17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 19:36
Réouverture annoncée des écoles à partir du 11 mai :
SUD éducation réclame toutes les garanties nécessaires

Communiqué de SUD éducation

Lundi 13 avril à 20:00, le président Macron a fait un certain nombre d’annonces concernant la poursuite du confinement, et ses suites qui seraient précisées d’ici fin avril.

Concernant l’éducation, la principale annonce réside dans la réouverture progressive des écoles et établissements scolaires tandis que l’enseignement supérieur resterait fermé jusqu’à la rentrée de septembre. Faire reprendre les élèves et non les étudiant-e-s, cela montre bien que la priorité est de faire prendre en charge les enfants des salarié-e-s, et non une question pédagogique.

La fédération SUD éducation se montrera particulièrement vigilante quant aux modalités de cette reprise afin qu’elle ne comporte aucun risque : aucune autre considération que la santé des élèves et des personnels ne doit entrer en compte et surtout pas l’intérêt des entreprises dont les salarié-e-s seraient bloqué e s à domicile par la garde d’enfants. Dans ces conditions, une éventuelle réouverture des écoles et établissements ne doit se faire qu’à certaines conditions indispensables :
– dépistages systématiques et réguliers des personnels et des élèves (et non uniquement des cas symptomatiques) ;
– un plan de suivi sanitaire rapproché des personnels et des élèves, et à court terme la constitution d’une médecine de prévention en mesure d’assurer une partie de ces missions ;
– mise à disposition du matériel de protection nécessaire pour tous les personnels et les élèves (masques, gels hydro-alcooliques) et désinfection régulière des locaux ;
– octroi de moyens supplémentaires dès la réouverture des classes pour permettre une baisse des effectifs à même de garantir la distanciation sociale dans les salles de classe.
Les personnels seront légitimement en situation de se poser la question de leur sécurité ainsi que de celle des élèves, et le droit de retrait pourra s’imposer comme un mode d’action incontournable. En fonction de l’évolution de la situation sanitaire et de la mise en œuvre sur le terrain de la réouverture des classes, SUD éducation pourra appeler les personnels à utiliser leur droit de retrait et les soutenir dans cette démarche.
Le gouvernement portera la responsabilité des conséquences sanitaires de décisions qui seraient guidées d’abord par des motifs liés à la relance de l’économie au détriment de la santé et de la vie des personnels et des familles/entourage des élèves ainsi que les risques pour l’ensemble de la société.

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:55

Tribune parue dans Médiapart

 

À l’heure du Covid-19, dans les quartiers populaires, « les inégalités sociales et raciales contribuent à tuer les habitants à petit feu ». Conditions de confinement et accès aux soins difficiles, travailleurs en première ligne, criminalisation dans la rue et dans les médias... Face à la gestion « catastrophique voire criminelle » de la crise, un large collectif de citoyens exige que soient prises des mesures d’urgence pour protéger ces populations, « bouc émissaire facile d’un pouvoir aux abois ». Vous trouverez ci-dessous la totalité d’une tribune, parue dans Mediapart le 14 avril.

Dans cet article, vous trouverez une tribune parue dans Mediapart, à retrouver ici.

Depuis plusieurs semaines le monde est frappé par l’épidémie de Covid-19 et particulièrement la France, qui est devenue en l’espace d’un mois l’un des pays les plus frappés par le virus.

Si le virus ne fait pas de distinction entre les êtres humains, peu importe leur origine ou leur classe sociale, ce sont les inégalités sociales créées par les politiques gouvernementales successives et la gestion catastrophique voire criminelle du gouvernement actuel qui vient faire un tri social et racial dans la population.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’ensemble des propos de certains politiques ou éditorialistes, visant à faire passer les gens des quartiers populaires pour des animaux, pour des irresponsables. Le confinement est tout autant respecté dans les quartiers populaires qu’ailleurs.

Depuis le début de cette crise, les personnes issues de l’immigration et des quartiers populaires sont en première ligne face à cette épidémie. Ils sont dans le milieu de la santé, dans les maisons de retraite, les Ephad, les hôpitaux ; ce sont les aides-soignantes, les ASH, les infirmières, etc.

