6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 14:45

 

Le président Macron a indiqué le mercredi 31 mars que le télétravail devait être la règle pour éviter la propagation du virus. Il semble inconcevable que le ministère n’applique pas cette règle mais aucune consigne n’est pour l’instant parue. Certain-es chef-fes d’établissements ont d’ores et déjà demandé aux AED d’être présent-es sur leur lieu de travail mardi 6 avril, sans qu’aucun cadre ne soit pour l’instant fixé.

Il faut exiger de connaître les missions confiées, qui ne peuvent pas être autres que celles figurant dans le cadre réglementaire qui vous concerne (circulaire du 11 juin 2003), l’amplitude horaire et le rythme hebdomadaire.

Une demande de télétravail peut être transmise à l’écrit au / à la supérieur-e hiérarchique. Les AED qui doivent s’occuper de leurs enfants peuvent être placé-es en ASA, sur demande écrite au / à la supérieur-e hiérarchique.

Les heures non effectuées pendant cette période ne peuvent pas être reportées à plus tard.

En cas de demande par le / la chef-fe d’établissement de présent sur le lieu de travail, nous invitons les AED à lister les problèmes rencontrés (tâches hors mission, présence inutile, horaires non adapté-es pour éviter les heures de pointe, refus des demandes de télétravail par des collègues...) et à se rapprocher du syndicat SUD éducation de leur département.

 

2/ Qui sont les “personnels vulnérables” ?

Le décret 2020-1365 du 10 novembre 2020 pris pour l’application de l’article 20 de la loi de finances rectificative n°2020-473 du 25 avril 2020 pour 2020 a été publié, mettant à jour les critères de vulnérabilité face à l’épidémie de COVID-19. Le ministère de la Fonction Publique a publié le 10 novembre une circulaire relative à l’identification et aux modalités de prise en charge des agents publics civils reconnus personnes vulnérables :

La vulnérabilité mentionnée au I de l'article 20 de la loi du 25 avril 2020 susvisée répond à l'un des critères suivants :

1° Etre âgé de 65 ans et plus ;

2° Avoir des antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d'accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;

3° Avoir un diabète non équilibré ou présentant des complications ;

4° Présenter une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d'une infection virale : (broncho pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d'apnées du sommeil, mucoviscidose notamment) ;

5° Présenter une insuffisance rénale chronique dialysée ;

6° Etre atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;

7° Présenter une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm2) ;

8° Etre atteint d'une immunodépression congénitale ou acquise :

- médicamenteuse : chimiothérapie anti cancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;

- infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm3 ;

- consécutive à une greffe d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;

- liée à une hémopathie maligne en cours de traitement ;

9° Etre atteint de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;

10° Présenter un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;

11° Etre au troisième trimestre de la grossesse.

 

3/ Je suis personnel vulnérable, que dois-je faire ?

Si vous répondez aux critères prévus par l’article 1 du décret 2020-1365 du 10 novembre 2020, il faut :

  1. Consulter son médecin traitant, qui s’il le juge nécessaire, établira un certificat médical indiquant que vous présentez un risque particulier de développer une forme grave de la Covid-19 en raison d’une pathologie particulière.
  2. Présenter ce certificat à la hiérarchie. Votre chef-fe de service, IEN, chef-fe d’établissement doit alors, en application de la circulaire relative à la prise en compte dans la fonction publique de l’Etat de l’évolution de l’épidémie de covid-19 du 31 août 2020 :
  • organiser votre poste de manière à permettre le télétravail ;
  • si ce n’est pas possible, en raison de la nature de votre mission, une autorisation spéciale d’absence doit vous être accordée.

Les autorisations d’absence peuvent être circonscrites dans le temps, mais doivent être renouvelées sans limite de temps tant que les textes réglementaires actuels sont en vigueur.

Le télétravail ou l'ASA ne doivent pas avoir d’incidence sur votre salaire (indemnités, HSA comprises).

Quels critères pour organiser le télétravail ?

La circulaire du 10 novembre prévoit ces critères :

  1. a) L’isolement du poste de travail (bureau individuel ou permettant le respect de la distanciation physique) ou, à défaut, son aménagement, pour limiter au maximum le risque d’exposition (horaires, mise en place de protections) ;
  2. b) Le respect strict, sur le lieu de travail, des gestes barrières applicables (l’hygiène des mains renforcée, le respect de la distanciation physique et le port systématique d’un masque à usage médical lorsque la distanciation physique ne peut être respectée ou en milieu clos, avec changement de ce masque au moins toutes les quatre heures et avant ce délai s’il est mouillé ou humide) ;
  3. c) L’application des mesures de protection susmentionnées à tout lieu fréquenté par la personne à risque à l’occasion de son activité professionnelle (restaurant administratif notamment) ;
  4. d) L’absence ou à défaut la réduction au maximum du partage du poste de travail ;
  5. e) Le nettoyage et la désinfection du poste de travail et des surfaces touchées par la personne au moins en début et en fin de poste, en particulier lorsque ce poste est partagé ;
  6. f) Une adaptation des horaires d’arrivée et de départ afin de garantir le respect de la distanciation physique, lorsque les horaires de travail habituels de l’agent ne permettent pas, compte tenu des moyens de transport qu’il utilise, le respect de cette distanciation au cours du trajet entre le domicile et le lieu de travail ;
  7. g) La mise à disposition par l’employeur, si les moyens de transport habituellement utilisés par l’agent pour se rendre sur son lieu de travail l’exposent à des risques d’infection par le virus SARS-CoV-2, de masques à usage médical en nombre suffisant pour couvrir les trajets entre le domicile et le lieu de travail.

Si ces critères ne peuvent être respectés, alors l’administration doit placer l’agent-e en télétravail.

Et si l’administration refuse de me placer en télétravail ?

