19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 18:22

Depuis maintenant deux ans, le ministère de l'Éducation Nationale fait avancer sa "réforme" de la formation des enseignant-es et des CPE. Les organisations syndicales signataires ne peuvent que constater la grande confusion dans la gestion de ce dossier. Les réunions n'ont pas été de réelles concertations. Elles se soldent par une réforme incohérente et finalement inachevée : les projets d'arrêtés précisant les contenus des concours ne sont pas encore publiés ; les modalités concrètes de l'organisation de l'alternance en master MEEF et celle de l'année de stage se font toujours attendre ; le tout nouveau projet de PPPE (parcours préparatoire au professorat des écoles), dernier avatar d'une juxtaposition de dispositifs, contribue à déstabiliser un peu plus le schéma de formation initiale dans notre pays.

Force est de constater que l'ensemble des transformations prévues sont loin de garantir les améliorations qu'elles prétendent porter, tant sur le plan des finalités éducatives que sur celui des conditions d'étude. L'attractivité recherchée pour les métiers de l'éducation et de la formation n'est absolument pas garantie par cette réforme. Au contraire : la logique comptable semble manifestement l'emporter sur tout projet de revalorisation de la formation et du métier. Cette réforme ne porte pas un projet ambitieux pour la formation des enseignant-es et pour une école de qualité. Elle ne permettra pas à tous les enseignants de construire l'ensemble des savoirs nécessaires à la démocratisation du système scolaire.

Dans une situation de crise sanitaire qui aggrave encore les difficultés pour mener à bien le travail collectif que mérite la conception des parcours de formation des enseignant.es et des CPE, nous affirmons que maintenir le calendrier initial (novembre 2020) pour la finalisation des maquettes MEEF et la remontée des dossiers d'accréditation de certains INSPÉ constitue un passage en force inacceptable qui témoignerait à la fois d'une rupture incompréhensible avec les usages universitaires et d'un mépris pour les collègues. Ceuxci, alors qu'ils et elles ont été tenu-es à l'écart de l'élaboration des maquettes, seraient en effet chargé-es ensuite de les mettre en oeuvre dans une urgence déraisonnable et sans aucune garantie sur les moyens effectivement mis à disposition.

Nous réitérons solennellement notre demande de report de la mise en oeuvre de la réforme. Le respect des formateurs et formatrices des INSPÉ ainsi que la reconnaissance de leur expertise doivent prévaloir pour l'amélioration de la formation. Cette réforme ne pourra se faire aux dépends de leurs conditions de travail.

Nous demandons à nouveau l'ouverture de véritables négociations sur la formation des enseignant-es et des CPE.

Signataires : SNESUP-FSU, SNUIPP-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SNPI-FSU, SNES-FSU, SGEN-CFDT SUD ÉDUCATION, FERC CGT

 

Fédération SUD éducation

Commission exécutive

01 58 39 30 12

fede@sudeducation.org

31 rue de la Grange aux Belles 

75010 Paris

www.sudeducation.org 

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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 18:20

Le gouvernement continue son passage en force, comme si de rien n'était malgré la très grande opposition de la communauté de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche au projet de loi LPR.
Opposition une nouvelle fois exprimée dans la rue le 13 octobre, partout en France, malgré la situation sanitaire. A peine renouvelé, le Sénat est appelé à se prononcer sur la LPR, après un débat de courte durée censé démarrer le 28 octobre.

La crise sanitaire exige des moyens immédiats dans l’enseignement supérieur et la recherche

Nous exigeons toujours l’abandon du projet de LPR

Nous ne lâcherons rien de nos revendications de postes statutaires et de moyens récurrents.

Nous devons afficher notre détermination à construire un grand service public de l'enseignement supérieur et de la recherche, au service de toutes et tous, avec des moyens humains, financiers et matériels garantis et pérennes, au sein duquel la précarité n’est plus de mise.

Nous appelons les collègues et étudiant.e.s à se réunir massivement en assemblées générales et à participer au Rassemblement le 28 octobre à 14h Place Pierre-Dux devant le Sénat pour exiger l’abandon du projet de loi LPR et les moyens nécessaires pour cette rentrée 2020

 

Signataires : SNTRS-CGT, CGT FERC SUP, CGT-INRAE, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, FO-ESR, SUD RECHERCHE EPST-SOLIDAIRES, SUD EDUCATION, SOLIDAIRES ETUDIANT-E-S, UNEF, L’ALTERNATIVE, UNEF, ANCMSP, FACS ET LABOS EN LUTTE, CJC.

