16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 06:23

« Agir pour l’École » (*) : ni pendant l’année scolaire, ni pendant les vacances !

Communiqué unitaire, 15/06/2020

Dans le contexte sanitaire que nous connaissons, où les enseignements ont dû se faire à distance à partir du 13 mars dernier, l’association « Agir pour l’école » tente de présenter son opération « un été pour préparer le CP » comme la solution miracle, « au chevet » des futur-es élèves de CP de certains quartiers populaires.

Ce projet de « vacances apprenantes » pourrait se déployer dans plusieurs endroits (dont le Nord et le Pas-de-Calais) avec l’objectif affiché de « permettre aux enfants de Grande Section de maternelle en REP/ REP+ de rattraper le travail de la phonologie, habituellement mené en mars-avril en GS, au mois de juillet, grâce aux outils numériques de l’association. » A une période de trois semaines de stage, tous les matins de juillet, encadrée par des membres de l’association aux compétences pédagogiques non reconnues, succéderait une période de cinq semaines de sessions courtes et quotidiennes à la maison, sur support numérique. Contournant ainsi la résistance des enseignant-es, « Agir pour l’Ecole » veut s’adresser directement aux parents et s’appuyer sur l’enseignement distanciel qui continue d’isoler les élèves.

Les organisations signataires rappellent qu’Agir pour l’École, contrairement aux mouvements d’éducation populaire, n’est pas agréée comme association complémentaire de l’École et que ses protocoles suscitent de nombreuses réserves et critiques : la focalisation de l’enseignement de la lecture sur la seule dimension
phonologique, l’entraînement mécanique à l’oralisation de syllabes et pseudo-mots coupé de tout objectif de compréhension, la mise en œuvre de protocoles techniques sans lien avec la culture écrite n’offrent qu’une entrée appauvrie dans l’univers de l’écrit à des enfants qui en sont déjà très éloigné-es. L’efficacité présumée de la méthode n’a jamais fait l’objet d’une validation scientifique indépendante ou issue de l’institution. Toute méthode fondée sur une individualisation excessive comme celle prônée par Agir pour l’École accentue les inégalités.

Au sortir de longs mois où toutes et tous les élèves ont été éloigné-es, et parfois complètement coupé-es de l’école, ce type de protocole, en lieu et place de vacances qui pourraient être source de découvertes culturelles et de pratiques éducatives enrichissantes et émancipatrices, ne manquera pas de reconvoquer le même type de difficultés que beaucoup d’enfants et leurs familles ont rencontré lors du confinement (conflits intrafamiliaux autour du travail scolaire, évitement, décrochage...). Ce protocole est contreproductif pour des enfants qui ont droit à de vraies vacances et ont avant tout besoin de ressourcer leur envie d’apprendre par la socialisation et l’ouverture, en particulier dans les accueils collectifs de loisirs et colonies de vacances proposés par les acteurs et les actrices reconnu-es de l’Éducation Populaire.

Enfin, le dispositif « un été pour préparer le CP » est présenté aux municipalités opératrices des « vacances apprenantes » par les services de l’Éducation nationale : il est inadmissible que l’institution puisse faire la promotion d’Agir pour l’École. Les organisations co-signataires dénoncent avec force ces pratiques contraires à la déontologie et aux valeurs du service public, tout entier mobilisé pour préparer une rentrée 2020, qui pourra compter sur le professionnalisme des enseignant-es, comme sur celui des acteurs et actrices de l’éducation populaire.

Nous appelons les élu-es à bien se renseigner sur ce projet avant de valider un dispositif qui maintient les enfants des quartiers populaires dans des apprentissages appauvris, très éloignés de l’ambition partagée de les faire accéder à une culture commune. De même, nous appelons les personnels de l’Éducation nationale à résister aux pressions exercées par « Agir pour l’École » ou par l’institution elle-même dans ou autour de l’École.

(*) "Agir pour l’École ", association subventionnée par d’importants fonds privés dont des entreprises du CAC 40 : AXA, HSBC, Suez etc.