La circulaire du 10 novembre indique :

En cas de désaccord entre l’employeur et l’agent sur les mesures de protection mises en œuvre, l’employeur doit saisir le médecin du travail, qui rendra un avis sur la compatibilité des aménagements de poste avec la vulnérabilité de l’agent. En attendant cet avis, l’agent est placé en ASA.

Pour mémoire, le médecin de prévention doit agir dans « dans l'intérêt exclusif de la santé et de la sécurité des agents dont il assure la surveillance médicale. » (article 11-1 du décret 82-453).

Pour SUD éducation, cette formulation de la circulaire est insuffisante : les préconisations du médecin de prévention doivent s’imposer à l’administration. Contactez votre syndicat SUD éducation pour vous faire accompagner.

 

4/ Je présente les symptômes du Covid-19, que dois-je faire ?

Pour mémoire, les symptômes de la Covid listés par l’assurance-maladie sont les suivants :

  • une fièvre ou sensation de fièvre,
  • des signes respiratoires, comme une toux, un essoufflement ou une sensation d’oppression dans la poitrine,
  • le nez qui coule, un mal de gorge,
  • une fatigue importante inexpliquée,
  • une perte du goût : le goût d’un aliment ne peut être différencié de celui d’un autre (par exemple le poisson et le poulet ont le même goût),
  • une perte de l’odorat avec impossibilité de reconnaître une odeur même marquée comme celle d’une viande grillée,
  • des maux de tête,
  • des courbatures et/ou des douleurs dans les muscles,
  • une diarrhée avec au moins 3 selles molles dans la journée.

En cas de symptômes, il faut :

  1. avertir son chef d’établissement / son IEN par simple courrier en informant que l’on ne se rendra pas sur son lieu de travail et que l’on va prendre rendez-vous chez son médecin traitant pour se faire diagnostiquer ou passer directement un test. Vous pouvez vous déclarer directement sur le site de la Caisse nationale d’assurance-maladie. L’administration doit alors vous placer en autorisation spéciale d’absence.
  2. Il vous appartient de prendre rendez-vous avec votre médecin traitant et de vous faire dépister au plus vite.

En cas de diagnostic positif :

  1. Il faut rester isolé-e et suivre les recommandations du médecin.
  2. La sécurité sociale prendra contact avec vous pour établir la liste des personnes avec lesquelles vous avez été en contact, et se chargera de les contacter.
  3. Transmettez l’arrêt de travail dérogatoire fourni par l’assurance-maladie à votre administration.

 

5/ Je suis en congé de maladie diagnostiqué-e Covid-19, quid de ma rémunération ?

Le jour de carence au titre des congés de maladie directement en lien avec la covid-19 accordés aux agent-es est suspendu jusqu'au 1er juin inclus.

Vous percevrez donc un salaire plein (ou les indemnités journalières pleines si vous n'êtes pas fonctionnaire).

SUD éducation, avec l’Union syndicale Solidaires, lutte pour la suppression définitive de la journée de carence.

 

6/ Qu'est-ce qu'un “cas contact” ?

Pour l’assurance-maladie, un cas contact est une personne qui, en l’absence de mesures de protections :

— a partagé le même lieu de vie que le cas confirmé ou probable ;

— a eu un contact direct avec un cas, en face à face, à moins d’1 mètre, quelle que soit la durée (ex. conversation, repas, flirt, accolades, embrassades). En revanche, des personnes croisées dans l’espace public de manière fugace ne sont pas considérées comme des personnes-contacts à risque ;

— a prodigué ou reçu des actes d’hygiène ou de soins ;

— a partagé un espace confiné (bureau ou salle de réunion, véhicule personnel…) pendant au moins 15 minutes avec un cas ou étant resté en face à face avec un cas durant plusieurs épisodes de toux ou d’éternuement.

On n’est donc pas concerné-e tant que la personne avec qui vous avez été en contact n’est pas diagnostiquée positivement, même si elle est isolée à titre préventif.

Pour être considéré comme cas contact par l'administration, il faut soit :

  • avoir été contacté par l'ARS ou la CPAM (donc la personne positive doit avoir donné vos coordonnées) ;
  • que l'administration vous déclare directement.

7/ J’ai été en contact avec une personne diagnostiquée Covid-19, que dois-je faire ?

Si la hiérarchie ou les autorités sanitaires vous indiquent que vous êtes cas contact, voici la marche à suivre.

Il faut avertir son chef d’établissement / son IEN par simple courrier électronique en informant que l’on ne rendra pas sur son lieu de travail conformément aux directives des autorités sanitaires. Il ou elle doit immédiatement vous proposer le télétravail ou vous placer en ASA si celui-ci n’est pas possible, conformément aux consignes de la DGAFP. En aucun cas les personnes cas contacts ne doivent être placées en congés maladie ordinaire dans l’attente du résultat du test.

Il faut réaliser immédiatement réaliser un test antigénique pour savoir si l'on est contaminé. Dans ce cas, il faut alors avertir l'administration et les autorités de santé, afin de rechercher les cas contacts pour briser autant que faire se peut la chaîne de contamination.

Opérez une déclaration d’isolement dès que vous avez été contacté par les autorités sanitaires (ARS, CPAM) sur ameli.fr (même si vous êtes fonctionnaire) : https://declare.ameli.fr/cas-contact/conditions. Vous recevrez par mail et/ou courrier papier une attestation qui pourra vous être demandée par votre hiérarchie.

Il faut ensuite rester isolé-e au moins 7 jours. À J+7, un test négatif vous permet de retourner sur le lieu de travail. Si vous vivez avec une personne contaminée, il faut attendre un test négatif réalisé 7 jours après sa guérison.

 

8/ Que peut-on exiger de moi en situation de télétravail ?