 

Fédération SUD éducation

Commission exécutive

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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 20:26

À la suite de l’assassinat ignoble de notre collègue, l’heure est avant tout au recueillement.SUD éducation a appelé les personnels à participer aux rassemblements en hommage à notre collègue, notamment à toutes les initiatives prévues le dimanche 18 octobre. L’heure est au recueillement, au deuil et à la solidarité avec les proches, la famille, les élèves et collègues de Samuel Paty.

Les dérapages islamophobes, qui se sont multipliés à la faveur du débat autour de la loi dite sur les “séparatismes”, ont depuis hier encore crû en intensité. Des personnalités médiatiques, des responsables politiques, des parlementaires, se croient autorisé-e-s à déverser leur haine. SUD éducation condamne toutes les généralisations, stigmatisations et récupérations réactionnaires de ce drame, d’où qu’elles viennent.

Les personnels savent que l’éducation, le partage du savoir et l’esprit critique sont des remparts contre l’obscurantisme et le fanatisme et constituent la cible des tenant-e-s d’idéologies meurtrières et rétrogrades.

Le ministre Blanquer a déclaré à la presse se préparer à imposer un “cadrage strict” aux enseignant-e-s amené-e-s à évoquer cet attentat avec les élèves à la rentrée. Cette annonce est inquiétante, quand on sait que dans la perspective du déconfinement, le ministère de l’Éducation nationale a produit des fiches éduscol stigmatisant ouvertement les élèves de confession musulmane. Ces fiches ont été retirées précipitamment suite à l’intervention d’organisations syndicales dont SUD éducation. Rappelons que le ministre n’a eu de cesse de stigmatiser et caricaturer les musulman-e-s..

Les professionnel-le-s de l’éducation n’ont pas besoin que le ministre leur explique leur métier de pédagogue. Ils et elles ont besoin d’être protégé-e-s par leur employeur quand ils et elles sont victimes de menaces. Ils et elles ont également besoin que les infirmier-ère-s, assistante-s sociales-aux, médecins, psychologues soient suffisamment nombreuses et nombreux dans les établissements pour prendre en charge tou-te-s les élèves qui en ont besoin.

A ce sens, les rassemblements prévus appartiennent à celles et ceux qui font le service public, pas à celles et ceux qui le détruisent : la présence du ministre au rassemblement parisien résonne à ce titre comme une récupération indigne. Les personnels ne s’y trompent pas.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:55

En ce début d’année, dans de nombreuses circonscriptions et écoles, beaucoup d’ enseignant-e-s se voient imposer une formation dite « en constellations » générée par le Plan national de formation Français. Désigné-e-s par les IEN, les enseignant-e-s « constellé-e-s » sont ainsi contraint-e-s de participer à une formation sur une thématique imposée. Cette formation et ses modalités, déjà dénoncées l’an passé avec la mise en place du Plan mathématiques, devrait concerner l’ensemble des enseignant-es qui, au cours des 6 prochaines années, seraient contraint-es de suivre ces deux dispositifs.

 

Lors d’un groupe de travail au ministère le 2 octobre dernier sur la formation continue, les représentant-e-s du ministre ont indiqué que ces formations devaient "recueillir l’adhésion des enseignants désignés et que les problématiques de travail devaient être élaborés par les personnels eux-mêmes ". A ce jour, nous faisons le constat que les dispositifs de formation en « constellations » imposés se développent malgré tout dans les départements.

 

La formation continue concerne l’ensemble des programmes et doit être fondée avant tout sur les besoins exprimés par la profession. C'est ce que prévoit le schéma directeur de formation ministériel. Pour nos organisations, la formation « en constellations » ne doit pas déroger aux ORS des PE, ni donner lieu à des visites de classes non souhaitées.

 

Face au rejet grandissant suscité par le dispositif de formation « en constellations », nos organisations syndicales demandent au ministre qu’une consigne claire soit adressée aux services académiques confirmant la liberté de choix tant pour la participation que les problématiques traitées.

 

Paris, le 15 octobre 2020

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:54

Le 5 octobre2020, le Directeur de Cabinet de la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche a adressé un courrier aux organisations syndicales représentatives de l’Enseignement supérieur et la recherche, accompagné du projet d’«Accord relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières».

