9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 15:15

Le ministère de l’Éducation nationale comme le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche disposaient de plusieurs mois pour préparer une rentrée dans des conditions satisfaisantes, mais c’est dans une complète improvisation qu’elle s’est déroulée : information lacunaire en amont de la rentrée, matériel de protection qui n’a pas été fourni à temps aux personnels et livré en tout état de cause en quantité insuffisante, consignes floues et renvoyées au local systématiquement. Alors que les chiffres de contaminations sont particulièrement inquiétants en milieu scolaire, le ministère décide de modifier brutalement les règles en matière de mesure d’éloignement préventif des élèves et des personnels. Dans certaines académies, l’administration va jusqu’à demander aux personnels de ne plus entrer en contact avec les agences régionales de santé. Cette désinvolture n’est pas de nature à rassurer quant à la capacité du ministre de protéger les personnels et de faire face aux exigences de la situation, au moment même où le gouvernement indique que des mesures de plus en strictes seront prises afin de faire face à la recrudescence des contaminations dans la société tout entière.

Le ministère, qui s’est révélé incapable de donner les moyens aux équipes pédagogiques de permettre aux élèves de retourner dans leur école ou établissement après plusieurs mois d’enseignement perdus, se refuse encore à alléger les programmes. Il ajoute à l’anxiété bien naturelle des élèves au retour de cette trop longue césure des évaluations nationales standardisées que les personnels refusent massivement – 77 % des répondantes et répondants à l’enquête de rentrée de SUD éducation estiment ainsi que ces évaluations sont inutiles. Qui plus est, les personnels ont découvert des questions supplémentaires qui ressemblent davantage à une enquête à charge contre les personnels, portant sur la continuité pédagogique. Rappelons à cet égard que le ministère est toujours muet quant à l’indemnisation des personnels qui ont durant tout le confinement utilisé leur matériel personnel afin de maintenir le lien pédagogique avec les élèves. SUD éducation revendique la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour l’Éducation qui requiert un investissement massif dans le bâti scolaire aussi bien que les recrutements nécessaires à une baisse importante des effectifs, bien loin des 1800 suppressions de postes encore prévues dans le second degré.

Cet aveuglement du ministre quant aux conditions de la rentrée trouve un écho dans son incapacité à prendre en compte le rejet massif de ses réformes par les personnels. Il recourt donc à la répression anti-syndicale, en visant directement les personnels qui s’opposent à la destruction du baccalauréat comme diplôme national, et plus largement du démantèlement du service public d’éducation. Quatre militantes et militants de SUD éducation comparaîtront la semaine prochaine devant une commission paritaire réunie en formation disciplinaire à Poitiers pour avoir osé faire grève et tenir un piquet devant leur lycée durant les E3C, suspendu-e-s en toute illégalité depuis mars 2020, au mépris du statut des fonctionnaires. L’intersyndicale CGT – FNEC-FP-FO – FSU – SUD éducation exige l’abandon immédiat des procédures disciplinaires engagées contre nos camarades du lycée de Melle dans les Deux-Sèvres, et exige l’arrêt total de la répression anti-syndicale et des mesures et procédures engagées contre tous les personnels ayant participé à des actions syndicales contre les réformes et le Bac Blanquer, à Melle comme ailleurs.

C’est dans ce cadre donc, alors que ce Conseil devrait se pencher sur la prise en compte par les programmes officiels de la situation que nous traversons, que le ministère n’a rien de plus pressé que de proposer une nouvelle mesure autoritaire, sous le couvert grossier de la simplification administrative. Réduire le rôle de la commission permanente à la portion congrue, en faire un instrument à la main des chef-fe-s d’établissement ne suffit pas. Il faut encore que le ministère s’attache à vider de sens et de perspective le conseil d’administration. Lieu de débat et d’expression de toute la communauté éducative, il permet aux administrateurs et administratrices de s’y faire l’écho des préoccupations et des revendications des personnels. En laissant l’ordre du jour au chef d’établissement sans contrôle par les élu-e-s, le but est limpide : transformer le C. A. en chambre d’enregistrement.

SUD éducation demande solennellement au ministère de retirer ce texte, et ne manquera pas d’informer largement les personnels de cette attaque portée au fonctionnement des instances des EPLE.