Pour rappel le télétravail est encadré dans la Fonction Publique (Décret 2016-151 modifié par le Décret n° 2020-524) : il se fait à la demande de l’agent·e et l’administration doit fournir les équipements en respectant les normes d’équipement en vigueur, donc si nous ne sommes pas volontaires pour le télétravail, rien ne nous y oblige.

Les obligations réglementaires de service des personnels enseignant-e-s sont toujours applicables. Nous sommes à la disposition de l’employeur uniquement sur ces horaires et dans le cadre de notre service ; nos obligations de service sont d’assurer ce service et les missions qui y sont liées.

→ On ne doit pas attendre des collègues qu’ils/elles se connectent au delà de leurs obligations réglementaires de service, les règles du télétravail visent à faire respecter le cadre habituel du travail notamment par rapport aux horaires auxquels les agents sont joignables, sachant qu’il n’y a pas d’obligation de fournir son numéro de téléphone .

En cas d’injonctions qui outrepasseraient les droits des personnels, prenez contact avec votre SUD éducation pour une intervention syndicale.

Les personnels ne sont pas tenus à une obligation de résultat en matière de télétravail. À l’impossible, nul-le n’est tenu-e en raison des conditions de vie et sanitaires auxquelles nous faisons face, et en raison des conditions techniques. Les serveurs institutionnels saturent, les plateformes libres exhortent les institutions à créer leurs propres moyens. La saturation est par ailleurs le signe que les personnels essayent de travailler.

Contacter les élèves et leur famille, répondre aux sollicitations du public

L’employeur ne peut nullement exiger que les contacts avec les élèves et leurs responsables soient effectués avec les moyens de communication personnels des agent-e-s. Demander aux personnels d’utiliser leur téléphone personnel est ainsi proscrit.

L’administration doit mettre en œuvre les moyens de communications habituels et d’assurer leur bon fonctionnement (plateforme type ENT, redirection d’appel si nécessaire, etc.)

9/ Je dois garder l’un-e de mes enfants scolarisé-E en école élémentaire

Pour SUD éducation, il est évident que la garde d’enfants n’est par définition pas compatible avec le télétravail.  La ministre de la Fonction publique a indiqué que les agent-e-s qui peuvent exercent leur mission en télétravail doivent bénéficier d'une ASA dès lors que leur enfant est scolarisé en école élémentaire.

Si votre enfant est handicapé-e, il l'y a pas de limite d'âge.

SUD éducation vous invite à exiger d’obtenir une ASA qui garantit le maintien de la totalité de votre traitement.

Si votre hiérarchie fait des difficultés, contactez votre syndicat SUD éducation.

 

10/ Est-ce que je dois répondre à mon-ma supérieur-e hiérarchique depuis mon domicile ?

 

Un-e agent-e n’a pas l’obligation de transmettre à l’employeur ses coordonnées personnelles (numéro de portable par exemple), donc il n'y a pas d'obligation à répondre par téléphone. Les personnels ont cependant l’obligation de consulter leur messagerie professionnelle régulièrement.

 

En tout état de cause, si un-e agent-e bénéficie d’un congé maladie (y compris en raison du risque lié au coronavirus, et même s’il ou elle n’en est pas atteint-e) ou d’une autorisation spéciale d’absence, il n’existe aucune obligation de communication directe et fréquente avec l’administration. 

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 14:43

Loin du plan d’urgence pour l’éducation dans lequel il aurait fallu investir dès le printemps dernier, le gouvernement poursuit le démantèlement du service public d’éducation. Les suppressions de postes, en cette préparation de la rentrée 2021, sont sous le feu des critiques : partout sur le territoire, des équipes se mobilisent pour sauver une classe, une école, un poste, tel ou tel dispositif impacté par les suppressions de postes. Les salaires n’augmentent pas, comme le confirment les arbitrages rendus par le ministre Blanquer en ce mois de mars 2021 suite à un Grenelle de l’éducation qui n’aura été qu’une mystification de plus.  La précarité continue de s’étendre, et la loi de transformation de la Fonction publique va encore l’aggraver. Face à cela, les personnels concernés, AED et AESH en tête, multiplient les mobilisations pour obtenir des augmentations de salaires et un véritable statut. SUD éducation participe activement à ces mobilisations.

Le bassin aiglon est le parfait exemple de l'aveuglement de l'éducation nationale. Après les manifestations inter-établissements du 18 février et du 1er avril, rien ne bouge. L’audience commune sollicitée par les enseignants des collèges Molière et Dolto ainsi que le lycée Napoléon auprès des services académiques n’a pas été retenue, transformée en plusieurs audiences avec chacun des établissements. Le COVID a frappé plus gravement qu'ailleurs cette région mais ça n'empêche pas de continuer à fermer des classes, des postes, multipliant ainsi le risque de contamination avec des classes surchargées et nuisant à la qualité de l'offre d'éducation proposée. Quelles orientations proposer aux élèves après la 3e ? Quel enseignement de qualité sans moyens supplémentaires ?

Les conséquences de la crise sanitaire restent la préoccupation centrale des personnels. L’hypocrisie et l’autoritarisme sont toujours à l'œuvre dans la mise en œuvre d’un protocole sanitaire sans cesse renforcé mais toujours inapplicable : c’est un facteur majeur de souffrance au travail. Il faut accélérer la mise à disposition de la vaccination pour les personnels volontaires afin qu’elle soit possible sans délai et construire avec les personnels des scénarios de poursuite de l’activité dans les mois à venir.

Dans le premier degré, l’adoption d’une version largement remaniée de la proposition de loi Rilhac en première lecture au Sénat le mercredi 10 mars laisse à penser que la majorité est désormais décidée à conférer aux directeurs et directrices d’école une autorité fonctionnelle et une fonction d’encadrement. Les garde-fous qui avaient été introduits lors de la première lecture à l’Assemblée nationale ont été supprimés et l’adoption de cette proposition de loi en l’état modifierait en profondeur le fonctionnement des écoles. SUD éducation a d’ores et déjà porté dans l’intersyndicale la proposition d’une grève au printemps contre cette proposition de loi et mènera campagne pour empêcher la caporalisation des écoles et la transformation du rôle des directeurs et directrices d’écoles.

