10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 12:10
Scandale dans les ULIS
Afin de protéger élèves et enseignant.e.s contre la COVID-19 et ses variants, sont mises en place, par le gouvernement, 2 mois avant la fin de l'année scolaire, des restrictions plus sévères qu'au préalable uniquement pour les enfants bénéficiant d'ULIS (Unités localisées pour l'inclusion scolaire, dispositifs pour la scolarisation des élèves en situation de handicap dans le premier et le second degrés).
 
Le texte laisse le choix aux coordonnateurs et coordonnatrices d'ULIS entre 2 options : "placer" les enfants en classe d'inclusion à temps plein ou bien, les "garder" à temps plein dans le dispositif ULIS.
 
Les coordonnateurs et coordonnatrices d'ULIS doivent donc choisir : ils/elles peuvent garder les enfants à temps plein dans le dispositif quand l'inverse serait par exemple été trop anxiogène pour ces derniers. Cela implique qu'ils/elles sont privés de musique, d'art plastique, de sport, de sorties scolaires, des projets de vie de leur classe d'inclusions ainsi que des matières dans lesquelles ils/elles étaient en confiance. Du jour au lendemain, sans aucune considération pour eux ni pour les enseignant.e.s qui les accueillent, on met fin à une scolarisation souvent élaborée de longue date. Ils/elles doivent quitter leurs copains/ copines en plein cycle d'apprentissage, laisser une œuvre inachevée, ne peuvent plus participer au projet théâtre, etc.
 
Les coordonnateurs et coordonnatrices peuvent aussi laisser l'élève à temps plein dans sa classe « ordinaire » et lui enlever tout le bénéfice des petits groupes d'ULIS. Ils/elles doivent donc rester dans un groupe dont ils/elles ne peuvent suivre tous les apprentissages, sans pouvoir prendre le temps d'apprendre en petit groupe en ULIS.
 
Cette décision est à l'opposé de l'affirmation mentionnée sur le même site officiel et institutionnel https://www.education.gouv.fr/covid-19-questions-reponses :
« Depuis le 1er septembre tous les élèves sont accueillis dans un cadre serein, propice aux apprentissages et à la reprise de la vie collective ».
 
Qui plus est : Dans un cas comme dans l'autre, les coordonnateurs et coordonnatrices sont obligés d'agir contre les besoins des élèves - et ce, contre les textes officiels.
En effet, le Bulletin Officiel n.31 du 25 aout 2015 sur les ULIS dit clairement :
« Les élèves bénéficiant de l'Ulis sont des élèves à part entière de l'établissement scolaire, leur classe de référence est la classe ou la division correspondant approximativement à leur classe d'âge, conformément à leur projet personnalisé de scolarisation (PPS). Ils bénéficient de temps de regroupement autant que de besoin. » (https://www.education.gouv.fr/bo/15/Hebdo31/MENE1504950C.htm)
Les élèves bénéficiant de l'ULIS ont donc le droit de suivre les enseignements de leur classe ET de bénéficier de regroupements au sein de l'ULIS.
 
Comment est-ce possible qu'une simple « Foire aux questions » publiée sur un site internet puisse imposer d'aller contre un texte officiel qui se base sur la loi ? (La loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République, qui a introduit dans le code de l'éducation le concept d'école inclusive et engage tous les acteurs dans une nouvelle conception de la scolarisation des élèves en situation de handicap.)
 
Pour nous parents, enseignant/e/s et autres personnes soucieuses des enfants à besoins particuliers, cette situation est inadmissible. Nous le vivons comme une exclusion supplémentaire pour des enfants qui sont déjà dans une situation fragile.
 
Cette décision intervient au moment même où parallèlement le gouvernement allège l'ensemble des mesures sanitaires pour l'ensemble du quotidien des Français. Cela est un véritable non-sens pour nous.
 
Quel message transmet l'Education Nationale, et notre République ?
Que nos enfants valent moins que les autres plus « normaux » ?
Seraient-ils plus contagieux que les enfants plus « normaux » ?
 
Dans les collèges et lycées, les élèves sont « brassés » dans les cours de latin et de spécialité, à grande échelle, sans que cela pose problème.
Nous demandons au gouvernement d'annuler cette décision concernant les ULIS et de leur permettre de suivre la scolarité à laquelle ils ont droit.
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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 06:47
Rejoignez l’acte II de la mobilisation des AESH !

