13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 17:03

À l’heure où la lutte contre les féminicides et où les Violences Sexistes et Sexuelles sont dénoncées dans tous les domaines de la société, le ministère de l’Éducation nationale ne peut plus mener une politique de l’autruche. Le ministre de l’Éducation nationale est directement responsable de la santé et de la sécurité des personnels qui travaillent dans son administration. Il doit mettre en œuvre sans délai une véritable politique de lutte contre les violences faites aux femmes, comme l’exigent les textes réglementaires (Accord Égalité et circulaire du 9 mars 2018).

Trop souvent, nos organisations syndicales (FSU, CGT éduc’action, SUD éducation) sont sollicitées par des collègues enseignantes, AED, CPE, infirmières… qui ont subi ou qui subissent des actes sexistes et des agressions sexuelles. Dans la plupart des cas, les collègues qui les dénoncent n’obtiennent ni réponse, ni protection de leur hiérarchie. Par son silence, l’Éducation nationale garantit l’omerta et l’impunité aux agresseurs. Les procédures prévues par l’accord Égalité et la circulaire du 9 mars 2018 relative à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans la Fonction Publique sont rarement appliquées dans l’Éducation nationale. Dans les académies, les personnels désigné.e.s pour être référent.e “Égalité Femmes/Hommes” ne sont pas formé.e.s sur ces problématiques, cette mission est régulièrement supplantée par toutes les autres missions qu’ils et elles ont en charge. Face à l’absence de cellule de veille dédiée, les victimes sont trop souvent reçues par des supérieurs hiérarchiques et DRH.

Avec un médecin de prévention pour vingt-mille agent.e.s et des suppressions de postes toujours plus importantes chez les personnels administratifs, sociaux et de santé, l’Éducation nationale ne se donne pas les moyens de lutter sérieusement contre les violences faites aux femmes. Le silence de l’administration génère une souffrance supplémentaire chez les victimes et les conduit à multiplier les arrêts maladie ou à demander leur mutation afin de ne plus côtoyer leur agresseur. Il est nécessaire, il est urgent, de libérer la parole des victimes pour briser ce mécanisme d’oppression des femmes, qui sont toujours placées dans une situation d’inégalité au travail : salaires moins élevés que leurs collègues masculins, temps partiels imposés, pensions plus faibles.

 

Nous exigeons : 

  • Une véritable campagne de prévention et de formation pour tous les personnels
  • La nomination d’un.e référent.e Égalité Femme/Homme à temps plein pour chaque département Un bilan annuel des réferent.e.s par académie et des différentes cellules d’écoute annexé au bilan social présenté dans les CT
  • Des mesures effectives de protection des victimes avec une protection fonctionnelle renforcée et des mesures conservatoires
  • Que des procédures disciplinaires en vue de sanctionner les agres-seurs soient engagées indépendamment de plaintes pénales, comme le prévoit la loi, avec la diffusion d’un guide des procédures disciplinaires en cas de signalement d’agression
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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 17:03

Nos organisations se félicitent du succès de la grève du 10 novembre, particulièrement dans ce contexte de l’état d’urgence sanitaire et quelques jours à peine après la reprise. L’annonce de la grève avait certes déjà contraint le ministre à des annonces sur les lycées, mais nous sommes encore loin de ce qu’il faudrait pour assurer la sécurité sanitaire des personnels, des élèves et de leurs familles et aucune mesure n’a été présentée pour les écoles et les collèges. L’organisation des demi-groupes, lycée par lycée, et sans moyen supplémentaire, ne doit pas conduire à aggraver les inégalités entre établissements. Les allégements d’effectifs demandés par les équipes éducatives doivent être mis en place sans remettre en cause les obligations statutaires et réglementaires des personnels.

Les mesures annoncées ne seront pas suffisantes pour permettre à l’École de faire face longtemps à la deuxième vague épidémique. Il faut pour cela des recrutements massifs de personnels, à commencer par l’admission des listes complémentaires.

Nos organisations appellent les personnels à maintenir cette dynamique revendicative, en organisant des réunions pour faire le point sur la situation. Elles les invitent à agir en direction des DASEN, des recteurs et du ministre.

Nos organisations soutiennent les initiatives d’ores et déjà prévues localement et rappellent qu’elles ont déposé des préavis afin de permettre, au regard des contextes locaux, la poursuite des actions.

