12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 17:40
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En janvier dernier, Eric Durupt entamait une grève de la faim qui allait durer trois semaines afin de protester contre la non régularisation du jeune Madama, qu’il a recueilli il y a deux ans maintenant. La Préfecture du Puy-en-Velay s’était engagée à faire une expertise rapide des documents d’identité fournis le 25 février 2021, afin d’apporter dans un délai rapide une réponse à la demande de titre de séjour de Madama Diawara. 
Convoqué le mardi 9 mars par la Police aux Frontières au commissariat de Gerzat, pour vérification des documents, le jeune Madama s’est présenté avec Eric et Véronique, ses parents de Coeur, afin de prouver sa bonne foi; 
Les trois ont été mis en garde à vue dés leur arrivée. Relâchés au bout de quelques heures, Eric et Véronique ont appris avec effroi que Madama allait être conduit en fin d’après-midi au Centre de Rétention de Lyon en vue de son expulsion. 
Rappelons encore une fois l’énorme gâchis que représente une telle décision, rappelons que Madama a une formation qui l’attend, des employeurs sont déjà prêts à le prendre en apprentissage. 
 
Dénonçons ces pratiques brutales psychologiquement, qui condamnent tout espoir, et sont sans aucun doute pensées pour couper toutes envies à ceux et celles qui voudraient s’établir en France, et qui ont pourtant bravé tous les dangers de leur périple migratoire.
 
Nous ne pouvons accepter de telles pratiques qui entachent les Droits de l’Homme et la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. 
 
Madama vit ici, étudie ici, il doit rester ici.
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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 07:18
Retrait de la réforme de la formation des enseignants ! Réforme des concours ! – Communiqué intersyndical

Ce communiqué a été publié le 05/03/2021

Les enseignant·es, enseignant·es-chercheur.e.s, formatrices et formateurs, étudiant·es réunis les 11 février et 3 mars en AG inter Inspé et représentant presque tous les Inspé de France, demandent l’arrêt et le retrait de la réforme de la formation des enseignants et des CPE et des concours que le gouvernement compte mettre en place à la rentrée 2021. Contrairement à ce que prétend le ministère, cette « réforme » ne rendra pas le métier d’enseignant plus attractif et n’améliorera pas la formation. Au contraire, elle les dégradera fortement. Engagée sur une vision purement gestionnaire et une méconnaissance des réalités du métier, cette « réforme » :

- Crée des inégalités entre les étudiants formant aux métiers de l’enseignement (MEEF) alternants et non alternants, entre les académies en fonction des moyens qu’elles peuvent mettre dans la formation, entre les lauréats des concours eux-mêmes, en fonction de leur parcours antérieur.

- En fétichisant le terrain, transforme les étudiants en formation en contractuels précaires et sous-payés, utilisés comme moyens d’enseignement puisqu’ils seront en responsabilité seuls devant les élèves avant même que leur qualification ait été reconnue par le diplôme de master et par la réussite au concours qu’ils préparent.

- Accentuera encore la souffrance déjà grande des étudiants des masters MEEF. Les étudiants alternants devront tout à la fois faire la classe en responsabilité, préparer les cours pour les élèves, réussir un master, incluant un mémoire de recherche et préparer les épreuves du concours. Tout ceci pour environ 670 € / mois.

- Abaisse dramatiquement le niveau d’exigence disciplinaire et professionnelle des concours de recrutement des professeurs du premier et du second degrés.

- Sacrifie finalement les élèves de l’école publique, à commencer par les plus fragiles, qui ont besoin d’enseignant·es réellement formé-es sur les plans disciplinaire, didactique et professionnel. Cette réforme prépare ainsi la voie à un enseignement public au rabais dans lequel les savoirs des enseignant·es ne sont plus garantis.

La diminution des postes offerts aux concours, l’absence de plan pluriannuel de recrutements, visent à mettre sur le marché du travail des personnes ayant échoué au concours mais titulaires du master. Beaucoup de futurs enseignants, embauchés localement, seront soumis au risque du licenciement et aux pressions de leur employeur, ce qui réduira drastiquement leurs libertés (pédagogique, syndicale, etc.).

Cette “réforme” ouvre les conditions de l’affaiblissement du concours comme modalité de recrutement des enseignants de la Fonction publique sous statut de fonctionnaire. La seconde épreuve orale, transformée en entretien d’embauche, change la nature des concours de recrutement.

Cette « réforme » dévalorise les métiers d’enseignant et de CPE, desquels se détournent déjà de plus en plus les étudiants. Il faut renoncer à la logique d’économies budgétaires et de précarisation à tout va qui l’anime et se donner enfin les moyens d’un financement des études, d’une réelle formation des enseignants et d’un recrutement de qualité. Nous en appelons au retrait de cette mauvaise « réforme » : le sort des prochaines générations d’élèves se joue dès aujourd’hui. Il est plus qu’urgent d’écouter les acteurs et actrices de la formation et d’agir en conséquence !

Le 11 mars, tous et toutes en grève, mobilisé-es pour une autre formation des enseignant-es et CPE ! Assemblées générales dans toutes les académies, rassemblements devant les rectorats partout où c’est possible et en Ile de France devant le ministère de l’Éducation nationale, audiences, conférences de presse, courriers aux députés,... faisons-nous entendre !

AG nationale inter INSPE à 18h pour faire le bilan de cette journée d’action.

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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 07:17
Demande d’audience intersyndicale des syndicats d’assistant-e s et conseiller-e s techniques de service social – Courrier intersyndical

Ce communiqué a été publié le 04/03/2021

Le 3 mars 2021

Monsieur le Ministre de l’Education Nationale
110 rue de Grenelle
75007 Paris

 

Objet : Contribution du Service Social en Faveur des Elèves à la protection de l’enfance, Demande d’audience intersyndicale des syndicats d’assistant.es et conseiller.es techniques de service social

Monsieur le Ministre,
Alors que Monsieur le Président réagit suite au « Metoo inceste » en déclarant que « Contre les violences sexuelles faites à nos enfants, c'est aujourd'hui à nous d'agir », nous, syndicats d’assistant.es et conseiller.es techniques de service social du Ministère de l’Education, sommes désagréablement surpris que notre employeur n’ait toujours pas communiqué sur l’expertise de ses personnels assistant.es et conseiller.es techniques de service social en faveur des élèves dans le domaine de la protection de l’enfance auprès des médias, du grand public, des élèves et familles.

Dans ce moment important de libération de la parole, il est urgent de rappeler publiquement qu'au sein même des écoles des personnels formés à la relation d’aide sont présents. Ces derniers ont pour mission d'écouter, d'accompagner et de protéger les élèves victimes.

Mais pour cela il est urgent de donner les moyens humains au service social en faveur des élèves afin que ces missions
essentielles puissent être menées à bien au sein de chaque établissement scolaire.

Monsieur Taquet, secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance indique que des travaux sont en cours avec le
Ministère de l’Education nationale concernant la prévention et la formation.

Nous sommes étonné.es que cela se fasse sans les personnels de terrain qui peuvent apporter leur expertise sur le
sujet, expertise et compétences reconnues par notre Ministre lors du premier confinement.

Les organisations syndicales signataires demandent une audience en urgence auprès de votre cabinet et souhaitent
être reçues par les services en charge de ce dossier pour pouvoir contribuer aux réflexions et travaux en cours et à
venir dans notre ministère.

Recevez, Monsieur le Ministre, nos respectueuses salutations.

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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 07:16
Ce communiqué a été publié le 04/03/2021

Jean Michel Blanquer poursuit sa politique de destruction de la voie professionnelle sans tenir compte de la crise sanitaire exceptionnelle que nous subissons.
Il prétend en faire une voie d’excellence, mais en réalité, aveuglé par son idéologie libérale, il n’a de cesse de l’ignorer, de la démanteler et de l’appauvrir.

  • De l’ignorer, comme le prouve sa communication concernant les adaptations de la session 2021 du baccalauréat général et technologique. Il n’y a qu’un paragraphe concernant les examens dans la voie professionnelle, dans lequel il multiplie les approximations et les oublis, laissant ainsi les personnels dans l’incertitude. Les CAP et l’épreuve orale qui comptera pour moitié dans l’obtention du chef-d’oeuvre ne sont pas évoqués. La mise en place de ce dispositif est un échec et les élèves de CAP ne pourront pas être évalué·es équitablement pour cette session 2021. Ces élèves, qui conjuguent les difficultés, ne doivent pas essuyer les plâtres de cette épreuve orale.Pour l’intersyndicale, dans le contexte sanitaire actuel, il est indispensable de neutraliser la session 2021 du chef-d’oeuvre. (Lien vers la pétition).

