9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 13:03

Concours internes : SUD éducation revendique l’admission des admissibles, et la titularisation des précaires

Communiqué de SUD éducation 5/6/2020

Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé par voie de presse le mardi 2 juin une mesure qui va encore porter un coup aux personnels précaires qui travaillent sous contrat dans l’Éducation nationale : l’annulation des épreuves orales des concours internes. Les candidat-e-s admissibles seront déclaré-e-s admis-e-s dans la limite des places d’admission disponibles. Ce sont ainsi 4000 admissibles qui se voient recaler du concours sans avoir pu passer l’épreuve orale qu’ils et elles préparaient, et perdent ainsi la possibilité d’être admis-es.

Pourtant ces candidat-e-s sont des personnels qui exercent dans les écoles et établissements scolaires. Pour eux et elles, ce concours représente une voie pour sortir de la précarité induite par leurs contrats. Ils et elles sont enseignant-e-s, PSY-En, AED, AESH, CPE, et depuis les résultats de l’admissibilité, ils et elles préparent les épreuves orales qui devaient selon les annonces du Ministre début mai avoir lieu en septembre. En parallèle de cette préparation des oraux, ils et elles ont assumé leurs missions d’enseignement, d’accompagnement ou d’encadrement à distance dans le contexte de la crise sanitaire. Par cette décision, Blanquer condamne des milliers de personnels travaillant au sein de l’Éducation nationale à subir cette année encore la précarité, c’est leur chance de réussir les épreuves orales et d’être admis-e-s aux concours internes qui vient de s’envoler.
Cette crise sanitaire, ses conséquences sur la scolarité des élèves et les conditions de vie des personnels (contrats non renouvelés pendant la période de confinement, précarité accrue…) montrent que le ministère de l’Éducation nationale doit s’atteler d’urgence à sortir de la précarité les milliers de personnels non-titulaires qui subissent actuellement les temps incomplets imposés, les contrats à l’année, le manque de formation.

Aujourd’hui, 1 enseignant-e-s sur 10 est non-titulaire. Parmi les personnels de l’Éducation nationale, c’est 1 personnel sur 4 qui n’est pas titulaire de son poste, c’est-à-dire 300 000 personnels. Certain-e-s exercent des missions qui relèvent des missions d’un corps de fonctionnaire (les enseignant-e-s, CPE, administratifs-ves par exemple) et subissent une inégalité de droits insupportables avec leurs collègues fonctionnaires qui accomplissent pourtant les mêmes missions, d’autres exercent des missions de surveillance et d’accompagnement des élèves en situation de handicap (AED, AP ou AESH par exemple) et sont condamnés à enchaîner les contrats précaires, mal-payés, avec des temps incomplets dans l’espoir pour les AESH (Accompagnant-e-s des Élèves en Situation de Handicap) d’être employé-e-s en CDI au bout de 6 ans de service. Malheureusement le CDI ne signifie pas la sortie de la précarité puisque ceux-ci sont quasi systématiquement conclus sur des quotités de travail incomplètes.

Qui plus est, il est plus nécessaire que jamais, alors que la crise sanitaire et le confinement ont encore accru les inégalités entre élèves et le décrochage scolaire, d’opérer un recrutement massif de personnels dès la rentrée prochaine.
Il est possible d’admettre aux concours internes tout-e-s les admissibles : cela nécessiterait la création de 2620 postes. Ce chiffre peut être mis en regard du nombre de postes non pourvus chaque année au Capes externe (750 en 2019) et du nombre de démission de stagiaires chaque année (entre 300 et 400). Les admissibles aux concours internes de l’Éducation nationale sont déjà en poste, une partie importante d’entre eux et elles exercent leurs missions sous des contrats précaires.

Dans l’immédiat, SUD éducation revendique l’admission de tou-te-s les admissibles au concours internes.

Mais cette mesure ne sera pas suffisante pour combattre la précarité dans l’Éducation nationale : il faut d’urgence titulariser tou-te-s les personnels non-titulaires de l’Éducation nationale sans conditions de concours ni de nationalité.
Cette mesure de titularisation permettrait :
—  de créer un statut d’éducateur-trice pour les Assistant-e-s d’éducation avec une véritable formation ;
—  de créer un statut de fonctionnaire pour les AESH ;
—  de leur permettre d’exercer à temps complet, d’augmenter les salaires, de bénéficier des mêmes droits que l’ensemble des fonctionnaires ;
—  de cesser cette inégalité des droits entre personnels titulaires et non-titulaires alors qu’ils et elles exercent les mêmes missions. La nationalité ou l’obtention d’un concours ne peut être un argument pour discriminer une partie des enseignant-e-s, des CPE ou des administratif-ve-s.

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 15:31

Fiche-analyse SUD éducation

PRESSIONS HIÉRARCHIQUES, CHANTAGE AU RENOUVELLEMENT…

Assistant-e-s d’éducation et Assistant-e-s pédagogiques font partie des nombreux et nombreuses contractuel-le-s de droit public employé-e-s par l’éducation nationale : 6 CDD d’un an : aucune cdisation et aucun statut ne sont prévus par la loi. Tous les ans, les chef-fe-s d’établissement utilisent cette précarité pour tenter de maintenir les équipes sous pression et écarter toute velléité de remise en question des conditions de travail. Par ailleurs cette année a été particulièrement agitée : implication de beaucoup de collègues dans le mouvement de grève contre la réforme des retraites, situation sanitaire et pressions au télétravail, en dehors de tout cadre réglementaire, des AED.

MAIS LES CHEF-FE-S NE PEUVENT PAS FAIRE CE QU’ILS ET ELLES VEULENT !

Équipe entière non-renouvelée, annonce faite entre deux portes, reproche d’avoir « trop fait grève »… L’absence de règles claires concernant les non-renouvellements laisse les mains totalement libres aux principaux-ales et proviseur-e-s.

Cependant, comme dans toute situation arbitraire, il existe quelques leviers qui permettent de ne pas totalement se laisser faire :

• délai de prévenance : l’administration doit respecter un préavis pour vous notifier le renouvellement ou non de votre contrat. Ce délai diffère en fonction de votre ancienneté et de la durée de votre contrat :

◦ pour un contrat d’une durée de 6 mois, le préavis doit être de 8 jours ;

◦ pour un contrat compris entre 6 mois et 2 ans, le préavis doit être d’un mois.

