20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 10:23

Le 2 juillet dernier, SUD éducation a assisté au comité de suivi de la réforme de la formation des enseignant-e-s. Non dupes de cette mascarade de dialogue social, nous avons rappelé notre opposition à cette contre-réforme ainsi que nos revendications quant au recrutement et à la formation des enseignant-e-s stagiaires.

Plus particulièrement, en ce qui concerne la rentrée 2020 et les conditions exceptionnelles qui s’annoncent, l’administration a fait des déclarations tendant à rassurer, notamment sur le suivi et l’accompagnement renforcé des enseignant-e-s stagiaires, les inspecteurs-trices et chef-fe-s d’établissement ayant été « alerté-e-s » sur ce point. Certes, nous faisons les mêmes constats : les futur-e-s stagiaires ont subi un concours 2020 modifié, ils-elles auront à faire face à des élèves à besoins particuliers compte-tenu du contexte sanitaire, à une formation qui s’annonce « hybride » (en distanciel et en présentiel) dans les INSPE, à des conditions de titularisation encore obscures (oral prévu en fin d’année de stage) .

Mais aucun moyen n’est annoncé pour faire face à ces problématiques, et compte-tenu des situations de titularisation de certain-e-s stagiaires que nous avons défendu-e-s et qui témoignaient d’inégalités de traitements, d’irrégularités, de malveillances institutionnelles, nous avons toutes les raisons de nous inquiéter de cette prochaine rentrée !

Concernant la mise en place de la réforme en tant que telle, nous maintenons notre opposition aux dispositifs qui nous ont été présentés :

• La création des « classes prépa » pour les futur-e-s PE. Quel sera le statut des inscrit-e-s ? Quelle rémunération auront-ils-elles ? Ces classes entreraient en concurrence avec la formation universitaire qui manque cruellement de moyens. C’est aussi le risque d’une orientation trop précoce pour des étudiant-e-s qui souhaiteraient changer de cursus par la suite...

• La formation des stagiaires qui serait assurée pour un tiers par des enseignant-e-s de terrain. Mais quid des professeur-e-s d’INSPE et de l’apport de la recherche universitaire ? Serait-ce des suppressions de postes déguisées à l’université ? Quid des transformations des missions des maitres-ses formateurs-trices qui suivent actuellement les stagiaires sur le terrain ?

• Le statut des futur-e-s étudiant-e-s en M1, M2 en alternance qui deviendront des contractuel-le-s mal payé-e-s en lieu et place des fonctionnaires stagiaires payé-e-s à temps plein !

• Le développement des contrats de pré-professionnalisation avant le Master MEEF qui induit de fait une précarisation du métier et permet au ministère d’avoir accès à une main-d’œuvre corvéable à merci !

• Les concours qui seront à partir de 2022 placés en fin de M2, rendant cette année impossible pour des étudiant-e-s mal payé-e-s, pressurisé-e-s par le passage du concours, la validation du Master, et la classe à mener !

Dans le cadre du comité de suivi de cette contre-réforme, nous avons revendiqué le retrait de la réforme des INSPE. Nous demandons le retour à un concours à bac +3, suivi de deux années de formations rémunérées avec entrée progressive dans le métier. Nous proposons que la formation des enseignant-e-s stagiaires soit assurée par les pairs, car l’équipe disciplinaire sur place connaît les élèves et les problématiques de l’établissement et le travail serait mieux réparti (particulièrement dans contexte Covid). Nous avons exprimé qu’il ne faut pas surcharger les formations déjà lourdes écartelant les stagiaires entre la formation et l’enseignement et, ce dans un contexte angoissant pour la rentrée 2020.

 

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 10:21

Le gouvernement a publié le 3 et le 5 avril , un arrêté et un décret qui rendent obligatoire de passer un examen d’anglais dans un organisme privé pour obtenir les diplômes de licence, licences professionnelles, BTS et DUT.

