17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:54

Communiqué de SUD éducation

 

Aujourd’hui, le ministre Blanquer a multiplié les interventions médiatiques pour annoncer une réouverture progressive des écoles et des établissements à compter du 11 mai.

Le ministre montre dans ses interventions que le ministère de l’Éducation nationale n’est pas prêt et ne maîtrise pas la réalité du terrain dans les établissements scolaires.

Blanquer annonce dans tous les médias que la reprise se fera progressivement avec des effectifs réduits si les conditions sanitaires sont réunies. Cependant, le ministre s’exprime avec son flou habituel. Aucune consigne claire, aucune information précise ne permettent de saisir la réalité de la mise en œuvre d’un retour progressif des 12 millions d’élèves dans les écoles et établissements scolaires.

Ce flou, qui risque une nouvelle fois d’entraîner un renvoi au local, est particulièrement anxiogène pour les élèves et leur famille d’une part, pour les personnels de l’Éducation nationale d’autre part, d’autant plus que la communauté scientifique émet des réserves sur la pertinence d’un déconfinement aussi rapide.

Ce que révèle cette annonce, c’est avant tout l’instrumentalisation des élèves, et notamment les plus défavorisé-e-s, par le ministre au service des capitalistes qui veulent imposer la reprise des activités à leur profit. Les conditions de travail à la reprise ne manquent pas d’inquiéter, car le ministre a sous-entendu qu’il serait possible de conjuguer enseignement à distance et en classe au mépris des conditions de travail des personnels.

Une éventuelle réouverture des écoles et établissements ne pourrait se faire qu’à certaines conditions indispensables :

  • dépistages systématiques et réguliers des personnels et des élèves (et non uniquement des cas symptomatiques) ;

  • un plan de suivi sanitaire rapproché des personnels et des élèves, et à court terme la constitution d’une médecine de prévention en mesure d’assurer une partie de ces missions ;

  • mise à disposition du matériel de protection nécessaire pour tous les personnels et les élèves (masques, gels hydro-alcooliques) et désinfection régulière des locaux ;

  • octroi de moyens supplémentaires dès la réouverture des classes pour permettre une baisse des effectifs à même de garantir la distanciation sociale dans les salles de classe.

Pour SUD éducation, le ministre et le gouvernement sont une nouvelle fois en-dessous de la réalité de la situation.
SUD éducation s’opposera à la réouverture des écoles et des établissements tant que la situation sanitaire ne le permettra pas.
SUD éducation veillera au respect des droits des personnels dans la période et à l’égal accès des élèves à l’enseignement.

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:53

Communiqué de presse

 

Depuis le début du confinement, des personnels techniques et ouvriers ont été sommés de rester sur leur lieu de travail pour assurer l’entretien des bâtiments du CROUS où les étudiant-e-s n’ont pas pu ou voulu rejoindre le domicile parental ; comme c’est aussi le cas pour les écoles encore ouvertes accueillant les enfants des personnels soignants.

Ces personnels sont en première ligne face au virus. Ils doivent nettoyer des locaux qui sont potentiellement infectés. Nous rappelons que les articles L4121-1 et L4121-2 du code du travail définissent les obligations de l’employeur quant aux mesures à prendre pour la sécurité et la protection de la santé physique et morale des travailleuses et travailleurs. Les personnels d’entretien doivent avoir à leur disposition des masques, des gants, des gels désinfectants, des serviettes jetables et suffisamment de pauses pour se laver les mains régulièrement. Sans ces conditions, SUD éducation soutiendra toutes celles et ceux qui feraient usages de leur droit de retrait.
SUD éducation rappelle que la hiérarchie a le devoir de communiquer sur la propagation du virus. Dès qu’un cas de contamination est confirmé, l’administration doit avertir l’ensemble des personnels qui ont été en contact avec lui-elle : elle le fait pour certaines catégories de personnels, il est inacceptable que d'autres soient oubliées.
Au delà du climat angoissant et des conditions de travail qui mettent en péril leur santé et leurs vies, ces personnels subissent souvent des pressions hiérarchiques, des ordres contradictoires, des consignes illogiques. Face à des sous-effectifs importants, la hiérarchie se doit d’être cohérente et de prioriser les tâches les plus importantes. Nous demandons des procédures claires et précises qui tiennent compte à la fois du volontariat des personnels et du travail nécessaire inscrit dans le plan de continuité d’activité résultant du CHST ministériel du 26 mars 2020. Nettoyer les lieux collectifs est prioritaire sur le nettoyage des chambres inoccupées des étudiant-e-s, par exemple.
Concernant les personnels confinés, nous nous assurerons que toutes et tous bénéficieront de la totalité de leur indemnité et ne subiront pas de menaces de sanction, ni aucune pression pour revenir sur leur lieu de travail.

