19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 16:58
Ce communiqué a été publié le 17/11/2021

 
Le 24 octobre 2018, SUD éducation avait été reçu par Mme Cluzel, secrétaire d’État au handicap : avant même la mise en place des Pial, SUD éducation avait alerté sur les effets néfastes de la mutualisation des moyens et avait porté la revendication de la création d’un véritable statut pour les AESH.

La forte mobilisation des AESH a conduit SUD éducation à demander une nouvelle audience auprès de la secrétaire d’État au handicap le 9 février 2021. Cette demande est restée sans réponse. Les AESH mettent en oeuvre l’école inclusive, c’est pourquoi SUD éducation a réitéré sa demande d’audience auprès de Mme Cluzel.

Vous trouverez ci-dessous le courrier envoyé par SUD éducation.

 

Objet : Demande de rencontre

Madame la Secrétaire d’État,

Nous nous étions rencontré·es le 24 octobre 2018 afin d’échanger avec vous au sujet de l’accompagnement des élèves en situation de handicap en milieu scolaire. En effet, notre organisation syndicale réunit de nombreuses et nombreux personnels AESH qui s’engagent au quotidien pour la réussite des élèves en situation de handicap. Nous intervenons dans de nombreux collectifs locaux qui défendent les droits des AESH et les conditions de l’inclusion scolaire. Lors de cette rencontre, nous avions échangé à propos de la politique de mutualisation des moyens qui  allait être mise en œuvre par la circulaire de rentrée pour une école inclusive de 2019. Les personnels qui interviennent dans les écoles et les établissements scolaires ont constaté une augmentation du nombre d’élèves en situation de handicap en milieu ordinaire. C’est évidemment une très bonne nouvelle. Néanmoins, nous constatons une dégradation des conditions d’accueil de ces élèves dont le nombre d’heures en accompagnement diminue.
Par ailleurs, on ne peut dissocier l'amélioration des conditions d’accompagnement des conditions de travail des personnels AESH.
Notre organisation syndicale a beaucoup travaillé depuis notre dernière rencontre à l’élaboration d’un statut pour les AESH, avec ses missions propres, sa spécialisation et un temps de travail adapté.
L’anniversaire de la loi de février 2005 a été pour SUD éducation l’occasion de faire le bilan des politiques récentes concernant l’inclusion scolaire. Face à ce bilan catastrophique et à la dégradation des conditions de travail, les AESH se sont mis⋅es en grève. Ils et elles en sont à 3 journées de grève (8 avril, 3 juin et 19 octobre) en 2021. Les démissions d’AESH s’accumulent et les élèves en situation de handicap sans AESH augmentent également.
Les conditions d’une école réellement inclusive ne sont donc pas remplies. L’accompagnement ne se fait pas selon l’évaluation réelle des besoins des élèves, mais selon une logique de rentabilisation et d’économie des moyens qui n’a pas sa place à l’école. La mutualisation des moyens doit cesser et il faut des embauches massives de personnels accompagnant·es des élèves en situation de handicap.
Parallèlement, ces personnels doivent être reconnu·es : par la création d’un statut, par des augmentations de salaire, par de meilleures conditions de formation.
 
Nous vous prions de bien vouloir nous recevoir en audience afin de vous faire part des difficultés qui se sont amplifiées dans l’accompagnement des élèves en situation de handicap ainsi que de la revendication portée par les personnels AESH d’un statut d’éducatrice et éducateur scolaire spécialisé·e.
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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 15:54

En France, 10% des élèves (soit environ 700 000 élèves) sont victimes de harcèlement. A Mulhouse, le dimanche 24 octobre a eu lieu une marche blanche en la mémoire de Dinah, qui s’est donné la mort le 5 octobre. Dinah est la 19ème victime mortelle du harcèlement scolaire depuis janvier 2021. La mort de Dinah met en lumière une fois de trop l’absence de moyens humains et financiers pour lutter réellement contre le harcèlement scolaire. 25% de l'absentéisme concerne des élèves victimes de harcèlement et un quart d’entre elles envisage le suicide.

Il existe un lien fort entre la présence du harcèlement en milieu scolaire et le climat scolaire. Le code de l’éducation prévoit le droit à une scolarité sans harcèlement. Le site du ministère propose différents outils pour lutter contre le harcèlement : mais sans moyens financiers et humains, cela reste du bricolage et de la communication.

Pour SUD éducation, il est temps que la lutte contre le harcèlement devienne une véritable priorité du ministère. À l’occasion de la journée de lutte contre le harcèlement scolaire, SUD éducation revendique un grand plan de lutte contre le harcèlement fondé sur trois piliers :

  • une allocation substantielle de moyens fléchés pour permettre en particulier des créations de postes en personnels médico-sociaux ;

  • une formation initiale et continue obligatoire dans ce domaine pour permettre aux personnels de détecter les signaux ;

  • une baisse des effectifs par classe et dans les établissements, de manière à améliorer significativement le climat scolaire ;

 

1. Un manque de personnels médicaux sociaux

À tous les niveaux, les moyens manquent cruellement. Les personnels médico-sociaux manquent dans de nombreuses circonscriptions et de nombreux établissements. Les conditions de travail et le salaire attirent de moins en moins.