 

  • De la démanteler, comme en témoigne le bilan catastrophique de sa réforme qui s’attaque aux heures disciplinaires et à la qualité des contenus de formations en empilant chef-d’œuvre, co-intervention et heures d’accompagnement personnalisées dont beaucoup sont dédiées à l’orientation. Les adaptations de la co-intervention en terminale organisent la concurrence entre les disciplines tout en démontrant l’essoufflement et l’échec de ce dispositif. Cette réforme amplifie la perte de sens du métier ressentie par de nombreux et nombreuses collègues. L’intersyndicale exige d ministre qu’il renonce à sa réforme et qu’il légifère rapidement pour redonner du temps d’enseignement général et professionnel aux jeunes dans l’objectif d’améliorer leur poursuite d’études et leur insertion professionnelle.

 

  • De l’appauvrir, car la réforme de la voie professionnelle a aussi un objectif comptable.La réduction drastique des volumes horaires enseignés dans le cursus de formation du CAP et des Bacs pros se traduit, sur trois ans, par des suppressions massives de postes.Dans les DHG, elles sont grossièrement camouflées par l’explosion, sans précédent,des heures supplémentaires. Les conditions de travail des personnels et d’apprentissage des élèves ne cessent de se dégrader d’autant que le mixage des publics se développe. La loi Pénicaud de septembre 2018 achève le sous-financement des lycées professionnels en faisant passer la part hors quota de la taxe d’apprentissage, de 23% à 13%. Les 87% restant vont aux CFA. De plus, le
    gouvernement a débloqué plus de 1 milliard d’euros pour soutenir l’apprentissage. Sa priorité, par une mise en concurrence faussée, est bien la destruction de l’enseignement professionnel sous statut scolaire.

Face à ce mépris et à ces attaques multiples, des mobilisations locales s’organisent et se multiplient dans beaucoup d’établissements, notamment pour combattre les suppressions de postes et les fermetures de sections. Nos organisations syndicales CGT Éduc’action, SNUEP-FSU, SNEP-FSU, SNALC, SUD Éducation, CNT Éducation soutiennent l’ensemble de ces luttes et appellent à poursuivre les mobilisations en cours. Elles réitèrent leur demande d’un plan d’urgence pour la voie professionnelle. Nos organisations se reverront début du mois de mars pour proposer aux personnels des cadres unitaires de mobilisations, notamment face aux annonces du ministre à la suite du Grenelle.

Paris, le 17 février 2021

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 09:44

 Le 19 février, Hélène Careil, enseignante depuis 7 ans à l’école Marie Curie de Bobigny (93), a reçu un courrier de la part de la Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale de Seine-Saint-Denis lui annonçant sa mutation effective « dans l’intérêt du service » contre son gré à Aubervilliers à partir du 1er mars.

Hélène Careil est militante syndicale à SUD éducation, mais aussi militante pédagogique à l’ICEM-Pédagogie Freinet depuis de nombreuses années. Sa mutation forcée, au prétexte de sa prétendue responsabilité dans les dysfonctionnements de l’école, lui avait été annoncée le 4 février par un courrier de la DSDEN 93 la sommant de venir consulter son dossier administratif le mercredi 10 février. Ce jour-là, à l’appel du collectif de soutien à Hélène, plus de 200 personnes s’étaient rassemblées devant la DSDEN, avec de nombreuses prises de parole de syndicats et d’associations. Deux pétitions ont été mises en ligne et ont reçu à ce jour, à elles deux, plus de 12 000 signatures : cela montre bien le soutien massif apporté à Hélène.

Cette mutation est une grossière manœuvre de répression pédagogique et syndicale. Durant toute la « procédure », Hélène n’a a aucun moment pu être entendu par la DSDEN.

Si la mutation dans l’intérêt du service ne constitue pas juridiquement une sanction, elle en est une de fait pour Hélène Careil, pour ses collègues, pour ses élèves et leurs familles.

Cette décision inique de l’administration s’inscrit dans la vague de répression syndicale qui sévit dans l’Éducation nationale, comme au collège République de Bobigny, à Melle ou à Bordeaux.

Nos organisations continueront à se mobiliser pour faire annuler cette décision et réaffirmer le respect des libertés pédagogiques et syndicales.

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 09:44

Les organisations signataires condamnent sans appel les propos de Frédérique Vidal sur l’“islamo-gauchisme”. Non seulement, la ministre stigmatise des collègues et leurs travaux de recherche en les désignant à la vindicte publique à l’aide d’un vocabulaire emprunté à l’extrême-droite mais, dans le même élan, elle porte un coup sévère aux libertés académiques en demandant au CNRS de procéder à une enquête comme s’il s’agissait d’une affaire de basse police. Ces propos sont totalement irresponsables et constituent un appui inespéré pour les gouvernements du monde entier qui multiplient les atteintes aux libertés académiques, publiques et aux droits humains. 

Frédérique Vidal doit partir car elle a perdu toute crédibilité auprès de la communauté de l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) publics. Nous avons besoin d’un·e ministre qui respecte le principe fondamental de l’indépendance de la recherche scientifique et qui s’attaque aux conséquences dramatiques de la crise sanitaire dans le cadre d’une autre politique. Après avoir instauré la sélection à l’entrée à l’université, augmenté les droits d’inscription pour les étudiants étrangers, freiné les indispensables recrutements, rendu possible des expérimentations statutaires anti-démocratiques dans les universités, aggravé l’austérité budgétaire dont souffrent les établissements et développé à l’extrême l’emploi précaire, elle poursuit la mise en place, à marche forcée, de la loi de programmation de la recherche, loi inique dénoncée comme telle par la très grande majorité de la communauté de l’ESR.

Les déclarations polémiques de Frédérique Vidal visent à détourner l’attention de l’opinion publique sur la gestion catastrophique de la crise à l’université par le MESRI. Depuis presque un an, nous réclamons avec force un plan d’urgence et des moyens supplémentaires pour faire face aux défis inédits que représente la crise sanitaire pour l’enseignement et pour la recherche. Aujourd’hui, nous dénonçons également le déni de la ministre qui refuse de voir la dégradation de nos conditions de travail et des formations, et qui n’apporte par-dessus tout, aucune réponse à la souffrance matérielle et morale des étudiant.es ce qui les plonge dans une profonde détresse. L’université est quasiment à l’arrêt, les décrochages d’études s’aggravent et se multiplient, la recherche publique est en danger et, si rien n’est fait dans les semaines qui viennent, c’est la rentrée 2021 qui sera menacée. Le départ de Frédérique Vidal ne peut attendre.

 Les organisations signataires s’associent à l’appel des organisations de jeunesse à manifester le 16 mars et appellent les personnels des universités à les rejoindre dans la rue. Un préavis de grève a été déposé pour celles et ceux souhaitant faire grève et permettre aux étudiant-e-s de se rendre aux manifestations. L’émancipation de la jeunesse par l’accès à l’enseignement est une priorité qui suppose des moyens que nous continuerons à réclamer autant que nécessaire.

Signataires : SNTRS-CGT, CGT FERC SUP, CGT-INRAE, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNASUB-FSU,  SUD EDUCATION, SUD RECHERCHE EPST, Confédération des Jeunes Chercheurs

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 18:46
Situation sanitaire : SUD éducation revendique des mesures immédiates

Ce tract a été publié le 02/03/2021

Face à la crise sanitaire qui dure et prend des formes nouvelles, contre la politique de l’autruche du ministère, SUD éducation revendique des mesures immédiates

 

  1. Un vrai protocole de tests et de rupture des chaînes de contamination

Les tests massifs promis à plusieurs reprises par le ministre ne sont à ce stade qu’une chimère. Leur mise en œuvre réelle doit s’accompagner d’un protocole national adapté à la gravité de la situation (fermeture de la classe à partir d’un cas et de l’établissement à partir de trois, comme prévu initialement en septembre). Les tests doivent être effectués par des personnels de santé, et non par les enseignant-e-s comme c’est actuellement prévu. 

