16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:53

Avec un protocole sanitaire allégé et surtout aucun moyen pour le faire respecter, nous savons depuis la rentrée que nous courons à la catastrophe. Aujourd’hui le gouvernement adopte un discours culpabilisateur et Macron vient d'annoncer ce mardi 14 octobre de nouvelles restrictions. Pour SUD éducation l’heure est à la prise de mesures fortes pour protéger l’ensemble des salarié-e-s et les usagers et usagères des services publics.

Pas de moyens supplémentaires

Alors que l’Éducation nationale a été durement impactée par l’épidémie avec une longue fermeture des établissements scolaires, rien n’a pourtant été organisé pour permettre une rentrée garantissant l’accueil des élèves comme la sécurité des personnels.
Pour SUD éducation, répéter l’expérience des fermetures d’établissements n’est pas souhaitable. C’est pour ça que le gouvernement devrait tout faire pour l’éviter. Force est de constater que nous en sommes loin : aucun recrutement significatif, pas de plan de constructions ou de réquisitions de locaux, pas de dédoublements, pas d’investissements, pas de dotation en masques gratuits pour les élèves et le rationnement en masques pour les personnels.

La gestion de l’épidémie par le déni

Au contraire, l’Éducation nationale pratique la politique de l’autruche. Alors que ce qui était bon en juin dernier n’est plus valable en septembre, plus le nombre de cas augmente et moins ils sont comptabilisés. Presque aucun cas contact sur nos lieux de travail, pas de test systématique des élèves lorsqu’il y a des cas dans une classe, mesures d’isolement au compte goutte : à force de vouloir cacher l’épidémie pour valider les décisions politiques désastreuses on la nourrit. Les établissements ne fermant pas en cas de personnels positifs dans le premier degré, même dans le cas où toute l’équipe est atteinte, se sont des enseignant-e-s remplaçant-e-s qui se déplacent d’écoles en écoles, parfois par demi-journée avec le risque accru d’attraper le virus. De plus, au lieu de prendre leurs responsabilités, de nombreux-ses DASEN et IEN culpabilisent les équipes en les accusant de négligence pendant leur pause repas. Par ailleurs l’administration n’anticipe aucunement d’éventuelles fermetures d’établissements à des échelles plus larges : rien sur l’attribution de matériel aux familles, et aux élèves et aux enseignant-e-s, rien sur le cadrage réglementaire de l’enseignement à distance, rien sur l’organisation à prévoir des enseignements et l’accueil des publics fragiles par exemple. Comme début mars, le ministère répète en boucle “on est prêts”, alors qu’il n’a rien communiqué sur le sujet depuis une circulaire laconique de début juillet. Ce n’est pas acceptable : les personnels doivent avoir des éléments d’anticipation pour débattre, entre eux, des meilleures manière d’assurer la continuité des apprentissage dans le respect de leurs statuts et de leurs conditions de travail.

Il faut un plan d’urgence

Plutôt que de tout renvoyer à la responsabilité individuelle, il faut des mesures fortes. SUD éducation propose depuis juin dernier un plan d’urgence pour l’éducation. Du retard a été pris mais il n’est pas trop tard ! SUD éducation propose 34 mesures à appliquer immédiatement ! Nous appelons les personnels à s’organiser dans les établissements pour faire imposer les mesures sanitaires essentielles et à continuer de faire remonter toutes les difficultés rencontrées localement.
SUD éducation appelle les personnels à se mobiliser par tous les moyens pour faire appliquer ces 34 mesures.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:51

Paris, le 14 octobre 2020

 

Monsieur le ministre de

l’Éducation nationale, de la jeunesse

et des sports

110 rue de Grenelle

75007 Paris

Objet : dangerosité des masques fournis aux personnels par l’Éducation nationale

Monsieur le ministre, 

Un article publié dans la revue Reporterre révèle que les masques produits par l’entreprise Dim et distribués à la rentrée de septembre sont faits de tissus traités à la zéolithe d’argent et de cuivre. L’article cite un certain nombre d’études scientifiques montrant les effets néfastes de l’exposition à l’argent ionique pour la santé des personnels et pour l’environnement. 

