6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 17:20

L’examen parlementaire de la LPR se poursuit et l’opposition ne faiblit pas. Sur tous les éléments importants qui fondent notre opposition à cette réforme, il est de notre devoir de continuer à faire vivre le mouvement de contestation. Notre colère s’est accrue avec l’adoption par le Sénat de plusieurs amendements. Non seulement le Sénat a validé la mise en place des dispositifs que sont les chaires juniors et les contrats de projets qui remettent en cause nos statuts et renforcent la précarité, mais les amendements nouveaux vont encore plus loin dans les attaques contre nos statuts et le démantèlement de l’enseignement supérieur et de la recherche publique.

L'amendement 234 modifie notamment l’article L 952-2 du Code de l’éducation pour assujettir les libertés universitaires au “respect des valeurs de la République” ce qui est une atteinte pure et simple à notre liberté d’expression, liberté indispensable à l’exercice de nos missions.

L'amendement 150, et le sous-amendement qui le prolonge, remet en cause l’exigence de qualification par le CNU pour l’accès aux corps de PU et de MCF. Il s’agit là d’une remise en cause frontale d’une instance élue démocratiquement et du caractère national des concours de recrutement de fonctionnaires d’Etat. C’est la porte ouverte à des recrutements faits sur la seule volonté de pouvoirs locaux.

L’amendement 147 promet quant à lui un an d'emprisonnement et 7 500 € d’amende pour les personnes étant entrées dans un établissement d'enseignement supérieur « dans le but d’entraver la tenue d’un débat organisé dans les locaux de celui-ci ». Un délit qui porte donc sur une intention, impossible à caractériser précisément, qui remet en cause les franchises universitaires et qui constitue potentiellement une entrave aux mouvements sociaux.

Tout en réaffirmant leur exigence d’abandon de la LPR, les organisations signataires demandent à la commission mixte paritaire qui doit se réunir le 9 novembre prochain de retirer l’ensemble de ces amendements. En soutien de cette demande, elles appellent l’ensemble de nos collègues à continuer à faire entendre leurs voix en signant les pétitions existantes, en faisant voter des motions par les instances susceptibles de se réunir dans ce délai et en organisant des assemblées générales, si nécessaire en visio-conférence, pour convaincre l’ensemble des personnels que la lutte se poursuit.

Au-delà de cette échéance, nous continuerons en effet à exiger des moyens et des postes de titulaires à la hauteur des besoins de l’ESR dans le cadre de la quatrième loi de finances rectificative de 2020, du plan de relance et du projet de loi de finances pour 2021. Nous nous adresserons également aux parlementaires pour leur demander de saisir le Conseil constitutionnel sur les points de la LPR qui seraient contraires à la Constitution.

 

Signataires : SNTRS-CGT, CGT FERC SUP, CGT-INRAE, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, SNETAP-FSU, FO-ESR, SUD EDUCATION, SUD RECHERCHE EPST, SOLIDAIRES ETUDIANT-E-S, UNEF, L’ALTERNATIVE, FACS ET LABOS EN LUTTE, CJC

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 17:20

Du 12 au 16 octobre dernier, nos quatre camarades du lycée de Melle (79) comparaissaient devant un conseil de discipline en raison de leur participation à la grève contre les épreuves de contrôle continu en février et mars 2020.

Les 4 de Melle ont reçu les décisions de sanction mercredi 4 novembre :

- Un déplacement d’office ;

- Une exclusion temporaire de 15 jours sans traitement ;

- Une rétrogradation de l’échelon 2 à l’échelon 1 ;

- Un blâme.

Ces sanctions sont inacceptables : en sanctionnant nos collègues, la rectrice et le ministre Blanquer s’attaquent tout simplement au droit de grève, qui est un droit constitutionnel !

La rectrice se proposait initialement de déplacer d’office les quatre enseignant-e-s. Le fait que les sanctions aient été moindres que celles initialement proposées par l’administration est à mettre au crédit de la mobilisation sans précédent des personnels avec l’intersyndicale : c’est bien évidemment insuffisant et nous n’en resterons pas là. Nous réclamons maintenant le retrait pur et simple de toutes les décisions prises.

À l’occasion des conseils de discipline, la défense et les représentant-e-s des personnels ont mis au jour l’incompétence de la hiérarchie à tous les niveaux, les mensonges de l’administration, le non-respect des garanties élémentaires de la défense, les erreurs de procédure. L’enquête administrative reposait sur des questions posées aux personnels concernant leur appartenance syndicale et leurs opinions politiques. Les représentant-e-s des personnels ont unanimement refusé toutes les sanctions mises aux voix par l’administration.