 
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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 17:02

L’assassinat odieux de Samuel Paty est encore dans toutes les mémoires. Il y a quelques jours, les ministres Blanquer et Darmanin ont pu développer sur de nombreux plateaux de radio et de télévision les cas de “violation” de la minute de silence en hommage à notre collègue.

Il s’agit, bien souvent, d’élèves âgé-e-s de moins de seize ans, parfois de moins de treize ans qui se sont trouvé-e-s convoqué-e-s devant un procureur, des policiers, des gendarmes.

Le ministre Blanquer a annulé à la dernière minute les deux heures de préparation des personnels le jour de la rentrée de novembre. Lorsqu’elle a eu lieu, ce sont les personnels qui ont dû, bien souvent, l’imposer à leur hiérarchie. Pourtant, le ministre impose de signaler en dehors de l’école et de l’établissement immédiatement toute parole ou propos jugé déplacé de la part des élèves. De même, en cas d’incident avec des élèves ou des parents, la hiérarchie refuse d’accorder la protection fonctionnelle aux personnels.

SUD éducation dénonce cette criminalisation du comportement des élèves mineur-e-s, qui bien souvent ne mesurent pas la portée des propos, parfois inadmissibles, qu’ils et elles peuvent proférer. La plupart du temps, ces situations peuvent trouver leur solution au plan pédagogique, dans l’établissement ou l’école, avec les ressources de l’équipe pédagogique (CPE, AED, PsyÉN) et en lien avec les parents, et occasionner éventuellement une sanction adaptée à la situation. Cela requiert des moyens en personnels que le ministre Blanquer se refuse à donner au service public d’éducation, préférant livrer les élèves à la vindicte islamophobe.

SUD éducation exige que cesse l’injonction à traiter de façon policière les propos des élèves, et revendique les moyens nécessaires. Cela passe par une véritable formation des personnels, des recrutements de personnels médico-sociaux et une baisse des effectifs en classe.

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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 17:01

Les personnels de l’Éducation étaient massivement en grève aujourd’hui : les remontées de terrain de SUD éducation montrent que la grève a été puissante aujourd’hui, malgré l’entrave au droit de grève dans le premier degré que constitue la déclaration d’intention préalable. Dans le second degré, la grève a été majoritaire dans les collèges. Dans le premier degré, la grève du 10 novembre a montré l’exigence des personnels en termes de remplacements, et de réduction des effectifs : de nombreuses écoles étaient fermées sur l’ensemble du territoire malgré le service minimum d’accueil.

Les annonces et les revirements en trompe-l’œil du ministre Blanquer ne doivent duper personne : ce sont les personnels qui ont arraché par la lutte une amélioration des conditions sanitaires, alors que le ministère met en danger les personnels et s’acharne à réprimer les lycéen-ne-s mobilisé-e-s.

Le succès d’aujourd’hui ne doit pas rester isolé et SUD éducation œuvre en ce sens au sein de l’intersyndicale. Les personnels, par leur mobilisation, ont déjà réussi à faire plier le ministre sur les dédoublements en lycée. Il faut maintenant exiger que ces dédoublements se fassent de manière uniforme sur l’ensemble du territoire et dans le strict respect des obligations réglementaires de service. Il faut également amplifier le rapport de force pour imposer les dédoublements demandés par les équipes dans les autres niveaux, en particulier en collège.

Au-delà, la mobilisation doit permettre d’imposer un plan d’urgence pour l’éducation dans les premier et second degrés, incluant des recrutements massifs (à commencer par les listes complémentaires et la titularisation des contractuel-le-s) permettant de garantir l’enseignement en demi-groupes en classe, et une réfection comme la construction de nouveaux établissements et écoles à même de permettre de continuer à enseigner en offrant les garanties sanitaires nécessaires.

 

SUD éducation appelle les personnels à s’engager dans la poursuite de cette mobilisation par l’organisation d’Assemblées générales, par la multiplication de motions en conseils d’administration et conseils d’école, de courriers aux directions académiques...

Des actions locales sont d’ores et déjà prévues, dès la fin de la semaine et le début de semaine prochaine, dont le jeudi 12 et mardi 17 novembre. SUD éducation appelle les personnels à participer massivement à l’ensemble des actions décidées localement, et a déposé un préavis à cet effet.