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 15:14

Le 23 septembre dernier, une nouvelle réunion du comité de suivi de la réforme de la formation des enseignant-e-s s’est tenue. SUD éducation était présent et nous avons rappelé une fois encore notre opposition à ce que nous considérons comme une contre-réforme qui va profondément dégrader le statut et la formation initiale de nos futur-e-s collègues. départemental, académique et ministériel.

1. Une accélération du calendrier institutionnel, un déni des acteur-trice-s en jeu dans cette réforme :

Malgré la dénonciation de l’ensemble des organisations syndicales, le ministère continue l’imposition de cette réforme à marche forcée en accélérant le calendrier :

— Fin septembre 2020 : circulaire sur l’alternance des Master MEEF précisant aux recteur – trice-s et président-e-s des INSPE les modalités de recrutement, les conditions de l’alternance et la rémunération.

— Deuxième moitié d’octobre : publication des conditions de formations pour la préparation aux concours. La DGSI, DGRH et DGESCO enverront des notes aux INSPE pour préciser les modalités de formation des étudiant-e-s futur-e-s enseignant-e-s.

— Dès novembre, soit deux semaines après l’envoi des notes, les INSPE devront transmettre l’offre de formation finalisée avec annexe et maquette.

Dans les INSPE, les personnels dénoncent ce calendrier précipité alors même que le ministère refuse d’entendre leurs propositions concernant la formation.

2. L’encadrement de la formation dans les INSPE, attention dangers !

— Le projet de réforme prévoit le remplacement d’une partie des formateur-trice-s actuel-le-s de l’INSPE par des enseignant-e-s dits de “terrain”. Attention, cela éloignera de facto le master MEEF de son ancrage au sein de l’université et dévalorisera l’aspect “recherche” du master. Cela fait aussi peser des inquiétudes sur les formateur-trice-s actuel-le-s

- Dans le même temps, si l’on accentue l’accès aux enseignant-e-s dans des missions de formation dans les INSPE, cela doit se faire dans de bonnes conditions et des moyens supplémentaires : temps de décharge, création de postes supplémentaires…

- En ce qui concerne l’encadrement des enseignant-e-s en formation, nous rappelons que les tuteur-trice-s qui vont encadrer les M2 ont également besoin d’une véritable revalorisation. L’indemnité prévue de 600 € par étudiant-e reste peu attractive compte-tenu de l’implication et des missions qu’exigent ces fonctions de tutorat.

3. LA RÉMUNÉRATION DES FUTUR-E-S ALTERNANT-E-S = PRÉCARISÉ-E-S ET MAL PAYÉ-E-S !

Pour l’année de M2 (hors dispositif « pré-professionnalisation »), il est prévu que les futur-e-s enseignant-es soient contractuel-le-s en alternance à l’INSPE et en responsabilité de classe(s) (9h dans le 1er degré, 6h dans le 2nd degré).

Pendant cette année de M2, les alternant-e-s devront :

assurer des cours en établissement ou école avec préparation des cours, correction de copies…

préparer le concours

rendre des devoirs et surtout un mémoire à l’INSPE afin de valider le master

Rémunéré-e-s à hauteur de 865 € par mois, sans statut de fonctionnaire stagiaire, sous pression d’une année de M2 intenable, nous avons là tous les ingrédients réunis pour une précarisation renforcée de l’entrée dans le métier avec, pour le ministère, l’instauration d’un vivier de collègues corvéables et sous-payé-e-s ! Les alternant-e-s qui ne réussiraient/valideraient pas à la fois, le concours, les cours en établissement ou école et le master pourront continuer à enseigner en tant que contractuel-le-s l’année suivante. Derrière cette réforme, c’est bien le statut de fonctionnaire qui est menacé !

Par ailleurs, qui peut croire que cette réforme rendra notre métier plus attractif dans ces conditions extrêmes ?

4. UNE RÉFORME QUI RESTE FLOUE, LA MASCARADE SE POURSUIT !

— Des statuts inégalitaires persistent : les contrats de pré-professionalisation seront mieux rémunérés que ceux des étudiant-e-s alternant-e-s en M2

— Des contenus d’enseignements qui restent flous :

en M1 : l’objectif n’est désormais plus la préparation au concours alors quels cours constitueront cette année là ?

en M2 : on constate une volonté de valoriser la recherche (via notamment la maintien du mémoire) mais on sait déjà que la préparation au concours ainsi que les heures-classes empêcheront une implication des étudiant-e-s dans une démarche de recherche universitaire telle qu’elle devrait être valorisée par l’Université.