SUD éducation et SUD Recherche EPST ne signeront pas ce protocole d’accord.

Ce protocole est indécent dans sa démarche. Il s’est agi, par son entremise, de gagner quelques maigres soutiens au projet de Loi de programmation de la recherche (LPR). Or ce projet de loi est largement rejeté par les agent-e-s du service public d’enseignement supérieur et de recherche parce qu’il marque une nouvelle étape dans la précarisation, la mise en concurrence et la re-féodalisation généralisées de l’université et de la recherche publique. Ce protocole est indécent, ensuite, parce qu’il vise à s’attirer les faveurs des titulaires par le biais d’augmentations des primes et des promotions au moment même où la LPR condamne les nouvelles générations de personnel de la recherche et de l’enseignement supérieur à une précarité massive.

Ce protocole est même critiquable dans sa manière d’envisager les quelques améliorations de rémunération ou de carrière qu’il annonce (pour plus de détail voir l’exposé des motifs de notre refus en PJ).

Jamais nous n’accepterons de sacrifier l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur public ainsi que de l’ensemble de son personnel pour quelques avantages restreints destinés à quelques un-e-s. Nous le proposer au travers d’un tel protocole d’accord, c’est faire affront à notre intégrité! L’expérience du Ségur de la santé devrait pourtant nous alerter: après l’attribution largement médiatisée de quelques primes, le gouvernent continue de supprimer des lits et de casser le service public de santé (4Md€ d’économies sont prévues dans le projet de loi de finance de la sécurité sociale de 2021). Nous refusons de cautionner ces manœuvres de destruction des services publics,d’autant plus que dans le même temps pleuvent les cadeaux au privé et aux plus riches (plus de 54Md€ aux entreprises via la diminution des prélèvements obligatoires entre 2018 et 2021, près de 13Md€ en cadeau aux plus riches via la suppression de l’ISF sur la même période). Imposons un autre partage des richesses, imposons un autre avenir.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:54
Ce communiqué a été publié le 15/10/2020

Monsieur le Ministre,

Un mois après la rentrée, nous avons la confirmation que, d’un point de vue pédagogique, cette rentrée n’était pas normale et que le confinement a laissé des traces.

L’ensemble des enseignantes et des enseignants s’est investi sans compter pendant le confinement et après pour maintenir un lien pédagogique avec les élèves, mais l’école à distance ne peut remplacer l’école en présentiel. Les inégalités se sont donc creusées. Des notions voire des pans entiers des programmes ne sont pas acquis par toute et tous les élèves ce qui, en fonction de la construction des savoirs selon les disciplines, produit des effets plus ou moins importants mais doit de toute façon être pris en considération.

Les moyens mis en oeuvre pour pallier les difficultés sont insuffisants, dans certains établissements, aucun dispositif n’a encore pu être mis en oeuvre ! Cela entraîne des inquiétudes, notamment sur les conséquences prévisibles pour les futures évaluations, en particulier les épreuves d’examen.

Il y a urgence à prendre des mesures permettant de ramener de la sérénité dans les apprentissages. Aujourd’hui, les élèves comme les enseignantes et les enseignants subissent quotidiennement les effets conjugués de programmes, inadaptés à un contexte post confinement et d’évaluations trop précoces.
Nous réitérons notre demande d'une réflexion sur l'aménagement des programmes, en concertation avec les organisations représentatives des personnels.
En terme de calendrier, nous demandons qu'un calendrier transitoire et exceptionnel des examens, tenant compte du poids de la crise sanitaire soit mis en place : la première session des EC, en première, doit être supprimée et les épreuves de spécialités, en terminale, prévues en mars, doivent être reportées en fin d’année.

Cette année est, à bien des égards, exceptionnelle. Il ne doit pas y avoir de génération perdue. Cela implique de prendre les décisions nécessaires pour prendre la mesure des effets de la crise sanitaire en matière pédagogique.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en notre profond attachement au service public d'éducation.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:53

Avec un protocole sanitaire allégé et surtout aucun moyen pour le faire respecter, nous savons depuis la rentrée que nous courons à la catastrophe. Aujourd’hui le gouvernement adopte un discours culpabilisateur et Macron vient d'annoncer ce mardi 14 octobre de nouvelles restrictions. Pour SUD éducation l’heure est à la prise de mesures fortes pour protéger l’ensemble des salarié-e-s et les usagers et usagères des services publics.

