25 juin 2021 5 25 /06 /juin /2021 13:05

Alors qu’à grands renforts de communication, le ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports et le gouvernement annonçaient dès 2018 s’engager dans un plan interministériel de lutte contre les LGBTphobies, presque quatre ans après, nous ne comptons plus les reculades et les atteintes aux droits des jeunes LGBTI. Les atermoiements autour de la loi PMA et les blocages concernant la PPL sur les thérapies de la conversion en sont deux exemples.

À l’école aussi, c’est avant tout la communication qui prime sur l’avancée des droits LGBTI et sur l’accueil de toutes et tous. Ainsi, tous les 17 mai, journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, le MENJS affiche sa volonté d’agir. Or depuis le début du mandat de JM Blanquer à la tête du ministère, presque rien n’a été fait. Une campagne de sensibilisation a bien été réalisée. Mais depuis, en dehors de sa relance, trop peu de travaux de fond sont entrepris.

Face au taux de suicide plus important chez les jeunes LGBTI, face aux cris de détresse des jeunes trans et intersexes, nous avions pourtant alerté à plusieurs reprises sur le flou juridique et sur le manque d’outils et de consignes concernant l’accueil des élèves trans à l’école, que les personnels attendent pourtant. Nos courriers au Dgesco et aux ministres étaient alors restés lettre morte.

La fin de l’année 2020 a été marquée par deux suicides de deux jeunes trans. Très rapidement, le groupe de travail Dgesco sur les LGBTphobies a été réuni et un cycle lourd et long d’auditions d’associations trans et de personnes qualifiées a été réalisé. Le Collectif éducation contre les LGBTIphobies en milieu scolaire et universitaire a pris toute sa part dans ce travail. Dans l’urgence, nous avons dû travailler pour une sortie prévue le 17 mai dernier à un guide à destination des équipes des établissements scolaires pour l’accueil des élèves trans. Telle était la commande du MENJS et ce guide devait s’accompagner d’une circulaire cadrant cet accueil.

Ce 17 mai alors que monsieur Blanquer n’avait aucun mot à ce sujet en conférence de presse, nous apprenions que le ministère ne souhaitait plus sortir ces deux documents. Outre le mépris du travail important réalisé par des personnels de ses services, des associations trans et des nombreux et nombreuses professionnel.le.s sollicité.e.s, cette volte-face est alors une insulte à toutes les personnes trans qui attendaient tellement de cette clarification urgente.

Au moment où se déroulent partout en France des marches des fiertés LGBTI, le Collectif Education contre les LGBTIphobies demande solennellement la publication du guide prévu, accompagné des outils nécessaires à la formation de tous les personnels du MENJS.

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 08:11
Grand oral : un fiasco inégalitaire

Ce communiqué a été publié le 22/06/2021

Les ratés du grand oral s’accumulent et montrent à quel point le ministère se révèle incapable d’organiser l’épreuve.
Les convocations sont communiquées très tardivement aux personnels, parfois après le début des épreuves. Elles occasionnent des déplacements importants de nombreux personnels loin de leur lieu d’affectation alors qu’un centre d’examen se trouve plus près. Des professeur-e-s de français et de philosophie ont même été convoqué-e-s au grand oral alors qu’ils et elles étaient déjà convoqué-e-s aux oraux de l’EAF ou ont à corriger plus de 150 copies.
Il est arrivé bien souvent que la constitution même des jurys pose problème, notamment car il manquait un-e enseignant-e dans la spécialité choisie par un-e candidat-e. L’administration a ainsi dû procéder à des réorganisations de dernières minutes, ou se résoudre à des compositions de jury illégales et inadaptées pédagogiquement avec des professeur-e-s de collège, d’autres qui n’enseignent pas en terminale ou encore des stagiaires.
Cette désorganisation révèle s’il en était encore besoin le degré d’impréparation du ministère et des académies.
D’après nos remontées, cette épreuve est particulièrement inégalitaire.
La survalorisation des éléments rhétoriques conduit à favoriser les candidat-e-s des classes supérieures et les garçons au détriment des candidat-e-s femmes et issu-e-s des classes populaires.
SUD éducation et d’autres organisations syndicales revendiquent depuis plusieurs mois la suppression de cette épreuve, qui n’est que le reflet de l’obsession de Blanquer pour une réforme du bac et du lycée taillée sur mesure pour le tri social.

