7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 16:29

La lutte contre le dérèglement climatique ne peut plus attendre.

Les conséquences du réchauffement sont déjà visibles et mettent en péril des régions entières. Elles menacent à court terme l’ensemble de la population mondiale avec des répercussions prévisibles sur tous les aspects de nos sociétés. L’objectif des accords de Paris (COP 21) de limiter ce réchauffement à 1.5°C semble déjà dépassé, certains modèles prédisant que ce chiffre sera atteint dès 2030. L’urgence ne fait qu’augmenter, et les prévisions scientifiques qui se succèdent vont toutes dans le sens d’un futur de plus en plus inquiétant. Or depuis la COP 21 aucune mesure sérieuse n’a été mise en place par les États les plus riches et les grandes entreprises, largement responsables de la situation.

Cela montre une nouvelle fois que la mobilisation et la lutte sont indispensables pour un futur vivable.

 

On en a assez de « l’écologie de vitrine » de l’Éducation nationale !

Le réchauffement climatique, la chute de la biodiversité et la surexploitation des sols, des ressources minières et de la nature, sont pourtant des enjeux majeurs voire vitaux intimement liés à notre mode vie, de production, et à notre système économique. Pourtant dans le secteur de l’éducation censé contribuer à préparer l’avenir et à former les futurs citoyens, rien ou presque n’est fait. Les plans de communication du ministère ou les timides tentatives telles que le "verdissement" des programmes scolaires ou la mise en place des éco-délégué·es, qui sont sans pouvoir ni formation, sont très loin de satisfaire à l’urgence et à l’ampleur du problème

Pourtant le chantier écologique est de taille dans l’Éducation nationale, il faut agir sur :

- les bâtiments scolaires et leur consommation énergétique,

- la gestion des déchets,

- la politique alimentaire dans les cantines,

- le numérique : pour développer un usage raisonné, économe et autonome des outils numériques,

- le contenu des enseignements pour qu’il permette aux élèves de comprendre les mécanismes de la crise environnementale en cours, et les moyens d’agir dessus.

La marche pour le climat du 9 mai prochain est l’occasion pour les personnels de porter leurs revendications en matière de transition écologique à l’Éducation nationale.

 

Les revendications de SUD éducation pour la justice climatique et environnementale :

Pour les bâtiments scolaires

→ le développement de la production d’énergie renouvelable sur site (panneaux solaires…)

→ des diagnostiques énergétiques dont les résultats doivent être communiqués aux usagers et personnels

→ la maîtrise des consommations : isolation des bâtiments, éclairages à basse consommation et « intelligents », toits végétalisés, ventilation naturelle, récupération des eaux pluviales...

→ la végétalisation des cours de récréation qui doivent être accessibles en dehors du temps scolaire à la population en cas de fortes chaleurs et la dépollution des sols

Pour la gestion des déchets

→ l’installation des composteurs pour les déchets alimentaires non cuits et les feuilles des arbres

→ l’installation de poubelles de tri, et de véritables politique de tri et de recyclage dans les communes

→ le recrutement de personnels en nombre suffisant pour que la charge de travail supplémentaire liées au tri ne retombe pas sur les équipes déjà en place

Pour les cantines scolaires

→ la réduction de la consommation de viande et de poisson, leur remplacement par des alternatives végétariennes, et la mise en place de formations à la création de menus végétariens pour les personnels

→ le renforcement des filières locales et biologiques dans la restauration scolaire avec pour objectif le 100 % bio, sans hausse du prix du repas pour les familles

→ la fin des cantines centrales et le retour à des cantines sur site, et la création d’une plateforme mettant en relation les producteurs bio et locaux et les établissements et mairies

Pour le numérique

→ la mise en place de la collecte et du tri des déchets numériques

→ le recrutement de personnels formés à l’entretien et la maintenance des outils informatiques

→ la généralisation de l’usage de systèmes d’exploitation et de logiciel économes en énergie et à longue durée de vie sur l’ensemble des parcs informatiques, en favorisant les logiciels libres ; la diffusion des bonnes pratiques écologiques dans l’usage du numérique au sein de l’éducation nationale

→ la sortie du tout numérique pour un usage raisonné et réfléchi de l’outil informatique

→ l’intégration des enjeux environnementaux du numériques aux programmes scolaires

Urgence climatique et justice sociale : changer la société, pas le climat !

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3 mai 2021 1 03 /05 /mai /2021 07:32
Confinements, virage numérique et attaque contre les libertés académiques : quel enseignement supérieur et quelle recherche voulons-nous ? – 8 pages de SUD éducation

Les politiques néo-libérales de gestion du service public ont conduit aux dysfonctionnements et aux inégalités criantes que dévoile au plus grand nombre l'épidémie de Covid-19. Aujourd'hui, les situations d'urgence que nous constatons dans l'Enseignement Supérieur et la Recherche (détresse des étudiant-e-s, précarisation accrue des personnels, perte de sens) imposent non seulement la critique de la succession des réformes délétères subies, mais aussi la construction d'un horizon collectif de revendications révolutionnant son fonctionnement.

1. Une succession de réformes néolibérales dans l'Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR)

Les récentes réformes (mise en place de la sélection en master en 2017, ORE-Parcoursup en 2018 ou encore le baccalauréat dit Blanquer en 2019) ont contribué à accentuer les inégalités d’enseignement dans le supérieur. Parcoursup renforce la sélection sociale et scolaire dans l’accès aux filières les plus demandées. Cela accentue la mise en concurrence des candidat-e-s, mais aussi des formations du supérieur. Cette réforme, comme celle du bac Blanquer, vise une individualisation des parcours. Or, la sociologie de l'éducation montre que plus l'éventail de choix est large, plus les inégalités se structurent en fonction du capital scolaire de la famille des élèves et étudiant-e-s.
Tout cela s'ajoute à des conditions de travail et d'études qui se dégradent depuis des années. L'autonomie des universités (loi LRU de 2007) s'est traduite par des contraintes budgétaires très fortes imposées par le ministère et, par voie de conséquence, par le gel massif de postes de titulaires, par le recours croissant aux vacations, aux heures complémentaires (qui représentent environ 1/3 des heures d'enseignement), et plus généralement aux contrats précaires, qu'il s'agisse du travail enseignant comme administratif. Ces contrats courts génèrent une rotation importante dans les équipes. Certains départements fonctionnent avec des moyens extrêmement faibles et sont amenés à diminuer les volumes horaires des formations. La mise en place de nouveaux dispositifs à moyens constants, notamment sur le plan administratif, se traduit par une diversification et une densification du travail pour les personnels administratifs.