En 2018, SUD éducation dénonçait déjà la volonté du gouvernement d’alors, celui d’Edouard Philippe à externaliser la certification en langues. À l’époque, le Premier ministre annonçait l’introduction d’une “logique d’attestation de niveau en langues étrangères” de faire passer des certifications proposées par des organismes privés qui seront « financées par l’État ».

Les textes publiés conduisent à financer le secteur privé avec de l’argent public, ce qui constitue un pas de plus vers la privatisation de l’éducation. D’autre part, imposer l’anglais comme langue prioritaire confirme que la seule priorité du gouvernement est l’anglais commercial, à l’opposé du plurilinguisme comme moyen d’une compréhension interculturelle entre les peuples.

SUD éducation revendique l’abrogation de ce décret qui hiérarchise les langues, renforce la logique de marché au sein du service public d’éducation et contribue à appauvrir encore le service public de l’enseignement supérieur.

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 10:12

Avec un taux de réussite au bac proche des 96% et un nombre de places dans le supérieur qui stagne, l’équation s’annonce compliquée à la rentrée. Alors que les lycéen-ne-s de terminale ont déjà vécu une fin d’année difficile, la sélection de Parcoursup qui se termine ce vendredi 17 juillet est une source d’angoisse supplémentaire.

Frédérique Vidal annonce que seul-e-s 9 500 lycéen-ne-s se trouvent sans affectation dans le supérieur alors que selon les chiffres publiés sur le site de Parcoursup lui-même, 727 615 des 857 216 candidat-e-s (≃ 84%) ont obtenu une proposition d’admission. A l’heure actuelle, plus de 90 000 personnes attendent encore une place en première année d’enseignement supérieur contre 58 000 l’année dernière. Derrière ces chiffres se cache un écart croissant entre d’une part les vœux des lycéen-ne-s et des candidat-e-s en réorientation, et d’autre part les capacités d’accueil dans certaines formations, saturées depuis plusieurs années. On compte 50 000 bachelier-e-s de plus cette année par rapport à la rentrée dernière, soit l’équivalent de deux universités moyennes françaises.

Dans les universités, les directions préparent en ce moment des rentrées « hybrides », entre cours en présence et à distance, ainsi que différents modèles en fonction de la situation sanitaire. Avec des amphis qui ne pourront accueillir que 25% des étudiant-e-s par endroit, la rentrée sera très compliquée.

Ce que ne dit pas la ministre, c’est que pour affronter cette rentrée encore plus tendue que les précédentes, l’Université a besoin de moyens financiers et humains : création de places, embauche massive d’enseignant-e-s et de personnels administratifs et techniques pour dédoubler les TD/TP et faire face aux effectifs croissants, récupérer des mètres carrés, mettre en place des moyens informatiques pour les étudiant-e-s et les enseignant-e-s si les cours ne peuvent se dérouler en présence...

Cela fait des années que l’enseignement supérieur français fonctionne au bord de la rupture et ce ne sont pas quelques 3 000 places en plus en BTS ou 1 000 en apprentissage qui amortiront la hausse des effectifs dans le supérieur cette année. L’ambition du gouvernement, selon la ministre, est de trouver une place (pas forcément dans la formation visée en priorité) pour chaque lycéen-ne-s à la rentrée, comme l’y contraint le code de l’éducation. Quid des nombreux-ses candidat-e-s en réorientation ?

Le ministère veut aller vite sur sa Loi Pluriannuelle de Programmation de la Recherche. Elle est pourtant refusée par la très grande majorité des personnels et usager-e-s du supérieur, ce qu’a mis en évidence l’intense mobilisation du semestre dernier. Cette LPPR sera présentée dès la semaine prochaine en conseil des ministres, en promettant à la recherche 25Mds sur 10 ans alors que l’ESR a besoin dès cette rentrée d’un plan d’investissement massif, de recrutement de personnels enseignants et administratifs et de résorption de la précarité étudiante, dramatiquement mise en évidence par le confinement.

Plus que jamais SUD éducation refuse la sélection à l’Université et revendique la création de places pour permettre l’accès de chaque candidat-e à la filière de son choix et un accès à un enseignement supérieur émancipateur, laïc, gratuit et ouvert à toutes et tous.

