9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 14:59

Il est parfois difficile d’obtenir certaines statistiques dans l’Education Nationale.
Un récent rapport du Sénat dévoile l’évolution des démissions sur les 4 dernières années.

Force est de constater que le taux de démission triple pour les enseignant-e-s du premier degré et double pour le second degré entre 2012 et 2016, que cela soit pour les stagiaires ou pour les titulaires.

Pour SUD éducation, cette évolution n’est que le symptôme d’une dégradation des conditions de travail sans précédent dans l’Education Nationale, pour tous les personnels et de l’imposition des contre-réformes successives.

Il est urgent de se mobiliser pour contrer ces régressions et exiger de nouveaux droits.

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 10:58

C'est maintenant !

Nous vous mettons ici la circulaire et la notice d'explication. N'oubliez pas de nous envoyer votre fiche de suivi!

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 10:54

Les lycées de l’éducation prioritaire en lutte

Une lutte en voie d’élargissement

L’appel des lycées en lutte contre la disparition des dispositifs de l’Éducation prioritaire en 2017

Lancée en mai par plusieurs lycées généraux, technologiques et professionnels, la mobilisation regroupe désormais des dizaines d’établissements qui ont signé l’appel « Touche pas à ma ZEP » dans les académies d’Aix­ Marseille, Amiens, Créteil, Grenoble, Montpellier, Nancy­ Metz, Orléans­-Tours, Toulouse et Versailles. La mobilisation continue de s’amplifier, avec des taux de grévistes de plus de 80% dans certains établissements, et un appel à la grève nationale le 17 novembre.

De Sarcelles à Marseille en passant par Drancy ou Dreux :

TOUTES ET TOUS EN GREVE JEUDI 17 NOVEMBRE !
POUR UNE CARTE ELARGIE ET UN VERITABLE STATUT DES LYCEES relevant de l’EDUCATION PRIORITAIRE

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 10:49

Un casier scolaire patronal, une standardisation des pratiques, une surcharge de travail

À la suite des changements de programmes pour l’école primaire et le collège et dans le cadre d’une pseudo réforme de « l’évaluation » pour les élèves, le ministère a décidé d’imposer, en remplacement du Livret Personnel de Compétences, un Livret Scolaire Universel Numérique (LSUN) pour les cycles 2, 3 et 4. Sa mise en œuvre doit se faire dès l’année scolaire 2016/2017.

Simplification des outils d’évaluation ?

Ce LSUN est censé répondre, d’après le ministère, à la nécessité de simplifier les outils de suivi des élèves en les uniformisant sur l’ensemble du territoire pour les rendre plus lisibles et accessibles aux familles, qui pourraient ainsi enfin comprendre ce que font leurs enfants à l’école et ce sur quoi ils sont évalués.

Il regroupe deux éléments distincts qui sont néanmoins indissociables : le Livret Personnel de Compétences (les bulletins de fin de cycle) et les bulletins scolaires périodiques (trimestriels ou bi trimestriels). Le LPC regroupe un peu plus d’une quarantaine d’items regroupés en 7 ou 8 domaines. Les bulletins scolaires périodiques regroupent les différentes compétences et « sous-compétences » travaillées correspondant aux différents domaines répertoriés dans les programmes officiels. Compte tenu de la complexité du LSUN et du nombre d’items à évaluer qu’il contient, pour la lisibilité et la simplification pour les familles, on repassera.

Uniformisation et formatage des pratiques

Ce nombre très important d’items renvoie à une vision morcelée des apprentissages qui ne permet pas d’aider les élèves à progresser et n’aide pas à donner du sens aux apprentissages. Ce LSUN n’est pas un outil de bilan qui ferait état des progrès et évolutions des élèves mais une « attestation » de mise en conformité des enseignant-e-s avec les programmes et injonctions institutionnelles. Des artifices pour faire accroire en cochant des cases que l’école remplit bien sa mission.

La suite de l'article ici :

http://www.sudeducation.org/Contre-le-livret-scolaire.html

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 19:39

Les enseignant(e)s sont des fainéant(e)s, c’est bien connu. En tous cas, c’est ce que les grands médias nous assènent depuis des décennies. Mais comment et quand le temps de travail des enseignants a-t-il été défini ?

