16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:55

En ce début d’année, dans de nombreuses circonscriptions et écoles, beaucoup d’ enseignant-e-s se voient imposer une formation dite « en constellations » générée par le Plan national de formation Français. Désigné-e-s par les IEN, les enseignant-e-s « constellé-e-s » sont ainsi contraint-e-s de participer à une formation sur une thématique imposée. Cette formation et ses modalités, déjà dénoncées l’an passé avec la mise en place du Plan mathématiques, devrait concerner l’ensemble des enseignant-es qui, au cours des 6 prochaines années, seraient contraint-es de suivre ces deux dispositifs.

 

Lors d’un groupe de travail au ministère le 2 octobre dernier sur la formation continue, les représentant-e-s du ministre ont indiqué que ces formations devaient "recueillir l’adhésion des enseignants désignés et que les problématiques de travail devaient être élaborés par les personnels eux-mêmes ". A ce jour, nous faisons le constat que les dispositifs de formation en « constellations » imposés se développent malgré tout dans les départements.

 

La formation continue concerne l’ensemble des programmes et doit être fondée avant tout sur les besoins exprimés par la profession. C'est ce que prévoit le schéma directeur de formation ministériel. Pour nos organisations, la formation « en constellations » ne doit pas déroger aux ORS des PE, ni donner lieu à des visites de classes non souhaitées.

 

Face au rejet grandissant suscité par le dispositif de formation « en constellations », nos organisations syndicales demandent au ministre qu’une consigne claire soit adressée aux services académiques confirmant la liberté de choix tant pour la participation que les problématiques traitées.

 

Paris, le 15 octobre 2020

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:54

Le 5 octobre2020, le Directeur de Cabinet de la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche a adressé un courrier aux organisations syndicales représentatives de l’Enseignement supérieur et la recherche, accompagné du projet d’«Accord relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières».

SUD éducation et SUD Recherche EPST ne signeront pas ce protocole d’accord.

Ce protocole est indécent dans sa démarche. Il s’est agi, par son entremise, de gagner quelques maigres soutiens au projet de Loi de programmation de la recherche (LPR). Or ce projet de loi est largement rejeté par les agent-e-s du service public d’enseignement supérieur et de recherche parce qu’il marque une nouvelle étape dans la précarisation, la mise en concurrence et la re-féodalisation généralisées de l’université et de la recherche publique. Ce protocole est indécent, ensuite, parce qu’il vise à s’attirer les faveurs des titulaires par le biais d’augmentations des primes et des promotions au moment même où la LPR condamne les nouvelles générations de personnel de la recherche et de l’enseignement supérieur à une précarité massive.

Ce protocole est même critiquable dans sa manière d’envisager les quelques améliorations de rémunération ou de carrière qu’il annonce (pour plus de détail voir l’exposé des motifs de notre refus en PJ).

Jamais nous n’accepterons de sacrifier l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur public ainsi que de l’ensemble de son personnel pour quelques avantages restreints destinés à quelques un-e-s. Nous le proposer au travers d’un tel protocole d’accord, c’est faire affront à notre intégrité! L’expérience du Ségur de la santé devrait pourtant nous alerter: après l’attribution largement médiatisée de quelques primes, le gouvernent continue de supprimer des lits et de casser le service public de santé (4Md€ d’économies sont prévues dans le projet de loi de finance de la sécurité sociale de 2021). Nous refusons de cautionner ces manœuvres de destruction des services publics,d’autant plus que dans le même temps pleuvent les cadeaux au privé et aux plus riches (plus de 54Md€ aux entreprises via la diminution des prélèvements obligatoires entre 2018 et 2021, près de 13Md€ en cadeau aux plus riches via la suppression de l’ISF sur la même période). Imposons un autre partage des richesses, imposons un autre avenir.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:54
Ce communiqué a été publié le 15/10/2020

Monsieur le Ministre,

Un mois après la rentrée, nous avons la confirmation que, d’un point de vue pédagogique, cette rentrée n’était pas normale et que le confinement a laissé des traces.

L’ensemble des enseignantes et des enseignants s’est investi sans compter pendant le confinement et après pour maintenir un lien pédagogique avec les élèves, mais l’école à distance ne peut remplacer l’école en présentiel. Les inégalités se sont donc creusées. Des notions voire des pans entiers des programmes ne sont pas acquis par toute et tous les élèves ce qui, en fonction de la construction des savoirs selon les disciplines, produit des effets plus ou moins importants mais doit de toute façon être pris en considération.