 

Assistant·es de services sociaux

Les assistant·es de services sociaux s’engagent également dans la prévention et la lutte contre les violences et le harcèlement mais avec des moyens très insuffisants. La crise sanitaire a mis en lumière les carences en termes de professionnel·les de santé. Les conditions de travail des ASS se sont dégradées avec une charge de travail aujourd’hui considérable. L'administration va vers une mutualisation des moyens ASS en imposant une affectation non pas sur un établissement mais sur une zone géographique, au détriment des conditions de travail et de la qualité de l’accompagnement social des élèves et de leurs familles. De même, les écoles ne bénéficient pas de l’accompagnement des ASS, obligeant les autres personnels à prendre en charge des missions de service social pour lesquelles ils n’ont pas reçu de formation.

 

Les infirmières et médecins :

On ne compte ainsi en moyenne qu’un médecin pour 12 000 élèves. Les personnels infirmiers sont très rarement affectés à temps plein dans un établissement scolaire dans le second degré, et couvrent un nombre important d’écoles dans le premier degré. Alors que la santé, y compris mentale, des élèves s’est fortement dégradée depuis le début de la crise sanitaire, le ministère refuse de donner les moyens au service public de l’éducation pour veiller à la santé des élèves scolarisé·es

SUD éducation revendique :

Des personnels médicaux-sociaux en nombre suffisant

  • 1 infirmerie ouverte sur tout le temps scolaire dans chaque établissement avec la présence d’au moins un personnel infirmier titulaire. Cela permet aussi du temps pour des interventions en classe, des concertations et de la co-animation avec des professeur·es et les CPE.

  • 1 Assistant·e de Service Sociaux à temps plein dans chaque établissement et leur déploiement dans le premier degré.

  • Le renforcement de la médecine scolaire avec des visites obligatoires pour tous·tes les élèves.

  • Le renforcement des CMP et de l’équipe paramédicale de prévention et de dépistage (orthophonie, psychomotricité, psychologie, ophtalmologie…)

     

Des PsyÉN en nombre suffisant

  • 1 PsyÉN pour 400 élèves au maximum.

 

2. Rendre obligatoire la formation initiale et continue sur le harcèlement scolaire

Il existe désormais des référent⋅es académiques, qui sont en mesure d’organiser des formations. Il en existe actuellement 335. Les élèves, quant à eux et elles, peuvent être formé⋅es pour devenir des ambassadeurs et ambassadrices et lutter contre le harcèlement. Il n’existe cependant que 10 000 ambassadeurs⋅rices sur les millions d’élèves scolarisé⋅es alors que tous les établissements devraient en avoir. Chacun⋅e des élèves devrait être formé⋅e et sensibilisé⋅e au harcèlement.

Depuis la rentrée 2021, un programme de lutte contre le harcèlement PHARE (pour Programme de lutte contre le HARcèlement à l’École) concerne tous les établissements et les écoles.

Voici les préconisations du programme :

  • Tous les établissements doivent se doter d’ambassadeurs "non au harcèlement"

  • Dans tous les établissements, les comités d’éducation à la santé, la citoyenneté et l’environnement sont mobilisés sur la question de la prévention du harcèlement, afin de dresser un état des lieux propre à chacun et de déterminer un plan d’action

  • Les instances de démocratie scolaire – conseils de vie collégienne, conseils de vie lycéenne – sont également, partout, invitées à s’emparer du sujet

  • Les écoles et établissements doivent constituer une équipe pluri-catégorielle, qui sera formée à la prise en charge spécifique du harcèlement, et des modules en ligne seront mis à disposition des élèves

  • Les parents sont associés à cette démarche à travers des ateliers

Pour mettre en œuvre ces objectifs louables, SUD éducation revendique une formation de tous les personnels et un temps de concertation entre collègues.

  • En effet, il ne s’agit pas de faire en sorte que les enseignant·es soient pleinement responsables de la gestion et de la résolution des situations de harcèlement. En revanche, il est indispensable que tous les personnels en lien direct avec les élèves soient en mesure de détecter les signaux du harcèlement et aient pleine connaissance des procédures à suivre pour leur donner suite.

  • D’autre part, la lutte contre le harcèlement doit relever de dynamiques professionnelles collectives aux sein des établissements. À ce titre, il faut du temps et de la concertation pour échanger entre collègues, construire des projets et améliorer le climat scolaire. La banalisation de demi-journées pour permettre aux équipes de construire de tels projets, à l’occasion notamment du 18 novembre, journée de lutte contre le harcèlement à l’école, peut être à ce titre un levier pertinent.

     

3. Des élèves entassé·es dans des classes et des établissements scolaires

Une condition indispensable pour prévenir au mieux le harcèlement scolaire est d’avoir des conditions d’étude sereines pour les élèves. Mais au lieu d’investir dans l’éducation nationale, JM Blanquer ne cesse de réduire le budget de l’éducation nationale. Il vient de rendre 75 millions d’euros après avoir économisé plus de 600 millions en 2020. Dans le second degré, dans un contexte de hausse démographique, on en est 8 000 suppressions de postes. Le bien-être des élèves ne semble pas être une priorité pour le ministre qui ne cesse de supprimer des postes et de réduire le budget de l’éducation nationale. SUD éducation réclame un plan d’urgence pour l’éducation, prévoyant des recrutements importants afin de diminuer les effectifs en classe, un accent mis sur la formation continue des personnels, et des moyens matériels permettant une mise à niveau du bâtis scolaire.

