doses.

La campagne de vaccination pour les scolaires a débuté le 06/09. Des centres sont mis en place dans les établissements ; s'il y a un centre à proximité, ce sont les élèves qui se déplacent. Dans certains cas, des cars sont affrétés pour emmener les élèves au centre de vaccination.
L'attractivité du département est très mauvaise (parmi les 10 départements avec la pire attractivité, comparable à la Seine-Saint-Denis). De nombreux lauréats refusent le bénéfice de leur concours pour ne pas aller dans l'Orne. Dans ces conditions, il ne reste qu'à embaucher des contractuels. « Il ne faut s'interdire aucun levier ». Les syndicats ont dénoncé la non-utilisation de la liste complémentaire mais elle a ignoré notre remarque.

Elle se félicite des dédoublements dans le 1er degré (sans plus de précisions concrètes).

Discours sur la laïcité, comme « valeur » essentielle de la France, sans évocation précise de la campagne d'affichage.

 

La DASEN souligne ensuite l'augmentation du budget de l'éducation.

Discours sur la laïcité à nouveau, sans réponse encore une fois à nos critiques des affiches.

Elle rappelle divers attentats terroristes ainsi que l'assassinat de Samuel Paty. Elle affirme que tous les enseignants seront formés à la laïcité dans les 2 ans à venir, afin de nous aider à gérer les situations délicates.

Sur l'école inclusive : dans l'Orne, elle dit qu'il n'y a pas d'élève sans AESH (nous savons que c'est faux), contrairement à d'autres départements.

Sur l'attractivité, la DASEN se félicite des progrès effectués.

Sur le discours de Marseille d'E. Macron : elle justifie ce discours par l'existence de certains endroits où le personnel est entièrement renouvelé tous les ans (Seine-Saint-Denis, quartiers nords de Marseille).

Sur le Grenelle : elle se félicite des efforts de rémunération, en particulier pour les AESH qui bénéficient d'une grille indiciaire et de 60h de formation. (leurs revenus sont toujours très faibles et la montée dans les échelons n'apportera quasiment pas d'augmentation, voir communiqué de SUD)

 

Les organisations syndicales et la Ligue de l'enseignement souhaitent répondre aux réponses apportées (afin que le dialogue ait lieu) mais la préfète refuse en imposant qu'on commence l'ordre du jour.
Suspension de séance : les organisations syndicales et la Ligue demandent l'assurance de pouvoir revenir sur les différents points abordés précédemment au moment des questions diverses. C'est accordé par la Préfète.

 

Ordre du jour :

 

2-Ajustements dans le 1er degré :

La DASEN maintient la fermeture à Saint-Langis et à Saint-Hilaire.

Fermeture annulée à Putanges en revanche.

La DASEN assume sa volonté de fermer les petites écoles, même si cela signifie des conditions dégradées pour les élèves et les enseignants (1 seule classe de 25 élèves avec 5 niveaux)

Les demandes d'ouverture faites par les syndicats sont toutes rejetées.

13 votes contre, 1 abstention.

 

3-Ajustements 2nd degré :

Au collège de Val-au-Perche, une troisième classe de 6ème est ouverte.

13 votes pour, 1 abstention

 

4-Le Conseil départemental prend la parole pour répondre à propos des capteurs CO2. Un capteur aurait été acheté pour chaque collège du département et serait disponible depuis mars 2021 dans chaque établissement, ce qui représente un investissement de 13 000 euros (31 collèges x 400 euros pour 1 capteur).

Le prix est débattu dans la mesure où on peut trouver des capteurs pour une soixantaine d'euros.

Les OS demandent à ce que les établissements soient équipés de capteurs à hauteur d'un par salle afin qu'ils aient une efficacité réelle.

Un programme de rénovation à hauteur de 60 millions d'euros est annoncé pour les collèges de Flers, L'Aigle et Alençon. Après, ce sera Vimoutiers.

 

5-Questions diverses :

Les deux questions de l'UNSA sont traitées (une sur les capteurs, une pour la MDPH, il y a en moyenne 6 à 8 mois de délai pour traiter un dossier).

Aucune réponse n'est apportée aux questions de SUD éducation, reçues par l'administration avec 3h de retard, alors même que les délais pour convoquer le CDEN et envoyer les informations nécessaires n'ont pas été respectés (4 jours de retard).

 

Fin du CDEN 16h30.

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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 15:17

Après des années de casse des services publics d'éducation et une pandémie mondiale, la situation en cette rentrée 2021 est peu engageante. Plus de 7000 postes ont été supprimés alors que partout en France les personnels se sont mobilisés pour obtenir un recrutement massif d'enseignants, de remplaçants, d'AED et d'AESH.

Les 4 niveaux du protocole sanitaire manquent de transparence. On voit mal pourquoi on rentre en niveau 2 alors que la situation est de plus en plus inquiétante. Comme l'année passée, aucun dédoublement n'est prévu à la rentrée, aucun allègement des effectifs par classe. De même, les mesures demandées depuis plus d'un an par les personnels sont traitées par le mépris : quand aurons-nous enfin les capteurs de CO2 et les purificateurs d'air qui permettraient d'affiner la gestion de l'épidémie ? Enfin, il n'y a aucune visibilité sur les critères, indicateurs qui nous feront passer d'un niveau à l'autre : doit-on comprendre que le ministère va décider au doigt mouillé?
Certes il faut vacciner et tester massivement, mais tous les outils devraient être mis à la disposition des équipes éducatives pour préserver les meilleures conditions de scolarité.
De plus, l'échec des campagnes de test de l'année dernière ne contribue pas à la confiance des personnels pour cette rentrée.
La mesure d'éviction des élèves non vacciné.e.s va poser problème, elle traduira encore une fois les inégalités territoriales dans l'accès à la vaccination. De plus, les enfants et adolescents étaient loin d'être les cibles prioritaires de la vaccination pendant ces congés d'été. On instaure de fait une discrimination et la promesse de "continuité pédagogique" est un leurre : comment les enseignant·es pourraient faire cours en présentiel et en distanciel simultanément.
On a le sentiment d'une rentrée sacrifiée une fois de plus, en l'absence de plan d'envergure pour planifier les choses. 
Outre cette absence de plan d'envergure, nous sommes sidéré.e.s de voir que la destruction de l'Education Nationale est toujours en marche: alors que la crise sanitaire aura montré de facto que ce sont les personnel.le.s qui permettent à l'Ecole de "rester ouverte". Alors qu'il est évident que ce sont les moyens humains mis sur la table qui conditionnent la qualité d'accueil des élèves, d'exercice du métier et de réussite pédagogique, nous assistons à une diminution des dotations en ETP d'AED. Comment seront donc assurées les missions suivantes: les heures d'étude en salles fixes pour limiter les brassages, l'aide aux élèves en difficultés, l'aide aux devoirs, l'aide au travail personnalisée, la sécurisation des temps de récréation, de restauration, la gestion des conflits, des situations de crise, le dialogue avec les élèves pour repérer leurs problèmes, leurs malaises...,  la prise en charge des problèmes de santé, la mise en place et le suivi du respect par et pour toutes et tous du protocole sanitaire... Nous le redisons c'est une dégradation du climat scolaire et de l'accompagnement des élèves : c'est donc la réussite des élèves qui est mise en danger.