Depuis décembre 2019, les mobilisations contre la réforme de la recherche (LPR) se sont organisées dans le contexte du mouvement contre la réforme des retraites, celle du chômage ou de la fonction publique. Cette mobilisation récente a pu s'appuyer sur des luttes précédentes, notamment celle contre la précarité dans la recherche depuis 2017, ou la lutte contre la LRU de 2007 à 2009. La vision de la recherche exprimée par la LPR est élitiste et individualiste : elle promeut une mise en concurrence exacerbée des chercheurs et des établissements scientifiques, en particulier en renforçant le financement par projet. Adoptée par l’Assemblée nationale le 20 novembre 2020, via une procédure accélérée, la LPR instaure de nouveaux dispositifs inégalitaires comme les contrats de mission, ou la mise en place de recrutements locaux, sur le modèle américain des tenure-tracks. En supprimant la qualification par le CNU pour devenir professeur-e et sous certaines conditions pour devenir maître-sse de conférences, la LPR fait sauter un frein au clientélisme de certains recrutements locaux. Enfin, la LPR organise une porosité accrue entre le service public et le secteur marchand. Depuis le Pacte pour la Recherche de 2006, le partenariat public-privé et la rentabilité commerciale sont devenus des critères cruciaux pour accorder les moyens et crédits de recherche. La répartition de ces derniers montre que la légère hausse budgétaire de la recherche se fait principalement à destination de l’Agence nationale de la Recherche, donc hors financements pérennes, donc au détriment de la masse salariale des universités. La programmation budgétaire ne permettra pas d’adapter les recrutements aux évolutions démographiques ou de pallier le manque actuel de postes statutaires. En parallèle, le scandale du Crédit Impôt Recherche (CIR), passé de 1,5 milliards à plus de 6 milliards annuels (à comparer au budget du Centre National de la Recherche Scientifique, autour de 3,5 milliards), se poursuit dans la plus grande opacité.

La LPR ne fait ainsi qu’aggraver la précarisation dramatique du travail dans la recherche, allant de pair avec une emprise toujours plus grande des entreprises privées dans ce secteur.Les conditions de convocation des instances et la manière dont elles se sont tenues confirme le mépris par le ministère des instances représentatives des personnels de l’ESR.

2. Une précarité accrue par la crise pandémique et son « virage numérique »

Décrétée en l'espace de quelques jours en mars 2020, la fermeture des universités et des laboratoires a eu des conséquences désastreuses sur les conditions de travail des personnels et sur les conditions d'étude du public accueilli, en imposant brutalement le télé-enseignement pour les enseignements, et le télé-travail pour les activités techniques, administratives et de recherche. Pour les personnels les plus précaires et les plus fragiles, travailler à la maison peut s'avérer une source d'angoisse et de multiplication de risques (manque de place, TMS, « continuités » pédagogiques et administratives, etc.). L'injonction à faire tourner la machine à produire des diplômes dans ces conditions a également suscité, chez les étudiant-e-s, des situations de stress où elles et ils étaient sommés de réussir leur année comme si rien ne se passait, alors que les moyens habituels déjà faibles, ne leur étaient pas offerts (fermeture des bibliothèques, par exemple).

Cette crise sanitaire, et la réponse apportée par le gouvernement, révèle et accentue les inégalités sociales et les rapports de domination que nous dénonçons depuis si longtemps. Comme dans l'Education Nationale, le vocable de « continuité pédagogique » masque de profondes inégalités. Pour les étudiant-e-s, les enquêtes soulignent non seulement des inégalités d'accès à de l'équipement informatique et à une connexion stable, mais aussi des conditions de confinement très contrastées (densité d'occupation du logement, personnes à charge, entourage touché par la maladie, obligation de continuer à travailler ou perte d'emploi et de revenu, etc.). La précarité et la détresse étudiante n'ont fait les premières pages des journaux qu’au début 2021, longtemps après le constat de l’ampleur des besoins et de la faiblesse des dispositifs d’aide sociale. S’en sont suivis des annonces contradictoires et complètement déconnectées du mode de fonctionnement des universités, pour feindre une volonté de retour partiel des étudiants sur site (pour exemple ). Comble de la provocation, sur la base de données de fréquentation des facultés, la ministre de l’ESR conclut : « 40% des étudiant-e-s ne reviennent pas en présentiel, car le mode d’enseignement à distance leur convient », alors que bien d’autre facteurs expliquent ce chiffre (décrochage, logement rendu pour retrouver le domicile familiale, difficulté de traduction pratique des consignes de reprises sans moyen, etc.). On décèle sans difficultés la construction d’un discours légitimant le tout numérique pour l’avenir, sur la base de chiffres interprétés hors sol, dévoyés. Or, en dehors des situations dramatiques, le quotidien montre que l'autonomie de travail à distance dépend du capital scolaire et de la socialisation au métier étudiant, renforçant les inégalités.

Du côté des personnels également, les conditions de confinement se révèlent très inégales. Les mobilisations des 11 février et 5 mars 2020 (la journée contre la précarité dans l'ESR et l'opération "L'université et la recherche s'arrêtent") ont permis de mettre à nouveau en lumière le poids considérable et l'exploitation des travailleurs-euses précaires, du fait d'une politique de sous-investissement chronique, engendrant la disparition massive de postes de titulaires. La crise que nous traversons amplifie la précarité et exacerbe ces inégalités qu'il n'est plus possible d'ignorer. Les vacataires d'enseignement sont soumis-e-s à des injonctions à la « continuité pédagogique » sans garantie de salaire versé à la fin du mois, alors même que leurs faibles revenus, bien souvent, ne leur permettent pas de disposer d'un espace de travail dans leur logement privé ; les doctorant-e-s voient leurs bourses de recherche suspendues ; dans les SHS, très féminisées, la double journée se ressent d'autant plus qu'on est confinée. L'imposition, par ordonnance, de semaines de « congés » obligatoires et la perte de jours de RTT pendant le premier confinement ont sonné comme une provocation pour les personnels BIATSS et ITA, d'autant plus pour des précaires payé-e-s au SMIC et sans garantie de renouvellement ou pour les femmes, qui très largement ont été les premières à se mettre en ASA pour s'occuper de la garde des enfants.

L’université est, comme l’ensemble de la société, traversée par les inégalités de genre ainsi que les violences sexistes et sexuelles que la crise sanitaire a d’ailleurs mis en lumière. En accentuant la précarité, en normalisant les logiques de compétitions et de concurrence, la LPR va renforcer ces inégalités et en particulier ces inégalités de genre.
Révélatrice des inégalités dénoncées par notre fédération syndicale, cette crise sanitaire montre du même coup la légitimité des revendications que nous portons pour l'ESR, en révélant les contradictions du fonctionnement actuel de ce secteur. La recherche publique est sacrifiée (gel des postes, épuisement des crédits récurrents de recherche des laboratoires) alors qu’elle constitue une ressource irremplaçable dans la situation que nous traversons. Généraliser les financements par projet au détriment de la recherche fondamentale sur le long terme nous conduit dans l'impasse, comme l’illustre la recherche sur les maladies à coronavirus (sans financement après l’extinction de la première épidémie de SRAS). Le fonctionnement absurde d’une recherche soumise à des injonctions de court-terme, à la productivité, aux intérêts privés et à la concurrence généralisée, va de pair avec un renforcement des inégalités pour les étudiant-e-s comme les personnels administratifs et enseignants. Face à ces réformes et aux conséquences de la crise pandémique, nos revendications articulent l’exigence de protocoles sanitaires et la mise en place de conditions d’études et de travail correctes dans l’ESR sur le long terme.