Les moyens mis en oeuvre pour pallier les difficultés sont insuffisants, dans certains établissements, aucun dispositif n’a encore pu être mis en oeuvre ! Cela entraîne des inquiétudes, notamment sur les conséquences prévisibles pour les futures évaluations, en particulier les épreuves d’examen.

Il y a urgence à prendre des mesures permettant de ramener de la sérénité dans les apprentissages. Aujourd’hui, les élèves comme les enseignantes et les enseignants subissent quotidiennement les effets conjugués de programmes, inadaptés à un contexte post confinement et d’évaluations trop précoces.
Nous réitérons notre demande d'une réflexion sur l'aménagement des programmes, en concertation avec les organisations représentatives des personnels.
En terme de calendrier, nous demandons qu'un calendrier transitoire et exceptionnel des examens, tenant compte du poids de la crise sanitaire soit mis en place : la première session des EC, en première, doit être supprimée et les épreuves de spécialités, en terminale, prévues en mars, doivent être reportées en fin d’année.

Cette année est, à bien des égards, exceptionnelle. Il ne doit pas y avoir de génération perdue. Cela implique de prendre les décisions nécessaires pour prendre la mesure des effets de la crise sanitaire en matière pédagogique.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en notre profond attachement au service public d'éducation.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:53

Avec un protocole sanitaire allégé et surtout aucun moyen pour le faire respecter, nous savons depuis la rentrée que nous courons à la catastrophe. Aujourd’hui le gouvernement adopte un discours culpabilisateur et Macron vient d'annoncer ce mardi 14 octobre de nouvelles restrictions. Pour SUD éducation l’heure est à la prise de mesures fortes pour protéger l’ensemble des salarié-e-s et les usagers et usagères des services publics.

Pas de moyens supplémentaires

Alors que l’Éducation nationale a été durement impactée par l’épidémie avec une longue fermeture des établissements scolaires, rien n’a pourtant été organisé pour permettre une rentrée garantissant l’accueil des élèves comme la sécurité des personnels.
Pour SUD éducation, répéter l’expérience des fermetures d’établissements n’est pas souhaitable. C’est pour ça que le gouvernement devrait tout faire pour l’éviter. Force est de constater que nous en sommes loin : aucun recrutement significatif, pas de plan de constructions ou de réquisitions de locaux, pas de dédoublements, pas d’investissements, pas de dotation en masques gratuits pour les élèves et le rationnement en masques pour les personnels.

La gestion de l’épidémie par le déni

Au contraire, l’Éducation nationale pratique la politique de l’autruche. Alors que ce qui était bon en juin dernier n’est plus valable en septembre, plus le nombre de cas augmente et moins ils sont comptabilisés. Presque aucun cas contact sur nos lieux de travail, pas de test systématique des élèves lorsqu’il y a des cas dans une classe, mesures d’isolement au compte goutte : à force de vouloir cacher l’épidémie pour valider les décisions politiques désastreuses on la nourrit. Les établissements ne fermant pas en cas de personnels positifs dans le premier degré, même dans le cas où toute l’équipe est atteinte, se sont des enseignant-e-s remplaçant-e-s qui se déplacent d’écoles en écoles, parfois par demi-journée avec le risque accru d’attraper le virus. De plus, au lieu de prendre leurs responsabilités, de nombreux-ses DASEN et IEN culpabilisent les équipes en les accusant de négligence pendant leur pause repas. Par ailleurs l’administration n’anticipe aucunement d’éventuelles fermetures d’établissements à des échelles plus larges : rien sur l’attribution de matériel aux familles, et aux élèves et aux enseignant-e-s, rien sur le cadrage réglementaire de l’enseignement à distance, rien sur l’organisation à prévoir des enseignements et l’accueil des publics fragiles par exemple. Comme début mars, le ministère répète en boucle “on est prêts”, alors qu’il n’a rien communiqué sur le sujet depuis une circulaire laconique de début juillet. Ce n’est pas acceptable : les personnels doivent avoir des éléments d’anticipation pour débattre, entre eux, des meilleures manière d’assurer la continuité des apprentissage dans le respect de leurs statuts et de leurs conditions de travail.