 

    2. Une politique de vaccination urgente

Rien n’est mis en œuvre en termes de vaccination des personnels, censée être possible à partir de mars. Le rythme doit être de toute urgence accéléré. Les personnes de plus de 50 ans qui présentent des facteurs de risque comme l’obésité, un cancer ou une maladie cardiaque doivent pouvoir être vaccinées au plus vite dans le cadre d’un dispositif mis en place par l’employeur, comme c’est le cas dans le privé. 

 

   3. Un protocole sanitaire réaliste

Les changements incessants du protocole sanitaire doivent cesser, surtout lorsqu’ils ont comme objectif de donner des chiffres inférieurs à la réalité. Ils doivent pouvoir être mis en œuvre gratuitement par tout le monde (avec l’octroi gratuit des masques aux personnels et aux familles). Les revendications de dédoublements par les équipes, notamment en collège, doivent être satisfaites. 

 

   4. Un plan d’urgence pour l’éducation

Le maintien à long terme de l’ouverture des écoles et établissements ne peut se faire qu’à condition de réduire durablement les effectifs. Il faut créer immédiatement des postes, en commençant par l’admission des listes complémentaires, des admissibles aux concours internes et la titularisation à temps plein des contractuel-le-s. SUD éducation a rendu public son plan d’urgence pour l’éducation dès le printemps, qui reste d’actualité.

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 18:43

Ce tract a été publié le 02/03/2021

Il y a deux ans, à l’occasion de la restitution de la concertation nationale de l’école inclusive, le Ministre de l’Éducation nationale et la secré- taire d’État chargée des Personnes handicapées annonçaient la déprécarisation et la professionnalisation des accompagnant-e-s des élèves en situation de handicap. Quelques mois plus tard est parue la circulaire modifiant le cadre de gestion des contrats avec pour mesure phare de cette déprécarisation le passage de 6 CDD d’un an à 2 CDD de trois ans, la possibilité de CDI- sation et des effets d’annonce sur la formation. Nous ne pouvons nous en satisfaire !
Au final cela revient à six années de CDD et à la poursuite de la logique contractuelle. Les salaires restent au plus bas et les temps partiels imposés sont la norme. Le ministère s’enfonce dans une logique d’institutionnalisation de la précarité.
Alors que les besoins sont en constante augmentation, les difficultés de recrutement sont prégnantes. Les académies mutualisent donc à outrance et les PIAL ont été déployés sur presque tout le territoire. On nous demande d’accompagner de plus en plus d’élèves pour de moins en moins d’heures, sur un territoire géographique étendu. Comment faire notre travail correcte- ment lorsqu’on doit accompagner 5 élèves sur trois écoles différentes ?
La gestion de la crise sanitaire a également été révélatrice de la place qui nous est faite : absent-e-s des protocoles sanitaires, les AESH n’ont reçu aucun moyen de protection spécifique alors que les règles de distanciation ne peuvent être appliquées dans la plupart des situations d’accompagnement. Avec les PIAL le brassage est sans limite.

Nos revendications

Les revendications portées par SUD éducation pour les accompagnant-e-s des élèves en situation de handicap sont le fruit d’une réflexion collective entre personnels AESH. Elles s’inscrivent dans le projet revendicatif de SUD éducation qui défend une transformation radicale de l’école et de la société.

Pour un statut de fonctionnaire, la création d’un nouveau métier d’éducateur-trice scolaire spécialisé-e et une titularisation sans condition.

Réformes après réformes, le service public d’éducation est mis à mal par l’idéologie libérale et les mesures de restriction budgétaire. Le recours aux contractuel-le-s s’est intensifié tandis que les droits des agents titulaires sont grignotés. L’école n’est pas exempte de la logique néo-libérale des gouvernements successifs.
À l’inverse, SUD éducation défend un service public d’éducation assuré par des fonctionnaires. C’est dans ce sens que nous défendons l’arrêt du recrutement de personnels non-titulaires et un plan de titularisation de tous les personnels contractuels.
Pour les AESH, SUD éducation dé- fend la création d’un métier d’Éducateur-trice scolaire spécialisé-e sous statut de fonctionnaire.
Cette titularisation doit se faire sans condition, ni de concours, ni de formation, ni d’ancienneté, ni de nationalité et ouvrir aux droits des agent-e-s de la Fonction publique.

Pour une augmentation du salaire et une baisse du temps de travail

À l’heure actuelle, le salaire moyen perçu par les accompagnant-e-s des élèves en situation de handicap tourne autour de 750 euros nets. Les temps partiels imposés et l’indexation du salaire sur l’indice de référence le plus bas main- tient les personnels dans une précarité totale. L’immense majorité des AESH vit en dessous du seuil de pauvreté. Pour la plupart, les AESH sont aussi des femmes qui doivent faire face à une double violence : celle de la précarité et celle de l’oppression patriarcale. Dans la sphère familiale, les femmes prennent en charge 80% des tâches domestiques et dans le monde du travail, ce sont elles qui occupent les emplois les plus mal rémunérés.
La quotité de travail moyenne correspond à 24 heures d’accompagnement hebdomadaire. C’est plus ou moins le temps de présence d’un-e élève dans un établissement scolaire. SUD éducation revendique la reconnaissance d’un temps plein à 24 heures d’accompagnement auxquelles s’ajoute le travail de préparation et de coordination avec les équipes éducatives et pédagogiques.
SUD éducation revendique un salaire net à 1700 euros pour un temps plein en début de carrière, dont l’évolution serait déconnectée de toute évaluation professionnelle.

SUD éducation défend la création d’un métier d’Éducateur-trice scolaire spécialisé-e sous statut de fonctionnaire

Ces revendications s’inscrivent également dans le cahier revendicatif porté par SUD éducation et l’Union syndicale Solidaires : la hausse immédiate des salaires les plus bas et des minima sociaux ainsi que la baisse du temps de travail pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses.

Pour d’autres conditions de travail et d’accompagnement

On assiste depuis plusieurs années à une explosion de l’accompagnement mutualisé au détriment de l’accompagnement individualisé. Les AESH doivent accompagner de plus en plus d’élèves pour de moins en moins d’heures. Cette situation s’est fortement aggravée avec la mise en place des Pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) : les accompagnant-e-s courent d’un-e élève à l’autre, d’un établissement ou d’une école à l’autre.
Les conditions d’un véritable accompagnement ne sont pas réunies : il ne peut pas se résumer à une compensation sans réflexion. Ce n’est pas le sens du métier que nous voulons construire : le lien humain est au cœur de cette pratique professionnelle et les gestes professionnels adéquats ne peuvent pas être trouvés sans observation, sans expérimentation, sans échange ni temps.
Il faut donc en finir avec la logique qui fait des AESH une variable d’ajustement des politiques gouvernementales de l’école inclusive.
SUD éducation revendique d’autres conditions d’accompagnement et d’affectation :
• pas plus de deux élèves en accompagnement et dans le respect des notifications de la MDPH ;
• un-e éducateur-trice scolaire spécialisé-e par élève dans le 1er degré, deux dans le 2d degré seulement si cela est nécessaire (besoin de plus de 24 heures d’accompagnement par exemple) ;
• une affectation sur deux établissements au maximum seulement si cela est nécessaire ;
• deux éducateur-trice-s scolaires spécialisé-e-s à temps plein (24 heures) en ULIS et un-e en SEGPA.
Des temps individuels de remédiation doivent pouvoir être mis en place quand cela est nécessaire.
L’organisation du travail et des accompagnements ne doit pas être dictée par la hiérarchie mais gérée localement par les intéressé-e-s eux et elles-mêmes.

Pour la création de brigades de remplacement

Aujourd’hui les remplacements sont assurés au détriment des élèves : on prend les heures d’accompagnement d’un-e élève pour les placer sur un-e autre. Ce- pendant, dans la plupart des cas il n’y a pas de remplacement et les élèves se retrouvent seul-e-s.
Les conditions de travail des AESH et les conditions d’accompagnement des élèves s’en trouvent une fois de plus dé- gradées.
SUD éducation revendique la création de brigades de remplacement auxquelles les éducateur-trice-s scolaires spécialisé-e-s se- raient affecté-e-s. Ces brigades auraient pour mission d’assurer les remplacements des collègues absent-e-s. C’est également une condition sine qua non au droit à la formation.