Dans le cadre du comité de suivi de cette contre-réforme, nous avons revendiqué le retrait de la réforme de formation des enseignant-e-s.

SUD éducation demande le retour à un concours à bac +3, suivi de deux années de formations rémunérées validées par un Master et avec une entrée progressive dans le métier.

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 15:13

Ce lundi, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures pour Paris et la petite couronne qui passent en zone d’alerte maximale, après Aix-Marseille et la Guadeloupe. Ces mesures concernent un volet assez large d’activités de consommation et de loisir (restaurants, sports, initiatives publiques ou privées). Dans l’enseignement supérieur, les amphithéâtres des universités situées dans des zones d’alerte renforcée et maximale ne pourront pas être remplis à plus de 50%. En revanche, elles laissent en-dehors de toute restriction les transports en commun, le monde du travail, mis à part une allusion au fait de privilégier le télétravail, et l’enseignement scolaire. En ne touchant pas aux entreprises et aux écoles, la logique du gouvernement est de nouveau claire et assumée : il s’agit de restreindre tout ce qui peut l’être, sans toucher à l’économie. Il s’agit principalement de préserver à n’importe quel prix les profits des capitalistes au détriment de la santé de la population.

Pourtant, nous savons maintenant que plus d’un tiers des clusters concernent les établissements scolaires et les universités. Au vu de l’attitude de l’administration consistant, aux différents échelles, à minimiser les chiffres de contamination, il est raisonnable d’estimer que le pourcentage est même plus élevé. 

Nous pouvons d’ores et déjà pointer la responsabilité de cet état de fait : le ministère n’a rien fait pour préparer correctement cette rentrée, ni sur le plan des moyens indispensables pour baisser les effectifs, ni sur le plan de la gestion de la crise sanitaire et notamment celle des cas de Covid-19 dans les écoles et établissements. Pour rappel, SUD éducation porte depuis le printemps un plan d’urgence détaillé pour l’école.  

La progression constante du nombre d’hospitalisations dues à la Covid-19 en ce début d’automne qui marque le retour des épidémies saisonnières, conjuguée à l’accélération des annonces gouvernementales en termes de mesures restrictives rendent désormais envisageables que des fermetures d’écoles ou d’établissements s’imposent pour des zones entières, au-delà des fermetures ponctuelles qui sont la norme actuellement.

Ce que l’ensemble de la communauté éducative, des parents et des élèves, redoute avant tout, c’est la fermeture des écoles et établissements. Au vu de l’incapacité du ministère à anticiper la situation, tout porte à croire que si une fermeture généralisée a lieu, ce sera dans les mêmes conditions chaotiques qu’au printemps dernier. À ce stade, le seul document de cadrage qui viendrait anticiper cela, c’est la circulaire de continuité pédagogique publiée en juillet, qui est très clairement insuffisante et ne prévoit toujours aucun moyen. 

SUD éducation demande à être reçu en urgence par le ministre pour évoquer ces questions et porter les inquiétudes et les revendications légitimes des personnels.

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 15:12

Lors du Conseil supérieur de l’Éducation du 6 octobre 2020, le ministère de l’Éducation nationale a présenté un décret permettant aux chef-fe-s d’établissement d’imposer les ordres du jour des conseils d’administration des collèges et des lycées. Jusqu’alors l’adoption de l’ordre du jour faisait l’objet d’un vote de l’administration et des représentant-e-s des personnels, des parents et des élèves en début de séance.

Sous couvert de « simplification » du Code de l’éducation, le ministère donne un blanc-seing à la hiérarchie pour refuser de débattre avec les représentant-e-s élu-e-s des personnels, des élèves et des parents. Concrètement, cela empêchera les représentant-e-s des personnels et des parents de déposer des vœux ou motions à mettre en débat et à faire voter par le Conseil d’administration. C’est un nouveau recul démocratique qui vise à déposséder la communauté éducative des débats qui la concernent.

Les Conseils d’administration des collèges et des lycées sont déjà largement réduits à des chambres d’enregistrement des baisses de moyens horaires et financiers. Le projet de décret permet aussi de supprimer une partie des prérogatives de la commission permanente, en matière d’instruction de la proposition de DHG ou du budget par exemple. En 2010, le décret permettant aux chef‑fe‑s d’établissement d’imposer une dotation horaire insuffisante malgré deux votes négatifs successifs du Conseil d’administration constituait une première attaque dont, dix ans après, les personnels dénoncent encore les effets.

