4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 20:05

Le droit commun et des moyens !

Communiqué de presse unitaire

La création d’un dispositif dérogatoire au droit commun pour les personnes étrangères n’est jamais une bonne nouvelle, a fortiori lorsqu’il vise des enfants.

Déjà, depuis 2013, et encore plus depuis la réforme législative de 2016, le droit commun de la protection de l’enfance est écorné par un dispositif spécifique aux enfants isolés étrangers organisant une évaluation a priori de leur minorité et de leur isolement et reléguant l’intervention de la justice à un second temps.

Si l’intention de départ était louable – assurer la protection de ces enfants dans le contexte de difficulté, voire de réticence de certains départements pour y répondre –, ce dispositif, en se focalisant sur l’évaluation, et non la présomption, de la minorité, et en retardant la prise en charge éducative, était vicié dès l’origine.

Dans la plupart des départements, cette étape d’évaluation de la minorité sert en réalité de variable d’ajustement : sans même parler des pratiques illégales de refus d’y procéder, de nombreux enfants sont aujourd’hui privés de toute prise en charge sur la seule base d’un entretien et d’examens contestables qui ont conclu à leur majorité.

Les annonces du Premier ministre devant l’Assemblée des départements de France le 20 octobre 2017 franchissent un pas de plus en prévoyant que l’État assumera désormais, à la place des départements, « l’évaluation et l’hébergement d’urgence des personnes se déclarant mineurs [...] jusqu’à ce que leur minorité soit confirmée ».

Ainsi, ces enfants, parce qu’étrangers, sont écartés pendant cette phase du dispositif de la protection de l’enfance pour basculer dans le régime du droit des étrangers.

Dès lors qu’ils seront accueillis dans des structures d’hébergement d’urgence le temps de l’examen de leur minorité, lequel peut durer plusieurs mois, tout porte à croire que sera retardé, sinon nié, l’accès aux droits dont relèvent pourtant ces mineur.e.s potentiel.le.s, à commencer par celui d’être scolarisé.e.s, pour ne pas parler des besoins éducatifs, psychologiques, sanitaires, de jeunes qui ont passé des mois sur les routes de l’exil...

À l’issue du processus d’évaluation, les jeunes dont la minorité sera confirmée pourront – enfin – bénéficier de la prise en charge due aux mineur.e.s isolé.e.s. Et les autres, estimés majeur.e.s ? Comme l’évaluation aura été menée par les services de l’État, c’est certainement sans délai que les préfectures seront informées du verdict, et procéderont à l’interpellation immédiate de ces jeunes, avec mesure d’éloignement et placement en rétention administrative.

L’étroite coordination des services de l’État renforce la précarité de la situation de ces jeunes dont certain.e.s, probablement, hésiteront à demander la protection à laquelle ils.elles peuvent prétendre, de crainte que, dans l’hypothèse où ils.elles seraient finalement déclaré.e.s majeur.e.s, ils.elles soient tout de suite expulsé.e.s sans pouvoir exercer leur droit au recours effectif, notamment en saisissant l’autorité judiciaire, ou être accompagné.e.s dans des démarches pour tenter d’obtenir la régularisation de leur situation administrative. Autant de jeunes livré.e.s à l’errance, aux abus et exploitations...

Le postulat selon lequel la plupart des jeunes réclamant une protection seraient des majeur.e.s, et que ce phénomène serait à l’origine d’une saturation du dispositif français d’aide sociale à l’enfance, est largement exagéré. Depuis longtemps déjà, les dispositifs de protection de l’enfance sont saturés, et les placements exécutés plusieurs mois seulement après leur prononcé dans de nombreux départements.

Que certains départements rencontrent des difficultés pour faire face à l’augmentation actuelle – toute relative cependant – du nombre de jeunes isolés à protéger est un fait.

Que la solution soit de les délester de ce qui relève de leur compétence sur la base de la nationalité de ces enfants est ségrégative.

Le caractère primordial de l’intérêt supérieur de l’enfant est un principe fondamental, inscrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant, qui ne peut en aucun cas, comme le rappelle régulièrement le Défenseur des droits, être soumis aux politiques migratoires gouvernementales.