Pour une autre formation, initiale et continue

Accompagner des élèves en situation de handicap dans leur parcours et leur vie scolaire ne peut pas s’improviser comme c’est actuellement le cas. Faute de formation, les AESH ont recours presque uniquement à l’auto-formation.
SUD éducation revendique pour les éducateur-trice-s scolaires spécialisé-e-s une formation initiale d’un an à l’INSPE sous statut de stagiaire.
Un plan de formation continue riche et diversifié doit être mis en place, tant sur les questions de handicap que de pédagogie. SUD éducation revendique le même droit à la formation sur temps de travail pour l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale.
Nos pratiques professionnelles nécessitent une co-construction et des échanges entre pairs, c’est pourquoi les plans de formation continue doivent comprendre des analyses de situation professionnelle.

Pour des droits sociaux
• SUD éducation revendique la prise en charge intégrale des frais de déplace- ment et des frais de santé des agents par l’employeur.
• SUD éducation réclame l’abrogation du jour de carence.

De AESH à éducateur-trice scolaire spécialisé-e : pour la reconnaissance du métier

De la fin des années 1990 à aujourd’hui, nous avons été auxiliaires de vie pour l’intégration scolaire, employé·e-s de vie scolaire, puis auxiliaires de vie scolaire avec la loi du 11 février 2005 et enfin accompagnant-e-s des élèves en situation de handicap en 2014. C’est un article, le numéro 124, caché au fond de la loi n°2013-1278 du 29 décembre 2013 de finances pour 2014 qui a donné le nom au métier que nous exerçons. Plusieurs décrets et circulaires viendront donner un cadre à nos missions et à nos contrats jusqu’à celle de juin 2019 qui, dans l’accumulation de ces textes réglementaires, doit être perçue comme une grande avancée dixit le ministère. « Professionnalisation »,« déprécarisation », « sécurisation », « revalorisation »… sont les mots clés du plan de communication du ministre Blanquer. Une question légitime se pose alors : qu’est-ce qui a changé ?

Nous sommes chaque année plus nombreuses-eux : désormais plus de 100 000. Nul-le ne peut désormais ignorer notre présence, nous nous sommes imposé-e-s dans les murs des écoles, collèges et lycées. Mais être nous sommes une main d’œuvre bon marché et variable d’ajustement de la politique d’école inclusive. La désignation de notre travail, notre place, notre statut, tout participe à notre invisibilisation.
« On s’occupe de », nous sommes auxiliaires, accompagnant-e-s, aides. Ces termes nous placent dans une position passive, à la place que l’on nous donne, pour faire ce qu’on nous laisse faire. Nous agissons « sous le contrôle des enseignant-e-s » (circulaire de 2017) ; on nous demande d’être discret-e-s. Nous sommes « l’AVS de ma classe », nous occupons une position subalterne. Nous pouvons disparaître du jour au lendemain. C’est la magie de notre statut, nous n’occupons pas un poste à titre définitif. Les PIAL nous font voyager contre notre gré.
Malgré tout nous sommes indispensables : sans nous l’école inclusive ne fonctionne pas. C’est notre force. Nous devons la saisir et esquisser notre métier nous-même, l’imposer. Il n’y a rien à attendre du ministère sans rapport de force. C’est le sens du travail de réflexion mené depuis trois ans par des AESH de SUD éducation : nous avons esquissé les contours d’un métier d’éducateur-trice scolaire spécialisé-e, ce que nous sommes dans les faits.

Vers la construction d’un nouveau métier

À SUD éducation, nous revendiquons un statut d’éducateur-trice scolaire spécialisé-e. L’éducateur-trice scolaire spécialisé-e (ESS) a pour mission d’accompagner les élèves en situation de handicap au sein d’un établissement scolaire, de la maternelle au BTS. Sous statut de fonctionnaire, avec une obligation de service de 24 heures d’accompagnement hebdomadaire auxquelles s’ajoutent les tâches connexes, l’ESS peut accompagner un ou deux élèves selon les situations.

Les missions de l’éducateur-trice scolaire spécialisé-e auprès des élèves sont diverses et doivent s’adapter à chaque élève :
• l’accompagnement des élèves durant les temps de classes : apporter à l’élève le support et le cadre nécessaire à sa compréhension et à sa concentration par des gestes professionnels de reformulation, d’étayage, d’aide à la prise de note, à l’organisation, à la concentration, etc.
• l’accompagnement de l’élève dans sa vie sociale et relationnelle à l’école : aide à la mobilité, aux actes essentiels de la vie pendant le temps scolaire, aux relations sociales, etc.

Avec les personnels dédié-e-s, l’ESS participe à la construction du parcours d’orientation de l’élève. Des temps de remédiation individuelle sont prévus, à sa libre appréciation.

L’ESS est un personnel ressource autour des questions de handicap, auprès des élèves et des personnels. Elle-il travaille, en lien avec l’ensemble de la communauté éducative, pour adapter les supports pédagogiques, l’espace classe et l’espace social.

Des formations lui sont proposées tout au long de sa carrière ainsi que des temps d’analyse des pratiques professionnelles avec ses pair-e-s. Certains gestes professionnels nécessitent une formation renforcée : portage, braille, lsf, motricité.
Voilà une première esquisse du métier que nous revendiquons, avec ses missions, ses activités, ses responsabilités. Cette proposition reste à construire collectivement par les AESH elles-eux-même et à s’imposer par la mobilisation.

 

« Le collectif, pour la solidarité et sortir de l’isolement »

Entretien avec Clotilde, AESH en Bourgogne : syndiquée à SUD éducation Bourgogne, Clotilde est à l’initiative du collectif des précaires de l’Éducation nationale, qui réunit 160 AESH de Saône-et-Loire et Côte d’Or.

Parle-nous de ce collectif : quand, comment, par qui a-t-il été créé ?

Le collectif a été créé à l’issue d’une heure d’information syndicale animée par SUD éducation Bourgogne sur les droits des CUI (Contrat Unique d’Insertion, supprimés depuis), en novembre 2015. C’est un collectif d’AESH, il y a aussi 3 enseignant-e-s. Nous avions tenté de faire venir des AED au début, mais ça n’a pas fonctionné.
Les membres du collectif sont à 99 % des femmes, mères isolées, qui ont choisi ce métier pour le rythme de travail qui est censé être compatible avec le rôle de la mère de famille. Mais avec la mise en place des PIAL, elles doivent aller d’un établissement à l’autre, parcourir des distances jusqu’à 45 km… Elles passent beaucoup de temps dans les déplacements. C’est bien plus long et fatiguant. Et on leur propose des formations le mercredi après-midi, ce qui veut dire trouver quelqu’un qui garde les enfants pendant ce temps !
Le collectif est parti d’un noyau de 10 personnes. Nous avons tracté à la sortie des lieux de formation des AESH, organisé des réunions, des conférences, et peu à peu le bouche-à-oreille a fonctionné. Aujourd’hui, il y a 160 personnes dans le collectif. La plupart ne sont pas syndiqué-e-s.

Qu’apporte le collectif au fonctionnement d’un syndicat… et inversement ?

Le noyau dur du collectif, c’est entre 5 et 10 personnes, pour l’essentiel syndiqué-e-s. Les syndicats apportent les outils juridiques et aident dans certaines démarches, par exemple pour demander une audience. Le collectif a besoin de ce relais.
Les AESH viennent dans le collectif pour sortir de la solitude qu’elles peuvent ressentir lorsqu’elles sont isolées dans leur école, leur collège ou leur lycée. On trouve des solutions ensemble aux questions posées. Le collectif, c’est l’écoute, c’est la solidarité !

Quelles actions le collectif a-t-il entrepris depuis 2015 ?

Nous avons mené des grèves et des manifestations devant le rectorat. Nous avons organisé une conférence sur l’inclusion, et invité des éducateurs du CMPP, les parents, les familles d’accueil. Nous avons écrit et mis en scène une pièce de théâtre, que nous avons intitulée « Dialogue de sourds » : celui entre l’administration et les acteurs-trices de terrain dont nous, AESH, faisons partie.
Nous organisons des réunions de pédagogie en droit du travail, et nous avions l’habitude de nous réunir au moins 3 fois par an avant la crise sanitaire. Il nous reste notre mailing liste comme lieu de ressource... Pour maintenir le lien, nous venons de créer une chaîne Youtube, où chacun-e est invité-e à participer.