Signataires :CEMEA – CRAP – CGT Educ’Action – GFEN – FCPE - ICEM Pédagogie
Freinet – JPA – Ligue de l’Enseignement – SE UNSA – SGEN CFDT – SNPI FSU – SNUipp FSU – SUD Education

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 06:21

Nous exigeons le retrait du projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)

communiqué intersyndical-CGT (SNTRS-CGT, CGT INRAE, CGT FERC Sup), FSU ( SNESUP, SNCS, SNASUB, SNEP), FO ESR, SUD Éducation, Sud recherche, Solidaires étudiant-e-s, UNEF, Alternative
lundi 15 juin 2020

Mme la Ministre, vous entendez faire voter les avis sur la LPPR le 18 juin au Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), le 19 au Comité Technique ministériel de l’Enseignement supérieur et de la recherche (CT-MESR) et le 22 au Comité Technique des personnels de statut universitaire (CT-U). Toute cette précipitation pour que le texte soit présenté en Conseil des Ministres le 8 juillet. C’est inacceptable !

Vous et votre gouvernement voulez ainsi passer en force malgré l’opposition unanime des organisations représentatives du personnel et des étudiant·e·s de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR). Vous comptez profiter du fait que l’activité présentielle est réduite dans les centres de recherche et les universités, que ces dernières sont fermées au public et que la crise sanitaire impose des mesures de restriction des libertés notamment sur le droit de manifester, pour empêcher les personnels et les étudiant·e·s de prendre pleinement connaissance des conséquences néfastes de ce projet de loi qui modifiera durablement leurs conditions de travail.

Le texte contient tout ce que nous avions dénoncé avant le début du confinement, notamment dans les manifestations du 5 mars :
• Liquidation des statuts avec la mise en place de « tenure tracks », contrats de 3 à 6 ans pouvant concerner jusqu’à 25 % des recrutements de directeurs de recherche et de professeurs ;
• Explosion de la précarité avec la mise en place des « CDI » de mission scientifique pour la durée des projets ;
• Renforcement de la recherche sur projets avec une part croissante du financement des besoins pérennes passant par l’ANR et ses appels à projets ;
• Renforcement du rôle du HCERES avec l’extension de l’évaluation à la totalité des missions des établissements.

Quant aux fameux « engagements » budgétaires sur 10 ans que vous ne cessez de mettre en avant, ils n’engagent en rien les gouvernements à venir. Ainsi l’augmentation prévue pour 2021 n’est que de 357 M€ pour 2021, ce qui est bien loin du compte, d’autant que 149 millions d’euros, soit 41 % du total, iront à l’ANR ! Les établissements de l’enseignement supérieur et la recherche ont besoin tout de suite de financements pour  :
• prolonger immédiatement les contrats doctoraux, les CDD et les stages des étudiants ;
• assumer les dépenses faites dans le cadre de la crise sanitaire (achat de masques, fournitures...) ;
• préparer tant bien que mal une rentrée universitaire à haut risque au sujet de laquelle vous avez fait des déclarations inquiétantes à la presse ;
• redémarrer les expériences en laboratoire : du matériel a été donné aux hôpitaux.

Nos organisations invitent les personnels et les étudiant-e-s à débattre et à se prononcer sous toutes les formes possibles, en présence ou à distance, pour dénoncer ce passage en force, exiger le retrait de ce texte et obtenir l’ouverture de véritables négociations pour un service public national de l’Enseignement supérieur et de la recherche à la hauteur des enjeux immenses. Des motions en ce sens commencent à remonter des universités et laboratoires.

Malgré le contexte difficile, un premier rassemblement de 400 collègues et étudiant·e·s s’est tenu place de la Sorbonne le 12 Juin. Nous continuerons autant que nécessaire à nous rassembler et manifester pour que vous retiriez votre projet qui va totalement à l’encontre des nécessités que la crise sanitaire a largement révélées, à savoir des recherches bénéficiant de financement d’état pérennes, sur le long terme, et menées avec des personnels titulaires et correctement rémunérés.