SUD éducation revendique :

1. Des moyens en personnels

Limiter les effectifs par classe avec au collège :

  • 20 élèves maximum en collège ordinaire, 16 en éducation prioritaire, 12 en SEGPA.

  • des dédoublements nationaux sur la moitié des horaires d’enseignement dans toutes les matières.

     

Des Vies scolaires renforcées

  • Au moins 1 CPE dans tous les collèges quel que soit le nombre d’élèves

  • 1 CPE pour 120 élèves dans les collèges ordinaires et 1 pour 100 en éducation prioritaire.

  • En plus du CPE, 1 personnel de vie scolaire pour 50 élèves en collège ordinaire et 2 pour 50 en éducation prioritaire.

2. Un réseau de service public à taille humaine et égalitaire

Une taille des collèges limitée avec des collèges de 400 élèves maximum ; la fin des regroupements d’établissements dans des cités scolaires de taille trop importante pour assurer un suivi correct des élèves.

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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 15:54

Le ministère a publié le 12 octobre deux décrets, n° 2021-1327 et 2021-1326, modifiant le statut des enseignant⋅es du second degré. Il devient désormais possible d’imposer jusqu’à deux heures supplémentaires aux collègues travaillant en temps partiel.

Ainsi un⋅e chef⋅fe d’établissement pourra imposer deux heures supplémentaires à un⋅e collègue en temps partiel. Par exemple un⋅e certifié⋅e en temps partiel à 16 heures pourrait être obligé⋅e d’avoir un service à 18 heures, soit un temps complet.
C’est une négation de la notion de temps partiel qui remet en cause nos conditions de travail et notre santé. C’est aussi une fuite en avant pour éviter d’ouvrir des postes aux concours d’enseignant⋅es afin de pourvoir les besoins d’éducation des enfants du babyboom des années 2000.

SUD Éducation revendique :

  • la fin des heures supplémentaires imposées
  • la diminution des heures devant élèves avec l’intégration de 3 heures de concertation dans les maxima de services
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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 15:54

Cet article a été publié le 15/11/2021


SUD éducation porte des revendications pour la justice sociale et climatique dans le secteur de l’Éducation nationale. Zoom sur la question des transports !


Le “forfait mobilités durables”
L’État a mis en place un « forfait mobilités durables » (décret n° 2020-543 du 9 mai 2020 dans la fonction publique de l’État). Le forfait mobilités durables désigne une nouvelle aide destinée à encourager le recours à des transports plus propres.

Ce texte prévoit le remboursement aux agent·es de tout ou partie des frais engagés au titre de leurs déplacements entre leur résidence habituelle et leur lieu de travail avec leur cycle ou cycle à pédalage assisté personnel ou en tant que conducteur·trice ou passager·e en covoiturage, sous forme d'un « forfait mobilités durables ».

Les agent·es peuvent bénéficier du « forfait mobilités durables » à condition de choisir l'un de ces deux moyens de transport pour se rendre sur leur lieu de travail pendant un nombre minimal de jours sur une année civile.
Ce nombre est fixé par arrêté à 100 jours par an à partir de 2021.

Le montant annuel du forfait est fixé à 200€, à compter de 2021. Celui-ci sera versé l’année suivant celle du dépôt de la déclaration par l‘employeur. En outre, l’utilisation d’un vélo pour se rendre sur son lieu de travail peut faire l’objet d’un contrôle de la part de l’employeur.

Le montant du forfait peut être proratisé dans les cas suivants : l’agent·e recruté en cours d’année, l’agent·e radié·e des cadres en cours d’année, l’agent·e placé·e dans une position autre qu’en activité pendant une partie de l’année.

Quelques exclusions :

Cette possibilité de remboursement n'est pas applicable :

Aux agent·es bénéficiant d'un logement de fonction sur leur lieu de travail ;
Aux agent·es bénéficiant d'un véhicule de fonction ;
Aux agent·es bénéficiant d'un transport collectif gratuit entre leur domicile et leur lieu de travail;
Aux agent·es transporté·es gratuitement par leur employeur ;
Aux personnels bénéficiant des dispositions du décret N°83-588

Attention : le versement du « forfait mobilités durables » est exclusif du versement mensuel de remboursement des frais de transports publics.

Comment l’obtenir?
Si votre établissement ne vous a pas fourni de formulaire pour toucher ce forfait, demandez-le à votre direction et contactez le syndicat SUD éducation de votre département! Il faut l’envoyer à votre administration avant le 31 décembre 2021.

Développer des modes de transport plus écologiques !

Le dérèglement climatique que nous connaissons nécessite de changer notre modèle de production mais également nos habitudes collectives, y compris de transport.
La voiture représente presque un tiers (29%) des émissions de gaz à effet de serre de la France, loin devant l’agriculture (17%) et l’industrie (11%). Les émissions de gaz à effet de serre sont responsables du réchauffement climatique dont la rapidité inquiètent les scientifiques du monde entier (cf. le rapport du Giec d’août 2021).
Avec la hausse du prix des carburants, la voiture est un mode de transport qui est également de plus en plus coûteux pour les agent·es qui subissent les bas-salaires et le gel du point d’indice. Le gouvernement espère se servir de la prime de 100 euros versée en une fois dans les mois à venir comme d’un solde de tout compte. Cette mesure montre que le gouvernement s’en remet avant tout aux mécanismes du marché pour limiter la consommation d’énergie, au détriment des salarié⋅es. Elle ne règle rien sur les moyens et longs termes en matière de cherté de la vie comme du déficit des transports publics accessibles à toutes et tous. Il faut au contraire engager des politiques publiques ambitieuses qui permettent à toutes et tous d’éviter la précarité énergétique tout en réduisant la consommation énergétique.