Avoir recours à un énième dispositif dérogatoire ne résoudra rien des difficultés que tous constatent. Ce ne sont pas de nouveaux groupes de travail et de nouvelles missions de réflexion dont les mineur.e.s isolé.e.s ont besoin, c’est du respect de leurs droits, un accès au juge et à une réelle prise en charge éducative. Pour tenir compte des disparités territoriales de la protection de l’enfance, augmenter significativement les capacités d’accueil et mettre en place des accompagnements éducatifs ambitieux pour tous les enfants, la solution n’est pas d’affranchir les départements d’une part de leur compétence, elle est de faire en sorte qu’ils aient les financements appropriés pour remplir leur mission.

L’accueil des enfants isolés étrangers nécessite des moyens, il ne saurait passer par l’exclusion du droit commun.

Signataires : Admie (Association pour la défense des mineurs isolés étrangers), AMIE Lyon (Accueil des mineurs isolés étrangers) ; La Cimade ; Collectif 69 ; Collectif urgence jeunes migrants 44 ; Comité Denko Sissoko Ne tournons pas la page ; CPMJIE (Collectif parisien pour les mineurs et jeunes isolés étrangers) ; CRSP28 (Collectif 28 pour la régularisation des « sans papiers ») ; DEI-France (Défense des enfants international) ; Fasti (Fédération des associations de solidarité avec tou-te-s les immigré-e-s) ; Fédération Sud éducation ; FCPE Nationale (Fédération des conseils de parents d’élèves) ; FCPE 92 ; FERC-CGT (Fédération de l’Education, de la recherche et de la culture) ; FSU (Fédération syndicale unitaire) ; Gisti (Groupement d’information et de soutien des immigrés) ; Hébergeurs solidaires Nantes ; Hors la rue ; LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Médecins du monde ; Melting Passes ; Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) ; Parcours d’exil ; Paris d’exil ; RESF (Réseau d’éducation sans frontières) ; SNUTER-FSU (Syndicat national unitaire de la territoriale –Fédération syndicale unitaire) ; SNPES-PJJ/FSU (Syndicat national des personnels de l’éducation et du Social-PJJ/FSU) ; Syndicat de la magistrature ; Timmy ; Unicef Picardie

ps :

Contacts :

ju.jies@outlook.fr

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 10:22
http://www.sudeducation.org/Face-aux-attaques-renforcons-le.html

Et le bulletin d'adhésion est dans la barre de gauche!

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 10:12
Déclaration liminaire de l’union syndicale Solidaires et de la fédération SUD éducation au CSE du 19 octobre

 

Publié le vendredi 20 octobre 2017 sur http://www.sudeducation.org/Une-politique-educative-qui-va.html

Depuis la rentrée, la colère gronde chez les travailleurs/ ses du privé comme du public, les retraité-es, les chômeur-e-s, les précaires et autres fainéant-e-s de tout poil. Les mouvements sociaux, les grèves et les manifestations se succèdent contre la politique menée par le gouvernement.

Article complet ci-dessous

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 20:15
  1. déclaration de SUD Éducation en pièce jointe

    Notre déclaration reprend 2 témoignages de personnes en contrat CUI, aide à la direction.

    Réponse de Mme Moncada : les personnes dont les contrats arrivent à leur terme, ont été reçues à la DSDEN en réunion collective. Quand c'est possible, l'administration propose une reconversion en tant qu'AVS. Pour le moment, une seule reconversion proposée, mais toutes les notifications MDPH ne sont pas encore faites.

    N'hésitez pas à nous contacter pour plus d'information.

  2. Formation continue :

    Les deux stages annulés l'an dernier sont remis cette année, et les collègues qui n'ont pu y participer l'an dernier ont été prioritaires.

    Les stages sur les pratiques innovantes et sur la réussite des élèves étaient mis par erreur sur ce plan de formation, ils seront déclinés par secteur. Les modalités sont encore à définir.

  3. PPCR : les évaluations de carrière

    La liste des personnes éligibles à ces « évaluations » est connue. Chaque personne a accès à une notice explicative qui reprend la logique du système d'évaluation, les attendus, la grille et les modalités. 152 rendez-vous de carrière sont prévus.

    L'un des objectifs du PPCR, c'est aussi l'accompagnement individuel ou collectif des enseignant-es. Dans ce cadre, les T2 recevront la visite de l'IEN, visite qui donnera lieu à un compte-rendu. On est dans l'évaluation positive et constructive !!!...