3. (Re)penser et (re)construire l'ESR !

Toute crise pose la question d’un horizon : l’organisation juste de la société. Esquissons la place que pourrait y occuper l’Enseignement Supérieur et la Recherche.

3.1 Fédérer et auto-gérer l’ESR : une Université émancipatrice

Depuis l’Empire, l’ESR n’est unifié que formellement, comme une grande corporation hétéroclite douée d’un ministère propre. Ainsi, l’instauration du collège unique (1975), dans le second degré, n’a pas d’équivalent dans l’enseignement supérieur. L’opposition entre Grandes Écoles, entraînant des classes préparatoires toujours plus compétitives, les institutions techniques ou technologiques, directement articulés à des marchés de production, et les universités, enfin, dont les filières générales se délabrent, devient féroce. La compétition entre équipes, laboratoires et instituts de recherche est tout aussi délétère. Les statuts et les situations différenciées, professionnelles et estudiantines, explosent : notre ESR est un système à plusieurs vitesses. Pourtant, une Université entendue comme lieu de réflexion, de création, de diffusion et de transmission, d’épanouissement humain et scientifique, peut constituer un horizon unifié de l’ESR. Pour penser ce couple enseignement-recherche comme "forme sociale", il convient d'envisager l'émancipation comme sa finalité première. Cela impose d’en finir avec les intérêts économiques privés, les logiques de compétition, qui renforcent les inégalités, qui technocratisent et bureaucratisent les savoirs et les sciences. L’émancipation impose la réappropriation de l’ESR par toutes ses composantes intérieures (étudiant-e-s, enseignant-e-s, chercheur-e-s, personnels techniques et administratifs) et non par ses composantes hiérarchiques centralisées (ministère, Conférences des présidents d’universités ou de grandes écoles, directions d’établissements et de composantes). Par ses dimensions collectives, participatives et démocratiques, l'autogestion des établissements au sein d'un réseau public d'universités et de laboratoires fédérés, avec instauration de statuts titulaires de la fonction publique, garantirait la diversité des approches, la production libre et indépendante des savoirs, ainsi que leur partage serein, sans concurrence ni précarité.

3.2 Démocratiser et ouvrir l’ESR

Nous souhaitons un service public de l'ESR accessible à toutes et à tous, ouvrant la diffusion des activités de recherche et d'enseignement. Cette conception de l’Université comme lieu de connexion entre connaissances scientifiques et savoirs populaires ou encore entre créations scientifiques et artistiques, exige que les universités, écoles et laboratoires soient des lieux publics, accessibles gratuitement à toutes et tous. Cette ouverture dépend surtout du financement des études (bourses, logements), y compris pour les reprises d’études et la formation continue. Un maillage territorial, pensé sur le mode du réseau (permettant la circulation des usagers et des personnels), permettrait l’accueil des personnes les plus éloignées de l’outil universitaire, qu’elles le soient pour des raisons géographiques, sociales, économiques, ou d’accessibilité physique. Plus largement, il s’agit de repenser les pratiques de formation et de recherche pour élargir la participation (étudiant-e-s, personnels, « non spécialistes »), en construisant des savoirs et savoir-faire émancipateurs. Cette conception des savoirs comme biens communs va de pair avec des pratiques durables, sur des temporalités longues permettant des productions interdisciplinaires en lien avec les collectifs locaux, institutionnels (associations, collectivités, services publics) comme informels. Ce lien entre pratique académique et société doit se construire loin d’une posture uniquement centrée sur l’expertise, allant souvent avec une instrumentalisation politique de la recherche. Les interactions propres au travail d'enseignement et de recherche sont cruciales, et étrangères au « virage numérique » actuel. Cette reconfiguration des pratiques pose la question du métier et de son indépendance, aujourd’hui invalidés par la recherche de financement, la technocratisation du portage de projet, la précarisation des contrats, l'individualisation du travail et la démultiplication des tâches administratives.

3.3 Une autre société : l’Université solidaire et anti-hiérarchique

Nous dénonçons tous les rapports hiérarchiques, d’oppressions et de domination. L’Université est un lieu de solidarité entre personnels de toutes catégories et étudiant-e-s, impliqué-e-s dans la co-création du savoir, en prise avec la société et le monde. Toute restructuration de l’ESR au nom de « l’excellence », « d’objectifs nationaux », de « prestige », de « classement », n’est donc qu’une gestion extérieure de notre outil collectif d’émancipation.
La titularisation de toutes les personnes précaires et la garantie de moyens récurrents supplémentaires sont nécessaires. De même, le pluralisme local et l'autogestion dans la prise de décision, contre le pouvoir centralisé des directions ministérielles et d’établissement. De même, la suppression de toutes les évaluations et primes inscrites dans un « management » individualisé, porteur d’inégalités, de soumission et de rupture avec la collégialité de nos métiers. De même encore, l'arrêt de tout processus de sous-traitance (pour les agent-e-s d’entretien, etc.) et l'arrêt du pillage de l'argent public (CIR, partenariats public-privé). Les rapports enseigné-e-s/enseignant-e-s demandent aussi à être repensés pour éviter des formations où l'évaluation serait le principal objectif. Nous revendiquons une augmentation générale des revenus, la réduction des écarts de rémunération vers un salaire unique, ainsi que l'instauration d'un véritable salaire social étudiant pour toutes et tous, à tout moment de la vie. Prioritairement, celles et ceux qui se destinent à l’enseignement primaire et secondaire doivent être dotés d’un statut de fonctionnaire dès leur entrée en études, et d’une véritable formation universitaire continue sur toute leur vie.

Nous affirmons l’importance du respect des libertés académiques et, avec Marie Curie, la « reconnaissance du droit des savant-e-s », notamment le droit à disposer de moyens de travail nécessaires. Le partage des savoirs demande des débats empiriques et fondamentaux au-delà de la communauté académique, sur les conditions en permettant accès à toutes et tous.

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3 mai 2021 1 03 /05 /mai /2021 07:31
Soutien aux camarades de la CGT agressé-e‑s pendant la manifestation du 1er mai à Paris

À la fin de la manifestation organisée à Paris à l’occasion du 1er mai, à l’appel des syndicats, le cortège de la CGT a été violemment agressé par un groupe d’individus. 21 blessés, dont 4 dans un état grave, sont à déplorer. L’agression a été menée avec une extrême violence : jets de projectiles sur les manifestant-e-s, coups, dégradations sur les camions. Des insultes homophobes, sexistes et racistes ont été proférées. Dans d’autres villes également, les cortèges syndicaux ont été violemment pris à partie.

À travers la CGT, c’est le syndicalisme dans son ensemble qui est attaqué. Il est inacceptable qu’en plus de la violence policière, les manifestant-e-s soient dorénavant menacé-e-s par la violence de groupes d’individus agissant comme des nervis fascistes.