Avez-vous essaimé auprès d’autres collectifs en France, trouvé des relais nationaux ?

Il y a beaucoup de disparités, le métier d’AESH est exercé différemment d’une académie à l’autre. En Bourgogne, notre première revendication, c’est la quotité : nous devons faire 25h30 pour un temps de travail de 60 %, au lieu de 23h30. Comme il n’y a pas de statut de l’AESH, pas d’uniformisation sur le territoire, il est difficile de s’unir autour des mêmes revendications.

La chaîne Youtube du collectif : https://youtu.be/AqndMQDHiXI

Les conditions de travail des AESH pendant la crise sanitaire

1er confinement : fermeture des établissements scolaires

De l’annonce de la fermeture des écoles et établissements scolaires en mars 2020 pour faire face à la circulation active de l’épidémie de coronavirus, on se souviendra longtemps de la désorganisation générale d’un ministère naviguant à vue. Les informations arrivent au compte-goutte, de manière parcellaire, laissant les AESH dans l’expectative et avec de nombreuses questions, notamment celle du maintien de leur salaire.
Au fil des jours, l’improvisation totale devient locale. Dans certaines académies ou DSDEN, aucune information n’est transmise aux AESH tout au long de la période de confinement. Ailleurs, on leur demande de se porter volontaires pour effectuer des gardes d’enfants de soignant-e-s “sur le temps périscolaire”, de répondre à des questionnaires, mais surtout de poursuivre leurs missions à distance.
Les mails reçu-e-s par certain-e-s collègues ont un ton injonctif et s’accompagnent parfois de menaces de retrait de salaires, pourtant impossible réglementairement. Les textes réglementaires qui encadrent le télétravail sont balayés d’un revers de manche, ainsi que les préoccupations matérielles et financières de bon nombre de collègues qui se retrouvent dans une situation sociale très compliquée.

Nous reproduisons ci-dessous des extraits de la « Lettre à nos collègues AESH » rédigée par plusieurs accompagnant-e-s syndiqué-e-s à SUD éducation Paris :

« Nous vivons actuellement une crise sanitaire d’une grande ampleur à laquelle les personnels de santé tentent de faire face. « Restez chez vous » nous adjurent celle et ceux qui depuis des mois crient dans le silence le plus total que l’hôpital public meurt à petit feu. Moins de budget, moins de lits, moins de matériel, moins de personnels et une précarité grandissante. Cette précarité nous la connaissons. Elle rythme notre quotidien, elle traverse nos corps, comme des millions d’autres habitant-e-s de ce pays. Nous pensons aux travailleuses et travailleurs des hôpitaux mais également à celles et ceux des supermarchés, de la poste, des transports et des boîtes privés que les patrons refusent de mettre à l’arrêt à l’image des salarié-e-s et intérimaires d’Amazon.
Depuis ce lundi 16 mars nous n’avons plus de lieu de travail, nos écoles sont fermées, nous ne voyons plus nos collègues, ni nos élèves. Nous sommes confiné-e-s pour tenter d’endiguer l’épidémie de Covid-19 [...] Mais le rectorat craint que notre salaire ne perde de sa valeur, que nous restions chez nous, inactif-ve-s, grassement payé-e-s à ne rien faire. Et il nous enjoint par mail : nous devons mener la continuité pédagogique et éducative, contacter les enseignant-e-s, adapter les supports, nous former, renseigner des questionnaires, répondre à des mails, contacter nos élèves par tous les moyens possibles [...] Il ne s’agirait pas que l’on soit payé-e-s 700 euros pour rien.
Nous voudrions lui répondre que nous ne nous tournons pas les pouces : certain-e-s d’entre-nous sont malades, d’autres sont isolé-e-s ; certain-e-s d’entre-nous font de la continuité pédagogique, d’autres ont des proches malades ; certain-e-s d’entre nous ont contacté leurs élèves, d’autres sont stressé-e-s ; certain-e-s d’entre-nous
vivent dans 9 m , d’autre s’occupent de leurs enfants ; etc. [...]
Notre métier est-il adaptable au télétravail ? Nous accompagnons des élèves en situation de handicap dans leur parcours scolaire. Nous travaillons avec des feuilles et des stylos mais aussi -et surtout avec notre voix, notre ouïe, notre regard, nos gestes, notre posture. Facetime n’y compensera rien.
Nous avons passé des mois à créer des liens humains avec les élèves, à chercher comment les accompagner au plus juste au sein de la classe, à observer leurs réactions, leurs silences, les diverses expressions de leurs difficultés, à échanger, à réexpliquer, à relire, à remobiliser leurs attentions. Pouvons-nous faire tout cela par télétravail ?
La situation est-elle adaptable au télétravail ? […] Il est un moyen de rationaliser le travail de la masse salariale pour les technocrates. Il est une variable de gestion de la crise, il n’est soumis à aucune réglementation en matière de santé et de sécurité au travail. Les ordres se donnent à distance, ils paraissent légitimes, et nous sommes isolé-e-s derrière nos écrans à subir les pressions.
Nous refusons les injonctions au télétravail […]. L’urgence est sanitaire et sociale. Nous faisons et allons faire comme nous pouvons, avec les outils que nous avons, avec la force dont nous disposons. »

Une reprise sans mesures de protection spécifique

Avec l’annonce de la réouverture des écoles et établissements scolaires, s’ouvre une nouvelle bataille pour les AESH : celle des mesures de protection spécifiques mises en place. Tandis que les autorisations spéciales d’absence pour les collègues considéré-e-s comme personnes vulnérables sont difficiles à faire respecter, le protocole sanitaire ministériel ne fait aucune mention des accompagnant-e-s. Ce n’est que le 11 mai au soir qu’une fiche « Protocole sanitaire et missions des AESH pour la reprise dans les écoles et établissements scolaires à partir du 11 mai » est mise en ligne sur le site du Ministère.
Ces consignes ministérielles et leur mise en œuvre académique sont très loin d’être satisfaisantes et de garantir un minimum de protection aux AESH. Aucune mesure n’est prise pour limiter le brassage et la multiplication des contacts, comme par exemple l’arrêt temporaire de l’accompagnement mutualisé et des déplacements entre plusieurs lieux de travail. Les collègues se voient donc sur-exposées aux risques de contamination.
L’impossibilité, dans de nombreuses situations d’accompagnement, de respecter les gestes barrières n’est que trop partiellement traitée et renvoyée au cas par cas, alors que cela devrait faire l’objet d’un protocole clair, accompagné du matériel de protection nécessaire, et faire l’office d’une action de formation spécifique.
Sur le terrain, la réalité est parfois catastrophique : certaines DSDEN s’improvisent fabricantes de matériel de protection et distribuent des sacs poubelles 100 litres à customiser. Ailleurs, les accompagnant-e-s ne verront jamais la couleur des masques grand public.

Rentrée 2020 : toujours rien

Les protocoles sanitaires s’enchaînent, mais sans mise en place de moyens de protection pour l’ensemble des personnels et des élèves. Les accompagnant-e-s n’y sont toujours pas cité-e-s alors que la distanciation physique et la limitation du brassage sont les principales mesures de protection mises en avant.
Les actions entreprises localement par les collègues (courriers syndicaux, écrits

dans le registre de santé et sécurité au travail, droits d’alerte, débrayages, etc.) ont forcé certaines académies à se doter de matériel spécifique pour les AESH : visières, masques plus protecteurs, masques inclusifs, etc. Partout nous devons nous montrer inflexibles : il en va de notre santé et de notre sécurité, de celles des élèves et de nos entourages respectifs.

AESH : un vrai métier, un vrai salaire !

Les AESH sont les grand-e-s oublié-e-s des revalorisations salariales annoncées par le ministre Blanquer au Grenelle de l’éducation : ni prime d’équipement, ni prime d’attractivité pour les AESH. Pourtant les AESH font partie des per-sonnels de l’Éducation nationale les moins bien rémunérés avec un salaire moyen de 700 à 800€ nets par mois.