Pour calculer votre ancienneté, il faut prendre en compte l’ensemble de vos contrats passés avec l’établissement, y compris s’il y a une interruption inférieure à 4 mois. Le délai se décompte à partir de la date de fin de contrat. Si votre contrat est proposé au renouvellement, vous disposez ensuite de 8 jours pour faire connaître votre décision.

• entretien : si vous avez trois ans d’ancienneté ou plus, un entretien préalable au non-renouvellement est obligatoire. Celui-ci doit être distinct d’un entretien professionnel (circulaire relative à la réforme du décret 86-83 du 20-10-2016).

• motivation du non-renouvellement : si la décision de non-renouvellement n’a pas à être « formellement motivée », elle doit cependant être justifiée par « l’intérêt du service » ou « l’insuffisance professionnelle de l’agent », et cela reste à prouver !

QUE FAIRE ?QUELQUES PISTES

La première des solutions à envisager pour instaurer un rapport de force en vue d’obtenir le renouvellement de votre contrat, c’est de chercher des solidarités internes à l’établissement, auprès des autres personnels. Ne restez pas seul-e-s, faites part de votre situation autour de vous.

Si vous pensez que votre non-renouvellement n’a pas été fait dans les règles ou que vous souhaitez le contester, vous pouvez également contacter votre syndicat local (ici les coordonnées des syndicats locaux)afin que nous intervenions syndicalement. Même si obtenir satisfaction risque d’être compliqué, nous avons déjà remporté des batailles et il est important de ne pas rester sans réponse face à l’arbitraire des chef-fe-s. Des recours juridiques peuvent être envisagés selon les situations.

SUD éducation se bat contre la précarité au quotidien. Nous revendiquons la titularisation de tou-te-s les précaires de l’éducation, sans conditions de nationalité, de concours, de diplômes ou de formation. Des collectifs de précaires auto-organisés, en lutte contre la précarité, existent, ils cherchent à rompre l’isolement et à revendiquer de nouveaux droits : ils sont ouverts et vous pouvez les rejoindre !

⚠ ATTENTION

• Je ne veux pas renouveler mon contrat : rien ne m’oblige à le signaler par écrit. Signer pourra être interprété comme un démission et donc risquer de se voir privé-e volontairement d’emploi et ne pas bénéficier de l’ARE

• Contrat renouvelé = pas de période d’essai !

 

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 15:27
Concours de recrutement à l’université et dans les organismes de recherche : Si visioconférences il doit y avoir, nous revendiquons l’usage de logiciels libres et l’égalité de traitement des candidat·es

Communiqué de SUD éducation et SUD Recherche EPST

Les auditions pour les concours de maîtres ou maîtresses de conférences ou de chargé·es de recherche commencent. Il est maintenant vraisemblable que la plupart se tiendront en visioconférence dans le cadre exceptionnel de la crise sanitaire due à la COVID-19. Tout comme nous soutenons la lutte des étudiant·es contre le recours aux examens « vidéo-surveillés », nous craignons qu’un tel usage ne comporte son lot d’effets pervers. Bien souvent, la responsabilité de l’organisation et des modalités de ces auditions incombe aux comités de sélection, le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI) et les universités préférant se défausser et ne pas donner de consigne claire. Les modalités varient donc énormément, ce qui est déjà une source de stress pour les candidat·es.

Nous notons toutefois que dans son vade-mecum du 24 avril, le MESRI s’est engagé à ce que les solutions retenues pour la visioconférence respectent le règlement général sur la protection des données (RGPD). Il a également signifié très clairement que l’autorité organisatrice de l’audition est responsable de la garantie de la sécurité de l’audition.
Ces directives devraient donc, en toute logique, écarter les solutions propriétaires (Zoom, Skype, etc.), dont les serveurs hébergés hors de France sont incontrôlables et dont les logiciels sont notoirement connus pour leurs nombreuses failles de sécurité et leurs régulières violations de la vie privée de leurs utilisateurs et utilisatrices.
Au contraire, au vu des directives du MESRI, les solutions retenues devraient être des logiciels libres et interopérables hébergés sur des serveurs sous contrôle des autorités organisatrices des auditions et garantissant le chiffrement des échanges. De telles solutions existent (Jitsi, BigBlueButton) et ont été déployées, par le MESRI ou des établissements.
Ces concours de recrutement de l’enseignement supérieur et la recherche ne doivent pas non plus être l’occasion d’enrichir encore des entreprises capitalistes, que ce soit par le biais de quasi-monopoles logiciels ou par l’usage commercial de données personnelles.
C’est pourquoi SUD éducation et SUD Recherche EPST (membres de l’Union syndicale Solidaires) demandent aux autorités organisatrices des concours de respecter les directives du MESRI, et au MESRI de faire respecter ces directives.
SUD éducation et SUD Recherche EPST exigent que les solutions retenues garantissent l’égalité de traitement entre les candidat·es lors de leur audition. Les candidat·es en faisant la demande doivent pouvoir bénéficier d’un local de visioconférence mis à leur disposition dans un établissement de l’ESR de proximité.

 

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 15:24

Télétravail : SUD éducation fait le point sur vos droits

La reprise massive annoncée par le ministre Blanquer n’a pas eu lieu. Les effectifs dans les écoles et établissements sont heureusement extrêmement réduits là où les écoles et les établissements ont rouvert, ce qui n’empêche pas les nombreuses fermetures en raison de la contamination d’un personnel.
Le télétravail risque donc de demeurer la règle, et la tentation pour le gouvernement de faire régresser le droit des personnels est important.

SUD éducation fait le point sur vos droits.

Le télétravail, qu’est-ce que c’est ?

Le télétravail a une définition simple : toute forme d’organisation du travail dans laquelle les fonctions qui auraient pu être exercées par un agent dans les locaux où il est affecté sont réalisées hors de ces locaux en utilisant les technologies de l’information et de la communication (décret 2016-151).

Donc dès que vous travaillez à l’aide d’outils numériques en dehors de votre établissement, service ou école de rattachement ou d’affectation, il s’agit de télétravail.
Vous demander de venir enseigner à distance depuis votre lieu de travail ou d’affectation n’est donc pas du télétravail.

Peut-on m’imposer le télétravail ?