On les retrouve également dans les professions essentielles à la vie de la population : agents de nettoyage, cheminots, traminots, caristes, magasiniers, livreurs, caissières, etc. Ces personnes des quartiers populaires sont également contraintes par la pression du gouvernement et des patrons à travailler dans des entreprises non essentielles à la vie du pays pendant l’épidémie, comme dans le bâtiment, l’automobile ou l’industrie métallurgique, les mettant ainsi en danger.

C’est aussi dans ces quartiers populaires qu’une solidarité active se met en place par des jeunes et des moins jeunes de manière spontanée. Des portages de repas, de gants, de masques, d’explications sur la nécessité du confinement aux échanges de paroles avec les personnes les plus isolées ; la solidarité est totale et souvent de la part des plus démunis.

Nombre de personnes ont eu des proches atteints gravement par le virus, et beaucoup sont morts. Les premiers chiffres en attestent, avec l’augmentation de plus de 40% du taux de mortalité en un mois en Seine-Saint-Denis. Si le virus provient du pangolin, ce n’est pas lui le responsable. Par contre, ce sont bien les inégalités sociales et raciales qui contribuent à tuer ces habitants à petit feu.

Depuis des décennies, les moyens pour la santé sont de plus en plus rares. Les lits en réanimation par habitants sont moins nombreux dans les quartiers populaires et certaines campagnes qu’ailleurs. Concernant les médecins, on compte 54,6 médecins généralistes pour 100 000 habitants dans le 93 contre 71,7 en Ile de France. Les gens meurent car il est devenu de plus en plus difficile pour eux d’avoir accès aux soins. Les inégalités perdurent pendant le confinement.

Il y a celles et ceux qui se promènent dans les beaux quartiers, et les habitants des quartiers qui sont réprimés en bas de chez eux parfois en allant faire leurs courses. Nombre de personnes ne savent ni lire ni écrire, pourtant elles doivent elles aussi fournir une attestation pour aller faire des courses. Presque 10% des contraventions du pays ont été signifiées dans le seul département du 93, c’est dire le niveau de répression.

Comment ne pas vouloir également prendre l’air et respirer, lorsque l’on vit confiné depuis 4 semaines, dans des appartements exigus et souvent insalubres ? C’est d’ailleurs parfois et paradoxalement le confinement dans des logements exigus et sur-occupés du fait du manque de logements sociaux, qui tue.

Voilà la manière dont sont traités les gens issus de l’immigration vivant dans les quartiers populaires, criminalisés dans la rue comme dans les médias, alors qu’ils paient souvent un plus lourd tribut face au Covid-19.

Les inégalités ne s’arrêtent pas là. Transports insuffisants, chômage qui explose, multiplication des licenciements ou des fins de contrats, sans oublier une jeunesse des quartiers qui vit de plein fouet l’inégalité sociale dans l’apprentissage, manquant de moyens et d’aides concrètes.

Nous ne tomberons pas dans cette arnaque de l’unité nationale, qui voudrait que nous laissions mourir les plus faibles sans rien dire, comme si c’était une fatalité.

Nous exigeons d’urgence l’arrêt des entreprises non essentielles dans tout le pays.

Nous exigeons des moyens suffisants pour protéger celles et ceux en première ligne face au virus, dans la santé comme dans la production.

Nous exigeons des tests massifs pour toute la population, ainsi que la réquisition des logements vides et des hôtels, afin de protéger les familles qui en ont besoin.

Nous exigeons des transports permettant à ceux qui travaillent pour la survie de la population, de le faire sans danger, en lien avec les revendications des salariés et syndicats des entreprises concernées.

Nous exigeons que les aides sociales soient rehaussées pour que les précaires puissent vivre plus dignement.

Nous exigeons que soient interdits les licenciements, les ruptures de contrat et que le salaire soit maintenu à 100%.

Nous exigeons que les loyers, les charges notamment énergétiques soient gelées.

Nous exigeons un plan d’envergure pour l’hôpital public.

Nous exigeons la fin des contrôles au faciès qui génèrent des violences policières insupportables.

Nous exigeons la mise à l’abri ainsi que la régularisation de la situation administrative des migrants et des sans papiers.