Les répressions à l’encontre de nos libertés et en particulier syndicales et encore plus particulièrement contre Sud éducation se font de plus en plus nombreuses et violentes. On songe à la loi de sécurité globale en ce qui concerne nos libertés syndicales et de manifester. Pour SUD éducation, des camarades trop nombreux subissent l’arbitraire de l’administration à Bobigny par deux fois, à Melle, Strasbourg, Bordeaux, en Aveyron. Par tous les moyens, nous devons défendre nos camarades contre des sanctions à caractère politiques. Celles-ci ne feront que renforcer notre détermination à lutter.

Enfin, les discriminations, dans l’éducation comme ailleurs, se poursuivent. Les LGBTQIphobies notamment ont des conséquences dramatiques comme le montre le suicide récent de Luna-Avril. SUD éducation s’engage dans une campagne contre les LGBTQIphobies dans l’éducation, dans le but de mobiliser la profession à l’occasion des marches des fiertés et de la journée internationale de lutte contre les LGBTQIphobies du 17 mai.

Dans son discours du mercredi 31 mars, le président Macron a annoncé une nouvelle fermeture des écoles et établissements scolaires pendant trois à quatre semaines. De nouveau, l’annonce s’est faite de manière très brusque : cette soudaineté a suscité des difficultés d’organisation évidente, pour les personnels mais aussi les familles. Pour SUD éducation, il s’agit avant tout de permettre immédiatement la vaccination des personnels. Il faut que les écoles et établissements ne rouvrent pas dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui. Les leçons du fiasco doivent être tirées.

En ce qui concerne la période d’enseignement à distance, l’impréparation du ministère, à cette situation pourtant prévisible, est évidente, que ce soit en termes de capacité des serveurs ou d’équipement des personnels et des élèves. L’enseignement à distance doit faire l’objet de garanties : respect des obligations de service, solutions publiques d’enseignement à distance, liberté pédagogique, et refus de toute pression hiérarchique. Les personnels ayant des enfants de moins de 16 ans doivent bénéficier d’autorisations d’absences qui garantissent le maintien de leur rémunération.
Durant cette période, l’accueil des enfants de personnels soignants est quelque chose de positif : le dispositif doit être étendu aux enfants et adolescent-e-s en situation de grande précarité ou de vulnérabilité. Les élèves doivent pouvoir continuer à s’alimenter correctement. L’absence de demi-pension doit être compensée par une aide versée immédiatement aux familles.

SUD éducation alerte depuis le printemps dernier sur la nécessité d’investir dans l’éducation pour baisser les effectifs et permettre à l’école de faire face de manière durable à la crise sanitaire. Le ministre, pendant toute cette période, n’a écouté personne. Il s’est enfoncé dans sa stratégie du déni et du mensonge, et porte à cet égard une responsabilité importante dans cette nouvelle fermeture. Une fois encore, il a été démenti de manière cinglante. Au-delà, en refusant d’investir massivement dans les services publics et notamment de santé, c’est le gouvernement qui est responsable de l’incapacité à faire face durablement à la crise épidémique. SUD éducation avait pourtant proposé dès le printemps un plan d’urgence pour l’éducation. En refusant toute discussion autour de ces mesures, le ministère nous a conduits dans le mur.

Face aux perspectives éloignées de sortie de la crise sanitaire, il s’agit plus que jamais de donner les moyens nécessaires à l’Éducation en termes de postes, de locaux ou de matériel sanitaire. C’est une nécessité absolue : pour résorber les inégalités qui vont de nouveau s’accroître, et pour permettre d’éviter, une nouvelle fois, que les écoles et établissements ne deviennent des foyers de contamination.

Pour ce qui est des OTS que nous devons voter aujourd'hui, comment prendre une décision alors que nous ne connaissons pas l'avis des personnes concernées. Lors des CDEN précédents consacrés à ce sujet, vous nous donniez l'avis du conseil d'école, des élu.e.s et de la DSDEN. Là, nous ne savons pas qui propose quoi. Nous savons en revanche qu'il y a des désaccords entre équipes pédagogiques et CDC dans certaines communes sans être informé.e.s de ce qui a déterminé votre choix. Nous pouvons d'ores et déjà regretter le manque de respect du rythme des élèves en constatant que les choix proposés répondent plus à un désir d'économie des CDC ou/et à l'aménagement du temps de travail des adultes. Quid des enfants dans ces choix. Seules 17 écoles sur 169 n'ont pas demandé de dérogation, n'est-ce pas choquant ?

Pour ce qui est de la MDPH, de nombreux élèves sont en attente de traitement de leur dossier. A la lecture du document transmis, il semble qu'il y ait un problème de moyens. Qu’est-il prévu pour remédier à ce problème et veiller à ce que les personnels soient en nombre suffisant et travaillent dans de bonnes conditions afin d'éviter les démissions évoquées.

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 14:42
Le rassemblement prévu n'est pas maintenu, mais l'intersyndicale vous propose une visio à 10h30, on peut s'inscrire à cette adresse :
Inscription à la visio d'informations inter-syndicales AESH - 8 avril 2021
DOCS.GOOGLE.COM
Inscription à la visio d'informations inter-syndicales AESH - 8 avril 2021
La FSU, la CGT Educ'action, Sud éducation, la FNEC-FP FO et le SNALC de l'Orne vous propose une visio d'informations inter-syndicales le jeudi 8 avril 2021 de 10h30 à 12h00. Comme le nombre de places est limité à cette visio, ce formulaire vous permettra de vous inscrire et de recevoir les codes...
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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 14:41
Enseignement à distance : un jour sans fin ?