Face à l’exposition à la contamination et à une situation particulièrement anxiogène, SUD éducation revendique :

  • toutes les informations et toutes les mesures de protection nécessaires ;

  • le maintien de l’intégralité de tous les traitements et salaires ;

  • la prolongation de tous les CDD d’une période au moins égale au confinement ;

  • une prime conséquente pour les personnels exposés aux risques

Nos vies plutôt que leurs économies !

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:52

Courrier de la fédération SUD éducation

 

Objet : aides sociales à la restauration scolaire

La crise sanitaire que le monde traverse a conduit, le 12 mars dernier, le Président de la République à fermer l’ensemble des établissements scolaires pour protéger les plus vulnérables et freiner la progression du virus. Les élèves demi-pensionnaires ne se voient plus assurer la distribution de leur déjeuner quotidien, quatre ou cinq fois par semaine.
Pour les familles au revenu le plus faible, le repas du midi était le repas essentiel de leur journée, car complet et équilibré. De plus, le coût de ce repas était largement pris en charge soit par les CCAS grâce à des tarifs sociaux dans le premierdegré, jusqu’à la gratuité selon les situations, soit par l’intervention des fonds sociaux en collège et lycée.
Désormais, le coût de ce déjeuner est assumé intégralement par les familles. 
Le risque est réel que les élèves ne soient plus en mesure de consommer au moins un repas correct par jour.
Dans la crise sanitaire que traverse le pays, il semble indispensable que le système de solidarité continue à fonctionner pleinement. 
 Au-delà de la crise sanitaire, cette période de confinement jette une lumière crue sur les inégalités sociales dont souffrent nos élèves, en particulier des quartiers populaires : confort de vie dans les appartements et maisons, accès aux outils numériques, alimentation.
 C’est la raison pour laquelle SUD éducation vous demande solennellement ainsi qu’au gouvernement de donner des instructions claires permettant le versement sans démarches préalables aux familles du montant des prestations sociales qui auraient dû leur être versé en l’absence de confinement. Assurer à toutes et tous l’équilibre alimentaire est une mesure de justice sociale qui s’impose dans une période déjà troublée.
 Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de notre attachement au service public d’éducation pour toutes et tous, laïc, gratuit, émancipateur.

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:51

Laissé à l’abandon de longue date comme tant d’autres services publics, l’hôpital subit de plein fouet la crise sanitaire en cours comme de nombreux établissements médico-sociaux et les EHPAD.
Si nous connaissons les responsables que nous n’oublions pas, nous devons parer à l’urgence. Dans plusieurs villes en France, des sections SUD Santé-Sociaux ont lancé des appels à l’aide pour se procurer dans leurs hôpitaux ou leurs EHPAD des produits de première nécessité pour continuer à soigner : gants, masques , surblouses, blouses, gels hydroalcooliques …

Nous savons que dans les écoles, les collèges, les lycées, les universités nous pouvons trouver une partie de ces produits. En conséquence, SUD éducation mobilise dès maintenant ses militant-e-s pour que les stocks existants dans les établissements et n’étant pas encore collectés malgré les demandes des ARS soient aussitôt transmis là où il y a des besoins urgents.

Qu’ils soient dans les restaurants scolaires et universitaires, les laboratoires, les lycées professionnels, les infirmeries : ces produits sont actuellement inutiles mais peuvent aider à ou contribuer à sauver des vies.

Nous lançons donc un appel aux personnels de l’éducation : sollicitez vos établissements, récupérez tout ce qui peut servir :

  • gants stériles et non stériles de toutes les tailles

  • masques chirurgicaux mais aussi FFP2

  • surblouses à usage unique

  • boston

  • charlottes

  • seringues stériles

  • tubulures

  • solution hydroalcoolique

  • visières

  • Surchaussures

  • Lunettes de protection en plastique

La mise en commun localement de ces ressources grâce à la solidarité des travailleuses et travailleurs des différents secteurs ne pourra pallier éternellement les carences de l’État. Combien de masques et de sur-blouses pourraient être produits et acheminés vers celles et ceux qui en ont besoin si, au lieu de nos machines à coudre, c’était les machines des usines qui étaient mises à notre disposition ?

Nous avons en nous les ressources pour répondre à l’urgence sanitaire comme à l’urgence sociale mais ce n’est pas à nous de payer cette crise. Ce n’est pas de la cagnotte de M. Darmanin dont nous avons besoin, c’est de la réquisition de toutes les entreprises produisant les biens de 1ère nécessité et de la taxation des plus riches !