Non. Le télétravail est encadré strictement par les textes réglementaires. Le décret 2016-151 du 11 février 2016 relatif aux conditions et modalités de mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique et la magistrature a été modifié par le décret 2020-524 du 5 mai 2020.
L’article 5 du décret 2016-151 (non remis en cause par le décret 2020-524) indique clairement :
L’exercice des fonctions en télétravail est accordé sur demande écrite de l’agent.
Par conséquent, il est interdit d’imposer le télétravail à un personnel. Si vous subissez des pressions, contactez votre syndicat SUD éducation.

Quelle est la procédure pour organiser le télétravail ?

Il existe plusieurs règles pour organiser le télétravail :
• L’administration doit en principe attendre une demande de l’agent-e ;
- Elle peut ensuite accorder son autorisation, qui doit comporter les formes suivantes :
-Les fonctions exercées en télétravail
- Le lieu d’exercice du télétravail
- Les modalités de mise en œuvre, les plages horaires durant lesquelles l’agent-e doit être joignable, sans excéder les plages horaires habituelles
- La période (date de début et de fin) du télétravail
• informer des droits en matière de conditions de travail et d’hygiène et sécurité.
En plus de cette autorisation, l’arrêté du 6 avril 2018 prévoit en principe la fourniture d’un “poste de travail unique”, et que “la configuration initiale des matériels fournis par l’administration ainsi que l’entretien et la maintenance sont assurés par les équipes en charge du soutien informatique de proximité, dans les locaux de l’administration.”

Enfin, l’administration doit organiser au bénéfice de l’agent-e une “formation sur les équipements mis à sa disposition et sur les caractéristiques de ce mode d’organisation du travail en tant que de besoin”.

L’Éducation nationale ne remplit pour ainsi dire jamais ses propres règles.

On me reproche de ne pas faire assez de télétravail

Dans le cas où vous subiriez des pressions, il faut se rappeler que l’administration n’a pas le droit de vous obliger à effectuer du travail à distance. Par conséquent, ce qui est fait en télétravail durant cette période de crise relève de la bonne volonté des agent-e-s.
Il faut donc rappeler à l’administration, collectivement, qu’elle ne respecte aucune des règles prévues par les textes réglementaires. N’hésitez pas à vous rapprocher de votre syndicat SUD éducation.
On me demande de faire une partie de mon travail à distance, l’autre en présentiel
Il est toujours possible de refuser d’effectuer du télétravail. Comme la hiérarchie le sait, elle va sans doute essayer de proposer un petit allégement de service pour essayer d’imposer en échange le télétravail.
Si cette modalité de télétravail n’est pas interdite, encore faut-il qu’elle soit soumise à votre accord, et que la partie réalisée en télétravail corresponde réellement à la même durée de service. Ainsi, si vous êtes enseignant-e et que votre hiérarchie vous propose un allègement de service de deux heures pour effectuer la continuité pédagogique, ces deux heures doivent correspondre à deux heures d’enseignement, pas plus.

Je suis personne vulnérable, dois-je retourner sur mon lieu de travail à compter du premier juin ?

Non, votre situation ne change pas. Si vous êtes une personne vulnérable selon les critères du Haut Conseil de la santé publique, alors vous devez être placé-e en télétravail ou en autorisation spéciale d’absence. Si ce n’est pas déjà fait, suivez ce lien pour faire en ligne la déclaration de maintien à domicile. Vous n’avez pas besoin de passer par l’employeur ni votre médecin traitant.

J’ai des enfants, dois-je retourner sur mon lieu de travail ?

Vous n’êtes pas obligé-e de retourner sur votre lieu de travail si vous remplissez deux critères cumulatifs :

  • vous attestez sur l’honneur être le seul des deux parents en mesure de garder vos enfants ;
  • ET l’école dans lequel l’un de vos enfants est scolarisé demeure fermée. La commune doit vous remettre une attestation en ce sens.

Il faudra alors remettre ces deux documents à votre hiérarchie.

L’administration vous proposera alors sans doute d’effectuer du télétravail. En cas d’impossibilité, elle doit vous placer en autorisation spéciale d’absence, à prolonger tant que l’école ne rouvre pas.

Les questions-réponses en ligne sur le site du ministère de l’Éducation nationale vont jusqu’à préciser que « les parents qui ne souhaitent pas scolariser leur enfant alors même que la classe de ce dernier a ouvert sont regardés comme sans solution de garde dès lors que le retour à l’école se fait sur la base du volontariat ».

J’ai engagé des frais et utilisé mon équipement personnel (ordinateur, téléphone, etc.)

Le ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur sont des champions pour faire financer sur leurs propres deniers les équipements de travail.
SUD éducation dénonce le silence de l’administration sur le remboursement des frais engagés par les personnels (usure du matériel, forfait téléphonique, abonnements, logiciels, voire achat de matériel).
L’article 6 du décret 2016-151 (confirmé par le décret 2020-524) est pourtant clair :
L’employeur prend en charge les coûts découlant directement de l’exercice des fonctions en télétravail, notamment le coût des matériels, logiciels, abonnements, communications et outils ainsi que de la maintenance de ceux-ci.

Par conséquent, vous êtes fondé-e à exiger le remboursement des frais engagés.
SUD éducation revendique le versement sans délai d’une indemnité destinée à couvrir les frais engagés par les personnels qui doit être versée sans demande préalable, et une indemnisation complète et rapide des personnels qui ont engagé des frais importants dans le cadre de la continuité pédagogique.

N’hésitez pas à vous rapprocher de votre syndicat SUD éducation pour faire valoir vos droits.

 

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 15:23

Communiqué de SUD éducation

Le 19 mars, le président E. Macron a annoncé une augmentation de 5 milliards d’€ du budget de la recherche sur twitter… en 2030. Outre le fait que d’ici 2030, deux élections présidentielles auront eu lieu, on peut s’interroger sur ce que représente une telle somme et la manière dont il est prévu qu’elle soit distribuée. Le dossier de presse du ministère du 25 mars 2020 apporte quelques éléments concernant ce dernier point. En parallèle, la Direction générale des ressources humaines (DGRH) du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI) nous a donné quelques précisions complémentaires lors de réunions bilatérales (cf. nos comptes-rendusici).

Mais tout d’abord, que représentent ces 5 Milliards ?