La réponse à cette question est difficile à trouver : le décret de loi date du 25 mai 1950 ! A cette époque, la loi encadrait le temps travail dans la société française en le soumettant à un maximum de 45 heures par semaines. Il fut décidé que :

Pour faire classe, les institutrices et les instituteurs avaient nécessairement besoin d’un temps de préparation des séquences, ainsi que d’un temps consacré aux corrections des travaux de leurs élèves. On jugea que quarante minutes pouvaient être attribuées à ces tâches pour chaque heure de classe, et le temps de classe fut par conséquent fixé à 27h, pour un temps hors la classe égal à 18h, et une durée totale de travail égale à 45h. Depuis 2008, le temps de classe a été réduit à 24h, auxquelles il faut ajouter 3h hebdomadaires d'obligations diverses (activités pédagogiques complémentaires, animations pédagogiques obligatoires, conseils d'école, etc...), précisées par une circulaire en 2013.

Dans le secondaire, les professeur(e)s certifié(e)s (travaillant alors en collège ou avec des classes de seconde) étaient soumis aux mêmes contraintes, préparations et corrections étant encore plus conséquentes, au vu du niveau d’enseignement. On jugea qu’une heure et demie pouvait être attribuée à ces tâches pour chaque heure de classe, et le temps de classe fut par conséquent fixé à 18h, pour un temps hors la classe égal à 27h, et une durée totale de travail égale à 45h.

La même logique s’appliquait aux professeur(e)s agrégé(e)s (travaillant alors avec des classes de première ou terminale). On jugea que deux heures pouvaient être attribuées à ces tâches pour chaque heure de classe et le temps de classe fut fixé à 15h pour un temps hors la classe égal à 30h, et une durée totale de travail toujours égale à 45h.

La même logique encore s’appliquait aux enseignant(e)s du supérieur, avec un temps de classe encore plus réduit, compte-tenu du temps encore augmenté à consacrer aux préparations et aux corrections.

Ces dispositions sont encore en vigueur 66 ans plus tard, à l’heure où le temps de travail en France est pourtant encadré par la loi et défini à 35 heures hebdomadaires ! L’outil numérique a certes permis une évolution des pratiques, mais toutes les enquêtes montrent clairement que la surcharge de travail, due à de multiples paramètres, s’est généralisée chez les enseignant(e)s, qui consacrent en moyenne un peu plus de 44 heures par semaine à leur emploi ! Soit quasiment les 45 heures initiales !

Sous couvert de politiques d’austérité menées par les gouvernements néo-libéraux successifs, justifiées par des « crises » régulières qui permettent de ne pas les remettre en question, c’est bien, une fois encore, la fonction publique qui est ainsi dégradée, et l’éducation des enfants remisée au second plan.

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 20:39

Aux hommes certifiés, le jury de CAPES reconnaissant ... ou le sexisme ordinaire dans l’éducation nationale

Le rapport 2016 du CAPES de Lettres, signé par le président du jury M. Laudet, offre un nouvel exemple de sexisme ordinaire et de dépréciation de toutes celles qui exercent le métier d’enseignante.

Que lit-on en effet à la deuxième page de ce rapport ? Pour se féliciter de la progression des candidats et des admis hommes au CAPES de Lettres, le président du jury croit bon d’écrire :« La proportion des garçons au CAPES de lettres s’améliore significativement, ce qui est un symptôme d’attractivité nouvelle pour le métier de professeur de Lettres. Enseigner les lettres n’est pas une spécificité féminine et nos élèves ont besoin de l’expérimenter au quotidien. Ils y gagneront incontestablement, les garçons entre autres, et la présence accrue d’hommes pour enseigner les Lettres contribuera à affiner l’image parfois dégradée qu’ils ont de la discipline. Pour qui est légitimement soucieux de parité, c’est là une tendance vraiment encourageante. »

Ces quelques lignes sont particulièrement insultantes pour les enseignantes du secondaire, et symptomatiques de la dévalorisation et de la culpabilisation que le système patriarcal fait peser sur les femmes.