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 10:48

Ce lundi 6 juillet à 2020 la liste des membres du nouveau gouvernement de Jean Castex, premier ministre, a été annoncée. Au vu du choix du premier ministre et de la nouvelle composition du gouvernement, il est manifeste que le président Macron cherche à aller toujours plus loin dans sa politique de démantèlement des conquis sociaux et à renforcer sa posture autoritaire.

Dans l’Éducation nationale et dans l’Enseignement supérieur et la recherche, peu de changement. Jean-Michel Blanquer reste ministre, et bénéficie même d’une promotion en obtenant le rattachement des sports à son portefeuille (alors qu’il s’agissait jusqu’ici d’un ministère de plein exercice), et Frédérique Vidal est de nouveau nommée à l’Enseignement supérieur et la recherche. Cela montre si besoin était le mépris du gouvernement envers les personnels, les élèves, les étudiant-e-s et les parents d’élèves.

Il est manifeste que le ministre Blanquer suscite une opposition unanime de la part des personnels, tant sa posture autoritaire, infantilisante, menaçante et méprisante est décriée par l’ensemble des acteurs et actrices du secteur. Ses multiples contre-réformes – réformes des trois voies du lycée, réforme du bac, loi Blanquer, réforme annoncée des directions d’école – ont toujours été refusées par les personnels et la majorité des voix des organisations syndicales dans les instances, mais imposées de force. Sa volonté de standardiser coûte que coûte les pratiques pédagogiques des enseignant-e-s dans une optique conservatrice montre l’étendue de son mépris envers la professionnalité des personnels, et suscite un rejet évident, en particulier dans le premier degré. Les mobilisations massives dans le secteur depuis 2018 et tout au long de l’année 2019-2020 en sont le meilleur indicateur.

Dans l’Enseignement supérieur et la recherche, la ministre Vidal a manifestement pour mission de poursuivre le démantèlement du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, alors que les personnels et les organisations syndicales rejettent et combattent actuellement la loi de programmation pluriannuelle de la recherche et ont toujours rejeté Parcoursup.

SUD éducation considère cette décision comme le signe que l’exécutif, à peine sorti de la crise de la Covid, poursuit sa construction d’un rapport de force contre les services publics et les droits des salarié-e-s. Nous en tirons les conclusions qui s’imposent : il est plus que jamais temps de construire un affrontement d’ampleur face à la politique menée par le ministère et ce gouvernement au service des capitalistes.

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4 juillet 2020 6 04 /07 /juillet /2020 16:06

Après l’adoption de la loi par l’Assemblée nationale, le MEN a annoncé le 2 juillet 2020 de nouvelles dispositions pour les collègues directeurs et directrices d’école, pour la plupart applicables dès la rentrée 2020.

Les mesures annoncées font état d’une indemnité exceptionnelle dont le montant demeure inconnu, d’une organisation indépendante des 108 heures de service annuelles, la simplification d’applications informatiques, "des espaces de discussion" virtuels avec les représentant-e-s des DASEN, un référent "direction d’école" choisi par l’IEN par département et une aide administrative recrutée par le ministère qui pourra être exercée par des services civiques, des AED ou des étudiant-e-s apprenti-es préparant un diplôme de niveau bac+2 (BTS, DUT…).

Les annonces du ministre sont souvent des demi-mesures. Les tâches administratives ne seront pas allégées, mais seulement annoncées plus en avance. La décharge de service des directeurs et directrices d’école n’augmentera pas. L’aide administrative dont et elles bénéficieront sera essentiellement apportée par une main d’œuvre peu formée et corvéable : des salarié-e-s en contrat précaire, ou des jeunes en service civique.

Pour SUD éducation, le ministère doit travailler immédiatement à l’amélioration des conditions de travail des personnels. Cela passe par des recrutements de personnels statutaires, une baisse générale des effectifs en classe, l’allègement réel des tâches administratives, une augmentation de salaire.