 

Par ailleurs, les revalorisations salariales sont toujours très en-dessous du compte pour les AESH comme pour les enseignant.e.s.
Pour les AESH, il faut enfin reconnaître que 24h est un temps plein et qu'il/elle soit payé.e en conséquence. Le travail de nos collègues est déprécié et invisibilisé. La lutte reste de mise pour faire reconnaître un réel statut pour cette profession essentielle.
La prime d'activité promise par le ministre Blanquer est une rupture flagrante d'égalité puisqu'elle ne concerne ni les AED ni les AESH. De plus, elle est dégressive suivant l'ancienneté, ce qui révèle bien ce qu'elle est en réalité : une rustine face à la crise de recrutement des concours de l'Education nationale.


 

Vous avez toutes et tous entendu parler de la campagne d'affichage ministérielle concernant la laïcité. Cette campagne mélange les thématiques dans une confusion qui peut s’avérer dangereuse.e. En mélangeant religion, couleur de peau, origine géographique supposées, et en faisant des différences les freins à l’épanouissement et au vivre-ensemble, la campagne d’affichage est sur une pente dangereuse, celle d’un dévoiement raciste et xénophobe de la laïcité, appuyé sur un imaginaire colonial. Malheureusement le ministère est coutumier du fait. À l’opposé de ces valeurs d’intolérance, de division et de réaction, SUD éducation rappelle son attachement à une école publique laïque, gratuite, égalitaire et émancipatrice.


Le jeudi 2 septembre , en dévoilant son plan « Marseille en Grand », Emmanuel Macron a annoncé un statut dérogatoire spécial pour 50 écoles marseillaises dès la rentrée 2022 dans les quartiers populaires de la cité phocéenne. Dans ces écoles, les directeurs-trices, choisiront les enseignant.e.s « autour d'un projet » et disposeront d'une large autonomie pour adapter les horaires, les rythmes scolaires avec la participation "d'acteurs extrascolaires". En résumé dans ces écoles, censées permettre de mener des projets pédagogiques nouveaux, les enseignant.e.s ne seraient plus affecté.e.s en fonction d'un barème lors des mutations, mais seraient directement recruté.e.s par le directeur ou la directrice ; directeurs ou directrices qui auraient un vrai statut hiérarchique. Comme pour la loi Rilhac sur la direction d'école, Macron et son gouvernement veulent imposer par tous les biais, des chef.fe.s dans les écoles. À l'en croire, les problèmes de l'école seraient donc avant tout liés à un mauvais recrutement des enseignant.e.s et pourraient être réglés d'un coup de baguette magique, grâce à un meilleur management et à un profilage des postes. Il lui aura peut-être échappé que rien n'empêche aujourd'hui des enseignant.e.s motivé.e.s de venir travailler dans le périmètre de l'éducation prioritaire et que le manque de stabilité dont pâtissent certaines écoles ne pourra certainement pas être comblé par une systématisation des entretiens de recrutement : ce n'est pas en donnant de nouvelles responsabilités à des directeurs et directrices déjà surchargé.e.s de tâches administratives qu'on arrivera à constituer des équipes enseignantes soudées, dynamiques et innovantes. Et ce n'est pas en détricotant la formation initiale des enseignant.e.s qu'on pourra nourrir des questionnements pédagogiques. Ce que nous promet E. Macron c'est une école publique alignée sur les écoles privées où tout sera géré comme dans une entreprise, or cela n'est pas notre conception de l'école. Ce que veut E. Macron, c'est casser l'école publique. De plus, il ajoute que ces « écoles innovantes » pourraient être généralisées. C'est une porte ouverte à l'école libérale. À rebours de cette idéologie du « manager providentiel », nous affirmons qu'une politique éducative ambitieuse doit reposer sur une limitation des effectifs par classe, un plan de construction et de rénovation du bâti scolaire, un recrutement massif de personnel.le.s, notamment pour reconstituer des réseaux d'aide, et une meilleure formation initiale et continue des enseignant.e.s, qui donne toute leur place aux pédagogies alternatives. Nous ne savons que trop à quoi ressemble l'école qu'E.Macron et son ministre Jean-Michel Blanquer appellent de leurs vœux : une école sous contrôle, sans liberté pédagogique et sans esprit critique. À Marseille comme ailleurs, nous revendiquons des moyens pour une école qui favorise la réussite et l'épanouissement de tous et toutes les élèves.

SUD éducation appelle à construire une grève d’ampleur le 23 septembre et à débattre dès maintenant des moyens de l’ancrer dans la durée pour : 

- bâtir l’école solidaire de demain,
- gagner les moyens de faire face à la crise sanitaire,
- gagner les moyens pour transformer l’école ! 

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7 septembre 2021 2 07 /09 /septembre /2021 19:11
Contre la proposition de loi Rilhac, en grève le 23 septembre !

La proposition de loi Rilhac, qui avait été adoptée en première lecture au Sénat en mars, devrait repasser devant l’Assemblée nationale réunie en session extraordinaire à partir de la fin du mois de septembre.

Alors qu’il y aurait tant à faire pour améliorer le service public d’éducation, pour mieux prendre en compte les inégalités scolaires creusées par la crise sanitaire et pour garantir vraiment la réussite de tou⋅te⋅s les élèves, le gouvernement choisit donc de remettre sur la table une loi visant à imposer des chef⋅fes dans les écoles, en faisant des directeurs et directrices des délégataires de l’autorité académiques, investi⋅e⋅s d’une autorité fonctionnelle et participant à l’encadrement du système éducatif. Dans la droite ligne de l’annonce faite par Emmanuel Macron de la création prochaine, à Marseille, d’écoles « laboratoires » dans lesquelles les directeurs et directrices pourraient directement recruter des enseignant⋅e⋅s, il s’agit, pour l’exécutif, de renforcer la hiérarchie et de saboter le fonctionnement horizontal qui a jusque-là prévalu dans les écoles.