Nous appelons d’ores et déjà les personnels de l’ESR et étudiant-e-s à rejoindre les manifestations des personnels de santé prévues demain 16 Juin, et à se rassembler devant le CNESER le 18 Juin et le CTMESR le 19 Juin.

Signataires de la déclaration  : CGT (SNTRS-CGT, CGT INRAE, CGT FERC Sup), FSU ( SNESUP, SNCS, SNASUB, SNEP), FO ESR, SUD Éducation, Sud recherche, Solidaires étudiant-e-s, UNEF, Alternative

 

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 06:20

Premier rassemblement pour exiger le retrait du projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)

Communiqué intersyndical - lundi 15 juin 2020

Vendredi 12 juin, alors que la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, présentait son projet de loi devant le CNESER, 400 travailleu·ses de la recherche et de l’enseignement supérieur et étudiant·es se sont rassemblé·es à Paris devant la Sorbonne, à l’appel conjoint d’une intersyndicale regroupant CGT-INRAE, SNTRS-CGT, CGT- FERCSup, FO ESR, SUD Recherche-EPST, SUD éducation, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNCS-FSU, SNASUB-FSU, Solidaires Étudiant-e-s et UNEF, et de la Coordination des Facs et Labos en lutte.

Malgré le contexte difficile lié à l’état d’urgence sanitaire, elles et ils ont manifesté à Paris et ailleurs, trois mois après les grandes manifestations du 5 mars, pour signifier à la Ministre et à son gouvernement leur exigence de retrait de la LPPR qui ne vise qu’à augmenter encore plus la précarité du personnel de l’ESR comme des laboratoires et qui va totalement à l’encontre des nécessités que la crise sanitaire a largement révélées, à savoir des recherches bénéficiant de financement d’État pérennes, sur le long terme, et menées avec des personnels titulaires.

Mme Vidal et son gouvernement ayant décidé de passer en force pour faire adopter au plus vite cette loi, les participant·es ont décidé de continuer autant que nécessaire à se rassembler et à manifester pour que ce projet soit retiré.
Il a été proposé de :

  • exiger la liberté de manifestation et de réunion, notamment syndicales, et la fin de l’état d’urgence qui n’a de sanitaire que le nom ;
  • prendre position par des motions partout dans les universités et unités de recherche, en présence ou en virtuel, pour le retrait de la LPPR et de les adresser à Mme Vidal ;
  • constituer des cortèges ESR dans les manifestations du mardi 16 juin des travailleu·ses de la santé car leurs revendications sont les nôtres ;
  • manifester à nouveau lors des prochaines réunions du CNESER et du CTMESR.

Signataires : CGT-INRAE, SNTRS-CGT, CGT-FERCSup, FO-ESR, SUD Recherche-EPST, SUD éducation, Solidaires Étudiant-e-s, Coordination des facs et labos en lutte, L’Alternative

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 06:18

https://www.sudeducation.org/lettre/fede/2020/06/15062020.html

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 06:17

Frais d’inscription dans l’enseignement supérieur : malgré les conclusions du rapporteur public, le Conseil d’Etat se doit de trancher en faveur de l’égalité et de la gratuité !

Communiqué intersyndical - dimanche 14 juin 2020

Ce vendredi 12 juin, le Conseil d’Etat a examiné le recours de nos organisations opposées à la hausse des frais d’inscription pour les étudiant·e·s étranger·e·s hors UE (mise en place par l’arrêté du 19 avril 2019). En effet, imposer des frais 16 fois plus élevés à des étudiant·e·s parce qu’il·elle·s sont étranger·e·s est discriminant et bien loin d’être une somme « modique » comme l’exigeait le Conseil Constitutionnel il y a quelques mois.

Le principe de gratuité de l’enseignement supérieur remis en cause pour tou·te·s
Alors que le Conseil constitutionnel a confirmé dans sa décision du 11 octobre 2019, la valeur constitutionnelle de la gratuité de l’instruction publique en indiquant que « cette exigence ne fait pas obstacle, pour ce degré d’enseignement, à ce que des droits d’inscription modiques soient perçus en tenant compte, le cas échéant, des capacités financières des étudiants  », les conclusions du rapporteur public du Conseil d’Etat sont à rebours des principes dégagés par les juges constitutionnels.