L’État doit mener une politique volontariste pour promouvoir des modes de transport plus écologiques : il faut développer les transports en commun sur tout le territoire et en particulier dans les zones périurbaines et rurales. Le développement des infrastructures doit se faire en concertation avec les populations pour répondre à leurs besoins. Chaque déplacement pour se rendre sur le lieu de travail doit devenir possible en transport en commun.

Dans l’Éducation, les suppressions de postes à répétition dans le second degré ont conduit à ralentir voire à bloquer les mobilités : faute de postes ouverts dans les établissements qui sont proches de leur domicile, les personnels doivent souvent se déplacer davantage pour se rendre sur leur lieu de travail.
De même, puisque les personnels de l’Éducation nationale ne choisissent pas leur lieu de travail, ils devraient avoir accès à des réductions significatives afin de retrouver leurs proches pendant les week-ends et les congés scolaires : l’augmentation des prix des billets de train conduit trop souvent les agent·es à préférer des trajets en voiture.

Revendications

Pour les salarié·es du secteur privé, le montant de remboursement est de 400€ et est cumulable avec un abonnement de transport en commun. SUD Éducation revendique :

- la possibilité de cumuler le FMD avec le remboursement de frais de transport en commun,
- une augmentation à 400€ immédiatement comme pour les salarié·es du privé et à terme le montant de FMD doit être de 500€ ou plus pour les plus précaires, comme proposé par la convention citoyenne pour le climat.
- le développement des transports en commun afin de permettre à tous les personnels de l’Éducation nationale de pouvoir se rendre sur leur lieu de travail en transports en commun.
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13 novembre 2021 6 13 /11 /novembre /2021 10:34

Un magazine national vient de se livrer à des attaques diffamatoires contre l’intégrité professionnelle des plus 800 000 enseignant⋅es du ministère de l’Éducation nationale.

Dès sa Une, il accuse l’école « d’endoctrinement ». Des mots forts qui vont à l’encontre de ce qui fait le fondement de notre profession : enseigner des contenus validés scientifiquement, apprendre à réfléchir par soi-même, à développer son esprit critique, à acquérir des outils pour comprendre le monde.

Fondés sur des sources anonymes commentées par une éditorialiste militante bien connue, les articles vont jusqu’à reprocher à des associations agréées comme la ligue de l’enseignement d’intervenir dans le cadre de sensibilisations aux LGBTphobies, interventions qui rentrent pleinement dans les programmes et objectifs de l’Éducation nationale. La campagne lancée en 2019, "Lutter contre l'homophobie et la transphobie à l'École" n’en est qu’un exemple. Ce titre de presse, au long de son dossier, ne cesse de vilipender celles et ceux-là mêmes qui au quotidien luttent pour l’égalité des élèves.

En faisant passer la lutte contre le racisme, l’homophobie et les discriminations en général pour du militantisme qui n’aurait pas sa place à l’école, une certaine presse se rend complice de ce qui relève de délits qui tombent sous le coup de la loi.

En accusant publiquement les personnels de l’Éducation nationale qui appliquent les programmes et font respecter les valeurs de la République « d’endoctrinement », elle les jette en pâture.

Jean-Michel Blanquer, par ses propos approximatifs et répétés, a rendu possible une telle offensive. En ligue avec la presse réactionnaire, il contribue à entretenir un climat nauséabond.

SUD éducation réaffirme son attachement à une école publique laïque, gratuite, et émancipatrice. Cela passe par la lutte contre toutes les formes de discrimination à l’école.

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12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 17:04

 

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12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 17:03
Ce tract a été publié le 12/11/2021
 
Visuel laïcité.png

Pour l’arrêt du financement et la nationalisation de l’enseignement privé

Contre les récupérations politiques racistes et  islamophobes 

Pour le respect plein et entier de la loi de 1905

 

Les conquêtes laïques sont les nôtres !

 

La laïcité est un principe pour lequel se sont battues des générations de militant·es du progrès social. Les lois laïques de la IIIe République sont le résultat d’un compromis : entre celles et ceux qui voulaient avant tout une offensive contre le cléricalisme et la religion, et celles et ceux qui souhaitaient préserver les institutions de l’influence de la religion. Le résultat en fut la notamment la loi de 1905, qui instaure la séparation des Églises et de l’État, et garantit à toutes et tous la liberté de croire ou de ne pas croire. Il s’agit d’un acquis fondamental de la construction de l’école publique. Ce principe a été précisé à plusieurs reprises, notamment par la loi de 2004, stipulant que « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit ». Précisons qu’encore aujourd’hui, la loi de 1905 n’est pas appliquée partout, et notamment en Alsace-Moselle, qui n’étaient pas sur le territoire français au moment de son adoption, ni dans certains territoires ultra-marins issus de la colonisation. SUD éducation réclame l’extension de la loi de 1905 à l’ensemble des territoires qui n’en bénéficient pas. 