En septembre 2019, après le suicide de Christine Renon sur son lieu de travail qui avait profondément ébranlé les personnels d’éducation, le gouvernement s’était déjà livré à une odieuse instrumentalisation pour tenter d’avancer vers un statut hiérarchique pour les directeurs et directrices d’écoles. Pourtant, l’enquête ministérielle menée ensuite à l’automne avait montré qu’ils et elles ne voulaient pas d’un statut à part mais demandaient avant tout à bénéficier de temps et de moyens supplémentaires pour mener à bien les tâches qui leur sont confiées. Si cette proposition de loi était adoptée, on peut imaginer la pression supplémentaire que subiraient les directrices et directeurs : non seulement il faudrait continuer à alimenter la communication du ministère avec des indicateurs et des statistiques, mais il faudrait en plus bien « manager » son équipe, s’assurer que tou⋅te⋅s les professeur⋅e⋅s des écoles rentrent bien dans les clous voire participer à leur évaluation.

En essayant de faire passer cette proposition de loi dans l’urgence au détour d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron et son gouvernement prouvent une nouvelle fois leur mépris des personnels d’éducation et démontrent que l’idéologie managériale guide bien plus leurs actions que l’intérêt des élèves ou les besoins des enseignant⋅e⋅s.

Contre la loi Rilhac sur la direction d’école, pour un plan d’urgence pour le service public d’Education, SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à se mobiliser et à se mettre en grève le 23 septembre !

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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 18:25

Ajustements de rentrée dans le premier degré

Les syndicats ont réclamé des ouvertures pour plusieurs écoles où le nombre d'élèves moyen par classe est nettement supérieur à la moyenne départementale mais l'administration n'a proposé qu'une ouverture à l'école de Putanges Pont Ecrepin.

Il y a donc eu un vote contre ces ajustements que nous jugions insuffisants. Un CTSD de repli se tiendra lundi 13 septembre. Le CDEN aura lieu le mardi 7 septembre après midi (demain).

Ajustements de rentrée dans le second degré

Une division supplémentaire au collège de Val au Perche, annonce de dernière minute qui va permettre de passer de 2 classes de 6ème à 3.


 

Réponses aux questions diverses

  • Les effectifs ne sont pas finalisés dans le second degré, nous seront informé.e.s des effectifs réels fin octobre.

  • Il reste pas mal de postes ou BMP non pourvus mais il est difficile de les chiffrer.

  • Il y a environ 80 postes partagés, mais ce n'est pas finalisé.

  • Dans le 1er degré, 18 enseignant.e.s manquent.

  • 9 contractuel.le.s ont été recruté.e.s dont 7 sont déjà en poste. 3 autres recrutements sont en cours. L'administration préfère recruter des contractuel.le.s que de faire appel à la liste complémentaire !

  • Il y a 1361 professeur.e.s des écoles dans l'Orne.

  • Il reste des postes à pourvoir particulièrement sur les secteurs de L'Aigle et Mortagne.

  • 2 désistements de PES qui ont été remplacé.e.s par des listes complémentaires.

  • 39 ETP sont dédiés aux dédoublements GS/CP/CE1.

  • Pour les directions de moins de 4 classes, 2 jours de décharge sont prévues en septembre, les dates leur ont été annoncées. Fin septembre, ils/elles recevront le calendrier de leurs jours de décharge pour l'année.

  • Les directeur.trice.s qui manquent de temps pourront demander à être déchargé.e.s par des brigades en ce début d'année sans certitude que ce soit accepté.

  • Les appels à candidature sur postes particuliers courent encore.

  • Aucun EXEAT n'a été accordé, 2 INEAT ont été acceptés.

  • Les affectations de TRS ont posé de nombreux problèmes. Il y a eu 20 recours dont 18 ont obtenu satisfaction.

  • PES 2020 : aucun licenciement, 3 renouvellements, 1 prolongation.

  • Si un .e enseignant.e n'est pas remplacé.e, il faut répartir les élèves dans les autres classes ; alors qu'on nous demande de ne pas les brasser. Demande d'un courrier officiel de l’administration pour ne pas mettre en difficulté les directeur.trice.s.

  • Classes relais : le recrutement pour Flers a été fait mais il n'y a pas eu de candidat pour Argentan. La classe est donc gelée pour l'année.

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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 18:24

Après des années de casse des services publics d'éducation et une pandémie mondiale, la situation en cette rentrée 2021 est peu engageante. Plus de 7000 postes ont été supprimés alors que partout en France les personnels se sont mobilisés pour obtenir un recrutement massif d'enseignants, de remplaçants, d'AED et d'AESH.
Les 4 niveaux du protocole sanitaire manquent de transparence. On voit mal pourquoi on rentre en niveau 2 alors que la situation est de plus en plus inquiétante. Comme l'année passée, aucun dédoublement n'est prévu à la rentrée, aucun allègement des effectifs par classe. De même, les mesures demandées depuis plus d'un an par les personnels sont traitées par le mépris : quand aurons-nous enfin les capteurs de CO2 et les purificateurs d'air qui permettraient d'affiner la gestion de l'épidémie ? Enfin, il n'y a aucune visibilité sur les critères, indicateurs qui nous feront passer d'un niveau à l'autre : doit-on comprendre que le ministère va décider au doigt mouillé?
Certes il faut vacciner et tester massivement, mais tous les outils devraient être mis à la disposition des équipes éducatives pour préserver les meilleures conditions de scolarité.
De plus, l'échec des campagnes de test de l'année dernière ne contribue pas à la confiance des personnels pour cette rentrée.
La mesure d'éviction des élèves non vacciné.e.s va poser problème, elle traduira encore une fois les inégalités territoriales dans l'accès à la vaccination. De plus, les enfants et adolescents étaient loin d'être les cibles prioritaires de la vaccination pendant ces congés d'été. On instaure de fait une discrimination et la promesse de "continuité pédagogique" est un leurre : comment les enseignant·es pourraient faire cours en présentiel et en distanciel simultanément.
On a le sentiment d'une rentrée sacrifiée une fois de plus, en l'absence de plan d'envergure pour planifier les choses. 
Outre cette absence de plan d'envergure, nous sommes sidéré.e.s de voir que la destruction de l'Education Nationale est toujours en marche: alors que la crise sanitaire aura montré de facto que ce sont les personnel.le.s qui permettent à l'Ecole de "rester ouverte". Alors qu'il est évident que ce sont les moyens humains mis sur la table qui conditionnent la qualité d'accueil des élèves, d'exercice du métier et de réussite pédagogique, nous assistons à une diminution des dotations en ETP d'AED. Comment seront donc assurées les missions suivantes: les heures d'étude en salles fixes pour limiter les brassages, l'aide aux élèves en difficultés, l'aide aux devoirs, l'aide au travail personnalisée, la sécurisation des temps de récréation, de restauration, la gestion des conflits, des situations de crise, le dialogue avec les élèves pour repérer leurs problèmes, leurs malaises...,  la prise en charge des problèmes de santé, la mise en place et le suivi du respect par et pour toutes et tous du protocole sanitaire... Nous le redisons c'est une dégradation du climat scolaire et de l'accompagnement des élèves : c'est donc la réussite des élèves qui est mise en danger.