Le 8 avril dernier, nous avons été des milliers à nous mobiliser pour dire non aux PIAL et revendiquer un vrai statut et un vrai salaire. Une nouvelle journée de grève est appelée par l'intersyndicale le jeudi 3 juin. Ce doit être encore plus fort et toutes les raisons de la colère sont là :

CONTRE LES PIAL ET LA MUTUALISATION

Depuis la rentrée 2019, les Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisé sont déployés et leur généralisation est prévue pour la rentrée 2022. Derrière cette réorganisation de notre travail présentée par le ministère de l’Éducation nationale comme un atout, les PIAL sont un outil du développement de la mutualisation et de la rationalisation des moyens. Nos conditions de travail s’en trouvent dégradées car nous accompagnons de plus en plus d’élèves sur un territoire géographique étendu, tandis que les conditions d’accompagnement des élèves sont elles aussi fortement impactées car ils et elles bénéficient de moins en moins d’heures d’aide humaine.

Le ministère compense les difficultés de recrutement sur notre dos, nous réduisant ainsi à une variable d’ajustement des politiques de l'école inclusive.

POUR UN VRAI STATUT, POUR UN VRAI SALAIRE

Les CDD de trois ans n’ont rien changé aux difficultés que nous rencontrons : c’est une institutionnalisation de la précarité de notre statut. Les revalorisations salariales mises en place dans plusieurs académies ne sont pas une victoire : nos salaires augmentent de seulement quelques euros sur l’ensemble de notre carrière. Le passage à 41 semaines annuelles ne permet pas de compenser le temps de travail invisible et permet aux académies d’organiser des formations hors temps scolaire, formation par ailleurs largement insuffisante à notre pratique professionnelle. Les moyens sont insuffisants pour nous protéger face à l’épidémie de Covid19.

Assez de mépris ! Notre rôle et nos pratiques pédagogiques et éducatives, en tant que professionnels de l'inclusion et de l'adaptation scolaire doivent être reconnus !

Pour la reconnaissance de notre métier !

JEUDI 3 JUIN, TOUTES ET TOUS EN GRÈVE ET EN MANIFESTATION !

SUD éducation revendique :
- la titularisation dans un corps de fonctionnaire de tou-te-s les AESH et la création d’un métier d’éducatrice-éducateur scolaire spécialisé-e, sans condition de nationalité ou de diplôme ;
- des réelles augmentations de salaires, l’accès à la prime REP-REP+ et la reconnaissance d’un temps plein à 24h d’accompagnement plus les heures connexes ;
- la mise en place partout sur le territoire d’une véritable offre de formation, initiale avant le début de tout accompagnement et continue tout au long de la carrière. La réadaptation permanente qu’exige notre métier ne peut s’en dispenser

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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 16:58

À la rentrée 2021 une réforme de fond va affecter les IUT. L’objectif de cette réforme est d’allonger la scolarité jusqu’à Bac+3 pour délivrer un nouveau diplôme appelé B.U.T. pour Bachelor Universitaire de Technologie. Initialement ces établissements avaient pour vocation la formation de technicien-ne-s supérieur-e-s de niveau Bac+2.

À première vue le projet semble alléchant : un allongement des études pour un meilleur niveau de qualification. Mais derrière la façade de nombreux points de la réforme de cette filière sont très inquiétants.

Le nom choisi, un cadeau aux écoles privées

Déjà Le choix de baptiser le diplôme final « Bachelor » interroge. Ce nom est abondamment utilisé par certaines écoles « hors contrat » pour délivrer, moyennant finance, des diplômes de pacotille appelés « Bachelor ». Par le choix d’appeler le diplôme d’IUT « Bachelor » au détriment de « licence » on apporte ainsi une opportunité aux écoles privées qui voudront concurrencer le service public.

Une absence cruelle de moyens

Allonger les études d’une année supplémentaire implique, pour les personnels titulaires, un accroissement de la charge de travail. Ce n’est plus deux, mais trois promotions d’étudiant-e-s qu’ils et elles auront à encadrer et gérer simultanément.

Ce passage à 3 ans ne s’accompagne d’aucune création de postes. Et ceci alors que ces établissements fonctionnent déjà avec un sous encadrement chronique. La situation est actuellement tellement dégradée que les heures postes ne couvrent même plus la moitié des heures nécessaires pour assurer l’enseignement défini dans les référentiels nationaux des IUT. Pour fonctionner ces établissements recourent massivement aux heures supplémentaires et à une armée de non titulaires (vacataires, doctorant-e-s, contrats divers).