C’est un fait : le métier d’enseignant-e est largement féminisé (65% de femmes parmi les professeur-e-s du secondaire). C’est un fait aussi : notre métier est aujourd’hui dévalorisé, moins attractif. Mais quel tour de passe-passe misogyne de rendre les femmes responsables de cette dévalorisation ! C’est parce que le métier est aujourd’hui dévalorisé qu’il est féminisé, et non pas l’inverse ! C’est en effet une constante du système de domination patriarcal : aux hommes les fonctions de prestige, de pouvoir, aux femmes les fonctions subalternes et moins reconnues. Si notre métier est dévalorisé, c’est que la place de l’école, du savoir et de l’enseignant-e est méprisée. Donc plutôt que de prendre l’effet pour la cause et d’imputer à tort la dévalorisation du métier à sa féminisation les membres du jury du CAPES devraient plutôt se soucier des conditions d’exercice de plus en plus difficiles de notre métier, qui sont la véritable cause de son attractivité en berne !

L'article dans son ensemble ici: http://www.sudeducation.org/Sexisme-dans-l-education-nationale.html

 

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 20:38

Le ministère a amendé son projet et en a retiré l’obligation de fournir une auto-évaluation que nous avions dénoncée comme pathogène et immanquablement hypocrite. Mais l’essentiel du projet initial reste et nos raisons de nous y opposer demeurent.

SUD éducation se bat pour la suppression du système actuel d’évaluation, basé sur l’inspection-notation, mais nous combattons aussi celui que projette le ministère pour le remplacer, basé sur l’entretien professionnel.

L’inspection-sanction est maintenue :

  • les quatre « rendez-vous de carrière » commenceront tous par une inspection en classe, suivie d’un entretien avec l’inspecteur/trice ;
  • l’évaluation pourra déboucher sur une accélération de carrière… ou pas. Seuls 30% des enseignant-e-s pourraient bénéficier de cette accélération, 70% restant sur le carreau. La date de l’accès à la hors classe et l’accès ou non à la classe exceptionnelle dépendront ainsi de ces évaluations.

Les compétences évaluées relèveront en partie de dimensions comportementales. La hiérarchie pourra ainsi entre autre s’assurer de la bonne application des réformes.

Dans le second degré, des compétences pédagogiques seront évaluées par le/la chef-fe d’établissement, qui produira en dix lignes une évaluation du niveau des enseignant-e-s.

SUD éducation réaffirme son opposition à ce projet et revendique une évaluation purement formative et coopérative, complètement déconnectée des rémunérations et de l’évolution des carrières, qui doit être la même pour tou-te-s. Imposons la réduction du temps de service des enseignant-e-s devant élèves pour permettre la concertation des équipes et les échanges pédagogiques entre collègues !

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 20:36

Mesdames, Messieurs

Cette année scolaire a débuté dans un climat politique délétère de surenchère sécuritaire et sectaire qui assimile une partie de la population au terrorisme sous couvert de prétendus débats sur la laïcité. Nous condamnons une fois de plus sans détour les attentats, leurs instigateur/trices et celles et ceux qui les revendiquent.

Nous sommes particulièrement inquiet-es du traitement actuel de ces questions par celles et ceux qui nous gouvernent ou aspirent à le faire. Il participe au développement des comportements xénophobes et racistes dans la population, tout cela favorisé par certains traitements médiatiques indignes où dominent amalgames, approximations et sensationnalisme.

Nous devons combattre toutes les ségrégations, toute stigmatisation des personnes cataloguées « musulmanes » et la façon dont sont aujourd’hui traitées les migrant-e-s, à qui on refuse les droits les plus élémentaires y compris pour les enfants, celui à la scolarisation obligatoire avec des refus d’inscription d’enfants roms par les maires de certaines communes et ce en toute impunité.

L’empathie que nous avons pour les victimes des attentats, où qu’elles soient, et notre opposition résolue au développement des idéologies mortifères ne nous empêchent pas de mettre en cause les politiques mises en œuvre à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de la France.

Et de fait, à la rentrée, l’essentiel de la communication ministérielle a été orientée sur les questions sécuritaires, avec des mesures que nous jugeons inefficaces, anxiogènes, parfois dangereuses pour les libertés publiques.