Il faut un plan d’urgence

Plutôt que de tout renvoyer à la responsabilité individuelle, il faut des mesures fortes. SUD éducation propose depuis juin dernier un plan d’urgence pour l’éducation. Du retard a été pris mais il n’est pas trop tard ! SUD éducation propose 34 mesures à appliquer immédiatement ! Nous appelons les personnels à s’organiser dans les établissements pour faire imposer les mesures sanitaires essentielles et à continuer de faire remonter toutes les difficultés rencontrées localement.
SUD éducation appelle les personnels à se mobiliser par tous les moyens pour faire appliquer ces 34 mesures.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:51

Paris, le 14 octobre 2020

 

Monsieur le ministre de

l’Éducation nationale, de la jeunesse

et des sports

110 rue de Grenelle

75007 Paris

Objet : dangerosité des masques fournis aux personnels par l’Éducation nationale

Monsieur le ministre, 

Un article publié dans la revue Reporterre révèle que les masques produits par l’entreprise Dim et distribués à la rentrée de septembre sont faits de tissus traités à la zéolithe d’argent et de cuivre. L’article cite un certain nombre d’études scientifiques montrant les effets néfastes de l’exposition à l’argent ionique pour la santé des personnels et pour l’environnement. 

Cette enquête suscite un émoi légitime dans la profession, alors que les masques distribués par l’Éducation nationale avaient été déjà pointés du doigt par plusieurs Agences régionales de santé comme étant insuffisamment protecteurs. 

Il est urgent que le ministère communique aux personnels des informations à ce sujet, et il est inacceptable que vous vous en défaussiez, comme cela a été le cas suite à une question posée à l’Assemblée nationale mardi 13 octobre. 

En l’occurrence, SUD éducation vous demande instamment : 

  • de communiquer une information claire garantissant aux personnels un choix éclairé ;

  • de transmettre les conclusions d’études scientifiques sur une exposition prolongée à l’argent ionique ;

  • de mettre en oeuvre dès à présent des solutions alternatives aux masques Dim.

SUD éducation se réserve la possibilité de lancer instamment des procédures d’alerte face à la dangerosité de ces masques.

Par ailleurs SUD éducation revendique la gratuité des masques en nombre suffisants pour les personnels et les élèves.

Veuillez croire, M. le ministre, en notre attachement au service public d’éducation,

Jules Siran, co-secrétaire fédéral SUD éducation

 

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:46
 
La crise sanitaire que nous traversons engendre une crise économique et sociale dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences. L’Ecole n’échappe pas à cela et les élèves, les professionnels sont aussi touchés de plein fouet. Face aux incertitudes qui sont devant nous, nous affirmons qu’il faut investir dans l’Education. Dans ce contexte, l’augmentation programmée du budget de l’Education nationale ne suffira pas. Notre Ecole a besoin d’un nouvel élan pour renouer avec la

démocratisation et lutter contre l’accroissement des inégalités. Notre Ecole a pour cela besoin d’être mieux soutenue pour permettre à tous et toutes d’acquérir les connaissances et qualifications qui assureront l’avenir de notre société. Et notre Ecole a besoin à très court terme de mesures pour répondre efficacement à la crise sanitaire.

Nous, représentantes et représentants des personnels de l'Éducation nationale, des parents d'élèves et des élèves, posons le constat qu'aucun enseignement n'a été tiré de la première phase de la crise sanitaire que nous avons vécue au printemps dernier. Les mesures nécessaires n’ont pas été prises pour répondre à la dégradation rapide de la situation sanitaire dans une École déjà fortement secouée par des réformes nombreuses et profondes et fragilisée par un sousinvestissement matériel comme en personnels chronique. Les dispositions sont allégées à l’école, à l'heure même où des mesures plus contraignantes sont prises dans l’ensemble de la société il est nécessaire que ce soit accompagné de mesures protectrices.

En effet, notre volonté commune est bien d’alerter pour que l’Ecole garde ses portes ouvertes et éviter, autant que possible, ce que personne ne souhaite : un nouveau confinement général avec à la clé une continuité pédagogique qui creuse les inégalités et ne peut remplacer le présentiel dans la durée, pour les apprentissages des élèves comme pour leur bien-être. Nous n’oublions pas que le confinement général passé a impacté fortement les élèves, dans leur scolarité comme dans leur
vie sociale et plus encore les familles les plus fragiles et précaires.

Nos organisations, actrices de la démocratie scolaire, demandent un véritable plan d'urgence pour l'École avec des mesures immédiates pour assurer la sécurité sanitaire de tous et permettre les apprentissages à l’Ecole. La nécessité d’organiser un environnement quotidien plus sûr, en terme sanitaire et qualitatif pour les élèves et les enseignants est un impératif pour notre pays et nécessite des moyens financiers et humains.

L’aménagement des établissements, des écoles et des services, la mise à disposition de lieux tiers comme leurs équipements, sont des impératifs et doivent pouvoir se coordonner dans les instances locales de l’éducation nationale sur la base d’une ligne budgétaire initiée nationalement. Cet aménagement doit favoriser la distanciation physique. Cela peut passer par l’installation de structures provisoires dans les établissements, ou l’éventuelle utilisation de lieux tiers dans le strict respect des principes de neutralité.