Pour SUD éducation, il s’agit bien d’une décision de répression anti-syndicale assumée par le ministre de l’Éducation. Contre la répression, la solidarité est notre arme ! SUD éducation exige l’abandon immédiat des sanctions contre nos camarades et leur rétablissement dans leurs droits.

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 09:39
Trop c’est trop !

Ce tract a été publié le 31/10/2020

Le dernier jour de classe a été marqué par l’effroyable assassinat de Samuel Paty. S’attaquer à un enseignant, c'est s'attaquer à l’école qui est un lieu de construction d’un savoir critique, de rencontre de l’autre, de la formation de futur-e-s adultes libres et éclairé-e-s. Depuis, un nouvel attentat a eu lieu, et le plan Vigipirate a été élevé à son maximum. Blanquer a annulé au détour d’un message aux personnels le temps de concertation des personnels enseignants prévu le lundi 2 novembre. La rentrée devait être un moment d’échange entre collègues puis avec les élèves. Le ministre dénie ce temps de concertation aux personnels durement touchés par l’assassinat de notre collègue.

 Macron a annoncé qu’il faut s’attendre à la saturation des hôpitaux d’ici une dizaine de jours. La circulation du virus est devenue incontrôlable. La seule réponse dans l’éducation est un protocole sanitaire indigent. Blanquer refuse le dédoublement des classes prévu dans ce cas de figure. Si l’on ne l’impose pas maintenant, les écoles et établissements risquent de fermer complètement dans les semaines à venir. Le ministre envoie au casse-pipe un million de personnels, douze millions d’élèves et au-delà l’ensemble de la population.

SUD éducation ne peut accepter un tel mépris, et appelle les collègues à se réu-nir au plus vite afin d’organiser la riposte. SUD éducation a d’ores et déjà dé-posé un préavis de grève. SUD porte depuis le printemps un plan d’urgence. Depuis l’annonce du président Macron, SUD éducation revendique des dédou-blements de l’ensemble des classes conformément aux protocoles prévus en cas de circulation active du virus ainsi que la banalisation des lundi et mardi pour réorganiser les enseignements.

 Face aux choix irresponsables et au mépris du ministre, SUD éducation appelle les personnels à se réunir en Assemblée générale et à mettre au vote la grève pour :

  • protester contre la maltraitance institutionnelle que représente la réorganisation de la rentrée du lundi 2 novembre ;

  • obtenir satisfaction concernant les garanties sanitaires nécessaires, à commencer par les dédoublements.

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 09:34

Ce communiqué a été publié le 30/10/2020

 Face à l’impréparation du ministère, il faut défendre la santé des personnels et des élèves

Communiqué CGT, FO, FSU, SNALC, SUD éducation

 Au lendemain du discours du Président de la République, le Premier ministre et le ministre de l’Éducation nationale ont détaillé les contours du protocole sanitaire applicable lors de la rentrée du lundi 2 novembre. Le gouvernement envisage une rentrée des personnels comme des élèves dès 8h lundi matin sans possibilité pour les équipes de disposer du temps nécessaire à la préparation de cette rentrée si particulière.

Les annonces du ministre de l’Éducation sont dérisoires et souvent inapplicables, alors que le confinement s’appliquera à tout le pays. Elles ne sont accompagnées d’aucun moyen supplémentaire ni ne correspondent à la gravité de la situation. Le gouvernement met en danger les personnels, les élèves et leurs familles.

Nos organisations sont favorables au maintien de l'ouverture des écoles, collèges et lycées. Mais pour cela, il faut éviter qu’ils deviennent des foyers de contamination, ou que la situation sanitaire générale se dégrade davantage.

Le nouveau protocole publié par le ministre, sans même prendre l’avis du CHSCTM, est une illusion de protection renforcée ! Rien sur la diminution des effectifs dans les classes ! Des solutions peu réalistes sont encore évoquées comme le non brassage par niveaux ou une salle par classe. Ce protocole ne répond ni à l’inquiétude, ni à la colère des personnels.

Nous exigeons partout, des mesures réellement protectrices pour les personnels. Cela inclut notamment le dédoublement des classes. Pour préparer la rentrée le plus sereinement possible, la rentrée des élèves doit être décalée.