En pleine crise sociale et sanitaire, la priorité du ministère ne devrait être ni l’accroissement des pressions hiérarchiques, ni le musellement des personnels, des élèves et de leurs parents, mais de veiller à leur santé et leur sécurité.

SUD éducation exige que le ministère abandonne ce projet qui a reçu un avis défavorable qui a été émis par les représentant-e-s des personnels.

SUD éducation appelle les personnels à :

– faire inscrire dans le règlement intérieur des Conseils d’administration le fait que les ordres du jour soient débattus et votés en séance ;

– continuer à soumettre des points (motions, vœux, etc.) et d’exiger des chef-fe-s d’établissements qu’ils figurent à l’ordre du jour.

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 15:11

Depuis des années la formation continue des enseignant-e-s se réduit à peau de chagrin.

Manque de remplacement, réforme et appauvrissement de la formation initiale, volonté d'imposer la vision ministérielle du métier d’enseignant-e, le manque de moyens et de volonté politique pour former les personnels de l'éducation sur leur temps de travail s'accroît.

Depuis l'arrivée du ministre Blanquer, le peu de formation se fait de manière de plus en plus autoritaire, avec une normalisation des pratiques qui va dans le même sens que les évaluations nationales et autres préconisations. Ainsi, les professeur-e-s des écoles n'ont plus le choix depuis 2017 pour leurs animations pédagogiques : c'est 9 h de français et 9 h de mathématiques. On retrouve ici la vision tronquée du notre métier d’enseignant-e de moins en moins interdisciplinaire, de notre enseignement de moins en moins transversal, dans l'esprit des 2S2C.

Cette année, un nouveau pas est franchi avec la formation en “constellations”, des groupes constitués par les IENs selon les écoles ou niveaux de classe.

Le ministère voudrait que chaque année 1/6e des professeur-e-s des écoles suive une formation en français ou en mathématiques appelée « Plan français » / « Plan mathématiques ».  Il s’agirait de 30h de formation : 18h sur les animations pédagogiques, et le reste constitué de visites en classe par des conseiller-e-s pédagogiques et d’autres collègues.

Ces groupes seront “pilotés” par des conseiller-e-s pédagogiques qui ne pourront pas avoir suffisamment de temps pour organiser cela convenablement.

Il s’agit bien de mettre en œuvre les orientations conservatrices du ministre et de ses proches plutôt que dans la réflexion sur les pratiques de classe. Les visites en classe prévues dans ces formations seront certainement vécues de manière intrusive vu la manière d'imposer les choses, alors même que les ateliers de pratiques réflexives, quand ils ne sont pas subis mais choisis peuvent être très formateurs. Se pose aussi la question des moyens de remplacement pour permettre à ces collègues ces visites croisées. Il est précisé dans les textes que le recours au remplacement peut être diminué par la mise en place de formations réalisées pendant les temps de vacances.

SUD éducation considère inacceptable cette organisation autoritaire de la formation.

La formation ne doit pas être un lieu d'imposition de pratiques au détriment de la liberté pédagogique qui permet de s'adapter à la réalité des besoins des élèves.

SUD éducation revendique une formation continue de qualité, librement choisie et sur le temps de service.

SUD éducation rappelle que les enseignant-e-s du premier degré peuvent défalquer 3 × 3h des ces formations en participant à des réunions d’informations syndicales et que les collègues qui souhaiteraient s’opposer collectivement aux visites en classe sont couverts par un préavis de grève.

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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 08:24

Le ministre Blanquer a annoncé en grande pompe des prétendues “consultations” amenées à se tenir dans les académies en amont des états généraux du numérique les 4 et 5 novembre prochains à Poitiers. Le ministre continue ouvertement à se féliciter d'une prétendue “continuité pédagogique et administrative” durant le confinement et la période qui l'a suivi, dont SUD éducation dresse au contraire un bilan catastrophique.