Plus d’un an après le premier confinement, la même scène se reproduit. Alors qu’enseignant-e-s, élèves et parents tentent de se connecter aux différents ENT déployés par les collectivités territoriales, nombreux sont les outils dont les serveurs n’ont pas supporté la charge dès le matin du 6 avril. Messages d’erreurs, sites complètement inaccessibles, visios désactivées…

Les ENT de la région Île-de-France, région Grand-Est, Hauts de France, région Normandie, des écoles de Paris, la classe virtuelle du CNED sont par exemple concernés.

L’impossibilité d’utiliser les outils institutionnels aux premières heures de cette nouvelle période d’enseignement à distance risque d’aggraver encore le décrochage.

Cela pointe à nouveau l'insuffisance des outils déployés par l’Éducation nationale et les différentes collectivités de rattachement qui conduit nombre de collègues à se déporter vers les solutions logicielles des GAFAM.

Après l’expérience du premier confinement et celle d’un an d’enseignement à distance dans l’Enseignement supérieur, on aurait pu imaginer que des leçons auraient été tirées. À l’inverse, la même scène se répète. Un an après le “On est prêt” de M. Blanquer, les infrastructures ne sont pas prêtes.

Avec 12 millions d’élèves et 1,2 millions de personnels on pourrait imaginer que la 6e économie mondiale pourrait déployer des solutions numériques à la hauteur. Force est de constater le retard criant de l’Éducation nationale dans ce domaine.

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 16:54

Manifestation jeudi 1er avril à L'Aigle : après les demi-promesses du rectorat, les 3 établissements restent unis et mobilisés pour faire entendre leurs revendications !

 

Quelques photos sur notre twitter :

 

https://twitter.com/SudOrne/status/1377712867869360128?s=20

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 16:53

Communiqué commun SUD Recherche EPST et SUD éducation

La ministre F. Vidal recevait ce jeudi 1er avril les organisations syndicales du personnel de l'enseignement supérieur, de la recherche et des CROUS pour donner des précisions suite au discours d'Emmanuel Macron. Précisions attendues, compte-tenu des propos lapidaires (quelques secondes !) qu'il a octroyés à près de 3 millions d'étudiant-e-s et de collègues de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR).

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la ministre partage avec le président de la République une grave propension à l'auto-satisfaction et à l'aveuglement. Après un an de confinement et de quasi-fermeture des universités, ne voient-ils toujours pas les conséquences parfois dramatiques pour les étudiant-e-s mais aussi pour le personnel ?

F. Vidal a confirmé que les universités "resteraient ouvertes" avec le même protocole (étudiant-e-s accueilli-e-s 1 jour par semaine – enfin, pas toutes ni tous) et une jauge de 50% d'occupation des salles, que les examens et concours seraient maintenus en présentiel le plus possible. A noter qu'elle ne remarque aucun décrochage massif ni taux d'échec aux examens du premier semestre : peut être n'entend-elle pas les remontées des enseignant-e-s qui indiquent pourtant des retards significatifs notamment chez les étudiant-e-s de 1re année ?

Alors que la ministre expliquait en janvier que les universités ne pouvaient pas rouvrir parce que les étudiant-e-s se contamineraient en partageant des bonbons, la ministre a bien dû indiquer hier qu'aucun cluster n'était apparu : les étudiant-e-s et les personnels apprécieront.

SUD Éducation et SUD Recherche EPST ont conjointement ont revendiqué que :

  • Tous les membres du personnel qui devront garder leurs enfants de moins de 16 ans pendant le confinement doivent pouvoir bénéficier d'une ASA (autorisation spéciale d'absence) sans restriction. La ministre nous a indiqué que les arbitrages sont encore en cours mais que ça devrait être le cas. Ne laissons donc pas les directions imposer à des membres du personnel de poser des congés la semaine prochaine.

  • Aucun congé ne soit imposé ou RTT supprimée contrairement au 1er confinement de mars 2020.

  • Tous les coûts liés au télétravail, ou travail à domicile, au « travail à distance sanitaire » , doivent être pris en charge par l'administration dans le respect du décret de 2016. Les protections des agents doivent également s'appliquer, en particulier le droit à la déconnexion, à des coupures dans la journée, à l'aménagement ergonomique du poste de travail…

  • Le déploiement de la vaccination via la médecine préventive soit mis en place sans délai : exsangue depuis trop longtemps, il lui faut des moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux. Elle doit par ailleurs répondre à de nombreuses remontées de souffrances (RPS, TMS, éloignement...) des agent-e-s qui subissent 1 an de conditions de travail dégradées.

  • Le ministère anticipe dès à présent et mette tout en œuvre pour une rentrée 2021 en présentiel complet, sans formules hybrides comme cela se prépare déjà dans certaines universités (Strasbourg, Antilles). Pour cela il faut bien évidemment des moyens en personnel en embauchant et titularisant, en baissant de le temps de travail des BIATSS, mais aussi en moyens techniques (ventilation, capteurs, réquisition de locaux...). Pour cela, le MESRI doit imposer un cadrage national.

  • Pour les doctorant-e-s qui n'ont pas pu mener à bien leurs travaux cette année, une prise en charge de la prolongation de leurs contrats soit proposée : la ministre a indiqué que 10 000 d'entre eux seraient prolongés.

SUD éducation et SUD Recherche EPST ont à nouveau souligné que la crise actuelle démontre l'urgence de la mise en place d'un revenu étudiant-e-s pérenne, comme nous le revendiquons depuis des années, pour permettre de sortir d'une précarité qui s'apparente de plus en plus à de la pauvreté.

Si la ministre a pu donner quelques éléments de réponses sur les ASA, les examens, les contrats doctoraux, la méthode de l'auto-satisfecit permanent ne peut masquer la détresse étudiante et la fatigue du personnel de l'ESR. Il n'est pas envisageable de refaire une année supplémentaire dans ces conditions.