Au-delà de cette disposition, la baisse pérenne des effectifs implique des créations de poste. Dans l’immédiat, il faut admettre dès à présent l’ensemble des inscrit-e-s sur listes complémentaires. 

Nous appelons l’ensemble des personnels à faire valoir leurs droits et à exiger collectivement le respect de leur santé et de leur sécurité dès lundi.

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 09:32
Toujours pas de mesures de protection pour les AESH !

Ce communiqué a été publié le 31/10/2020

Les personnels de l’Éducation nationale ont découvert le 29 octobre un nouveau protocole sanitaire. SUD éducation dénonce les insuffisances de ce protocole qui ne protège ni les personnels ni les élèves. Le renforcement du protocole sanitaire se limite à imposer le port du masque aux élèves de 6 ans et plus, à aérer davantage les salles de classes, à nettoyer davantage les locaux et à limiter si possible le brassage des élèves. Le protocole est en décalage complet avec la réalité vécue par les personnels dans les écoles et les établissements. Pourtant, avec 10 000 contaminations par jour, l’accueil des élèves et des personnels constitue un enjeu de santé public majeur.

Les personnels AESH (Accompagnant-e-s d’Élèves en Situation de Handicap) sont à nouveau les grand-e-s oublié-e-s du protocole alors même que leurs missions ne leur permettent pas de respecter une distanciation physique avec les élèves.

La mission des personnels AESH est indispensable dans les écoles, collèges et lycées. Ce sont les AESH qui ouvrent l’école aux élèves en situation de handicap. Il faut leur fournir le matériel de protection nécessaire pour travailler dans les meilleures conditions.

L’accompagnement de certain-e-s élèves en situation de handicap nécessite des masques transparents ou de matériels de protection renforcée (sur-blouses, visières, masques FFP2, gants…). Ce matériel doit être mis à disposition des personnels AESH dès le 2 novembre.

Enfin, les personnels AESH doivent pouvoir bénéficier des autorisations d’absence pour les personnels vulnérables au même titre que les autres personnels sans perte de salaire.

Pour toute question, contactez le syndicat SUD éducation de votre département.

 

SUD éducation appelle tous les personnels à se montrer inflexible lorsque leur santé et leur sécurité sont en jeu.

SUD éducation appelle les personnels à signaler tous les manques de leur hiérarchie en matière de sécurité et de santé au travail dans le Registre Santé et Sécurité au Travail (RSST) qui doit être accessible pour tous les personnels.

SUD éducation appelle les personnels à imposer, par le rapport de force – AG, débrayage, grève – la mise en œuvre de conditions sanitaires respectant la santé des personnels et des élèves.

 

Pour plus d’information sur vos droits, consultez le dossier « COVID 19 » sur le site de SUD éducation.

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 09:27
Dépôt d’une alerte sociale intersyndical

Paris, le 31 octobre 2020

à Monsieur le directeur général des ressources humaines
Ministère de l’éducation nationale
72 rue Regnault
75013 Paris

Objet : Dépôt d’une alerte sociale
Monsieur le Directeur,
Conformément aux dispositions de la loi 2008-790 du 20/08/2008, nous avons l’honneur de vous notifier les motifs qui nous conduisent à déposer une alerte sociale préalable au dépôt d’un préavis de grève national pour les personnels enseignant.es du 1er degré, d’éducation, les accompagnant-es des élèves en situation de handicap et les psychologues de l’Éducation nationale exerçant dans les écoles, les établissements scolaires et les établissements spécialisés, à compter du lundi 16 novembre 2020 jusqu’au vendredi 18 decembre 2020 inclus.
Voici les raisons qui motivent cette notification :
- les mesures à prendre d’urgence pour assurer dans ce contexte épidémique la protection de tous et toutes, personnels comme élèves et notamment la fourniture de masques plus protecteurs et en quantité suffisante pour couvrir le temps de travail et de transport, l’équipement en purificateurs d’air
- la gestion de la crise sanitaire par le ministère qui dégradent les conditions de travail déjà largement détériorées, conduisant à une surcharge de travail et à une mise sous pression intenable pour l’ensemble des personnels dont les directrices et directeurs d’école, épuisés et exaspérés
- La nécessité de procéder dans les plus brefs délais aux recrutements nécessaires en particulier de tous les candidats aux concours inscrits sur la liste complémentaire pour pourvoir notamment au remplacement des personnels vulnérables ou en congés maladie

En application du décret n°2008-1246 du 1er/12/2008, nous vous demandons d’engager une
négociation préalable « dans le délai de trois jours à compter de la remise de la notification ».