C’est notre camp social qui s’est battu pour la laïcité, pas celui de ce gouvernement au service des capitalistes. Pour SUD éducation, la loi de 1905 doit être défendue pleinement et entièrement. C’est bien l’État et les institutions qui doivent être défendues contre l’intrusion de la religion, et non les individus dont la liberté de croire ou de ne pas croire doit être protégée. Les conquêtes laïques sont les nôtres , elles n’appartiennent pas aux réactionnaires ! 

C’est notre camp social qui s’est battu pour la laïcité, pas celui de ce gouvernement au service des capitalistes. Pour SUD éducation, la loi de 1905 doit être défendue pleinement et entièrement. C’est bien l’État et les institutions qui doivent être défendues contre l’intrusion de la religion, et non les individus dont la liberté de croire ou de ne pas croire doit être protégée. Les conquêtes laïques sont les nôtres , elles n’appartiennent pas aux réactionnaires ! 

 

SUD éducation revendique toujours l’abrogation du concordat en Alsace-Lorraine et l’application des lois laïques sur l’ensemble du territoire.

 

SUD éducation se prononce toujours fermement : 

   -contre l’interdiction faite aux mères portant un signe religieux d’accompagner des sorties scolaires

   -contre l’extension de la loi de 2004 à l’université

 

Combattre le retour du catholicisme d’État

 

Mise en avant de son éducation chez les Jésuites, admiration pour Paul Ricoeur... Macron avait bien mis en scène pendant sa campagne son inscription dans la foi chrétienne. Depuis, son pélerinage à Lourdes et sa visite auprès du pape montrent qu’au plus haut sommet de l’État, le principe de séparation avec l’Église catholique n’est pas sans ambivalence. Plus récemment, plusieurs événements sont venus confirmer cette alliance de fait du gouvernement avec l’Église catholique. D’une part, le refus de Darmanin de condamner le président de la Conférence des évêques de France suite à ses déclarations sur le fait que le «secret de la confession» concernant les violences sexuelles envers les enfants était supérieur aux lois de la République. D’autre part, la visite du premier ministre auprès du pape, le 18 octobre, se soldait par un tweet dans lequel il évoquait «le lien millénaire, au point d’être qualifié de filial, avec l’Église catholique».   

Son ministre de l’Éducation n’est pas en reste. Il cherche absolument à se donner une image de grand laïc, mais en réalité ses liens avec les milieux catholiques conservateurs sont connus, à commencer par SOS éducation, association qui s’était illustrée, dans la continuité de la Manif pour Tous, dans sa lutte contre les ABCD de l’égalité (un outil pédagogique dont le but est de lutter contre les stéréotypes filles-garçons et d'éduquer à l'égalité et au respect entre hommes et femmes). Jean-Michel Blanquer s’est aussi illustré par le soutien qu’il a apporté à la Fondation pour l’école et Espérance banlieues, dirigées par des proches de la mouvance catholique intégriste. Toujours au sein de son ministère, la secrétaire d’État Nathalie Elimas était également partisane de la Manif pour Tous. La laïcité, pour le gouvernement, est moins importante que la valorisation de l’identité chrétienne de la France. Plus que jamais, il est nécessaire de réaffirmer le principe de séparation des Églises et de l’État.      

Reprendre l’offensive pour la laïcité, c’est commencer par dénoncer ces compromissions. Car il ne faut pas se leurrer : le gouvernement ne défend pas la laïcité, il défend l’alliance historique des capitalistes avec le catholicisme, pour mieux chasser sur les terres de l’extrême droite en cette période d’élections présidentielles. 

 

Ne laissons pas Blanquer faire de la laïcité un outil de stigmatisation et de répression !

 

La conception qu’a Blanquer de la laïcité se résume en deux points :

-D’une part un dévoiement, largement partagé par une large frange de la sphère politique, qui consiste à stigmatiser de manière systématique la population musulmane ou considérée comme telle.

-D’autre part une manipulation qui lui permet de mettre en cause le travail et la probité d’une partie des personnels qui lui sont hostiles, en les accusant de refuser les valeurs de la République, à commencer par la laïcité.

 

Petite chronologie des propos islamophobes de Blanquer

Septembre 2019 : Blanquer déclare que «le fondamentalisme islamiste dans certains territoires a fait que certaines petites filles vont à l’école le plus tard possible», ce qui a d’ailleurs été contredit par un rapport de la DEPP d’août 2019. Dans la foulée, il condamne une affiche de campagne la FCPE présentant une maman voilée.

Octobre 2019 : Blanquer refuse de dénoncer à l’agression par un élu RN d’une mère voilée accompagnant une sortie au Conseil régional de Franche-Comté. Refusant toute condamnation, il avait expliqué que selon lui «le voile n’est pas souhaitable dans notre société».

Septembre 2021 : Blanquer fait publier une série d’affiche, moquées par toute la profession, intitulées «·c’est ça, la laïcité·». Ces affiches associent phénotypes, prénoms et appartenance religieuse supposée, dans un pur registre colonial. Elle présente l’immigration comme une menace au vivre-ensemble, et la laïcité comme un remède à ces fractures supposées.