Avec en prime, des décisions qui révèlent le cynisme sans limite de ce gouvernement puisqu’il a décidé de prendre 30 millions du fond destiné aux personnes en situation de handicap dans les universités pour financer les mesures sécuritaires.

Ces mesures aggravent la charge de travail des personnels quand elles ne débordent pas totalement le cadre de leurs missions, les personnels de l’éducation nationale n’ayant pas vocation à devenir des agent-es de sécurité.

L’embrigadement de l’école, des enseignant-e-s, de l’ensemble des personnels dans cette logique sécuritaire va encore fragiliser l’école publique en rendant son rôle de plus en plus confus.

Nous ne voulons pas enseigner la peur, nous ne voulons pas devenir les vigiles anti-terroristes d’une école bunkérisée.

Ces mesures qui s’inscrivent dans la même logique que l’état d’urgence permanent passent à la trappe les réels problèmes de l’école et le mécontentement des personnels.

Ces mesures permettent d’occulter des conditions de rentrée que nous ne trouvons pas meilleures que les années précédentes : précarité et inégalités, dégradation des conditions de travail pour toutes et tous, non création de postes RASED malgré nos demandes répétées, réforme du collège...

Les élèves et les personnels commencent à subir cette réforme imposée contre l’avis des personnels qui en accroissant l’autonomie des établissements aggravent les inégalités entre les collèges.

La mise en place des nouveaux programmes n’est guère plus satisfaisante. Les formations se font attendre, les moyens sont absents, et une fois de plus cette réforme permet d’imposer aux enseignant-es des modalités de fonctionnement autoritaires, pyramidales et chronophages qui ne profiteront ni au progrès des élèves ni aux conditions de travail et de concertation des personnels.

La réforme des rythmes scolaires dont nous continuons de revendiquer l’abrogation est toujours remise en cause par les enseignant-es mais également par les animateur/trice-s du périscolaire.

La preuve est faite que ces rythmes détériorent les conditions de travail des personnels et ne sont en rien favorables aux apprentissages des élèves qu’ils ne permettent pas d’améliorer, alors que c’est cet objectif principal qu’ils avaient la prétention de poursuivre.

Elle augmente dans le périscolaire les taux d’encadrement pour les enfants au détriment de leur sécurité et de conditions d’exercice des personnels d’animation.

Enfin, dans quelques semaines, la réforme annoncée de l’évaluation des enseignant-e-s, prochain coup de butoir dans l’atteinte à la liberté pédagogique et à l’autonomie des enseignant-es promet une soumission à la hiérarchie encore accrue et une rémunération au mérite qui favorisera la concurrence entre les personnels et individualisera encore davantage les parcours.

En cela cette réforme s’inscrit dans la droite ligne de la loi travail promulguée à grands coups de 49-3… et de matraques : dans la logique de toujours plus d’arbitraire patronal, de destruction des droits et garanties collectives, de précarité et de chômage, d’inégalités.


 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 17:43

RIS

SUD éducation vous propose plusieurs réunions d'informations syndicales dans le département. Elles ont toutes lieu de 16h30 à 19h30.

Vous avez droit d'assister à 3 réunions par année scolaire.

Ces heures d'informations syndicales sont un droit, elles sont déductibles des 108 heures annuelles (animations pédagogiques, en présentiel ou à distance, conseils des maîtres, de cycles...) que doivent les professeur-es des écoles.

Pour y assister, envoyez à votre supérieur-e hiérarchique un courrier l'informant de votre participation à cette réunion. Vous trouverez un modèle de courrier ci-dessous.

 

L'Aigle : mardi 8 novembre, école Victor Hugo

Argentan : mardi 8 novembre, école Prévert

Flers : mardi 8 novembre, école Sévigné Paul Bert

Mortagne : mardi 15 novembre, école de Nocé

Alençon : mardi 8 novembre, école Émile Dupont

 

 

Nom Prénom                                                                                  Le (date)

Fonction

Adresse école

Téléphone école                                                          à IEN………..……

s/c Directeur/Directrice de l’école………...