SUD éducation apporte son soutien plein et entier à ses camarades de la CGT. Le 1er mai, comme toutes les manifestations, appartient au mouvement social, à toutes celles et ceux qui luttent pour le progrès social et l’émancipation : nous ne nous laisserons ni diviser, ni intimider.

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 22:06

Communiqué SUD-CGT-FO-FSU-SNALC-SNCL

 

L’intersyndicale nationale CGT éduc’action, FNEC-FP-FO, FSU, SNALC, SNCL-FAEN, SUD éducation appelle à une nouvelle journée de grève le 3 juin pour obtenir satisfaction aux revendications légitimes des AESH pour l’amélioration des salaires et la création d’un véritable statut, contre les PIAL et la précarité.

La journée nationale d’action du 8 avril, où les AESH, ont été très nombreuses et nombreux à s’être mobilisé-es, a permis d’alerter sur la situation subie par ces personnels, méprisés par l’Éducation nationale. Les médias ont largement fait écho à ces actions. Seul le ministre refuse de voir ce qui a été massivement porté par les AESH, avec les personnels à leurs côtés, et remonté lors des audiences auprès des DASEN, des recteurs ou des préfets. Aucune annonce n’a été faite sur la reprise des discussions, aucun calendrier de concertation n’a été donné dans les instances nationales pouvant laisser croire à la disponibilité du ministère à tenir ses engagements sur l’amélioration des conditions d’emploi et sur une revalorisation salariale des AESH.

Le mépris a assez duré !

Aujourd’hui un-e agent-e de l’Éducation nationale sur dix est AESH. Ces agents de la Fonction publique, employé-es sous contrat, sont précarisé-es et malmené-es dans l’exercice quotidien de leurs missions. Ils et elles souffrent d’absence de reconnaissance institutionnelle et leurs conditions de travail ont été considérablement dégradées depuis la création des PIAL. Ce sont les élèves en situation de handicap et tout le service public d’éducation qui en pâtissent.

Les revendications restent les mêmes, et elles le resteront jusqu’à obtenir satisfaction.

Il y a urgence à :

• engager l’augmentation des salaires et garantir la possibilité de contrats à temps complet pour permettre aux AESH de vivre dignement de leur travail ;

• abandonner les PIAL et la politique de mutualisation des moyens ;

• créer un véritable statut de la Fonction publique pour reconnaître le métier d’AESH ;

• recruter massivement des AESH pour permettre aux élèves en situation de handicap de bénéficier d’un accompagnement à la hauteur des notifications.

L’intersyndicale nationale CGT éduc’action, FNEC-FP-FO, FSU, SNALC, SNCL-FAEN, SUD éducation appelle tous les AESH à faire entendre leurs revendications lors d’une nouvelle journée de grève nationale le jeudi 3 juin.

Elle appelle l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale à se joindre à cette journée de mobilisation aux côtés des AESH.

Elle invite également les associations de parents à soutenir les exigences portées pour l’amélioration de l’accompagnement des élèves en situation de handicap.

Elle appelle à la tenue d’intersyndicales pour préparer et réussir la journée de grève du jeudi 3 juin et d’assemblées générales des personnels pour réaffirmer les revendications et construire les suites de la mobilisation.

Paris, le 3 mai 2021

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30 avril 2021 5 30 /04 /avril /2021 16:30

Le bilan de la première semaine depuis la reprise n’est pas satisfaisant. De nombreux-ses élèves dont les enseignant-e-s n’étaient pas présent-e-s en classe n’ont pu être pris-e-s en charge du fait de l’absence de remplaçant-e-s. Il faut de toute urgence recruter massivement les enseignant-e-s pour faire face à cet accroissement des besoins. La campagne de tests promise tarde à se mettre en place : livraison tardive d’autotests, peu de visibilité sur le rythme à venir des livraisons, absence de mise en œuvre de la campagne de tests salivaires. La prétendue vaccination des personnels de plus de 55 ans ne fonctionne pas, faute de centres de vaccination et de créneaux disponibles en nombre suffisant. Au-delà, c’est bien tous les personnels de l’éducation qui doivent faire de toute urgence l’objet d’une priorisation. SUD éducation revendique la mise à disposition sans délai du vaccin pour tous les personnels de l’Éducation national et de l’enseignement supérieur.

 

C’est dans ce contexte inquiétant que les personnels du 2d degré vont retourner sur leurs lieux de travail à partir de lundi. La mise en œuvre des demi-jauges en 4e et 3e dans les départements les plus touchés se fait dans certains cas de manière inacceptable. En effet, les recteurs imposent parfois aux chef-fe-s d’établissement d’alterner des classes entières, au lieu de faire des demi-groupes. Cela pose plusieurs problèmes, sur le plan sanitaire comme pédagogique. Encore une fois, l’absence de cadrage au niveau national entraîne des disparités incompréhensibles. Ce sont bien des demi-groupes, et non des demi-jauges calculées à l’échelle des niveaux de classe, que revendiquent les personnels. Au-delà des 4e et 3e, les demi-groupes doivent être accordés pour l’ensemble des niveaux dès que les personnels en font la demande.

Aucune annonce nouvelle n’est venue préciser cette semaine le déroulement des examens. Les aménagements sont pour l’heure insuffisants, et le flou qui règne autour de ces moments cruciaux de la scolarité des élèves engendre un stress inacceptable. Les protocoles d’administration des auto-tests pour les lycéen-ne-s frisent l’absurde. Les protocoles sont irréalistes au point qu’il est raisonnable de penser que les autotests ne pourront pas être utilisés massivement dans les établissements.

Pour SUD éducation, les raisons de se mobiliser sont multiples : moyens insuffisants pour faire face notamment aux besoins en remplacement, conditions sanitaires toujours inquiétantes, menaces sur les conditions de travail. SUD éducation appelle les personnels à se réunir en Assemblée générale et à définir leurs revendications et leurs moyens d’action.

Partout où cela sera nécessaire, SUD éducation appuiera les équipes qui choisiront de se mettre en droit de retrait ou de faire grève pour obtenir satisfaction sur leurs revendications. SUD éducation met ainsi à disposition des équipes son préavis de grève.

Pour faire face à la crise de manière durable, il est nécessaire de recruter massivement pour permettre une baisse des effectifs sans diminution des heures de cours en présentiel. C’est le sens du plan d’urgence pour l’éducation que revendique SUD éducation depuis le printemps 2020.

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30 avril 2021 5 30 /04 /avril /2021 16:30

En mars 2021, le Premier ministre avait annoncé la possibilité pour les employeurs de verser une prime de 1 000 euros défiscalisée aux salarié-e-s dit-e-s en “deuxième ligne” dans la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Ce 28 avril, le gouvernement a précisé qu’elle pourra être versée jusqu’à un salaire égal à trois fois le Smic, et être portée dans certains cas jusqu’à 2 000 euros.

Pour autant, le Gouvernement reste muet sur le versement de cette prime aux salarié-e-s de la Fonction publique qui assument, au-delà des professions de la santé, une large part de cette “deuxième ligne”. En particulier dans l’Éducation et la recherche, les personnels continuent de se rendre sur les lieux de travail et d’accueillir le public dans des conditions sanitaires toujours aussi précaires.