Une augmentation du budget de la recherche est donc prévue : de 5 Md € au bout de 10 ans, à raison d’augmentations annuelles de 400 M € les premières années et de 600 M € pour les dernières.

https://www.sudeducation.org/local/cache-vignettes/L720xH90/tableaupng-ee988-04d57.png?1590441668

Selon la Ministre il s’agirait là d’un effort considérable et inédit ; en cumulant les abondements cumulés, elle aboutit au chiffre de 25 Milliards d’€ qu’elle égrène dans la presse.

Une augmentation annuelle de 400 à 600 millions d’€ du budget de la recherche pendant 10 ans représente-t-elle réellement un effort considérable et à la hauteur pour répondre aux constats partagés par l’ensemble de la communauté - y compris les groupes de travail mis en place par le ministère l’an passé [1].- d’une recherche publique au bord de l’asphyxie ?

De fait, que représentera 400M€ de plus au budget de la recherche en 2021 ?
400M€ représentent 2,2% des dépenses de recherches publiques qui s’élèvent actuellement à 17,6 milliards d’€ [2] sachant que l’inflation s’élève elle à environ 1% par an.

Plus 400M€ c’est quasiment la même chose que les augmentations des autorisations d’engagement des principaux programmes budgétaires couvrant la recherche (P172, P190 et P194) ces dernières années. Voici les augmentations prévues par les Projets de Loi de Finances ces dernières années : PLF2017 : +566M€, PLF2018 : +400M€, PLF2019 : +318M€, PLF2020 : +356M€… Augmentations qui n’ont en rien empêché la situation de se dégrader…

D’autre part, on ne peut s’empêcher de comparer cet effort « considérable » aux 8 Milliards d’€ offerts chaque année aux entreprises pour « soutenir » leur recherche et développement [3] À noter que, concernant le crédit d’impôt recherche, il n’aura fallu que 7 ans pour l’abonder de 5Md€ entre 2003 et 2010 !

Enfin, rappelons qu’en septembre 2017, le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) a voté à une très large majorité (44 voix pour, 7 contres et 2 abstentions) un texte [4] concluant qu’il était « urgent de programmer sur 10 ans un effort budgétaire pour l’ESR avec 1 milliard d’euros supplémentaire par an pour la recherche publique et 2 milliards d’euros supplémentaires par an pour le service public de l’enseignement supérieur. » Avec 5 milliards au bout de 10 ans on est toujours loin du compte !

… Et comment ces 5 Milliards d’€ seront-ils distribués ?

Ce que nous réclamons – comme d’autres organisations syndicales - depuis des années c’est avant tout une augmentation conséquente des crédits de base récurrents des laboratoires ainsi que des postes de titulaires pour combattre la précarité galopante dans nos laboratoires et services, et pour assurer la continuité, l’indépendance et la qualité du service public de recherche [5] . Mais, force est de constater, rien de tout ça dans ce qui est prévu.

Concernant le financement de la recherche, il n’y a pas d’argent directement prévu pour abonder les crédits des laboratoires, mais 1 milliard de plus pour l’ANR en 2017, ce qui devrait en gros doubler son budget… et donc mathématiquement doubler le nombre de précaires !

Il s’agirait aussi d’augmenter la part du préciput attribuée aux établissements porteurs des contrats [6] de 11% actuellement à 40%. Pour le ministère, c’est cet argent qui servira à abonder les crédits de bases des laboratoires… selon la grande idéologie du ruissellement !

Mais comment cet argent sera-t-il distribué ? Il y a de fortes chances qu’il ira à ceux et à celles qui le valent bien, qui ramènent des ressources propres à l’établissement (puisqu’il y aura un lien de cause à effet), et donc ceux et celles qui sont déjà les mieux dotés ! Ceci étant, 40% de préciput pour un budget de l’ANR à 2Md€ dans 7 ans, ça ne fait guère que 950€ de plus par chercheur-e-s et par an [7]

Concernant l’emploi, outre l’augmentation du nombre de doctorant-e-s (2000 contrats doctoraux supplémentaires en 2027),ce qui est prévu dans le projet de loi c’est d’amplifier le recours à l’emploi précaire (logique quand on prévoit d’augmenter le financement par projet), au travers principalement du CDI de mission scientifique qui permettra d’embaucher-débaucher quasiment sans contrainte (la souplesse pour les employeurs, la précarité à vie pour les employé-e-s !), de contrats postdoctoraux, et de chaires de professeurs juniors qui seront réservées à quelques stars identifiées (seuls emplois pour lesquels il est prévu un financement spécifique : 200k€ par chaires et objectif de 1500 chaires en 2027). Ces mesures sont à l’opposé de l’indispensable plan de titularisation des précaires.

L’autre volet concernant les ressources humaines est la revalorisation des carrières. Là, le maître mot est de ne pas toucher aux grilles. Ainsi, pour répondre à la communication ministérielle « 2 Smic pour les jeunes chercheur-e-s recrutées » tout se fera par le truchement d’une amélioration des conditions de reclassement. Pour le reste, il n’est donc prévu que de la revalorisation indemnitaire (92M€ par an, soit 644M€ au bout de 7 ans et ceci pour l’ensemble des agent-e-s titulaires et contractuel-le-s sur subvention d’état du MESRI) ; il s’agit principalement de faire de l’alignement indemnitaire sur certains corps du MESRI, mais on peut gager qu’il y aura bien aussi quelques hochets pour certain-e-s…

Voilà à peu près toutes les informations que avons pu avoir (Plus de détails sur notre site : ici et .).

À ce stade on ne peut que constater que les orientations choisies, basées sur les éternels mêmes dogmes - précarisation, compétition, individualisation - restent néfastes et inacceptables.

Il est donc essentiel de continuer à se mobiliser contre le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche et de se questionner, à la lumière de la crise du covid et de l’urgence imposée par la crise écologique, sur les bons choix à faire sur l’usage de l’argent public alloué.

Nous, SUD recherche EPST et SUD éducation, appelons, avec d’autres acteurs sociaux, à clarifier le rôle de la recherche face à la destruction généralisée de la planète, pour la mettre au service des alternatives écologiques et démocratiques.