Cette enquête suscite un émoi légitime dans la profession, alors que les masques distribués par l’Éducation nationale avaient été déjà pointés du doigt par plusieurs Agences régionales de santé comme étant insuffisamment protecteurs. 

Il est urgent que le ministère communique aux personnels des informations à ce sujet, et il est inacceptable que vous vous en défaussiez, comme cela a été le cas suite à une question posée à l’Assemblée nationale mardi 13 octobre. 

En l’occurrence, SUD éducation vous demande instamment : 

  • de communiquer une information claire garantissant aux personnels un choix éclairé ;

  • de transmettre les conclusions d’études scientifiques sur une exposition prolongée à l’argent ionique ;

  • de mettre en oeuvre dès à présent des solutions alternatives aux masques Dim.

SUD éducation se réserve la possibilité de lancer instamment des procédures d’alerte face à la dangerosité de ces masques.

Par ailleurs SUD éducation revendique la gratuité des masques en nombre suffisants pour les personnels et les élèves.

Veuillez croire, M. le ministre, en notre attachement au service public d’éducation,

Jules Siran, co-secrétaire fédéral SUD éducation

 

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:46
 
La crise sanitaire que nous traversons engendre une crise économique et sociale dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences. L’Ecole n’échappe pas à cela et les élèves, les professionnels sont aussi touchés de plein fouet. Face aux incertitudes qui sont devant nous, nous affirmons qu’il faut investir dans l’Education. Dans ce contexte, l’augmentation programmée du budget de l’Education nationale ne suffira pas. Notre Ecole a besoin d’un nouvel élan pour renouer avec la

démocratisation et lutter contre l’accroissement des inégalités. Notre Ecole a pour cela besoin d’être mieux soutenue pour permettre à tous et toutes d’acquérir les connaissances et qualifications qui assureront l’avenir de notre société. Et notre Ecole a besoin à très court terme de mesures pour répondre efficacement à la crise sanitaire.

Nous, représentantes et représentants des personnels de l'Éducation nationale, des parents d'élèves et des élèves, posons le constat qu'aucun enseignement n'a été tiré de la première phase de la crise sanitaire que nous avons vécue au printemps dernier. Les mesures nécessaires n’ont pas été prises pour répondre à la dégradation rapide de la situation sanitaire dans une École déjà fortement secouée par des réformes nombreuses et profondes et fragilisée par un sousinvestissement matériel comme en personnels chronique. Les dispositions sont allégées à l’école, à l'heure même où des mesures plus contraignantes sont prises dans l’ensemble de la société il est nécessaire que ce soit accompagné de mesures protectrices.

En effet, notre volonté commune est bien d’alerter pour que l’Ecole garde ses portes ouvertes et éviter, autant que possible, ce que personne ne souhaite : un nouveau confinement général avec à la clé une continuité pédagogique qui creuse les inégalités et ne peut remplacer le présentiel dans la durée, pour les apprentissages des élèves comme pour leur bien-être. Nous n’oublions pas que le confinement général passé a impacté fortement les élèves, dans leur scolarité comme dans leur
vie sociale et plus encore les familles les plus fragiles et précaires.

Nos organisations, actrices de la démocratie scolaire, demandent un véritable plan d'urgence pour l'École avec des mesures immédiates pour assurer la sécurité sanitaire de tous et permettre les apprentissages à l’Ecole. La nécessité d’organiser un environnement quotidien plus sûr, en terme sanitaire et qualitatif pour les élèves et les enseignants est un impératif pour notre pays et nécessite des moyens financiers et humains.