Pas de moyens supplémentaires

Alors que l’Éducation nationale a été durement impactée par l’épidémie avec une longue fermeture des établissements scolaires, rien n’a pourtant été organisé pour permettre une rentrée garantissant l’accueil des élèves comme la sécurité des personnels.
Pour SUD éducation, répéter l’expérience des fermetures d’établissements n’est pas souhaitable. C’est pour ça que le gouvernement devrait tout faire pour l’éviter. Force est de constater que nous en sommes loin : aucun recrutement significatif, pas de plan de constructions ou de réquisitions de locaux, pas de dédoublements, pas d’investissements, pas de dotation en masques gratuits pour les élèves et le rationnement en masques pour les personnels.

La gestion de l’épidémie par le déni

Au contraire, l’Éducation nationale pratique la politique de l’autruche. Alors que ce qui était bon en juin dernier n’est plus valable en septembre, plus le nombre de cas augmente et moins ils sont comptabilisés. Presque aucun cas contact sur nos lieux de travail, pas de test systématique des élèves lorsqu’il y a des cas dans une classe, mesures d’isolement au compte goutte : à force de vouloir cacher l’épidémie pour valider les décisions politiques désastreuses on la nourrit. Les établissements ne fermant pas en cas de personnels positifs dans le premier degré, même dans le cas où toute l’équipe est atteinte, se sont des enseignant-e-s remplaçant-e-s qui se déplacent d’écoles en écoles, parfois par demi-journée avec le risque accru d’attraper le virus. De plus, au lieu de prendre leurs responsabilités, de nombreux-ses DASEN et IEN culpabilisent les équipes en les accusant de négligence pendant leur pause repas. Par ailleurs l’administration n’anticipe aucunement d’éventuelles fermetures d’établissements à des échelles plus larges : rien sur l’attribution de matériel aux familles, et aux élèves et aux enseignant-e-s, rien sur le cadrage réglementaire de l’enseignement à distance, rien sur l’organisation à prévoir des enseignements et l’accueil des publics fragiles par exemple. Comme début mars, le ministère répète en boucle “on est prêts”, alors qu’il n’a rien communiqué sur le sujet depuis une circulaire laconique de début juillet. Ce n’est pas acceptable : les personnels doivent avoir des éléments d’anticipation pour débattre, entre eux, des meilleures manière d’assurer la continuité des apprentissage dans le respect de leurs statuts et de leurs conditions de travail.

Il faut un plan d’urgence

Plutôt que de tout renvoyer à la responsabilité individuelle, il faut des mesures fortes. SUD éducation propose depuis juin dernier un plan d’urgence pour l’éducation. Du retard a été pris mais il n’est pas trop tard ! SUD éducation propose 34 mesures à appliquer immédiatement ! Nous appelons les personnels à s’organiser dans les établissements pour faire imposer les mesures sanitaires essentielles et à continuer de faire remonter toutes les difficultés rencontrées localement.
SUD éducation appelle les personnels à se mobiliser par tous les moyens pour faire appliquer ces 34 mesures.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:51

Paris, le 14 octobre 2020

 

Monsieur le ministre de

l’Éducation nationale, de la jeunesse

et des sports

110 rue de Grenelle

75007 Paris

Objet : dangerosité des masques fournis aux personnels par l’Éducation nationale

Monsieur le ministre, 

Un article publié dans la revue Reporterre révèle que les masques produits par l’entreprise Dim et distribués à la rentrée de septembre sont faits de tissus traités à la zéolithe d’argent et de cuivre. L’article cite un certain nombre d’études scientifiques montrant les effets néfastes de l’exposition à l’argent ionique pour la santé des personnels et pour l’environnement. 

Cette enquête suscite un émoi légitime dans la profession, alors que les masques distribués par l’Éducation nationale avaient été déjà pointés du doigt par plusieurs Agences régionales de santé comme étant insuffisamment protecteurs. 

Il est urgent que le ministère communique aux personnels des informations à ce sujet, et il est inacceptable que vous vous en défaussiez, comme cela a été le cas suite à une question posée à l’Assemblée nationale mardi 13 octobre. 