Veuillez croire, M. le directeur, en notre engagement sincère en faveur du service public d’éducation.

Signataires :
• Guislaine David - Co-Secrétaire générale, SNUipp-FSU
• Stéphane Crochet - Secrétaire général, SE-UNSA
• Frédéric Volle - Secrétaire général, SNUDI-FO
• Catherine Nave-Bekhti - Secrétaire générale, SGEN-CFDT
• Fatna Seghrouchni - Co-Secrétaire fédérale, SUD-Education
• Patrick Désiré - Secrétaire général, CGT Educ’Action

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 09:13

Covid-19 : présence de symptômes, contact avec une personne positive… Quels sont mes droits et obligations ?

Mise à jour au 30 octobre 2020

1/ Qui sont les “personnels vulnérables” ?

Les dispositions du décret 2020-1098 du 29 août 2020 sont suspendues par le Conseil d’État. Par conséquent, c’est bien le décret 2020-521 du 5 mai 2020 qui s’applique. Il indique :

La vulnérabilité mentionnée au I de l'article 20 de la loi du 25 avril 2020 susvisée répond à l'un des critères suivants :
1° Etre âgé de 65 ans et plus ;
2° Avoir des antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d'accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
3° Avoir un diabète non équilibré ou présentant des complications ;
4° Présenter une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d'une infection virale : (broncho pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d'apnées du sommeil, mucoviscidose notamment) ;
5° Présenter une insuffisance rénale chronique dialysée ;
6° Etre atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
7° Présenter une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm2) ;
8° Etre atteint d'une immunodépression congénitale ou acquise :
- médicamenteuse : chimiothérapie anti cancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;
- infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm3 ;
- consécutive à une greffe d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;
- liée à une hémopathie maligne en cours de traitement ;
9° Etre atteint de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;
10° Présenter un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;
11° Etre au troisième trimestre de la grossesse.

2/ Je suis personnel vulnérable, que dois-je faire ?

Si vous répondez aux critères prévus par l’article 1 2020-521 du 5 mai 2020, il faut :

  1. Consulter son médecin traitant, qui s’il le juge nécessaire, établira un certificat médical indiquant que vous présentez un risque particulier de développer une forme grave de la Covid-19 en raison d’une pathologie particulière.

  2. Présenter ce certificat à la hiérarchie. Votre chef-fe de service, IEN, chef-fe d’établissement doit alors, en application de la circulaire relative à la prise en compte dans la fonction publique de l’Etat de l’évolution de l’épidémie de covid-19 du 31 août 2020 :

  • organiser votre poste de manière à permettre le télétravail ;

  • si ce n’est pas possible, en raison de la nature de votre mission, une autorisation spéciale d’absence doit vous être accordée.

Les autorisations d’absence peuvent être circonscrites dans le temps, mais doivent être renouvelées sans limite de temps tant que les textes réglementaires actuels sont en vigueur.

Le télétravail ou le salaire ne doivent pas avoir d’incidence sur votre salaire (indemnités, HSA comprises).

3/ Je présente les symptômes du Covid-19, que dois-je faire ?

Pour mémoire, les symptômes de la Covid listés par l’assurance-maladie sont les suivants :

une fièvre ou sensation de fièvre,

des signes respiratoires, comme une toux, un essoufflement ou une sensation d’oppression dans la poitrine,

le nez qui coule, un mal de gorge,

une fatigue importante inexpliquée,

une perte du goût : le goût d’un aliment ne peut être différencié de celui d’un autre (par exemple le poisson et le poulet ont le même goût),

une perte de l’odorat avec impossibilité de reconnaître une odeur même marquée comme celle d’une viande grillée,

des maux de tête,

des courbatures et/ou des douleurs dans les muscles,

une diarrhée avec au moins 3 selles molles dans la journée.

En cas de symptômes, il faut :

1. avertir son chef d’établissement / son IEN par simple courrier en informant que l’on ne se rendra pas sur son lieu de travail et que l’on va prendre rendez-vous chez son médecin traitant pour se faire diagnostiquer. Il ou elle doit immédiatement vous proposer le télétravail ou vous placer en ASA si celui-ci n’est pas possible, conformément aux consignes de la DGAFP. En aucun cas les personnes cas contacts ne doivent être placées en congés maladie ordinaire dans l’attente du résultat du test.