Les habitants des quartiers populaires ne seront pas une fois de plus le bouc émissaire facile d’un pouvoir aux abois.

Face à un gouvernement au service des grands patrons, ce n’est pas à nous de payer ni leur crise économique, ni leur gestion catastrophique de la crise sanitaire.

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:54

Communiqué de SUD éducation

 

Aujourd’hui, le ministre Blanquer a multiplié les interventions médiatiques pour annoncer une réouverture progressive des écoles et des établissements à compter du 11 mai.

Le ministre montre dans ses interventions que le ministère de l’Éducation nationale n’est pas prêt et ne maîtrise pas la réalité du terrain dans les établissements scolaires.

Blanquer annonce dans tous les médias que la reprise se fera progressivement avec des effectifs réduits si les conditions sanitaires sont réunies. Cependant, le ministre s’exprime avec son flou habituel. Aucune consigne claire, aucune information précise ne permettent de saisir la réalité de la mise en œuvre d’un retour progressif des 12 millions d’élèves dans les écoles et établissements scolaires.

Ce flou, qui risque une nouvelle fois d’entraîner un renvoi au local, est particulièrement anxiogène pour les élèves et leur famille d’une part, pour les personnels de l’Éducation nationale d’autre part, d’autant plus que la communauté scientifique émet des réserves sur la pertinence d’un déconfinement aussi rapide.

Ce que révèle cette annonce, c’est avant tout l’instrumentalisation des élèves, et notamment les plus défavorisé-e-s, par le ministre au service des capitalistes qui veulent imposer la reprise des activités à leur profit. Les conditions de travail à la reprise ne manquent pas d’inquiéter, car le ministre a sous-entendu qu’il serait possible de conjuguer enseignement à distance et en classe au mépris des conditions de travail des personnels.

Une éventuelle réouverture des écoles et établissements ne pourrait se faire qu’à certaines conditions indispensables :

  • dépistages systématiques et réguliers des personnels et des élèves (et non uniquement des cas symptomatiques) ;

  • un plan de suivi sanitaire rapproché des personnels et des élèves, et à court terme la constitution d’une médecine de prévention en mesure d’assurer une partie de ces missions ;

  • mise à disposition du matériel de protection nécessaire pour tous les personnels et les élèves (masques, gels hydro-alcooliques) et désinfection régulière des locaux ;

  • octroi de moyens supplémentaires dès la réouverture des classes pour permettre une baisse des effectifs à même de garantir la distanciation sociale dans les salles de classe.

Pour SUD éducation, le ministre et le gouvernement sont une nouvelle fois en-dessous de la réalité de la situation.
SUD éducation s’opposera à la réouverture des écoles et des établissements tant que la situation sanitaire ne le permettra pas.
SUD éducation veillera au respect des droits des personnels dans la période et à l’égal accès des élèves à l’enseignement.

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:53

Communiqué de presse

 

Depuis le début du confinement, des personnels techniques et ouvriers ont été sommés de rester sur leur lieu de travail pour assurer l’entretien des bâtiments du CROUS où les étudiant-e-s n’ont pas pu ou voulu rejoindre le domicile parental ; comme c’est aussi le cas pour les écoles encore ouvertes accueillant les enfants des personnels soignants.

Ces personnels sont en première ligne face au virus. Ils doivent nettoyer des locaux qui sont potentiellement infectés. Nous rappelons que les articles L4121-1 et L4121-2 du code du travail définissent les obligations de l’employeur quant aux mesures à prendre pour la sécurité et la protection de la santé physique et morale des travailleuses et travailleurs. Les personnels d’entretien doivent avoir à leur disposition des masques, des gants, des gels désinfectants, des serviettes jetables et suffisamment de pauses pour se laver les mains régulièrement. Sans ces conditions, SUD éducation soutiendra toutes celles et ceux qui feraient usages de leur droit de retrait.
SUD éducation rappelle que la hiérarchie a le devoir de communiquer sur la propagation du virus. Dès qu’un cas de contamination est confirmé, l’administration doit avertir l’ensemble des personnels qui ont été en contact avec lui-elle : elle le fait pour certaines catégories de personnels, il est inacceptable que d'autres soient oubliées.
Au delà du climat angoissant et des conditions de travail qui mettent en péril leur santé et leurs vies, ces personnels subissent souvent des pressions hiérarchiques, des ordres contradictoires, des consignes illogiques. Face à des sous-effectifs importants, la hiérarchie se doit d’être cohérente et de prioriser les tâches les plus importantes. Nous demandons des procédures claires et précises qui tiennent compte à la fois du volontariat des personnels et du travail nécessaire inscrit dans le plan de continuité d’activité résultant du CHST ministériel du 26 mars 2020. Nettoyer les lieux collectifs est prioritaire sur le nettoyage des chambres inoccupées des étudiant-e-s, par exemple.
Concernant les personnels confinés, nous nous assurerons que toutes et tous bénéficieront de la totalité de leur indemnité et ne subiront pas de menaces de sanction, ni aucune pression pour revenir sur leur lieu de travail.