En l’occurrence, SUD éducation vous demande instamment : 

  • de communiquer une information claire garantissant aux personnels un choix éclairé ;

  • de transmettre les conclusions d’études scientifiques sur une exposition prolongée à l’argent ionique ;

  • de mettre en oeuvre dès à présent des solutions alternatives aux masques Dim.

SUD éducation se réserve la possibilité de lancer instamment des procédures d’alerte face à la dangerosité de ces masques.

Par ailleurs SUD éducation revendique la gratuité des masques en nombre suffisants pour les personnels et les élèves.

Veuillez croire, M. le ministre, en notre attachement au service public d’éducation,

Jules Siran, co-secrétaire fédéral SUD éducation

 

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:46
 
La crise sanitaire que nous traversons engendre une crise économique et sociale dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences. L’Ecole n’échappe pas à cela et les élèves, les professionnels sont aussi touchés de plein fouet. Face aux incertitudes qui sont devant nous, nous affirmons qu’il faut investir dans l’Education. Dans ce contexte, l’augmentation programmée du budget de l’Education nationale ne suffira pas. Notre Ecole a besoin d’un nouvel élan pour renouer avec la

démocratisation et lutter contre l’accroissement des inégalités. Notre Ecole a pour cela besoin d’être mieux soutenue pour permettre à tous et toutes d’acquérir les connaissances et qualifications qui assureront l’avenir de notre société. Et notre Ecole a besoin à très court terme de mesures pour répondre efficacement à la crise sanitaire.

Nous, représentantes et représentants des personnels de l'Éducation nationale, des parents d'élèves et des élèves, posons le constat qu'aucun enseignement n'a été tiré de la première phase de la crise sanitaire que nous avons vécue au printemps dernier. Les mesures nécessaires n’ont pas été prises pour répondre à la dégradation rapide de la situation sanitaire dans une École déjà fortement secouée par des réformes nombreuses et profondes et fragilisée par un sousinvestissement matériel comme en personnels chronique. Les dispositions sont allégées à l’école, à l'heure même où des mesures plus contraignantes sont prises dans l’ensemble de la société il est nécessaire que ce soit accompagné de mesures protectrices.

En effet, notre volonté commune est bien d’alerter pour que l’Ecole garde ses portes ouvertes et éviter, autant que possible, ce que personne ne souhaite : un nouveau confinement général avec à la clé une continuité pédagogique qui creuse les inégalités et ne peut remplacer le présentiel dans la durée, pour les apprentissages des élèves comme pour leur bien-être. Nous n’oublions pas que le confinement général passé a impacté fortement les élèves, dans leur scolarité comme dans leur
vie sociale et plus encore les familles les plus fragiles et précaires.

Nos organisations, actrices de la démocratie scolaire, demandent un véritable plan d'urgence pour l'École avec des mesures immédiates pour assurer la sécurité sanitaire de tous et permettre les apprentissages à l’Ecole. La nécessité d’organiser un environnement quotidien plus sûr, en terme sanitaire et qualitatif pour les élèves et les enseignants est un impératif pour notre pays et nécessite des moyens financiers et humains.

L’aménagement des établissements, des écoles et des services, la mise à disposition de lieux tiers comme leurs équipements, sont des impératifs et doivent pouvoir se coordonner dans les instances locales de l’éducation nationale sur la base d’une ligne budgétaire initiée nationalement. Cet aménagement doit favoriser la distanciation physique. Cela peut passer par l’installation de structures provisoires dans les établissements, ou l’éventuelle utilisation de lieux tiers dans le strict respect des principes de neutralité.

L’usage du masque, indispensable, pour assurer la protection de tous dans les espaces clos, a un impact sur la relation pédagogique entre élèves et enseignants et renforce le besoin de travailler avec des groupes réduits. La mise à disposition gratuite de masques pour les élèves, jetables comme lavables, est un élément fondamental d’une stratégie sanitaire réussie. Nous savons toutes et tous que changer de masque plusieurs fois dans une journée est un impératif, aux côtés du lavage des mains et de la désinfection des surfaces. Ces masques ont un coût financier certain et il s’agit bien à l’État de pouvoir garantir, sans stigmatisation, que tous les élèves en aient suffisamment à leur disposition chaque jour.