Dans ces circonstances, SUD éducation invite les personnels à se réunir et discuter des modalités d’actions qui leur semblent adaptées et rappelle que son préavis de grève est à la disposition des personnels.

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 08:10
Remplacements : Blanquer veut des heures supplémentaires et une gestion numérique des personnels plutôt que des titulaires

Ce communiqué a été publié le 21/06/2021

« Continuité pédagogique », c’est le mot magique utilisé par le ministère pendant la crise sanitaire pour éviter d’embaucher suffisamment d’enseignant-e-s permettant de dédoubler les classes en assurant toutes les heures de cours des référentiels. Notre ministre si friand d’évaluations quand il s’agit d’un outil de contrôle pour les profs et les élèves, n’en a proposé aucune pour l’utilisation des plateformes numériques, les dispositifs de cours à distance et l’apprentissage réel des élèves sur ces périodes. C’est pourtant cette « continuité pédagogique » qui est maintenant préconisée pour les remplacements de courte durée à l’issue du Grenelle de l’éducation.

En « ouvrant aux personnels à temps partiel la possibilité d’effectuer des heures supplémentaires », le ministère va accroître la charge de travail de personnels déjà très précaires.

En « ayant recours à des dispositifs de travail en autonomie anticipé et encadré sous la surveillance d’un AED formé, notamment en pré-professionnalisation » le ministère va surcharger des étudiant-e-s en formation qui n’auront pas passé de concours d’enseignement. Rappelons que ces étudiant-e-s sont déjà sous-payés pour effectuer le même travail que les enseignants titulaires avec un salaire de 707 € en L2 jusqu’à 980 € en M1. Pour ces salaires, ils et elles effectuent 8 heures par semaine. Cette proposition va accroître leur charge de travail et oblitérer leurs chances de réussite aux concours de recrutement.

Par ailleurs, les missions confiées ne seront pas de remplacer les enseignant-e-s absent-e-s mais d’aider les élèves à faire leurs devoirs.

Le souhait « d’améliorer la traçabilité des absences de courte durée et de remplacement à partir d’outils numériques » est un aveu d’échec de la gestion des remplacements par le ministère. Mais loin d’y voir l’effet de la précarisation et de la diminution des effectifs des personnels des rectorats, celui-ci préfère mettre en place des robots et acheter des logiciels de gestion plutôt que d’embaucher des personnels titulaires et de les former.

SUD Éducation dénonce ces dispositifs :

— qui ne permettront pas de rattraper les heures perdues par les élèves lors des absences de leurs enseignant-e-s ;

— qui précarisent encore plus les enseignant-e-s et les personnels administratifs et accroissent leur charge de travail.

Pour SUD Éducation, il faut des titulaires affecté-e-s à l’année sur des zones de remplacements afin de prendre en charge très rapidement ces missions.

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 08:10
Quelle revalorisation salariale pour les AESH ?

Dans le cadre des conclusions du Grenelle, le ministère a lancé un groupe de travail intitulé "Amélioration du service public d’éducation". Depuis la très forte mobilisation des AESH des 8 avril et 3 juin, Blanquer s’est vu obligé d’inclure les personnels AESH dans ses travaux de revalorisation des carrières.

Quelle revalorisation salariale pour les AESH ?

La revalorisation annoncée par le MEN est dérisoire et insuffisante au regard des revendications des personnels AESH. En effet, l’enveloppe de 40 à 60 millions d’euros ne représenterait qu’un augmentation mensuelle de 20 euros en moyenne par mois pour chaque AESH. Cela ne suffira pas pour en finir avec la précarité. Les AESH, massivement mobilisé-e-s cette année, revendiquent le passage à temps plein pour 24h d’accompagnement afin de pouvoir bénéficier d’un salaire complet.

De nouvelles attaques contre les personnels AESH !

Une “professionnalisation” qui nie les compétences

Le ministère étudie l’extension des missions des AESH dans le champ jeunesse et sports, notamment au sein des accueils collectifs de mineur-e-s. Au contraire, les AESH revendiquent une reconnaissance de leurs compétences
pédagogiques : l’accompagnement des élèves en situation de handicap en milieu scolaire est un travail à part entière. Multiplier les champs d’intervention revient à nier les compétences spécifiques que sont par exemple l’adaptation des supports disciplinaires en fonction du handicap de l’élève.