Une grille salariale au « ras des pâquerettes »

Dans la Fonction publique, le traitement (= le salaire) dépend de l’indice de rémunération, lui-même conditionné pour chaque catégorie de personnels à l’ancienneté. Jusqu’alors le traitement des AESH n’évoluait pas au cours de leur carrière. Or, la circulaire du 6 juin 2019 réaffirme l’obligation de réexamen de la rémunération au moins tous les trois ans. La circulaire préconise de prévoir ce réexamen de l’indice de rémunération dès le terme de la première année de contrat. Elle précise également que ce réexamen doit être « en lien avec la conduite préalable de l’entretien professionnel ». Pour SUD éducation, il est inacceptable de conditionner l’évolution salariale des personnels à des entretiens professionnels. Nous refusons de laisser la rémunération des personnels AESH à l’arbitraire de la hiérarchie. Cette culture de l’évaluation et de la sanction permanente est néfaste par les conditions de travail des personnels et ne leur permet pas d’évoluer sereinement dans le métier.
L’arnaque de l’évolution salariale des AESH ne s’arrête pas là puisque le ministère a publié une grille largement insuffisante. Les grilles salariales des professeur-e-s comportent jusqu’à 11 échelons pour la classe normale avec un écart de rémunération de 1200€ nets mensuels en début de carrière à 2600€ nets en fin de carrière. Au contraire les AESH ne peuvent gravir que 8 échelons et leur rémunération débute à 1200€ à la signature du premier contrat et est plafonnée à 1346€. Les évolutions salariales sont limitées de 5 à 23€ supplémentaires selon les échelons. Cette grille salariale est indécente.

Temps partiels généralisés = salaires partiels généralisés

Cette grille salariale ministérielle décrit des salaires à temps plein. Or très peu d’AESH bénéficient de contrats à temps plein. L’annualisation, c’est-àdire l’obligation de faire 1607h sur une nombre de semaines limité, a fait exploser le temps de travail pour les personnels dont le temps de service est annualisé. Pour les AESH, l’annualisation est encore plus injuste car il est quasi-impossible de faire 39h d’accompagnement auprès des élèves en situation de handicap. Les difficultés sont celles des emplois du temps des élèves qui ne permettent pas de travailler autant d’heures mais elles sont également professionnelles : une charge de travail hebdomadaire aussi lourde épuise les personnels et nuit à l’exercice de leurs compétences pédagogiques : comment être patient-e avec un-e élève après 6h ou 7h d’accompagnement ? L’annualisation ne prend pas en compte les conditions d’exercice de ce métier.

Les AESH sont les grand-e-s oublié-e-s des revalorisations salariales annoncées par Blanquer.

La plupart des AESH sont donc recruté-e-s sur des temps partiels (entre 21h et 30h hebdomadaires) avec des salaires par conséquent partiels.
Il est urgent que le ministère reconnaisse le métier d’AESH et crée un corps de la fonction publique qui permette de garantir un emploi à temps plein aux personnels AESH. Ce temps plein doit être réaliste, c’est-à-dire qu’il doit prendre en compte les réalités du métier et tout le travail invisible : réunions, auto-formation, concertation avec l’équipe pédagogique, préparation et adaptation des supports…
SUD éducation revendique pour les AESH une titularisation sans condition qui s’accompagne de la création d’un statut d’éducateur-trice scolaire spécialisé-e, avec un salaire à 1700 euros net en début de carrière et la reconnaissance d’un temps plein correspondant à 24h d’accompagnement.

Métiers sous-rémunérés, métiers dévalorisés, métiers féminisés

9 AESH sur 10 sont des femmes. La politique de précarisation de ces personnels par le ministre est donc particulièrement préjudiciable à l’égalité entre hommes et femmes. En effet, les métiers considérés comme « féminins » sont sous-rémunérés car l’Éducation nationale refuse de reconnaître leur valeur sociale et les compétences spécifiques de ces personnels. Pourtant les personnels AESH sont bien plus des éducateurs et des éducatrices spécialisé-e-s sur les questions de pédagogie et de handicap que des accompagnant-e-s. Il est temps que le ministère abandonne ses préjugés discriminants et engage une politique volontariste pour lutter contre cette précarité imposée aux professionnels des métiers féminisés.

SUD éducation porte des revendications salariales pour les AESH

SUD éducation revendique l’augmentation des salaires. Ces augmentations salariales doivent toucher en priorité les plus bas salaires et non les personnels d’encadrement et de direction qui sont les mieux payé-e-s de l’échelle hiérarchique.

  • l’intégration des primes et indemnités au salaire : c’est grâce au salaire brut qu’est financé notre modèle de caisses de solidarité : la retraite, la sécurité sociale

  • l’accès aux mêmes indemnités que les titulaires, et en particulier les indemnités REP/REP +

  • une augmentation significative des salaires, d’autant plus forte que le salaire de l’agent-e est bas, pour réduire les inégalités salariales,

  • l’abrogation du jour de carence,

  • un salaire d’entrée dans le métier à 1700€ nets par mois.

SUD éducation revendique l’indemnité REP/REP+ pour les AESH !

En janvier 2020, SUD éducation a lancé une campagne pour gagner l’indemnité REP/REP + pour les personnels AESH et AED. Un an après, où en eston ?

Depuis la création des REP (réseaux d’éducation prioritaires) en 2014, les personnels touchent une indemnité au nom de la spécificité de leur travail et de la pénibilité de leurs conditions de travail. Tous les personnels ? Non. Malgré la communication du ministère de Jean-Michel Blanquer à la rentrée 2018 qui avait pu le laisser espérer, les Assistant-e-s d’éducation et les Accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap ne perçoivent toujours pas l’indemnité REP, autour de 208 euros pour un contrat annuel d’une quotité de 50 %. Pourtant AED et AESH font partie du personnel d’encadrement et d’accompagnement et contribuent au même titre que les autres personnels, titulaires ou non titulaires, à la réussite de tous les élèves en éducation prioritaire. Ils et elles sont confronté-e-s directement à la grande difficulté des élèves en vie scolaire et en classe et participent pour une part plus qu’importante à la bonne marche des établissements REP ou REP+. Cette injustice flagrante contrevient à l’égalité de traitement des agents de la Fonction publique.

L’obtention de l’indemnité REP/ REP+ est une étape dans la bataille pour l’égalité des droits !

SUD éducation s’engage contre la précarité des emplois dans l’Éducation nationale. Les inégalités de droits entre titulaires et non titulaires sont inacceptables. La contractualisation des personnels pour effectuer certaines missions permet aujourd’hui au ministère d’abaisser les droits et de refuser des droits à certains personnels. C’est le cas pour les AESH qui ne bénéficient pas de la prime REP/REP+ contrairement aux autres personnels médico-sociaux et d’enseignement.

Cette injustice flagrante contrevient à l’égalité de traitement des agents de la Fonction publique

En 2014, un décret majeur a été gagné par les organisations syndicales : les agents contractuels doivent bénéficier dans les mêmes conditions des primes et indemnités auxquelles ont droit les agents titulaires qui exercent les mêmes fonctions. Il faut aller plus loin et revendiquer les mêmes primes et indemnités pour tous les personnels qui devraient en bénéficier. De même, il faudra se battre pour obtenir des décharges horaires pour les personnels AESH affectés dans le cadre des PIALs sur plusieurs écoles ou établissements comme en bénéficient les enseignant-e-s affecté-e-s sur plusieurs établissements.
Cette campagne pour l’indemnité s’inscrit dans une bataille de SUD éducation pour l’égalité des droits entre tous les personnels. En effet, notre rôle de syndicalistes est de gagner pas à pas les mêmes droits pour les AESH que pour les agent-e-s fonctionnaires, ainsi l’Éducation nationale sera contrainte de créer un corps de fonctionnaire pour les personnels AESH. Chaque droit gagné est une victoire dans cette bataille que nous menons pour la reconnaissance du métier !
Par ailleurs, SUD éducation revendique une augmentation généralisée des salaires et surtout une augmentation plus rapide pour les salaires les plus bas de l’Éducation nationale ainsi que l’intégration dans le salaire des primes et indemnités.

Actions juridiques et mobilisations pour obtenir l’indemnité !