Une complexité administrative digne du père UBU

Ce nouveau diplôme de B.U.T. a pour ambition de mettre en application une approche par compétences. L’approche par compétence (A.P.C.) est au départ un fantasme bureaucratique pensé par des gens déconnectés de toute pratique pédagogique. Sa mise en œuvre a pour conséquence une explosion de la complexité des règles qui cadreront ce futur diplôme.

Ainsi par exemple, les années universitaires, déjà sous-découpées en semestre, comporteront plusieurs "blocs de compétence" (de l’ordre de 5 ou 6) par semestre. Mais un bloc de compétence n’est ni une matière, ni un regroupement thématiques de matières ! C’est un mixage de morceaux de matières enseignées. Par exemple, les « compétences » mathématiques pourront se répartir sur plusieurs blocs de compétence.

Les étudiant-e-s livré-e-s à eux-mêmes et elles-mêmes pour développer leur autonomie

Une partie des enseignements se fera sans enseignant-e-s !

Jusqu’à présent cette situation existait dans le cadre des projets qui étaient « tuteurés » et non « encadrés ». Les enseignant-e-s ne sont pas payé-e-s (ou très peu) pour le temps qu’ils et elles passent à enseigner à leurs étudiant-e-s. Cette situation avait pour conséquence que beaucoup d’étudiant-e-s se retrouvaient livré-e-s à eux-mêmes et elles-mêmes.

Avec le B.U.T., cette situation se généralise puisque toutes les matières comporteront une part importante d’enseignements non encadrés mais évalués.

Le message à destination des étudiant-e-s est clair : pour apprendre, débrouillez-vous tout-e-s seul-e-s !

L’avenir ?

Comme on l’a vu, cette réforme se fait sans bourse délier, sans vrai investissement, avec des techniques d’illusionnistes : autonomie des étudiant-e-s pour ne pas payer les enseignant-e-s, complexité administrative pour donner l’illusion de faire mieux.

Les enseignant-e-s devront faire face à un surcroît de travail :

plus d’étudiant-e-s à encadrer

plus de complexité administrative

une autonomie des étudiant-e-s qu’il faut quand même « accompagner »

Pour la rentrée de septembre 2021, année de mise en place de la réforme, les enseignant-e-s devront soit travailler beaucoup plus pour satisfaire aux exigences de cette réforme, au risque d’arriver à l’épuisement, soit lâcher du lest, accepter une baisse des exigences et par conséquent un déclin du service public.

SUD éducation demande des réformes qui apportent des moyens et en particulier des moyens humains pérennes (des postes statutaires) pour mieux encadrer et aider les étudiant-e-s.

SUD éducation s’oppose fermement à toute réforme visant à dégrader le service public pour faire de l'enseignement supérieur un marché lucratif.

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 16:32

Les semaines interdisciplinaires sont des semaines de projet qui ont lieu à l’échelle de tout un établissement. D’un point de vue administratif, elles peuvent jouer le rôle d’EPI, mais elles peuvent aussi en être déconnectées.

Elles peuvent s’insérer au cours d’une période, mais il est plus facile de les organiser avant des vacances, le temps de restitution qui les conclue jouant alors le rôle de « fête » du collège de fin de période.

Les établissements qui en organisent en font en général plusieurs au cours d’une année scolaire.

Les projets

Les enseignant-e-s mènent leur projet en co-animation tout au long de la semaine avec le même groupe d’élèves. Il aboutit à une production orale, écrite, visuelle, théâtrale, musicale, vidéo… qui doit permettre aux élèves de présenter le travail accompli aux parents et autres élèves lors d’un temps de restitution qui conclut la semaine.

Il est important de prévoir un budget spécifique pour ces semaines qui nécessitent souvent d’acheter du matériel, de prévoir des sorties…

Les personnels non-enseignants volontaires (AED, AESH, infirmière, CPE, agent-e-s…) peuvent participer à l’élaboration et à l’encadrement des projets en y apportant leur spécificités.

Le contenu des projets peut être très varié : proche des programmes disciplinaires, ou mettant l’accent sur les compétences et savoirs transversaux du socle… En effet, s’il y a bien des raisons de critiquer le socle commun, il présente l’avantage de nous autoriser à aborder une très grande variété de savoirs et de pratiques.