L’usage du masque, indispensable, pour assurer la protection de tous dans les espaces clos, a un impact sur la relation pédagogique entre élèves et enseignants et renforce le besoin de travailler avec des groupes réduits. La mise à disposition gratuite de masques pour les élèves, jetables comme lavables, est un élément fondamental d’une stratégie sanitaire réussie. Nous savons toutes et tous que changer de masque plusieurs fois dans une journée est un impératif, aux côtés du lavage des mains et de la désinfection des surfaces. Ces masques ont un coût financier certain et il s’agit bien à l’État de pouvoir garantir, sans stigmatisation, que tous les élèves en aient suffisamment à leur disposition chaque jour.

Nous réitérons notre demande d’une commission de travail expresse concernant les classes à examens. Notre plus grande inquiétude s’attache plus particulièrement au baccalauréat 2021. Dans la voie professionnelle, les enseignements ont été fortement amputés, impliquant des difficultés accrues de poursuite d'études et d'insertion pour les jeunes. De façon globale, il s'agit de redonner du temps et de la liberté pédagogique qui permettront à l'ensemble des équipes pédagogiques de
construire collectivement un parcours adapté pour les élèves.
Enfin, nous défendons que la priorité est à la réduction des effectifs par le recrutement important d’enseignants et de personnels éducatifs, ce que le PLF 2021 ne permettra pas, en particulier dans le second degré.

Les prochains mois seront très difficiles sur les plans sanitaire, social, économique et inévitablement scolaire. Au-delà des impératifs de court terme, nous devons construire collectivement enfin des dispositifs de gestion de crise durable, anticiper différents scenarii. L’aménagement des espaces, des enseignements, l’accueil et l’accompagnement de tous les élèves s’inscrivent dans la durée. Nous, actrices et acteurs de l’Ecole, représentantes et représentants des enseignants, parents et
élèves, réaffirmons l’exigence d’une organisation repensée et concertée de l'École et demandons à être reçus collectivement dans les plus brefs délais.

Alors que le plan de relance du gouvernement ne prévoit pas l’investissement dans notre système éducatif, nous alertons solennellement sur la crise chronique que subit l’École. Cette crise sanitaire a jeté une lumière crue sur les inégalités scolaires qui pénalisent nos élèves issus des milieux sociaux les plus défavorisés. Alors que toutes les enquêtes montrent que la mixité sociale à l’école est un puissant levier de réussite scolaire, notre ministère est inactif sur ce sujet. Pourtant, il est urgent d’agir contre les inégalités à l’œuvre dans notre société.

La République a le devoir de ne laisser aucun enfant, adolescent ou jeune sur le bord du chemin. Démocratiser l’Ecole exige, plus que des discours, des actes forts.

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 13:01

Périodes de formation en milieu professionnel : des propositions irréalisables

Ce communiqué a été publié le 06/10/2020

La crise sanitaire a déjà très fortement perturbé le parcours des élèves de la voie professionnelle. L’impossibilité de télé enseigner les gestes professionnels habituellement dispensés en atelier a entrainé une déqualification des élèves.  La crise économique et le regain de la propagation du virus posent en cette rentrée de réelles difficultés pour l’organisation des PFMP. Dans ce contexte difficile, le ministère vient de diffuser en catimini une foire aux questions (FAQ) dédiée à l’organisation des PFMP. Les aménagements proposés, prétendant pallier les difficultés induites par le contexte sanitaire et économique dégradé, sont inacceptables.  D’une part ils contreviennent aux textes réglementaires qui régissent l’organisation des PFMP et, d’autre part, la « souplesse » proposée, comme le départ des élèves « au fil de l’eau » ou le brassage de groupe d’élèves dans des classes ou établissements différents, sont des éléments de dérégulation qui mettraient en danger la santé des élèves et des personnels et qui aggraveraient leurs conditions de travail.

Nos organisations SNUEP-FSU, SNEP-FSU, CGT Éduc’action, SNALC, Sud Éducation et SNCL rappellent que la mise en place des PFMP est régie par l’article R 421  du Code de l’Éducation qui précise que la détermination des dates  pour l’année scolaire, relève de la compétence du conseil d’administration donc d’un vote de cette instance. En aucun cas les élèves ne peuvent donc partir au fil de l’eau en fonction des « opportunités ».