Après les PIAL, une nouvelle menace : le double employeur 

Le ministère prévoit de développer l’emploi des personnels AESH dans le périscolaire : les AESH seront sollicité-e-s pour travailler en dehors du temps scolaire, pendant la pause déjeuner dans les cantines, ou après la classe,
pour les collectivités territoriales. Si aujourd’hui, beaucoup d’AESH travaillent dans les cantines, c’est pour compléter un
salaire insuffisant. Le ministre maintient les AESH dans la précarité pour pouvoir davantage les exploiter !
C’est une nouvelle marque de négation du métier d’AESH et une dégradation de leurs conditions de travail. Avec deux employeurs différents : l’éducation nationale et les collectivités territoriales, les AESH seront soumis-e-s à toujours plus de pression et d’injonctions incompatibles.

La scolarisation des élèves en situation de handicap est un enjeu majeur de l’école d’aujourd’hui.
La politique de mutualisation des moyens et de surexploitation des personnels AESH est inacceptable. Il y a urgence à créer un vrai statut de la Fonction Publique pour les AESH avec un vrai salaire et une vraie formation.

SUD éducation revendique 
• l’abandon des Pial 
•la Reconnaissance du métier d’AESH
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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 08:09
AESH, c’est décidé , je me syndique à SUD éducation

Adhérer à SUD éducation permet de garder le contact avec le syndicat, d’être convié-e-s aux différentes formations, de s’informer sur l’actualité dans l’éducation et sur nos droits, bref : l’adhésion crée un lien entre nous.

Adhérer à SUD éducation, c’est aussi vous engager par votre adhésion pour une société et une école plus juste, plus
égalitaire.
C’est décidé, je me syndique !
Depuis le site de SUD éducation, je peux selon mon département : soit adhérer en ligne, soit trouver les coordonnées du syndicat SUD éducation de mon département afin de me syndiquer. La cotisation au syndicat dépend de mon salaire. Pour un salaire de 750 euros par mois, la cotisation annuelle est inférieure à 27 euros et je bénéficie d'une réduction fiscale ou d'un crédit d'impôt.

Connaître ses droits !
Défendre ses droits !
Gagner de nouveaux droits !

Pour adhérer à SUD éducation, je vais sur le site www.sudeducation.org.
Choisir SUD éducation c’est choisir un syndicat qui
► défend les personnels,
► fonctionne de manière démocratique,
► porte des valeurs d’égalité et de lutte contre les discriminations pour un syndicalisme féministe et antiraciste

Depuis le site de SUD éducation, je peux selon mon département : soit adhérer en ligne, soit trouver les coordonnées du syndicat SUD éducation de mon département afin de me syndiquer. La cotisation au syndicat dépend de mon salaire. Pour un salaire de 750 euros par mois, la cotisation annuelle est inférieure à 27 euros et je bénéficie d'une réduction fiscale ou d'un crédit d'impôt.

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 08:08
Bac Blanquer : chaos et inégalités à tous les étages

À l’opposé de la communication du ministre, le baccalauréat est l’objet de la désorganisation la plus totale et d’inégalités de traitement criantes. C’est le résultat de l’application des lois Blanquer sur les lycées et les examens « quoi qu’il en coûte pour les personnels et les élèves ».

Pour les bacs généraux et technologiques, en philosophie, c’est la meilleure note entre le contrôle continu et celle de l’épreuve écrite qui sera retenue, alors que pour les bacs professionnels, toutes les épreuves terminales sont maintenues sans aménagement.

Grand oral : l’épreuve phare du Ministre n’évaluera rien d’autre que la maîtrise des codes socio-culturels des candidat·es

Quand on demande des précisions sur le barème du grand oral, le ministère répond « grille d’évaluation ». Et sur les cinq critères énoncés, trois concernent des questions de pure forme contre deux pour le contenu. La quantification de ces critères semble laissée aux commissions d’harmonisation. Selon les choix fait par ces commissions, tel-le candidat-e qui parle bien mais dont le discours n’est fondé sur aucune connaissance pourrait être mieux noté que tel-le candidate maîtrisant les contenus de sa spécialité mais qui peine à en parler. Le chaos est tel qu’on a pu voir dans une académie les initiales des spécialités apparaître sur la convocation des candidats donnant ainsi une indication sur les sujets susceptibles d’être choisis par les jurys.