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:50

Communiqué de presse

 

En pleine crise sanitaire, alors que 40 000 élèves supplémentaires sont attendu-e-s dans le second degré, Jean-Michel Blanquer n’annonce aucune création de postes dans le second degré.

Le ministre ne cesse de clamer dans tous les médias qu’il ne faut laisser aucun élève « au bord du chemin » durant le confinement mais il ne prévoit aucun moyen sur du long terme et se contente d’augmenter le temps de travail des professeur-e-s avec ces « vacances apprenantes ». Aucune projection n’est donc faite sur la reprise et les conséquences du confinement sur les élèves.

Les conditions de travail des personnels vont encore se dégrader mais Blanquer affirme qu’il va « consacrer des ressources à la hausse des rémunérations et à d’autres mesures comme les heures supplémentaires.”

Or les heures supplémentaires, qui ne compensent pas les salaires gelés depuis des années et notoirement trop bas pour beaucoup, ne feront que dégrader les conditions de travail et accroîtront les inégalités salariales, notamment entre les hommes et les femmes. Sur les suppressions de postes prévus en 2019, 2 085 ont déjà été converties en heures supplémentaires. L’augmentation du nombre d’heures supplémentaires imposées, c’est :

  • une dégradation des conditions de travail

  • une augmentation de la charge de travail des personnels ;

  • la réduction du nombre d’adultes dans les établissements par la suppression des postes ;

SUD éducation revendique :
      • des créations de postes à la hauteur des besoins pour un service public de qualité avec une baisse des effectifs par classe, dans le premier comme dans le second degré
      • La prise en compte de la crise sanitaire pour l’octroi de moyens supplémentaires dans le second degré, et pas seulement dans le premier degré

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:48

Communiqué de SUD éducation

 

Le ministère de l’Éducation nationale a présenté devant le Conseil Supérieur de l’Éducation de nouveaux textes d’application de la réforme de la voie professionnelle contre laquelle s’est mobilisée SUD éducation.

On observe déjà les deux effets de cette réforme : d’abord les enseignant-e-s des lycées professionnels ont vu leur charge de travail considérablement augmenter. Ensuite le nombre d’heures de cours pour les élèves a diminué, en particulier dans les enseignements disciplinaires et pour les élèves les plus fragiles, les CAP. Il sera donc de plus en plus difficile pour les élèves de continuer leurs études dans le supérieur après l’obtention du bac pro. 

Les textes présentés par le ministère qui ont reçu un avis défavorable du Conseil Supérieur de l’ Éducation marquent une étape supplémentaire dans la dégradation de l’enseignement professionnel. 

Dévaloriser les diplômes de la voie professionnelle c’est rendre nos élèves plus vulnérables sur le marché du travail

Le ministère vide les diplômes et attestations de leur contenu, c’est la cas pour le CACES (certificat d’aptitude à la conduite en sécurité) par exemple, pour créer dans un même temps une nouvelle épreuve au nom cosmétique et anachronique de « chef d’œuvre ». 

En fait, il n’est pas d’actualité de revaloriser le lycée professionnel, sinon de manière très superficielle. Pour le ministère, l’enjeu est de déqualifier les futur-e-s travailleurs et travailleuses. En effet, le ministère a décidé la suppression du BEP. Le BEP permettait jusqu’alors aux élèves qui n’obtenaient pas le Bac Pro ou qui arrêtaient leurs études avant le Bac Pro de sortir du système scolaire avec un diplôme reconnu dans le monde du travail et rattaché à une grille salariale. Mais c’est également une déqualification de toute la population active qui ne dispose que d’un BEP et qui risque progressivement de voir ce diplôme disparaître des conventions collectives ou de ne plus pouvoir prétendre aux concours des emplois catégorie C qui exigent un diplôme niveau 3 minimum : CAP ou BEP. 

Six nouvelles « Familles des métiers », pour SUD éducation c’est toujours NON

Le ministère poursuit sa réorganisation des formations en « famille des métiers » en ajoutant six nouvelles familles aux quatre créées en septembre 2019 sans prendre en compte les oppositions et les bilans négatifs émis par les organisations syndicales. 
La réorganisation en « famille des métiers » engendre une déspécialisation des formations professionnelles : on remarque que la famille « Alimentation » regroupe un nombre de métiers bien différents et les élèves qui s’engagent dans cette voie ne seront pas certain-e-s d’avoir une place dans la spécialisation qui les intéresse. 
L’instauration des « familles de métiers », avec la seconde professionnelle indéterminée, contraint les élèves à préparer leur bac en 2 ans seulement. Elles risquent également d’accroître le nombre d’élèves qui subissent leur orientation pourtant déjà très élevé (42 % en CAP et 28 % en Bac Pro). 

