24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 12:39

M. le ministre, 

Dans un nombre significatif de départements, l’administration a choisi en vue de la rentrée prochaine de profiler les postes d’enseignant-e-s en CP, CE1, et grande section dédoublés.

Quelques semaines à peine avant l’ouverture des procédures de mutations, nombre de professeur-e-s des écoles ont appris brutalement qu’il leur faudrait, pour rester sur leur poste, justifier dans le cadre d’un avoir un entretien avec leur hiérarchie de leurs compétences à exercer des missions qu’ils et elles assument déjà et d’envisager une mutation s’ils n’étaient pas retenus.

Les professeur-e-s des écoles sont des personnels qualifiés, concepteurs et conceptrices de leur enseignement, habitué-es à travailler entre pairs dans leur école. En leur demandant encore une fois de faire leurs preuves, l’administration nie leur polyvalence et leur professionnalité.

Monsieur le ministre, la confiance envers les équipes pédagogiques, enseignant-e-s dont les et directeurs et directrices d’école doit s’appliquer à leur capacité à choisir les organisations et à mettre en œuvre les enseignements dans le respect cadre du décret de 1989 sur la direction d’école.

Les organisations… réaffirment leur attachement aux règles du mouvement qui garantissent l’égalité de traitement des enseignant-e-s. Elles exigent l’abandon du profilage massif des postes dans les départements où les DSDEN envisagent de le pratiquer, et la garantie que les règles du mouvement basées sur un barème transparent seront respectées.

Nous soutenons nos organisations qui prendront les initiatives nécessaires pour s’opposer localement à ces profilages et veilleront à faire appliquer les règles égalitaires d'un mouvement transparent.

Veuillez croire, M. le ministre, en notre attachement au service public d’éducation, 

Guislaine DAVID
Co-secrétaire générale du SNUipp-FSU

Stéphane Crochet
Secrétaire générale du SE-UNSA

Frédéric Volle,
Secrétaire général du SNUDI-FO

Catherine Nave-Bekhti
Secrétaire général du SGEN-CFDT

Patrick Désiré,
Secrétaire général de la CGT éduc'action

Nara Cladera,
co-secrétaire fédérale de SUD éducation

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 12:38

Communiqué SUD éducation - SUD rural

Dans les écoles et établissements, le nombre de personnels non-titulaires en contrat CDD (ou plus rarement CDI) se multiplie. Parmi eux-elles, les assistant-e-s d’éducation et les accompagnant-e-s des élèves en situation de handicap qui doivent faire face à des conditions salariales scandaleuses : payé-e-s au SMIC, à temps partiel imposé, elles et ils vivent souvent en dessous du seuil de pauvreté.

Sans formation, ou alors largement insuffisante, ces personnels ont des conditions de travail difficiles, aggravées par la crise sanitaire et, pour ce qui est des personnels AESH, par les restructurations organisationnelles induites par la mise en place des PIAL.

Depuis la rentrée cependant, la colère souffle de plus en plus fort. Les Assistant-e-s d’éducation ont mené plusieurs journées de grève pour revendiquer un meilleur salaire et un statut et s’apprêtent à mener une nouvelle semaine de grève et de mobilisations à compter du lundi 22 mars. Un appel national à une grève des Accompagnant-e-s des élèves en situation de handicap est lancé pour le 8 avril.

Nos organisations syndicales sont parties prenantes de ces mobilisations et appellent les personnels à se mettre massivement en grève. Des préavis de grève ont été déposés par nos organisations syndicales.

La précarité n’a pas sa place dans les établissements scolaires ni nulle part ailleurs !

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 12:38

Début janvier, alors que déjà la faible quantité de sérum livré faisait douter du démarrage de la campagne de vaccination, Blanquer promettait dans les médias une vaccination des personnels d’éducation “en mars au plus tard, peut-être avant”.

Interrogé le 21 mars, il annonce désormais que les vaccinations auront lieu “vers avril, mai, juin, dans des moments où il y aura plus de vaccins disponibles”.

Depuis plusieurs mois, SUD éducation souligne que la vaccination des personnels au contact des élèves doit être une priorité après la vaccination des soignant-e-s. Chaque mois écoulé, la possibilité d’une vaccination pour les personnels reculent. Pourtant, ce service public continue de fonctionner sur tout le territoire sans discontinuer, y compris dans les départements confinés.