 

Blanquer menace les personnels

Le ministre Blanquer utilise sa vision dévoyée de la laïcité pour mettre en cause toute une partie des personnels de l’éducation. Récemment encore, ses déclatations au CNAM, Blanquer a diffamé et menacé les personnels, en disant qu’une partie de ceux-ci ne respectent pas les valeurs de la République, à commencer par la laïcité, et en sous-entendant que certain·es devraient “sortir du métier”, et qu’il pourrait y avoir des mesures sur le plan de la “gestion de la carrière des personnes”.

Ce discours s’inscrit dans la droite lignée du rapport Obin, mis en musique en cette année 2021-2022 dans le cadre du plan de formation des enseignant·es sur la laïcité, et dont l’angle principal, plus que la promotion de la laïcité, est une chasse aux sorcières contres les «islamo-gauchistes» qui gangrèneraient supposément les INSPE et les universités.

Pour SUD éducation, cette chasse aux sorcières doit cesser immédiatement. Les personnels de l’Éducation sont bien les premier·es à défendre au quotidien les valeurs de la République, dont la laïcité, et non les fossoyeurs de l’école publique, comme l’est ce gouvernement.

 

La lutte pour la nationalisation de l’enseignement privée, une lutte toujours d’actualité

 

La concurrence entre l’enseignement public et l’enseignement privé est un débat vieux comme l’école publique. Il est en revanche toujours d’actualité ! Dans un grand nombre de départements, la concurrence de l’enseignement privé est tel qu’il n’y a parfois tout simplement pas d’école publique dans la commune. Ailleurs, qui n’a pas connu tel ou tel élève quittant l’école publique pour aller s’inscrire dans l’école privée voisine ? Le dualisme scolaire provoque objectivement une inégalité face à l’éducation, autant que la promotion de l’enseignement religieux.

Et pour cause : l’école privée est, depuis la loi Debré de 1959, largement financée par l’État, qui organise ainsi sa propre mise en concurrence. Le projet de loi Savary de 1984, qui avait déclenché des manifestations importantes en faveur de l’école dite «libre», a fait long feu. Depuis, aucun gouvernement n’a tenté de remettre en question l’existence de ce dualisme scolaire qui met en cause l’égalité de toutes et tous les élèves face à l’éducation.

Pire encore, aujourd’hui, le ministre Blanquer accentue cette politique en faveur de l’enseignement privé. Les lois de finance successifs favorisent toujours davantage l’école privée, dont le budget augment plus vite que celui de l’enseignement public. Récemment, plusieurs établissements privés ont pu intégrer les expérimentations en cours liés à la réforme de l’éducation prioritaire.

Pour SUD éducation, il est plus que jamais temps de reprendre le débat sur la fin du dualisme scolaire :

   -en mettant fin au financement public de l’enseignement privé

    -en nationalisant l’enseignement privé, sans indemnité ni rachat, et en tranférant ses personnels dans les corps correspondants de l’enseignement public

 

L’enseignement privé en quelques chiffres (loi de Finances 2022) : 

 

Une part importante... 

   -7 996 000 000 €,

   -10,5% du buget de l’enseignement scolaire

 

...en augmentation : le budget de l’enseignement privé sous contrat augmente plus vite que celui du public    

  •    1er degré public +2,32%
  •    2d degré public de +1,51%
  •    Privé sous contrat +3,21%
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12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 08:38
Cet article a été publié le 11/11/2021
 
Le Pass Éducation permet d'accéder gratuitement aux collections permanentes de plus de 160 musées et monuments nationaux. Voir la liste à la fin de l’article.

Qui y a droit?
 
- Les enseignant·es en activité devant élèves, dans les écoles et les établissements du second degré publics et privés sous contrat (école, collège, lycée).
Les établissements d'enseignement français à l'étranger homologués relevant de l'AEFE sont également servis dans le cadre de la diffusion faite aux établissements. Les professeurs contractuels et les professeurs stagiaires en bénéficient également.

- L'ensemble des personnels de l'Éducation nationale exerçant de manière effective en école, collège, lycée publics est concerné par l'extension du Pass Éducation : personnels d’éducation : CPE, AED, AP, administratifs, sociaux et de santé, d’orientation, AESH, ainsi que les conseillers pédagogiques du 1er degré et départementaux.
 

Vous avez droit au Pass Éducation même si vous êtes à mi-temps.

Les personnels agent·es dont l’employeur est la collectivité territoriale (ATSEM, ATTE) ne bénéficient pas du Pass Éducation. SUD éducation revendique son extension à tous les personnels exerçant au sein du service public d’éducation.

 

Comment l’obtenir ?
Le pass éducation est distribué par les directeurs ou directrices d'école, les chefs d’établissement des collèges et lycées.

Si les Pass Éducation ne sont pas arrivés dans votre école, écrivez avec direction d’école au département.

 

Quelle durée de validité?
Le Pass Éducation a une durée de validité de trois ans. Ils arrivent à leur terme fin 2021 et vont être renouvelés. De nouveaux Pass Éducation vont arriver sur votre lieu de travail, si il n’y a pas assez de Pass Éducation pour tous les personnels, votre établissement ou votre école doit faire une demande de réassort auprès de l’administration.