 

Pour les AESH comme pour les enseignants, les revalorisations salariales sont toujours très en-dessous du compte.
Pour les AESH, il faut enfin reconnaître que 24h est un temps plein et qu'il/elle soit payé.e en conséquence. Le travail de nos collègues est déprécié et invisibilisé. La lutte reste de mise pour faire reconnaître un réel statut pour cette profession essentielle.
La prime d'activité promise par le ministre Blanquer est une rupture flagrante d'égalité puisqu'elle ne concerne ni les AED ni les AESH. De plus, elle est dégressive suivant l'ancienneté, ce qui révèle bien ce qu'elle est en réalité : une rustine face à la crise de recrutement des concours de l'Education nationale.


Le jeudi 2 septembre , en dévoilant son plan « Marseille en Grand », Emmanuel Macron a annoncé un statut dérogatoire spécial pour 50 écoles marseillaises dès la rentrée 2022 dans les quartiers populaires de la cité phocéenne. Dans ces écoles, les directeurs-trices, choisiront les enseignant.e.s « autour d'un projet » et disposeront d'une large autonomie pour adapter les horaires, les rythmes scolaires avec la participation "d'acteurs extrascolaires". En résumé dans ces écoles, censées permettre de mener des projets pédagogiques nouveaux, les enseignant.e.s ne seraient plus affecté.e.s en fonction d'un barème lors des mutations, mais seraient directement recruté.e.s par le directeur ou la directrice ; directeurs ou directrices qui auraient un vrai statut hiérarchique. Comme pour la loi Rilhac sur la direction d'école, Macron et son gouvernement veulent imposer par tous les biais, des chef.fe.s dans les écoles. À l'en croire, les problèmes de l'école seraient donc avant tout liés à un mauvais recrutement des enseignant.e.s et pourraient être réglés d'un coup de baguette magique, grâce à un meilleur management et à un profilage des postes. Il lui aura peut-être échappé que rien n'empêche aujourd'hui des enseignant.e.s motivé.e.s de venir travailler dans le périmètre de l'éducation prioritaire et que le manque de stabilité dont pâtissent certaines écoles ne pourra certainement pas être comblé par une systématisation des entretiens de recrutement : ce n'est pas en donnant de nouvelles responsabilités à des directeurs et directrices déjà surchargé.e.s de tâches administratives qu'on arrivera à constituer des équipes enseignantes soudées, dynamiques et innovantes. Et ce n'est pas en détricotant la formation initiale des enseignant.e.s qu'on pourra nourrir des questionnements pédagogiques. Ce que nous promet E. Macron c'est une école publique alignée sur les écoles privées où tout sera géré comme dans une entreprise, or cela n'est pas notre conception de l'école. Ce que veut Macron, c'est casser l'école publique. De plus, il ajoute que ces « écoles innovantes » pourraient être généralisées. C'est une porte ouverte à l'école libérale. À rebours de cette idéologie du « manager providentiel », nous affirmons qu'une politique éducative ambitieuse doit reposer sur une limitation des effectifs par classe, un plan de construction et de rénovation du bâti scolaire, un recrutement massif de personnel.le.s, notamment pour reconstituer des réseaux d'aide, et une meilleure formation initiale et continue des enseignant.e.s, qui donne toute leur place aux pédagogies alternatives. Nous ne savons que trop à quoi ressemble l'école qu'E.Macron et son ministre Jean-Michel Blanquer appellent de leurs vœux : une école sous contrôle, sans liberté pédagogique et sans esprit critique. À Marseille comme ailleurs, nous revendiquons des moyens pour une école qui favorise la réussite et l'épanouissement de tous et toutes les élèves.

SUD éducation appelle à construire une grève d’ampleur le 23 septembre et à débattre dès maintenant des moyens de l’ancrer dans la durée pour : 

- bâtir l’école solidaire de demain,
- gagner les moyens de faire face à la crise sanitaire,
- gagner les moyens pour transformer l’école ! 

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 16:19

L'année qui s'annonce à l'image des précédentes pour les assistant · es d'éducation : précarité structurelle, exploitation maximale, pressions hiérarchiques sans vergogne.

Alors que l'année qui s'est écoulée a été prise par une mobilisation sans précédent des assistants · es d'éducation qui ont démontré leur détermination et leur capacité d'auto-organisation, elles et elles sont les grands perdants·es du Grenelle de l'éducation car tout simplement absent·es.
Pourtant, face à la crise sanitaire qu'elles ont été en première ligne dans les établissements, jonglant avec les protocoles et sans moyens de protection face à une exposition particulière au virus. Cette situation particulière vient s'ajouter à la précarité des contrats, aux bas salaires et à l'absence de reconnaissance et de formation qui structurent le statut des assistant · es d'éducation.
On prend les mêmes et on recommence ?
La menace de non-renouvellement du contrat sert de moyens de pression pour les chef·fes qui jouent avec la peur de se retrouver du jour au lendemain sans revenus. SUD éducation a dû défendre nombre de collègues victimes de non-renouvellement abusifs et plusieurs procédures sont encore en cours.
Les conditions salariales et de travail inacceptables ne sont pas sans raison dans les difficultés de recrutement que semblent rencontrer un certain nombre d'établissements en cette rentrée des élèves. Cela va avoir comme conséquence de peser sur les équipes déjà en sous-effectif.
SUD éducation continuera à défendre les collègues face à la hiérarchie. Par ailleurs, une action en référé est toujours en cours concernant le versement de la prime REP/REP+ pour les assistant·es d'éducation.
SUD éducation appelle les assistant·es d'éducation à poursuivre les mobilisations de l'année dernière et soutiendra les initiatives décidées par les collectifs locaux.
Le 23 septembre, une grève intercatégorielle de l'éducation nationale est appelée par l'intersyndicale. Les assistant·es d'éducation doivent y prendre leur place et porter leurs revendications dans les assemblées générales, heures d'information syndicales et dans les manifestations qui auront lieu ce jour-là.
Pour les assistant·es d'éducation, SUD éducation revendique :
  • la titularisation sans condition de tous les personnels assistants d'éducation qui le souhaitent par la création d'un statut d'éducateur·trice scolaire ;
  • l'augmentation des salaires et la baisse du temps de travail ;
  • la suppression du forfait nuit en internat ;
  • l'obtention de la prime REP/REP+ pour tous les personnels travaillant en éducation prioritaire ;
  • le recrutement massif de personnels AED et la fin du recrutement par les chef·fes d'établissement : pour un recrutement académique ;
  • l'accès à une formation initiale et continue et l'augmentation du crédit d'heure pour la formation ;
  •  du matériel de protection fourni par l'employeur face au Covid.
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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 16:19

 

Nos organisations ont pris connaissance de la campagne d’affichage ministérielle sur la laïcité. Ces affiches entretiennent une série de confusions et suscitent une inquiétude et un rejet important dans la profession, sur une thématique qui demande de la clarté et de la sérénité.