2. Il vous appartient de prendre rendez-vous avec votre médecin traitant et de vous faire dépister au plus vite.

En cas de diagnostic positif :

1. Il faut rester isolé-e et suivre les recommandations du médecin.

2. La sécurité sociale prendra contact avec vous pour établir la liste des personnes avec lesquelles vous avez été en contact, et se chargera de les contacter.

4/ J’ai été en contact avec une personne diagnostiquée Covid-19, que dois-je faire ?

Pour l’assurance-maladie, un cas contact est une personne qui, en l’absence de mesures de protections :

— a partagé le même lieu de vie que le cas confirmé ou probable ;

— a eu un contact direct avec un cas, en face à face, à moins d’1 mètre, quelle que soit la durée (ex. conversation, repas, flirt, accolades, embrassades). En revanche, des personnes croisées dans l’espace public de manière fugace ne sont pas considérées comme des personnes-contacts à risque ;

— a prodigué ou reçu des actes d’hygiène ou de soins ;

— a partagé un espace confiné (bureau ou salle de réunion, véhicule personnel…) pendant au moins 15 minutes avec un cas ou étant resté en face à face avec un cas durant plusieurs épisodes de toux ou d’éternuement.

On n’est donc pas concerné-e tant que la personne avec qui vous avez été en contact n’est pas diagnostiquée positivement, même si elle est isolée à titre préventif.

Si l’on apprend qu’une personne avec laquelle on a été en contact rapproché est diagnostiquée Covid-19 (soit parce qu’elle vous en informe directement, soit parce que la CPAM vous en informe), il faut :

1. avertir son chef d’établissement / son IEN par simple courrier électronique en informant que l’on ne rendra pas sur son lieu de travail et que l’on va prendre rendez-vous chez son médecin traitant pour se faire diagnostiquer. Il ou elle doit immédiatement vous proposer le télétravail ou vous placer en ASA si celui-ci n’est pas possible, conformément aux consignes de la DGAFP. En aucun cas les personnes cas contacts ne doivent être placées en congés maladie ordinaire dans l’attente du résultat du test.

Combien de temps vais-je rester isolé ?

La foire aux questions du ministère mise à jour le 15 septembre, indique que :

Les élèves et personnels identifiés comme contacts à risque ne sont pas accueillis dans l’établissement jusqu’au résultat négatif d’un test RT-PCR réalisé 7 jours après le dernier contact avec le cas confirmé.

La fiche pratique du ministère délivre la même information.

2. Il vous appartient de vous faire dépister au plus vite.

Pour SUD éducation, il est inacceptable que les personnels qui seraient contaminé-e-s par la Covid-19 soient placées en congé de maladie avec application du jour de carence, alors que les personnels placés en ASA ou en télétravail ne se le voient pas appliquer. Le jour de carence que le gouvernement a rétabli le 11 juillet 2020 pour les congés-maladie doit être supprimé sans délai pour permettre aux agent-e-s malades de ne pas perdre une journée de salaire.

5/ Je suis enseignant-e, quelle forme doit prendre le télétravail ?

La circulaire DGRH du 14 septembre 2020 prévoit que le télétravail n’est possible dans le second degré que si les élèves peuvent être présent-e-s dans une salle de l’établissement avec les dispositifs techniques le permettant, et un-e autre professionnel-le dans la salle comme un-e AED. Dans tous les autres cas (premier et second degrés), le télétravail ne prend la forme que de « continuité pédagogique ».

6/ Je dois garder l’un-e de mes enfants de moins de 16 ans dont la classe est fermée provisoirement sur décision de l’administration

La circulaire DGRH du 14 septembre 2020 indique que dans le cas de fermetures d’établissement ou de classe, de crèche, ou si l’enfant ne peut être accueilli pour des raisons médicales ou bien est cas contact, les parents « peuvent être autorisés à exercer en télétravail ». Pour SUD éducation, il est évident que cela signifie que les enseignant-e-s dans cette situation ne doivent mettre en œuvre que la « continuité pédagogique ».

Si cela n’est pas possible, la circulaire prévoit l’octroi d’autorisations spéciales d’absence.

Il faudra présenter une attestation de l’établissement de l’enfant ou un certificat médical, et une attestation sur l’honneur indiquant que la famille ne dispose pas d’autre solution de garde.

En cas de difficulté, n’hésitez pas à contacter SUD éducation.

Combien de temps dois-je garder mon enfant ?