Alléguant d’une difficulté technique, le rapporteur public invite le Conseil d’Etat à écarter la prise en compte des capacités financières des étudiant·e·s (toute nationalité confondus) au profit d’une conception globale calquée sur le coût réel de la formation et l’existence de bourses.

Cette modicité relative proposée par le rapporteur public vient vider de sa substance le principe d’égal accès de tou·te·s à l’éducation dès lors que des frais d’inscription à 2770€ voire 3770€ seraient considérés comme modiques au motif que certain·e·s étudiant·e·s pourraient bénéficier des aides sociales et d’exonération des frais d’inscription.

Français·e·s ou étranger·e·s, nous ne pouvons pas payer des frais aussi élevés !
Les aides sociales ne concernent que 27% des étudiant·e·s inscrit·e·s dans l’enseignement supérieur. De même, les mesures d’exonération des frais d’inscription par les président·e·s d’université ne peuvent concerner que 10% des étudiant·e·s inscrit·e·s (français et étrangers).

Cette proposition du rapporteur public démontre un mépris et une méconnaissance de la précarité étudiante, quel que soit le pays d’où l’on vient 3770 euros est une somme énorme à payer ! En France, c’est en moyenne sept mois de loyers pour un·e étudiant·e·. Elle vise à promouvoir une polarisation de l’enseignement supérieur entre des étudiant·e·s bénéficiant des aides sociales et les étudiant·e·s ayant des capacités financières pour s’acquitter de tels frais d’inscription et laisserait ainsi la charge du financement de l’enseignement supérieur aux étudiant·e·s issu·e·s de la classe moyenne.

De façon surprenante, le rapporteur public propose de limiter le bénéfice du principe de gratuité aux seuls diplômes nationaux et d’en écarter les diplômes délivrés par les établissements. Alors que certains bachelors vont se voir décerner dans le cas de la LPPR le grade licence, cette solution laisse la porte d’éventuels abus des établissements qui pourront délivrer des diplômes bénéficiant d’un grade national tout en pratiquant des frais universitaires largement supérieurs à aux frais classiques.

Des conclusions du rapporteur public qui confortent une inégalité de traitement inacceptable
Si les conclusions du rapporteur public propose d’appliquer le principe de gratuité aux étudiant·e·s étranger·e·s le principe de gratuité, la solution proposée vise toutefois leur principe d’égal accès de tou·te·s à l’éducation et que les montants appliqués par l’arrêté du 19 avril 2019 seraient “modiques” et donc abordables pour des jeunes.!

Cette solution serait l’instauration d’une discrimination inacceptable !

Une décision juste du Conseil d’Etat est nécessaire
Nos arguments, appuyés sur des d’éléments juridiques solides, montrent à la fois le caractère discriminant de cet arrêté et l’importance des frais appliqués pour les publics visés. Il est par conséquent nécessaire d’annuler cet arrêté. Convaincu·e·s que le Conseil d’Etat saura prendre une décision juste face à une mesure refusée par l’entièreté de la communauté universitaire, nous attendons la décision finale qui devrait arriver dans les prochaines semaines. Garantir une égalité entre français·e·s et étranger·e·s ainsi que le principe de gratuité de l’enseignement supérieur sont des enjeux très importants pour notre société.

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 06:15

Annonces du président Macron : l’urgence est à préparer la rentrée de septembre

Communiqué de SUD éducation - dimanche 14 juin 2020

Emmanuel Macron a déclaré ce soir dans son discours son souhait de voir rouvrir les écoles et les établissements pour l’ensemble des élèves des écoles et collèges le 22 juin.
Une telle annonce, qui si elle était suivie d’effet ne concrétiserait une réouverture des écoles et établissements que pour deux semaines au maximum. De nombreuses questions restent en suspens : maintien ou non du protocole sanitaire, retour ou non des personnels à risques notamment ? Par ailleurs, de nouveau, le caractère abrupt des annonces n’est pas à même de favoriser une organisation des équipes permettant un retour en classe dans les meilleures conditions.