  4. Mouvement

    2 Inéat tardifs ont été accordés, et 2 collègues sont partis en disponibilité pour rapprochement de conjoint.

    3 PES ont démissionné, et 3 nouveaux ont été recrutés sur liste complémentaire.

  5. RIS

    Les enseignant-es peuvent toujours bénéficier de 3 Réunions d'Information Syndicale, 1 sur le temps de classe (3heures), sans garantie de remplacement... et 2 hors temps de classe qui peuvent être déduites des 108 heures. Toutefois, l'IEN peut demander à ce qu'elles ne soient pas déduites de certaines animations pédagogiques, jugées obligatoires.

  6. RAPPELS

    Rappel de l'administration sur le fait que toutes les informations administratives apparaissent sur I-Prof, et que les enseignant-es, quand ils envoient un mail à l'administration, doivent obligatoirement le faire à partir de leur messagerie professionnelle (sous la forme XXXX@ac-caen.fr). Sinon, aucune réponse ne sera donnée.

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 18:31

SUD éducation se réjouit que le ministère reconnaisse
enfin l’importance des effectifs par classe... En réalité,
les conditions de mise en oeuvre de cette mesure sont
problématiques. La mise en oeuvre des CP à 12 en REP+
relève d’une mesure de marketing politique.

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 18:27

Le ministère a décidé d’imposer le retour d’évaluations nationales. L’ensemble de la communauté éducative n’a pourtant jamais cessé de les dénoncer. SUD éducation réaffirme son refus catégorique de ces évaluations.

Ces évaluations nationales ne constituent pas un outil professionnel pour la classe et ne sont pas au service du diagnostic ni de la réduction des difficultés scolaires. Ces tests seront exclusivement ciblés sur la mesure des acquis scolaires des élèves par rapport aux programmes. Autrement dit, ils ne viseront qu’à mesurer la performance du système éducatif, des élèves, des enseignant-e-s et des équipes pédagogiques. Elles mènent ainsi à la stigmatisation des élèves et elles servent à légitimer des dispositifs d’aide personnalisée qui ont pourtant prouvé leur inefficacité à l’inverse des RASED et de la réduction des effectifs.

Elles seront utilisées pour contrôler le travail des enseignant-e-s, sur la base d’objectifs purement quantitatifs. Elles contribuent à la standardisation de nos pratiques de classe. C’est une façon méprisante de s’asseoir sur le travail en équipe pour la passation, la correction et l’analyse des évaluations. Elles poussent à centrer le travail en classe sur une pratique de bachotage et la recherche de résultats quantitatifs à tout prix. D’ailleurs, l’expérience le montre : les pseudo-formations parfois imposées aux enseignant-e-s dont les élèves ont des résultats insuffisants à ces évaluations ne sont de fait que des reformatages.

Ces évaluations nationales ne sont en réalité aucunement nécessaires pour l’évaluation du système scolaire. Il est illusoire de penser que les résultats produits par ce genre de dispositif sont représentatifs. Le Haut Conseil de l’Éducation dans son bilan annuel de l’école de 2011 a pointé le peu de fiabilité de ces évaluations. En effet, les conditions de passation ne sont pas homogènes sur tout le territoire et les codes de correction ne permettent pas une analyse fine des erreurs des élèves et sont une vision simpliste des processus d’apprentissages. Des protocoles sur des cohortes d’élèves choisis, avec des analyses quantitatives et qualitatives, sont largement suffisants pour cela, et même plus efficients que ces évaluations nationales généralisées.

Progressivement, on prépare l’opinion publique à l’idée que la mission première de l’enseignement réside en la quête permanente de la performance et du classement. On développe dans l’école une culture du résultat et du mérite, dont on connaît pourtant bien les dégâts dans l’univers impitoyable de la grande entreprise. Cela n’aura pour effets que d’accentuer les pressions sur les enfants en difficulté scolaire et à disqualifier les enfants des classes populaires. Ce pilotage par l’évaluation fait peser une menace lourde sur le système éducatif, en instaurant des outils de mesure de résultats qui visent à mettre toujours plus en concurrence les écoles et établissements, les enseignant-e-s et les élèves, à travers la publication de leurs résultats, de palmarès des meilleures écoles et établissements. Ce pilotage par les chiffres », dont l’objectif reste la réduction des moyens et du nombre de postes, s’inscrit, avec la disparition de la carte scolaire, dans un projet de transformation de l’éducation en un vaste marché.

