22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 19:24

Trop souvent, les enseignant-e-s pourvoient sur leurs propres deniers à l’achat d’un certains nombre de fournitures allant de la papeterie jusqu’au matériel audiovisuel ou informatique.

Le sous-équipement de certains de nos lieux de travail, le matériel non-fourni ou en quantité insuffisante ou tout simplement le nombre insuffisant de postes de travail conduisent nombre de collègues à s’équiper par eux-mêmes. Rare sont ainsi celles et ceux qui ne possèdent pas aujourd’hui un ordinateur personnel pour préparer leurs séquences.

L’explosion du télétravail a conduit à amplement exploiter ce matériel personnel qui, déjà, était mis au service de notre activité professionnelle.

De plus, des dizaines, voire des centaines d’appels, ont dû être passés pour maintenir le lien avec les élèves et leurs familles. Dans la quasi-totalité des cas, ils l’ont été depuis les téléphones personnels des enseignant-e-s et des personnels de vie scolaire, y compris celles et ceux à qui l’on imposait de demeurer joignables comme les directrices et directeurs d’écoles.

Certains collègues ont ainsi amplement dépassé leur forfait, engendrant des frais importants, sans même évoquer le partage d’un numéro de téléphone personnel qui rend difficile le cloisonnement entre vie personnelle et vie professionnelle. Cette crise sanitaire a révélé la dépendance du système éducatif à l’égard de l’équipement personnel des agent-e-s.

Ces situations posent question. Pour SUD éducation, il est de la responsabilité de notre employeur de nous fournir la capacité d’effectuer nos missions.

SUD éducation revendique l’équipement des personnels de l’Éducation nationale par leur employeur et non plus au hasard des dotations des collectivités territoriales. Un enseignant-e doit bénéficier d’un ordinateur professionnel. Les personnels dont on exige qu’ils et elles soient joignables (chargé-e-s de direction, suivi de PFMP…) doivent disposer d’un téléphone et d’une ligne professionnels.

À défaut, l’employeur doit verser sans délai une indemnité afin de couvrir les frais engagés par la mise en œuvre de la continuité pédagogique, à l’image de ce que le code du travail impose aux entreprises.

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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 19:20

La députée Cécile Rilhac, co-autrice du rapport Bazin-Rilhac qui avait inspiré à la loi Blanquer la création d’un statut hiérarchique pour les directeurs et directrices d’école, profite de la crise sanitaire pour revenir à la charge en proposant une loi déposée le 12 mai visant à créer « une fonction de directeur-rice d’école ».

Il s’agit d’une véritable obsession chez cette députée proche du ministre. Avant même la loi Blanquer, Mme Rilhac avait en effet rédigé un rapport à l’été 2018 sur le même sujet, et le projet avait été ressorti du chapeau suite au suicide de Christine Renon. En décembre 2019, lors d’une rencontre entre SUD éducation et Cécile Rilhac, nous avions pourtant reçu l’assurance de la députée qu’aucun projet de loi n’était dans les tuyaux. Cette façon de remettre sur le tapis ce projet impopulaire à la faveur de crises majeures dans la profession (suicide de Christine Renon, pandémie de Covid-19) est pour le moins inconvenante.

Cette proposition de loi ne consisterait pas en un changement de statut, mais en la création d’une fonction de directeur-directrice d’école avec des nouvelles responsabilités. Il s’agirait de donner une autorité hiérarchique et pédagogique à des directeurs-directrices qui seraient nommé-e-s par les DASEN, auraient leur délégation et deviendraient les supérieur-e-s hiérarchiques des enseignant-e-s.

Les directeurs-directrices seraient responsables du pilotage pédagogique de l’école (c’est déjà le cas dans les textes) et deviendraient décisionnaires dans les différents conseils qu’ils et elles président (conseil des maître-sse-s, conseil d’école).

Cette volonté d’ajouter toujours plus de hiérarchie et de management nuira aux conditions de travail et ne répondra en rien aux besoins des personnels et des élèves.

L’intention de donner plus de temps aux chargé-e-s de direction avec l’instauration d’une décharge complète à partir de huit classes permettrait de leur confier d’autres missions comme celles d’accompagnement, de formation ou de coordination (PIAL, REP, RPI). L’augmentation des décharges nécessiterait la création de postes supplémentaires, ce qui nous laisse songeur dans un contexte permanent de suppressions de postes.