 

Attention aux contrefaçons : il n’y a pas de version en ligne du Pass Éducation  !
Plusieurs sites internet existent tel que "e-pass‧education" qui tentent sciemment d'entretenir la confusion (domaine en .education, logo de l'académie de Versailles et du ministère) Il s'agit de sites d’entreprises privées qui ne délivrent pas le Pass Éducation qui est uniquement délivré par votre hiérarchie dans votre école ou votre établissement. SUD éducation dénonce ces pratiques qui tendent à tromper les personnels pour qu’ils et elles s’inscrivent sur des sites relevant d’intérêts privés. Nous nous étonnons que de telles pratiques puissent exister sans réaction de la part du ministère, voire que des sites disciplinaires académiques en fassent parfois la promotion.


Textes et contact utiles
Convention entre la RMN, le MENESR et le MCC - Convention du 26 mai 2014

Finalités éducatives et pédagogiques du pass éducation - Circulaire n° 2016-011 du 3 février 2016

Finalités éducatives et pédagogiques du pass éducation : modification circulaire n°2017-015 du 30 janvier 2017


Si vous rencontrez des difficultés dans l’obtention du Pass, contactez le syndicat SUD éducation de votre département.
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Published by SUD 61
12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 08:38

En 2017, lors de la dernière élection présidentielle, moins de 5% des enseignant·es et des personnels de l’éducation ont voté pour Marine Le Pen. Le monde de l’éducation a jusqu’alors résisté à la percée de l’extrême-droite de ces dernières décennies. Depuis 2017, les médias montent en épingle des enseignant·es engagé·es auprès de Marine Le Pen ou aujourd’hui d’Éric Zemmour. Or on constate qu’il s’agit, et heureusement, d’un phénomène très marginal.

Comment l’expliquer ? En tant que syndicalistes nous avons une connaissance privilégiée de l’institution et de ses personnels. Nous sommes convaincu·es que cette résistance aux idées d’extrême-droite est bel et bien indissociable des aspirations qui président aux métiers de l’éducation.

Et pour cause : être un·e professionnel·le de l’éducation, c’est faire sien l’héritage des Lumières, de la Révolution française, des conquêtes républicaines, contre l’obscurantisme et la pensée rétrograde. C’est porter l’histoire de la construction d’une école émancipatrice, des grandes batailles pour la laïcité et contre la mainmise des églises sur l’enseignement, pour l’extension et la défense du service public.

Être un·e professionnel·le de l’éducation, c’est avoir la conviction que chaque élève a sa place dans notre société. C’est donc œuvrer au quotidien pour la tolérance et, à l’échelle de sa classe, de son établissement, pour que les préjugés antisémites, racistes, LGBTIphobes et sexistes ainsi que toutes les formes de discriminations reculent. C’est d’ailleurs ce qu’exigent de nous les programmes scolaires !

Enfin, être un·e professionnel·le de l’éducation, c’est assumer la ferme conviction que notre objectif est bien de former des citoyen·nes éclairé·es, et que la pédagogie, la bienveillance, la construction de la confiance avec les élèves et les familles, l’innovation ne sont pas des gros mots mais bien les leviers d’une école qui permette à toutes et tous de réussir.

Or, l’extrême droite représente l’inverse de tout cela. Elle incarne le courant politique issu en droite ligne de l’opposition à la République et à ses valeurs, depuis la Révolution jusqu’à la guerre d’Algérie, en passant par le régime de Vichy. Les récentes interventions de certain·es de ses représentant·es les plus médiatiques le confirment, même si plusieurs années de tentative de “dédiabolisation” ont pu le faire oublier. Elle représente le courant le plus hostile au syndicalisme, à la démocratie sociale, aux acquis du mouvement ouvrier.

Elle est hostile à l’immigration, au féminisme, aux droits des personnes LGBTQIA+ : dans le champ de l’éducation, elle s’est illustrée ces dernières années par son opposition à toutes les politiques visant à promouvoir l’égalité. Plus généralement, on ne compte plus le nombre de personnalités d'extrême-droite condamnées par la justice pour provocation à la haine raciale.

Enfin, elle est vent debout contre ce qu’elle appelle le “pédagogisme”, revendique un retour à l’école de l’estrade et des punitions, porte dans la société une vision décliniste et rétrograde de l’école, dans laquelle les enseignant·es seraient au fond les idiot·es utiles d’une menace sourde sur le destin de la France. Elle porte la lourde responsabilité de la désignation des enseignant·es comme bouc-émissaire des colères identitaires.

L’extrême-droite ne condamne jamais l’insuffisance des moyens attribués à l’éducation. Jamais l’extrême-droite ne parle des vraies difficultés des personnels qui ont vu leurs conditions de travail se dégrader. Jamais l’extrême droite ne porte un regard critique sur les inégalités scolaires et sociales des élèves qui n’ont cessé de se renforcer.

Au contraire elle instrumentalise les craintes pour dénigrer l’école et ses personnels ou pour imposer des mesures de préférence nationale au sein du service d’éducation. Elle fait de l’école un prétexte pour imposer sa vision xénophobe et sécuritaire de la société.

Il n’est pas difficile d'imaginer ce que deviendrait l'école si l'extrême droite prenait les rênes du pouvoir. Nous en avons déjà une illustration dans les municipalités tenues par l'extrême droite avec des mesures anti-sociales telle que la fin de la gratuité de la cantine ou des transports pour les enfants des familles démunies, ou encore des entraves dans l’accès aux activités périscolaires.