Les groupes

Les élèves font des choix de projet parmi ceux proposés, et sont ensuite répartis selon les possibilités dans des groupes qui mélangent des élèves des différents niveaux de classe. Il faut veiller à ce qu’ils soient mixtes, et il est souvent nécessaire de faire une réunion d’harmonisation une fois que les groupes sont établis, pour vérifier leur cohérence.

Il faut compter environ entre 12 et 15 élèves par enseignant-e, de manière à ce que lors des créneaux sans co-animation, un-e enseignant·e n’ait pas à encadrer plus que les effectifs d’une classe normale.

Il est en général nécessaire pour cela qu’un niveau ne participe pas à la semaine interdisciplinaire. Il est donc judicieux de les organiser, par exemple, en même temps que les stages de 3ème, que les brevets blancs ou épreuves communes… ou que tout autre activités ou pratiques qui occupent un grand nombre d’élève (interclasse ou stage sportifs, etc.).

La participation des personnels non-enseignants permet aussi d’abaisser les effectifs en multipliant le nombre de projets.

Le temps de travail

Pendant ces semaines, les emplois du temps habituels des enseignant-e-s et des élèves sont modifiés, et les classes éclatées. Les horaires élèves peuvent être légèrement réduits (à 21 heures par exemple), de manière à respecter les temps de services des enseignant-e-s tout en permettant le maximum de temps de co-animation.

Il est possible de prévoir une pondération pour le temps de restitution qui n’est pas un temps d’enseignement à proprement parlé puisqu’il a été préparé lors de la semaine (3 heures de présence pour 1,5 heures de service).

Le travail par projet pendant tout une semaine peut aussi permettre de modifier temporairement les horaires du collège. Ainsi des créneaux de 1h30 sont particulièrement adaptés au travail sur des projets, et présentent en plus l’avantage de réduire les intercours et les circulations. Ainsi le travail de surveillance de la vie scolaire s’en trouve réduit, ce qui permet une participation active aux projets.

Exemple d’emploi du temps « élève »

Exemple d’emploi du temps « élève »

9h00 - 10h30

 

9h00 - 10h30

9h00 - 10h30

9h00 - 10h30

10h45 - 12h00

10h45 - 12h00

10h45 - 12h00

10h45 - 12h00

10h45 - 12h00

         

13h30 - 15h

13h30 - 15h

   

Restitution

 

15h15 - 17h30

   

 

Exemple d’emploi du temps « prof 1 - 18h »

9h00 - 10h30

 

9h00 - 10h30

9h00 - 10h30

9h00 - 10h30

10h45 - 12h00

10h45 - 12h00

10h45 - 12h00

10h45 - 12h00

10h45 - 12h00

         

13h30 - 15h

13h30 - 15h

   

Restitution

 

 

   

 

Exemple d’emploi du temps « prof 2 - 15h »

9h00 - 10h30

   

9h00 - 10h30

 

10h45 - 12h00

10h45 - 12h00

 

10h45 - 12h00

10h45 - 12h00

         

13h30 - 15h

13h30 - 15h

   

Restitution

 

15h15 - 17h30

   

 

Quel intérêt ?

Pour les élèves, ces semaines permettent de travailler sur des projets long et ambitieux, qui mènent à une réalisation concrète. Cela leur demande de définir une problématique, coopérer, mettre en œuvre un processus de création, s’exprimer à l’oral…

L’interdisciplinarité apporte une grande richesse et offre aux élèves la possibilité de mettre en perspective leurs connaissances.

Ces semaines et leur temps de restitution permettent de valoriser le travail des élèves en mettant l'accent sur la concrétisation des apprentissages. Elles leur permettent d'aller au bout d'une démarche jusqu’à l'obtention d'un « objet » fini ou d’une réflexion aboutie. Ces productions sont présentées aux autres élèves du collège et aux familles lors d’un temps dédié, vécu comme un moment de fête mais aussi de fierté du travail accompli, et organisé comme un temps officiel avec programme des expositions, planning des spectacles, etc.

La mixité des niveaux permet enfin de responsabiliser les élèves et de favoriser les apprentissages par les pairs et la collaboration.

Pour les adultes le travail en co-animation généralisé sur une semaine complète, et les temps de préparation qui précèdent, participent à créer un véritable collectif de travail. La cohésion de l’équipe s’en trouve renforcée, les pratiques pédagogiques circulent, et la formation par les pairs est importante.