Une surcharge de travail intolérable et injustifiée

À moins d’une semaine des épreuves de grand oral, certain·es collègues n’ont toujours pas de convocation, d’autres sont convoqué-e-s dans une autre académie que la leur à plusieurs heures de transport. Il est demandé à des collègues de lettres de corriger des dizaines de copies avec des sujets différents en deux jours. Dans certaines académies les collègues de philosophie ont plus de cent copies à corriger sur une plateforme numérique, à l’encontre de toute considération sur leurs conditions de travail. N’aurait-il pas été possible de rendre cette épreuve facultative, vu que les seules notes prises en compte sont celles qui seront supérieures à celles du contrôle continu ? Cela aurait fortement allégé la charge de travail des personnels de ce travail superflu.

SUD éducation appelle les personnels sur le terrain à discuter des modalités d’action qui s’imposent et met à disposition son préavis de grève pour la période.

SUD éducation revendique :

  • la suppression du grand oral ;
  • l’abrogation des réformes ORE, des lycées et du baccalauréat.

Pour SUD éducation, au regard des circonstances et afin de garantir l'égalité des candidat·es issu·es de lycées qui ont appliqué les demi-jauges et les autres établissements, souvent privés, qui se sont soustraits à sa mise en place, la question de la délivrance du baccalauréat à tou-te-s les candidat-e-s se pose.

Pour cette année exceptionnelle, SUD éducation refuse le dilemme entre contrôle continu injuste et examens finaux problématiques, et revendique la délivrance du baccalauréat et du brevet pour toutes et tous les candidat-e-s, et en conséquence l'augmentation du nombre de places à hauteur des besoins dans l'enseignement supérieur ainsi que la possibilité pour les élèves qui le souhaitent de redoubler.

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 08:06
Troisième tranche de la prime REP+ : mise en concurrence et management

Le comité technique ministériel du 15 juin a examiné un projet de circulaire mettant en œuvre la troisième tranche de la prime REP+. Comme SUD éducation le dénonce depuis 2018, cette tranche est en partie attribuée au mérite. Disons-le tout net, le projet est encore plus dangereux que ce que l’on pouvait anticiper.

Cette tranche, de 1 000 euros nets annuels, est divisée entre une part fixe et une part modulable. La part fixe s’élève à 400 euros net. La part modulable va de 200 euros à 600 euros en fonction de critères définis dans la circulaire. Ceux-ci tiennent à la mise en œuvre, à l’échelle de l’école ou de l’établissement, d’un certain nombre de dispositifs, et en particulier les dispositifs créés par Blanquer : vacances apprenantes, école ouverte par exemple. Ce seront les DASEN qui seront chargés d’évaluer dans quelle mesure les écoles ou établissements mériteront tout ou partie de la part variable.

Ce dispositif est particulièrement pernicieux et constitue un jalon majeur de l’offensive managériale contre l’école :

  • il accentue fortement la mise en concurrence entre écoles et établissements
  • il mettra une pression importante aux personnels choisissant de refuser la mise en place de tel ou tel dispositif
  • il donne à la hiérarchie, en l'occurrence aux DASEN, un pouvoir de pression inédit à travers la rémunération des personnels.

Pour SUD éducation, la question de la rémunération des personnels ne saurait être réglée par des primes individualisées. C’est bien une augmentation significative des salaires qui est nécessaire, d’autant plus forte que les salaires sont bas.

SUD éducation dénonce sans ambiguïté la mise en place de cette partie variable et revendique le versement uniforme de la prime à tous les personnels, et notamment les AED et AESH qui en sont pour l’instant exclu-e-s.

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 08:04
Déclaration de boycott du CT-MESR du 18 juin consacré aux « chaires de professeur junior »

 

 
Déclaration de boycott du CT-MESR consacré aux « chaires de professeur junior »

Le 18 juin 2021, le Comité technique du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (CT-MESR) est convoqué pour une présentation du projet de décret portant création des contrats de « chaire de professeur junior ».