Il est évident que cette réforme n’a pas pour objectif d’améliorer l’insertion professionnelle des élèves ni de favoriser la poursuite d’études, mais au contraire d’adapter l’enseignement professionnel au bassin économique local et de promouvoir la flexibilité des futur-e-s travailleurs et travailleuses qui pourraient passer d’un métier à l’autre. 

Mais cette réorganisation a surtout permis de mutualiser les moyens d’enseignement en regroupant les sections et de supprimer des postes dans les académies alors même que le nombre d’élèves augmente et que les effectifs dans certaines sections sont pléthoriques . 

Le Livret Scolaire Numérique : une nouvelle surcharge de travail pour les personnels

La réforme de la voie professionnelle a considérablement dégradé les conditions de travail des enseignant-e-s. Entre la mise en place des familles de métiers ou encore la co-intervention et autre chef d’œuvre, le temps de travail des enseignant-e-s a explosé. Et cela va continuer avec la mise en place du Livret Scolaire Numérique dans la délivrance du baccalauréat professionnel. Le ministère transpose un dispositif qui a pourtant déjà montré ses limites dans la voie générale et technologique à la voie professionnelle. 

À partir de septembre 2020, les enseignement-e-s devront se familiariser avec un nouvel outil informatique (encore un !) afin d’entrer les notes des classes de première d’ici juin 2021 afin qu’elles servent à l’obtention du bac en juin 2022. 
Le ministère demande aux enseignant-e-s de faire le double de travail en remplissant dans le Livret Scolaire Numérique des compétences qui pour certaines, sont déjà évaluées au cours de l’année, pour d’autres, nécessitent des installations qui sont absentes des établissements scolaires (en EPS par exemple). 

Ce livret Scolaire Numérique s’apparente plus à un outil de flicage des élèves qu’à une avancée pédagogique et n’est pas sans évoquer le livret ouvrier du XIXe siècle.
 On peut enfin s’interroger sur l’efficacité des outils qui seront mis en place par le ministère. Pour l’instant les outils institutionnels présentent tous des limites certaines : installations informatiques insuffisantes dans les établissements, saturation des serveurs, faible ergonomie, données stockées par des entreprises privées… On peut légitimement s’attendre au pire avec ce nouvel outil. 

SUD éducation appelle les personnels à continuer à se mobiliser collectivement dans les établissements contre l’application de cette réforme de la voie professionnelle et à défendre leurs droits, leur liberté pédagogique et le devenir de leurs élèves .

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:47

Communiqué de presse

 

Dans l’enseignement supérieur, la fédération SUD éducation s’oppose à toutes les évaluations à distance. Ces dernières exacerbent les inégalités sociales et géographiques (notamment en termes de moyens matériels et de connexion à Internet) et donc n’assurent aucune égalité entre les étudiant-e-s. De plus, ces évaluations à distance ouvrent la voie, selon les recommandations ministérielles, à une surveillance par webcam des étudiant-e-s, faisant peser des risques de surveillance généralisée. La fédération SUD éducation soutient toutes les initiatives dans l’enseignement supérieur actant l’impossibilité de tenir les évaluations en raison de l’urgence sanitaire : annulation, neutralisation, validation automatique, etc. Le report des examens ne peut pas être une solution, ne serait-ce qu’en raison de la durée encore indéterminée du risque sanitaire.
Nous appelons les différentes instances compétentes de l’Université, ainsi que nos collègues, à privilégier l’intérêt général plutôt que des contraintes de court terme, en prenant la décision de ne pas organiser d’examens pour ce second semestre ni en présentiel, cela va désormais de soi, ni à distance.

L’obsession évaluative des présidences universitaires
Alors que le ministre de l’Éducation nationale, J-M. Blanquer, a acté l’impossibilité de maintenir les examens terminaux du baccalauréat et que des pays ou provinces, de plus en plus nombreux (Royaume-Uni, Alberta au Canada, Communauté française en Belgique, Suisse) envisagent sérieusement, voire ont déjà acté, que cette année scolaire et/ou universitaire serait considérée comme « blanche », permettant ainsi à l’ensemble des élèves d’accéder au niveau supérieur, certaines présidences des universités françaises imposent à leurs personnels et leurs étudiant-e-s un maintien des examens du deuxième semestre.
En l’état actuel, il apparaît à la fois dangereux sur le plan sanitaire et non souhaitable de soumettre les élèves et leurs familles à de nouvelles épreuves. Outre les nombreuses incertitudes juridiques et logistiques qui pèsent sur l’organisation d’examens à distance, dans un contexte où les étudiant-e-s et les personnels sont soumis à de nombreuses pressions et inquiétudes, voire à des soucis de santé, l’option des examens à distance s’avère être une fausse bonne solution, redoublant des inégalités et injustices déjà bien connues.