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 09:12

Congrès extraordinaire Solidaires d’octobre 2020 -Résolution "Imposons un autre avenir"

La situation ouverte par la crise mondiale de la Covid-19 a des répercussions énormes. Ces conséquences, pas encore toutes connues, aggravent les crises sociales, économiques, écologiques et démocratiques. Tout cela à l’échelle internationale. La nécessité pour les bourgeoisies de restaurer les taux de profit conduit d’ores et déjà à une amplification des politiques antisociales avec, comme corollaire, des inflexions de plus en plus nettes vers l’autoritarisme. Nous sommes en première ligne sur nos lieux de travail et dans notre quotidien face aux impacts économiques, écologique et sociaux de la crise sanitaire.

La situation actuelle a souligné des questions de fond. Un questionnement de fond se développe dans la société et le monde du travail sur les politiques menées depuis des décennies : mondialisation capitaliste, surproduction provoquant l’effondrement écologique et crise climatique, politiques de libéralisation et de privatisation, inégalités de genre et inégalités en tout genre, injustice sociale, toutes les sortes de discriminations, répression et autoritarisme… et les réponses à apporter : rôle de l’État, auto-organisation, autonomie productive des territoires, réaffirmer le rôle des services publics, les étendre, leur donner tous les moyens utiles et lutter contre inégalités d’accès, soutenir l’hôpital public et l’accès aux soins alors que la Covid-19 a mis en évidence l’état de délabrement des systèmes sanitaire, social et médico-social.

Chacun·e, dans son quotidien, a pu ressentir l’importance des questions économiques, sociales et écologiques. C’est aujourd’hui que la transformation sociale portée par Solidaires depuis son origine pourrait prendre encore plus de sens pour une partie croissante de la population.

Pour l’Union syndicale Solidaires il a toujours été hors de question de rester « spectatrice » et d’attendre que gouvernements, partis politiques ou lobbies industriels et bancaire nous disent quoi faire pour imposer une nouvelle fois leurs visions. Nous agissons en tant que travailleuses et travailleurs, organisé.es, nous avons des avis et des solutions à porter. Notre union syndicale est un outil de défense des travailleur-euses et qui permet de porter des alternatives concrètes pour l’ensemble de toute la société.

Les périodes précédentes ont montré nos limites et nos difficultés, l’importance de travailler avec d’autres, de renouveler nos pratiques, nos alliances, et l’impératif de toucher une plus grande partie de la population. Une nouvelle période s’ouvre, dans la continuité des luttes et des mouvements sociaux massifs menés depuis 2016 (mobilisations : pour le droit du travail pour les services publics et la fonction publique, pour l’hôpital public et la santé, « Gilets Jaunes », féministes, écologistes, pour nos retraites, contre les violences policières, antiracistes...) qui ont posé en toile de fond les questions de l’égalité réelle, de la justice et de la démocratie. La mobilisation de l’hiver 2019-2020 pour nos retraites a remis en avant le syndicalisme de lutte et ses formes d’action comme acteur central dans la résistance aux politiques capitalistes. Ce conflit interprofessionnel a été initié par l’intersyndicale à la RATP, rejoint par la fédération SUD-Rail puis par des appels sectoriels, interprofessionnel et confédéraux qui se sont multipliés. D’autres luttes sectorielles sur les conditions de vie au travail, la défense des emplois et des augmentations de salaires ont aussi compté. Dans la période de confinement ce syndicalisme d’action et de lutte a révélé encore une fois toute son utilité en continuant de mettre à disposition son cadre collectif permettant de maintenir le lien entre les salarié·e·s et de défendre leurs revendications de santé au travail ; il a notamment rappelé les armes dont dispose le ou la salarié·e avec le droit de grève, le droit de retrait et droit d’alerte. Il a prouvé sa capacité à s’adapter au contexte inédit, à appuyer ces salarié·e·s et maintenir les potentialités de luttes.

Le pire est devant nous si nous ne passons pas à l’offensive. Nous subissons une hausse massive du chômage, de précarisation des emplois, d’attaque sur les droits sociaux et de la pauvreté. Les capitalistes vont vouloir nous faire éponger la crise économique en nous imposant notamment des mesures de « sacrifices » des « plans d’austérité »… le tout couronné d’autoritarisme et de violence d’Etat pour protéger l’ensemble… Notre courant syndical a toute sa place dans la lutte pour mettre fin à ce système qui n’a rien d’inéluctable. Y compris en mettant en évidence les articulations entre la thématique des licenciements et
-  La diminution du temps de travail
-  Les réformes de l’assurance chômage et de la formation professionnelle
-  La précarisation du contrat de travail.