Il est temps que le ministère et le gouvernement entendent ces revendications et mettent sur la table, quoiqu'il en coûte, des moyens significatifs pour l'enseignement supérieur et la recherche, à temps pour préparer la rentrée 2021.

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 16:52

 

Loin du plan d’urgence pour l’éducation dans lequel il aurait fallu investir dès le printemps dernier, le gouvernement poursuit le démantèlement du service public d’éducation. Les suppressions de postes, en cette préparation de la rentrée 2021, sont sous le feu des critiques : partout sur le territoire, des équipes se mobilisent pour sauver une classe, une école, un poste, tel ou tel dispositif impacté par les suppressions de postes. Les salaires n’augmentent pas, comme le confirment les arbitrages rendus par Blanquer en ce mois de mars 2021 suite à un Grenelle de l’éducation qui n’aura été qu’une mystification de plus.  La précarité continue de s’étendre, et la loi de transformation de la Fonction publique va encore l’aggraver. Face à cela, les personnels concernés, AED et AESH en tête, multiplient les mobilisations pour obtenir des augmentations de salaires et un véritable statut. SUD éducation participe activement à ces mobilisations et fait de la grève nationale des AESH le 8 avril une priorité.

Les conséquences de la crise sanitaire restent la préoccupation centrale des personnels, pris entre deux feux : la volonté d’éviter au maximum la fermeture des écoles et établissements d’une part, et le souci de préserver leur santé et la propagation du virus de l’autre. L’hypocrisie et l’autoritarisme sont toujours à l'œuvre dans la mise en œuvre d’un protocole sanitaire sans cesse renforcé mais toujours inapplicable : c’est un facteur majeur de souffrance au travail. Il faut accélérer la mise à disposition de la vaccination pour les personnels volontaires afin qu’elle soit possible sans délai et construire avec les personnels des scénarios de poursuite de l’activité dans les mois à venir. Le gouvernement et le ministre Blanquer traitent les personnels d’éducation comme la variable d’ajustement de l’épidémie. Ils mettent en jeu de manière irresponsable la santé et la sécurité des personnels enseignants, de vie scolaire, des AESH.

Dans les universités, la situation dramatique, sur le plan économique comme psychologique, vécue par de trop nombreux-se-s étudiant-e-s ne peut se prolonger : si les universités accueillent de nouveau partiellement les étudiant-e-s, il faut aujourd'hui des mesures financières d'ampleur pour les soutenir. Pour faire diversion face à l'urgence sociale, la ministre Vidal s'est lancée dans une campagne contre les prétendu-e-s « islamo-gauchistes » à l'université. Face à cela, la Fédération SUD éducation se joint à la campagne « Vidal démission », en l’articulant à nos revendications sur l’université et les droits des personnels. SUD éducation appelle les personnels à rejoindre les initiatives de mobilisation de l'ESR notamment à l’occasion de la journée de mobilisation de la Fonction publique le 6 avril.

Dans le premier degré, l’adoption d’une version largement remaniée de la proposition de loi Rilhac en première lecture au Sénat le mercredi 10 mars laisse à penser que la majorité est désormais décidée à conférer aux directeurs et directrices d’école une autorité fonctionnelle et une fonction d’encadrement. Les garde-fous qui avaient été introduits lors de la première lecture à l’Assemblée nationale ont été supprimés et l’adoption de cette proposition de loi en l’état modifierait en profondeur le fonctionnement des écoles. SUD éducation a d’ores et déjà porté dans l’intersyndicale la proposition d’une grève au printemps contre cette proposition de loi et mènera campagne pour empêcher la caporalisation des écoles et la transformation du rôle des directeurs et directrices d’écoles.

Les répressions à l’encontre de nos libertés et en particulier syndicales et encore plus particulièrement contre Sud éducation se font de plus en plus nombreuses et violentes. On songe à la loi de sécurité globale en ce qui concerne nos libertés syndicales et de manifester. Pour SUD éducation, des camarades trop nombreux subissent l’arbitraire de l’administration à Bobigny par deux fois, à Melle, Strasbourg, Bordeaux, en Aveyron. Par tous les moyens, nous devons défendre nos camarades contre des sanctions à caractère politiques. Celles-ci ne feront que renforcer notre détermination à lutter.

Enfin, les discriminations, dans l’éducation comme ailleurs, se poursuivent. Les LGBTQIphobies notamment ont des conséquences dramatiques comme le montre le suicide récent de Luna-Avril. SUD éducation s’engage dans une campagne contre les LGBTQIphobies dans l’éducation, dans le but de mobiliser la profession à l’occasion des marches des fiertés et de la journée internationale de lutte contre les LGBTQIphobies du 17 mai.

Sur le plan interprofessionnel, cette crise sanitaire qui dure lève l’illusion entretenue par Macron durant le premier confinement sur la volonté du gouvernement d’en finir avec un modèle ultra-libéral et la destruction des services publics. Face à cela, le programme “Plus jamais ça” du CUSE (Collectif urgence sociale et environnementale) reste d’actualité. Une déclinaison dans les secteurs professionnels et dans les départements reste à construire. En sus du revendicatif du CUSE, la levée du brevet sur les vaccins doit être exigée :  notre santé ne saurait être sacrifiée plus longtemps sur l'autel du profit. Enfin, la mobilisation interprofessionnelle doit se poursuivre contre la multiplication des plans sociaux. L’Union syndicale Solidaires a un rôle à jouer de soutien aux initiatives d’auto-organisations des boîtes en lutte (comme par exemple autour de l’appel des TUI) et dans la construction d’une mobilisation nationale pour porter ces revendications. La mobilisation en cours contre la réforme de l’assurance chômage montre la voie pour déconfiner nos luttes.