L’augmentation des indemnités de direction serait ridicule et méprisante (surtout en la comparant à celle des chef-fe-s d’établissements) : on offrirait « la reconnaissance » avec davantage de responsabilités mais sans une véritable augmentation de salaire correspondant à la quantité de travail. Cette évolution n’irait pas non plus dans le sens d’une baisse de la charge de travail, malgré l’allègement de certaines charges administratives (élections de parents d’élèves, PPMS).

SUD éducation dénonce le renforcement et la multiplication des hiérarchies qui mettraient à mal la cohérence d’équipe et déposséderaient les collègues de leurs pratiques pédagogiques.

SUD éducation revendique :

- la prise en charge collective des directions d’école : un travail en équipe renforcé avec des moyens et du temps attribués aux écoles

- l’augmentation du temps de concertation sans augmentation du temps de travail (18 h devant élèves, 6 h de concertation)

- la mise en place de pratiques pédagogiques coopératives et émancipatrices.

- une école égalitaire et émancipatrice.

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 12:42

La Ministre Frédérique Vidal a adressé mercredi 13 mai un courrier aux « membres de la communauté de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation ». En guise de remerciement à l’attention de ces derniers, la Ministre réaffirme sa volonté de mener à terme son projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) pourtant largement rejeté. SUD éducation dénonce une lettre qui mêle insulte et provocation.

Ce courrier est insultant lorsque la Ministre loue l’« engagement », l’« énergie », l’« ambition », les « efforts », la « solidarité » et la « créativité » des agent-e-s du service public d’enseignement supérieur et de recherche (ESR). Celles-ci et ceux-ci n’ont aucunement besoin qu’un Ministère ordinairement maltraitant et méprisant leur attribue des bons points ou leur délivre une appréciation teintée de macronisme et de paternalisme. Les remerciements de la Ministre et le renouvellement de sa « confiance » résonnent comme autant d’insultes, lorsque ce qui est demandé par toutes les catégories de personnel et par leurs organisations, c’est qu’on réponde à leurs revendications : une campagne massive de recrutement de personnels titulaires pour résorber la précarité ; une augmentation du financement structurel permettant de mener des actions de recherche et de formation de manière sereine et efficace ; des conditions matérielles permettant aux établissements d’accomplir leurs missions et aux étudiant-e-s de poursuivre leur formation dans de bonnes conditions.

C’est pourtant là que la Ministre redouble d’insulte à l’égard du service public d’ESR, en affirmant que la reconnaissance du Ministère à l’égard des agent-e-s va se manifester sous la forme du projet de LPPR. Depuis l’automne, cette communauté à laquelle la Ministre s’adresse s’est massivement élevée contre les grandes orientations du projet gouvernemental esquissées à travers les rapports des trois groupes de travail LPPR : accroissement de la précarité, mise en concurrence accrue des personnels, formations, équipes et établissements, soumission de la recherche aux exigences du pouvoir politique et du patronat. Affirmer que la LPPR va constituer la matrice de l’action du Ministère pour les 10 prochaines années est donc une provocation à l’égard des milliers d’agent-e-s précaires et titulaires qui se sont mobilisé-e-s pendant plusieurs mois, se sont réuni-e-s en assemblées générales et en coordinations, ont voté des motions, ont retenu des notes et refusé de tenir des jurys, ont tenu des grèves longues et ont mis l’enseignement supérieur et la recherche à l’arrêt à partir du 5 mars.

Présenter cette même LPPR comme « l’un des plus importants mouvements de revalorisation salariale que notre système d’enseignement supérieur et de recherche a connu » est un leurre, lorsque la rémunération des agent-e-s du service public d’ESR s’est effondrée au cours des deux dernières décennies et lorsque le rapport du groupe de travail sur l’« Attractivité des emplois et des carrières scientifiques » préconise une revalorisation exclusivement par le biais de primes renforçant les inégalités entre les agent-e-s. SUD éducation revendique au contraire une augmentation générale des salaires et la réduction des écarts de rémunération.

Peut-être la Ministre espère-t-elle tirer profit, pour faire passer son projet, de la fatigue physique et psychique liée à l’épidémie et au confinement, de la surcharge de travail provoquée par les évaluations à distance et du carcan imposé par le maintien du calendrier d’évaluation des formations et des établissements et de mise en place du BUT.