Face à l’exposition à la contamination et à une situation particulièrement anxiogène, SUD éducation revendique :

  • toutes les informations et toutes les mesures de protection nécessaires ;

  • le maintien de l’intégralité de tous les traitements et salaires ;

  • la prolongation de tous les CDD d’une période au moins égale au confinement ;

  • une prime conséquente pour les personnels exposés aux risques

Nos vies plutôt que leurs économies !

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:52

Courrier de la fédération SUD éducation

 

Objet : aides sociales à la restauration scolaire

La crise sanitaire que le monde traverse a conduit, le 12 mars dernier, le Président de la République à fermer l’ensemble des établissements scolaires pour protéger les plus vulnérables et freiner la progression du virus. Les élèves demi-pensionnaires ne se voient plus assurer la distribution de leur déjeuner quotidien, quatre ou cinq fois par semaine.
Pour les familles au revenu le plus faible, le repas du midi était le repas essentiel de leur journée, car complet et équilibré. De plus, le coût de ce repas était largement pris en charge soit par les CCAS grâce à des tarifs sociaux dans le premierdegré, jusqu’à la gratuité selon les situations, soit par l’intervention des fonds sociaux en collège et lycée.
Désormais, le coût de ce déjeuner est assumé intégralement par les familles. 
Le risque est réel que les élèves ne soient plus en mesure de consommer au moins un repas correct par jour.
Dans la crise sanitaire que traverse le pays, il semble indispensable que le système de solidarité continue à fonctionner pleinement. 
 Au-delà de la crise sanitaire, cette période de confinement jette une lumière crue sur les inégalités sociales dont souffrent nos élèves, en particulier des quartiers populaires : confort de vie dans les appartements et maisons, accès aux outils numériques, alimentation.
 C’est la raison pour laquelle SUD éducation vous demande solennellement ainsi qu’au gouvernement de donner des instructions claires permettant le versement sans démarches préalables aux familles du montant des prestations sociales qui auraient dû leur être versé en l’absence de confinement. Assurer à toutes et tous l’équilibre alimentaire est une mesure de justice sociale qui s’impose dans une période déjà troublée.
 Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de notre attachement au service public d’éducation pour toutes et tous, laïc, gratuit, émancipateur.

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:51

Laissé à l’abandon de longue date comme tant d’autres services publics, l’hôpital subit de plein fouet la crise sanitaire en cours comme de nombreux établissements médico-sociaux et les EHPAD.
Si nous connaissons les responsables que nous n’oublions pas, nous devons parer à l’urgence. Dans plusieurs villes en France, des sections SUD Santé-Sociaux ont lancé des appels à l’aide pour se procurer dans leurs hôpitaux ou leurs EHPAD des produits de première nécessité pour continuer à soigner : gants, masques , surblouses, blouses, gels hydroalcooliques …

Nous savons que dans les écoles, les collèges, les lycées, les universités nous pouvons trouver une partie de ces produits. En conséquence, SUD éducation mobilise dès maintenant ses militant-e-s pour que les stocks existants dans les établissements et n’étant pas encore collectés malgré les demandes des ARS soient aussitôt transmis là où il y a des besoins urgents.