 

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 15:20

Travailler et résister dans le second degré : guide à l’usage des personnels

Guide de SUD éducation

 

Le fonctionnement d’un EPLE

  • Les instances
  • Le Conseil d’administration (CA)
  • La commission permanente
  • Commission Hygiène et Sécurité
  • Le Conseil pédagogique
  • Le conseil de discipline

L’heure mensuelle d’information syndicale (HMI)

Décrypter et voter une DHG

  • Le CA consacré à la dotation horaire globale (DHG)
  • Lire une DHG
  • Lire une DHG en collège
  • Lire une DHG en LGT
  • DHG en lycée pro
  • Lutter contre l’inflation du nombre d’élèves
  • Volume et utilisation de la DHG : seule la lutte paie
  • La répartition des services et les HSA (heures supplémentaires annuelles)

Le service

  • La ventilation de Service (VS)
  • Le temps de travail
  • Les maxima de services d’enseignement hebdomadaires.
  • Les pondérations
  • Les IMP (Indemnités pour Missions Particulières)
  • Les modalités d’attribution et de versement
  • Les missions particulières mises en oeuvre au sein d’un EPLE du second degré

Être professeur-e principal-e (P.P.)

Les obligations de service

La carrière

  • Suivi de carrière et paritarisme
  • Salaire et aides financières
  • Dossier administratif et sanctions
  • La procédure disciplinaire
  • Le dossier administratif
  • Inspection et refus d’inspection dans le cadre du PPCR

La santé

  • Visites médicales
  • Congés maladie
  • Congé maladie ordinaire (CMO)
  • Congé longue maladie (CLM)
  • Congé longue durée (CLD)
  • Demander un CLM ou un CLD
  • Suite à une pathologie médicale récurrente
  • Demande d’aménagement de poste
  • Demande de poste adapté
  • Accident de service (dit accident de travail dans le privé), accident de trajet et maladie professionnelle
  • Accident de service, accident de trajet, maladie professionnelle ?
  • Les délais de déclaration (Art. 47-3 du décret 86-442)
  • Où trouver les imprimés ?

Connaître ses droits et les moyens de lutter

  • RSST et droit de retrait
  • Le RSST
  • Le droit de retrait
  • Harcèlement moral, harcèlement sexuel
  • Le harcèlement moral
  • Le harcèlement sexuel
  • Que faire ?
  • La prévention
  • La convocation à un entretien
  • La liberté d’expression dans les établissements
  • La liberté d’opinion dans les établissements
  • Le devoir de neutralité
  • La diffusion de tracts

La liberté pédagogique

  • Des exemples de pédagogies émancipatrices
  • Pédagogie Freinet
  • Pédagogie Institutionnelle
  • L’Éducation Nouvelle
  • Les établissements autogérés dans le second degré

Résister, les moyens d’action collectifs

  • Les lettres à la hiérarchie
  • L’audience
  • La grève
  • La retenue sur salaire
  • Le refus d’assurer certaines tâches pour les enseignant-es
  • Avec les parents et les élèves : blocage et journées « école déserte »
  • Occupation, séquestration

 

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 15:13
SUD éducation dénonce la reprise de la répression contre les 3 de Melle

Communiqué de SUD éducation

Alors que les établissements scolaires rouvrent à peine, la répression qui s’abat sur trois militant-e-s de SUD éducation à Melle dans les Deux-Sèvres reprend de plus belle.
Ces militant-e-s ont été suspendu-e-s à titre conservatoire à la veille du confinement pour avoir organisé la lutte contre les E3C au lycée Joseph Desfontaines. Le 15 mai, au lieu de s’assurer de la santé et de la sécurité des personnels et des élèves, le rectorat de l’académie de Poitiers s’est empressé de reprendre les auditions et l’enquête administrative.
Pour SUD éducation, cet acharnement à s’attaquer aux militant-e-s est symptomatique de la situation qui règne à l’Éducation nationale. L’institution maltraite les agent-e-s et traite la contestation sociale sur le plan disciplinaire.

SUD éducation exige l’arrêt de la répression anti-syndicale contre les personnels, à Melle comme ailleurs. Les poursuites disciplinaires doivent être abandonnées sur le champ et nos camarades reprendre leurs fonctions sans délai.

 

Vous trouverez ci-dessous et en pièce jointe le communiqué de l’intersyndicale du 79 en soutien aux 3 de Melles

communiqué de presse vendredi 22 mai 2020
Nos organisations syndicales Cgt Educ’action, FNEC FP-FO, SNES-FSU, SUD Education 79, CGT, FO et Solidaires 79 exigent que soient annulées les procédures disciplinaires à l’encontre des trois professeur.e.s du lycée de Melle.

Les 10, 11 et 12 mars 2020 trois enseignants du lycée Joseph Desfontaines de Melle, dans les Deux-Sèvres, engagés dans la mobilisation contre les E3C, se sont vus notifier une suspension à titre conservatoire de quatre mois.

Les organisations CGT Éduc’action 79, FNEC FP-FO 79, FSU 79 et SUD Éducation 79 avaient déjà appelé à la grève pour ces trois jours de convocation, ainsi qu’à se rassembler massivement le 10 mars devant le rectorat de Poitiers. Nationalement, ce sont des milliers d’enseignants qui, le 10 mars, devant les Inspections académiques, les Rectorats, avec leurs organisations syndicales, leurs collectifs et coordinations, ont dit Non au Bac Blanquer, aux E3C et aux sanctions contre les 3 de Melle.

Lors des entretiens, aucune faute professionnelle n’a été explicitement reprochée : cinq rapports à charge, (rédigés par le proviseur, qui n’est n’est plus en fonction depuis fin mars, les équipes mobiles de sécurité académiques et des Inspecteurs Pédagogiques Régionaux) ont suffi au rectorat de Poitiers pour justifier de telles mesures. Le jour de leur convocation, la Directrice des Ressources Humaines leur a précisé qu’une enquête administrative serait mise en place afin d’en évaluer la véracité

A aucun moment, les méthodes et modalités de l’enquête administrative n’ont été précisées, empêchant de fait, les trois enseignants et leur représentation syndicale de l’investir afin de faire valoir au mieux leur droit de défense. Les organisations syndicales demandent un droit de regard sur ces procédures où l’administration est à la fois l’enquêteur et le juge !
Malgré le manque de précision quant à son objet et à ses méthodes, l’enquête a commencé immédiatement après les trois convocations, le 13 mars, puis a été suspendue pendant le confinement de la crise sanitaire du COVID-19 ; elle a immédiatement repris une fois le déconfinement annoncé. Plus facile de sanctionner pour Blanquer que de protéger les personnels du COVID Du 14 au 29 mai, elle a lieu dans l’enceinte du lycée Desfontaines, alors que celui-ci est toujours fermé : ne laissons pas l’administration profiter de ce huis-clos pour s’attaquer à nos collègues !