SUD éducation appelle les agent-e-s du service public d’ESR à réaffirmer leur opposition aux logiques de précarisation accrue, de mise en concurrence généralisée et mise au pas de la recherche avancées par les rapports des groupes de travail LPPR, et à faire obstacle à toute tentative du Ministère de passer en force sur ces dossiers.

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 12:35

Après quelques jours d’accueil des élèves, SUD éducation constate que les écoles et les personnels ne sont pas prêts et que les conditions de sécurité ne sont pas réunies.

Le déconfinement a démarré à la date fixée par Macron, mais sans les moyens pour protéger la population :

• Les masques qui sont distribués et dont le gouvernement fait une généreuse communication ne protègent pas celles et ceux qui les portent. Seuls les masques FFP2 le peuvent.

• La politique de dépistage massif ne s’applique qu’à partir d’un cas avéré et non pas d’un cas suspect, ce qui met à mal le principe de précaution.

• Le gouvernement va arrêter les dispositions à l’égard de la garde d’enfant et de la prise en charge du chômage partiel une pression plus forte sur les parents et sur les salarié-e-s.

L’Éducation Nationale met en danger la santé des personnels !

Les masques

L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) spécifie que les masques en tissu n’ont pas tous la même performance : pour certains, elle peut plafonner à 70 % ! D’autre part, les masques qui nous ont été distribués sont sans pince-nez et seront bien compliqués à utiliser pour les personnes portant des lunettes avec la gêne de la buée provoquée.

En période épidémique, les seuls masques de protection utilisables en application du code du travail sont des masques chirurgicaux ou FFP2 de norme française (NF) . SUD éducation exige que les élèves soient fourni-e-s en masques en collège et en lycée, s’ils rouvrent. Le meilleur moyen de limiter la propagation du virus est d’équiper l’ensemble de la communauté éducative, personnels et élèves avec le matériel de protection nécessaire.

SUD éducation dénonce avec force le fait que l’Éducation nationale expose de la sorte la santé de ses personnels !

Les failles du protocole sanitaire

Les personnels découvrent que le protocole sanitaire n’applique aucun principe de précaution dans l’attente du test des personnes potentiellement atteintes.

En effet, le protocole sanitaire prévoit que l’école peut rester ouverte, les personnels qui ont été en contact avec le cas suspect peuvent recevoir des élèves et fréquenter les locaux... Ce n’est que lorsque le test s’avère positif que le protocole sanitaire envisage la fermeture du bâtiment et l’isolement de toutes les personnes en contact avec le cas positif.

Pour déconfiner en protégeant la population, il est nécessaire pour SUD éducation de :

• réquisitionner ou réorganiser la filière textile et industrielle pour produire massivement des masques FFP2

• réquisitionner ou réorganiser le secteur médical pour produire en masse le matériel nécessaire aux tests (écouvillons, principes actifs…) et à la protection (blouses, sur-blouses, sur-chaussures, charlottes…)

Face à cette défaillance des systèmes de protection, SUD éducation appelle les personnels à s’organiser collectivement pour protéger leur santé sur leur lieu de travail, à signaler des Dangers Graves et Imminents et à faire usage de leur droit de retrait.

SUD éducation revendique :

- l’application du principe de précaution en cas de suspicion de Covid-19 : fermeture de l’établissement et isolement des personnes en contact dans l’attente du résultat du test ;

- de préparer d’ores et déjà la rentrée prochaine, par un grand plan d’urgence pour l’éducation : recruter massivement du personnel (enseignant-e-s, RASED, psychologues scolaires, AESH, AED…), accompagner les collectivités pour aménager les locaux et les aider à recruter du personnel d’entretien, repenser les programmes, développer enfin la médecine de prévention pour les personnels et la médecine scolaire pour les usager-e-s…

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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 16:24

Pour les syndicats SNESUP-FSU, CGT Ferc Sup et Sud Education

L’arrêt des réformes c’est maintenant !

Dans une période où la crise sanitaire déstabilise l’ensemble de la vie sociale et professionnelle du pays (y compris celles des enseignant·es), le ministre de l’Education Nationale a fait savoir par la presse spécialisée qu’une "mission" a été confiée à Mark Sherringham, Inspecteur général, sur la réforme des INSPE, aux fins de conseiller les recteurs et rectrices dans la mise au pas de la formation (voir la lettre de mission ici) : il s’agit de veiller à l’installation des directeurs et directrices compatibles avec la gestion souhaitée, de contrôler le nombre des personnels sous l’autorité du Ministère de l’éducation nationale (MEN) qu’il s’agit d’imposer à l’Université, de vérifier les maquettes de formation...