 En effet, elles entretiennent la confusion entre l’apparence et le patronyme des élèves représentés et leur identité religieuse supposée. Le rôle de l’école n’est pas d’assigner les élèves à telle ou telle identité mais au contraire de viser à l’émancipation de toutes et tous. D’autre part, les affiches entretiennent une confusion entre la laïcité et des valeurs comme le vivre-ensemble, la coexistence ou le multiculturalisme. Les différences entre élèves sont ainsi présentées de manière négative, comme si elles mettaient en difficulté ces valeurs, et comme si la laïcité était une solution à ces difficultés. Enfin, le choix des prénoms et des caractéristiques phénotypiques renvoie à l’idée que les enjeux de promotion de la laïcité concerneraient en premier lieu les élèves issus de l’immigration. À aucun moment ne sont rappelés ni même évoqués les fondements de la laïcité, à savoir la liberté de conscience, la neutralité de l'État et l'égalité des droits. De plus, cette campagne va totalement à l’encontre des contenus pédagogiques utilisés par les enseignants et enseignantes pour appréhender au mieux cette notion avec les élèves.

Ces choix ne correspondent ni à l’esprit ni à la lettre de la loi de 1905, mais bien plutôt à un dévoiement de la laïcité à des fins politiques, notamment en stigmatisant les jeunes issus de l’immigration. Cela s’inscrit dans une série d’attaques récentes contre le principe de laïcité : suppression de l’Observatoire de la laïcité, rapport Obin, loi sur le Séparatisme, sans parler du détournement des fonds publics chaque année au profit de l’enseignement privé confessionnel.

 Pour toutes ces raisons, cette campagne d’affichage nous semble malvenue. Elle doit être retirée. Le principe de laïcité doit sortir des polémiques et des instrumentalisations de tous ordres. Le respect de la loi de 1905, le Statut de fonctionnaire d’Etat et la liberté pédagogique constituent la meilleure protection pour les personnels et les élèves eux-mêmes.

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 16:19

Le jeudi 2 septembre , en dévoilant son plan « Marseille en Grand » qui prévoit des investissements dans la santé, dans les transports et dans l'éducation, Emmanuel Macron a annoncé un statut dérogatoire spécial pour 50 écoles marseillaises dès la rentrée 2022 dans les quartiers populaires de la cité phocéenne. Dans ces écoles, les directeurs, directrices, choisiront les enseignant-e-s « autour d'un projet » et disposeront d'une large autonomie pour adapter les horaires, les rythmes scolaires avec la participation  "d'acteurs extrascolaires".

En résumé dans ces écoles, censées permettre de mener des projets pédagogiques nouveaux, les enseignant-e-s ne seraient plus affecté-e-s en fonction d'un barème lors des mutations, mais seraient directement recruté-é-s par le directeur ou la directrice. Directeurs ou directrices qui auraient un vrai statut hiérarchique. Comme pour la loi Rilhac sur la direction d'école, Macron et son gouvernement veulent imposer par tous les biais, des chef-fes dans les écoles.

À l'en croire, les problèmes de l'école seraient donc avant tout liés à un mauvais recrutement des enseignant-e-s et pourraient être réglés d'un coup de baguette magique, grâce à un meilleur management et à un profilage des postes. Il lui aura peut-être échappé que rien n'empêche aujourd'hui des enseignant-e-s motivé-e-s de venir travailler dans le périmètre de l'éducation prioritaire et que le manque de stabilité dont pâtissent certaines écoles ne pourra certainement pas être comblé par une systématisation des entretiens de recrutement : ce n'est pas en donnant de nouvelles responsabilités à des directeurs et directrices déjà surchargées de tâches administratives qu'on arrivera à constituer des équipes enseignantes soudées, dynamiques et innovantes. Et ce n'est pas en détricotant la formation initiale des enseignant-e-s qu'on pourra nourrir des questionnements pédagogiques.

Ce que nous promet E. Macron c'est une école publique alignée sur les écoles privées où tout sera géré comme dans une entreprise, or cela n'est pas notre conception de l'école. Ce que veut Macron, c'est casser l'école publique. De plus, il ajoute que ces « écoles innovantes » pourraient être généralisées. C'est une porte ouverte à l'école libérale.

Quid de la rénovation des écoles ?

Macron promet une aide de l'état sous forme de la création d'une société qui sera présidée par le maire de Marseille mais qui restera sous le contrôle de l'Etat. Il conditionne l'aide de l'Etat à une mise au pas des personnels municipaux qu'il juge « trop grévistes et trop absents ». Toutes ces conditions pour une aide qui n'est pas chiffrée.

De quoi on besoin les écoles marseillaises ?

- D'investissements et d'un plan de rénovation sérieux. En effet, il n'est pas rare de constater dans plusieurs écoles marseillaises : un chauffage absent l'hiver, des trous dans le plancher, des fenêtres qui ferment mal, des murs lépreux, un manque de mobilier pour faire asseoir et travailler les enfants, des plafonds qui s'effondrent, des cafards, rats et punaises de lits... La liste est longue.

- De personnels municipaux pour assurer la sécurité des enfants pendant les temps de cantine, à Marseille le taux d'encadrement est l'un des plus faible de France (en maternelle : 1 personne responsable de 25 enfants (1 pour 12 à Lyon), en élémentaire : 1 personne responsable de 50 enfants (1 pour 24 à Lyon)) ; pour assurer l’hygiène des locaux .

- De professeur-e-s des écoles en nombre suffisant pour assurer des conditions d'apprentissages correctes pour les enfants, de création de postes de brigades pour assurer les remplacements, de création de postes de RASED.

 

Que propose E. Macron dans son plan « Marseille en grand » ?