Les organisations syndicales signataires de ce communiqué ont décidé de le boycotter.

Elles tiennent par cet acte à dénoncer publiquement :

D’une part les conditions de travail insoutenables, au niveau du rythme entre les différentes réunions de présentations des projets de décrets de la loi de programmation de la recherche. Réunions qui s’enchaînent telle une course poursuite en vue de comités techniques qui déferlent sur le mois de juin. Tout doit être réglé au plus vite. Cette précipitation est absurde et néfaste. Peu importent les imprécisions et les incohérences relevées dans les textes par les organisations syndicales.

Et surtout, d’autre part pour dénoncer leur opposition sans faille au projet de décret sur les chaires de professeurs juniors et de directeurs de recherche juniors (CPJ ou « tenure tracks »). Depuis le début des échanges sur la Loi de Programmation de la Recherche (LPR), la création de ce type de contrat « donnant vocation à accéder à l’emploi titulaire en qualité de professeur des universités ou assimilé et de directeur de recherche », tel que l’énonce le projet de décret, est rejeté par la totalité des organisations syndicales représentatives. Cette procédure contourne les instances normales de recrutement des fonctionnaires, en créant une voie parallèle de recrutement « hors statut ». Un chercheur ou une chercheuse en CPJ serait contractuel-le pendant 3 à 6 ans, avant de passer directement professeur ou professeure des universités ou directeur ou directrice de recherche : la titularisation en rang A via la précarité, ou la porte : quel progrès statutaire ! De plus la titularisation serait conditionnée à la satisfaction d’objectifs fixés dans une « convention » en termes de publications, valorisation, réponses à appels à projet… Le ministère introduit pour les CPJ des obligations de résultats en matière de recherche ! Une telle obligation de l'obtention de résultats, n'est pas seulement une absurdité en ce sens qu'il est impossible de prévoir l'issue d'une réelle aventure scientifique, mais traduit une méconnaissance dangereuse de ce qu'est la recherche en confondant ce qu'elle sous-tend avec ce qu'elle implique. Ces CPJ auront également un impact sur la situation du personnel en poste. Cette « innovation », tout comme le CDI de mission scientifique, est une violente attaque contre les statuts du personnel et va accroître la concurrence entre eux.

Dans un pays où le recrutement des chercheurs chercheuses, enseignantes-chercheuses et des enseignants- chercheurs est fait sous statut, recrutement envié internationalement, le modèle prévu dans le cadre des « chaires juniors » piétine les libertés académiques. Le modèle prévu est celui de la précarisation des débuts de carrières, à l’instar du modèle allemand qui est mis en avant par le ministère malgré ses conséquences néfastes pour le personnel et la recherche.

La logique qui prévaut dans ce décret repose sur le recrutement sur projet de recherche, alors que la logique de recrutement sur statut décorrèle le grade et l’emploi et garantit par là-même l’indépendance de la recherche.

Le décret s’évertue à essayer de concilier deux logiques irréconciliables car diamétralement opposées.

Les syndicats signataires en boycottant ce comité technique marquent leur profond désaccord avec la mise en œuvre d’une procédure actant la déconstruction des recrutements sur statut et par là même fragilisant le statut de fonctionnaire et les libertés académiques et de recherche.

Les syndicats signataires appellent les établissements et les organismes de recherche à ne pas mettre en place les chaires de professeurs juniors et de directeurs de recherche juniors.

 Signataires : FERC CGT, SGEN CFDT, FSU, FO ESR, SUD Éducation et SUD Recherche

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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 14:43

Ce tract a été publié le 18/06/2021

 

La crise sanitaire a accentué les inégalités dans l’éducation. Au cours des deux dernières années scolaires, les élèves ont traversé d’importantes périodes d’enseignement à distance. Les inégalités scolaires se sont fortement aggravées : en fonction de la durée plus ou moins importante d’éloignement de l’école, en fonction des possibilités d’accès aux équipements numériques au domicile, en fonction de la capacité des parents à être présents pour faciliter les apprentissages. Les classes populaires ont particulièrement souffert de l’enseignement à distance.