On y apprend aussi qu’un travail de définition et de conception de classes préparatoires au professorat des écoles doit être conduit, avec une mise en place dès la rentrée de septembre 2020, dans 3 ou 4 académies pilotes. Apprendre la création d’un tel dispositif qui pourrait impacter la formation des professeur·es des écoles dès la rentrée 2020 est inadmissible. C’est une négation du dialogue social.

Lors de sa première allocution concernant la crise sanitaire, le président de la République avait pourtant annoncé la suspension des réformes en cours, précisant qu’il faudrait tirer toutes les leçons de cette épreuve collective inédite.

Le SNESUP-FSU, la CGT Ferc Sup et Sud Education dénoncent ce coup de force du ministre Blanquer qui profite de la vacuité démocratique d’une période de confinement pour poursuivre et accélérer la mise en oeuvre de sa “réforme” Ecole de la confiance.

Rappelons que, selon le Code de l’éducation, les INSPÉ sont des composantes de plein droit de leur université, laquelle reste décisionnelle pour ce qui est de la conception des enseignements et des décisions de recrutement. Au travers de ses multiples expressions comme dans son relais des pétitions et expressions des collègues et de leurs associations, les organisations signataires n’ont cessé de répéter dans toutes les instances leur opposition à une telle “réforme” de la formation des enseignant·es.

Les organisations signataires refusent cette volonté de contrôle et de surveillance des enseignant·es, des formateur/trice·s comme des étudiant·es de master MEEF et s’étonnent du silence assourdissant du Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI) qui se désengage du champ d’une formation aussi essentielle dans la société que celle des enseignant·es, en laissant le champ libre à la vision court-termiste de l’employeur.

Elles demandent que, concernant la formation, l’action des ministères MESRI et MEN se focalise prioritairement dans les semaines à venir sur les mesures à mettre en œuvre de toute urgence pour qu’étudiant·es et stagiaires ne soient ni discriminé·es ni pénalisé·es dans leurs parcours de formation et leurs carrières professionnelles.

Enfin, elles demandent à nouveau solennellement la suspension immédiate de toute réforme dans la formation des enseignant·es, CPE, et Psy-EN et, dès que la situation sanitaire le permettra, l’ouverture de véritables concertations et négociations dans les instances habilitées.

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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 16:12

Le gouvernement et Blanquer ont décrété la réouverture des écoles à compter du 11 mai.

Pour SUD éducation, l’impréparation est manifeste et vient une nouvelle fois contredire la communication ministérielle. Les remontées de terrain sont claires : 75% des communes ont fait le choix de maintenir fermées ou de ne rouvrir que partiellement les écoles.

On ne compte plus les décisions prises à l’emporte-pièce par le ministre Blanquer, qui font l’objet parfois dans les heures qui suivent d’un désaveu ministériel ou d’une volte-face. L’inconséquence de la haute hiérarchie attachée à faire respecter des consignes absurdes et contradictoires sont manifestes. Tandis que le ministre se pavane sur les plateaux de télévision, il fait peser la responsabilité du retour en classe sur les équipes pédagogiques, dépourvues de règles claires, d’équipements de protection, et de toute visibilité sur la période.Les écoles rouvertes ne sont, en fait, que des garderies destinées à permettre aux parents de se rendre au travail.

La réouverture des écoles, prématurée et précipitée, est profondément anxiogène pour les personnels.

De nouveaux foyers de contamination apparaissent dans les écoles et les collèges, quelques jours seulement après la réouverture. Les conditions sanitaires dans lesquelles les écoles et établissements rouvrent risquent de provoquer une flambée des contaminations dans les jours et les semaines à venir, alors que le ministre Blanquer est incapable de garantir que des tests en nombre suffisant permettront d’opérer un dépistage efficace des cas contacts et des cas suspects.

Blanquer et son gouvernement portent la responsabilité directe de la contamination des personnels et des familles par le Covid-19.

Pour SUD éducation, il est encore temps de prendre une décision réaliste : suspendre la réouverture généralisée des écoles. L’accueil doit être limité aux personnels des services publics indispensables et aux enfants pour lesquels les équipes estiment vraiment nécessaire un contact avec l’école.