Ces évaluations préparent la mise au pas réactionnaire de l’école que programment Macron et Blanquer, sur les méthodes et les programmes. Ces évaluations nationales sont à l’opposé de nos aspirations, de nos convictions éducatives et de nos missions professionnelles. Les enseignant-e-s évaluent leurs élèves tout au long de l’année et au cours des apprentissages. Les enseignant-e-s n’attendent pas ces évaluations pour différencier leur pédagogie et adapter leurs enseignements en fonction des difficultés des élèves. Nous considérons que l’évaluation des élèves ne peut pas relever d’injonctions institutionnelles normatives. Les évaluations et leurs rendus doivent être des outils construits par les enseignant-e-s dans le cadre de leurs pratiques pédagogiques pour faire progresser les élèves à leurs rythmes en s’appuyant sur les acquis et les recherches des pédagogies alternatives et coopératives. SUD éducation revendique ainsi une évaluation formative plutôt que sommative, une évaluation dans un cadre pédagogique ne donnant pas lieu à un quelconque fichage de l’élève, la réduction du temps d’enseignement pour permettre une réflexion collective sur l’évaluation.

Ces évaluations nationales ne sont pas obligatoires !

Le ministère a beaucoup communiqué sur ces évaluations mais il n’a publié au Journal officiel aucune circulaire leur donnant un cadre formel. Il n’y a donc pas cadre réglementaire pour ces évaluations qui puissent les rendre obligatoires. Et non, un simple courrier du DASEN ou du ministère ne suffit pas !

Face aux oppositions et aux résistances que ces évaluations ont provoquées, Jean-Marc Huart, directeur de l’enseignement scolaire (Dgesco), a lui-même levé les consignes contraignant-e-s d’application de l’évaluation de CP via un courrier adressé aux enseignant-e-s : « Il est important que cette évaluation se déroule dans un climat de bienveillance... sans aucun esprit de compétition », « Vous avez la possibilité de ne faire passer qu’une partie des exercices », « Les durées de passation doivent être considérées comme indicatives. »

Bref, vous faites comme vous voulez: Puisqu'on ne peut rien vous imposer.

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 11:57

Stage à destination des assistant-es d'éducation, pédagogiques et de prévention sécurité (AED, AP et APS) Mardi 12 décembre 2017 de 9h à 17h dans le local Sud Education 14 du chemin vert à Caen, 13 avenue Robert Schuman (entrée derrière l'immeuble).

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 08:24

SUD éducation se félicite des annonces de notre cher ministre de l’Éducation Nationale. Jean-Michel Blanquer exprime vouloir faire de l’enseignement professionnel « une voie d’excellence » et en fait une « très grande priorité ». 
Les équipes pédagogiques vont pouvoir enfin exercer leur métier dans des conditions de travail optimales et sortir de l’illégalité imposée par l’absence de moyens :

  • Fini, les classes surchargées.
  • Fini, les emplois du temps aberrants pour les enseignant-e-s comme pour les élèves.
  • Fini, les regroupements de sections aux programmes différents.
  • Fini, les suppressions de postes pour imposer des heures supplémentaires aux professeur-e-s et faire des économies.
  • Fini, les emplois précaires.
  • Fini, les cours le mercredi après-midi au détriment de l’UNSS et des activités extra scolaires (culturelles et sportives), mépris criant des lycéen-ne-s professionnel-le-s.
  • Fini, les injonctions paradoxales dues à l’incapacité de mettre en œuvre les préconisations institutionnelles par manque de place et de moyens.
  • Fini, le remplissage des sections au détriment des vœux des élèves.
  • Fini, la propagande sur l’apprentissage comme voie de réussite et remède miracle contre le chômage des jeunes.
  • Fini, les parcours mixés et les publics mixtes.
  • Fini, la discrimination par rapport à la voie générale.
  • Fini, les dépressions, les burn out, les suicides
  • Enterré, le projet de changement de statut des enseignants PLP et le transfert aux régions.
  • Enfin, une revalorisation sérieuse de notre salaire et du point d’indice.
  • Enfin, un recrutement à la hauteur des besoins.
  • Enfin, un-e professeur-e titulaire et formé-e devant chaque classe.
  • Enfin, un équipement de protection individuel pour les élèves payé par l’’Éducation Nationale.