Pour tout le monde, ces semaines sont des moments de respiration où la pression scolaire retombe, et ou la notion de plaisir dans le travail collectif et dans les apprentissages prend le dessus sur la routine pas toujours émancipatrice du collège classique.

 

Quelques exemples de projets

Collège of the dead...le retour ! Un film de zombies au collège

Les MASTERCHEFS : pâtes et pizzas à gogo !

Programmation d’une application musicale sous Android

Les Noirs Américains aux États-Unis à travers le cinéma!

Pixel Mania : l’art de la mosaïque de l’Antiquité à nos jours

Le Rap : création artistique, littéraire et environnement professionnel

Cruzando la frontera

OKLM ou VNR ?

Halloween versus el Día de Muertos

Sport et handicap : tous égaux ?

De la science à la fiction

La Mort, j’adore !

La vérité est-elle ailleurs ?

Manon, opéra théâtre

Viens te mar[r]er !

"Tranches de vie" Atelier d'improvisation théâtrale

Become a sports commentator

Chantons le Brésil !

Complots : de la théorie à la pratique !

Construire des ponts... en spaghetti

Crée ta BD !

Hanafuda, « le jeu des fleurs » japonais

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 16:32

Ce jeudi 6 mai, le ministre Blanquer a fait paraître une circulaire destinée exclusivement à proscrire l’usage de l’écriture inclusive dans le cadre de l’enseignement.

Le ministère de l’Éducation nationale est incapable de garantir des conditions d’enseignement correctes durant cette crise épidémique. Les inégalités scolaires s’accroissent en raison du manque criant de personnels. Parcoursup est toujours plus une machine de tri social.
Pourtant, le ministre n’a rien de plus pressé que d’interdire l’usage de l’écriture inclusive aux personnels qui s’efforcent dans leurs choix pédagogiques de rendre visibles les femmes, suivant en cela une pratique défendue depuis de nombreuses années par les féministes et des institutions comme le Haut Conseil à l’Égalité entre les hommes et les femmes. Le ministre pousse le cynisme jusqu’à prendre pour prétexte les élèves atteint-e-s de handicap, alors même que les AESH, profession féminisée à 80 %, subissent des temps partiels imposés, le refus du ministère de verser les mêmes indemnités qu’aux autres personnels, et ne peuvent obtenir de titularisation.

L’obsession de Jean-Michel Blanquer pour l’affichage de son idéologie réactionnaire va de pair avec son bilan désastreux en ce qui concerne la gestion de la crise sanitaire.

SUD éducation exige du ministre qu’il cesse d’essayer d’imposer son passéisme à la communauté éducative. SUD appelle les personnels à ne tenir aucun compte de ces instructions d’un autre temps, et à exercer comme ils le souhaitent en fonction des situations professionnelles le plein usage de leur liberté pédagogique.

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 16:31

La Coordination nationale des collectifs d’assistant-e-s d’éducation appelle à une nouvelle mobilisation les 19, 20 et 21 mai et notamment à une manifestation nationale en direction du ministère de l’éducation le jeudi 20 mai.

Depuis le début de l’année, les assistant-e-s d’éducation (AED, AP et APS) sont fortement mobilisé-e-s mais le ministre Blanquer reste sourd à leurs revendications.

Enchaînant les CDD d’un an, payé-e-s au lance-pierre, en sous-effectifs constant et sans formation, ils et elles subissent des pressions hiérarchiques constantes. Au terme de 6 années, aucune perspective ne leur est offerte si ce n’est celle du chômage, dans un marché du travail en crise. Ces personnels ne reçoivent pas la reconnaissance à laquelle elles-ils ont droit et ne sont associé-e-s que très marginalement aux prises de décisions.

Leur rôle est pourtant déterminant dans le système scolaire : sans eux-elles, les établissements ne fonctionnent pas.

La crise sanitaire que nous vivons actuellement a fortement dégradé leurs conditions de travail avec la multiplication des tâches induites par la mise en place des protocoles sanitaires et l’exposition particulière aux risques de contamination. Pas de limitation du brassage pour celles et ceux qui doivent gérer l’urgence et jongler avec le manque d’effectifs !

SUD éducation soutient l’auto-organisation des personnels et appelle les assistant-e-s d’éducation à se réunir, à se saisir de cet appel, à se mettre en grève massivement aux dates décidées localement et notamment à la manifestation nationale au ministère de l’éducation le jeudi 20 mai. Un préavis de grève spécifique a été déposé pour la période.