Pour SUD éducation, il s’agit bien plutôt de préparer la rentrée de septembre qui doit donner lieu non seulement à la mise en œuvre de toutes les garanties sanitaires que le gouvernement se montre incapable de fournir actuellement, mais aussi à un plan massif d’investissement dans l’éducation dont l’embauche de personnels supplémentaires, de manière à compenser les inégalités qui se sont accrues pendant la période de confinement.

Face au risque que fait courir l’administration aux personnels ainsi qu’aux élèves et à leur famille, SUD éducation soutiendra les personnels qui feront usage de leur droit de retrait.

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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 10:57

Des annonces très diverses selon les départements

La priorité aux élèves en situation de handicap affichée dans la circulaire du 4 mai sur la réouverture des écoles et des établissements a été interprétée diversement d’une académie à l’autre. Cette absence de cadrage clair est l’occasion une fois de plus de tordre le droit du travail pour les Accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap.

Les AESH ont reçu très tardivement des courriers pour les informer de leurs conditions de reprise, ne leur laissant pas la possibilité d’interroger les services, de s’organiser en fonction de leur situation, de vérifier leurs droits. Ces courriers ont pu être en contradiction avec des annonces qui ont été faites en amont dans différentes instances.

On ne peut vous imposer d’autres missions que celles inscrites sur votre contrat de travail !

On comprend cette précipitation quand on voit comment certaines de ces injonctions contreviennent aux textes juridiques qui régissent les missions des Accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap telles que définies par la circulaire du 3 mai 2017. Leurs contrats de travail stipulent que leurs fonctions s’exercent exclusivement à l’égard des élèves en situation de handicap.

On ne peut modifier votre contrat du jour au lendemain !

Or toute modification substantielle du contrat de travail doit faire l’objet d’un avenant envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception ou en main propre contre décharge, le/la salarié-e ayant un mois pour l’accepter ou le refuser. Cela concerne le lieu du travail, la quotité horaire, les missions. Or dans certaines académies on exige des AESH d’être présent-e-s dans les écoles ou établissements, y compris quand aucun-e élève en situation de handicap n’est présent-e. On veut leur confier toutes sortes de tâches sans lien avec leurs missions. Notre organisation syndicale rappelle également que l’administration ne peut changer un-e AESH de lieu d’affectation sans avenant. En PIAL l’agent-e travaillera exclusivement dans les écoles ou établissements qui lui sont rattachés ; hors PIAL exclusivement dans l’école ou les écoles ou établissements d’affectation.

Notre priorité : protéger la santé des AESH

En obligeant les AESH à être présent-e-s dans les écoles ou établissements ou à se déplacer de l’une à l’autre, l’administration prend le risque d’augmenter inutilement la concentration d’adultes et le risque de propagation du virus, en particulier dans les zones rouges.

Si les familles ont fait le choix de ne pas mettre leurs enfants en situation de handicap les Accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap doivent pouvoir continuer à accomplir leurs missions auprès de ces élèves à distanciel dans la mesure des possibilités et contraintes technologiques et de la nature des handicaps, en partenariat avec les enseignants.

Une attention particulière doit être portée à la sécurité des AESH peu évoquée dans les protocoles sanitaires qui seront en présentiel et dont le métier suppose de fait une certaine proximité et des gestes techniques spécifiques. La distanciation physique dans le cas de l’accompagnement des élèves en situation de handicap est inapplicable. C’est à l’administration de proposer des modalités de travail et de fournir le matériel adéquat (masques FFP2, gants, sur-blouses) qui n’exposeront pas la santé et la sécurité des personnels. Ils ou elles devront avoir bénéficié de la formation aux gestes barrières exigée par le protocole avant le retour des élèves. Le Registre Santé et Sécurité Travail devra être mis à disposition de tous et toutes pour alerter de toute défaillance.

Les AESH doivent bénéficier des mêmes droits que les autres personnels (autorisation d’absence, droit de retrait...)

Certaines AESH considéré-e-s comme des personnes vulnérables doivent bénéficier au même titre que les autres personnels du droit aux autorisations spéciales d’absence et continuer à être payé-e-s, conformément à la circulaire de réouverture, sans avoir à entamer leurs droits par des arrêts maladie. Il n’existe pas une sous-catégorie de salarié-e-s au regard de la santé. Il en est de même pour les ASA pour garde d’enfants de moins de 16 ans ou en situation de handicap s’ils et elles ne peuvent être accueilli-e-s dans leur lieu de scolarisation. Pas plus que l’administration ne peut leur dénier la possibilité d’exercer leur droit de retrait s’ils ou elles devaient se sentir en danger imminent. Seul le ou la juge du tribunal administratif pourra en décider.