L’annonce gouvernementale se fait donc à peu de frais. Si pour SUD éducation les primes ne constituent pas une fin en soi, il faut rappeler que dans l’Éducation des centaines de milliers d’agent-e-s sont rémunéré-e-s au Smic : AED, AESH, et les personnels administratifs de catégorie C en début de carrière. Leur salaire est même si bas que l’administration est obligée lorsque le Smic augmente de verser une indemnité compensatoire pour que la rémunération atteigne le niveau du Smic.

Dans ces conditions, refuser le versement d’une prime aux travailleurs et travailleuses de l’Éducation nationale comme de la recherche qui occupent les emplois les plus précaires et les moins rémunérés est injustifiable.

SUD éducation revendique le versement de cette prime à toutes et tous les agent-e-s de l’Éducation et de la Recherche, avec un montant d’autant plus élevé que leur salaire est bas. Plus généralement, SUD éducation revendique une réelle augmentation des salaires de tous les personnels qui permette de tendre vers l’égalité salariale.

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 17:22

AESH : poursuivons la lutte !

Une généralisation des PIAL pour la rentrée prochaine

Depuis la rentrée 2019, les académies et DSDEN poursuivent le déploiement des Pôles inclusifs d'accompagnement localisés. Ces regroupements d'écoles et établissements auxquels sont affecté-e-s les personnels en charge de l'accompagnement sont présentés par le ministère comme un moyen de « prise en compte des besoins au plus près de la réalité » permettant d'assurer « la continuité de l’accompagnement des élèves en situation de handicap ».

Derrière ces éléments de langage technocratique se cache une tout autre réalité pour les AESH comme pour les élèves :

  • une extension de l'accompagnement mutualisé,
  • une dégradation des conditions de travail des AESH qui se voient obligé-e-s d'accompagner de plus en plus d'élèves sur une zone géographique étendue, empêchant toute possibilité d'intégration effective des AESH dans les équipes éducatives et conduisant à une une explosion des temps de travail invisibles, déjà non-pris en compte,
  • une dégradation des conditions d'accompagnement des élèves qui voient le temps de présence d'une aide humaine à leurs côtés diminuer.

Les PIAL c'est aussi un renforcement de la hiérarchie pour les AESH qui subissent des changements d'emplois du temps, de lieux de travail et d'élèves accompagné-e-s au mépris de la continuité.

Leur généralisation, prévue pour la rentrée prochaine, se fait en dehors de tout cadre national. Certains PIAL couvrent des zones distantes de plusieurs dizaines de kilomètres, certains départements ne comportent que 3 PIAL en tout et pour tout, certain-e-s collègues se retrouvent à accompagner près de 10 élèves sur une semaine…

Cette organisation du travail maltraitante doit cesser : SUD éducation exige l'abandon des PIAL et de la politique de mutualisation de l'accompagnement et appelle les collègues à s'organiser localement pour résister collectivement aux injonctions d'accompagner de plus en plus d'élèves.

 

Le déploiement du logiciel GANESH

Expérimenté dans plusieurs académies, le logiciel Gestion Administrative Numérique des Élevés en Situation de Handicap permet de calculer l’adéquation des ressources AESH et des besoins d'accompagnement, prévoyant pour cela une base de 5 heures d'accompagnement. C'est donc un algorithme qui détermine le nombre d'heures d'accompagnement affecté aux élèves plutôt que l'évaluation des besoins réels par les équipes pédagogiques, éducatives et médicales.

Lorsque le ministère déclare que tou-te-s les élèves qui en ont besoin sont accompagné-e-s, il omet de préciser dans quelles conditions. Il ne s’agit plus d’accompagner pour favoriser l’inclusion mais d’optimiser et de rentabiliser des ressources humaines pour répondre à un besoin de chiffres.

SUD éducation refuse cette logique comptable et déshumanisée et exige le recrutement de personnels en fonction des besoins réels.

 

Des revalorisations indiciaires inacceptables !

La circulaire du 5 juin 2019 prévoyait la mise en place de grille de revalorisation de l'indice de rémunération des personnels AESH par académie. Les revalorisations qui sont actuellement présentées dans les Comités techniques académiques sont inacceptables : il s'agit pour les personnels d'une augmentation de quelques euros d'un indice à l'autre (5 à 23€ supplémentaires selon les échelons). Entre le début et la fin de la carrière, le salaire d'un-e AESH ne pourra augmenter que de 145 euros brut pour un temps plein. Le SMIC augmentant plus rapidement que le salaire, l’indice plancher disparaît chaque année, réduisant ainsi le nombre d’indice de la grille.

 

Pour SUD éducation ces revalorisation indiciaires ne sont pas une victoire : c'est du mépris pur et simple !

Le 8 avril dernier, des milliers de personnels AESH se sont mobilisé-e-s à travers le territoire. SUD éducation appelle, dès la rentrée, les AESH à se réunir en Assemblée Générale, à construire des collectifs de lutte là où il n'en existe pas encore, à rejoindre ceux qui existent pour décider tou-te-s ensemble à la base, de manière unitaire et démocratique, de la poursuite du mouvement des AESH pour la reconnaissance de leur métier !

 

SUD éducation revendique pour les AESH :

  • un statut de fonctionnaire, la création d’un nouveau métier d’éducateur-trice scolaire spécialisé-e & une titularisation sans condition ;
  • un salaire net à 1 700 euros pour un temps plein en début de carrière, dont l’évolution est déconnectée de toute évaluation professionnelle ;
  • la reconnaissance d’un temps plein à 24 heures d’accompagnement plus les heures connexes pour le travail de préparation, de suivi et de concertation ;
  • l’accès à la prime REP/REP+ au même titre que les autres personnels ;
  • d’autres conditions de travail et d’accompagnement, l'abandon les PIAL et de la logique de mutualisation ;
  • une autre formation, initiale et continue ;
  • la création de brigades de remplacement.

 

Un vrai statut, un vrai salaire !

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 17:22

Les politiques néo-libérales de gestion du service public ont conduit aux dysfonctionnements et aux inégalités criantes que dévoile au plus grand nombre l'épidémie de Covid-19. Aujourd'hui, les situations d'urgence que nous constatons dans l'Enseignement Supérieur et la Recherche (détresse des étudiant-e-s, précarisation accrue des personnels, perte de sens) imposent non seulement la critique de la succession des réformes délétères subies, mais aussi la construction d'un horizon collectif de revendications révolutionnant son fonctionnement.