La foire aux questions du ministère de l’Éducation nationale indique :

Les élèves et personnels identifiés comme contacts à risque ne sont pas accueillis dans l’établissement jusqu’au résultat négatif d’un test RT-PCR réalisé 7 jours après le dernier contact avec le cas confirmé.
Les responsables légaux des élèves doivent attester sur l’honneur de la réalisation du test dans les délais prescrits (7 jours après le dernier contact avec le cas confirmé) et du résultat négatif de celui-ci. En l’absence d’une telle attestation, l’éviction scolaire est maintenue jusqu’à sa production et pour une durée maximale de 14 jours.

Télécharger le documentCovid-19 : personne vulnérable, contact, malade, enfants… Quels sont mes droits et obligations ? (format pdf)

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 23:09

Le premier ministre a annoncé qu’à partir de la rentrée lundi 2 novembre tou-te-s les élèves à compter de 6 ans sont dans l’obligation de porter un masque à l’école.

C’est la seule mesure nouvelle annoncée par le gouvernement alors que la circulation du virus est hors de contrôle et que le confinement est une nouvelle fois décrété.

Le port du masque chez les jeunes enfants ne va pas sans poser de questions.

Tous les personnels du premier degré savent que les élèves ne seront pas en capacité de porter le masque continuellement sans le toucher, ou le mettre correctement, sans parler de le ranger et que le port du masque risque d'être anxiogène pour les plus jeunes.

De même, tous et toutes savent que la lecture labbiale comme les expressions faciales sont essentielles à l’apprentissage de la lecture et à la phonologie.

De plus, tout comme pour les élèves du secondaire, les masques sont à la charge des familles, qui doivent se les procurer en urgence. Un masque devant être changé toutes les 4 heures, il s’agit d’un coût exhorbitant , en particulier pour les familles des classes populaires, sur qui en cas de défaillance le gouvernement fera peser la responsabilité des contaminations. C’est à l’État de prendre ses responsabilités et de fournir les masques !

La mesure immédiate indispensable que revendiquent SUD éducation et l’intersyndicale pour limiter les contaminations dans les écoles et éviter au maximum les fermetures qui sont une catastrophe au plan pédagogique est le dédoublement des classes avec une adaptation de l’emploi du temps des élèves.

Rapidement, il faut que le ministère recrute massivement de nouveaux personnels pour éviter les effectifs en surnombre en raison des nombreux personnels qui seront placés en autorisation d’absence car vulnérables ou cas contacts, et placés en congé maladie. Cela passe par le recrutement immédiat des personnels sur liste complémentaire aux concours, et la titularisation à temps plein des contractuel-le-s.

SUD éducation revendique :

le dédoublement des classes

l’ouverture des listes complémentaire, et la titularisation à temps plein des contractuel-le-s

la gratuité des masques pour tou-te-s les élèves

SUD éducation appelle les personnels à se réunir en AG et à mettre au vote la grève pour obtenir satisfaction concernant les garanties sanitaires nécessaires, à commencer par les dédoublements.

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Published by SUD 61
1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 22:59

https://www.sudeducation.org/lettre-aux-instituteurs-et-institutrices-de-jean-jaures-fiches-et-analyses/

Le ministre utilise la Lettre aux instituteurs et institutrices de Jean Jaurès pour rendre l’hommage à notre collègue Samuel Paty, effroyablement assassiné. L’impréparation absolue du ministère pour défendre la santé des élèves et des personnels en pleine crise sanitaire dénote avec la méticuleuse sélection des mots de Jean Jaurès. Le caviardage de la Lettre ainsi que l’absence dans le dossier pédagogique de la dimension politique de Jaurès sont l’expression d’une volonté politique de récupération de la part de Blanquer.

Sans aucune volonté de mythifier Jean Jaurès, vous trouverez ci-dessous quelques éléments d’analyse de SUD éducation.

1. Oubli du mot institutrice

Dans son message aux professeurs et personnels de l’éducation nationale, envoyée le 31 octobre, Blanquer parle de “la lettre aux instituteurs de Jean Jaurès”. Pourtant le titre de la publication parue le 15 janvier 1888 dans La Dépêche de Toulouse est bien La Lettre aux instituteurs et institutrices. Le ministre, attaché à son courant réactionnaire, prend ainsi la liberté d’adapter le titre de la lettre invisibilisant ainsi 80 % des personnels de l’éducation nationale.