Objet : réunion d'information syndicale


 

Conformément au Décret 82-447 du 28 mai 1982, j'ai l'honneur de vous informer que je participerai à une réunion d'information syndicale à (lieu) le (date de la RIS) à (heure début) h à l'invitation de SUD éducation. En conséquence, je défalquerai 3h des heures de service que je dois effectuer hors de la présence des élèves sur (animation pédagogique, conseil des maîtres...) du …………….

Signature

 

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 13:33

Déroulé du master et droit à la poursuite d’études Un accord historique ?

Le mois dernier, nous avions eu droit au tour de passe-passe consistant à faire disparaître 30 millions d’Euros des caisses du FIPHFP (Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique) pour les faire réapparaître sous la forme de vigiles à l’entrée des universités.

Ce mois-ci, c’est un numéro de grande illusion que nous jouent la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche et le secrétaire d’état chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche : « Déroulé du master et droit à la poursuite d’études : un accord historique ! ».

Pour obtenir un accord historique : la recette !

Il suffit de regarder rapidement la liste des signataires de l’accord pour s’apercevoir que, contrairement à ce qu’affirme la ministre, toutes les organisations représentatives n’apparaissent pas. La Fédération des syndicats SUD Education n’a jamais été reçue par le ministère sur cette question. Notre position sur la sélection à l’université, affichée en mai dernier , nous a-t-elle écartés d’emblée des discussions ?

Auquel cas, il aurait été plus honnête de préciser dans les détails de la méthode de négociation que seules les organisations représentatives et susceptibles d’être d’accord avec le projet sont invitées. Si la ministre trouve cette méthode efficace, nous avons beaucoup de mal à partager son enthousiasme quant à l’avenir et au choix de la voie de ce qui peut fonctionner.

La grande illusion !

Cet accord en vue de la réforme du cursus conduisant au diplôme national de master est un numéro de grande illusion.

Pour rappel : Suite à la réforme LMD, la loi Fioraso prévoyait de modifier l’accès en 2ème cycle (master). Mais le décret n’est jamais paru.

Dans le flou juridique, certaines universités sélectionnaient à l’entrée du master (M1), d’autres lors du passage en 2ème année de master (M2). Des étudiant-e-s, non sélectionné-e-s en M1 ou M2, ont déposé des recours et le Conseil d’État leur a donné raison. La Conférence des Président-e-s d’Université (CPU) qui prône sans cesse l’excellence, s’est émue de ce jugement. Elle souhaitait « la mise en place d’une orientation renforcée et d’une possibilité de sélection dès l’entrée dans le cycle master ».

Au printemps dernier, pour couvrir juridiquement les établissements et ainsi « sécuriser » la rentrée 2016, le ministère a arrêté par décret une liste de 1300 mentions de master sur 3040 (soit 42% du total des masters) qui peuvent sélectionner entre le M1 et le M2.

Au Conseil National de l’Enseignement Supérieur Et de la Recherche (CNESER) du 18 avril 2016 (consultatif), ce projet de décret a recueilli 19 voix pour, 27 contre et 29 abstentions. Il est en vigueur depuis la rentrée 2016.

Cette solution, conçue pour être temporaire, voit, aujourd’hui, au travers de l’accord « historique » sur le déroulé du master poindre une solution plus définitive mais toute aussi néfaste. Remède de charlatan, cet accord n’a donc pour objectif que de légitimer la sélection à l’Université pour offrir une couverture juridique aux établissements qui la pratiquaient jusqu’alors en toute illégalité.

Hormis le fait que l’accord reconnaît, en toute logique, que le diplôme national de master est un bloc de 4 semestres et qu’il est inadmissible qu’il y ait une sélection en milieu de cycle, nous ne voyons aucune avancée significative en termes de démocratisation de l’accès à l’Enseignement Supérieur. Pire, nous pensons qu’un tel projet ne peut que conduire à l’aggravation d’une situation déjà fortement dégradée et à l’amplification des inégalités sociales dans la droite ligne du constat fait par le CNESCO sur l’école dans son rapport scientifique de septembre 2016.