Stop aux pressions à l’encontre des plus précaires !

Toute pression hiérarchique (liée au renouvellement de contrat, à un entretien professionnel, à la quotité hebdomadaire qui ne serait pas effectuée… ) serait d’autant plus malvenue sur les AESH qu’ils et elles n’ont pas d’obligations de service au sens où on l’entend pour un-e titulaire et ne sont pas responsables du contexte sanitaire. La précarité de leur statut n’autorise pas à les considérer comme des agent-es polyvalent-e-s et à changer de facto leurs missions.

Comment agir ? Où s’informer ?

Nous invitons les AESH à consulter sur notre site les différents articles consacrés aux moyens légaux pour se protéger à partir du 11 mai comme ici : Autorisation spéciale d’absence, Télétravail, Arrêts maladies, Droit de retrait, Registre Santé et Sécurité au Travail, Droit de grève. Nous le mettons à jour au fur et à mesure des informations que nous recevons. N’hésitez pas à faire remonter aux différents Sud éducation locaux les situations problématiques en termes de droit du travail et de sécurité au travail.

Sud éducation restera vigilant au respect des droits des AESH et à la manière d’assurer leur sécurité par leurs employeurs. Plus que jamais l’égalité des droits des contractuel-les et des titulaires doit être appliquée. Le guide AESH est consultable ici.

Pour SUD éducation, les conditions sanitaires ne seront pas réunies et ne permettent pas une reprise en mai dans de bonnes conditions pour les élèves et le personnel.

Pour SUD éducation, il s’agit bien plutôt de préparer la rentrée de septembre qui doit donner lieu non seulement à la mise en œuvre de toutes les garanties sanitaires que le gouvernement se montre incapable de fournir actuellement, mais aussi à un plan massif d’investissement dans l’éducation dont l’embauche de personnels supplémentaires, de manière à compenser les inégalités qui se sont accrues pendant la période de confinement.

Face au risque que fait courir l’administration aux personnels ainsi qu’aux élèves et à leur famille, SUD éducation soutiendra les personnels qui feront usage de leur droit de retrait.

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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 10:54

Les questions qui se posent fréquemment pour les AESH face à la réouverture annoncée des écoles et établissements :

1. Si les enfants dont on a la charge ne sont pas présent-e-s, devons-nous venir à l’école ?

2. Si oui devons-nous alors travailler avec des enfants sans notification ?

3. Peut-on nous demander de faire un travail qui ne soit pas avec les enfants (type préparations des cours avec les enseignant-e-s) ?

4. Doit-on venir lors de la "pré-rentrée" et quel est alors notre rôle ?

5. Peut-on gérer seule un groupe d’élèves ?

6. Si je suis fragile, ou que j’ai dans mon entourage une personne fragile, comment faire pour ne pas aller à l’école ou dans mon établissement ?

7. Je ne veux pas mettre mon enfant à l’école : je peux avoir une Autorisation Spéciale d’Absence pour le garder ?

8. Si je ne veux pas retourner en établissement, je peux refuser ?

Toutes les réponses à vos questions :

1. OUI et NON... Le confinement est fini, donc reprise du travail... En présentiel ou distanciel (voir point 7), auprès d’élèves ayant une notification, mais pas forcément les mêmes que d’habitude (voir point 2).

2. NON ! (les missions des AESH sont d’accompagner les enfant avec notif) ; mais d’autres enfants avec notif que ceux et celles suivi-e-s habituellement : OUI ; voire même possible d’aller dans un autre établissement s’il est dans la zone du PIAL (lorsqu’on en fait partie : voir sur son contrat).

3. NON pour faire les petites mains (dame-pipi, désinfection,...) bref, non pour tout ce qui ne relève pas de ses missions d’AESH ; OUI pour préparer la reprise des élèves qu’on suit ou pour les suivre à distance.

4. OUI si les mesures sanitaires de rentrée sont respectées (comme pour une pré-rentrée "normale") sinon droit de retrait ; voir dessous pour les modalités de retour en établissement (point 7)

5. Encore une fois, ne travailler qu’avec des élèves avec notif... du coup c’est comme d’habitude : pas censée être seule avec des élèves, sans la présence de l’enseignant-e

6. J’ai droit à une Autorisation spéciale d’Absence* (à demander à son employeur) : ASA avec certificat médical = remettre un certificat du médecin traitant interdisant le travail en présentiel pour raison de santé dans le cadre de la pandémie (attention ce n’est pas un arrêt de travail, il n’y a pas besoin, car cela ne doit pas être décompté dans les jours maladie). Je ne suis pas en télétravail.