Le président de la République a également annoncé une nouvelle vague de décentralisation. Pour les services publics, cette annonce est synonyme d’une nouvelle attaque contre les statuts des personnels, une détérioration des conditions de travail et une dégradation de la qualité du service rendu à la population. En ce qui concerne l’éducation, la crise sanitaire a surtout révélé l’arbitraire de la hiérarchie à toutes les échelles dont il a fallu pourtant pallier les manquements, l’incompétence, les multiples injonctions contradictoires. Les décisions renvoyées au local ont accru encore la pression sur les personnels.

Pour SUD éducation, l’urgence n’est pas aux mesures d’affichage, mais à la préparation de la rentrée de septembre.

SUD éducation revendique un plan d’urgence de moyens pour l’éducation et le supérieur, à même de garantir les meilleures conditions de travail possibles pour les personnels, dans des conditions sanitaires acceptables. Il doit notamment comprendre des recrutements massifs de personnels, la titularisation de l’ensemble des non-titulaires sans conditions de concours ni de nationalité et un plan d’investissement massif dans la construction et la rénovation du bâti scolaire permettant d’accueillir les élèves avec davantage d’espaces. La proposition de loi sur la direction d’école, ainsi que le projet de loi LPPR dans le supérieur doivent être retirés.
SUD éducation revendique la suppression des frais d’inscription dans les universités pour les étranger-e-s et l’abandon de Parcoursup : l’université doit être accessible à toutes et tous.

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14 juin 2020 7 14 /06 /juin /2020 17:14

Le ministre Blanquer souhaitait rouvrir les écoles massivement à compter du 11 mai, dans le but affiché de contraindre leurs parents à retourner prématurément sur leur lieu de travail au profit des capitalistes.

Mais les organisations syndicales de l’éducation dont SUD éducation ont imposé au ministre Blanquer un protocole sanitaire dans le but réduire les risques tant pour l’ensemble des personnels que pour les élèves et les personnels.

SUD éducation avait lancé une enquête sur les conditions de reprise dans les écoles. 1200 écoles sur tout le territoire ont répondu à l’enquête. Les réponses montrent sans ambiguïté que les équipes ont pu s’appuyer sur le protocole pour obliger les collectivités et la hiérarchie de l’Éducation nationale à mettre en œuvre les moyens nécessaires à la protection des personnels.

L’enquête fait apparaître chez l’immense majorité des répondant e-s que les documents uniques d’évaluation des risques n’ont pas été mis à jour par l’administration. De même, le suivi opéré par la médecine de prévention se révèle pour ce qu’il est : inexistant.

Les personnels municipaux ont majoritairement manqué pour nettoyer suffisamment les classes.

De la même manière, dans 25 % des écoles, les consignes sanitaires lors de la récréation ou des déplacements des élèves se sont révélées inapplicables.

Pour SUD éducation, il est clair que l’Éducation nationale n’a protégé les personnels qu’a minima, et sous la contrainte. SUD éducation mettra tout en œuvre pour contraindre l’administration à protéger les personnels dans les mois à venir et en particulier lors de la rentrée de septembre, et soutiendra les luttes des personnels pour leurs conditions de travail.

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 14:31

https://www.sudeducation.org/lettre/fede/2020/06/13062020.html

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 14:30

Abandon de la proposition de loi sur la direction d’école !

Communiqué CGT-FO-SUD éducation - jeudi 11 juin 2020

Les organisations syndicales CGT Educ’action, SNUDI-FO et SUD Education ont pris connaissance de la proposition de loi de la députée Rihlac (à l’initiative de l’amendement visant à intégrer les EPSF dans le projet de loi Blanquer) créant la fonction de directeur d’école initiée par plusieurs députés.