Une sélection qui ne dit pas son nom

Le « processus de recrutement » à l’entrée du master n’est rien d’autre que la possibilité donnée aux universités de sélectionner « leurs » étudiant-e-s. Répondant aux vœux élitistes de la CPU, les établissements pourront ainsi, sous prétexte de capacités d’accueil limitées, créer des voies royales pour les un-e-s et des voies de garage pour les autres, des masters « d’excellence » pour les un-e-s et des masters « poubelle » pour les autres.

Sud Education s’est clairement prononcé contre toute sélection y compris en Master. Rappelons simplement cette notion élémentaire que l’obtention d’un diplôme atteste de la capacité des étudiant-e-s à poursuivre des études. Le Master est donc une suite logique de la Licence

Si les capacités d’accueil de certaines formations de Master ne sont pas suffisantes, c’est au service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche de se donner les moyens d’assurer ses missions et d’assumer son ambition « de porter à 60% d’une classe d’âge contre 42% aujourd’hui la proportion de diplômés de l’enseignement supérieur d’ici 2025 (50% en Licence et 25% en Master), et de porter à 20 000 par an le nombre de doctorats délivrés ». Or en 2015, les universités reçoivent 195 000 étudiants de plus qu’en 2009 et dans le même temps, 7150 emplois titulaires ont été supprimés.

A contrario de cette sélection inique qui ne veut en rien améliorer l’enseignement mais seulement distinguer ceux-celles qui possèdent ce capital d’être « bien né-e-s », la solution passe par :

  • la réaffirmation de la mission de l’université : la création et la diffusion des connaissances ainsi que leur critique, la recherche et l’enseignement par la recherche, l’ouverture à tous et toutes sans sélection, y compris aux personnes en reprise d’étude, dans un service public et gratuit ;

  • la recherche des causes du problème en passant par l’évaluation les conséquences des réformes du système éducatif de la maternelle à l’université sur les dernières décennies.

Le droit à la poursuite des études pour faire passer la pilule !

Le projet prévoit de créer un « droit à la poursuite des études » . Lorsqu’un-e étudiant-e (titulaire du diplôme national de licence) n’aura reçu aucune proposition d’admission en réponse à ses candidatures à l’inscription dans un master, il ou elle pourra faire valoir son droit à la poursuite d’études. Ce droit peut être immédiat (l’année universitaire suivant celle où il a validé sa licence) ou différé (il conviendra cependant d’articuler ce droit différé avec la durée de la VAE).

L’application de ce droit sera à la charge du recteur de la région académique concernée (là où l’étudiant-e a validé sa licence) selon des modalités précisées dans un texte réglementaire (décret).

Le ou la recteur/trice devra lui faire trois propositions après échange avec les établissements d’enseignement supérieur accrédités en vue de la délivrance du diplôme national de master (universités et grandes écoles) de la région et éventuellement en accord avec les recteurs/trices des autres régions académiques.

Cette liste de propositions devra tenir compte de l’offre de formation existante, des capacités d’accueil, du projet professionnel de l’étudiant, de l’établissement où l’étudiant-e a obtenu sa licence et des pré-requis des formations.

Ce droit n’est assorti d’aucune réelle garantie quant au fait que les propositions faites soient effectivement en lien avec le cursus de licence et le projet personnel de l’étudiant-e. Il ne prévoit pas non plus de dispositif d’accompagnement clair en cas de mobilité géographique autre qu’une bourse/prime d’installation.

Sans un minimum de garantie ce droit n’est qu’un pis-aller pouvant conduire les étudiant-e-s titulaires d’un diplôme national de Licence à renoncer à poursuivre dans l’une des trois propositions faites par le recteur d’académie si celles-ci sont totalement farfelues ou si elles demandent un investissement financier insoutenable.

  • SUD Education se félicite donc de ne pas apparaître parmi les signataires de cet « accord historique » mais regrette de n’avoir pas pu exprimer, auprès du ministère, son point de vue sur la question en temps utile.

  • Depuis des années, l’université s’écarte de ces missions premières pour s’inscrire dans une logique d’adaptation aux nécessités économiques. Les politiques appellent cela : excellence !

  • Au même titre que nous dénonçons l’excellence scientifique dans sa forme actuelle, nous dénonçons l’excellence des formations dans sa logique concurrentielle et pathogène pour les étudiant-e-s et les enseignant-e-s.

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