7. Le ministère a déclaré aux organisations syndicales que pour les enseignant-e-s et AESH ayant des enfants et ne souhaitant pas les mettre à l’école, le télétravail serait possible dans un premier temps. Dans le cas où ils ou elles ne pourraient pas faire du télétravail, ils pourraient obtenir des ASA. Ces dispositions sont supposées s’arrêter au premier juin. SUD éducation réclame toutes les garanties sur cette question, et que les dispositions annoncées soient prolongées.

8. Oui, pour l’instant (jusqu’au 1er juin), a priori pour l’instant on peut rester en télétravail (choix à déclarer avant la reprise) (attention, ça n’a pas l’air d’être valable dans toutes les circonscriptions/départements...).

Sauf que pour les AESH, pas de télétravail tant que l’employeur ne fournit pas d’outil de télétravail (ordi, téléphone avec forfait,...) : donc vous indiquez que vous voulez travailler en distanciel, mais ensuite vous demandez du matériel pour pouvoir faire ce télétravail.

Si les conditions sanitaires dans l’établissement ne sont pas satisfaisantes pour me protéger, je peux exercer mon droit de retrait.

Liens utiles :

Droit de retrait : https://www.sudeducation.org/Reouverture-des-ecoles-et-etablissements-comment-exercer-son-droit-de-retrait.html

Outils légaux pour se protéger : https://www.sudeducation.org/Se-proteger-a-partir-du-11-mai-tous-les-outils-legaux.html

Guide AESH SUD éducation : https://www.sudeducation.org/Guide-AESH.html

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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 10:51

Le 16 mars, les universités de la France entière se sont brusquement arrêtées. Elles ont dû en un temps record s’adapter à la nouvelle situation du confinement, adapter leurs cours et surtout adapter leurs modalités d’évaluation. Alors que la pétition nationale "Non aux examens en ligne qui creusent les inégalités dans l’enseignement supérieur !"1, soutenue par un grand nombre d’organisations syndicales et de collectifs, a recueilli près de 9000 signatures, partout sur le territoire, les établissements d’enseignement supérieur se préparent à faire passer des examens en ligne.

Tout en continuant à réclamer la validation automatique de ce semestre pour tou-te-s, nous nous inquiétons aujourd’hui des modalités d’examen prévues par les établissements d’enseignement supérieur. En effet, les fiches informatives 5 et 6 du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche 2 ouvrent la voie à des examens télé-surveillés. Ce type de pratiques existe depuis quelques années, mais jusqu’ici il n’a été utilisé que dans quelques facs. Cependant, le contexte actuel pousse un certain nombre d’établissements à tenter l’expérience. Il s’agit de contrôler les étudiant-e-s à distance, donc de relever leur identité, les surveiller via logiciel mouchard et webcam voire même en doublant avec la caméra du smartphone, leurs faits et gestes pendant le partiel.

Alors que beaucoup d’étudiant-e-s n’ont pas accès à du matériel informatique ou une connexion de qualité, alors que nombre d’entre elles et eux n’ont pas d’espace personnel pour travailler et être seul-e, un examen en temps limité surveillé par webcam ne paraît pas envisageable, sauf à rompre avec le principe d’égalité élémentaire. De plus, ce type de solutions demande un équipement performant, même quand on a un ordinateur à disposition : la grande majorité ne dispose pas d’ordinateurs puissants, ou de connexions suffisantes. Par ailleurs, un certain nombre d’étudiant-e-s sont rentré-e-s dans leur famille et se retrouvent dans des zones "blanches", avec une connexion très faible voire inexistante.

En termes de données personnelles, le Règlement Général de Protection des Données (RGPD) est clair sur la question : les données personnelles des utilisateurs et utilisatrices ne peuvent être collectées qu’avec leur plein gré. Il est évident que les étudiant-e-s qui sont obligé-e-s de passer leur partiel ne pourront donner leur accord librement pour être filmé-e-s et enregistré-e-s, ni voir leurs données personnelles collectées par une entreprise privée ou la fac (identité, photo, images d’intérieur de leur lieu de vie...).