De plus, exiger des personnels un travail supplémentaire pour mettre en place « une différentiation pédagogique importante » est irresponsable en cette période très anxiogène où les personnels doivent faire face à de nombreuses difficultés. Enfin nos statuts, rappelés dans la circulaire PFMP de 2016, précisent nos obligations de services pour les périodes : en aucun cas nous ne devons accepter les mesures dérogatoires proposées dans cette FAQ.

En préalable, la mise en place d'une concertation pour la voie pro et les problèmes spécifiques auxquels elle est confrontée est absolument nécessaire afin de construire une réponse adaptée et réaliste pour les élèves et les personnels.

Nos organisations demandent le retrait de ces propositions irréalisables. Elles rappellent leur demande de moyens pour la voie professionnelle qui peuvent se traduire par l'allègement des dispositifs introduits par la transformation de la voie professionnelle (TVP).

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 12:59

Evaluation des EPLE : un nouveau pas vers une gestion managériale dans l’éducation

Cet article a été publié le 02/10/2020

Le conseil d’évaluation de l’école institué par la loi dite « pour une École de la confiance » a publié dans une délibération du 8 juillet 2020 le cadre de l’évaluation des EPLE. Cette évaluation comportera deux phases : une autoévaluation de l’établissement suivie d’une évaluation externe par une équipe désignée par le recteur ou la rectrice. Cette évaluation concernera 20 % des établissements chaque année et donc chaque établissement sera évalué tous les 5 ans.

Cette évaluation prétend « améliorer, dans l’établissement, le service public d’enseignement notamment, les conditions de réussite collective, d’exercice des différents métiers et de bien être dans l’établissement. »

 

L’autoévaluation

La première phase consiste en une autoévaluation qui s’intéressera à « l’établissement dans sa globalité », choix pédagogique, évaluation des résultats, rapport de l’établissement avec les partenaires extérieurs, orientation, inclusion scolaire, communication de l’établissement, etc. Elle est censée être « totalement participative » et couvrira quatre grands domaines :

  • « les apprentissages et les parcours des élèves, l’enseignement ;

  • la vie et le bien-être de l’élève et le climat scolaire ;

  • les acteurs, la stratégie et le fonctionnement de l’établissement ;

  • l’établissement dans son environnement institutionnel et partenarial. »

Un comité de pilotage sera mis en place comprenant l’équipe de direction, des personnels de l’éducation nationale, des personnels des collectivités territoriales de l’établissement, des parents , des élèves et des « partenaires ». Il n’y a aucune indication cadrant la composition et le mode de désignation de ce comité.

Un guide d’autoévalution est fourni. Il aborde les quatre grands domaines de l’autoévaluation.

L'Analyse de SUD éducation :

Cette autoévaluation censée être une aide pour l’établissement a en fait pour objectif de vérifier la conformité des pratiques et des buts de l’établissement avec les orientations académiques et nationales. L’établissement devra en effet comparer ses résultats à des données de référence fournies par le rectorat (p 5, paragraphe 2.1). Il devra expliquer pourquoi ses résultats ne coïncident pas avec ceux d’établissements similaires.

Dans le texte aucun moyen n’est alloué à cette tâche qui incombera à l’équipe de direction en plus de ses attributions habituelles et au comité de pilotage. La mise en place de ce comité participe pleinement de la stratégie de gratification individuelle (IMP, primes, éventuelle accélération de carrière, …).

Cette autoévaluation s’apparente à une usine à gaz à tel point que même le SNPDEN (syndicat des personnels de direction) y voit une tâche « démesurée pour mettre en œuvre un questionnement métaphysique bien éloigné du réel » (lettre interne du 18 septembre 2020).

L’évaluation externe

Elle intervient dans un second temps et elle est vue comme un « prolongement de l’autoévaluation ». Il s’agit bien d’une évaluation de l’établissement afin de lui proposer des actions pour « enrichir sa stratégie éducative (formations, modalités d’enseignement, accueil des élèves, projets ou partenariats, …) » (p 9, 3.1).

Cette évaluation aura lieu sur 2 ou 3 jours et sera pilotée par trois ou quatre évaluateur-ice-s désigné-e-s par le recteur ou la rectrice. L’équipe d’évaluateur-ice-s pourra comprendre des inspecteur-ice-s, « des personnels de direction, des enseignants, des cadres académiques ou d’autres personnels ayant une bonne connaissance du fonctionnement pédagogique ou administratif d’un établissement », et enfin il est envisagé d’intégrer « des professionnels extérieurs à l’Éducation nationale, notamment au sein d’exécutifs départementaux ou régionaux ». Sa composition devra toutefois comprendre « au moins deux inspecteurs ou chargés de mission d’inspection et un personnel de direction ou cadre administratif » (voir Annexe 2.1).