C’est ainsi qu’il sera possible de garantir un fonctionnement démocratique dans les écoles, condition nécessaire à un service public d’éducation émancipateur pour tou-te-s les élèves.

 

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4 juillet 2020 6 04 /07 /juillet /2020 16:02

Blanquer a indiqué dans un courrier envoyé aux personnels son intention de maintenir les évaluations nationales à la rentrée 2020.

Faire passer des évaluations dès la rentrée est irresponsable. Il est inacceptable d’évaluer des élèves sur des notions non-abordées.

Les élèves et les personnels viennent de vivre une fin d’année catastrophique en raison de la crise sanitaire. L’enseignement à distance, la fracture numérique, la mauvaise gestion de la crise par l’administration jusqu’à son plus haut niveau pendant le confinement et lors de la reprise ont exacerbés les inégalités scolaires.

Les élèves n’ont pas eu les conditions nécessaires pour poursuivre les apprentissages, malgré ce que ne cesse de répéter le ministère.

SUD éducation dénonce ces évaluations depuis leur mise en œuvre tant du point de vue de leur contenu, que de leur passation ou de leur traitement sur les serveurs d’Amazon. Dans le cadre post-Covid l’absurdité de ces évaluations est d’autant plus flagrante qu’elles mettront en échec les élèves.

SUD éducation revendique l’abandon des évaluations nationales standardisées, vides de sens et cause d’une dégradation des conditions de travail et d’étude pour les élèves et les personnels.

Depuis le début de la crise sanitaire, SUD éducation revendique un plan d’urgence de l’éducation pour la rentrée de septembre. Les élèves ne doivent pas faire les frais des décisions cyniques du ministère.

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4 juillet 2020 6 04 /07 /juillet /2020 16:00

Le ministre de l’Éducation nationale et la secrétaire d’ État chargée des personnes en situation de handicap ont annoncé le 30 juin 2020 des « moyens supplémentaires » pour l'inclusion des élèves en situation de handicap à l'école. 8000 emplois à mi-temps vont être créés ainsi que 350 nouvelles ULIS (Unités Locales d'Inclusion Scolaire). Malheureusement, les personnels de l’ Éducation nationale savent que cette annonce reste superficielle et ne suffit pas à améliorer véritablement l'accueil des élèves en situation de handicap à l'école.

D'abord, cette augmentation des moyens permettra à peine de compenser la hausse du nombre d'élèves en situation de handicap dans les écoles et établissement scolaire.

Par ailleurs, aucune mesure n'a été annoncée pour sortir les AESH de la précarité. Le gouvernement propose d’employer 8000 personnels à mi-temps avec par conséquent des demi-salaires (630 euros par mois). Cette annonce intervient alors que le ministère généralise les pôles de mutualisation des moyens (les PIALs) et dégrade les conditions de travail des AESH, à qui l'on impose d'aller d'un élève à l'autre, d'une école à l'autre, d'un handicap à l'autre, sans formation digne de ce nom. Cette politique n'est pas définie par les intérêts des élèves ni par des motivations pédagogiques mais bien sûr par des considérations économiques de rentabilité.

Pour SUD éducation, l'accompagnement des élèves en situation de handicap est un métier qui nécessite la création d'un statut de la Fonction Publique avec des emplois à temps plein.

L'absence de statut et de conditions d'emploi acceptables provoquent des difficultés pour recruter des personnels et pour les stabiliser sur ces postes. La précarité accrue des AESH ne permettra pas d'améliorer les conditions de l'inclusion scolaire.

SUD éducation revendique la création d'un statut d'AESH dans la Fonction Publique avec des augmentations salariales pour un temps plein à 24h devant élèves.

 

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4 juillet 2020 6 04 /07 /juillet /2020 15:56

Ce mercredi 1er juillet, le Conseil d’Etat a rendu sa décision en réécrivant totalement la décision du Conseil constitutionnel concernant le recours intenté par : UNEF, ASEPEF (Association des Étudiants Péruviens en France), FESSEF (Fédération des Étudiants Stagiaires et Sénégalais de France), AJGF (Association des Jeunes Guinéens de France), ADEEF (Association Des Etudiants Égyptiens en France), SNESUP-FSU, FERC CGT, FERC Sup, Solidaires Étudiant•e•s et FO ESR contre le plan “Bienvenue en France” et la multiplication par 15 des frais d’inscription pour les étudiant•e•s non-européen-ne-s.