Résister aux injonctions administratives absurdes et prendre soin des étudiant-e-s et des collègues
En conséquence, nous nous opposons vivement à l’organisation d’examens à distance, sachant que la faisabilité d’un report des examens sur place paraît peu probable. S’il ne semble pas raisonnable de maintenir la session d’examens du deuxième semestre, les mesures de validation automatique ou de dispense doivent permettre aux étudiant-e-s d’obtenir les ECTS correspondant à leur année d’inscription pour ce semestre.
Localement, nous appelons à la plus grande bienveillance lors des jurys de fin d’année, dont nous rappelons qu’ils sont souverains, pour rattraper des étudiant-e-s dont les résultats du S1 pouvaient laisser augurer un S2 plus favorable.
De plus, nous appelons à cesser les mécanismes de sélection, déjà créateurs de fortes inégalités sociales, qui seraient cette année fondés sur des dossiers scolaires incomplets reflétant des situations sociales parfois dramatiques. Parcoursup devrait être reconfiguré en urgence pour affecter prioritairement les élèves sur leur premier vœu, en ouvrant lorsque cela est nécessaire des capacités d’accueil dans les filières saturées. La sélection en Master devrait également être suspendue. Cet arrêt de la sélection va de pair avec l’exigence des moyens nécessaires pour accompagner les étudiant-e-s, à l’inverse des dynamiques de précarisation de l’enseignement supérieur (et notamment de la future Loi de Programmation Pluriannuelle pour la Recherche).

L’Université n’est pas une machine à délivrer des notes et des diplômes ! Réaffirmons nos objectifs de formation intellectuelle, d’analyse critique, et d’émancipation individuelle et collective.

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:46
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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:45

 

La « continuité pédagogique » : un dangereux mirage qui met en lumière de nombreux dysfonctionnements

1) Quelles inégalités entre les élèves et entre les familles ?
La fracture sociale, associée à la fracture numérique, est particulièrement visible en cette période de confinement. Les inégalités qui s’accentuent entre les élèves sont diverses :

  • - matérielles d’abord, par l’inégal accès des familles aux outils numériques (ordinateur, Internet, imprimante, etc.) et éducatifs (crayons, puzzles, livres, etc.). Des élèves ont accès à des moyens matériels pour travailler, d’autres non. L’école publique et gratuite, en ne fournissant pas le matériel nécessaire à la scolarité des enfants, ne remplit pas son rôle.

  • - d’accompagnement et d’accès aux codes de l’école enfin, car travailler seul.e est particulièrement difficile pour les élèves. Or, ils et elles ne bénéficient pas tou.tes de la présence ni des compétences d’un.e adulte pour les aider. Entre l’enfant d’un membre du personnel soignant -au contact d’enseignant.es tous les jours- et l’élève dyslexique qui ne peut plus bénéficier de la présence d’un.e AESH à ses côtés, le fossé est immense. De plus, de nombreux parents vivent cette continuité pédagogique comme une violence. Faire découvrir de nouvelles notions, c’est une tâche très lourde - voire irréalisable - que l’institution impose aux parents, et qui repose d’ailleurs très souvent sur les mères. La culture scolaire et les attendus de l’école s’acquièrent en son sein. Comment aider son enfant lorsqu’on ne parle et ne lit pas le français ? Comment ne pas se sentir démuni·e en pareille situation ?
    À tout cela s’ajoute la problématique de la surexposition aux écrans. S’ils peuvent être occasionnellement de bons outils pour les élèves, l’impossibilité de raisonner leur utilisation en cette période de confinement questionne et pose un réel problème de santé publique.

La réalité de ces inégalités est bien connue du gouvernement qui, hors temps de crise, propose de timides alternatives pour en atténuer les effets : interdiction des devoirs écrits à l’école primaire, dispositif "devoirs faits" au collège, reconnaissance du droit de certain.es élèves à bénéficier d’une aide humaine à l’école, etc. Pourtant, en cette période de crise, l’institution refuse de tenir compte des besoins spécifiques des élèves et de leurs familles, au motif d’une "continuité pédagogique" irréalisable.