SUD éducation revendique depuis le printemps 2020 la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour réduire ces inégalités et pour répondre durablement à la crise sanitaire. La rentrée de septembre 2020 n’a vu aucun ajustement, en termes de moyens, pour tenir compte de la crise. Les personnels de l’Éducation nationale n’ont pas bénéficié de la politique du “quoiqu’il en coûte” du président Macron  : alors que les entreprises captent l’essentiel des dépenses publiques liées à la crise sanitaire, les services publics, et notamment le service public d’éducation, ne voient aucune inflexion dans la politique de démantèlement des services publics d’éducation en vigueur bien avant la crise. Rien n’a été mis en place pour faire face à la crise, sur le plan pédagogique comme sanitaire. Et de fait, l’année 2020-2021 a été une longue succession d’improvisations, aggravant encore davantage la situation d’inégalités scolaires héritée du premier confinement.

La préparation de la rentrée 2021 n’a pas changé la donne : suppression de 1800 postes dans le second degré, créations marginales dans le premier degré. Dans tous les cas, les moyens ne sont pas à la hauteur des besoins hérités de la situation. S’ajoute à cela la mise en œuvre de la réforme du baccalauréat et des lycées : inégalités entre établissements du fait des choix de spécialités, inégalités socio-culturelles exacerbées par le grand oral, désorganisation généralisée.

Dans le premier comme dans le second degré, les moyens alloués sont insuffisants pour assurer l’accompagnement des élèves à besoins particuliers : l’inclusion des élèves en situation de handicap se fait sans moyens suffisants, les personnels AESH attendent toujours un statut de la fonction publique et un salaire digne de ce nom, les RASED et les établissements spécialisés sont réduits à peau de chagrin. De même, les classes d’accueil pour les élèves allophones ne bénéficient pas des moyens nécessaires. Enfin, l’éducation prioritaire, censée réduire les inégalités, est en passe d’être démantelée par une nouvelle réforme inacceptable.

Pour faire face à ce constat alarmant, SUD éducation met à jour son plan d’urgence pour l’éducation. SUD propose aux personnels de le mettre en débat dans les Assemblées générales, pour construire des plateformes revendicatives locales et se mobiliser dès septembre. SUD éducation portera dans l’intersyndicale nationale le mandat d’une journée de grève durant la seconde quinzaine de septembre, dans l’objectif d’en faire un point d’appui pour un mouvement de grève prolongé à même d’obtenir satisfaction sur les revendications.

Ce plan d’urgence comprend :
-un volet inclusion scolaire
-un volet éducation prioritaire
-un volet pédagogie et système éducatif
-un volet postes
-un volet médico-social

Volet inclusion
 

La crise sanitaire a fragilisé encore davantage les élèves les plus fragiles : les élèves en situation de handicap, les élèves allophones mais aussi les élèves en grande difficulté scolaire. Le retour en classe après les périodes de fermetures des classes n’a pas fait l’objet de l’accompagnement nécessaire. Au-delà de la crise sanitaire, c’est bien l’ensemble de l’inclusion scolaire qui doit être repensée, en commençant par la satisfaction des revendications des personnels essentiels, les AESH :

1. une baisse des effectifs par classe. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation pour la SEGPA est de 12 élèves maximum ;

2. des dispositifs d’aide et de prévention complets : 1 RASED complet par groupe scolaire et 1 enseignant-e supplémentaire pour cinq classes (pour le 1er degré) et un recrutement massif de personnels médico-sociaux (assistance sociale, infirmerie, psychologue);

3la satisfaction des revendications des AESH : la création d’un statut d’éducateur-trice scolaire spécialisé-e avec un temps plein à 24 heures face élève, un salaire à 1700 euros nets ;

4. une formation en accord avec les besoins rencontrés par les collègues en poste dans l’ASH ;

5. des ouvertures d’UPE2A et d’ULIS ainsi que l’augmentation du nombre d’heures allouées à ces dispositifs.