De 30% à 40% des coûts globaux de formations soit 4000 euros : une somme modique selon le Conseil d’Etat…

Le Conseil d’Etat décide de considérer que 3 770 euros de frais d’inscription est une somme “modique” puisque cela ne concernerait qu’un tiers du coût de la formation par étudiant-e et par an. Pour estimer ce coût, il est établi un calcul généraliste visant à diviser le budget total de la formation (10 210 euros selon la cours des comptes, 9 660 euros selon un rapport de l’assemblée nationale) par le nombre d’étudiant•e•s, hors les formations ont des coûts très différents entre elles. Cette évaluation des coûts de formations n’est ni fine, ni précise puisqu'elle ne va pas dans le détail des formations et dans ce qui constitue ces coûts. De plus, par ce choix, le Conseil d’Etat réécrit le principe établit par le Conseil Constitutionnel qui préconise de se baser sur l’étudiant•e et non pas sur le coût de la formation : le coût doit rester modique pour l’étuidant.es et non ramené au coût global de la formation.

Des frais d’inscription qui peuvent être différenciés entre étranger•e•s et français•e•s …

Le Conseil d’Etat entérine également dans sa décision le fait de pouvoir appliquer des frais différenciés entre étranger•e•s et français•e•s. Il met en avant que le système des bourses accordées par le pays d’origine et la possibilité d’exonération de 10% des étudiant•e•s non-boursier•ère•s par les établissements laisse la possibilité de prendre en considération la situation financière personnelle des étudiant•e•s. Cependant, cet argument est pernicieux. Les bourses nationales des pays d’origine n’existent pas toujours, et lorsqu’elles existent les montants et les critères d’attribution sont très divers à tel point qu’il est presque impossible de calculer une moyenne réaliste des revenus des bourses et aides nationales que peuvent toucher les étudiant•e•s étranger•ère•s.

A l’absence d’aides s’ajoute aussi des frais supplémentaires, qui, s’ils ne concernent pas directement l’ESR, sont des frais connexes dont on ne peut se passer pour être étudiant•e : frais de visas, frais de transport pour venir en France, obligation de justifier de 615 euros de ressources mensuelles pour l’obtention et le renouvellement des visas ou encore restriction du travail salarié entre 50% et 60% du temps plein.

… mais surtout une possibilité de sélection par l’argent pour tou•te•s entérinée !

Enfin, cette décision participe à la dislocation de nos acquis sociaux que le Conseil d’Etat acte aujourd’hui. En effet, le recours ne concerne pas seulement les étudiant•e•s étranger•ère•s, mais tous les étudiant.es en la question du conditionnantement de l’accès à l’enseignement supérieur au paiement d’une somme d’argent importante.

Ce sont tous les frais exorbitants mis en place dans certaines écoles, qui sont ainsi considérés comme ne faisant pas obstacle à l’accès à l’enseignement supérieur : à terme, tous tout le monde les étudiant.es peut pourrait avoir à payer environ 4000 euros car c’est modique !

Enfin, par sa décision, le Conseil d’Etat accepte de reconnaître que le service public d’ l’accès à l’enseignement supérieur national n’est plus ouvert à toutes et tous peut être conditionné au paiement de frais d’inscription élevés. A travers cette décision, c’est notre modèle social qui est remis en cause puisque le Conseil d’Etat prend acte du fait que l’accès à un service public aussi indispensable à l’individu qu’à la collectivité qu’est l’enseignement supérieur peut être conditionné au paiement de sommes d’argent importante ; il entérine ainsi la possibilité de sélection par l’argent dans l’accès à l’enseignement supérieur.