Alors que le statut de directeur est rejeté par nos organisations syndicales et par les personnels (en témoignent les résultats du questionnaire ministériel aux directeurs), les députés proposent la création d’un emploi fonctionnel de directeur d’école qui recèle les mêmes dangers.

En effet, cette proposition de loi vise à modifier en profondeur le rôle du directeur et donc le fonctionnement de l’école.

Le directeur disposerait désormais d’un emploi fonctionnel (c’est-à-dire qu’il serait nommé pour une période déterminée par le DASEN) et défini par une feuille de route et serait « délégataire de l’autorité académique pour le bon fonctionnement de l’école ».

Dans ce cadre, il deviendrait « décisionnaire lors des débats qu’il organise pour assurer le bon fonctionnement de l’école sur le plan pédagogique comme sur celui de la vie de l’école » et il aurait « autorité pour prendre des décisions en lien avec ses différentes missions ainsi que sur les personnels qui sont sous sa responsabilité durant le temps scolaire »

Ainsi, le directeur aurait un pouvoir de décision bien plus étendu et la proposition de loi constituerait un pas important vers l’instauration d’un statut de « chefs à l’école », ce que nos organisations rejettent.

Enfin selon l’article 1, il devrait entériner les décisions prises dans les conseils d’école et les mettre en œuvre. Or, les organisations syndicales rappellent aujourd’hui que les conseils d’écoles se contentent de donner leur avis sans être décisionnaire.

De plus, la proposition de loi précise que "Le directeur rend compte alors dans les meilleurs délais, à l’autorité académique, au Maire ou au Président de la collectivité territoriale compétente en matière d’éducation, des décisions et dispositions qu’il a prises."

La proposition de loi signifierait donc un bouleversement du fonctionnement des écoles avec un directeur devenu manager au service des municipalités !
Les organisations syndicales CGT Educ’action, SNUDI-FO et SUD Education ne peuvent l’accepter. En contrepartie, la proposition de loi avance des propositions visant à séduire les personnels :

  • Une augmentation dérisoire de l’indemnité de direction bien faible en regard de l’accroissement de travail et de responsabilité demandés
  • Une décharge totale pour les directeurs et directrices de 8 classes et plus
  • -Quant à l’aide administrative, elle dépendrait du bon vouloir ou des possibilités de chaque commune ce qui n’est pas acceptable.

Par ailleurs, la proposition de loi ne contient rien sur l’allègement des tâches des directeurs, y compris sur les PPMS. Si les PPMS seraient du ressort de l’autorité académique, le directeur aurait toujours la charge de le compléter.

Pour les organisations syndicales CGT Educ’action, SNUDI-FO et SUD Education, il est urgent en effet d’augmenter la rémunération et les quotités de décharge de tous les directeurs et directrices, y compris ceux des petites écoles. Mais, alors que ces revendications sont refusées depuis des années par les ministres successifs, elles n’accepteront pas le chantage des députés.

Les organisations syndicales réaffirment donc leur opposition à tout statut ou emploi fonctionnel de directeur visant à instaurer le management dans les écoles et demandent que cette proposition de loi ne soit pas retenue.
Elles demandent le maintien du cadre actuel de l’école et de son fonctionnement Elles exigent du ministère :

  • l’augmentation des quotités de décharge de tous les directeurs, dans l’intérêt du fonctionnement des écoles
  • et de tous les personnels qui y travaillent collectivement
  • une augmentation significative de la rémunération des directeurs et directrices, comme des autres personnels
  • une aide administrative statutaire et gérée par l’Education Nationale dans toutes les écoles
  • un réel allègement des tâches des directions d’école

 

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 14:29

Combattre l’humour sexiste dans l’Éducation nationale et ailleurs

Tract de SUD éducation

Rappels sur le sexisme extraits du rapport état des lieux du sexisme du haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes

http://haut-conseil-egalite.gouv.fr...