Lors d’une réunion ce 22 mars avec les organisations syndicales, la ministre de la Fonction publique a répondu à l’Union syndicale Solidaires que des mesures de protection importantes seraient prises au sujet de la restauration des personnels, à l’exception de l’Éducation nationale. La ministre s’en remet à un protocole sanitaire de restauration qui à ce jour ne produit aucun effet, ni n’est doté d’aucun moyen (comme par exemple des purificateurs d’air).

Le gouvernement et le ministre Blanquer traitent les personnels d’éducation comme la variable d’ajustement de l’épidémie. Ils mettent en jeu de manière irresponsable la santé et la sécurité des personnels enseignants, de vie scolaire, des AESH.

SUD éducation revendique que les personnels soient la cible prioritaire d’une campagne de vaccination dès après les personnels soignants, et que tous les moyens de protection qui permettent de maintenir les écoles et établissements ouverts soient réellement mis en œuvre.

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 15:25

Ce n’est que le 12 mars que le décret permettant le versement de la prime d’attractivité a été publié.

SUD éducation fait le point sur le montant de cette revalorisation selon votre ancienneté ici.

Ce texte prévoit l’octroi d’une “prime d’attractivité” aux personnels en début de carrière, versée mensuellement à compter du mois de mai. Pour SUD éducation, cette prime n’est qu’un palliatif à la nécessaire augmentation du salaire de tous les personnels. Son montant net mensuel n’excédera ainsi par 150 euros pour les enseignant-e-s néotitulaires, et décroît très fortement rapidement.

 

Pire, le décret écarte du versement de la prime les personnels les moins bien rémunérés de l’Éducation nationale, comme les AED, les AESH (très majoritairement des femmes), et les filières administratives, techniques et de santé. Enfin, au sein même des personnels enseignants, le mode de calcul de la prime diffère selon si les personnels sont titulaires ou non. Le ministère a pour l’occasion inventé des quasi-échelons, systématiquement inférieurs à ceux des professeur-e-s des écoles et des certifié-e-s en termes de rémunération, et qui pourtant prévoient un montant plus faible de la prime. C’est une rupture d’égalité flagrante entre personnels, qui montre la volonté du ministère de créer peu à peu un sous-statut pour les enseignant-e-s contractuel-le-s, moins rémunéré et moins protecteur.

SUD éducation, avec l’Union syndicale Solidaires, dénonce le gel du point d’indice, et revendique une augmentation des salaires inversement proportionnelle. Cela signifie que si l’ensemble des personnels doivent voir leur rémunération augmenter, l’augmentation doit être plus forte pour les indices plus bas que pour les indices élevés.

SUD éducation, syndicat de transformation sociale luttant pour une redistribution des richesses plus juste, porte la revendication d’une telle augmentation aurait le mérite de tendre vers l’égalité salariale.

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 15:25

Au cours des derniers jours, dans le cadre de "l'affaire de Sciences Po Grenoble", le nom de Samuel Paty a été fréquemment invoqué par l'un des protagonistes de l'affaire invité dans plusieurs médias, ainsi que par de nombreux éditorialistes. Ce faisant, le nom de Samuel Paty se retrouve honteusement associé à une affaire à laquelle il est étranger, et instrumentalisé à des fins politiques réactionnaires. Ces basses instrumentalisations interpellent tous les personnels, de la maternelle au supérieur, personnel enseignant ou administratif.

 

Les enquêtes en cours à l'IEP de Grenoble devront faire la lumière sur les faits et les responsabilités, et il n'est pas du rôle de notre fédération d'intervenir dans ce cadre. Toutefois, l'écho national que rencontre cette affaire n'est rendu possible que par les campagnes de dénigrement de la recherche en sciences sociales auxquelles se livrent les ministres Blanquer et Vidal depuis plusieurs mois. Il et elle portent une responsabilité dans cette affaire, en participant à la confusion des registres entre le débat d'opinion d'une part, et le débat scientifique et fondé sur une méthode d'autre part. En construisant l'épouvantail de "l'islamo-gauchisme", il et elle portent une responsabilité morale dans les campagnes haineuses à l'encontre de chercheur-e-s et d'étudiant-e-s. Il et elle rendent également possible la radicalisation d'organisations d'extrêmes droites qui, aujourd'hui, dans l'affaire de Grenoble comme dans l'affaire nationale des "600", jettent en pâture les noms d'enseignant-e-s, de chercheur-e-s et de membres du personnel administratif. SUD éducation apporte son soutien et sa solidarité à ceux et celles qui sont aujourd'hui l'objet de ces campagnes haineuses.