Officiellement, cette dernière affirme que cette enquête administrative n’est absolument pas corrélée avec les trois suspensions et qu’elle n’a aucune visée disciplinaire. Bien que nous ne soyons pas dupes, nous prenons le rectorat au mot et demandons à ce que les contenus de l’enquête ne puissent, sous aucun prétexte, alimenter des procédures disciplinaires. L’intersyndicale des Deux-Sèvres, CGT Éduc’action 79, FNEC FP-FO 79, FSU 79 et SUD Éducation 79 demande au rectorat de Poitiers la plus élémentaire des transparences concernant cette enquête dont personne ne comprend les tenants et les aboutissants.

Comme nous l’avions déjà fait en mars dernier, nos organisations syndicales CGT Éduc’action 79, FNEC FP-FO 79, FSU 79 et SUD Éducation 79 ainsi que les Unions départementales CGT, FO, Solidaires 79, exigent à nouveau aujourd’hui :

* la garantie que les contenus de l’enquête administrative n’auront pas vocation à alimenter des procédures disciplinaires ;
* la levée immédiate de la suspension de ces trois enseignant.es, afin qu’ils puissent renouer le lien avec leurs élèves en cette fin d’année scolaire ;
• l’abandon de toute procédure disciplinaire contre ces trois enseignant.es, ainsi que contre tous les personnels mobilisés en France contre les réformes et le Bac Blanquer ;
* l’abandon de toute sanction disciplinaire ou pénale, même déguisée, à l’encontre de tout personnel ou élève mobilisé.e ;
* l’abandon des E3C et de la réforme Blanquer ;
* le maintien du diplôme national du BAC ; 
* l’abandon de Parcoursup.

Nous appelons à se réunir en assemblée générale, y compris à distance, pour :

• adopter des motions de soutien aux trois de Melle en AG, CA ou conseil des maîtres, HMI, RIS ou dans toute instance représentative du personnel. (ex adaptable à cette adresse ) : https://frama.link/kit-soutien-melle
• témoigner du soutien en participant à la campagne de selfies et photos en cours depuis mars (modèles de pancartes à la même adresse)
• diffuser la campagne nationale de solidarité sur les réseaux sociaux, en utilisant les hashtags #SoutienAux3deMelle et #SoisProfEtTaisToi
• signer la pétition de soutien aux 3 de Melle

À la suite de la mobilisation contre les E3C, d’autres cas de menaces disciplinaires se sont produits sur l’ensemble du territoire, comme à Dole, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Montauban, Carcassonne, Cahors, Strasbourg, Montbrison. Face à la mobilisation, le rectorat .de Besançon a reculé pour notre collègue Noël Bûcher de Dole. La mise en place d’une commission disciplinaire (CAPA) a été abandonnée.

Si le rectorat de Poitiers décidait de donner des suites disciplinaires à son enquête administrative, nous, CGT Éduc’action 79, FNEC FP-FO 79, FSU 79 et SUD Éducation 79 ainsi que les Unions départementales CGT, FO, Solidaires 79 appellerions à des mobilisations massives y compris par la grève, afin d’empêcher ce dangereux précédent.

Stoppons la répression
contre la mobilisation du Bac Blanquer !
Protégeons les élèves et les professeur.es
du lycée Joseph Desfontaines de Melle !
#SoutienAux3deMelle #SoisProfEtTaisToi

 

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 15:01

Examens, Bac, DNB, 3e trimestre : la FAQ de SUD éducation

Bulletins, notes, livrets, évaluations, orientation

Dois-je absolument finir le programme ?

Non. La circulaire du 4 mai 2020 indique que :

« l’enjeu n’est pas de finir les programmes mais de s’assurer que les élèves maîtrisent les connaissances nécessaires pour poursuivre leur scolarité dans de bonnes conditions. Il s’agit d’éviter que les difficultés non surmontées au cours de cette année si particulière ne s’ancrent durablement. »

Pour SUD éducation, il ne saurait être question de mettre les bouchées doubles pour finir à tout prix les programmes, alors que les inégalités se sont énormément accrues depuis le 16 mars : l’essentiel est avant tout de consolider les apprentissages et les acquis en prévision de la rentrée prochaine, et de permettre aux élèves de renouer le lien avec l’école avant les congés de fin d’année scolaire.

Pour les classes sans examen final : comment remplir les bulletins du troisième trimestre ?

La circulaire du 4 mai 2020 relative à l’ouverture des écoles et établissements scolaires indique à propos des modalités d’évaluation du 3e trimestre que « les professeurs continuent à évaluer leurs élèves selon les modalités qu’ils fixent ».
Par conséquent, hors classe à examen, les enseignant-e-s peuvent saisir des notes, et doivent saisir des appréciations.

Pour les classes sans examen final : faut-il mettre des notes ?

La seule consigne donnée par le ministère était de ne pas évaluer les élèves pendant le confinement, afin de ne pas accroître des inégalités sociales et scolaires déjà si présentes.
Dans les collèges qui ont commencé à accueillir progressivement les élèves, les enseignant-e-s sont libres d’évaluer ou non les élèves : cela ne peut leur être imposé par le ou la chef-fe d’établissement.
Pour SUD éducation : l’heure n’est pas à l’évaluation mais à la remédiation scolaire et à l’accompagnement social.

Pour les classes sans examen final : quelles appréciations dans les bulletins ?

Quant aux appréciations qui figureront sur les bulletins du troisième trimestre, dans de nombreux collèges et lycées, la hiérarchie demande aux enseignant-e-s de noter une appréciation qui valorisent les élèves qui ont travaillé à distance sans pénaliser ceux et celles qui n’ont pas pu travailler.

Pour SUD éducation, il est inacceptable de demander de faire un bilan du travail réalisé à distance. SUD éducation conseille aux enseignant-e-s de se limiter à leurs obligations réglementaires en se bornant à donner des conseils pour l’année prochaine, sans mention du bilan du travail à distance.