Pour faire face à une situation catastrophique des écoles à Marseille, Macron répond management et mise en concurrence des personnels et des établissements. Réponse qui n'améliorera en rien les conditions d'enseignements des professeur-e-s et d'apprentissages des élèves dans les écoles de Marseille laissées à l'abandon depuis des années dans une totale indifférence.

Sur le bâti des écoles, Macron répond par la création d'une société qui sera en charge de la rénovation avec une aide financière non chiffrée mais conditionnée.

Les déclarations de Macron sont inadaptées à la situation des écoles marseillaises et ces propositions montrent bien son incompétence et son ignorance des réalités du terrain marseillais. En effet, les écoles marseillaises n'ont nul besoin de chef-fes qui recruteraient des enseignant-es motivé-es, elles ont besoin d'investissements en terme financiers et en terme de personnels municipaux et de l'Education Nationale.

Les déclarations de Macron et sa venue à Marseille n'améliorera en rien l'état catastrophique des établissements scolaires, elles ne servent qu'une politique libérale et une destruction déjà amorcée du service public d'éducation.


 

À rebours de cette idéologie du « manager providentiel », nous affirmons qu'une politique éducative ambitieuse doit reposer sur une limitation des effectifs par classe, un plan de construction et de rénovation du bâti scolaire, un recrutement massif de personnels, notamment pour reconstituer des réseaux d'aide, et une meilleure formation initiale et continue des enseignant-e-s, qui donne toute leur place aux pédagogies alternatives. Nous ne savons que trop à quoi ressemble l'école qu'Emmanuel Macron et son ministre Jean-Michel Blanquer appellent de leurs vœux : une école sous contrôle, sans liberté pédagogique et sans esprit critique. À Marseille comme ailleurs, nous revendiquons des moyens pour une école qui favorise la réussite et l'épanouissement de tou-te-s les élèves.

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 14:29

Fiche syndicale pour lutter contre le complotisme et l’extrême-droite  · septembre 2021

Édito

La crise sanitaire et sa mauvaise gestion par le gouvernement constituent, depuis le printemps 2020, un terreau extrêmement favorable à la propagation des fake news et des théories complotistes. Ces dernières profitent directement à l’extrême-droite en lui permettant d’imposer sa vision du monde.

Des gouvernements d’extrême-droite ont adopté une posture   « négationniste », au Brésil, le décès d’ un million de personnes dont 64%  de personnes noires est clairement défini par le gouvernement de “nettoyage ethnique”.

En France, les thèses conspirationnistes ont explosé à l’occasion du mouvement de contestation du passe sanitaire et de la vaccination à l’été 2021.

L’Union syndicale Solidaires s’oppose au passe sanitaire mis en place par le gouvernement et dénonce les inégalités qu’il crée ou aggrave. Cette décision résulte de l’échec du gouvernement à empêcher les vagues successives, en partie faute de moyens suffisants pour l’hôpital et de mesures sociales et sanitaires pour limiter la propagation du virus dans les espaces de contamination, c’est-à-dire à l’école et sur les lieux de travail.

Le gouvernement, le patronat et l’industrie pharmaceutique font passer la recherche du profit avant l’intérêt collectif c’est pourquoi SUD éducation exige la suspension des brevets et les transferts de technologie permettant la production des vaccins.  Néanmoins, ne nous trompons pas de combat : la vaccination est une avancée scientifique majeure qui a permis de faire reculer de nombreuses maladies : la variole, la rougeole, la poliomyélite …

https://www.visa-isa.org/

 

L’extrême-droite est un danger mortel !

SUD éducation est membre de VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes). VISA recense, analyse et dénonce les incursions de l’extrême-droite et plus particulièrement du Front national, devenu Rassemblement national, sur le terrain social.

Par l’adhésion à VISA, SUD éducation s’engage à construire des outils de formation et de mobilisation afin de démystifier, aux yeux des salarié·e·s les propositions prétendues sociales de l’extrême-droite. Les idées d’extrême-droite n’ont pas leur place ni à SUD éducation, ni dans les écoles, ni dans les collèges, ni dans les lycées, ni dans les universités !

 

Cartographie de la nébuleuse antivax : fachosphère et complosphère à la loupe

SUD éducation décrypte pour vous une partie des personnalités, médias, partis qui participent aujourd’hui au mouvement antivax.

Des forces politiques d’extrême droite :

Florian Philippot,  ex-FN et fondateur du mouvement d’extrême-droite Les Patriotes, avec l’avocat Di Vizio, dénoncent la « coronafolie » et toutes les mesures sanitaires destinées à lutter contre l’épidémie.

François Asselineau, président du mouvement souverainiste et conspirationniste : l’UPR. Il fait la promotion d’un médicament jugé inefficace par les médecins, l’ivermectine. Il minimise la dangerosité du virus.

Jean-Frédéric Poisson, ex-suppléant de Christine Boutin (Manif pour tous) et son parti Via la voie du peuple (le vaccin a tué des centaines de personnes en France) : il minimise les mort·es du Covid.

Martine Wonner, députée exclue de LREM. Elle milite contre le masque, les vaccins à ARN messager et pour l’hydroxychloroquine, pourtant inefficace.

→ les catholiques intégristes avec le mouvement Civitas, anti-avortement et acteur de la Manif pour tous, qui racontent  que la « vaccination » a fait 18 000 mort·es et son leader, Alain Escada, appelle à manifester contre la « tyrannie démocratique » avec les pancartes antisémites « Qui ? ».

Des scientifiques

Didier Raoult est une figure centrale du mouvement complotiste. Il défend l’hydroxychloroquine alors même que  le médicament est inefficace contre la Covid.

Gérard Delépine, chirurgien à la retraite, anti-confinement, anti-vaccin. Auteur, entre autres, d’une tribune sur France Soir intitulée « Rien à craindre du variant Delta : il donne le rhume, curable par traitements précoces ».)

Christian Perronne, professeur de médecine (démis de son poste de chef de service par l’APHP). Selon lui on n’utilise pas l’hydroxychloroquine car les réanimations auraient un intérêt financier à garder des patient·es,

Alexandra Henrion-Caude, généticienne, pour qui les tests PCR visent à introduire des nanoparticules dans le cerveau, elle participe à la Manif pour tous et est proche des catholiques intégristes de Civitas.

Luc Montagnier, biologiste et prix Nobel de médecine, anti-vaccin, selon lui la vaccination serait responsable de l’apparition de nouveaux variants et d’une hausse de la mortalité.

 

Des médias 

France soir : média conspirationniste, tribune pour les souverainistes,

Reinfocovid : site de l’anesthésiste Louis Fouché, qui dénonce le « génocide » de la vaccination des gens âgés et « l’apartheid » du passe,

Égalité et Réconciliation, fondé par Soral, militant d’extrême-droite, antisémite, négationniste et conspirationniste.