L’aménagement des établissements, des écoles et des services, la mise à disposition de lieux tiers comme leurs équipements, sont des impératifs et doivent pouvoir se coordonner dans les instances locales de l’éducation nationale sur la base d’une ligne budgétaire initiée nationalement. Cet aménagement doit favoriser la distanciation physique. Cela peut passer par l’installation de structures provisoires dans les établissements, ou l’éventuelle utilisation de lieux tiers dans le strict respect des principes de neutralité.

L’usage du masque, indispensable, pour assurer la protection de tous dans les espaces clos, a un impact sur la relation pédagogique entre élèves et enseignants et renforce le besoin de travailler avec des groupes réduits. La mise à disposition gratuite de masques pour les élèves, jetables comme lavables, est un élément fondamental d’une stratégie sanitaire réussie. Nous savons toutes et tous que changer de masque plusieurs fois dans une journée est un impératif, aux côtés du lavage des mains et de la désinfection des surfaces. Ces masques ont un coût financier certain et il s’agit bien à l’État de pouvoir garantir, sans stigmatisation, que tous les élèves en aient suffisamment à leur disposition chaque jour.

Nous réitérons notre demande d’une commission de travail expresse concernant les classes à examens. Notre plus grande inquiétude s’attache plus particulièrement au baccalauréat 2021. Dans la voie professionnelle, les enseignements ont été fortement amputés, impliquant des difficultés accrues de poursuite d'études et d'insertion pour les jeunes. De façon globale, il s'agit de redonner du temps et de la liberté pédagogique qui permettront à l'ensemble des équipes pédagogiques de
construire collectivement un parcours adapté pour les élèves.
Enfin, nous défendons que la priorité est à la réduction des effectifs par le recrutement important d’enseignants et de personnels éducatifs, ce que le PLF 2021 ne permettra pas, en particulier dans le second degré.

Les prochains mois seront très difficiles sur les plans sanitaire, social, économique et inévitablement scolaire. Au-delà des impératifs de court terme, nous devons construire collectivement enfin des dispositifs de gestion de crise durable, anticiper différents scenarii. L’aménagement des espaces, des enseignements, l’accueil et l’accompagnement de tous les élèves s’inscrivent dans la durée. Nous, actrices et acteurs de l’Ecole, représentantes et représentants des enseignants, parents et
élèves, réaffirmons l’exigence d’une organisation repensée et concertée de l'École et demandons à être reçus collectivement dans les plus brefs délais.

Alors que le plan de relance du gouvernement ne prévoit pas l’investissement dans notre système éducatif, nous alertons solennellement sur la crise chronique que subit l’École. Cette crise sanitaire a jeté une lumière crue sur les inégalités scolaires qui pénalisent nos élèves issus des milieux sociaux les plus défavorisés. Alors que toutes les enquêtes montrent que la mixité sociale à l’école est un puissant levier de réussite scolaire, notre ministère est inactif sur ce sujet. Pourtant, il est urgent d’agir contre les inégalités à l’œuvre dans notre société.

La République a le devoir de ne laisser aucun enfant, adolescent ou jeune sur le bord du chemin. Démocratiser l’Ecole exige, plus que des discours, des actes forts.

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 13:01
Périodes de formation en milieu professionnel : des propositions irréalisables

Ce communiqué a été publié le 06/10/2020

La crise sanitaire a déjà très fortement perturbé le parcours des élèves de la voie professionnelle. L’impossibilité de télé enseigner les gestes professionnels habituellement dispensés en atelier a entrainé une déqualification des élèves.  La crise économique et le regain de la propagation du virus posent en cette rentrée de réelles difficultés pour l’organisation des PFMP. Dans ce contexte difficile, le ministère vient de diffuser en catimini une foire aux questions (FAQ) dédiée à l’organisation des PFMP. Les aménagements proposés, prétendant pallier les difficultés induites par le contexte sanitaire et économique dégradé, sont inacceptables.  D’une part ils contreviennent aux textes réglementaires qui régissent l’organisation des PFMP et, d’autre part, la « souplesse » proposée, comme le départ des élèves « au fil de l’eau » ou le brassage de groupe d’élèves dans des classes ou établissements différents, sont des éléments de dérégulation qui mettraient en danger la santé des élèves et des personnels et qui aggraveraient leurs conditions de travail.