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4 juillet 2020 6 04 /07 /juillet /2020 15:53

Jean-Michel Blanquer a annoncé le 30 juin que les épreuves de contrôle continu du baccalauréat seraient aménagées : en lieu et place des E3C, les établissements organiseront en interne et sur les heures de cours ces épreuves « d’évaluations communes ». Celles-ci dureront au maximum deux heures et les sujets seront toujours tirés d’une banque nationale de sujets. Force est de constater encore une fois que ce baccalauréat n’aurait plus de national que le nom. En choisissant de confier toujours davantage l’organisation de l’examen au local, le ministre confirme encore qu’il rompt l’égalité que permettait l’ancien baccalauréat : la tenue de commission d’harmonisation seulement en fin d’année ne fait que le confirmer. Loin d’assurer des conditions d’examen équivalentes pour tou-te-s, cette nouvelle mesure confirme que les diplômes, en fonction de l’établissement d’origine, n’auront pas la même valeur. Le tri social, via l’orientation, serait encore accentué par un diplôme maison. Au passage, comme il n’y a pas de petite économie, l’indemnité de correction risque du même coup d’être supprimée.

Le ministre a refusé d’entendre la colère légitime des personnels, des lycéen-ne-s et des parents et a répondu à coup de gaz lacrymogène, de coups de matraque et de placements en garde à vue. Au lieu d’entendre tou-te-s les concerné-e-s - quant on sait que les épreuves ont été perturbées dans 660 établissements en France - le ministre choisit, comme d’habitude, de faire la sourde oreille après avoir réprimé violemment. Les E3C se sont en effet déroulées cette année dans des conditions effroyables et indignes d’un examen national, au mépris de la sécurité des personnels et des élèves.

Cette décision démontre que la logique de ce nouveau bac reste la même : l’évaluation permanente au détriment du temps d’apprentissage ! Les enseignant-e-s passeraient leur temps à préparer leurs élèves à ces épreuves qui vont rythmer l’année.

SUD éducation dénonce cette nouvelle mesure et revendiquer toujours la suppression des réformes du bac et du lycée et le retour à des épreuves terminales nationales.

 

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 15:09

Réduction du nombre de jours pour garde d’enfants malades : une attaque inacceptable contre nos droits

Communiqué de SUD éducation - jeudi 2 juillet 2020

Dans le cadre de la loi de transformation de la fonction publique, le gouvernement a préparé un projet de décret sur les autorisations spéciales d’absence pour motifs familiaux. L’article 11 de ce texte prévoit de réduire le nombre de jours d’absence autorisés pour la garde d’enfants malades ce qui est extrêmement problématique. Pour l’instant les agent-e-s bénéficient de 6 jours par an, voire 12 dans le cas du transfert des droits de l’autre parent si il ou elle ne peut en bénéficier, ou en cas de monoparentalité. Le projet de décret prévoit de réduire ce nombre à 3 jours (5 pour les enfants de moins d’un an ou en cas de famille de plus de 3 enfants). Les quelques progrès dans l’attribution des autorisations d’absence sont utilisées par le ministère pour justifier cette nouvelle attaque contre nos droits, ce qui est inacceptable.

C’est donc un recul important des droits accordés aux agent-e-s publics, et notamment pour les familles monoparentales, que ce texte prévoit. À la fin de l’écoulement des droits, les personnels de l’Éducation pourront être dans l’obligation en cas d’enfants malades de prendre des journées d’absence sans traitement. Dans notre secteur professionnel, majoritairement féminisé, il s’agit donc également d’une attaque contre le droit des femmes (qui représentent la quasi-totalité des familles mono-parentales) et particulièrement contre les femmes les plus précaires.
Cette disposition pourra contraindre les agent-e-s à prendre des autorisations d’absence sans traitement beaucoup plus tôt.
SUD éducation dénonce la loi de transformation de la fonction publique qui nivelle par le bas le droit des agent-e-s du public, en s’alignant sur le code du travail appliqué dans le secteur privé.
SUD éducation revendique l’abandon sans délai de ces dispositions rétrogrades.

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