Macron avait promis un “monde d’après” échappant en partie aux griffes du marché. Nous ne pensons pas que la situation ait modifié les choix idéologiques de celles et ceux qui nous dirigent. Par contre une partie plus importante de la population est disposée à écouter, critiquer et peut-être, à suivre d’autres propositions, et à les essayer. La question est de savoir comment transformer les inquiétudes, l’indignation ou la révolte en un rapport de force gagnant, sachant que la lutte contre le projet de loi sur les retraites ou avant elle celle contre les lois Travail sont là pour nous rappeler que le lien entre le désaccord et la mobilisation ne sont pas automatiques. Pour l’heure, le « monde d’après » ressemble furieusement au monde d’avant… En pire ! Lire la suite de la résolution


 

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 08:26
Nous ne renoncerons pas aux libertés démocratiques et syndicales ! Arrêt immédiat de la répression des mobilisations lycéennes !

Ce communiqué a été publié le 08/11/2020

Nous ne renoncerons pas aux libertés démocratiques et syndicales ! Arrêt immédiat de la répression des mobilisations lycéennes !

Les organisations FSU, FNEC FP-FO, Sud Education, CGT Educ’action, FCPE, UNL, Solidaires lycéens et FIDL condamnent toutes les formes de remise en cause des libertés démocratiques et syndicales. Elles condamnent fermement la répression dont ont été victimes certains lycéens cette semaine, mobilisés sur leurs revendications.

Pourtant, comme des milliers de personnels de l’Education nationale et de parents d’élèves, ces derniers demandent des moyens pour faire face à la crise et de meilleures conditions d’apprentissage.
Au Lycée Colbert à Paris, des policiers ont chargé et frappé des élèves et ont vidé leur gazeuse à bout portant sur certains d’entre eux. La police a verbalisé, au motif de non-respect du confinement, une vingtaine de lycéens. Dans d’autres villes, à Lyon, à Saint-Denis, des élèves ont été placés en garde à vue.

La liberté d’expression que le gouvernement appelle à respecter et défendre doit rester un principe intangible et un droit pour tous.

Nous demandons que cette répression contre la mobilisation légitime des lycéens cesse immédiatement. Nous demandons la levée immédiate des sanctions, des gardes à vue et des verbalisations.
à Montreuil, le 8 novembre 2020

 

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 17:25

Le 8 octobre dernier, une réunion d'information concernant le Parcours Préparatoire au Professorat des Écoles (PPPE) s'est tenue. SUD éducation était présent et a pu constater le caractère flou de ce nouveau parcours et la méthode autoritaire du ministère pour faire passer ses réformes le plus rapidement possible. Le PPPE est un projet de licence multidisciplinaire pour les futur-e-s professeur-e-s des écoles, qui s'effectuerait pour partie en lycée (dans une sorte de classe préparatoire) et pour partie à l'université avec trois à quatre semaines de stage en école chaque année.

  1. Un problème de méthode et un calendrier très contraint

Le ministère s'est félicité plusieurs fois lors de cette réunion de la concertation large entre les différent-e-s acteurs-trice-s de cette réforme (en fait des Directions Générales et des recteur-trices) et a remercié les organisations syndicales pour leur présence et leurs questions pertinentes. Pourtant, le cahier des charges du PPPE a été envoyé la veille au soir de la réunion, ce qui n'a pas laissé le temps aux organisations syndicales de se concerter avec leurs bases militantes. Par ailleurs, le même cahier des charges a été présenté mardi 13 octobre au CNESER sans que les organisations syndicales n'aient eu le temps de demander d'éventuels amendements du projet. Il semble ainsi que le ministère nous présente son projet sur lequel nous ne pourrons qu'apporter des ajustements mineurs.

En outre pour que certaines classes de PPPE ouvrent dès la rentrée 2021, cela nécessite de faire un appel aux lycées intéressés par le projet dès maintenant et de préparer des maquettes rapidement au sein des universités. Comme pour la réforme de la formation des enseignant-e-s en master, le calendrier s’accélère

Enfin, le ministère choisit de créer un parcours ex-nihilo au sein des lycées alors que des licences pluridisciplinaires existent déjà dans les universités. On peut se demander pourquoi ce parcours ne pourrait être créé intégralement à l'université avec la participation de professeur-e-s des écoles dans certains enseignements et avec stages. Le ministère affiche ainsi une volonté de marginalisation des universités et des INSPÉs avec qui le projet n'a pas non plus été discuté préalablement.