Le rapport final d’une dizaine de pages sera communiqué au-à la chef-f-e d’établissement et au CA après avoir été relu et validé au niveau académique. « Le rapport définitif a pour vocation de s’intégrer dans le cycle de contractualisation de l’établissement. »

L'Analyse de SUD éducation

Le classement des EPLE à un niveau régional et national est formellement exclu, mais le fuitage de résultats est très possible via la transmission aux membres du CA.

L’équipe prétendument neutre sera composée aux trois quarts, voire exclusivement, de fonctionnaires d’autorité.

Le rapport final rentre dans la politique de contractualisation des EPLE en attribuant les moyens suivant les objectifs fixés à l’établissement.

Globalement ce processus d’évaluation évacue les problématiques sociales et de manque de moyens de l’éducation nationale pour axer les préoccupations sur « l’optimisation » locale des moyens et les modalités d’enseignement.

Le rapport, loin d’être une aide, s’imposera à la communauté éducative : le texte sera présenté pour information sans vote au CA.

 

Les finalités

Selon le conseil d’évaluation de l’école, cette évaluation a pour finalité:

  • « l’amélioration, dans l’établissement, du service public d’enseignement scolaire »

  • « d’améliorer, pour l’ensemble de la communauté éducative et de ses acteurs, les conditions de réussite collective, d’exercice des différents métiers » (p2)

  • « l’adhésion de l’ensemble de la communauté éducative à la démarche d’évaluation de l’établissement. » (p9)

 

Pour cela il faudra (p2) :

  • « mesurer le niveau d’atteinte des résultats et relier ces résultats à l’utilisation des marges d’autonomie de l’établissement, aux pratiques professionnelles, aux organisations retenues, aux choix opérés par l’établissement,

  • situer la valeur ajoutée de l’établissement, compte tenu de son contexte,

  • proposer collectivement des axes stratégiques à mettre en œuvre pour une amélioration ou une consolidation de la réussite des élèves et de leur qualité de vie à l’École »

L'Analyse de SUD éducation

Cette évaluation des établissements est directement inspirée par les techniques managériales du secteur privé. Elles ont pour objectif de susciter l’adhésion et le sentiment d’appartenance, de développer une véritable culture d’établissement, comme dans le privé, on promeut la culture de l’entreprise. Cela permettra d’achever la mutation du service public d’éducation vers un fonctionnement plus proche de celui des entreprises privées.

Les « conditions de travail » disparaissent au profit de la « qualité de vie au travail », ce qui évacue les questions de pénibilité et de souffrance au travail, les rendant ainsi invisibles. Dans la poursuite de ce qu’a entamé le PPCR, les personnels sont poussés à toujours s’investir d’avantage, au-delà de leur service, en visant des objectifs inatteignables. Cela ne peut que générer une perte de sens de nos métiers.

Les partenariats avec les entreprises sont encouragés et sont intégrés au processus d’évaluation de l’éducation nationale. C’est un outil de plus pour que l’école soit au service des intérêts économiques.

Ce processus d’évaluation s’inscrit dans le renversement des stratégies de formation : les besoins en formation sont déterminés par les besoins de l’institution et non ceux des personnels.

Le remplacement du Cnesco par le Conseil d’évaluation de l’école signifie un changement de paradigme : le passage d’une autorité scientifique indépendante chargée de produire des analyses sur les systèmes scolaires à une institution de contrôle et d’évaluation.

 

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 18:28

Le conseil d’évaluation de l’école institué par la loi dite « pour une École de la confiance » a publié dans une délibération du 8 juillet 2020 le cadre de l’évaluation des EPLE. Cette évaluation comportera deux phases : une autoévaluation de l’établissement suivie d’une évaluation externe par une équipe désignée par le recteur ou la rectrice. Cette évaluation concernera 20 % des établissements chaque année et donc chaque établissement sera évalué tous les 5 ans.

Cette évaluation prétend « améliorer, dans l’établissement, le service public d’enseignement notamment, les conditions de réussite collective, d’exercice des différents métiers et de bien être dans l’établissement. »

L’autoévaluation

La première phase consiste en une autoévaluation qui s’intéressera à « l’établissement dans sa globalité », choix pédagogique, évaluation des résultats, rapport de l’établissement avec les partenaires extérieurs, orientation, inclusion scolaire, communication de l’établissement, etc. Elle est censée être « totalement participative » et couvrira quatre grands domaines :

« les apprentissages et les parcours des élèves, l’enseignement ;

la vie et le bien-être de l’élève et le climat scolaire ;

les acteurs, la stratégie et le fonctionnement de l’établissement ;

l’établissement dans son environnement institutionnel et partenarial. »

Un comité de pilotage sera mis en place comprenant l’équipe de direction, des personnels de l’éducation nationale, des personnels des collectivités territoriales de l’établissement, des parents , des élèves et des « partenaires ». Il n’y a aucune indication cadrant la composition et le mode de désignation de ce comité.