1. Une succession de réformes néolibérales dans l'Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR)

Les récentes réformes (mise en place de la sélection en master en 2017, ORE-Parcoursup en 2018 ou encore le baccalauréat dit Blanquer en 2019) ont contribué à accentuer les inégalités d’enseignement dans le supérieur. Parcoursup renforce la sélection sociale et scolaire dans l’accès aux filières les plus demandées. Cela accentue la mise en concurrence des candidat-e-s, mais aussi des formations du supérieur. Cette réforme, comme celle du bac Blanquer, vise une individualisation des parcours. Or, la sociologie de l'éducation montre que plus l'éventail de choix est large, plus les inégalités se structurent en fonction du capital scolaire de la famille des élèves et étudiant-e-s.
Tout cela s'ajoute à des conditions de travail et d'études qui se dégradent depuis des années. L'autonomie des universités (loi LRU de 2007) s'est traduite par des contraintes budgétaires très fortes imposées par le ministère et, par voie de conséquence, par le gel massif de postes de titulaires, par le recours croissant aux vacations, aux heures complémentaires (qui représentent environ 1/3 des heures d'enseignement), et plus généralement aux contrats précaires, qu'il s'agisse du travail enseignant comme administratif. Ces contrats courts génèrent une rotation importante dans les équipes. Certains départements fonctionnent avec des moyens extrêmement faibles et sont amenés à diminuer les volumes horaires des formations. La mise en place de nouveaux dispositifs à moyens constants, notamment sur le plan administratif, se traduit par une diversification et une densification du travail pour les personnels administratifs.

Depuis décembre 2019, les mobilisations contre la réforme de la recherche (LPR) se sont organisées dans le contexte du mouvement contre la réforme des retraites, celle du chômage ou de la fonction publique. Cette mobilisation récente a pu s'appuyer sur des luttes précédentes, notamment celle contre la précarité dans la recherche depuis 2017, ou la lutte contre la LRU de 2007 à 2009. La vision de la recherche exprimée par la LPR est élitiste et individualiste : elle promeut une mise en concurrence exacerbée des chercheurs et des établissements scientifiques, en particulier en renforçant le financement par projet. Adoptée par l’Assemblée nationale le 20 novembre 2020, via une procédure accélérée, la LPR instaure de nouveaux dispositifs inégalitaires comme les contrats de mission, ou la mise en place de recrutements locaux, sur le modèle américain des tenure-tracks. En supprimant la qualification par le CNU pour devenir professeur-e et sous certaines conditions pour devenir maître-sse de conférences, la LPR fait sauter un frein au clientélisme de certains recrutements locaux. Enfin, la LPR organise une porosité accrue entre le service public et le secteur marchand. Depuis le Pacte pour la Recherche de 2006, le partenariat public-privé et la rentabilité commerciale sont devenus des critères cruciaux pour accorder les moyens et crédits de recherche. La répartition de ces derniers montre que la légère hausse budgétaire de la recherche se fait principalement à destination de l’Agence nationale de la Recherche, donc hors financements pérennes, donc au détriment de la masse salariale des universités. La programmation budgétaire ne permettra pas d’adapter les recrutements aux évolutions démographiques ou de pallier le manque actuel de postes statutaires. En parallèle, le scandale du Crédit Impôt Recherche (CIR), passé de 1,5 milliards à plus de 6 milliards annuels (à comparer au budget du Centre National de la Recherche Scientifique, autour de 3,5 milliards), se poursuit dans la plus grande opacité.

La LPR ne fait ainsi qu’aggraver la précarisation dramatique du travail dans la recherche, allant de pair avec une emprise toujours plus grande des entreprises privées dans ce secteur.Les conditions de convocation des instances et la manière dont elles se sont tenues confirme le mépris par le ministère des instances représentatives des personnels de l’ESR.

2. Une précarité accrue par la crise pandémique et son « virage numérique »

Décrétée en l'espace de quelques jours en mars 2020, la fermeture des universités et des laboratoires a eu des conséquences désastreuses sur les conditions de travail des personnels et sur les conditions d'étude du public accueilli, en imposant brutalement le télé-enseignement pour les enseignements, et le télé-travail pour les activités techniques, administratives et de recherche. Pour les personnels les plus précaires et les plus fragiles, travailler à la maison peut s'avérer une source d'angoisse et de multiplication de risques (manque de place, TMS, « continuités » pédagogiques et administratives, etc.). L'injonction à faire tourner la machine à produire des diplômes dans ces conditions a également suscité, chez les étudiant-e-s, des situations de stress où elles et ils étaient sommés de réussir leur année comme si rien ne se passait, alors que les moyens habituels déjà faibles, ne leur étaient pas offerts (fermeture des bibliothèques, par exemple).

Cette crise sanitaire, et la réponse apportée par le gouvernement, révèle et accentue les inégalités sociales et les rapports de domination que nous dénonçons depuis si longtemps. Comme dans l'Education Nationale, le vocable de « continuité pédagogique » masque de profondes inégalités. Pour les étudiant-e-s, les enquêtes soulignent non seulement des inégalités d'accès à de l'équipement informatique et à une connexion stable, mais aussi des conditions de confinement très contrastées (densité d'occupation du logement, personnes à charge, entourage touché par la maladie, obligation de continuer à travailler ou perte d'emploi et de revenu, etc.). La précarité et la détresse étudiante n'ont fait les premières pages des journaux qu’au début 2021, longtemps après le constat de l’ampleur des besoins et de la faiblesse des dispositifs d’aide sociale. S’en sont suivis des annonces contradictoires et complètement déconnectées du mode de fonctionnement des universités, pour feindre une volonté de retour partiel des étudiants sur site (pour exemple ). Comble de la provocation, sur la base de données de fréquentation des facultés, la ministre de l’ESR conclut : « 40% des étudiant-e-s ne reviennent pas en présentiel, car le mode d’enseignement à distance leur convient », alors que bien d’autre facteurs expliquent ce chiffre (décrochage, logement rendu pour retrouver le domicile familiale, difficulté de traduction pratique des consignes de reprises sans moyen, etc.). On décèle sans difficultés la construction d’un discours légitimant le tout numérique pour l’avenir, sur la base de chiffres interprétés hors sol, dévoyés. Or, en dehors des situations dramatiques, le quotidien montre que l'autonomie de travail à distance dépend du capital scolaire et de la socialisation au métier étudiant, renforçant les inégalités.

Du côté des personnels également, les conditions de confinement se révèlent très inégales. Les mobilisations des 11 février et 5 mars 2020 (la journée contre la précarité dans l'ESR et l'opération "L'université et la recherche s'arrêtent") ont permis de mettre à nouveau en lumière le poids considérable et l'exploitation des travailleurs-euses précaires, du fait d'une politique de sous-investissement chronique, engendrant la disparition massive de postes de titulaires. La crise que nous traversons amplifie la précarité et exacerbe ces inégalités qu'il n'est plus possible d'ignorer. Les vacataires d'enseignement sont soumis-e-s à des injonctions à la « continuité pédagogique » sans garantie de salaire versé à la fin du mois, alors même que leurs faibles revenus, bien souvent, ne leur permettent pas de disposer d'un espace de travail dans leur logement privé ; les doctorant-e-s voient leurs bourses de recherche suspendues ; dans les SHS, très féminisées, la double journée se ressent d'autant plus qu'on est confinée. L'imposition, par ordonnance, de semaines de « congés » obligatoires et la perte de jours de RTT pendant le premier confinement ont sonné comme une provocation pour les personnels BIATSS et ITA, d'autant plus pour des précaires payé-e-s au SMIC et sans garantie de renouvellement ou pour les femmes, qui très largement ont été les premières à se mettre en ASA pour s'occuper de la garde des enfants.