Nos organisations SNUEP-FSU, SNEP-FSU, CGT Éduc’action, SNALC, Sud Éducation et SNCL rappellent que la mise en place des PFMP est régie par l’article R 421  du Code de l’Éducation qui précise que la détermination des dates  pour l’année scolaire, relève de la compétence du conseil d’administration donc d’un vote de cette instance. En aucun cas les élèves ne peuvent donc partir au fil de l’eau en fonction des « opportunités ».

De plus, exiger des personnels un travail supplémentaire pour mettre en place « une différentiation pédagogique importante » est irresponsable en cette période très anxiogène où les personnels doivent faire face à de nombreuses difficultés. Enfin nos statuts, rappelés dans la circulaire PFMP de 2016, précisent nos obligations de services pour les périodes : en aucun cas nous ne devons accepter les mesures dérogatoires proposées dans cette FAQ.

En préalable, la mise en place d'une concertation pour la voie pro et les problèmes spécifiques auxquels elle est confrontée est absolument nécessaire afin de construire une réponse adaptée et réaliste pour les élèves et les personnels.

Nos organisations demandent le retrait de ces propositions irréalisables. Elles rappellent leur demande de moyens pour la voie professionnelle qui peuvent se traduire par l'allègement des dispositifs introduits par la transformation de la voie professionnelle (TVP).

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 12:59
Evaluation des EPLE : un nouveau pas vers une gestion managériale dans l’éducation

Cet article a été publié le 02/10/2020

Le conseil d’évaluation de l’école institué par la loi dite « pour une École de la confiance » a publié dans une délibération du 8 juillet 2020 le cadre de l’évaluation des EPLE. Cette évaluation comportera deux phases : une autoévaluation de l’établissement suivie d’une évaluation externe par une équipe désignée par le recteur ou la rectrice. Cette évaluation concernera 20 % des établissements chaque année et donc chaque établissement sera évalué tous les 5 ans.

Cette évaluation prétend « améliorer, dans l’établissement, le service public d’enseignement notamment, les conditions de réussite collective, d’exercice des différents métiers et de bien être dans l’établissement. »

 

L’autoévaluation

La première phase consiste en une autoévaluation qui s’intéressera à « l’établissement dans sa globalité », choix pédagogique, évaluation des résultats, rapport de l’établissement avec les partenaires extérieurs, orientation, inclusion scolaire, communication de l’établissement, etc. Elle est censée être « totalement participative » et couvrira quatre grands domaines :

  • « les apprentissages et les parcours des élèves, l’enseignement ;

  • la vie et le bien-être de l’élève et le climat scolaire ;

  • les acteurs, la stratégie et le fonctionnement de l’établissement ;

  • l’établissement dans son environnement institutionnel et partenarial. »

Un comité de pilotage sera mis en place comprenant l’équipe de direction, des personnels de l’éducation nationale, des personnels des collectivités territoriales de l’établissement, des parents , des élèves et des « partenaires ». Il n’y a aucune indication cadrant la composition et le mode de désignation de ce comité.

Un guide d’autoévalution est fourni. Il aborde les quatre grands domaines de l’autoévaluation.

L'Analyse de SUD éducation :

Cette autoévaluation censée être une aide pour l’établissement a en fait pour objectif de vérifier la conformité des pratiques et des buts de l’établissement avec les orientations académiques et nationales. L’établissement devra en effet comparer ses résultats à des données de référence fournies par le rectorat (p 5, paragraphe 2.1). Il devra expliquer pourquoi ses résultats ne coïncident pas avec ceux d’établissements similaires.