Un guide d’autoévalution est fourni. Il aborde les quatre grands domaines de l’autoévaluation.

→ Analyse :

Cette autoévaluation censée être une aide pour l’établissement a en fait pour objectif de vérifier la conformité des pratiques et des buts de l’établissement avec les orientations académiques et nationales. L’établissement devra en effet comparer ses résultats à des données de référence fournies par le rectorat (p 5, paragraphe 2.1). Il devra expliquer pourquoi ses résultats ne coïncident pas avec ceux d’établissements similaires.

Dans le texte aucun moyen n’est alloué à cette tâche qui incombera à l’équipe de direction en plus de ses attributions habituelles et au comité de pilotage. La mise en place de ce comité participe pleinement de la stratégie de gratification individuelle (IMP, primes, éventuelle accélération de carrière, …).

Cette autoévaluation s’apparente à une usine à gaz à tel point que même le SNPDEN (syndicat des personnels de direction) y voit une tâche « démesurée pour mettre en œuvre un questionnement métaphysique bien éloigné du réel » (lettre interne du 18 septembre 2020).

L’évaluation externe

Elle intervient dans un second temps et elle est vue comme un « prolongement de l’autoévaluation ». Il s’agit bien d’une évaluation de l’établissement afin de lui proposer des actions pour « enrichir sa stratégie éducative (formations, modalités d’enseignement, accueil des élèves, projets ou partenariats, …) » (p 9, 3.1).

Cette évaluation aura lieu sur 2 ou 3 jours et sera pilotée par trois ou quatre évaluateur-ice-s désigné-e-s par le recteur ou la rectrice. L’équipe d’évaluateur-ice-s pourra comprendre des inspecteur-ice-s, « des personnels de direction, des enseignants, des cadres académiques ou d’autres personnels ayant une bonne connaissance du fonctionnement pédagogique ou administratif d’un établissement », et enfin il est envisagé d’intégrer « des professionnels extérieurs à l’Éducation nationale, notamment au sein d’exécutifs départementaux ou régionaux ». Sa composition devra toutefois comprendre « au moins deux inspecteurs ou chargés de mission d’inspection et un personnel de direction ou cadre administratif » (voir Annexe 2.1).

Le rapport final d’une dizaine de pages sera communiqué au-à la chef-f-e d’établissement et au CA après avoir été relu et validé au niveau académique. « Le rapport définitif a pour vocation de s’intégrer dans le cycle de contractualisation de l’établissement. »

→ Analyse

Le classement des EPLE à un niveau régional et national est formellement exclu, mais le fuitage de résultats est très possible via la transmission aux membres du CA.

L’équipe prétendument neutre sera composée aux trois quarts, voire exclusivement, de fonctionnaires d’autorité.

Le rapport final rentre dans la politique de contractualisation des EPLE en attribuant les moyens suivant les objectifs fixés à l’établissement.

Globalement ce processus d’évaluation évacue les problématiques sociales et de manque de moyens de l’éducation nationale pour axer les préoccupations sur « l’optimisation » locale des moyens et les modalités d’enseignement.

Le rapport, loin d’être une aide, s’imposera à la communauté éducative : le texte sera présenté pour information sans vote au CA.

Les finalités

Selon le conseil d’évaluation de l’école, cette évaluation a pour finalité:

« l’amélioration, dans l’établissement, du service public d’enseignement scolaire »

« d’améliorer, pour l’ensemble de la communauté éducative et de ses acteurs, les conditions de réussite collective, d’exercice des différents métiers » (p2)

« l’adhésion de l’ensemble de la communauté éducative à la démarche d’évaluation de l’établissement. » (p9)

Pour cela il faudra (p2) :

« mesurer le niveau d’atteinte des résultats et relier ces résultats à l’utilisation des marges d’autonomie de l’établissement, aux pratiques professionnelles, aux organisations retenues, aux choix opérés par l’établissement,

situer la valeur ajoutée de l’établissement, compte tenu de son contexte,

proposer collectivement des axes stratégiques à mettre en œuvre pour une amélioration ou une consolidation de la réussite des élèves et de leur qualité de vie à l’École »

→ Analyse

Cette évaluation des établissements est directement inspirée par les techniques managériales du secteur privé. Elles ont pour objectif de susciter l’adhésion et le sentiment d’appartenance, de développer une véritable culture d’établissement, comme dans le privé, on promeut la culture de l’entreprise. Cela permettra d’achever la mutation du service public d’éducation vers un fonctionnement plus proche de celui des entreprises privées.