 

Le sous-équipement des personnels, les dysfonctionnements massifs des infrastructures informatiques dans l'Éducation nationale au moment où le besoin était le plus pressant sont un constat largement partagé par les personnels. Au-delà, l'injonction à aller toujours plus avant dans la présence du numérique à l'école revêt un enjeu important. C'est pour le ministre Blanquer un moyen de s'attaquer à ce qui fait la professionnalité des enseignant-e-s, la pédagogie, et un moyen pour tout le gouvernement de faire entrer de plus en plus massivement les entreprises multinationales à l'école pour se partager un marché colossal, sans aucune considération pour les enjeux écologiques.

Les enjeux pédagogiques : un alibi au service des orientations libérales du ministère

Le numérique pédagogique s’est imposé à toute la profession à partir du confinement sans qu’elle ait eu le temps d’une réflexion sur son usage, ses conséquences et les limites inhérentes. Le ministre Blanquer a répété continuellement “tout est prêt”. Pourtant, les problèmes techniques se sont vite multipliés montrant là l’impréparation totale du ministère, obligeant les collègues à se saisir rapidement de moyens de faire classe, sans pour autant les protéger. Mais comment faire cours derrière son ordinateur ? Quels sont les moyens à disposition ? Permettent-ils d’avoir une pédagogie coopérative et émancipatrice ?

L’usage du numérique - d’autant plus s’il se veut émancipateur - ne s’improvise pas. Il faut appréhender les difficultés, connaître les différents outils et leurs fonctionnalités, réfléchir à différents moyens de pallier à l’absence du vivant, du réel dans la relation pédagogique. La précipitation imposée n’a pas permis de créer un espace de discussion au sein des équipes, de réflexion pour chaque collègue qui a dû bricoler du mieux qu’il ou elle pouvait. Pire, elle a même conduit les personnels, contraints de trouver des solutions fonctionnelles hors des outils proposés par l’institution, à se tourner vers les solutions propriétaires des grandes entreprises transnationales du numérique parmi lesquelles Google et Microsoft par exemple. Or c’est avec ces mêmes entreprises, qui ciblent particulièrement ce qu’elles appellent le marché de l’éducation, que le ministère et les universités passent de juteux contrats.

Aujourd’hui, Blanquer cherche à capitaliser sur le travail des collègues pour penser le numérique à l’école. Si le numérique ne peut remplacer la réalité de notre métier, il n’en reste pas moins une dimension importante, ne serait-ce que parce que nos élèves l’utilisent quotidiennement. Il faut donc se saisir de ce moment pour entamer une réflexion de fond sur l’usage pédagogique du numérique en classe et en dehors, pour qu’il soit une aide et non pas barrière à nos pratiques pédagogiques, qu’il soit à la fois émancipateur et coopératif.

Le ministère ne prend pas en compte les impératifs écologiques

La question de l’usage du numérique en pédagogie se double d’une question écologique. L’empreinte environnementale du numérique ne cesse de s’accroître. Le numérique est responsable de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont un quart sont dues aux centres de données, 28% aux infrastructures réseau, et près de la moitié aux équipements des consommateurs tels que les smartphones, tablettes et micro-ordinateurs.

L'école ne fait pas exception. On ne compte plus les divers “plans numériques” qui se sont succédé, conduisant à l'achat de matériels périssables tels que des tablettes, des TBI (souvent rendus incompatibles avec les systèmes d'exploitation libres), des micro-ordinateurs de mauvaise qualité achetés dans le cadre de marchés par les collectivités territoriales.

La production de ces équipements produit une quantité importante de gaz à effets de serre (environ 330 kg de CO2 pour un ordinateur portable), et requiert de nombreux métaux rares, dont l'extraction est non seulement polluante, mais également extrêmement dangereuse pour les mineur-euse-s et les populations environnantes. De même, le stockage et le traitement massifs des données dans des centres de données, comme ceux d’Amazon à qui l’Éducation nationale confie la gestion des données liées aux évaluations nationales, consomme une importante quantité d’électricité, encore souvent issue de centrales à charbon.

 

SUD éducation revendique :

  • L’abandon des partenariats des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la recherche avec les GAFAM

  • L’utilisation d’outils numériques libres, développés avec le soutien de l’administration, sur des plateformes matérielles prévues pour durer ;

  • Le recrutement de personnels titulaires formés à l’entretien et la maintenance des matériels en nombre suffisant ;

  • une utilisation raisonnée des outils numérique, construite par les personnels eux-mêmes et non pour répondre aux injonctions ministérielles et aux souhaits du patronat.