Dans le texte aucun moyen n’est alloué à cette tâche qui incombera à l’équipe de direction en plus de ses attributions habituelles et au comité de pilotage. La mise en place de ce comité participe pleinement de la stratégie de gratification individuelle (IMP, primes, éventuelle accélération de carrière, …).

Cette autoévaluation s’apparente à une usine à gaz à tel point que même le SNPDEN (syndicat des personnels de direction) y voit une tâche « démesurée pour mettre en œuvre un questionnement métaphysique bien éloigné du réel » (lettre interne du 18 septembre 2020).

L’évaluation externe

Elle intervient dans un second temps et elle est vue comme un « prolongement de l’autoévaluation ». Il s’agit bien d’une évaluation de l’établissement afin de lui proposer des actions pour « enrichir sa stratégie éducative (formations, modalités d’enseignement, accueil des élèves, projets ou partenariats, …) » (p 9, 3.1).

Cette évaluation aura lieu sur 2 ou 3 jours et sera pilotée par trois ou quatre évaluateur-ice-s désigné-e-s par le recteur ou la rectrice. L’équipe d’évaluateur-ice-s pourra comprendre des inspecteur-ice-s, « des personnels de direction, des enseignants, des cadres académiques ou d’autres personnels ayant une bonne connaissance du fonctionnement pédagogique ou administratif d’un établissement », et enfin il est envisagé d’intégrer « des professionnels extérieurs à l’Éducation nationale, notamment au sein d’exécutifs départementaux ou régionaux ». Sa composition devra toutefois comprendre « au moins deux inspecteurs ou chargés de mission d’inspection et un personnel de direction ou cadre administratif » (voir Annexe 2.1).

Le rapport final d’une dizaine de pages sera communiqué au-à la chef-f-e d’établissement et au CA après avoir été relu et validé au niveau académique. « Le rapport définitif a pour vocation de s’intégrer dans le cycle de contractualisation de l’établissement. »

L'Analyse de SUD éducation

Le classement des EPLE à un niveau régional et national est formellement exclu, mais le fuitage de résultats est très possible via la transmission aux membres du CA.

L’équipe prétendument neutre sera composée aux trois quarts, voire exclusivement, de fonctionnaires d’autorité.

Le rapport final rentre dans la politique de contractualisation des EPLE en attribuant les moyens suivant les objectifs fixés à l’établissement.

Globalement ce processus d’évaluation évacue les problématiques sociales et de manque de moyens de l’éducation nationale pour axer les préoccupations sur « l’optimisation » locale des moyens et les modalités d’enseignement.

Le rapport, loin d’être une aide, s’imposera à la communauté éducative : le texte sera présenté pour information sans vote au CA.

 

Les finalités

Selon le conseil d’évaluation de l’école, cette évaluation a pour finalité:

  • « l’amélioration, dans l’établissement, du service public d’enseignement scolaire »

  • « d’améliorer, pour l’ensemble de la communauté éducative et de ses acteurs, les conditions de réussite collective, d’exercice des différents métiers » (p2)

  • « l’adhésion de l’ensemble de la communauté éducative à la démarche d’évaluation de l’établissement. » (p9)

 

Pour cela il faudra (p2) :

  • « mesurer le niveau d’atteinte des résultats et relier ces résultats à l’utilisation des marges d’autonomie de l’établissement, aux pratiques professionnelles, aux organisations retenues, aux choix opérés par l’établissement,

  • situer la valeur ajoutée de l’établissement, compte tenu de son contexte,

  • proposer collectivement des axes stratégiques à mettre en œuvre pour une amélioration ou une consolidation de la réussite des élèves et de leur qualité de vie à l’École »

L'Analyse de SUD éducation

Cette évaluation des établissements est directement inspirée par les techniques managériales du secteur privé. Elles ont pour objectif de susciter l’adhésion et le sentiment d’appartenance, de développer une véritable culture d’établissement, comme dans le privé, on promeut la culture de l’entreprise. Cela permettra d’achever la mutation du service public d’éducation vers un fonctionnement plus proche de celui des entreprises privées.