Au sujet des notes inscrites dans le livret scolaire :

Les notes obtenues pendant le confinement ne seront pas prises en compte, mais elles peuvent donner lieu à une appréciation des professeur-e-s.
Votre proviseur-e ne peut pas vous demander d’inventer une ou des notes pour le troisième trimestre.

  • Pour SUD éducation, la fabrication d’un bulletin pour le 3e trimestre à partir d’évaluations qui auraient eu lieu après la date du 16 mars n’est pas acceptable. D’une part, le nombre de notes obtenues avant le confinement est trop faible (voir nul pour beaucoup) pour permettre la constitution d’un bulletin. D’autre part, il ne doit pas y avoir de notes après le retour du confinement, celui-ci ayant trop creusé les inégalités scolaires. La seule solution possible réside donc dans le fait de ne pas mettre de notes au 3e trimestre, mais simplement une appréciation du type : “Pas de note pour ce 3e trimestre. X ou Y mérite d’obtenir le [DNB, CAP, BAC...]”.
  • Pour SUD éducation, les enseignant-e-s doivent mettre en œuvre, en fonction des décisions qui seront prises par les équipes, des solutions pour que les appréciations soient le moins pénalisantes possible, pour l’orientation ou l’obtention des examens au contrôle continu.

Au sujet des appréciations inscrites dans le livret scolaire :

SUD éducation appelle les enseignant-e-s à ne pas accroître les inégalités en pénalisant les élèves qui n’avaient pas les moyens de travailler pendant la période de fermeture des établissements scolaires. Noter l’assiduité ou la motivation de certain-e-s élèves dans les appréciations du troisième trimestre, c’est souligner les carences des autres. Pourtant, chacun-e sait que les conditions d’étude à la maison sont très inégales.
La seule solution possible réside donc dans le fait de ne pas mettre de note au 3e trimestre, mais simplement une appréciation du type : “Pas de note pour ce 3e trimestre. X ou Y mérite d’obtenir le [DNB, CAP, BAC...]”.

Est-ce que l’établissement d’origine peut être pris en compte pour la délivrance des examens ou des mentions ?

Les jurys pourront avoir accès à des informations administratives sur l’établissement d’origine du ou de la candidat-e, en particulier sur les taux de réussite et de mentions attribuées l’an passé afin de revaloriser les notes de contrôle continu.
C’est absolument inacceptable : cela revient à discriminer les candidat-e-s en fonction de l’établissement d’origine. SUD éducation refuse cette dérive, déjà à l’œuvre avec Parcoursup, qui constitue une rupture d’égalité majeure entre les candidat-e-s.

Au sujet de l’orientation

Enfin, l’accompagnement des élèves dans leurs choix d’orientation n’a pas pu se faire dans des conditions acceptables, et s’est montré extrêmement chronophage et anxiogène pour les enseignant-e-s chargé-e-s de le faire. En particulier, Parcoursup a été maintenu tel quel en triant les futur-e-s étudiant-e-s et en les mettant sous pression : de nouveau, nombre d’étudiant-e-s se trouveront sans affectation ou subiront une affectation par défaut. En cette fin d’année et au vu d’un calendrier qui ne tient pas du tout compte du confinement, il est maintenant trop tard pour reprendre à zéro un dialogue avec l’élève et sa famille pour l’aiguiller dans le choix d’une autre orientation quand celle qu’il ou elle a demandé semble inadaptée.

SUD éducation conseille aux enseignant-e-s d’appuyer le plus possible le choix des élèves, notamment dans les conseils de classe, afin de ne pas imposer une orientation que l’élève n’aurait pas choisie. En cette période de crise sanitaire, la machine du tri social suit son cours : ne la laissons pas broyer toujours plus d’élèves !

Examens

Pour SUD éducation, la solution la moins inéquitable à cette étape sera donc d’attribuer les examens (CFG, DNB, CAP, BEP, BAC, E3C pour la spécialité en fin de 1re, BTS) à l’ensemble des candidat-e-s.

Pour le DNB, comment ça se passe ?

L’obtention du brevet dépend pour plus de moitié du Livret Scolaire (qui sanctionne la maîtrise du Socle Commun de Compétences, de Connaissances et de Culture). Le reste ne serait plus constitué par des épreuves terminales mais par les notes de contrôle continu, c’est-à-dire la moyenne des deux premiers trimestres dans les disciplines évaluées aux Brevet.
Pour les disciplines scientifiques (SVT - Physique Chimie – Technologie) : on prend en compte la moyenne des trois matières.
Il n’y aura pas d’épreuve orale, cette épreuve notée sur 100 disparaît, ainsi le brevet n’est pas noté sur 800 points mais sur 700 points.

La FAQ sur le site du ministère permet la prise en compte des notes obtenues après la réouverture. SUD éducation s’y oppose. L’heure n’est pas à l’évaluation après deux mois sans école voire plus dans certains départements mais à poursuivre l’accompagnement des élèves. Maintenir des évaluations alors que tous les élèves n ne sont pas accueillis c’est maintenir une inégalité de traitement en fonction des zones et des situations locales.

En classe de Première : qu’en est-il de l’EAF (Épreuve Anticipée de Français) ?

Les épreuves d’EAF sont annulées. Le note d’EAF est remplacée par la moyenne des notes trimestrielles obtenues au cours de l’année en classe de français avant le 16 mars.
Le ministère a parlé au CSE du 18 mai de la possibilité d’ouvrir les notes du 2nd trimestre pour y intégrer les notes obtenues entre le début du 3eme trimestre et le début du confinement le 16 mars.

En classe de Première : qu’en est-il des E3C ?

La deuxième session des E3C (E3C2) est annulée. Pour chaque matière, la note retenue au baccalauréat sera la moyenne de la première session d’E3C en classe de première et la troisième session en classe de terminale.
Dans les lycées où l’épreuve des E3C1 n’a pas eu lieu, le ministère insiste pour qu’elle soit rattrapée dès que cela sera possible. SUD éducation s’oppose à ce rattrapage qui n’a aucun sens d’un point de vue pédagogique.
La FAQ du ministère indique que s’agissant de la spécialité abandonnée en fin de première et qui devait être évaluée par la deuxième session des E3C (E3C2), la note retenue sera la moyenne des moyennes trimestrielles tout comme pour l’enseignement scientifique.
Aucune note obtenue après le 16 mars ne sera prise en compte.
La fédération SUD éducation revendique l’abandon définitif des E3C.