Enseigner en lycée professionnel va enfin devenir une sinécure capable de pallier la crise de recrutement que connaît l’enseignement professionnel à l’heure actuelle. Élève et professeur-e-s vont enfin pouvoir travailler dans un environnement ultra-bienveillant et épanouissant. 
Le dernier slogan du MEDEF « si l’école faisait son travail, j’aurais du travail » ne sera plus d’actualité et comme notre ministre de l’Éducation Nationale a participé aux universités d’été du MEDEF, nous voilà complètement rassuré-e-s sur l’avenir du lycée professionnel.

Et vous, vous y croyez ?

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 21:57

Soutien aux revendications des personnels du collège Vercors de Grenoble

La Fédération des syndicats SUD éducation soutient la lutte menée par les personnels du collège Vercors (Grenoble), qui ont fait grève plus de trois semaines pour l’obtention de deux postes d’AED en remplacement des 3 postes CUI vie scolaire supprimés à la rentrée.

Suite à la décision gouvernementale de non renouvellement des contrats aidés, de nombreux établissements scolaires sont touchés : dans les collèges, des postes en vie scolaire notamment disparaissent ; dans les écoles, il s’agit essentiellement de postes d’adjoints administratifs. S’ils ne le sont pas encore, bien d’autres établissements seront touchés également au cours de cette année et à la rentrée prochaine.

Nous dénonçons l’insécurité permanente que représentent ces postes précaires qui ne permettent pas d’assurer la pérennité des équipes.

Or, l’Éducation nationale a besoin de stabilité et de sérénité pour travailler au mieux avec les élèves.

Tout comme les collègues de Vercors nous affirmons que le recrutement de services civiques ne pourrait en aucun cas remplacer l’embauche de véritables personnels de surveillance, sur des contrats stables et avec des conditions de travail et salariales correctes.

Nous soutenons donc sans réserve les revendications des collègues de Vercors et tenons à dénoncer les atteintes au droit de grève par le remplacement du CPE gréviste.

 

Grenoble, le 30 septembre 2017

Communiqué de presse du Collège Vercors, Grenoble

Le plus heureux qui puisse nous arriver dans nos actions est d’obtenir le succès.

Epicure

Les grévistes du collège Vercors, réunis en assemblée générale, ont décidé de reprendre le travail lundi 2 octobre, après plus de trois semaines de grève à la majorité des personnels.

Reçus en audience vendredi 29 octobre avec les parents d’élèves les personnels ont pris note de l’évolution de la proposition du Rectorat.

Bien qu’il ne réponde pas aux besoins du collège en terme d’effectifs de surveillance, l’octroi d’½ poste de CPE pour toute l’année scolaire renforcera l’équipe. En nous rendant ½ AED au début de la grève, vendredi 8 septembre, puis en nous octroyant ½ CPE vendredi 29 septembre, le Rectorat reconnaît donc le manque causé par la suppression des contrats aidés et la légitimité de nos demandes.

En attendant que la dotation en AED des établissements scolaires, et en particulier ceux de l’Education prioritaire, soit revue à la hausse(cf. propos de Monsieur Blanquer le jeudi 28 septembre reconnaissant l’importance des missions de surveillance, et affirmant qu’il fallait remplacer les contrats aidés par des AED) nous entamons donc l’année scolaire avec 1 ETP de surveillance en moins et ½ CPE en plus.

C’est par notre mobilisation, massive et déterminée, que nous avons obtenu des moyens supplémentaires accordés à la Vie scolaire. Sans elle, notre situation aurait été plus que catastrophique. Nous en sommes plus que jamais convaincus : la lutte paie !

Toutefois, ces moyens ne sont toujours pas à la hauteur de nos besoins : malgré tous nos efforts le Rectorat a refusé de remplacer à équivalence, les contrats aidés perdus par des AED prétextant le risque qu’il y aurait à ouvrir la boîte de Pandore. Pourtant, il va bien falloir l’ouvrir et l’abonder, l’enveloppe des AED ! Le Ministre l’a dit, et les établissements concernés maintenant ou plus tard par la suppression des contrats aidés ne le démentiront pas. En tout cas, notre hiérarchie a mis un point d’honneur à ne pas nous accorder un AED en plus, ce qui correspond réellement au manque aujourd’hui. Elle nous donne à la place un CPE à mi-temps qu’on ne demandait pas.

Nous resterons mobilisés et attentifs dès la reprise des cours : l’audit dépêché par le Rectorat montrera, nous en sommes convaincus, que la disparition d’un temps complet de surveillance n’est pas sans conséquences sur la vie de l’établissement. Il mettra en évidence la nécessité de remplacer les postes précaires saupoudrés depuis des années par des postes d’AED, comme l’affirme le

Ministre de l’Éducation nationale. Comment pourrait-il en être autrement ?