Les pôles juridique et AESH de SUD éducation ont travaillé ensemble pour construire une campagne capable de gagner l’indemnité REP/REP + pour les AESH. Dans un premier temps, SUD éducation a invité les AESH qui le souhaitaient à écrire des recours gracieux à leur hiérarchie pour demander le paiement de cette indemnité. Certains collectifs AESH s’en sont saisi et ont déposé leurs recours collectivement lors de rassemblements devant les DSDEN ou les rectorats. Les réponses à ces recours ont été négatives comme nous l’avions prévu car les rectorats et les DSDEN n’ont pas le pouvoir d’octroyer cette indemnité. Nous allons pouvoir accompagner les collègues AESH qui avait déposé des recours dans une démarche au Tribunal administratif qui a toutes les chances d’aboutir. Dans de nombreux départements, les AESH ont prévu de déposer collectivement le même jour leurs recours individuels au Tribunal administratif.

N’hésitez pas, contactez le syndicat SUD éducation de votre département pour être informé-e de l’actualité de cette campagne !

 

Les PIAL

Les Pôles inclusifs pour l’accompagne- ment localisés (PIAL) ont été instaurés par la Loi n°2019-791 du 26 juillet 2019 dite de l’école de la confiance. Ils sont censés, selon le ministère, permettre une meilleure organisation et un meilleur suivi de l’accompagnement des élèves en situations de handicap.

Un dispositif de façade

La circulaire de septembre 2019 mentionne même les progrès qu’auraient dû constituer ces dispositifs : « Ils mobilisent l’ensemble des personnels pour identifier les besoins des élèves et mettre en œuvre les réponses adéquates au niveau de la classe, mais aussi de l’école et ou de l’établissement scolaire : aide humaine, pédagogique, éducative ou thérapeutique ; dispositifs spéciaux, groupes d’aides ; aménagements matériels. »
À l’inverse, ils entérinent une gestion managériale et libérale des AESH. La circulaire mentionne bien qu’ils doivent permettre plus de « souplesse » dans la gestion des AESH. Pour l’instant, ces dispositifs n’ont pas permis une amélioration des conditions de travail. Ils normalisent le management local, avec la mise en place de « coordonnateur-trice », chapeauté-e-s par le ou les pilotes du PIAL (IEN de circonscription et chef-fe-s d’établissements) et chargé-e-s de répartir les personnels auprès des élèves qui doivent bénéficier d’un accompagnement. Mesure d’économie budgétaire et solution face aux problèmes de recrutements, les PIAL permettent de déplacer les AESH d’un accompagnement à l’autre en fonction des besoins. Tu accompagnes déjà 3 élèves ? Tiens en voilà 2 de plus, dans l’école de la commune voisine !

En route vers plus de précarité

Avant la création des PIAL, les AESH étaient affecté-e-s auprès d’élèves sur un ou deux établissements. Le suivi des AESH était assuré par des personnels dans les DSDEN.
Avec la mise en place des PIAL, les AESH interviennent maintenant sur une zone géographique, à la merci des changements d’emploi du temps en cours d’année en fonction des intérêts du service. Certains PIAL comportent une trentaine d’établissements qui vont de l’école maternelle au lycée. Un autre souci, c’est la taille de ces zones. Par exemple,
le PIAL de Vitré en Ille et Vilaine couvre une vaste zone géographique : plus de
35 kilomètres entre les deux établissements les plus éloignés ! La mise en place des PIAL s’est faite au détriment des conditions de travail des personnels et des conditions d’accompagnement des élèves. Déjà précarisé-e-s, elles et ils sont de plus en plus corvéables. Contrairement aux enseignant-e-s affecté-e-s sur plusieurs établissements, les AESH ne bénéficient pas de décharge de service pour affectation multiple.

Une PIALisation à marche forcée

Les PIAL sont désormais généralisés à quasiment toutes les écoles et tous les établissements du territoire. Les person- nels qui ont intégré les PIAL cette année se sont vu proposer la signature d’un avenant à leur contrat. Gare à eux s’ils et elles refusaient : à Grenoble et à Lyon, des AESH ont été licenciés-e-s.

SUD éducation revendique l’abandon des PIAL.

 
Les revendications de SUD éducation pour les AESH

Statut
• La titularisation de tou-tes les AESH, sans condition de concours, de diplôme ou ni de nationalité, par la création d’un corps de fonctionnaires ;
• La création d’un métier d’éducatrice-éducateur scolaire spécialisé-e

Salaire
• Un salaire à l’entrée dans le métier : 1700€ nets
• L’accès aux mêmes primes (éducation prioritaire), indemnités et pondérations (éducation prioritaire et affectation multiple) que les titulaires quelle que soit la durée du contrat
→ Conditions d’accès au métier
• Une formation initiale d’un an rémunérée, à l’Espé, statut de stagiaire

Temps de travail
• La reconnaissance d’un temps plein à 24 heures d’accompagnement plus les heures connexes pour le travail de préparation, de suivi et de concertation
→ Formation
• L’accès au plan de formation académique
• Une offre spécifique de formation pour les AESH, sur temps de service
• L’inscription aux formations sur la base du volontariat

Conditions de travail
• Une affectation sur deux établissements au maximum
• Pas plus de deux élèves en accompagnement individualisé
• Le respect des notifications MDPH
• Pas plus d’un-e éducateur-trice scolaire spécialisé-e par élève dans le 1er degré, deux par élève dans le 2d degré
→ Organisation du travail
• De meilleurs conditions d’affectation et une réelle prise en compte des vœux des AESH avec un suivi en commissions paritaires (dont les non-renouvellements de contrats)
• La constitution d’une brigade de remplacement AESH
• Une organisation non dictée par la hiérarchie mais gérée

Pour voir la brochure complète : https://www.sudeducation.org/tracts/numero-special-aesh-luttons-pour-un-vrai-statut/

 

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Published by SUD 61
4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 18:40

Rappels sur le sexisme extraits du rapport état des lieux du sexisme du haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes

http://haut-conseil-egalite.gouv.fr...

99 % des femmes déclarent avoir déjà été victime d’un acte ou commentaire sexiste :
Pour 86% « tu as tes règles » quand elles sont de mauvaises humeur
Pour 84% se faire siffler dans la rue
Pour 73% avoir une remarque sur leur physique hors contexte
Pour 54% avoir subi une blague ou remarque à caractère sexuel

Le haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes définit le sexisme comme une idéologie qui repose sur le postulat de l’infériorité des femmes par rapport aux hommes, d’une part, et d’autre part, un ensemble de manifestations des plus anodines en apparence (remarques) aux plus graves (viols, meurtres). Ces manifestations ont pour objet de délégitimer, stigmatiser, humilier ou violenter les femmes et ont des effets sur elles (estime de soi, santé psychique et physique et modification des comportements).

Les manifestations du sexisme sont multiples :
Propos ou représentations stéréotypé-e-s, discriminant-e-s, humiliant-e-s, menaçant-e-s ou violent-e-s dans la rue, au travail, dans les médias, la publicité, les arts et la culture, le marketing, etc.
Sur-occupation de l’espace dans la rue (« manspreading »), dans les discussions (« mansplaining » et « manterrupting »), en politique, au travail, dans les classes et les cours de récréation, etc.
Atteinte à l’autonomie des femmes par l’assignation à la maternité : entrave à l’avortement et à la maîtrise de son corps, mariages forcés, non partage de la charge domestique, etc.
Discrimination directe et indirecte, dans l’accès à un emploi, un bien ou un service.
Atteintes à l’intégrité corporelle : coups et blessures, agressions sexuelles, viols, mutilations sexuelles, prostitution, meurtre ou féminicide.

Pour lutter contre le sexisme, nous devons nous interroger sur nos pratiques et sur ce que nous banalisons dans notre quotidien : les propos tenus par les élèves mais également ceux tenus par tous les adultes. L’humour est généralement invoqué pour tenir des propos totalement sexistes. L’humour peut véhiculer des propos sexistes et peut ne pas encourager les hommes et les femmes à combattre toutes les formes de violences liées au sexisme. Il faut former l’ensemble des personnels pour une réelle mise en place de la promotion de l’égalité des sexes dans les établissements scolaires.

L’humour et le sexisme : une combinaison répandue et tolérée mais une arme des dominant-e-s au détriment des dominé-e-s

  • ce que l’on entend :
    vous n’avez pas le sens de l’humour, c’est une blague , c’est juste pour rire
    c’est au second degré
    tu ne sais pas t’amuser
    on ne peut plus rire de rien !