 

  1. Un projet qui reste bien flou !

Alors que le cahier des charges évoque une répartition horaire par matière pour les cours au lycée, ce n'est pas le cas pour les cours universitaires. Par ailleurs, l'interrogation demeure sur la capacité matérielle d'accueil de ses élèves au sein de lycées (quels bâtiments ? ) ; de même sur la manière dont seront rémunéré-e-s les formateurs et formatrices des étudiant-e-s. A l'heure où le budget de l'éducation nationale n'augmente pas et où il est annoncé une réduction de 1 800 enseignant-e-s dans le secondaire pour la rentrée 2021, où va -t-on trouver des formateurs-trice-s et l'argent pour les payer ?

Le contenu des enseignements n'est pas du tout évoqué dans le cahier des charges : y aura-t-il des cours de pédagogie, de sciences de l'éducation, de psychologie des enfants par exemple ?

Y aura-t-il dans les cours de français notamment une méthode particulière pour l'apprentissage de la lecture ? A l'heure des plans français et plans mathématiques, on peut craindre que ce PPPE ne soit qu'un moyen de formater un vivier d'enseignant-e-s, prêt à être loyal à son futur ministère tant dans l'attitude que sur la manière d'enseigner. L'emploi du temps s'annonce plutôt chargé, notamment pour les étudiant-e-s AED qui seraient en contrat de pré-professionnalisation à partir de la L2, puisque le ministère souhaiterait les attirer vers ce parcours.

 

  1. Les PPPE pour un public très restreint, le problème de l'attractivité demeurera !

L'objectif du ministère est, à terme, à la rentrée 2022, d'ouvrir une classe de 30 à 40 étudiant-e-s effectuant ce parcours par académie. Au total, il devrait donc y avoir en France environ 1 200 étudiant-e-s par an suivant ce parcours ce qui représente un peu plus de 10% des 11 000 candidat-e-s passant chaque année le CRPE. Ainsi, le PPPE ne permettra pas d'augmenter significativement le vivier d'enseignant-e-s. Comment rendre attractif ce métier sans revalorisation salariale ni amélioration des conditions de travail ?

En outre, le ministère prétend s'adresser en particulier à des lycéen-n-e-s défavorisé-e-s et/ou issu-e-s de la diversité mais la manière de sélectionner ces étudiant-e-s au sein de la plateforme Parcoursup reste inconnue. Si le PPPE s'avérait être une bonne formation, pourquoi ne serait-il pas étendu à un public plus large ? Sans cela, coexistera un parcours classique uniquement universitaire où les étudiant-e-s seront moins bien préparé-e-s au concours dans des classes aux effectifs chargés et le PPPE en effectif plus réduit qui formera mieux les étudiant-e-s.

Le PPPE risque donc de créer des inégalités tout en ne résolvant pas le problème d'attractivité du métier.

SUD éducation revendique un véritable parcours préparatoire au métier de professeur des écoles à au sein des universités, multidisciplinaire avec des contenus pédagogiques pluriels (notamment sur les pédagogiques alternatives) ouvert à toutes et tous. Par ailleurs SUD éducation demande toujours le retour du concours du CRPE à la fin de la L3 avec une entrée progressive dans le métier en master sous statut de fonctionnaire stagiaire.

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 17:23

Ce jeudi 5 novembre, les personnels ont reçu un message du ministre Blanquer. Il cède face à la mobilisation des personnels. Il indique que les trois sessions d’épreuves de contrôle continu seront annulées, et que les établissements pourront mettre en œuvre les dédoublements exigés par les personnels.

Il s’agit d’une première réponse aux revendications des personnels pour des dédoublements et le respect des protocoles décidés par les équipes, mais aussi contre les épreuves de contrôle continu dénoncés par les équipes depuis leur mise en œuvre.