Les attaques ministérielles contre les sciences sociales, et l'instrumentalisation du nom de Samuel Paty par des éditorialistes, nous concernent tous et toutes. En électrisant le débat public, en s'attaquant au SHS, et en détruisant le service public de l'éducation, les ministres Blanquer et Vidal trahissent, chaque jour un peu plus, la volonté de construire un savoir émancipateur dans un service public d'éducation laïque.

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 15:25

Aujourd’hui, la presse indique que le ministre Blanquer prévoit que les tests salivaires seront payants pour les personnels et les élèves majeur-e-s. Un reste à charge d’un euro leur sera en effet appliqué pour chaque test.

Le ministre Blanquer, qui n’est pas capable d’assurer le respect du protocole dans les établissements scolaires et les écoles, et qui est également incapable de mettre en œuvre massivement les tests salivaires, rend encore plus difficile l’acceptation des tests de dépistage pour les personnels et les élèves concerné-e-s.

L’administration, responsable de la santé et de la sécurité des personnels, doit prendre à sa charge les coûts des tests réalisés dans le cadre professionnel, au lieu de demander aux agent-e-s de participer aux campagnes de dépistage à leurs frais.

Pour SUD éducation, la question ne souffre aucune discussion : les tests salivaires pratiqués dans les écoles et établissements doivent être entièrement gratuits, tant pour les élèves que les personnels, et être délivrés sans aucune condition d’affiliation au régime de sécurité sociale notamment pour les élèves sans-papiers.

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 15:24

 

Paris, le 18 mars 2021

M. le Président du Conseil scientifique,

Mmes et MM les membres du Conseil scientifique,

 

Objet : contexte épidémique et garanties pour les personnels éducatifs.

 

Monsieur le Président du Conseil scientifique,

Dans votre dernier avis daté du 11 mars 2021, vous écriviez ceci :

Compte tenu de la situation épidémiologique dans et autour de l’école et de l’impact très négatif de la déscolarisation sur l’apprentissage, et même peut-être irrattrapable pour les enfants issus de familles défavorisées ou en situation précaire, la fermeture d’écoles apparaît comme une mesure sanitaire extrême de dernier recours, dès lors que des protocoles sanitaires efficaces existent.

SUD éducation souscrit pleinement à ce souhait d’une fermeture la plus tardive et limitée possible des écoles et des établissements au regard des conséquences sociales qu’elle emporterait, et communique clairement en ce sens depuis près d’une année.

Cependant, votre avis relève qu’il faut en effet un protocole sanitaire efficace. Or les mesures prises par le ministre de l’Éducation nationale sont pour le moins inadaptées et insuffisantes, et conduisent déjà des établissements et des écoles de plus en plus nombreux à fermer en raison de la recrudescence de cas qui y sont détectés.

Alors que les personnels ont dû se mobiliser par la grève pour imposer les dédoublements en lycée, le ministre Blanquer se refuse encore à mettre en œuvre les moyens nécessaires pour assurer la continuité de l’enseignement en collège, notamment en prévoyant les dédoublements lorsque la situation le requiert comme dans les départements de la couronne parisienne les plus touchés par la propagation de l’épidémie.

Les campagnes de tests salivaires ciblés qui peuvent permettre de circonscrire les fermetures de classes, d’écoles et d’établissement ne sont pas mises en œuvre. Nous avons également appris aujourd’hui de source médiatique que les tests salivaires seront partiellement à la charge des assurés sociaux majeurs, élèves majeur-e-s ou personnels. Une telle disposition nous semble de nature à vouer par avance à l’échec toute tentative de faire adhérer massivement la communauté éducative à la pratiques des dépistages.

Les expérimentations concernant les purificateurs d’air qui semblent donner des résultats positifs dans la région Aura ne sont pas prises en compte par le ministère.