Qu’ils soient dans les restaurants scolaires et universitaires, les laboratoires, les lycées professionnels, les infirmeries : ces produits sont actuellement inutiles mais peuvent aider à ou contribuer à sauver des vies.

Nous lançons donc un appel aux personnels de l’éducation : sollicitez vos établissements, récupérez tout ce qui peut servir :

  • gants stériles et non stériles de toutes les tailles

  • masques chirurgicaux mais aussi FFP2

  • surblouses à usage unique

  • boston

  • charlottes

  • seringues stériles

  • tubulures

  • solution hydroalcoolique

  • visières

  • Surchaussures

  • Lunettes de protection en plastique

La mise en commun localement de ces ressources grâce à la solidarité des travailleuses et travailleurs des différents secteurs ne pourra pallier éternellement les carences de l’État. Combien de masques et de sur-blouses pourraient être produits et acheminés vers celles et ceux qui en ont besoin si, au lieu de nos machines à coudre, c’était les machines des usines qui étaient mises à notre disposition ?

Nous avons en nous les ressources pour répondre à l’urgence sanitaire comme à l’urgence sociale mais ce n’est pas à nous de payer cette crise. Ce n’est pas de la cagnotte de M. Darmanin dont nous avons besoin, c’est de la réquisition de toutes les entreprises produisant les biens de 1ère nécessité et de la taxation des plus riches !

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:50

Communiqué de presse

 

En pleine crise sanitaire, alors que 40 000 élèves supplémentaires sont attendu-e-s dans le second degré, Jean-Michel Blanquer n’annonce aucune création de postes dans le second degré.

Le ministre ne cesse de clamer dans tous les médias qu’il ne faut laisser aucun élève « au bord du chemin » durant le confinement mais il ne prévoit aucun moyen sur du long terme et se contente d’augmenter le temps de travail des professeur-e-s avec ces « vacances apprenantes ». Aucune projection n’est donc faite sur la reprise et les conséquences du confinement sur les élèves.

Les conditions de travail des personnels vont encore se dégrader mais Blanquer affirme qu’il va « consacrer des ressources à la hausse des rémunérations et à d’autres mesures comme les heures supplémentaires.”

Or les heures supplémentaires, qui ne compensent pas les salaires gelés depuis des années et notoirement trop bas pour beaucoup, ne feront que dégrader les conditions de travail et accroîtront les inégalités salariales, notamment entre les hommes et les femmes. Sur les suppressions de postes prévus en 2019, 2 085 ont déjà été converties en heures supplémentaires. L’augmentation du nombre d’heures supplémentaires imposées, c’est :

  • une dégradation des conditions de travail

  • une augmentation de la charge de travail des personnels ;

  • la réduction du nombre d’adultes dans les établissements par la suppression des postes ;

SUD éducation revendique :
      • des créations de postes à la hauteur des besoins pour un service public de qualité avec une baisse des effectifs par classe, dans le premier comme dans le second degré
      • La prise en compte de la crise sanitaire pour l’octroi de moyens supplémentaires dans le second degré, et pas seulement dans le premier degré

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:48

Communiqué de SUD éducation

 

Le ministère de l’Éducation nationale a présenté devant le Conseil Supérieur de l’Éducation de nouveaux textes d’application de la réforme de la voie professionnelle contre laquelle s’est mobilisée SUD éducation.

On observe déjà les deux effets de cette réforme : d’abord les enseignant-e-s des lycées professionnels ont vu leur charge de travail considérablement augmenter. Ensuite le nombre d’heures de cours pour les élèves a diminué, en particulier dans les enseignements disciplinaires et pour les élèves les plus fragiles, les CAP. Il sera donc de plus en plus difficile pour les élèves de continuer leurs études dans le supérieur après l’obtention du bac pro. 

Les textes présentés par le ministère qui ont reçu un avis défavorable du Conseil Supérieur de l’ Éducation marquent une étape supplémentaire dans la dégradation de l’enseignement professionnel. 

Dévaloriser les diplômes de la voie professionnelle c’est rendre nos élèves plus vulnérables sur le marché du travail

Le ministère vide les diplômes et attestations de leur contenu, c’est la cas pour le CACES (certificat d’aptitude à la conduite en sécurité) par exemple, pour créer dans un même temps une nouvelle épreuve au nom cosmétique et anachronique de « chef d’œuvre ». 