Pour SUD éducation, ces annonces demandent un certain nombre de garanties, et nécessitent d’aller plus loin.  Il s’agit désormais d’imposer les dédoublements pour tous les niveaux. D’une part, une telle réorganisation des enseignements doit se faire dans le cadre de temps banalisés pour permettre aux équipes d’en décider les modalités qui ne sauraient donner lieu à une double charge de travail : en présentiel et à distance. D’autre part, elle doit se faire dans le cadre des obligations statutaires et réglementaires des enseignant-e-s : la réorganisation des enseignements ne doit pas impliquer un dépassement des maxima de services. Les programmes scolaires, déjà trop denses si l’année avait pu se dérouler normalement et compte-tenu des remédiations rendues nécessaires en ce début d’année par les perturbations liées au premier confinement, doivent impérativement être allégés. Les épreuves de spécialité doivent être passées en fin d’année scolaire.

Cette mesure de diminution immédiate des effectifs ne peut concerner les seuls lycées mais également les collèges et les écoles primaires. En particulier, de nombreux collèges se sont mis en grève pour obtenir cette mesure, et leur revendication doit être également immédiatement satisfaite.

Les personnels en grève depuis lundi ont utilisé leur temps libéré par la grève pour élaborer des protocoles locaux : ils ont fourni du travail qui aurait dû être réalisé par les services académiques, et doivent être payés en conséquence. SUD éducation demande le paiement des journées de grève.

Les dédoublements ne sont pas une fin en soi : pour permettre de manière durable d’affronter la crise sanitaire en maintenant les établissements ouverts, il faut d’urgence créer des postes et agrandir les capacités d’accueil des élèves à tous les niveaux. C’est une question de choix politique : SUD éducation revendique l’admission immédiate des candidat-e-s inscrit-e-s sur les listes complémentaires, des admissibles aux concours internes et l’ouverture de concours supplémentaires partout où cela sera nécessaire. Les enseignant-e-s contractuel-le-s doivent être titularisé-e-s sans délai à temps complet. SUD éducation revendique également la réquisition et la construction de locaux destinés à accueillir simultanément l’ensemble des demi-groupes. Il ne s’agit pas là d’une revendication nouvelle : c’est tout simplement le plan d’urgence que réclame SUD éducation depuis le printemps, et qu’il s’agit maintenant d’obtenir.

 

Pour SUD éducation, cette information doit conforter les personnels dans le choix de s’engager dans la grève du 10 novembre sur les deux mots d’ordres :

dédoublements et respect des protocoles décidés par les équipes ;

plan d’urgence pour l’éducation, comprenant les créations de postes nécessaires et des constructions de locaux adaptés.

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 17:22

Le dernier jour de classe a été marqué par l’effroyable assassinat de Samuel Paty. S’attaquer à un enseignant, c'est s'attaquer à l’école qui est un lieu de construction d’un savoir critique, de rencontre de l’autre, de la formation de futur-e-s adultes libres et éclairé-e-s. Depuis, un nouvel attentat a eu lieu, et le plan Vigipirate a été élevé à son maximum. Blanquer a annulé au détour d’un message aux personnels le temps de concertation des personnels enseignants prévu le lundi 2 novembre. La rentrée devait être un moment d’échange entre collègues puis avec les élèves. Le ministre dénie ce temps de concertation aux personnels durement touchés par l’assassinat de notre collègue.

Macron a annoncé qu’il faut s’attendre à la saturation des hôpitaux d’ici une dizaine de jours. La circulation du virus est devenue incontrôlable. La seule réponse dans l’éducation est un protocole sanitaire indigent. Blanquer refuse le dédoublement des classes prévu dans ce cas de figure. Si l’on ne l’impose pas maintenant, les écoles et établissements risquent de fermer complètement dans les semaines à venir. Le ministre envoie au casse-pipe un million de personnels, douze millions d’élèves et au-delà l’ensemble de la population.

SUD éducation ne peut accepter un tel mépris, et appelle les collègues à se réunir au plus vite afin d’organiser la riposte. SUD éducation a d’ores et déjà déposé un préavis de grève. SUD porte depuis le printemps un plan d’urgence. Depuis l’annonce du président Macron, SUD éducation revendique des dédoublements de l’ensemble des classes conformément aux protocoles en cas de circulation active du virus ainsi que la banalisation des lundi et mardi pour réorganiser les enseignements.