L’humour sexiste exerce (sous prétexte d’être convivial) une domination d’un groupe sur un autre car, en créant un espace de connivence où on ( les dominant-e-s) rit tou-te-s ensemble contre les dominé-e-s, il véhicule et renforce des stéréotypes dévalorisants à l’encontre des femmes et des minorités sexuelles/de genre.

  • Les conséquences de l’humour sexiste

  • il contribue à renforcer les stéréotypes de sexe et des rôles sexués (les femmes sont sexualisées , réduites à un corps dans les blagues, les femmes sont agressives, hystériques, jalouses, en compétition les unes avec les autres, incompétentes, stupides, naïves, castratrices...)
    il contribue ainsi à légitimer les inégalités et les violences sexistes et sexuelles ( les agressions sexuelles comme « toucher les fesses ou un sein » peuvent être un ressort de l’humour )
    il consolide l’entre soi « masculin » et conforte l’idée que l’hétérosexualité est la seule norme (dans les blagues il y a souvent une injonction à la virilité et une dévalorisation des femmes, homosexuels...)
    il dévalorise l’image que les femmes ont d’elles-mêmes : même s’il y a 15 % des femmes qui apprécient cet humour , elles montrent plus leur désapprobation ( 39 % des femmes soit 12 points de plus que les hommes).

Comment lutter contre l’humour sexiste à l’école ?

Dans la salle des personnels, au self : ce sont des lieux importants de vie où les paroles se relâchent où la blague ou l’humour potache se pratiquent . Les adultes relaient aussi les blagues entendues à la radio, en spectacles, vues sur Internet. Nous ne sommes pas exempt-e-s de l’influence que ces médias jouent sur notre comportement. Ces blagues sont supposées portant peu à conséquence et n’offensent pas autrui . Cependant il faut toujours les analyser au regard de la perception et du ressenti provoqué par celui ou celle qui les reçoit. Le rapport du conseil Supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes du 6 mars 2015 sur « Le sexisme dans le monde du travail » souligne que : ce qui peut paraître drôle pour une personne peut s’avérer désagréable pour une autre, notamment lorsqu’il sert à camoufler une forme de dénigrement en raison du sexe. L’humour et son camouflage en amusement bénin à travers l’argument « c’est juste une blague » joue un rôle majeur dans la diffusion des préjugés sexistes.

Dans nos classes : pour les élèves, l’humour sexiste est un mode de communication largement utilisé et ils reproduisent des blagues issues de vidéos vues sur YouTube où le sexisme est le ressort n°1 pour faire rire. Il est important de mettre en évidence que le rire sexiste n’est pas un acte neutre , qu’il représente un pouvoir oppressif d’un groupe sur un autre, qu’il peut avoir des conséquences néfastes sur ce groupe et il convient de ne pas l’invisibiliser en laissant passer cet humour sexiste sans rien dire. Ne pas oublier de s’interroger sur « de qui /quoi rit-on ? », « dans quel but ? », « quelle place sociale occupe la personne qui exerce cet humour ? », « qui rit ? », « que ressent la personne dont on se moque ? », « en quoi ai-je le droit de faire souffrir la personne dont je me moque ? ».

L’humour est une manifestation sexiste parmi d’autres, il convient de ne pas la négliger et de s’emparer de la polémique qu’il provoque pour réaffirmer que le sexisme fait partie d’un système et que plus généralement la langue est une manifestation sexiste parmi d’autres (voir fiche SUD éducation sur « l’écriture inclusive »). Les enseignant-e-s de l’éducation nationale ne sont pas déconnecté-e-s du monde dans lequel ils et elles vivent et ils et elles doivent également faire la promotion de l’égalité entre les sexes et se former.

Evolution sur la condamnation des propos sexistes sous couvert d’humour

Le jugement d’Orléans est un excellent exemple pour marquer une évolution positive dans la condamnation des propos sexistes véhiculés par l’humour. Au sein d’une rédaction d’un journal, une plainte a été déposée pour des faits de harcèlement au sein de la rédaction d’un journal : blagues grivoises fondées sur le sexe, insultes, circulation de vidéos suggestives… la Cour d’appel d’Orléans a sanctionné l’existence d’un harcèlement sexuel basé sur des agissements sexistes en tant que « harcèlement environnemental ». Une première. Dans une décision du 7 février 2017, le journal a été condamné à 78 500 € de dommages intérêts. La cour a considéré que « Le harcèlement sexuel peut consister en un harcèlement environnemental ou d’ambiance, où, sans être directement visée, la victime subit les provocations et blagues obscènes et vulgaires qui lui deviennent insupportables ».

SUD éducation revendique :

- la mise en œuvre réelle d’une éducation de qualité aux sexualités et des moyens y afférents : plus de 3h annuel pour les élèves ;

- une politique de prévention (campagne de sensibilisation sur les ambiances de travail sexistes, affichage de la loi sur le harcèlement sexuel) et de suivi (accompagnement des victimes dans leurs démarches, notamment judiciaires), via les CHSCT s’agissant des cas de harcèlement, et la mise en place systématique de la protection fonctionnelle, qui est de droit ;

- la mise en place dans la formation initiale de modules obligatoires sur les problématiques de genre, pour les futur-e-s enseignant-e-s (selon un volume horaire identique dans toutes les INSPE), et pour toutes les autres catégories de personnel (CPE, agent-e-s) ;

- un renforcement de l’offre de formation continue sur ces questions ;

- L’usage d’écriture inclusive qui n’invisibilise personne et permet de prendre en compte véritablement tout le monde, y compris les personnes non binaires qui ne s’identifient ni comme hommes ni comme femmes

- la possibilité de mettre en place des réunions non mixtes afin de libérer la parole des femmes

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 18:39
Tests salivaires pour les élèves : une nouvelle manipulation de Blanquer !

Ce communiqué a été publié le 03/03/2021

Il y a 15 jours, le ministre Blanquer a annoncé déploiement de tests salivaires dans les écoles et établissements scolaires afin de prévenir l’apparition de clusters en milieu scolaire, avec 300000 tests par semaine. Pour l’instant moins de 10000 ont été réalisés : il s’agit donc d’un nouveau mensonge du ministre, après ses diverses annonces concernant les vaccins, les nombres de cas, ou encore les masques.

De plus, ces annonces n’ont été suivies d’aucun texte de cadrage quant à la procédure de réalisation des tests ce qui cause de grandes inquiétudes aux enseignant-e-s.

En effet, pendant plusieurs jours, dans les académies de la zone A qui ont repris les premiers après les congés d’hiver, il a été question que ce soit les enseignant-e-s eux et elles-mêmes qui réalisent les tests après une micro-formation par des personnels de laboratoire. Depuis, grâce à la levée de bouclier des personnels d’enseignement ainsi que des personnels de santé de l’Éducation nationale, le ministre a certifié que la réalisation des tests ne saurait être imposée aux enseignant-e-s mais se ferait sur la base du volontariat.

Et mardi 2 mars, sur France inter, le ministre a annoncé le recrutement de 1700 médiateurs et médiatrices (recruté-e-s entre autres parmi les étudiant-e-s en médecine, pharmacie ou biologie) pour aider à réaliser ces tests. Ce nombre est absolument insuffisant, pour les 45000 écoles publiques, cela correspond à 1 personnel pour 26 écoles. En conséquence, soit les tests ne seront pas réalisés à de nombreux endroits et les personnels et les élèves seront mis en danger face à une circulation accrue du virus et de ses variants, soit les enseignant-e-s se retrouveront dans l’obligation de les faire passer.

SUD éducation dénonce la manipulation ministérielle par rapport au nombre de tests pouvant être réalisés ainsi que l’utilisation de personnels enseignant pour les réaliser. Les enseignant-e-s ne sont ni des infirmier-e-s, ni des personnels de laboratoire et ne seraient se substituer à elles et eux.

SUD éducation revendique une véritable médecine scolaire avec l’embauche de personnels qualifiés et compétents en nombre suffisant pour garantir la protection des personnels et des élèves.

SUD éducation revendique un plan d’urgence dans l’éducation avec la titularisation et l’embauche de personnels afin de pouvoir réduire les effectifs.

Nous dénonçons vigoureusement cette éventualité où les personnels des écoles seraient donc encore livrés à eux-mêmes pour prévenir la pandémie dans les écoles. Les enseignant-es ne sont ni des infirmier-es, ni des personnels de laboratoire.

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