En fait, il n’est pas d’actualité de revaloriser le lycée professionnel, sinon de manière très superficielle. Pour le ministère, l’enjeu est de déqualifier les futur-e-s travailleurs et travailleuses. En effet, le ministère a décidé la suppression du BEP. Le BEP permettait jusqu’alors aux élèves qui n’obtenaient pas le Bac Pro ou qui arrêtaient leurs études avant le Bac Pro de sortir du système scolaire avec un diplôme reconnu dans le monde du travail et rattaché à une grille salariale. Mais c’est également une déqualification de toute la population active qui ne dispose que d’un BEP et qui risque progressivement de voir ce diplôme disparaître des conventions collectives ou de ne plus pouvoir prétendre aux concours des emplois catégorie C qui exigent un diplôme niveau 3 minimum : CAP ou BEP. 

Six nouvelles « Familles des métiers », pour SUD éducation c’est toujours NON

Le ministère poursuit sa réorganisation des formations en « famille des métiers » en ajoutant six nouvelles familles aux quatre créées en septembre 2019 sans prendre en compte les oppositions et les bilans négatifs émis par les organisations syndicales. 
La réorganisation en « famille des métiers » engendre une déspécialisation des formations professionnelles : on remarque que la famille « Alimentation » regroupe un nombre de métiers bien différents et les élèves qui s’engagent dans cette voie ne seront pas certain-e-s d’avoir une place dans la spécialisation qui les intéresse. 
L’instauration des « familles de métiers », avec la seconde professionnelle indéterminée, contraint les élèves à préparer leur bac en 2 ans seulement. Elles risquent également d’accroître le nombre d’élèves qui subissent leur orientation pourtant déjà très élevé (42 % en CAP et 28 % en Bac Pro). 

Il est évident que cette réforme n’a pas pour objectif d’améliorer l’insertion professionnelle des élèves ni de favoriser la poursuite d’études, mais au contraire d’adapter l’enseignement professionnel au bassin économique local et de promouvoir la flexibilité des futur-e-s travailleurs et travailleuses qui pourraient passer d’un métier à l’autre. 

Mais cette réorganisation a surtout permis de mutualiser les moyens d’enseignement en regroupant les sections et de supprimer des postes dans les académies alors même que le nombre d’élèves augmente et que les effectifs dans certaines sections sont pléthoriques . 

Le Livret Scolaire Numérique : une nouvelle surcharge de travail pour les personnels

La réforme de la voie professionnelle a considérablement dégradé les conditions de travail des enseignant-e-s. Entre la mise en place des familles de métiers ou encore la co-intervention et autre chef d’œuvre, le temps de travail des enseignant-e-s a explosé. Et cela va continuer avec la mise en place du Livret Scolaire Numérique dans la délivrance du baccalauréat professionnel. Le ministère transpose un dispositif qui a pourtant déjà montré ses limites dans la voie générale et technologique à la voie professionnelle. 

À partir de septembre 2020, les enseignement-e-s devront se familiariser avec un nouvel outil informatique (encore un !) afin d’entrer les notes des classes de première d’ici juin 2021 afin qu’elles servent à l’obtention du bac en juin 2022. 
Le ministère demande aux enseignant-e-s de faire le double de travail en remplissant dans le Livret Scolaire Numérique des compétences qui pour certaines, sont déjà évaluées au cours de l’année, pour d’autres, nécessitent des installations qui sont absentes des établissements scolaires (en EPS par exemple). 

Ce livret Scolaire Numérique s’apparente plus à un outil de flicage des élèves qu’à une avancée pédagogique et n’est pas sans évoquer le livret ouvrier du XIXe siècle.
 On peut enfin s’interroger sur l’efficacité des outils qui seront mis en place par le ministère. Pour l’instant les outils institutionnels présentent tous des limites certaines : installations informatiques insuffisantes dans les établissements, saturation des serveurs, faible ergonomie, données stockées par des entreprises privées… On peut légitimement s’attendre au pire avec ce nouvel outil. 