2. Oubli de la phrase sur l’attaque au système des examens

Le ministère a publié sur le site eduscol une version courte et une longue de La Lettre aux Instituteurs et Institutrices selon l’âge des élèves. Cependant, les deux versions sont amputées du passage suivant :

« J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! »

Cette phrase résonne singulièrement avec le projet d’école de Blanquer : des évaluations nationales imposées aux élèves et personnels, réforme du baccalauréat et du lycée, épreuves de contrôle continu dans le déni des besoins des élèves, des familles et personnels, parcoursup.

3. Oubli de l’anticolonialiste

Jean Jaurès est un contemporain des guerres de conquêtes coloniales. S'il a d'abord adhéré à un discours "civilisateur" justifiant le colonialisme européen, il a vite pris la mesure des crimes commis en son nom et a évolué vers

un anticolonialisme déterminé.

En 1911, dans L'Humanité, il appelle à « d’énergiques mesures de réparation » pour les populations qui subissent le colonialisme : « en Tunisie, comme en Algérie, comme au Congo, comme au Maroc, c’est en les pillant que des milliers d’aventuriers s’enrichissent ».

Il n'hésite pas à déclarer en février 1912 devant la Chambre des députés, dans le con

texte de la Guerre du Maroc : « Une fois de plus, c’est le préjugé d'ignorance qui vous mène. C’est à vous, à la France, à toute la France pensante, qu’il faudrait enseigner ce qu'est cette civilisation arabe que vous ignorez et méprisez, ce qu’est cette admirable et ancienne civilisation. À laquelle les pays européens, je dis bien les pays européens, viennent montrer le visage hideux de l’invasion et de la répression. »

Aujourd'hui, Jean-Michel Blanquer préfère dénoncer "l'islamo-gauchisme" et la "pensée intersectionnelle et décoloniale" qui feraient “des ravages à l'université".

4. Oubli du pacifisme

Jean Jaurès, pacifiste européen, assassiné lors d’un attentat d’extrême-droite pour son pacifisme, est récupéré par Blanquer et le gouvernement qui usent d’un ton martial et déclarent la mobilisation générale contre un ennemi à chaque intervention médiatique.

5. Oubli du défenseur de l’intérêt général contre le pouvoir de l’argent

Jean Jaurès fut le défenseur de journalistes accusés d’outrage au Président de la République. Il évoquait alors un président “ami des banquiers et des patrons de presse, faux patriote et vrai coquin”…

 

Quand il dit : « Mais qu’est-ce donc que le patriotisme ? Consiste-t-il à prodiguer à tout propos le mot de patrie ? […] le patriotisme consiste à subordonner l’intérêt particulier à l’intérêt général. Mais lorsqu’une oligarchie puissante abuse de son pouvoir d’argent pour subordonner au contraire l’intérêt général à l’intérêt particulier ».

Aujourd’hui, le ministre Blanquer soutient ouvertement le secteur éducatif privé, démantèle le service public d’éducation, conclut des contrats aux montants colossaux avec les multinationales du numérique.

6. Oubli du soutien de la lutte des classes

Jean Jaurès opposé au Ministre de l’intérieur de l’époque, Georges Clémenceau garant de l’ordre sanglant face à une « violence ouvrière » va en 1906 rappeler que la véritable violence est celle des capitalistes ;

Ah ! Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclat de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continueront la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. Cela ne fait pas de bruit ; c’est le travail meurtrier de la machine qui, dans son engrenage, dans ses laminoirs, dans ses courroies, a pris l’homme palpitant et criant ; la machine ne grince même pas et c’est en silence qu’elle le broie. […]

Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité.

Le ministre Blanquer, qui cherche sans cesse à criminaliser les mouvements sociaux et les luttes des personnels de l’Éducation est une image de ministre au service de capitalistes et de la répression des mouvements sociaux.

7. Oubli du partisan de la grève générale

Jean Jaurès soutient des syndicalistes comme Jules Durand, condamné à mort en raison de son activité syndicale avant de voir sa peine révisée. Jaurès parlera de la décision de justice comme d’un « crime de la raison d’État capitaliste”.

Jaurès défend les 14 et 15 juillet 1914 l’idée de la grève générale simultanée dans tous les pays, de rassembler tous les peuples pour contrer la guerre. Une partie de la presse française de l’époque déforme ses propos l’accusant de faire le jeu de l’Allemagne.

La récupération de la figure et des écrits de Jaurès par un gouvernement dont les propos indignes contribuent à légitimer et libérer la parole et l’idéologie de l’extrême-droite est intolérable.