SUD éducation s’engage également dans la campagne de l’Union syndicale Solidaires à l’occasion des élections TPE et TPA débutées le 22 mars et qui se poursuivent jusqu’au 6 avril. Il s’agit d’un enjeu important pour construire le syndicalisme Solidaires dans des secteurs où il est intrinsèquement moins présent.

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Dans l’ensemble de la profession comme ailleurs, la colère, en dépit des difficultés de mobilisation, est palpable.

En conséquence, SUD éducation appelle à :

-construire et renforcer la grève nationale des AESH le 8 avril

-construire une grève d’ampleur dans le premier degré pour faire barrage à la loi Rilhac

-construire un mouvement d’ampleur par la base, dans l’optique de renforcer le rapport de force en faveur de nos revendications, sur la base des revendications portées dans le cadre de “Plus jamais ça”

Enfin, SUD éducation appelle à participer aux initiatives autour du 150ème anniversaire de la Commune de Paris dont nous tentons de faire vivre les valeurs : démocratie directe, autogestion, émancipation des travailleurs/euses et des personnes. Vive la Commune !

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 16:52

2021 - 04 - 01 roposition de loi -Améliorer le système de santé par la confiance et la simplification-Article 1 bis A Service Social (1)-page-001.jpg

Courrier aux parlementaires sur la proposition de loi "Améliorer le système de santé par la confiance et la simplification" Article 1 bis A Service Social

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Lors de l’examen en seconde lecture à l’Assemblée Nationale du projet de loi visant à « améliorer le système de santé par la confiance et la simplification », un amendement (N° AS 60, ajoutant un article additionnel 1bis après l’article 1) a été réintroduit et adopté malgré sa suppression par le Sénat et en dépit de l’opposition massive de l’ensemble des personnels concernés par cet article : Les infirmiers, les assistants de service social et les psychologues de l’Education nationale.

Les arguments mis en avant dans l’exposé des motifs, portent sur une absence de concertation et un prétendu « vide juridique » en matière d’organisation du travail des infirmiers, des médecins, des assistants de service social et des psychologues de l’éducation nationale (PsyEN). Mais telle n’est pas la réalité du terrain.

Ces personnels travaillent ensemble au sein de l'équipe éducative sur les situations d’enfants et d’adolescents, délicates et complexes, notamment lors de l’organisation des cellules de veille et des groupes de prévention du décrochage scolaire dans les collèges et les lycées ainsi que lors des équipes de suivi de scolarisation, et des réunions d’équipes éducatives dans les écoles et les établissements scolaires.

Lorsque cela ne se fait pas, cela n'est pas une volonté de ces personnels de ne pas y participer, mais cela est dû à leur présence partielle sur les établissements et à la charge professionnelle des secteurs d'intervention consécutive aux carences en effectif pointées depuis de nombreuses années mentionnées par la commission du Sénat, et aux postes non pourvus du fait du manque d'attractivité salariale d'une profession très féminisée et non reconnue dans ses qualifications.

L’investissement public dans un service social scolaire de la maternelle à l’université, en créant des postes spécifiques en primaire serait plus efficace que de gérer la pénurie en remettant en question les missions de chacun et chacune.

En réalité, la finalité des amendements proposés vise moins à instituer un travail coordonné entre ces professionnels qu’à assujettir à de nouvelles tâches les PsyEN et les assistants de service social, afin qu’ils participent aux actions de promotion de la santé, définies dans les articles du code de l’Education modifiés, en particulier les bilans de santé et les actions avec les ARS, ce que leurs missions actuelles ne prévoient pas.

Non seulement, cette modification du code de l’Education va ajouter de nouvelles obligations aux missions déjà très nombreuses que les assistants de service social ont du mal à assurer au vu de leur faible nombre mais fait entrer ces personnels sociaux sous l’étiquette de « professionnels de santé », allant à l’encontre de l’évolution historique de leurs professions respectives, leurs spécificités et témoignant d’une confusion certaine quant aux missions des différents professionnels pour lesquels complémentarité ne signifie pas interchangeabilité.

Nous souhaitons rappeler que la profession n’est pas inscrite comme personnel de santé dans le code de la santé publique mais reconnu comme l’une des 13 professions du travail social par le code de l’action sociale. Le travail social véhicule des représentations au sein de la société et de notre institution scolaire à l’image des publics précaires accompagnés, encore trop souvent discriminés.

Pour illustrer la méconnaissance de nos missions, il suffit d’évoquer la suite du mouvement #MeTooInceste où, l’école, lieu de vie des enfants et des jeunes, s’est trouvée, à juste titre, mise au centre du sujet : comment prévenir, repérer et accompagner les violences sexuelles et l’inceste ?

Faisant fi des personnels qualifiés en première ligne sur cette question, les très rares responsables politiques et journalistes évoquant le rôle pourtant essentiel du service social en faveur des élèves ont été inaudibles.


Malgré nos demandes répétées à être reçu par Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, nous n’avons toujours pas obtenu de réponse favorable, ce qui là aussi, témoigne de la volonté du ministère de maintenir les professionnels que nous représentons dans l’invisibilité.

De manière générale, la période que nous traversons collectivement est complexe. La crise sanitaire amplifie la crise sociale déjà préexistante à la pandémie. Les situations de décrochage scolaire sont encore plus inquiétantes en nombre et en âge des élèves. Jamais le rôle social de l’école n’a été aussi essentiel. Les situations en lien avec la protection de l’enfance explosent, l’école est le premier interlocuteur des familles et le premier lieu permettant un repérage des enfants en danger ou risquant de l’être.

Et c’est bien parce que ce rôle social est désormais en première ligne qu’il est indispensable de prendre appui sur l’action quotidienne des assistants et assistantes de service social scolaire en leur laissant l'autonomie d'action que leur mission exige au sein des équipes éducatives.