SUD éducation appelle les personnels à continuer à se mobiliser collectivement dans les établissements contre l’application de cette réforme de la voie professionnelle et à défendre leurs droits, leur liberté pédagogique et le devenir de leurs élèves .

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:47

Communiqué de presse

 

Dans l’enseignement supérieur, la fédération SUD éducation s’oppose à toutes les évaluations à distance. Ces dernières exacerbent les inégalités sociales et géographiques (notamment en termes de moyens matériels et de connexion à Internet) et donc n’assurent aucune égalité entre les étudiant-e-s. De plus, ces évaluations à distance ouvrent la voie, selon les recommandations ministérielles, à une surveillance par webcam des étudiant-e-s, faisant peser des risques de surveillance généralisée. La fédération SUD éducation soutient toutes les initiatives dans l’enseignement supérieur actant l’impossibilité de tenir les évaluations en raison de l’urgence sanitaire : annulation, neutralisation, validation automatique, etc. Le report des examens ne peut pas être une solution, ne serait-ce qu’en raison de la durée encore indéterminée du risque sanitaire.
Nous appelons les différentes instances compétentes de l’Université, ainsi que nos collègues, à privilégier l’intérêt général plutôt que des contraintes de court terme, en prenant la décision de ne pas organiser d’examens pour ce second semestre ni en présentiel, cela va désormais de soi, ni à distance.

L’obsession évaluative des présidences universitaires
Alors que le ministre de l’Éducation nationale, J-M. Blanquer, a acté l’impossibilité de maintenir les examens terminaux du baccalauréat et que des pays ou provinces, de plus en plus nombreux (Royaume-Uni, Alberta au Canada, Communauté française en Belgique, Suisse) envisagent sérieusement, voire ont déjà acté, que cette année scolaire et/ou universitaire serait considérée comme « blanche », permettant ainsi à l’ensemble des élèves d’accéder au niveau supérieur, certaines présidences des universités françaises imposent à leurs personnels et leurs étudiant-e-s un maintien des examens du deuxième semestre.
En l’état actuel, il apparaît à la fois dangereux sur le plan sanitaire et non souhaitable de soumettre les élèves et leurs familles à de nouvelles épreuves. Outre les nombreuses incertitudes juridiques et logistiques qui pèsent sur l’organisation d’examens à distance, dans un contexte où les étudiant-e-s et les personnels sont soumis à de nombreuses pressions et inquiétudes, voire à des soucis de santé, l’option des examens à distance s’avère être une fausse bonne solution, redoublant des inégalités et injustices déjà bien connues.

Résister aux injonctions administratives absurdes et prendre soin des étudiant-e-s et des collègues
En conséquence, nous nous opposons vivement à l’organisation d’examens à distance, sachant que la faisabilité d’un report des examens sur place paraît peu probable. S’il ne semble pas raisonnable de maintenir la session d’examens du deuxième semestre, les mesures de validation automatique ou de dispense doivent permettre aux étudiant-e-s d’obtenir les ECTS correspondant à leur année d’inscription pour ce semestre.
Localement, nous appelons à la plus grande bienveillance lors des jurys de fin d’année, dont nous rappelons qu’ils sont souverains, pour rattraper des étudiant-e-s dont les résultats du S1 pouvaient laisser augurer un S2 plus favorable.
De plus, nous appelons à cesser les mécanismes de sélection, déjà créateurs de fortes inégalités sociales, qui seraient cette année fondés sur des dossiers scolaires incomplets reflétant des situations sociales parfois dramatiques. Parcoursup devrait être reconfiguré en urgence pour affecter prioritairement les élèves sur leur premier vœu, en ouvrant lorsque cela est nécessaire des capacités d’accueil dans les filières saturées. La sélection en Master devrait également être suspendue. Cet arrêt de la sélection va de pair avec l’exigence des moyens nécessaires pour accompagner les étudiant-e-s, à l’inverse des dynamiques de précarisation de l’enseignement supérieur (et notamment de la future Loi de Programmation Pluriannuelle pour la Recherche).

L’Université n’est pas une machine à délivrer des notes et des diplômes ! Réaffirmons nos objectifs de formation intellectuelle, d’analyse critique, et d’émancipation individuelle et collective.

 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:46
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