Bas les masques (exclu de YouTube le 17 août),

Profession Gendarme (qui relaie les thèses complotistes sur la Covid, sur le Sida ou sur les vaccins « machines à tuer »,

Sud radio invite des personnalités antivax à parler quotidiennement,

→ Les sites pro-russes Sputnik et Russia Today reprennent souvent des propos complotistes tenus ailleurs.

Cnews ouvre son antenne à l’extrême-droite et aux conspirationnistes de manière quotidienne.

 

Un film :"Hold-up"

Le film Hold-up compte au moins une dizaine de millions de vues  sur les réseaux sociaux. Son contenu sensationnaliste lui a permis de “faire le buzz” sur internet.  Hold-up est un film qui a été diffusé sur internet à partir de mai 2021. Son réalisateur, Pierre Barnérias, est connu pour avoir réalisé plusieurs documentaires pro-Manif pour tous. Ce documentaire part de la critique de la gestion catastrophique de la pandémie par le gouvernement pour glisser vers une explication complotiste de l’épidémie : un complot aurait créé le virus pour tuer la moitié de l’humanité et soumettre les survivant·e·s. Hold-up développe une vision du monde qui ne laisse pas de place à la contradiction pourtant les interviews sont sortis de leur contexte, le travail d’enquête est invisible, les enchaînements rapides créent des liens artificiels entre les événements. On observe à travers ce film les mécanismes propres au conspirationnisme : la critique de l’État, des médias, de l’industrie pharmaceutique, est instrumentalisée pour imposer une vision du monde totalitaire : celle d’un complot mondial pour expliquer les événements politiques et les phénomènes sociaux.

Reinfo.covid, la vitrine “pseudo-scientifique” de l’extrême-droite !

Depuis le début de la pandémie de nouveaux sites sont apparus. Le plus connu est réinfocovid. La « réinformation » est un vocable d’extrême-droite, utilisé pour la première fois en 1997 par Bruno Mégret, ancien du FN et fondateur du mouvement d’extrême-droite, le MNR. Ce terme est forgé par l’extrême-droite pour présenter ses propres sites d’information comme des sites plus fiables.
Le site Réinfocovid est apparu en octobre 2020 : avant d’être un média c’est un collectif anti-restrictions sanitaires. Il est animé par Louis Fouché, anesthésiste et réanimateur à l’hôpital Conception à Marseille. Il est covido-sceptique, anti-masques, anti-vaccins, adepte de la théorie de l’effondrement, proche de La manif Pour tous dont il partage les idées contre la PMA et les positions anti-avortements. Il participe ainsi à des débats avec Jean Robin, proche d’Égalité et Réconciliation et du Bloc Identitaire. Alexandra Henrion-Caude participe également à l’animation du site. Elle est généticienne, et accuse les tests PCR de viser à introduire des nanoparticules dans le cerveau. Elle participe à la Manif pour tous et est proche des catholiques intégristes de Civitas.  L’animateur web du site, Hayssam Hoballah, donne la parole dans ses émissions à différentes figures de l’extrême-droite radicale et antisémite et homophobe : Chloé Frammery, une proche des Qanon et d’Égalité et Réconciliation, le mouvement fasciste de Soral, Farida Belghoul, célèbre pour son appel à retirer les enfants de l’école pour protester contre “la théorie du genre” et membre d’Égalité et Réconciliation. Mais Hayssam Hoballah est également très proche du CNT (Comité National de Transition) qui avait appelé à putsch militaire pour le 14 juillet 2015. Le CNT, explicitement homophobe, dénonce un complot mondial pédocriminel et franc-maçons.

Les CV des trois animateurs du site Reinfo.covid doivent nous alerter. Ils et elle baignent dans une idéologie antisémite, homophobe, conspirationniste dissimulée derrière un discours pseudo scientifique et écolo. Pourtant leurs fréquentations et leur participation à des mouvements fascistes ne trompent pas.

Une tribune pour les petits partis souverainistes 

Des personnalités en mal de victoires électorales utilisent le mouvement antivax et anti-passe pour se faire connaître, c’est le cas de Philippot, d’Asselineau, de Dupont-Aignan. L’hégémonie du RN à l’extrême-droite leur laisse peu de place pour se développer et propager leurs idées rétrogrades et réactionnaires.

Des thématiques propres à l’extrême-droite

→ La population serait mise en danger par un complot mondial.

→ La dénonciation des « élites », un groupe homogène et omnipotent.

Pour l’extrême-droite, le peuple doit donner le pouvoir à un être providentiel pour le libérer de l’emprise des élites. Ce peut être un roi, un chef de parti, un militaire …

→ L’appel à un putsch militaire pour sauver la France.

→ La critique de la démocratie qui ne serait que la dictature de ces élites.

→ Le mythe d’un peuple uni, ni de gauche, ni de droite, contre les élites. C’est faux : la société est divisée en classes sociales aux intérêts divergents. L’extrême-droite, qu’elle soit souverainiste, catholique, religieuse, se situe toujours du côté du patronat et défend des régimes discriminatoires à l’égard des femmes, des racisé·es, des LGBTI, des travailleurs et des travailleuses…

→ Assimiler des régimes dictatoriaux à la France en la comparant  à une « tyrannie », parler de « dictature sanitaire » pour  qualifier des mesures sanitaires destinées à sauver des vies. Pourtant des éléments concrets (le droit de manifester sans répression étatique pour les antivax, la liberté d’expression …) montrent que cela n’est pas le cas.

→ La comparaison entre la situation des personnes non-vaccinées et celles des juifs et juives persécuté·es et exterminé·es pendant la Shoah : cela revient à minimiser le génocide ainsi que les mécanismes qui y ont conduit et à en nier la gravité.

→ Accuser les vaccins d’être « contre-nature », ce sont les mêmes arguments que ceux avancés par les homophobes durant la Manif pour tous.

Et le Rassemblement national dans tout ça ?

Le RN de Marine Le Pen n’est pas au premier plan de la mobilisation antivax. Marine Le Pen poursuit sa stratégie de dédiabolisation de son parti, toujours d'extrême-droite. Elle entend se doter d’une image respectable et séduire la majorité d’électeurs et d’électrices favorables à la vaccination et au passe sanitaire. Néanmoins, une partie de son électorat reste attachée à l’image (même si elle est fausse) « anti-système » et absolument réactionnaire du FN et aujourd’hui du RN. Pour satisfaire cet électorat, Marine Le Pen s’est contentée de dénoncer la politique du gouvernement et les inégalités induites par le passe sanitaire pendant que des élu-e-s RN ont participé aux mobilisations contre la vaccination et le passe sanitaire.