La fin de l’année approche, et avec elle la question du renouvellement ou non du contrat de travail. Employé-e-s directement par les chef-fe-s d’établissement, les AED font souvent face à l’arbitraire et de nombreux non-renouvellement de contrats pour les collègues mobilisé-e-s cette année sont à craindre. SUD éducation exige le renouvellement de tous les contrats pour celles et ceux qui le souhaitent et lance une campagne dans ce sens. Nous soutiendrons tou-te-s les collègues concerné-e-s pour obtenir leur renouvellement et les invitons à contacter le syndicat SUD éducation de leur département.

SUD éducation revendique :

  • la titularisation sans condition de tous les personnels assistant-e-s d’éducation qui le souhaitent par la création d’un statut d’éducateur·trice scolaire ;
  • l’augmentation des salaires et la baisse du temps de travail ;
  • la suppression du forfait nuit en internat ;
  • l’obtention de la prime REP/REP+ pour tous les personnels travaillant en éducation prioritaire ;
  • le recrutement massif de personnels AED et la fin du recrutement par les chef-fe-s d’établissement : pour un recrutement académique ;
  • l’accès à une formation initiale et continue et l’augmentation du crédit d’heure pour formation ;
  • du matériel de protection fourni par l'employeur et le versement de la prime Covid.
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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 16:31

Le 23 octobre dernier, l’Assemblée nationale a adopté l’allongement de la durée du congé « paternité » à 28 jours dont 7 jours obligatoires. Ce dispositif entrera en vigueur à compter du 1er juillet 2021. Pour rappel, actuellement, ce congé, mis en place en 2002, est facultatif et dure 11 jours consécutifs seulement auxquels s’ajoutent trois jours de congé de naissance (soit 14 jours au total). Avec l’application de la nouvelle mesure, trois jours de congé de naissance seront indemnisés par l’employeur et 25 jours de congé « paternité » seront indemnisés par la Sécurité sociale (32 jours en cas de naissance multiple). Cette mesure s’appliquera également à la fraction du congé que les parents se partagent en cas d’adoption d’un enfant. L’Assemblée Nationale a également voté le passage de dix à seize semaines du congé des familles adoptant un enfant. L’allongement de la durée de ces congés est une légère avancée pour plus d’égalité entre les hommes et les femmes mais il est largement insuffisant. Aujourd’hui encore, l’essentiel de la charge liée aux enfants, qu’elle soit mentale, sociale ou professionnelle, repose sur les femmes.

La France à la traîne

La France est particulièrement en retard sur la question, notamment par rapport à plusieurs de ses voisins de l’Union européenne. Le rapport des 1000 jours1 est sans équivoque : le système français de congés de naissance doit être réformé. Parmi les pays les plus avancés en la matière, la Norvège a été le premier pays à introduire un quota paternel dès 1993. Ce pays s’est engagé depuis plus de 40 ans dans l’allongement du congé paternité, en tant que congé parental partagé, pour arriver en 2020 à 15 ou 19 semaines. En Finlande, à l’automne 2021, le « congé de paternité » s’étendra à 7 mois, tout comme le congé de maternité. En Espagne, le congé « paternité » est passé de 5 à 8 semaines en avril 2020. Il devrait passer à 16 semaines d’ici 2021.

La naissance d’un enfant bouleverse la vie au quotidien

Les difficultés et charges liées à l’arrivée d’un enfant sont nhttps://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport-1000-premiers-jours.pdfombreuses : maltraitance (violences médicales et obstétricales, injonctions et culpabilisation, prise en charge post-partum insuffisante...), déficit important de sommeil, risque de dépression post-partum, remise en place sanguinolente des organes internes .

 

La présence d’un·e conjoint·e peut s’avérer être un soutien pour la mère, notamment dans la période périnatale, diminuant le risque d’épuisement psychique et physique chez celle-ci. Bernadette De Gasquet recommande d'être alitée pendant 21 jours après la naissance pour reconditionner son périnée. Permettre à son/sa partenaire de bénéficier d’un congé long et rémunéré peut aider également à la mise en place d’une répartition équilibrée des tâches, avant et/ou après l’arrivée de l’enfant. Par ailleurs, ce n’est pas nouveau et bien connu, le lien parent/enfant est primordial dès les premiers mois suivant la naissance. Les relations précoces parents-enfants et la présence d’adultes pendant les premiers mois de la vie ont une incidence positive, durable et déterminante sur la santé et le développement des enfants. La présence d’un second parent peut permettre à la fois à la mère de bénéficier d’une meilleure disponibilité pour bénéficier de ce temps essentiel et également au second parent de prendre toute sa part dans la construction de sa relation avec l’enfant.Il est aussi nécessaire pour le deuxième parent d'avoir un temps de congé dissocié de celui de la mère et ultérieur afin de créer son propre lien avec l'enfant en individuel, créer un attachement sécure, avant de sous-traiter la garde de l'enfant (crèche, assistante maternelle). On ne naît pas parent, on le devient.