99 % des femmes déclarent avoir déjà été victime d’un acte ou commentaire sexiste :
Pour 86% « tu as tes règles » quand elles sont de mauvaises humeur
Pour 84% se faire siffler dans la rue
Pour 73% avoir une remarque sur leur physique hors contexte
Pour 54% avoir subi une blague ou remarque à caractère sexuel

Le haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes définit le sexisme comme une idéologie qui repose sur le postulat de l’infériorité des femmes par rapport aux hommes, d’une part, et d’autre part, un ensemble de manifestations des plus anodines en apparence (remarques) aux plus graves (viols, meurtres). Ces manifestations ont pour objet de délégitimer, stigmatiser, humilier ou violenter les femmes et ont des effets sur elles (estime de soi, santé psychique et physique et modification des comportements).

Les manifestations du sexisme sont multiples :
Propos ou représentations stéréotypé-e-s, discriminant-e-s, humiliant-e-s, menaçant-e-s ou violent-e-s dans la rue, au travail, dans les médias, la publicité, les arts et la culture, le marketing, etc.
Sur-occupation de l’espace dans la rue (« manspreading »), dans les discussions (« mansplaining » et « manterrupting »), en politique, au travail, dans les classes et les cours de récréation, etc.
Atteinte à l’autonomie des femmes par l’assignation à la maternité : entrave à l’avortement et à la maîtrise de son corps, mariages forcés, non partage de la charge domestique, etc.
Discrimination directe et indirecte, dans l’accès à un emploi, un bien ou un service.
Atteintes à l’intégrité corporelle : coups et blessures, agressions sexuelles, viols, mutilations sexuelles, prostitution, meurtre ou féminicide.

Pour lutter contre le sexisme, nous devons nous interroger sur nos pratiques et sur ce que nous banalisons dans notre quotidien : les propos tenus par les élèves mais également ceux tenus par tous les adultes. L’humour est généralement invoqué pour tenir des propos totalement sexistes. L’humour peut véhiculer des propos sexistes et peut ne pas encourager les hommes et les femmes à combattre toutes les formes de violences liées au sexisme. Il faut former l’ensemble des personnels pour une réelle mise en place de la promotion de l’égalité des sexes dans les établissements scolaires.

L’humour et le sexisme : une combinaison répandue et tolérée mais une arme des dominant-e-s au détriment des dominé-e-s

ce que l’on entend :
- vous n’avez pas le sens de l’humour, c’est une blague , c’est juste pour rire
- c’est au second degré
- tu ne sais pas t’amuser
- on ne peut plus rire de rien !

L’humour sexiste exerce (sous prétexte d’être convivial) une domination d’un groupe sur un autre car, en créant un espace de connivence où on ( les dominant-e-s) rit tou-te-s ensemble contre les dominé-e-s, il véhicule et renforce des stéréotypes dévalorisants à l’encontre des femmes et des minorités sexuelles/de genre.

Les conséquences de l’humour sexiste

- il contribue à renforcer les stéréotypes de sexe et des rôles sexués (les femmes sont sexualisées , réduites à un corps dans les blagues, les femmes sont agressives, hystériques, jalouses, en compétition les unes avec les autres, incompétentes, stupides, naïves, castratrices...)
- il contribue ainsi à légitimer les inégalités et les violences sexistes et sexuelles ( les agressions sexuelles comme « toucher les fesses ou un sein » peuvent être un ressort de l’humour )
- il consolide l’entre soi « masculin » et conforte l’idée que l’hétérosexualité est la seule norme (dans les blagues il y a souvent une injonction à la virilité et une dévalorisation des femmes, homosexuels...)
- il dévalorise l’image que les femmes ont d’elles-mêmes : même s’il y a 15 % des femmes qui apprécient cet humour , elles montrent plus leur désapprobation ( 39 % des femmes soit 12 points de plus que les hommes).

Comment lutter contre l’humour sexiste à l’école ?