En classe de Terminale : comment se déroule le baccalauréat général et technologique ?

Les épreuves terminales sont remplacées par le contrôle continu. Le jury se prononcera à partir des notes et des appréciations inscrites sur le livret scolaire.

Comment le baccalauréat professionnel sera-t-il évalué ?

Les épreuves terminales sont remplacées par les notes de CCF et si il n’y a pas eu de CCF par la moyenne des moyennes trimestrielles de la discipline. Le jury se prononcera à partir des notes et des appréciations inscrites sur le livret scolaire, qui n’est pas encore dématérialisé dans la voie professionnelle.

Rattrapage

Les candidat-e-s ayant entre 8 et 10 de moyenne seront invités à se présenter à un oral de rattrapage, pour deux matières de leur choix, qui aura lieu entre le 8 et le 10 juillet.

Les candidat-e-s ayant une moyenne inférieure à 8 ou ne pouvant présenter de livret scolaire seront amené-e-s à composer lors d’une session exceptionnelle en septembre.

Pour SUD éducation passer des épreuves dans de telles conditions relève du non sens et nous revendiquons l’attribution du diplôme à tou-te-s les candidat-e-s inscrit-e-s à l’examen.

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 14:11
Pour SUD éducation, aucun licenciement de stagiaire en fin d’année !

Communiqué de SUD éducation

Par un arrêté du 26 mai, le ministre Blanquer modifie les règles de titularisation des fonctionnaires stagiaires. L’arrêté réserve la visite de l’inspection aux stagiaires dont l’administration envisage le licenciement.

Cela signifie que l’administration peut décider cette année le redoublement de l’année de stage, avec les conséquences financières et sur la carrière que comporte cette décision, sans même qu’une visite en bonne et due forme ait lieu. Dans le premier degré, le jury présidé par le DASEN prendra donc sa décision sur la base d’une décision de jury reposant essentiellement sur le rapport de la tutrice ou du tuteur, et d’un rapport produit par un-e IEN qui n’aura peut-être jamais rencontré l’agent-e. Dans le second degré, le poids de l’avis du ou de la chef‑fe d’établissement dans la proposition au recteur est encore renforcée, au détriment des considérations pédagogiques.

Cet arrêté vient renforcer le rôle de la hiérarchie dans la procédure de titularisation. Les corps d’inspection sont amenés à produire le matériel à charge de l’administration qui a décidé de licencier un personnel.

Alors que la formation des stagiaires a cette année été encore plus défaillante que d’ordinaire du fait de la crise sanitaire, le ministère n’a rien de plus pressé de que de couvrir les décisions de licenciement et de renouvellement d’ordinaire déjà particulièrement opaques.

Pour SUD éducation, cette crise sanitaire a montré l’urgence à recruter davantage de personnels dans les écoles et les établissements scolaires afin de réduire les inégalités scolaires et d’accompagner au mieux les élèves. Le Ministre de l’Éducation nationale doit prendre ses responsabilités en permettant à tous les personnels stagiaires d’être titularisés, puis en rétablissant une véritable formation continue en présentiel et incluant les pédagogies alternatives, enfin en donnant les moyens de coordination et d’auto-formation avec les pairs tout au long de leur carrière.

 

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 14:06

Concours de recrutements : SUD éducation revendique le recrutement de toutes et tous les admissibles

Communiqué de SUD éducation

Tandis que la fin de l’année scolaire approche, les candidat-e-s aux concours de l’enseignement sont toujours plongé-e-s dans l’incertitude.

Concours externes

Les oraux sont supprimés pour de nombreux concours externes :
le CRPE dans tous les départements ;

  • Capes externe : suppression de l’oral pour lettres, mathématiques, histoire-géographie, documentation, la plupart des langues, informatique, philosophie, physique-chimie, SVT, SES arts plastiques, éducation musicale.
  • tous les Caplp ;
  • Agrégation : seules certaines disciplines voient l’oral supprimé : histoire, géographie, mathématiques, EPS, musique, philosophie, arts.

Dans ces cas de figures, le ministère prévoit de recruter sur la base du classement aux épreuves écrites d’admissibilité, avec une liste complémentaire.

SUD éducation se félicite que la mobilisation des candidat-e-s et des organisations syndicales aient contraint le ministre à renoncer au maintien de l’oral dans dans conditions inacceptables.

Toutefois, le ministère s’entête à faire passer des épreuves orales pour certaines sections. De plus, pour certains concours, le ministère supprime ou modifie des épreuves. Changer les règles en cours d’année introduit une nouvelle inégalité à la fois entre les concours, mais aussi et surtout entre les candidat-e-s, ajoutant de l’incertitude à l’angoisse des candidat-e-s qui se préparent depuis de nombreux mois.

Concours internes

En ce qui concerne les concours internes, le ministre vient d’annoncer l’annulation des épreuves orales, et l’admission des admissibles les mieux classés. Cette position est intenable :

  • alors même que les personnels continuaient tant bien que mal la continuité pédagogique, ils et elles, en l’absence de décision ministérielle, ont poursuivi la préparation de l’oral ;
  • le changement de règles est injuste, car il prive de chances les admissibles qui comptaient sur les épreuves orales.

Revendications de SUD éducation

Pour SUD éducation, les atermoiements du ministre doivent cesser. La crise sanitaire a révélé une nouvelle fois le manque criant en personnels enseignants. SUD éducation se tient aux côtés des candidat-e-s et des personnels, et revendique un recrutement massif de personnels dès la rentrée prochaine, ce qui doit se traduire par :

  • le recrutement sans délai de toutes et tous les admissibles pour les concours internes, et l’annulation des épreuves orales ;
  • le recrutement de toutes et tous les admissibles pour les concours externes, et l’annulation des épreuves orales ;
  • la titularisation de tous les personnels contractuels.

Tous les personnels qui seront reçus ainsi doivent bénéficier dès cette année d’une formation de qualité et d’un accompagnement pédagogique à même de les aider à prendre leur poste dans les meilleures conditions.

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