Défendre la laïcité ainsi que la neutralité du service public d’éducation et de la recherche sont justement l’expression de la solidarité et du combat contre le fanatisme et l’obscurantisme. Ce sont justement les organisations étudiantes et les organisations syndicales qui luttent depuis toujours contre les discriminations, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, les oppressions de genre dans la société. Le ministre essaie avec malhonnêteté intellectuelle de s’approprier une figure du mouvement ouvrier.

Annexe : texte intégral de la lettre

Aux instituteurs et institutrices

Jean Jaurès. La Dépêche – 15 janvier 1888

Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.

Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais bien quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage. J’entends dire, il est vrai : A quoi bon exiger tant de l’école ? Est-ce que la vie elle-même n’est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d’une démocratie ardente, l’enfant devenu adulte ne comprendra point de lui-même les idées de travail, d’égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ? Je le veux bien, quoiqu’il y ait encore dans notre société, qu’on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire, tout d’abord, amitié avec la démocratie par l’intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l’âme de l’homme, à l’idée de justice tardivement éveillée une saveur amère d’orgueil blessé ou de misère subite, un ressentiment et une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à des cœurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d’enfance, c’est-à-dire de générosité pure et de sérénité.

Comment donnerez-vous à l’école primaire l’éducation si haute que j’ai indiquée ? Il y a deux moyens. Il faut d’abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu’ils ne puissent plus oublier de la vie et que, dans n’importe quel livre, leur œil ne s’arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c’est la clef de tout. Est-ce savoir lire que de déchiffrer péniblement un article de journal, comme les érudits déchiffrent un grimoire ? J’ai vu, l’autre jour, un directeur très intelligent d’une école de Belleville, qui me disait : « Ce n’est pas seulement à la campagne qu’on ne sait lire qu’à peu près, c’est-à-dire point du tout ; à Paris même, j’en ai qui quittent l’école sans que je puisse affirmer qu’ils savent lire. » Vous ne devez pas lâcher vos écoliers, vous ne devez pas, si je puis dire, les appliquer à autre chose tant qu’ils ne seront point par la lecture aisée en relation familière avec la pensée humaine.

Qu’importent vraiment à côté de cela quelques fautes d’orthographe de plus ou de moins, ou quelques erreurs de système métrique ? Ce sont des vétilles dont vos programmes, qui manquent absolument de proportion, font l’essentiel. J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître.

Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble.

De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’œuvre des siècles, de lui faire mesurer l’effort inouï de la pensée humaine !

Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu’il enseigne. Il ne faut pas qu’il récite le soir ce qu’il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu’il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu’il se soit émerveillé tout bas de l’esprit humain, qui, trompé par les yeux, a pris tout d’abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l’infini de l’espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque, par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d’une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l’émotion de son esprit. Ah ! sans doute, avec la fatigue écrasante de l’école, il vous est mal aisé de vous ressaisir ; mais il suffit d’une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l’ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l’intelligence s’éveiller autour de vous. Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l’enseignement aux enfants que de le rapetisser.

Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : « Les enfants ont en eux des germes, des commencements d’idée. » Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre : il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur. Je dis donc aux maîtres pour me résumer, lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs.

Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et ce jour-là bien des choses changeront.

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Published by SUD 61
23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 21:11

Jean-Michel Blanquer a dénoncé, dans la presse comme à l’Assemblée nationale "l'islamo-gauchisme" qui ferait “des ravages à l'université". Il s’est particulièrement attaqué à l'Unef.

Ce type de propos indignes qui occupent l'espace médiatique à toute heure et sur toutes les antennes, sont d'autant plus graves que les groupuscules d'extrême-droite qui agissent de plus en plus ouvertement sur les campus s’appuient dessus.

Les organisations étudiantes et les organisations syndicales qui luttent contre les discriminations, le racisme, l'antisémitisme, l'islamophobie, les oppressions de genre dans la société, et défendent la laïcité ainsi que la neutralité du service public d’éducation et de la recherche sont justement l'expression de la solidarité et du combat contre le fanatisme et l'obscurantisme. S'il faut trouver des "complicités intellectuelles" avec les thèses d'extrême-droite, c'est dans les propos du ministre qu'il faut les chercher.

 

SUD éducation condamne les propos de Jean-Michel Blanquer et assure de son soutien l’Unef et ses militant-e-s.

SUD éducation le répète avec force : nous condamnons toutes les généralisations, stigmatisations et récupérations réactionnaires du drame de Conflans Ste Honorine.

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