Dans la salle des personnels, au self : ce sont des lieux importants de vie où les paroles se relâchent où la blague ou l’humour potache se pratiquent . Les adultes relaient aussi les blagues entendues à la radio, en spectacles, vues sur Internet. Nous ne sommes pas exempt-e-s de l’influence que ces médias jouent sur notre comportement. Ces blagues sont supposées portant peu à conséquence et n’offensent pas autrui . Cependant il faut toujours les analyser au regard de la perception et du ressenti provoqué par celui ou celle qui les reçoit. Le rapport du conseil Supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes du 6 mars 2015 sur « Le sexisme dans le monde du travail » souligne que : ce qui peut paraître drôle pour une personne peut s’avérer désagréable pour une autre, notamment lorsqu’il sert à camoufler une forme de dénigrement en raison du sexe. L’humour et son camouflage en amusement bénin à travers l’argument « c’est juste une blague » joue un rôle majeur dans la diffusion des préjugés sexistes.

Dans nos classes : pour les élèves, l’humour sexiste est un mode de communication largement utilisé et ils reproduisent des blagues issues de vidéos vues sur YouTube où le sexisme est le ressort n°1 pour faire rire. Il est important de mettre en évidence que le rire sexiste n’est pas un acte neutre , qu’il représente un pouvoir oppressif d’un groupe sur un autre, qu’il peut avoir des conséquences néfastes sur ce groupe et il convient de ne pas l’invisibiliser en laissant passer cet humour sexiste sans rien dire. Ne pas oublier de s’interroger sur « de qui /quoi rit-on ? », « dans quel but ? », « quelle place sociale occupe la personne qui exerce cet humour ? », « qui rit ? », « que ressent la personne dont on se moque ? », « en quoi ai-je le droit de faire souffrir la personne dont je me moque ? ».

L’humour est une manifestation sexiste parmi d’autres, il convient de ne pas la négliger et de s’emparer de la polémique qu’il provoque pour réaffirmer que le sexisme fait partie d’un système et que plus généralement la langue est une manifestation sexiste parmi d’autres (voir fiche SUD éducation sur « l’écriture inclusive »). Les enseignant-e-s de l’éducation nationale ne sont pas déconnecté-e-s du monde dans lequel ils et elles vivent et ils et elles doivent également faire la promotion de l’égalité entre les sexes et se former.

Evolution sur la condamnation des propos sexistes sous couvert d’humour

Le jugement d’Orléans est un excellent exemple pour marquer une évolution positive dans la condamnation des propos sexistes véhiculés par l’humour. Au sein d’une rédaction d’un journal, une plainte a été déposée pour des faits de harcèlement au sein de la rédaction d’un journal : blagues grivoises fondées sur le sexe, insultes, circulation de vidéos suggestives… la Cour d’appel d’Orléans a sanctionné l’existence d’un harcèlement sexuel basé sur des agissements sexistes en tant que « harcèlement environnemental ». Une première. Dans une décision du 7 février 2017, le journal a été condamné à 78 500 € de dommages intérêts. La cour a considéré que « Le harcèlement sexuel peut consister en un harcèlement environnemental ou d’ambiance, où, sans être directement visée, la victime subit les provocations et blagues obscènes et vulgaires qui lui deviennent insupportables ».

SUD éducation revendique :

- la mise en œuvre réelle d’une éducation de qualité aux sexualités et des moyens y afférents : plus de 3h annuel pour les élèves ;

- une politique de prévention (campagne de sensibilisation sur les ambiances de travail sexistes, affichage de la loi sur le harcèlement sexuel) et de suivi (accompagnement des victimes dans leurs démarches, notamment judiciaires), via les CHSCT s’agissant des cas de harcèlement, et la mise en place systématique de la protection fonctionnelle, qui est de droit ;

- la mise en place dans la formation initiale de modules obligatoires sur les problématiques de genre, pour les futur-e-s enseignant-e-s (selon un volume horaire identique dans toutes les INSPE), et pour toutes les autres catégories de personnel (CPE, agent-e-s) ;

- un renforcement de l’offre de formation continue sur ces questions ;

- L’usage d’écriture inclusive qui n’invisibilise personne et permet de prendre en compte véritablement tout le monde, y compris les personnes non binaires qui ne s’identifient ni comme hommes ni comme femmes

- la possibilité de mettre en place des réunions non mixtes afin de libérer la parole des femmes

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Published by SUD 61