2) Quelles problématiques pour les enseignant.es et l’école publique ?
L’école à la maison, ce n’est pas l’école ! La « continuité pédagogique » est un terme galvaudé. Comment résumer la « pédagogie » à un simple enseignement à distance qui consiste à envoyer des cours et des exercices à des enfants qui vivent des réalités très différentes à la maison ? C’est dévaluer l’essence même de notre métier, l’enseignant·e n’est pas un guide lointain et bienveillant. Rien ne vaut les interactions et les échanges permanents au sein de la classe dans le processus d’apprentissage.

Les moyens mis à la disposition des enseignant.es sont de toute façon insuffisants pour ce semblant de classe à distance. Les serveurs de l’Éducation Nationale saturent très régulièrement, contraignant certain·es collègues à passer des heures devant leur ordinateur personnel pour finalement devoir se tourner vers les services Framasoft (eux aussi saturés) ou encore les GAFAM. Aussi, les enseignant·es ne sont pas formé·es pour faire classe de cette manière. De plus, l’Éducation Nationale n’a jamais équipé les professionnels en matériel informatique. C’est un problème constaté de longue date, qui prend toute son ampleur en ce moment.

3) Quelles conséquences politiques ?
La pratique du télé-travail dans l’éducation nationale n’a pour effet que d’aggraver les inégalités sociales et scolaires. C’est la promesse d’une école à moindre coût qui réduit le temps présentiel et qui demande à ses personnels d’utiliser son matériel personnel pour faire classe. C’est la promesse d’une école qui individualise les parcours professionnels, cassant ainsi les dynamiques d’organisation collective des travailleurs·ses. C’est un pas de plus vers la privatisation de l’école et la promesse de nouveaux marchés pour les entreprises qui commercialisent les produits nécessaires au télétravail. Dans le contexte politique actuel, où les gouvernements successifs entendent faire rimer école avec rentabilité, il est absolument nécessaire de rester vigilant.es face à l’évolution de ce genre de pratiques et la tentation de les rendre pérennes.

Au regard de tous ces constats, il semble donc nécessaire de réaffirmer que le travail à la maison ne peut pas être le même que celui mené en classe. En cela, il est important que les travaux donnés aux élèves soient allégés et qu’ils ne fassent pas l’objet, dans le secondaire, d’une évaluation notée. De plus, si "continuité pédagogique" il y a, elle doit s’en tenir à la révision et au renforcement de ce qui a déjà été appris, ou à la mise en place d’activités décrochées des programmes scolaires. Contrairement à ce qui est suggéré dans les "fiches d’accompagnement pour la mise en œuvre de la continuité pédagogique" sur Éduscol, elle ne doit en aucun cas concerner l’acquisition de nouvelles notions.

SUD éducation s’oppose à toutes les évaluations à distance. Ces dernières exacerbent les inégalités sociales et géographiques (notamment en termes de moyens matériels et de connexion à Internet) et donc n’assurent aucune égalité entre les élèves/étudiant·es. De plus ces évaluations à distance ouvrent la voie, selon les recommandations ministérielles, à une surveillance par webcam, faisant peser des risques de surveillance généralisée.

SUD éducation soutient donc toutes les initiatives actant l’impossibilité de tenir les évaluations en raison de l’urgence sanitaire : annulation, neutralisation, validation automatique, etc.

Nous affirmons également la nécessité absolue de respecter les consignes de sécurité relatives à la distanciation spatiale. Sous prétexte de pallier les inégalités d’accès au travail sous format numérique, nous ne pouvons pas obliger des familles à se déplacer (ni à l’école, ni à la boulangerie du quartier !). La continuité pédagogique ne doit pas se faire au prix d’une mise en péril de la santé des familles et des personnels.

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:43

 

La crise sanitaire mondiale que nous traversons percute la société dans son ensemble.

Si des mesures permettant d’enrayer la pandémie sont nécessaires, elles doivent être prises dans le respect de la démocratie. La loi instaurant un nouvel état d’urgence sanitaire permet à l’exécutif de concentrer des pouvoirs extraordinaires, sans limitation de durée et avec un contrôle minimal du Parlement. Les premières ordonnances confirment nos inquiétudes : le droit du travail est attaqué bille en tête et le gouvernement poursuit sa politique liberticide et antisociale.

Dans l’Éducation nationale et l’enseignement supérieur, comme dans le reste de la fonction publique, les attaques contre le statut des fonctionnaires et des agent-e-s en contrat précaire se multiplient. Le ministre de l’Éducation Nationale, maintes fois contredit ces derniers temps, affiche toujours le même aplomb et le même mépris pour les personnels.