 Pour réduire les inégalités de genre au travail

 

Même si la place des femmes dans le monde du travail a beaucoup évolué au cours des dernières décennies, elles sont encore victimes de nombreuses inégalités professionnelles : inégalités salariales, discriminations à l’embauche ou à l’accès à certains postes, plus d’emplois précaires et à temps partiel, etc. Ces inégalités sont en partie liées à la maternité. Le taux d’activité des femmes est plus faible que celui des hommes, et cette inégalité est corrélée au nombre et à l’âge des enfants à charge du ménage. Ainsi, ce taux passe de 88% lorsqu’il n’y a aucun enfant à 85% avec un enfant, puis à 64% avec trois enfants ou plus. Cette baisse est encore plus prononcée avec la présence d’enfants en bas âge. Le taux d’activité des hommes a au contraire tendance à augmenter avec la présence d’au moins un enfant (de 90% à 96%), puis il reste stable, quel que soit le nombre ou l’âge des enfants à charge2. De plus, les femmes sont considérées moins fiables par les employeur·euses à cause d’une des éventuelles grossesses et des interruptions de carrière que cela peut susciter. En donnant au 2ème parent le même droit au congé (surtout si c’est un homme), l’argument de l’employeur·euse devient caduque et on peut espérer comme conséquence une réduction de ces inégalités.

 

2. Source : INSEE, enquête Emploi

SUD Education revendique :

● La suppression du terme congé « paternité » et le remplacement par « congé accueil de l’enfant », plus inclusif, notamment pour les couples lesbiens mais aussi les couples adoptant un enfant.

● Immédiatement : l’obligation pour l’employeur de donner un congé second parent et son allongement à 9 semaines avec une obligation de le fractionner, à sa convenance sur la période pré ou post-arrivée de l’enfant (naissance ou adoption). (4 semaines avec la mère, 5 semaines après la fin du congé maternité).

● À plus long terme : l’allongement jusqu’à 16 semaines comme pour le congé maternité. 

● Une société plus égalitaire. Cela passe notamment par la lutte contre le patriarcat qui assigne des rôles selon le genre. Les femmes et les minorités de genre doivent avoir les mêmes droits que les hommes cis-genre, qu’iels décident ou non d’avoir des enfants.

 

 

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 16:30

SUD éducation a lancé une campagne afin d’obtenir le versement de l’indemnité REP ou REP+ pour les AESH qui sont affecté-e-s en éducation prioritaire.

Depuis le début de l’année scolaire, ce sont pas moins de 500 demandes du versement de l’indemnité qui ont été déposées auprès des rectorats et des DSDEN par les AESH accompagné-es par SUD éducation, à l’occasion de dépôts collectifs.

Pour en finir avec l’inégalité de traitement subie et obtenir une reconnaissance de leur métier, un certain nombre d’AESH ont décidé d’aller au bout de la démarche accompagné-es par es équipes de SUD éducation, en déposant des recours auprès des tribunaux administratifs. Pour l’heure, une cinquantaine de recours ont été déposés, dans lesquels les AESH réclament également les arriérés qui leur sont dus depuis la mise en place de l’indemnité à la rentrée 2015, ce qui représente plus de 150 000 euros ! De nombreux recours seront déposés d’ici le mois de juin 2021.

Cette campagne s’inscrit pleinement dans les revendications qui sont portées par les AESH, notamment à l’occasion de la journée de grève du 8 avril 2021.

SUD éducation revendique :

→ la titularisation dans un corps de fonctionnaire de tou-te-s les AESH et la création d’un métier d’éducatrice-éducateur scolaire spécialisé-e, sans condition de nationalité.

→ La reconnaissance d’un temps plein à 24h d’accompagnement plus les heures connexes.

→ Une véritable offre de formation, initiale avant le début de tout accompagnement et continue tout au long de la carrière.