Enfin, la littérature scientifique récente pointe un risque de contamination particulièrement accru pour les personnels au contact des élèves puisqu’il semble doubler1. De telles informations sont inquiétantes au regard du refus du ministre de l’Éducation nationale et du gouvernement de considérer une vaccination rapide et massive des personnels d’éducation après celle des personnels soignants.

Nous souhaitons donc que dans ses prochains avis, le Conseil se penche notamment sur ces questions :

  1.  comment sont évalués les risques de contamination des personnels éducatifs (plus de 800 000 d’enseignant-e-s, des dizaines de milliers d’AED et plus de 110 000 AESH) ?

  2. Pour quelles raisons, considérant le risque accru de contamination les personnels d’éducation et de vie scolaire ne sont-ils pas considérés comme prioritaires ?

  3. Le protocole sanitaire mis en œuvre est-il suffisamment efficace pour garantir la poursuite de l’ouverture des écoles et des établissements même en cas de nouvelle dégradation de la situation sanitaire ?

  4. Quelle politique de test et de dépistage doit être menée dans les établissements scolaires ?

Veuillez croire, M. le Président, en notre profond attachement au service public d’éducation.

Brendan CHABANNES, co-secrétaire
de la fédération SUD éducation

1Jonas Vlachos, Edvin Hertegård, Helena B. Svaleryd, The effects of school closures on SARS-CoV-2 among parents and teachers, Proceedings of the National Academy of Sciences 2021/03, 118 (9). DOI : 10.1073/pnas.2020834118

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 15:23

Ce CSE s’ouvre dans une grande incertitude quant à l’évolution de la crise sanitaire et des mesures qui seront prises. La situation sanitaire a considérablement fragilisé des générations d’élèves et d’étudiant-e-s pour qui le lien scolaire s’est largement distendu.

Nous faisons le constat d’une administration dépassée, aveuglée par sa volonté de faire passer à tout prix ses réformes et incapable de voir la situation dramatique dans laquelle se trouvent aujourd’hui les jeunes. Cet abandon de la jeunesse et l’aggravation de l’échec scolaire auront des conséquences durables pour l’ensemble de notre société dans les années à venir. Les personnels et les élèves retiendront de cette crise sanitaire les insuffisances de l’Éducation nationale qui n’est même pas capable de produire une information sur l’évolution des conditions sanitaires à destination des personnels.

SUD éducation est particulièrement inquiète du cap pris par le ministère de l’Éducation nationale. Alors que le ministre Blanquer fait des centaines de millions d’euros d’économie, les conditions de travail des personnels ne cessent de se dégrader : entre 2007 et 2018, 36 186 postes ont été supprimés dans le second degré, soit près d’un poste sur 10. Pourtant, les collèges et lycées accueillaient 244 089 élèves de plus. Les suppressions de postes, l’augmentation du nombre d’élèves par classe, en particulier en éducation prioritaire, l’application catastrophique de la réforme du bac et des lycées, la pénurie de remplaçant-e-s dans le 1er degré, sont autant de sujets alarmants pour les personnels. Le ministère persévère néanmoins dans sa politique éducative et salariale désastreuse.

Le projet de loi Rilhac et la réforme de la formation des enseignant-e-s en sont des exemples saillants. Le ministère construit une école de la sélection et du tri social, dans laquelle les personnels se sentent méprisé-e-s. Les personnels et leurs organisations syndicales portent des revendications qui permettraient de mettre en œuvre un service public d’éducation à la hauteur des enjeux de la période et de notre société.

SUD éducation revendique :

  • le retrait de la proposition de loi Rilhac ;

  • des créations de poste massives pour baisser significativement le nombre d’élèves par classe,

  • l’abandon de la politique de casse de l’école public au profit du privé sous contrat comme en témoignent les postes ouverts aux concours du 1er degré : 100 postes de moins dans le public et 100 postes de plus dans le privé,

  • le recrutement massif de personnels médico-sociaux et l’amélioration de leurs conditions salariales pour rendre le métier attractif,

  • un vrai statut pour les AESH et l’abandon des politiques de mutualisation qui viennent dégrader l’inclusion scolaire.

  • la titularisation de tous les personnels contractuels pour lutter contre la précarité grandissante,

  • l’abandon des réformes des lycées et du bac.