Volet éducation prioritaire
 

Les conséquences négatives de la crise sanitaire ont été plus importantes dans les quartiers populaires qu’ailleurs, sur le plan économique et social, comme sur le plan pédagogique. Cette situation justifie un plan exceptionnel pour les écoles et établissements des quartiers populaires. SUD éducation porte à ce titre des revendications pour l’éducation prioritaire : elles doivent être immédiatement mises en œuvre pour répondre aux enjeux de la crise sanitaire :

1. l’extension de la pondération de 1,1 heures à l’ensemble des personnels pour toute l’éducation prioritaire, REP inclus. Cette pondération correspond à une décharge pour reconnaître la charge de travail spécifique à l’éducation prioritaire, mais ne doit pas être conditionnée à des missions ou réunions supplémentaires ;

2. une baisse des effectifs : pour l’éducation prioritaire, SUD éducation revendique 16 élèves par classe en école et collège, 12 en SEGPA, 20 en lycée ;

3des vies scolaires renforcées : 1 CPE pour 100 élèves et 1 AED pour 50 élèves dans toute l’éducation prioritaire ;

4. des moyens médico-sociaux renforcés : 1 RASED complet par groupe scolaire et 1 enseignant-e supplémentaire pour cinq classes (pour le 1er degré) et un recrutement massif de personnels médico-sociaux (assistance sociale, infirmerie, psychologue) ;

5. sur la carte de l’éducation prioritaire : SUD éducation revendique le maintien des REP dans l’éducation prioritaire (contrairement au rapport Mathiot-Azéma) et l’intégration des lycées dont les élèves sont majoritairement issus de collèges REP et REP+. L’intégration de nouvelles écoles et établissements dans la carte de l’éducation prioritaire, y compris des écoles ou établissements situés dans des espaces ruraux susceptibles d’intégrer la carte, doit se faire sur la base de critères sociaux, dans le cadre d’un classement transparent et renouvelé tous les quatre ans. L’intégration des écoles ou établissements ruraux à la carte ne doit pas se faire au détriment d’écoles ou établissements d’ores et déjà classés ;

6. l’attribution de la prime REP+ à tous les personnels de l’ensemble de l’éducation prioritaire, et notamment les AED et AESH qui en sont actuellement exclu-e-s ;

7. l’abandon immédiat du projet de réforme Mathiot-Azéma.

Volet pédagogie et système éducatif
 

La crise sanitaire a accru les inégalités scolaires. Durant le confinement, certain-e-s élèves ont pu bénéficier de condition permettant de poursuivre en partie les apprentissages, les autres non. Les enseignements doivent dorénavant avoir lieu en présentiel, l’enseignement à distance ayant montré toutes ses limites. L’objectif de l’année qui s’ouvre doit être bel et bien de compenser les inégalités qui se sont accrues durant ces deux dernières années. Pour cela, SUD éducation revendique plusieurs mesures immédiates :

1. la limitation des effectifs pour favoriser la différenciation, le travail coopératif entre élèves pour niveler les écarts de niveaux. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation (hors éducation prioritaire) est de 20 élèves maximum en école élémentaire et en collège, et de 25 en lycée, mais les circonstances exceptionnelles impliquent de descendre encore en-deçà ;

2. dans le second degré, des dédoublements systématiques sur la moitié des horaires disciplinaires par un cadrage national ;

3. l’aménagement des programmes, afin que les enseignant-e-s puissent mettre en œuvre au mieux une pédagogie permettant de compenser les inégalités scolaires ;

4. la liberté pédagogique et de support notamment en CP dans le cadre de l’apprentissage de la lecture ;

5. une formation initiale et continue qui tienne compte de ces problématiques et de ces enjeux, qui impliquent des pratiques pédagogiques particulières ;

6. un retour des PDMQDC, sans remise en cause des dédoublements là où ils existent, et un rétablissement des RASED dans leur totalité ;

7. l’abandon de Parcoursup et de la sélection à l’entrée à l’université, qui dans cette période fonctionne encore davantage comme une machine de tri social

8. l’abandon des contre-réformes du bac et des lycées qui accroissent les inégalités, cette année encore plus que d’habitude

Volet postes
 

Les enjeux liés à la crise sanitaire nécessitent des créations de postes supplémentaires, pour permettre de mettre en œuvre les politiques évoquées plus haut. Cela n’a pas été le cas pour l’année 2020-2021, et ce n’est toujours pas prévu pour la rentrée de septembre. Pour SUD éducation, il existe plusieurs leviers pour créer dans l’urgence les postes nécessaires :

1. la réaffectation des crédits non engagés par le ministère en raison de la crise sanitaire vers des créations de postes à compter de la rentrée ;