Alors que les personnels se portent volontaires pour assurer l’accueil des enfants de soignant-e-s, les mesures élémentaires de protection ne sont toujours pas prises dans un contexte où est prévue l’extension de la garde d’enfants à de nouvelles catégories professionnelles (police nationale, gendarmes, sapeurs-pompiers professionnels, pénitentiaire, commerçant-e-s ...). SUD éducation s’inquiète également de la prise en compte au moment du déconfinement des personnels en situation de handicap et/ou de maladies chroniques : que sera-t-il prévu pour protéger les personnels dont l’état de santé les rend plus particulièrement vulnérables ?

Pour les personnels de l’éducation et de l’enseignement supérieur confinés à domicile, les pressions sont exercées par la hiérarchie au télétravail et au leurre que représente la “continuité pédagogique”. Pour SUD éducation, l’urgence est d’abord sanitaire, et la situation ne doit pas servir d’aubaine à un ministre libéral pour démanteler encore le service public d’éducation, accroître les inégalités sociales, et développer des outils de management toujours plus asservissants pour les personnels. D’ailleurs, il ne saurait être question de "télétravail" puisque celui-ci est encadré par la loi et exige, entre autres, pour sa mise en place que l’employeur fournisse le matériel, une assistance technique effective et cela après avoir mis en place de réelles formations. SUD éducation rejette aussi l’usage du tout numérique et de cette surveillance généralisée engagée par l’institution à tous ses échelons, ainsi que l’assujettissement aux géants privés du numérique.

Quant à l’évaluation des personnels, on nous laisse entendre parfois que ces derniers devront rendre des comptes. A cet égard, la gestion de cette crise laisse apercevoir les pire effets de la soi-disant « autonomie des établissements ». La hiérarchie, du Ministre aux chef-fe-s d’établissement et IEN, doit prendre ses responsabilités et donner des consignes claires : la laisser faire comme bon lui semble, c’est renforcer l’arbitraire et rompre pour de bon l’égalité sur le territoire. Les personnels sont abandonnés dans une immense solitude et parfois une grande angoisse. La hiérarchie leur laisse porter seuls la responsabilité de l’accroissement des inégalités scolaires.

Les personnels tentent de faire de leur mieux pour assurer une continuité de liens avec les élèves et leurs familles. Souvent les équipes expérimentent des dispositifs qui correspondent à leurs réalités ; ces tentatives sont trop souvent reprises par la hiérarchie sous forme d’injonctions générales coupées des réalités et spécificités de terrain, culpabilisatrices pour les enseignant-e-s comme pour les familles et totalement contre-productives au niveau pédagogique. Pire, certaines consignes conduiraient à mettre en danger les personnels, en contradiction flagrantes avec le confinement. Pour lutter contre les inégalités scolaires, pendant cette crise comme le reste du temps, l’administration doit mettre les moyens et laisser les équipes décider de leur organisation pédagogique.

La question des évaluations ajoute encore un peu plus de flou à cette situation tendue. Concernant les élèves, il paraît en effet injuste de les évaluer dans de telles conditions. Rappelons que certain-e-s auront la chance de bénéficier d’une aide à la maison, là où d’autres doivent composer seul-e-s. Les inégalités entre élèves et familles, entre étudiant-e-s, entre matières, entre établissements, entre degrés d’enseignement, entre zones géographiques, … vont encore s’approfondir. C’est pourquoi l’administration doit, par soucis d’égalité, donner consigne explicite qu’aucune notion nouvelle ne soit abordée ni notée, ni sanctionnée pendant la période.

Contrairement au ministre qui annonce que les examens seraient attribués uniquement en fonction du contrôle continu et de l’assiduité, la seule solution réaliste en vue des examens de fin d’année dans le secondaire consiste donc à délivrer les diplômes à tout-e-s les candidat-e-s inscrit-e-s. SUD éducation refuse que les congés d’été servent de variable d’ajustement des épreuves.

Les stages de remise à niveau (mis en place en 2008) pendant les vacances scolaires ont toujours été unanimement critiqués par les spécialistes de l’enfance, par les pédagogues, par le Haut Conseil de l’Éducation pour leurs piètres résultats et leurs effets pervers. Qui plus est quand il s’agit à nouveau de se concentrer sur les "savoirs fondamentaux" (ici le français et les mathématiques), seuls à avoir un intérêt aux yeux du ministre. Pourtant, le ministre Blanquer s’entête à les recycler durant la crise sanitaire, en les présentant comme un nouveau dispositif pompeusement intitulé “vacances apprenantes”.