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 15:23

Le décret 2021-275 du 12 mars 2021 et l’arrêté du 12 mars 2021 portent l’indemnité forfaitaire versée aux CPE à 1 450 euros. Cela se traduit par une augmentation mensuelle de 120 euros bruts, ce qui demeure bien insuffisant.

Cette annonce est également inquiétante, car elle est corrélée à la désindexation de cette prime du point d’indice : c’est un signe de plus que le ministère de l’Éducation nationale vise à détruire le cadrage national des rémunérations des CPE.

Pour SUD éducation, ces avancées sont bien faibles et n’assurent toujours pas l’équité entre les personnels enseignants. Mais elles montrent que la mobilisation des personnels paie, notamment suite au succès de la grève du 26 janvier dernier au cours de laquelle 40% de la profession était en grève pour revendiquer des augmentations de salaire.

Pour SUD éducation, les ISAE/ISOE et la prime d’indemnité des CPE doivent être hissées au même niveau, et les CPE doivent bénéficier également du versement de la prime d’équipement. Plus largement, SUD éducation revendique une augmentation générale des salaires et l’intégration de toutes les primes au salaire.

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 17:21

Face aux propos et échanges par mails, et suite aux différentes réactions autour du groupe de travail de l’atelier « Racisme, islamophobie, antisémitisme » prévu pour la Semaine pour l’Égalité de Sciences-Po Grenoble, nous tenons à affirmer notre soutien plein et entier à une collègue enseignante-chercheuse de Science-Po Grenoble attaquée personnellement dans l’exercice de sa liberté académique.

En effet, non seulement sa légitimité et les travaux scientifiques qu’elle mobilisait pour l’organisation de l’atelier ont été déniés au nom d’opinions personnelles par deux enseignants, mais elle s’est retrouvée empêchée, suite aux pressions exercées par ces deux enseignants, d’organiser cet atelier comme initialement prévu. La violence morale et symbolique subie par notre collègue et l’absence de protection par la direction sont inacceptables.

Nous voulons ici réaffirmer l’indépendance des recherches de l’ensemble des universitaires comme une nécessité absolue. Le débat contradictoire doit se faire dans le respect de l’autre et dans la sérénité. Les échanges d’arguments et la méthode scientifique doivent toujours être le socle nécessaire à tout échange permettant ainsi les controverses scientifiques, nécessaires au progrès des connaissances dans tous les domaines. Nous apportons à ce sujet notre soutien à la direction du laboratoire PACTE, et affirmons notre accord complet avec leur communiqué.

Par ailleurs, nous souhaitons ici réaffirmer que le racisme et l’islamophobie n’ont pas leur place, ni dans les établissements d’enseignement supérieur, ni dans la société, et qu’il est donc nécessaire de les étudier pour les déconstruire. Censurer ou laisser censurer de tels champs de recherche n’est pas acceptable.

Enfin, nous apportons notre soutien aux étudiant·e·s et aux syndicats étudiants. Un enseignant de Sciences Po a tenté d’exclure de ses cours les étudiant·e·s syndiqué·e·s à l’Union Syndicale. Il s’agit purement et simplement de discrimination syndicale. La liberté syndicale, pour les personnels comme pour les étudiant·e·s, n’est pas négociable.

Depuis des collages nominatifs sur les façades de Sciences Po le 4 mars, l’emballement médiatique présente les deux collègues comme des victimes. Si nous ne cautionnons pas les collages nominatifs, nous souhaitons réaffirmer que la mise en danger de l’ensemble des collègues ayant pris part à cette affaire résulte non pas d’affiches localisées, mais bien essentiellement du recours irraisonné aux médias : ce sont bien certains de ces médias, et ceux qui les ont prévenus et qui y ont témoigné, qui ont aussi fait le choix d’afficher publiquement les noms des personnes impliquées.
Nous demandons à la direction de Sciences Po Grenoble de condamner publiquement ces propos et faits et de prendre les mesures qui s’imposent pour que le débat académique puisse se tenir dans un cadre serein et respectueux.

CGT Université de Grenoble, CNT Jeunes 38, RER-A, Solidaires étudiant-e-s Grenoble, Sud éducation Grenoble, Union des Étudiant·es de Grenoble, UNEF Grenoble, Union Syndicale Sciences Po Grenoble

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