Par conséquent, nos organisations vous demandent de bien vouloir intervenir pour la suppression de l’article 1 bis A qui porte en germe une dégradation prévisible de la qualité du service rendu aux élèves et aux équipes.

Vous remerciant de bien vouloir entendre et porter notre demande,

Recevez, Mesdames et Messieurs Les Parlementaires, nos respectueuses salutations.

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 20:21
Fermeture des écoles et établissements : l’échec du gouvernement

Dans son discours du mercredi 31 mars, le président Macron a annoncé une nouvelle fermeture des écoles et établissements scolaires pendant trois à quatre semaines. Le calendrier de fermeture est le suivant : une semaine d’enseignement à distance pour toutes et tous les élèves, suivie de deux semaines de congés, suivi du retour des élèves du premier degré et d’une seconde semaine d’enseignement à distance pour les collèges et les lycées. De nouveau, l’annonce s’est faite de manière très brusque : cette soudaineté va susciter des difficultés d’organisation évidente, pour les personnels mais aussi les familles.

Pour SUD éducation, il s’agit avant tout de permettre immédiatement la vaccination des personnels. C’est l’urgence absolue à ce stade alors que le calendrier de vaccination proposé est très insatisfaisant. Cette première étape n’empêchera pas le virus de circuler parmi les élèves et leurs familles. Il faut donc que les écoles et établissements ne rouvrent pas dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui. Les leçons du fiasco doivent être tirées.

En ce qui concerne la période d’enseignement à distance, l’impréparation du ministère, à cette situation pourtant prévisible, est évidente, que ce soit en termes de capacité des serveurs ou d’équipement des personnels et des élèves. L’enseignement à distance doit faire l’objet de garanties : respect des obligations de service, solutions publiques d’enseignement à distance, liberté pédagogique, et refus de toute pression hiérarchique. Les personnels ayant des enfants de moins de 16 ans doivent bénéficier d’autorisations d’absences qui garantissent le maintien de leur rémunération.
Durant cette période, l’accueil des enfants de personnels soignants et des élèves en situation de handicap est quelque chose de positif : le dispositif doit être étendu aux enfants et adolescent-e-s en situation de grande précarité ou de vulnérabilité. Les élèves doivent pouvoir continuer à s’alimenter correctement. L’absence de demi-pension doit être compensée par une aide versée immédiatement aux familles.

SUD éducation alerte depuis le printemps dernier sur la nécessité d’investir dans l’éducation pour baisser les effectifs et permettre à l’école de faire face de manière durable à la crise sanitaire. Le ministre, pendant toute cette période, n’a écouté personne. Il s’est enfoncé dans sa stratégie du déni et du mensonge, et porte à cet égard une responsabilité importante dans cette nouvelle fermeture. Une fois encore, il a été démenti de manière cinglante. Au-delà, en refusant d’investir massivement dans les services publics et notamment de santé, c’est le gouvernement qui est responsable de l’incapacité à faire face durablement à la crise épidémique. SUD éducation avait pourtant proposé dès le printemps un plan d’urgence pour l’éducation. En refusant toute discussion autour de ces mesures, le ministère nous a conduits dans le mur.

Au-delà de ces mesures de court-terme et face aux perspectives éloignées de sortie de la crise sanitaire, il s’agit plus que jamais de donner les moyens nécessaires à l’Éducation en termes de postes, de locaux ou de matériel sanitaire. C’est une nécessité absolue : pour résorber les inégalités qui vont de nouveau s’accroître, et pour permettre d’éviter, une nouvelle fois, que les écoles et établissements ne deviennent des foyers de contamination.

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 17:17
Crise sanitaire : le ministre est irresponsable

Le ministre Blanquer s’est une nouvelle fois heurté au mur de la réalité aujourd’hui. Alors que les contaminations explosent en milieu scolaire, le ministère est incapable de chiffrer le nombre de classes fermées. La vidéo envoyée aux personnels dimanche soir est une nouvelle provocation. 

Les protocoles, indigents, ne suffisent plus à stopper les contaminations dans les écoles et les établissements. Les campagnes de tests salivaires ne sont toujours pas mises en place, au point que l’administration recommande aux parents d’élèves des classes fermées de faire tester leurs enfants par leurs propres moyens.

SUD éducation s’est prononcée depuis le déconfinement de mai 2021 pour l’ouverture des écoles et des établissements le plus longtemps possible. Mais désormais, il est clair que la ligne rouge est franchie dans de nombreux territoires. Pourtant, rien n’a été fait pour anticiper la situation. Le ministre Blanquer et le gouvernement portent la responsabilité de la situation qui fait courir un risque important aux élèves, aux familles, et aux personnels. Le manque de personnels en raison du nombre croissant d’AESH, de personnels administratifs, et d’enseignant-e-s contaminé-e-s conduit les écoles et établissements à dysfonctionner gravement.

La question de la fermeture ponctuelle des écoles et établissements où l’épidémie se propage le plus rapidement doit donc être désormais posée clairement : le ministre Blanquer ne peut continuer de se dérober indéfiniment. Il est manifeste qu’il est incapable de gérer la situation. 

Pour SUD éducation, il est impératif au plus tôt que le dédoublement en collège soit envisagé partout où la mesure permet de freiner l’épidémie. Il faut recruter d’urgence des personnels pour assurer les remplacements, en particulier dans le premier degré. La campagne de vaccination doit cibler en urgence les personnels enseignants volontaires, et les tests salivaires doivent être proposés sur le champ aux élèves d’une classe où un cas positif est identifié.

La fermeture des écoles et des établissements doit être prononcée dès lors que la situation l’exige.

Dans ce contexte, SUD éducation appelle l’ensemble des personnels, en fonction des situations sanitaires locales, à user des moyens à leur disposition pour protéger leur santé et obtenir satisfaction sur leurs revendications, notamment l’exercice collectif du droit de retrait et la grève.

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