→ Une augmentation importante des salaires.

→ La fin des PIALs, qui diluent l’accompagnement.

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Published by SUD 61
7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 16:30

La lutte pour la régularisation de Madama, jeune mineur sans-papiers Malien, continue. Au plus fort de la mobilisation, alors que le Préfet de la Haute-Loire refusait encore une fois de régulariser Madama malgré la production de nouvelles pièces, notre camarade Éric avait exprimé sa colère. Gréviste de la faim, il avait fini aux urgences.
Dans les semaines qui ont suivi, Madama a été arrêté, puis placé en centre de rétention administrative à Lyon. Actuellement, les procédures de contestation de l’obligation de quitter le territoire français est en cours. Pendant ce temps, nos camarades Éric et Véronique font l’objet de convocations incessantes devant les services de police et de gendarmerie, où se trouvent verbalisés, seul-e-s parmi un rassemblement de plusieurs dizaines de personnes et alors que les gestes barrières étaient scrupuleusement respectés.
SUD éducation apporte son indéfectible soutien aux camarades Véronique et Eric, et exige la régularisation de Madama. SUD éducation apporte son soutien à tou-te-s les militant-e-s, à toutes celles et ceux qui luttent au quotidien en faveur des droits des migrant-e-s, et dénonce les politiques gouvernementales successives aboutissant à une répression et criminalisation croissante des militante-e-s pour les droits des migrant-e-s.
SUD éducation appelle à la régularisation sans délai de tou-te-s les sans papiers.

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Published by SUD 61
7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 16:30

Après avoir reçu les syndicats ce mercredi 5 mai, Jean-Michel Blanquer a, comme à son habitude, réservé ses annonces aux médias. Le ministre annonce maintenir toutes les épreuves du baccalauréat.
Quelques aménagements à la marge sont annoncés, notamment le remplacement de la note de l’épreuve de philosophie par la moyenne du contrôle continu si la première lui est inférieure. L’épreuve anticipée de français n’est modifiée également qu’à la marge : une augmentation du nombre de sujets. Cette modification peut même s’avérer contre-productive et faire perdre un temps précieux en analyse des sujets.
Le ministre a annoncé contre tout bon sens le maintien de l’épreuve du grand oral : SUD éducation n’a eu de cesse de dénoncer le caractère socialement discriminant de cette épreuve et demander sa suppression. En cette année où les élèves auront encore moins eu le temps de la préparer, le petit aménagement proposé (annoncer les sujets n’ayant pas été traités en cours) ne saurait être suffisant. En lycée professionnel, le ministère persiste à maintenir l’épreuve de chef d’œuvre de CAP. Les lycéen-ne-s réclament l’annulation de cette épreuve et les pétitions à ce sujet comptent de nombreux signataires. On voit ici encore l’entêtement du ministre, prêt à tout pour sauver les apparences et faire croire que le baccalauréat conserve sa valeur de diplôme national. SUD éducation continue à réclamer la suppression de cette épreuve pour cette année et pour celles à venir.
SUD éducation revendique pourtant depuis 12 mois l’aménagement et l’adaptation des programmes à la crise sanitaire. Le ministre Blanquer est resté sourd à cette revendication de bon sens. Il porte la responsabilité de la désorganisation actuelle et de l’angoisse des lycéen-ne-s à l’approche des épreuves. SUD refuse de se laisser enfermer dans un dilemme entre le maintien à tout prix des épreuves terminales (discriminantes au vu de l’année écoulée) et l’effet d’aubaine que représente la crise sanitaire pour les partisans du démantèlement du baccalauréat national.
Les lycéen-ne-s ont de nombreuses raisons d’être en colère et de se mobiliser pour dénoncer l’injustice qui préside aux décisions du ministère. Ils et elles s’étaient déjà mobilisé-e-s en novembre contre la mauvaise gestion de la crise sanitaire par le ministre. SUD éducation les soutient une nouvelle fois dans leurs actions et dénonce la répression policière et administrative dont ils font l’objet.
Face à l’entêtement du ministre, la question de l’annulation ne doit pas être tabou. Il est déjà arrivé que le baccalauréat soit accordé à tout-e-s les candidat-e-s. SUD éducation appelle les personnels à se réunir en assemblées générales et à définir leurs revendications et modalités de soutien aux lycéen-ne-s.
SUD éducation continue de revendiquer l’abrogation des réformes Blanquer du lycée et du baccalauréat.

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