Aujourd’hui nous le disons : nous n’acceptons pas que la surveillance technologique de toutes et tous se généralise jusque dans les foyers. Une grande partie des étudiant-e-s ne peut tout simplement pas accéder aux moyens techniques permettant de mettre en œuvre une telle solution, et les autres n’ont pas à se voir obliger une captation aussi importante des données personnelles. L’organisation d’examens télé-surveillés va contre le principe d’égalité et contre les normes les plus basiques de protection des données.

Nous le répétons : la seule solution valable pour tou-te-s est la validation automatique et la neutralisation du semestre ! Si les établissements d’enseignement supérieur souhaitent malgré tout mettre en place une évaluation finale, nous demandons que celle-ci se fasse sans surveillance et de manière asynchrone, pour permettre à toutes et tous de valider.

1 À retrouver ici : https://www.change.org/p/madame-la-ministre-de-l-enseignement-sup%C3%A9rieur-et-de-la-recherche-non-aux-examens-en-ligne-qui-creusent-les-in%C3%A9galit%C3%A9s-dans-l-enseignement-sup%C3%A9rieur-validation-du-semestre-pour-tout-es?recruiter=1072363733

2 Les fiches informatives, circulaires et ordonnances concernant l’adaptation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche au confinement sont disponibles ici : https://services.dgesip.fr/T712/covid_19

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Published by SUD 61
13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 10:48

Alors que les enseignant-e-s reçoivent en permanence des injonctions contradictoires, des informations qui évoluent au gré des discours officiels et ne savent même pas s’ils et elles pourront reprendre les cours dans des conditions assurant leur sécurité et leur santé, l’Éducation nationale a trouvé le temps d’élaborer et de diffuser une fiche intitulée Coronavirus et risque de replis communautaristes.

Cette fiche vise explicitement les habitant-e-s des quartiers populaires, et en leur sein, les musulman-e-s ou identifié-e-s comme tel-le-s. L’expression « séparatisme », employée par Emmanuel Macron lors de la dernière polémique médiatique concernant les musulman-e-s, est bien sûr présente dans la fiche, qui appelle à anticiper des réactions prétendument « communautaristes » en ne se basant sur aucune étude ni aucune réalité de terrain.

Depuis le début de l’année scolaire 2019-2020, le ministre Blanquer a multiplié les sorties scandaleuses, créant des polémiques stigmatisant les personnes musulmanes ou supposées telles. Il a été démenti par ses propres services sur le prétendu défaut de scolarisation des petites filles musulmanes. Il a attaqué la FCPE à propos d’une affiche de campagne montrant une femme portant le voile. Il s’est refusé à condamner l’agression d’une mère d’élève portant le voile accompagnant une sortie scolaire par un élu RN. Cette fiche s’inscrit dans la continuité d’un discours officiel islamophobe au sommet de l’institution scolaire.

Parallèlement, le ministre et ses services s’inquiètent dans cette fiche que « la crise du Covid 19 peut-être utilisée par certains pour démontrer l’incapacité des États à protéger la population ». Par cynisme, ils s’inquiètent de ce que la population nourrisse une « défiance envers les discours scientifiques », alors même que la décision de rouvrir écoles et établissements scolaires contrevient directement aux recommandations du Conseil scientifique. S’il est évident que la période est propice aux rumeurs et aux fausses nouvelles, la diffusion d’intox est moins l’apanage des classes et des quartiers populaires que du gouvernement et des capitalistes.

Le gouvernement, comme ceux qui l’ont précédé, porte la responsabilité du démantèlement des services publics, en particulier de santé, et du système de protection sociale dans son ensemble. Juste avant la crise sanitaire, le pays a connu un mouvement de grève massif et puissant contre le démantèlement du système de retraites. Les rédacteurs et rédactrices s’alarment d’une « possible fronde contre les mesures gouvernementales ». Ils ont bien raison : les capitalistes doivent payer la crise.

Le ministre Blanquer doit protéger les enfants, leurs familles ainsi que les personnels, et non stigmatiser toujours les mêmes personnes pour escamoter sa gestion calamiteuse et les désaveux à répétition qu’il subit au quotidien.

SUD éducation dénonce ce nouvel acte de stigmatisation islamophobe que constitue cette fiche.

SUD éducation revendique un plan massif d’investissement pour le service public d’éducation, avec les recrutements nécessaires, pour une école véritablement

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