L’université est, comme l’ensemble de la société, traversée par les inégalités de genre ainsi que les violences sexistes et sexuelles que la crise sanitaire a d’ailleurs mis en lumière. En accentuant la précarité, en normalisant les logiques de compétitions et de concurrence, la LPR va renforcer ces inégalités et en particulier ces inégalités de genre.
Révélatrice des inégalités dénoncées par notre fédération syndicale, cette crise sanitaire montre du même coup la légitimité des revendications que nous portons pour l'ESR, en révélant les contradictions du fonctionnement actuel de ce secteur. La recherche publique est sacrifiée (gel des postes, épuisement des crédits récurrents de recherche des laboratoires) alors qu’elle constitue une ressource irremplaçable dans la situation que nous traversons. Généraliser les financements par projet au détriment de la recherche fondamentale sur le long terme nous conduit dans l'impasse, comme l’illustre la recherche sur les maladies à coronavirus (sans financement après l’extinction de la première épidémie de SRAS). Le fonctionnement absurde d’une recherche soumise à des injonctions de court-terme, à la productivité, aux intérêts privés et à la concurrence généralisée, va de pair avec un renforcement des inégalités pour les étudiant-e-s comme les personnels administratifs et enseignants. Face à ces réformes et aux conséquences de la crise pandémique, nos revendications articulent l’exigence de protocoles sanitaires et la mise en place de conditions d’études et de travail correctes dans l’ESR sur le long terme.

3. (Re)penser et (re)construire l'ESR !

Toute crise pose la question d’un horizon : l’organisation juste de la société. Esquissons la place que pourrait y occuper l’Enseignement Supérieur et la Recherche.

3.1 Fédérer et auto-gérer l’ESR : une Université émancipatrice

Depuis l’Empire, l’ESR n’est unifié que formellement, comme une grande corporation hétéroclite douée d’un ministère propre. Ainsi, l’instauration du collège unique (1975), dans le second degré, n’a pas d’équivalent dans l’enseignement supérieur. L’opposition entre Grandes Écoles, entraînant des classes préparatoires toujours plus compétitives, les institutions techniques ou technologiques, directement articulés à des marchés de production, et les universités, enfin, dont les filières générales se délabrent, devient féroce. La compétition entre équipes, laboratoires et instituts de recherche est tout aussi délétère. Les statuts et les situations différenciées, professionnelles et estudiantines, explosent : notre ESR est un système à plusieurs vitesses. Pourtant, une Université entendue comme lieu de réflexion, de création, de diffusion et de transmission, d’épanouissement humain et scientifique, peut constituer un horizon unifié de l’ESR. Pour penser ce couple enseignement-recherche comme "forme sociale", il convient d'envisager l'émancipation comme sa finalité première. Cela impose d’en finir avec les intérêts économiques privés, les logiques de compétition, qui renforcent les inégalités, qui technocratisent et bureaucratisent les savoirs et les sciences. L’émancipation impose la réappropriation de l’ESR par toutes ses composantes intérieures (étudiant-e-s, enseignant-e-s, chercheur-e-s, personnels techniques et administratifs) et non par ses composantes hiérarchiques centralisées (ministère, Conférences des présidents d’universités ou de grandes écoles, directions d’établissements et de composantes). Par ses dimensions collectives, participatives et démocratiques, l'autogestion des établissements au sein d'un réseau public d'universités et de laboratoires fédérés, avec instauration de statuts titulaires de la fonction publique, garantirait la diversité des approches, la production libre et indépendante des savoirs, ainsi que leur partage serein, sans concurrence ni précarité.

3.2 Démocratiser et ouvrir l’ESR

Nous souhaitons un service public de l'ESR accessible à toutes et à tous, ouvrant la diffusion des activités de recherche et d'enseignement. Cette conception de l’Université comme lieu de connexion entre connaissances scientifiques et savoirs populaires ou encore entre créations scientifiques et artistiques, exige que les universités, écoles et laboratoires soient des lieux publics, accessibles gratuitement à toutes et tous. Cette ouverture dépend surtout du financement des études (bourses, logements), y compris pour les reprises d’études et la formation continue. Un maillage territorial, pensé sur le mode du réseau (permettant la circulation des usagers et des personnels), permettrait l’accueil des personnes les plus éloignées de l’outil universitaire, qu’elles le soient pour des raisons géographiques, sociales, économiques, ou d’accessibilité physique. Plus largement, il s’agit de repenser les pratiques de formation et de recherche pour élargir la participation (étudiant-e-s, personnels, « non spécialistes »), en construisant des savoirs et savoir-faire émancipateurs. Cette conception des savoirs comme biens communs va de pair avec des pratiques durables, sur des temporalités longues permettant des productions interdisciplinaires en lien avec les collectifs locaux, institutionnels (associations, collectivités, services publics) comme informels. Ce lien entre pratique académique et société doit se construire loin d’une posture uniquement centrée sur l’expertise, allant souvent avec une instrumentalisation politique de la recherche. Les interactions propres au travail d'enseignement et de recherche sont cruciales, et étrangères au « virage numérique » actuel. Cette reconfiguration des pratiques pose la question du métier et de son indépendance, aujourd’hui invalidés par la recherche de financement, la technocratisation du portage de projet, la précarisation des contrats, l'individualisation du travail et la démultiplication des tâches administratives.

3.3 Une autre société : l’Université solidaire et anti-hiérarchique

Nous dénonçons tous les rapports hiérarchiques, d’oppressions et de domination. L’Université est un lieu de solidarité entre personnels de toutes catégories et étudiant-e-s, impliqué-e-s dans la co-création du savoir, en prise avec la société et le monde. Toute restructuration de l’ESR au nom de « l’excellence », « d’objectifs nationaux », de « prestige », de « classement », n’est donc qu’une gestion extérieure de notre outil collectif d’émancipation.
La titularisation de toutes les personnes précaires et la garantie de moyens récurrents supplémentaires sont nécessaires. De même, le pluralisme local et l'autogestion dans la prise de décision, contre le pouvoir centralisé des directions ministérielles et d’établissement. De même, la suppression de toutes les évaluations et primes inscrites dans un « management » individualisé, porteur d’inégalités, de soumission et de rupture avec la collégialité de nos métiers. De même encore, l'arrêt de tout processus de sous-traitance (pour les agent-e-s d’entretien, etc.) et l'arrêt du pillage de l'argent public (CIR, partenariats public-privé). Les rapports enseigné-e-s/enseignant-e-s demandent aussi à être repensés pour éviter des formations où l'évaluation serait le principal objectif. Nous revendiquons une augmentation générale des revenus, la réduction des écarts de rémunération vers un salaire unique, ainsi que l'instauration d'un véritable salaire social étudiant pour toutes et tous, à tout moment de la vie. Prioritairement, celles et ceux qui se destinent à l’enseignement primaire et secondaire doivent être dotés d’un statut de fonctionnaire dès leur entrée en études, et d’une véritable formation universitaire continue sur toute leur vie.