 

Le rôle des plateformes

Les plateformes généralistes ont un rôle certain dans la progression du complotisme. Les algorithmes favorisent les contenus sensationnalistes sur les réseaux sociaux : propositions d’abonnement, de vidéos ... Tik Tok est un espace numérique au public jeune et très fortement travaillé par les contenus complotistes. Les militant·es d’extrême-droite vont utiliser les réseaux sociaux pour diffuser largement des contenus issus de sites d’extrême-droite.

Avant d’être banni de Facebook, Dieudonné, une figure centrale de la fachosphère, bénéficiait de 1,3 million d’abonné-e-s !

Le complotisme sert de « pont » entre l’extrême-droite et les antivax

Il serait faux de dire que la totalité des manifestant-e-s antivax sont des militant-e-s d’extrême-droite. Néanmoins, l’idéologie d’extrême-droite exerce une emprise sur le mouvement antivax. Le complotisme semble être un pont qui fait traverser les idées de l’extrême-droite aux personnes sceptiques quant à la vaccination. Ainsi, celles-ci vont, sans avoir reconnu la patte de l’extrême-droite, publier sur les réseaux sociaux ou diffuser des tweets, des vidéos, des chaînes Whatsapp des messages émanant de l’extrême-droite. Elles vont également reprendre en manifestation le langage de l’extrême-droite (« dictature sanitaire », « apartheid », « éveillez-vous », « Liberté liberté ! », « tyrannie démocratique »…) ainsi que leurs symboles (rose blanche, étoile jaune, « Qui ? »…). Elles propagent, sans le vouloir, la vision du monde de l’extrême-droite.

Une banalisation inacceptable de l’antisémitisme

De Dieudonné et Soral à Jean-Marie Le Pen, l’antisémitisme est un invariant de « l ‘identité extrême-droite ». Il s’est cependant répandu dans l’espace public de manière décomplexée pendant la mobilisation de l’été 2021 contre le passe sanitaire et la vaccination à travers deux symboles principaux.

• L’étoile jaune est emblématique de la Shoah. La Shoah désigne le génocide pendant lequel au moins 6 millions de personnes juives ont péri, exterminées par les nazis. On parle de génocide  car les nazis avaient planifié l’élimination systématique de l’ensemble d’un groupe, les juifs et les juives. Comparer la Shoah au vécu des personnes non-vaccinées est une maniére de nier la gravité et la nature même du génocide des juifs et des juives. Ne pas se faire vacciner est un choix qui ne conduit personne à être exterminé-e, alors que les juifs et les juives ont été massacré-e-s en raison de leur origine.

•  La pancarte « Qui ? » reproduit un code antisémite : cette question fait référence aux propos de l’ex-général Delarwarde sur Cnews qui sous-entend que les juifs et les juives dirigent le monde, un mensonge destiné à attiser la haine à l’égard des juifs et des juives. Cette question s’accompagne d'accusations de traîtrise et bien souvent d’une liste de personnalités désignées à la vindicte. Elle renvoie directement et ouvertement à un antisémitisme complotiste qui accuse les juifs et les juives de vouloir dominer et asservir le monde en étant à l’origine de la pandémie.

La comparaison avec la Shoah et les accusations proférées nous rappellent que l’antisémitisme est un poison intolérable qui n’a pas sa place dans notre société. Aucune tolérance pour les antisémites !

Ce qu’il faut retenir

  • sans organiser d’apparition dans les manifestations, le RN a progressé pendant cette mobilisation par la diffusion d’un langage, de symboles, d’une vision du monde propre à l’extrême-droite.
  • les manifestations du week-end restent une modalité favorable pour l’extrême-droite en raison de sa faible implantation dans le monde du travail. Cela favorise l’émergence de revendications inter-classistes et la participation des franges les plus réactionnaires à la mobilisation.

 

Revendications syndicales pour protéger la santé de tou·tes :

Le ministre Blanquer s’est montré incapable de mener une politique sanitaire cohérente: pas de masque pour l’ensemble des personnels à la rentrée 2020, des adaptations renvoyées au local pendant les périodes de pics épidémiques, à la rentrée 2021, un protocole évolutif sans publication des critères d’évolution et d’analyse…

SUD éducation revendique des mesures sanitaires protectrices ainsi que les moyens de les appliquer.

La vaccination est un élément, pour, à court terme, prévenir les formes graves dues au variant delta, et sur un plus long terme, réduire la mortalité de cette épidémie. Dans sa communication, Blanquer minimise sa responsabilité dans la propagation importante du virus en milieu scolaire en 2019/2020. Son refus de mettre en œuvre des mesures de protection adaptées laisse supposer une proximité idéologique entre lui et l’extrême-droite, opposée aux mesures sanitaires de protection.

Le gouvernement fait payer son incurie aux travailleurs et travailleuses par un dispositif de contrôle, de surveillance et de contrainte généralisés. Il a par ses volte-face successifs, ses mensonges et ses approximations largement sa part de responsabilité dans la montée des thèses complotistes.

La crise que nous traversons est particulièrement propice à la diffusion de fake news créant un climat de confusion. L’extrême-droite se nourrit de ces doutes et des peurs. Elle s’y engouffre pour désigner des boucs émissaires et propager sa vision rétrograde et obscurantiste de la société. Le rôle des organisations syndicales est au contraire de défendre les intérêts et la santé des travailleurs et des travailleuses, la vaccination a montré son efficacité dans l’histoire. Aujourd’hui le ratio bénéfice/risque indique qu’il faut se faire vacciner pour protéger la santé de tou-te-s.

 

Combattons l’extrême-droite ! Imposons contre le gouvernement une autre politique, juste, écologique et démocratique ! 

 

SUD éducation revendique :

► une politique sanitaire cohérente avec les moyens de se développer partout : campagnes de sensibilisation aux enjeux de la vaccination et campagnes de vaccination, distribution de masques gratuits, achat de purificateurs d’air et détection de CO2 pour les locaux scolaires, recrutement de personnels afin d’assurer le nettoyage et la désinfection des locaux scolaires,

► un investissement massif de l’État dans les services publics et en particulier dans l’hôpital public,

► la levée des brevets sur les vaccins et les transferts de technologie nécessaires afin de permettre l'accès à la vaccination, y compris dans les pays les plus pauvres. Le vaccin est un bien commun, il doit appartenir à tou·tes !

► des actions immédiates et la mise en œuvre d’une vraie politique volontariste de transition environnementale vers un autre modèle de société, plus juste socialement et plus écologique.

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