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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 08:20

La réforme de l’éducation prioritaire de 2014 avait entériné la sortie des lycées de la carte de l’éducation prioritaire, y compris ceux dont la majorité des élèves étaient issu-e-s de collèges classés dans l’éducation prioritaire. Une mobilisation importante des personnels des lycées avait permis d’obtenir le maintien de la prime ZEP pour les lycées anciennement classés dans l’éducation prioritaire jusqu’en 2020.

Avec la fiche de paie de septembre, le couperet est tombé : la prime ZEP n’a pas été versée aux personnels des lycées concernés. Dans le contexte des négociations autour de la revalorisation des enseignant-e-s, cela montre que l’objectif du gouvernement est inchangé : faire des économies sur le dos de la rémunération des personnels. Pour SUD éducation, la politique de rémunération ne peut se faire à moyens constants : il est urgent d’augmenter les salaires de l’ensemble des personnels.

Le gouvernement actuel assume donc la politique du gouvernement précédent de démantèlement de la carte de l’éducation prioritaire. On peut légitimement penser qu’il se prépare à aller plus loin. En effet, une secrétaire d’État à l’éducation prioritaire a été nommée, ce qui présage d’une accélération de la réforme à venir. Rappelons que celle-ci est connue dans les grandes lignes, à travers la publication à l’automne 2019 du rapport Mathiot-Azéma, et prévoit la disparition pure et simple des REP.

En ce qui concerne la carte, SUD éducation revendique le maintien des lycées dans la carte de l’éducation prioritaire, et dénonce la suppression à venir des REP. En ce qui concerne les primes, la suppression de la prime ZEP pour les enseignant-e-s des lycées anciennement classés éducation prioritaire est inacceptable. Les primes REP et REP+ doivent être généralisées dans une carte intégrant les lycées, et versées à l’ensemble des personnels, y compris les AED et AESH qui en sont actuellement exclus. 

Pour SUD éducation, il est urgent de mettre en oeuvre une politique d’éducation prioritaire ambitieuse, en particulier dans un contexte de crise sanitaire où les inégalités scolaires se sont fortement accrues. 

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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 08:17

La rentrée de septembre 2020 a montré l’étendue de l’impréparation du ministère. Aucun poste n’a été créé, le protocole sanitaire de juillet n’a été adapté qu’à la marge, et la gestion des  cas de Covid-19 est toujours davantage renvoyée au local. SUD éducation revendique depuis le printemps un plan d’urgence  pour l’éducation, à même de garantir les meilleures conditions de travail possibles pour les personnels, dans des conditions sanitaires acceptables. Il doit notamment comprendre des recrutements massifs de personnels, la titularisation de l’ensemble des non-titulaires sans condition de concours ni de nationalité, et un plan d’investissement massif dans la construction et la rénovation du bâti scolaire permettant d’accueillir les élèves avec davantage d’espaces. Il s’agit également dans ce cadre et dès à présent de réfléchir aux modalités pédagogiques adaptées à cette période de réouverture en septembre, en tenant compte des inégalités qui se sont accrues.

Ce plan d’urgence est toujours d’actualité : les créations de postes peuvent se faire à n’importe quel moment de l’année, par le biais du recours aux listes complémentaires, de la titularisation à temps plein des contractuel-le-s, de l’ouverture de concours exceptionnels.

 

Volet sanitaire

À l’heure où la deuxième vague épidémique se développe et que des mesures drastiques sont mises en oeuvre dans différentes parties du territoire, force est de constater que c’est la politique de l’autruche qui prévaut dans l’Éducation nationale. Pourtant, un certain nombre de mesures simples peuvent être prises immédiatement :

-installer des points d’eau et du savon en quantité suffisante ;

-une gestion des cas Covid-19 qui soit cadrée nationalement et non renvoyée au dialogue entre les ARS et les services académiques, en revenant aux critères d’évictions en vigueur au début de l’année (éviction d’une classe lors de l’apparition d’un cas), et sans application du jour de carence pour les personnels ;

-une politique de dépistage facilitée pour l’ensemble des personnels, des élèves et des étudiant-e-s ;

-la mise en place d’une médecine de prévention et scolaire efficiente, par le biais de la création de postes suffisants ;

-la reconnaissance immédiate du Covid-19 comme maladie professionnelle ;

-réduire immédiatement les effectifs par classe en créant le nombre de postes nécessaires ;

-agrandir les locaux avec des constructions d’extensions, de nouvelles écoles et de nouveaux établissements, ce qui est en enjeu pour la salubrité de manière générale ;

-augmenter massivement l’acquisition de masques par l’Éducation nationale, pour que les masques puissent être donnés gratuitement aux personnels et aux élèves en quantité suffisante.