Les « conditions de travail » disparaissent au profit de la « qualité de vie au travail », ce qui évacue les questions de pénibilité et de souffrance au travail, les rendant ainsi invisibles. Dans la poursuite de ce qu’a entamé le PPCR, les personnels sont poussés à toujours s’investir d’avantage, au-delà de leur service, en visant des objectifs inatteignables. Cela ne peut que générer une perte de sens de nos métiers.

Les partenariats avec les entreprises sont encouragés et sont intégrés au processus d’évaluation de l’éducation nationale. C’est un outil de plus pour que l’école soit au service des intérêts économiques.

Ce processus d’évaluation s’inscrit dans le renversement des stratégies de formation : les besoins en formation sont déterminés par les besoins de l’institution et non ceux des personnels.

Le remplacement du Cnesco par le Conseil d’évaluation de l’école signifie un changement de paradigme : le passage d’une autorité scientifique indépendante chargée de produire des analyses sur les systèmes scolaires à une institution de contrôle et d’évaluation.

 

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 18:28

Le conseil d’évaluation de l’école institué par la loi dite « pour une École de la confiance » a publié dans une délibération du 8 juillet 2020 le cadre de l’évaluation des EPLE. Cette évaluation comportera deux phases : une autoévaluation de l’établissement suivie d’une évaluation externe par une équipe désignée par le recteur ou la rectrice. Cette évaluation concernera 20 % des établissements chaque année et donc chaque établissement sera évalué tous les 5 ans.

Cette évaluation prétend « améliorer, dans l’établissement, le service public d’enseignement notamment, les conditions de réussite collective, d’exercice des différents métiers et de bien être dans l’établissement. »

L’autoévaluation

La première phase consiste en une autoévaluation qui s’intéressera à « l’établissement dans sa globalité », choix pédagogique, évaluation des résultats, rapport de l’établissement avec les partenaires extérieurs, orientation, inclusion scolaire, communication de l’établissement, etc. Elle est censée être « totalement participative » et couvrira quatre grands domaines :

« les apprentissages et les parcours des élèves, l’enseignement ;

la vie et le bien-être de l’élève et le climat scolaire ;

les acteurs, la stratégie et le fonctionnement de l’établissement ;

l’établissement dans son environnement institutionnel et partenarial. »

Un comité de pilotage sera mis en place comprenant l’équipe de direction, des personnels de l’éducation nationale, des personnels des collectivités territoriales de l’établissement, des parents , des élèves et des « partenaires ». Il n’y a aucune indication cadrant la composition et le mode de désignation de ce comité.

Un guide d’autoévalution est fourni. Il aborde les quatre grands domaines de l’autoévaluation.

→ Analyse :

Cette autoévaluation censée être une aide pour l’établissement a en fait pour objectif de vérifier la conformité des pratiques et des buts de l’établissement avec les orientations académiques et nationales. L’établissement devra en effet comparer ses résultats à des données de référence fournies par le rectorat (p 5, paragraphe 2.1). Il devra expliquer pourquoi ses résultats ne coïncident pas avec ceux d’établissements similaires.

Dans le texte aucun moyen n’est alloué à cette tâche qui incombera à l’équipe de direction en plus de ses attributions habituelles et au comité de pilotage. La mise en place de ce comité participe pleinement de la stratégie de gratification individuelle (IMP, primes, éventuelle accélération de carrière, …).

Cette autoévaluation s’apparente à une usine à gaz à tel point que même le SNPDEN (syndicat des personnels de direction) y voit une tâche « démesurée pour mettre en œuvre un questionnement métaphysique bien éloigné du réel » (lettre interne du 18 septembre 2020).