Pour nous, responsables syndicaux·ales de plusieurs organisations de l’Éducation nationale, les personnels ont un rôle à jouer, particulièrement en cette période de campagne pré-électorale. Nous appelons donc solennellement les personnels de l’Éducation nationale à faire front contre la montée de l’extrême droite et ses idées, sur nos lieux de travail comme dans le débat public.

 

Frédéric Marchand Secrétaire général de   l’UNSA-Education

Benoît Teste Secrétaire général de la FSU

Maud Valegeas Co-secrétaire fédérale de SUD éducation

Isabelle Vuillet Co-secrétaire générale de la CGT Éduc'action

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Published by SUD 61
12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 08:36
Cet article a été publié le 10/11/2021

“Paroles de filles” est un atelier conçu par deux professeures documentalistes dans un collège. C’est un atelier hebdomadaire de discussion en non-mixité de genre: élèves et une adulte référente. Ce dispositif a pour but de créer un espace de confiance où les élèves filles peuvent se confier, être écoutées. Mais il doit aussi faire découvrir les notions de féminisme, de sexisme et participer à l'éducation aux sexualités.

“Parole de filles” permet également de faire découvrir les médiations de communication aux élèves : tours de parole, écoute et prise de parole bienveillante, mise en place d’un cadre de discussion où l’on puisse se sentir en sécurité...

Comment mettre en place l’atelier?
Le projet a été mené par deux profs-docs mais peut être expérimenté par n'importe quel personnel motivé. L'intérêt était que nous avions le lieu CDI à disposition, plus neutre qu'une salle de classe, et que nous avions un rapport différent que les collègues profs par exemple aux élèves. La participation d’autres personnels (médico-sociaux, Vie Scolaire, agent·e…) peut également être un atout.

étape 1 : faire connaître le projet “Parole de filles”

En amont, on peut utiliser les différents moyens de communication de l’établissement (affichage dans le collège pour faire connaître le projet, un mail d’information aux équipes…) afin de trouver des élèves pour participer. En fonction de la situation, les parents peuvent être associés à la démarche.

étape 2 : organisation pratique

“Dans le collège dans lequel nous avons expérimenté “Parole de filles”, nous avons décidé de faire deux groupes selon l’âge : un groupe d’élèves de 5eme, et un groupe d’élèves de 4eme-3eme réunies, car leurs besoins et les thèmes abordés sont différents. Par exemple, les élèves plus âgées ont davantage de questions sur la sexualité et sur le corps.
Nous avons choisi d’avoir une adulte référente par groupe, qui reste la même si possible.
L'espace CDI était divisé en deux, une vraie “frontière” était installée pour préserver l'intimité du groupe (grilles d'exposition avec des grands tissus). Pour accentuer ce sentiment d'intimité mais aussi pour créer une ambiance agréable, nous mettions de la musique, nos choix allaient vers une playlist féministe !
“Parole de filles” avait lieu pendant la pause méridienne, de manière hebdomadaire pendant environ 30 minutes.

étape 3 : déroulement de l’atelier

Au début, l'adulte prend les tours de parole mais très vite ce rôle peut être attribué à une élève. Le déroulé est plus fluide lorsque les élèves ont déjà une pratique des conseils (cf. la fiche de SUD éducation sur les conseils coopératifs dans le second degré).
Les sujets de discussion sont libres : soit une élève a une idée de thème à aborder, soit la discussion de la semaine précédente est poursuivie, soit l'adulte référente propose un thème (discrimination, relations amoureuses, harcélement, publicité, rôle des filles, actualité…).”

Retours sur l'expérience

Les élèves avaient beaucoup de questions évidemment sur les rapports sexuels, la puberté, les règles. Ces questions ne sont pas suffisamment abordées. Cela nous montre par ailleurs que ce qui est vu dans le cadre de la classe n'est pas toujours bien compris faute de pouvoir s'y exprimer librement.
Un tel atelier de libération de la parole peut faire émerger des paroles graves : harcèlement, attouchements... C’est pourquoi il faut prévenir dès le début les élèves que nous pouvons être amenées à faire appel à des adultes relais si besoin (infirmières, chef‧fes d'établissement...)
L’atelier a permis de valoriser la parole des filles au-delà de l’atelier puisque, suite à ce projet pédagogique, deux professeures principales du collège ont demandé des conseils pour organiser une heure de vie de classe en non-mixité de genre (en 4e et en 5e). Il s’agissait de classes dans lesquels les conflits entre filles et garçons pouvaient être vifs et dans lesquels les filles avaient dit se sentir « écrasées ». Pendant que la professeure principale parlait avec les filles, une prof-doc parlait avec le groupe des garçons des inégalités de genre, du sexisme, du patriarcat dans un objectif de prise de conscience, notamment des outils disponibles au CDI.
L’expérience de “Parole de filles” montre que l’émergence des la parole des filles permet de questionner et de transformer les relations sociales entre élèves dans leur ensemble.


L’atelier “Parole de filles” a fait l’objet de beaucoup de remarques, plus ou moins sérieuses, quant à la création d'un groupe "Paroles de garçons" ! Enfin, le CDI était réservé pour cet atelier et les autres élèves n'avaient donc pas accès au lieu. Cela créait à chaque fois beaucoup d’incompréhension (notamment chez les garçons) mais cela nous permettait d'expliquer pourquoi un tel projet était important.
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