 

Volet postes

Les enjeux liés à la crise sanitaire, que ce soit sur le plan des précautions sanitaires ou sur le plan pédagogique, nécessitent des créations de postes supplémentaires. Cela n’a pas été le cas en cette rentrée, et pourtant c’est encore possible. Pour SUD éducation, il y a plusieurs leviers pour créer dans l’urgence les postes nécessaires :

-la titularisation à temps plein de l’ensemble des enseignant-e-s non titulaires, sans condition de concours ni de nationalité : les collègues en question sont déjà souvent en poste depuis longtemps, et ont déjà été employé-e-s devant élèves, il n’y a aucune raison pour qu’ils et elles ne bénéficient pas du statut de fonctionnaire ;

-l’admission de l’ensemble des admissibles, aux concours internes comme externes : les recalé-e-s des oraux des concours constituent un nombre très important de potentiel-le-s futur-e-s collègues ; au vu de l’urgence de la situation, il est souhaitable qu’ils et elles  soient stagiarisé-e-s dans leur totalité ;

-l’organisation de concours exceptionnels : il est arrivé, encore récemment, que des concours supplémentaires soient organisés en fonction des besoins pour le recrutement des professeur-e-s des écoles ; ce dispositif pourrait être généralisé, en fonction des besoins locaux, dans les départements ;

-l’embauche de personnels aidant à la direction pour le primaire, avec un réel statut ;

-l’embauche massive d’AESH et la titularisation dans le cadre d’emplois statutaires d’éducateurs-trices scolaires ;

-le rétablissement des moyens en remplacement dans le 1er et le 2nd degré.

 

Volet social

La crise sanitaire a représenté une catastrophe sociale pour de très larges pans de la population, y compris bien sûr une part importante des élèves et des parents. L’Éducation nationale a une part de responsabilité dans cet état de fait, notamment en n’ayant pas compensé automatiquement l’absence de demi-pension par une attribution de fond social exceptionnel aux familles. Dans le cas de mesures d’évictions ou de confinements locaux, ces situations vont se renouveler.  Pour faire face à ces situations, SUD éducation revendique dès à présent :

-soit compensée dans son entièreté la baisse des fonds sociaux qui est intervenue au cours des années précédentes ;

-soient augmentées les aides à la demi-pension et les bourses ;

-soit anticipé, en cas de nouvelle crise sanitaire, le versement d’une attribution exceptionnelle aux familles pour compenser une nouvelle fermeture des services de demi-pension ;

-l’attribution ou le prêt de matériel informatique à chaque famille dans le besoin.

 

Volet pédagogique

La crise sanitaire a accru les inégalités scolaires. Durant le confinement, certain-e-s élèves ont pu bénéficier des conditions permettant de poursuivre en partie les apprentissages, les autres non. Le retour en classe de l’ensemble des élèves doit avoir pour objectif principal de compenser ces écarts. Pour cela, SUD éducation revendique plusieurs mesures immédiates :

-la limitation des effectifs pour favoriser la différenciation, le travail coopératif entre élèves pour niveler les écarts de niveaux et permettre une reprise de contact avec l’école qui se fasse dans la sérénité. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation est de 20 élèves maximum en école élémentaire et en collège, et de 25 en lycée, mais les circonstances exceptionnelles impliquent de descendre encore en-deçà ;

-l’aménagement des programmes, afin que les enseignant-e-s puissent mettre en oeuvre au mieux une pédagogie permettant de compenser les inégalités scolaires ;

-la liberté pédagogique et de support notamment en CP dans le cadre de l’apprentissage de la lecture ;

-une formation initiale et continue qui tienne compte de ces problématiques et de ces enjeux, qui vont nécessairement impliquer des pratiques pédagogiques particulières ;

-un retour des PDMQDC, y compris dans les classes à 12, et un rétablissement des RASED dans leur totalité ;

-l’abandon de Parcoursup et de la sélection à l’entrée à l’université, qui cette année plus encore qu’à d’autres moment va fonctionner comme une machine de tri social, le ministère ayant maintenu coûte que coûte les délais.