Nous restons tous solidaires de l’équipe de vie scolaire, et attentifs à ce que ses conditions de travail ne se détériorent pas encore davantage.

Nous sommes prêts à nous remobiliser si des moyens venaient à nous être enlevés ou si le manque d’encadrement des élèves créait des situations ingérables.

Nous poursuivrons le dialogue avec les parents d’élèves et le Rectorat et continuerons à nous battre pour aboutir à des solutions pérennes pour notre collège et nos élèves, qui méritent des conditions de travail, d’encadrement de qualité.

Ce que nous défendons, nous le défendons pour tous.

L’équipe éducative du collège Vercors

https://www.facebook.com/vercorsenaction/ 

Caisse de grève pour soutenir les personnels mobilisés :

https://www.pikari.fr/c/atq3p6 

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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 15:15

Le mercredi 4 octobre 2017, la Cour des comptes a publié un nouveau rapport mettant en cause la gestion des personnels enseignants. Ce document a été accueilli positivement par le ministre de l’Éducation Nationale, qui a affirmé dans un communiqué qu’il viendrait « nourrir la réflexion actuelle en matière de ressources humaines dans l’Éducation nationale ». Si des dysfonctionnements existent, les « solutions » proposées par la Cour des comptes vont toujours dans le même sens : appliquer des logiques managériales au service public et casser les droits des salarié-e-s.

Les enseignant-e-s, ces fainéant-e-s !

La Cour des comptes est un gestionnaire scrupuleux. Dans une société où l’obsession de la réduction de la dépense publique et de l’austérité a été érigée en règle absolue, cette institution prend des allures de grand oracle. Dernière révélation en date : la gestion des enseignant-e-s est mauvaise. Que dit le rapport ?

- Que le précédent gouvernement, trop occupé à faire pleuvoir les cadeaux sur l’Éducation Nationale n’a pas assorti ses mesures de « contreparties dans les conditions d’exercice du métier d’enseignant ». Comme par exemple… augmenter le temps de travail (oui c’est bien connu les profs ne travaillent pas assez).

- Qu’il faut annualiser le temps de travail (toujours dans l’idée de faire travailler plus les enseignant-e-s),

- Qu’il faut renforcer les pouvoirs des chef-fe-s d’établissement (qui sont déjà considérables),

- Qu’il faut développer la bivalence (l’enseignement de plusieurs disciplines),

- Qu’il faut développer encore davantage le recrutement sur postes à profil (générateur de concurrence entre les personnels et d’injustices)...

Une offensive idéologique

Ainsi, sous couvert de propositions neutres, c’est bien une offensive idéologique que mènent la Cour des comptes et le gouvernement. Elle part de plusieurs postulats inacceptables : les enseignant-e-s sont des feignant-e-s, ne travaillent pas assez, coûtent trop cher... Par conséquent tout cela serait mieux géré si on appliquait les méthodes de management du privé.

Les mesures proposées par la Cour des comptes ne répondent en aucun cas aux besoins des élèves ou à l’impératif d’amélioration de la qualité du service public d’éducation. Elles répondent à des objectifs de rentabilité, d’économies, d’adaptation au modèle de gestion des personnels (rebaptisés « ressources humaines ») du privé et de mise au pas du monde enseignant.

Des changements, il en faut... mais pas ceux là !

Malgré nos critiques nous avons au moins un point d’accord avec la Cour des comptes : la gestion des personnels enseignants par le ministère est mauvaise.

La situation est catastrophique : gel des créations de postes (malgré la hausse du nombre d’élèves), sureffectifs dans les classes, conditions de travail dégradées, gel des salaires, mauvais fonctionnement des CHSCT, absence de médecine du travail...

À l’inverse, nous revendiquons des créations de postes à hauteur des besoins, des effectifs réduits dans les classes, une augmentation des salaires, des moyens pour le fonctionnement des CHSCT et la création d’une véritable médecine du travail dans l’Éducation Nationale.

Ainsi, au lieu de taper une fois de plus sur les personnels enseignants, la Cour des comptes ferait bien de se demander quel est le coût pour la société d’une école inégalitaire, à deux vitesses, quel est le coût du mal-être des personnels, de la souffrance au travail...

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