Nous affirmons l’importance du respect des libertés académiques et, avec Marie Curie, la « reconnaissance du droit des savant-e-s », notamment le droit à disposer de moyens de travail nécessaires. Le partage des savoirs demande des débats empiriques et fondamentaux au-delà de la communauté académique, sur les conditions en permettant accès à toutes et tous.

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 17:21

Alors que la circulation virale est toujours alarmante, les semaines d'enseignement à distance et de vacances n’ont pas été mises à profit pour une réouverture des établissements scolaires dans des conditions de sécurité sanitaire optimum. De plus, les problèmes numériques n'ont toujours pas été totalement résolus en cette première journée de reprise particulière.
Alors que la vaccination de tous les personnels volontaires est une condition indispensable pour maintenir les établissements ouverts, elle est largement chaotique pour les plus de 55 ans et la planification pour les autres agentes et agents de l'Education nationale n'est toujours pas actée.

L'absence d'anticipation du ministère de l’Éducation national a conduit à une situation sanitaire critique et à la fermeture des établissements. Néanmoins et suite à la pression de l'intersyndicale CGT, CNT-FDE, SNALC, SNEP-FSU, SNUEP-FSU et SUD-Education certaines mesures ont été prises mais leurs modalités restent à préciser quand d'autres nécessitent des réponses urgentes notamment :
–Les demi-jauges doivent être appréciées au niveau de la classe et non au niveau de l'établissement pour éviter ’’l'irresponsabilité sanitaire’’ de certaines directions locales.
–L’application transparente et immédiate de la règle 1 cas positif = fermeture de la classe dont la mise en œuvre doit relever de la responsabilité de l’établissement.
–Le déploiement des autotests pour les élèves sous la responsabilité de personnels de santé compétents pour cet acte médical et dans des lieux spécifiques dédiés. Cette tâche ne doit en aucun cas incomber aux personnels d'enseignement et d’éducation. Les modalités d’accès doivent être rapidement définies pour les élèves qui seront en PFMP.
–La fourniture gratuite de masques chirurgicaux aux élèves et aux personnels.
–L’accélération de la vaccination pour les collègues volontaires avec un calendrier et des modalités d’accès précis.
–L'équipement des locaux en capteurs de CO2.

Concernant les examens, le ministre Blanquer n’a pas eu un seul mot lors de sa conférence de presse pour les lycéennes et lycéens professionnels ce qui est fortement anxiogène pour eux et les personnels. L'intersyndicale rappelle ses exigences concernant la neutralisation de l’oral du chef-d’œuvre en CAP, des aménagements pour les épreuves ponctuelles terminales et un allègement des CCF.

Un grand plan d'urgence pour la voie professionnelle doit être engagé rapidement. Le ministre doit mener une politique de titularisation des personnels contractuels et de recrutements statutaires en nombre dans tous les métiers (PLP, PsyEN, Personnels administratifs, santé, sociaux et vie scolaire). Il doit aussi anticiper avec les collectivités territoriales les besoins en bâti scolaire. Toutes ces mesures sont indispensables pour répondre aux enjeux d'égalité fortement mis à mal depuis la crise sanitaire et préparer la rentrée 2021 dont la stabilité sanitaire n'est pas acquise.

L'intersyndicale a déposé un préavis de grève pour soutenir les personnels dans leurs actions, démarches et mobilisations afin d'obtenir des conditions sanitaires satisfaisantes et avoir les moyens de mener à bien leurs enseignements et la préparation aux examens.

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 17:21
Devenir enseignant-e = un vrai parcours du combattant
Rejetons une "réforme" qui précarise encore davantage les étudiant-es et pénalise les titulaires !

À travers leurs "réformes", M. Blanquer et Mme Vidal prétendent « renforcer l’attractivité du métier d'enseignant » et rendre la formation « plus efficace ». En réalité, cette « réforme » vise à faire des économies sur le dos des étudiant-es en les utilisant comme moyens d’enseignement et en déniant leur droit à une véritable formation universitaire et professionnelle, avant de se retrouver seul-es face aux élèves. Elle les appauvrira et augmentera leur charge de travail pendant l’année de M2 alors que celle-ci, déjà très lourde aujourd’hui, mériterait d’être allégée.

Une année de M2 en enfer !
Situation actuelle Réforme
Concours à bac+4 Concours à bac+5

Année de M2 :

Statut de fonctionnaire stagiaire rémunéré 1500€/ mois, effectuant :

- 1 stage en responsabilité à mi-temps en établissement ;

- 1 formation universitaire validant le M2

En vue de la titularisation.

Année de M2 :

Statut d’étudiant-e effectuant :

- soit 1 stage en responsabilité à tiers-temps en tant que contractuel-le rémunéré-e 722 € net /mois ,

- soit 1 stage d'observation et de pratique accompagnée de 12 semaines ;

- 1 formation universitaire validant le M2

- la préparation du concours

En vue de devenir fonctionnaire stagiaire…

 

Que deviendront celles et ceux qui valideront le M2 sans être admis-e-s au concours ? Un stock d’enseignant-e-s précaires sans vrai statut et corvéables à merci par le Ministère de l’Éducation Nationale, qui annonce déjà que la « réforme » permettra à terme de faire baisser le nombre de postes au concours !

Les actuel-le-s contractuel-le-s jeté-e-s au rebut et des titulaires bloqué-es dans leurs mutations avec des emplois du temps encore plus dégradés

Les rectorats chargés de faire appliquer cette « réforme » n'ont pas reçu de moyens spécifiques. Que deviendront les actuel-le-s contractuel-le-s ? Ils et elles seront au chômage, remplacé-e-s par des étudiant-e-s sans véritable expérience de l'enseignement. Pour les titulaires, c'est l'assurance d'une difficulté accrue à obtenir une mutation, puisque des temps-plein vacants sont transformés en supports pour les M2 en responsabilité. C'est également, dans le secondaire, l'assurance d'emplois du temps encore dégradés, puisque l'emploi du temps des M2 en responsabilité devra être groupé sur deux jours. Et quel-le-s collègues accepteront d'encadrer les « stages » alors que l'indemnité associée à la fonction de tuteur n'a cessé d'être réduite ?

Et les élèves ?

On ne peut enseigner en pleine responsabilité face à des élèves qu'après une formation validée par un diplôme et un concours. Cette réforme est inacceptable en l'état. Pour rendre le métier attractif, il faut consacrer du temps et de l'argent à une formation de qualité.

La jeunesse n'a pas besoin d'être davantage précarisée !

Ce gouvernement doit admettre que former des enseignant-e-s est un investissement pour l'avenir et non une charge. Il doit retirer cette "réforme" ! Les étudiant-e-s et les personnel-le-s des INSPE en lutte appellent les collègues du secondaire et du primaire, et plus généralement les personnels de l'éducation à discuter de cette réforme et à s'organiser pour lui faire barrage !

Tout le monde est concerné .

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