 

Volet éducation prioritaire

Les conséquences négatives de la crise sanitaire ont été plus élevées dans les quartiers populaires qu’ailleurs, sur le plan économique et social, comme sur le plan pédagogique. Cette situation justifie un plan exceptionnel pour les écoles et établissements des quartiers populaires. SUD éducation porte à ce titre des revendications pour l’éducation prioritaire depuis longtemps : elles doivent être immédiatement mises en oeuvre pour répondre aux enjeux de la crise sanitaire.

-une baisse des effectifs par classe. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation est de 16 élèves maximum en éducation prioritaire, tout en maintenant les CP et CE1 à 12 maximum ;

-une vie scolaire renforcée pour les élèves : 1 CPE pour 120 élèves dans les collèges ordinaires et 1 pour 100 en éducation prioritaire et 1 personnel de vie scolaire pour 50 élèves en collège ordinaire et 2 pour 50 en éducation prioritaire ;

-des dispositifs d’aide et de prévention complets : 1 RASED complet par groupe scolaire et 1 enseignant-e supplémentaire pour cinq classes (pour le 1er degré) et un recrutement massif de personnels médico-sociaux (assistance sociale, infirmerie, psychologue) ;

-l’extension de la prime REP-REP+ à tous les personnels, et la baisse du temps de travail devant élèves pour favoriser la concertation, qui va s’avérer indispensable au vu des difficultés rencontrées depuis la rentrée  ;

-l’abandon immédiat du projet de réforme de l’éducation prioritaire basée sur le rapport Mathiot-Azéma et l’ouverture de discussions sur la base des légitimes revendications des personnels, et notamment sur le maintien de la carte de l’éducation prioritaire et son élargissement aux lycées.

 

Volet enseignement adapté

La crise sanitaire a fragilisé encore davantage les élèves les plus fragiles, à commencer par les élèves en situation de handicap. L’éloignement de l’école pendant une longue période pose un certain nombre de difficultés spécifiques avec le retour à l’école, et les conditions actuelles de l’inclusion ou de la prise en charge du handicap ne permettent pas de le faire de manière satisfaisante. La crise sanitaire a en outre accentué les injonctions contradictoires endurées par les personnels de l’Education nationale en poste dans ces établissements médicaux sociaux considérés comme prioritaires et donc ouverts pendant le confinement. Les collègues AESH sur des postes d’ULIS n’ont pas été respecté-e-s par les chef-fe-s d’établissement qui ont profité de leur précarité pour palier les besoins, notamment administratifs, dans les collèges. SUD éducation porte à ce titre des revendications pour l’ASH depuis longtemps. Elles doivent être immédiatement mises en oeuvre pour répondre aux enjeux de la crise sanitaire :

-des moyens supplémentaires dans les établissements scolaires ordinaires pour permettre une réelle inclusion de ces élèves également accueillis dans des CMS ;

-une baisse des effectifs par classe. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation pour la SEGPA est de 12 élèves maximum ;

-des dispositifs d’aide et de prévention complets : 1 RASED complet par groupe scolaire et 1 enseignant-e supplémentaire pour cinq classes (pour le 1er degré) et un recrutement massif de personnels médico-sociaux (assistance sociale, infirmerie, psychologue);

-l’extension de la prime “spécialisée” à tous et toutes les AESH  ;

-une formation en accord avec les besoins rencontrés par les collègues en poste dans l’ASH.

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Published by SUD 61
5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 08:13

Cet article a été publié le 01/10/2020

La fédération SUD éducation a lancé une vaste enquête en ligne au sujet des conditions de rentrée.

 

Les résultats sont disponibles ici. Au sommaire :

  • Confinement et télétravail : de nombreuses entorses au statut sans contreparties

  • Rentrée 2020 : grand flou et impréparation

  • Rentrée 2020 : pas de moyens supplémentaires

  • Réformes : une dégradation des conditions de travail et des nouveaux programmes contestés

  • Informatique : un parc informatique parfois vétuste

  • Des conditions de travail qui se dégradent

  • https://www.sudeducation.org/wp-content/uploads/2020/08/enquete-rentree-2020.pdf

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2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 16:30

https://www.sudeducation.org/face-a-la-crise-du-covid-19-sud-education-revendique-un-plan-durgence-pour-leducation/

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