Les « conditions de travail » disparaissent au profit de la « qualité de vie au travail », ce qui évacue les questions de pénibilité et de souffrance au travail, les rendant ainsi invisibles. Dans la poursuite de ce qu’a entamé le PPCR, les personnels sont poussés à toujours s’investir d’avantage, au-delà de leur service, en visant des objectifs inatteignables. Cela ne peut que générer une perte de sens de nos métiers.

Les partenariats avec les entreprises sont encouragés et sont intégrés au processus d’évaluation de l’éducation nationale. C’est un outil de plus pour que l’école soit au service des intérêts économiques.

Ce processus d’évaluation s’inscrit dans le renversement des stratégies de formation : les besoins en formation sont déterminés par les besoins de l’institution et non ceux des personnels.

Le remplacement du Cnesco par le Conseil d’évaluation de l’école signifie un changement de paradigme : le passage d’une autorité scientifique indépendante chargée de produire des analyses sur les systèmes scolaires à une institution de contrôle et d’évaluation.

https://www.sudeducation.org/autoevaluation-des-eple-mise-en-concurrence-des-etablissements/

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Published by SUD 61
11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 18:08

Les organisations FCPE, SNUipp-FSU, SE-UNSA, CGT Educ’Action, Sud Education, SNPI-FSU, AFPEN, AGSAS, FNAME, FNAREN, organisations syndicales et associations professionnelles membres du Collectif National RASED tiennent à alerter l'ensemble de la communauté éducative quant aux orientations ministérielles concernant la difficulté scolaire, particulièrement en cette rentrée.

La diminution des moyens alloués aux RASED et les fondements idéologiques qui régissent la gouvernance actuelle de l’Éducation Nationale ne font qu'aggraver la souffrance au travail et privent les élèves des aides nécessaires.

Depuis des années, les effectifs d'enseignant·es spécialisé·es se réduisent, les psychologues demeurent en nombre insuffisant, les Réseaux d'aide sont incomplets ou inexistants, les départs en formation sont bien trop rares pour répondre aux besoins du terrain, les missions sont détournées ou empêchées ...

Cette réalité qui s'assombrit chaque année davantage tend à nous faire disparaître du paysage scolaire, petit à petit. De plus en plus de collègues ont un contact lointain ou plus de contact du tout avec un RASED. De fait, le travail de complémentarité professionnelle tellement nécessaire face à la difficulté scolaire ne peut plus se faire. Nous assistons à une destruction organisée et pernicieuse de ce dispositif.

Pourtant les RASED sont encore là! Et aujourd'hui, il faut faire entendre leur voix avant qu'il ne soit trop tard.

La mobilisation doit être générale face à la mise en péril de l'école publique que vivent les élèves, leur famille et les professionnels dans leur quotidien. Dans cet objectif, il faut obtenir un plan d’urgence pour l'école dans lequel s'inscrirait le

renforcement des RASED.

Cette rentrée particulière exacerbe encore davantage les contradictions entre les discours et les situations réelles. Alors même que les RASED auraient dû avoir une place renforcée pour assurer l'accompagnement des élèves les plus fragiles, mais

aussi l'écoute des familles et le soutien aux équipes.

Des postes d'enseignant-e-s spécialisé-e-s et de psychologues ont encore été supprimés ou demeurent vacants.

Les moyens d'action des Réseaux d'Aides continuent à se réduire. Parce que nous défendons une certaine idée de l’école, celle d’une école publique qui lutte contre les inégalités, aide à devenir autonome, responsable et épanoui·e, refuse la standardisation et la normalisation dictées par les évaluations nationales, nos organisations revendiquent l’urgence à se mobiliser pour notre école. Nous demandons davantage de moyens en postes et en formation.

C'est en effet ainsi que les RASED pourront jouer un rôle majeur pour une véritable école inclusive.

C'est pourquoi nos organisations, membres du collectif nationale Rased, appellent à une mobilisation forte et continue sur tout le territoire.

Paris, le 2 octobre 2020

https://www.sudeducation.org/communiques/des-moyens-pour-les-rased-une-urgence-communique-de-presse-intersyndical/

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