2. la reconversion massive des heures supplémentaires dans le second degré vers des créations de postes, afin d’augmenter le nombre de personnels dans les établissements et améliorer les conditions de travail ;

3. la titularisation à temps plein de l’ensemble des enseignant-e-s non titulaires, sans condition de concours ni de nationalité : les collègues en question sont déjà souvent en poste depuis longtemps, il n’y a aucune raison pour qu’ils et elles ne bénéficient pas du statut de fonctionnaire ;

4. l’admission de l’ensemble des admissibles, aux concours internes comme externes : les recalé-e-s des oraux des concours constituent un nombre très important de potentiel-le-s futur-e-s collègues ; au vu de l’urgence de la situation, il est souhaitable qu’ils et elles  soient stagiarisé-e-s dans leur totalité ;

5. l’organisation de concours exceptionnels : il est arrivé, encore récemment, que des concours supplémentaires soient organisés en fonction des besoins pour le recrutement des professeur-e-s des écoles ; ce dispositif pourrait être généralisé, en fonction des besoins locaux, dans les départements ;

6. l’embauche de personnels aidant à la direction pour le primaire, avec un réel statut ;

7. l’embauche massive d’AESH et d’AED et la titularisation dans le cadre d’emplois statutaires d’éducateurs-trices scolaires ;

8. le rétablissement des moyens en remplacement dans le 1er et le 2d degré.

Volet médico-social
 

La crise sanitaire a accentué les inégalités scolaires, et au-delà les inégalités sociales. Elle a plongé de nombreuses familles dans la précarité, et les périodes d’éloignement de l’école, et notamment de la demi-pension, induisent des dépenses supplémentaires. Les besoins en assistant-e-s sociaux-ales sont aujourd’hui plus importants que jamais. La crise a également mis en lumière les carences énormes en termes de professionnel-le-s de santé. La crise sanitaire n’est pas terminée, et il est urgent de déployer des moyens importants en termes de prévention. Dans ce cadre, SUD éducation revendique :

1. des créations de postes de personnels médico-sociaux à hauteur des besoins, pour l’ensemble des actes professionels liés à la situation sanitaire (dépistages, vaccination, prévention), mais aussi pour faire face aux besoins indirectement induits par celle-ci (précarisation des familles, engorgement des structures de santé)

2. l’abandon de tous les projets de transfert vers les collectivités des personnels médicaux

3. la compensation dans son entièreté la baisse des fonds sociaux qui est intervenue au cours des années précédentes

4. l’augmentation des aides à la demi-pension et les bourses

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Published by SUD 61
18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 14:43

Suite à l’action collective du samedi 18 janvier 2020 au lycée Blaise Pascal à Clermont-Ferrand, menée par plus de 200 personnes contre la réforme du lycée et du baccalauréat, six responsables syndicaux-ales sont condamné-e-s, sans comparution ni débat contradictoire, à payer une amende avec inscription sur la partie B2 du casier judiciaire.

Mercredi 16 juin plus de 300 personnes étaient rassemblées devant le rectorat de Clermont-Ferrand. Le rectorat s’est refusé à toute rencontre avec les organisations syndicales.

La mobilisation du SNES, de la CGT éduc’action, de l’Unef, des représentant-e-s de FO, du Snalc et une forte mobilisation de SUD éducation ont voulu signifier leur totale opposition, leur indignation face à ces six condamnations. La condamnation de ces six syndicalistes est un nouveau pas franchi par le ministre Blanquer dans sa volonté d’intimider et de faire taire toute critique contre sa politique.

À la veille des épreuves de philosophie du Baccalauréat les interventions se sont succédées pour affirmer notre refus de cette tentative d’intimidation, non seulement des organisations syndicales mais de tous les personnels.

À Clermont-Ferrand, la lutte n’est pas terminée, elle se poursuivra en tribunal correctionnel puisque les militant-e-s de SUD éducation, de la CGT éduc’action et de l’Unef ont formé opposition à l’ordonnance pénale les condamnant.

Partout où la répression frappe, SUD éducation travaille et travaillera à la mobilisation unitaire contre la volonté de faire taire le syndicalisme de lutte.

À Clermont-Ferrand comme ailleurs, ne laissons pas la répression s’installer contre les mobilisations sociales et les luttes syndicales.

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