Nous réitérons notre demande d’une commission de travail expresse concernant les classes à examens. Notre plus grande inquiétude s’attache plus particulièrement au baccalauréat 2021. Dans la voie professionnelle, les enseignements ont été fortement amputés, impliquant des difficultés accrues de poursuite d'études et d'insertion pour les jeunes. De façon globale, il s'agit de redonner du temps et de la liberté pédagogique qui permettront à l'ensemble des équipes pédagogiques de
construire collectivement un parcours adapté pour les élèves.
Enfin, nous défendons que la priorité est à la réduction des effectifs par le recrutement important d’enseignants et de personnels éducatifs, ce que le PLF 2021 ne permettra pas, en particulier dans le second degré.

Les prochains mois seront très difficiles sur les plans sanitaire, social, économique et inévitablement scolaire. Au-delà des impératifs de court terme, nous devons construire collectivement enfin des dispositifs de gestion de crise durable, anticiper différents scenarii. L’aménagement des espaces, des enseignements, l’accueil et l’accompagnement de tous les élèves s’inscrivent dans la durée. Nous, actrices et acteurs de l’Ecole, représentantes et représentants des enseignants, parents et
élèves, réaffirmons l’exigence d’une organisation repensée et concertée de l'École et demandons à être reçus collectivement dans les plus brefs délais.

Alors que le plan de relance du gouvernement ne prévoit pas l’investissement dans notre système éducatif, nous alertons solennellement sur la crise chronique que subit l’École. Cette crise sanitaire a jeté une lumière crue sur les inégalités scolaires qui pénalisent nos élèves issus des milieux sociaux les plus défavorisés. Alors que toutes les enquêtes montrent que la mixité sociale à l’école est un puissant levier de réussite scolaire, notre ministère est inactif sur ce sujet. Pourtant, il est urgent d’agir contre les inégalités à l’œuvre dans notre société.

La République a le devoir de ne laisser aucun enfant, adolescent ou jeune sur le bord du chemin. Démocratiser l’Ecole exige, plus que des discours, des actes forts.

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 13:01

Périodes de formation en milieu professionnel : des propositions irréalisables

Ce communiqué a été publié le 06/10/2020

La crise sanitaire a déjà très fortement perturbé le parcours des élèves de la voie professionnelle. L’impossibilité de télé enseigner les gestes professionnels habituellement dispensés en atelier a entrainé une déqualification des élèves.  La crise économique et le regain de la propagation du virus posent en cette rentrée de réelles difficultés pour l’organisation des PFMP. Dans ce contexte difficile, le ministère vient de diffuser en catimini une foire aux questions (FAQ) dédiée à l’organisation des PFMP. Les aménagements proposés, prétendant pallier les difficultés induites par le contexte sanitaire et économique dégradé, sont inacceptables.  D’une part ils contreviennent aux textes réglementaires qui régissent l’organisation des PFMP et, d’autre part, la « souplesse » proposée, comme le départ des élèves « au fil de l’eau » ou le brassage de groupe d’élèves dans des classes ou établissements différents, sont des éléments de dérégulation qui mettraient en danger la santé des élèves et des personnels et qui aggraveraient leurs conditions de travail.

Nos organisations SNUEP-FSU, SNEP-FSU, CGT Éduc’action, SNALC, Sud Éducation et SNCL rappellent que la mise en place des PFMP est régie par l’article R 421  du Code de l’Éducation qui précise que la détermination des dates  pour l’année scolaire, relève de la compétence du conseil d’administration donc d’un vote de cette instance. En aucun cas les élèves ne peuvent donc partir au fil de l’eau en fonction des « opportunités ».

De plus, exiger des personnels un travail supplémentaire pour mettre en place « une différentiation pédagogique importante » est irresponsable en cette période très anxiogène où les personnels doivent faire face à de nombreuses difficultés. Enfin nos statuts, rappelés dans la circulaire PFMP de 2016, précisent nos obligations de services pour les périodes : en aucun cas nous ne devons accepter les mesures dérogatoires proposées dans cette FAQ.

En préalable, la mise en place d'une concertation pour la voie pro et les problèmes spécifiques auxquels elle est confrontée est absolument nécessaire afin de construire une réponse adaptée et réaliste pour les élèves et les personnels.

Nos organisations demandent le retrait de ces propositions irréalisables. Elles rappellent leur demande de moyens pour la voie professionnelle qui peuvent se traduire par l'allègement des dispositifs introduits par la transformation de la voie professionnelle (TVP).

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