Face aux choix irresponsables et au mépris du ministre, SUD éducation appelle les personnels à se réunir en Assemblée générale et à mettre au vote la grève pour : 

  •    protester contre la maltraitance institutionnelle que représente la réorganisation de la rentrée du lundi 2 novembre
  •    obtenir satisfaction concernant les garanties sanitaires nécessaires, à commencer par les dédoublements

Lundi 2 novembre, nous sommes retourné-e-s dans nos écoles, collèges et lycées avec colère et consternation face au mépris du ministre, qui nous a refusé les deux heures banalisées pour organiser ensemble l’hommage à Samuel Paty, notre collègue assassiné. Auparavant, nous avions découvert un protocole très loin de pouvoir faire face à la crise sanitaire : aucun changement, mis à part les masques pour les élèves à partir de 6 ans !

Les écoles, collèges et lycées doivent rester ouverts le plus longtemps possible. Dédoubler toutes les classes, favoriserait le respect des gestes barrières et éviterait qu’écoles et établissements ne deviennent des foyers de contamination et soient obligés de fermer. SUD éducation revendique ces demi-groupes et l’a demandé par courrier au ministre : cela doit être fait immédiatement !

Au-delà des dédoublements, pour pouvoir faire face à la crise sanitaire il faut créer des postes et construire des locaux pour baisser les effectifs. Pour cela, il faut immédiatement admettre comme fonctionnaires les candidat-e-s sur les listes complémentaires et les admissibles aux concours internes. Il faut un plan d’urgence pour l’éducation, comme le revendique SUD éducation depuis le printemps !

Depuis lundi 2 novembre, de nombreux-ses collègues sont en grève à travers le territoire, souvent à l’appel des sections SUD.

La date du 10 novembre doit être un moyen d’élargir la grève, et entraîner toujours plus de collègues dans la mobilisation, pour obtenir les dédoublements et un véritable plan d’urgence pour l’éducation !

Toutes et tous en grève le 10 novembre : pour des demi-groupes, pour un plan d'urgence !

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 17:21

Le gouvernement a décidé que les établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche assureraient les cours en ligne à l’exception de certains enseignements pratiques (voir circulaire MESRI du 30 octobre 2020).

Dans la situation actuelle, les organisations signataires sont très inquiètes pour les étudiant·es et les conditions de travail des personnels. Le décrochage de nombreux étudiant·es, constaté au printemps, risque de se reproduire.

Elles ne comprennent pas la différence de traitement avec les classes préparatoires aux grandes écoles ou celles de BTS, formations du supérieur qui continuent en présentiel.

Elles demandent que tous les moyens de protection soient donnés aux personnels et aux étudiant·es, notamment la disponibilité de gel hydroalcoolique et de masques, la ventilation y compris par l’installation de système d’aération homologué dans les salles sans fenêtres et le nettoyage des locaux et le strict respect des règles sanitaires, notamment la distanciation physique.

Il est nécessaire que certains enseignements et dispositifs d’accompagnement se poursuivent en présentiel, au-delà des seuls TP dérogatoires pour éviter le décrochage des étudiant·es en difficulté pédagogique, en précarité numérique (matériel insuffisant, connexion défaillante, non maîtrise des outils) ou en difficultés sociale et psychologique. Nos organisations demandent pour cela le dédoublement des enseignements, notamment les TD, ce qui nécessite personnels et locaux.

Pour assurer le service public aux étudiant·es, le fonctionnement des laboratoires de recherche et ne pas détériorer davantage les conditions de travail des personnels, elles demandent au ministère de l’ESR de financer dans l’urgence les postes, à commencer par ceux qui s’avéraient déjà nécessaires indépendamment de la crise sanitaire. Les viviers existent. Les postes doivent être créés et pourvus rapidement. À cette occasion, elles demandent la titularisation immédiate des non-titulaires exerçant des fonctions pérennes à tous les niveaux dans l’ESR. 

Nos organisations invitent les personnels et les étudiant·es à se mettre en contact dans les établissements pour agir en commun et pour porter ces demandes auprès des présidences, des recteurs et rectrices et de la ministre.■

Signataires : SNTRS-CGT, CGT FERC SUP, CGT-INRAE, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, FO-ESR, FACS ET LABOS EN LUTTE, SGEN-CFDT, SNPTES, SOLIDAIRES ETUDIANT-E-S, SUD RECHERCHE EPST, SUD EDUCATION, L’Alternative, UNEF, Sup’Recherche UNSA, A&I-UNSA, UNSA ITRF-BI-O.

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