Alors que la crise sanitaire dure, l’administration continue de réunir dans des conditions désastreuses des instances afin de faire valider de nombreuses fermetures de classes et suppressions de postes partout sur le territoire. La préparation de la rentrée de septembre doit être suspendue. La crise sanitaire a montré l’urgence de l’allocation de moyens supplémentaires pour l’ensemble des services publics. Ce doit être également le cas pour l’éducation. SUD éducation n’acceptera pas, encore moins aujourd’hui qu’avant, les suppressions de postes. La seule chose acceptable dans l’urgence est la création de postes partout où cela est nécessaire.

Pour SUD éducation, cette crise sanitaire est avant tout une nouvelle crise du capitalisme. Elle démontre la nécessité de renforcer les services publics, et notamment la santé et l’hôpital public. Elle touche l’ensemble des travailleurs et travailleuses, et notamment les plus précaires et les plus démunies, que le capitalisme et les politiques néolibérales continuent au détriment de leur santé et au nom des intérêts économiques.

La crise sanitaire actuelle a montré que ce qui permet de sortir de cette épidémie, c’est la coopération internationale de systèmes de recherche publique et indépendante, sans lien avec des intérêts financiers et privés. La fédération SUD éducation s’oppose donc au projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui continue de promouvoir une recherche compétitive par projet, mise en œuvre par des personnels précaires et sur des temporalités incompatibles avec des progrès en matière de recherche fondamentale. La logique de compétitivité qui préside à ce projet de loi est aussi celle qui a conduit à l’abandon des recherches sur les Coronavirus, jugées peu rentables à court terme.

SUD éducation, avec son union syndicale Solidaires, réaffirme l’urgence de ses revendications. Il est clair que Macron et son gouvernement sont au service des capitalistes qui depuis des années s’attachent à démanteler les services publics, détruire les solidarités. Leurs récents discours sont hypocrites et montrent leur fragilité.

SUD éducation informe et soutient par des publications régulières sur nos droits et l’action de ses militant-e-s dans les départements pour les faire vivre. Cette situation révèle le rôle primordial d’un syndicat combatif face à un employeur qui respecte difficilement ses obligations.

Depuis le début de la crise, SUD éducation, avec l’Union syndicale Solidaires est sur le pont pour faire vivre la solidarité et les luttes nécessaires dans une période inédite. Cette crise montre que la solidarité, c’est nous qui la faisons vivre.

SUD éducation avec l’Union syndicale Solidaires défend l’arrêt immédiat de toutes les productions non-essentielles, la réquisition des logements vides, la suspension de tous les loyers et traites immobilières et le paiement intégral de tous les salaires, primes comprises de tous les salariés en chômage partiel.

Conscient-e-s de l’urgence sociale et écologique et donnant l’alerte depuis des années, nous devons nous donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde. Ce n’est qu’à ces conditions que nous pourrons protéger nos conditions de vie et de travail et faire face aux prochaines crises sociales, financières et écologiques qui se profilent.

Dans l’Éducation, SUD éducation revendique la mise en place d’un plan massif d’investissement dès la prochaine rentrée comprenant a minima :

  • la réduction drastique des effectifs des classes ;

  • la titularisation massive des contractuel-le-s ;

  • la création massives de postes et la titularisation de tou-te-s les stagiaires

Ces revendications, déjà portées par SUD éducation depuis des années, seront plus que jamais nécessaires à la sortie de cette crise et la réduction des inégalités.

Hier comme aujourd’hui, SUD éducation se battra pour :

  • l’abandon du projet inique de réforme des retraites par points, le maintien du régime spécifique pour l’Éducation nationale et la fonction publique, ainsi que des régimes spéciaux ;

  • l’abandon de la réforme de l’assurance-chômage ;

  • la revalorisation significative des salaires, dans l’Éducation et la recherche comme dans toute la société, pour aller vers l’égalité salariale.

Il faudra l’imposer, et SUD éducation s’engagera dans la construction d’un vaste mouvement de grève pour faire plier le gouvernement et les capitalistes.

À compter de la fin de crise sanitaire, SUD éducation estime nécessaire :

  • l’instauration d’une véritable démocratie salariale et syndicale donnant aux travailleuses-travailleurs les moyens d’agir dans leurs intérêts face aux décisions et actions des employeurs ;

  • de mettre les employeurs du public et du privé face à leurs responsabilités, notamment celles d’avoir exploité et exposé des travailleuses-travailleurs dans ce contexte de risque sanitaire ;

  • de renforcer les mécanismes de solidarité et de protection sociale : assurance-chômage, santé, retraite, handicap.

La lutte n’a pas cessé, elle se poursuivra donc !

 

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Published by SUD 61