L’évaluation externe

Elle intervient dans un second temps et elle est vue comme un « prolongement de l’autoévaluation ». Il s’agit bien d’une évaluation de l’établissement afin de lui proposer des actions pour « enrichir sa stratégie éducative (formations, modalités d’enseignement, accueil des élèves, projets ou partenariats, …) » (p 9, 3.1).

Cette évaluation aura lieu sur 2 ou 3 jours et sera pilotée par trois ou quatre évaluateur-ice-s désigné-e-s par le recteur ou la rectrice. L’équipe d’évaluateur-ice-s pourra comprendre des inspecteur-ice-s, « des personnels de direction, des enseignants, des cadres académiques ou d’autres personnels ayant une bonne connaissance du fonctionnement pédagogique ou administratif d’un établissement », et enfin il est envisagé d’intégrer « des professionnels extérieurs à l’Éducation nationale, notamment au sein d’exécutifs départementaux ou régionaux ». Sa composition devra toutefois comprendre « au moins deux inspecteurs ou chargés de mission d’inspection et un personnel de direction ou cadre administratif » (voir Annexe 2.1).

Le rapport final d’une dizaine de pages sera communiqué au-à la chef-f-e d’établissement et au CA après avoir été relu et validé au niveau académique. « Le rapport définitif a pour vocation de s’intégrer dans le cycle de contractualisation de l’établissement. »

→ Analyse

Le classement des EPLE à un niveau régional et national est formellement exclu, mais le fuitage de résultats est très possible via la transmission aux membres du CA.

L’équipe prétendument neutre sera composée aux trois quarts, voire exclusivement, de fonctionnaires d’autorité.

Le rapport final rentre dans la politique de contractualisation des EPLE en attribuant les moyens suivant les objectifs fixés à l’établissement.

Globalement ce processus d’évaluation évacue les problématiques sociales et de manque de moyens de l’éducation nationale pour axer les préoccupations sur « l’optimisation » locale des moyens et les modalités d’enseignement.

Le rapport, loin d’être une aide, s’imposera à la communauté éducative : le texte sera présenté pour information sans vote au CA.

Les finalités

Selon le conseil d’évaluation de l’école, cette évaluation a pour finalité:

« l’amélioration, dans l’établissement, du service public d’enseignement scolaire »

« d’améliorer, pour l’ensemble de la communauté éducative et de ses acteurs, les conditions de réussite collective, d’exercice des différents métiers » (p2)

« l’adhésion de l’ensemble de la communauté éducative à la démarche d’évaluation de l’établissement. » (p9)

Pour cela il faudra (p2) :

« mesurer le niveau d’atteinte des résultats et relier ces résultats à l’utilisation des marges d’autonomie de l’établissement, aux pratiques professionnelles, aux organisations retenues, aux choix opérés par l’établissement,

situer la valeur ajoutée de l’établissement, compte tenu de son contexte,

proposer collectivement des axes stratégiques à mettre en œuvre pour une amélioration ou une consolidation de la réussite des élèves et de leur qualité de vie à l’École »

→ Analyse

Cette évaluation des établissements est directement inspirée par les techniques managériales du secteur privé. Elles ont pour objectif de susciter l’adhésion et le sentiment d’appartenance, de développer une véritable culture d’établissement, comme dans le privé, on promeut la culture de l’entreprise. Cela permettra d’achever la mutation du service public d’éducation vers un fonctionnement plus proche de celui des entreprises privées.

Les « conditions de travail » disparaissent au profit de la « qualité de vie au travail », ce qui évacue les questions de pénibilité et de souffrance au travail, les rendant ainsi invisibles. Dans la poursuite de ce qu’a entamé le PPCR, les personnels sont poussés à toujours s’investir d’avantage, au-delà de leur service, en visant des objectifs inatteignables. Cela ne peut que générer une perte de sens de nos métiers.

Les partenariats avec les entreprises sont encouragés et sont intégrés au processus d’évaluation de l’éducation nationale. C’est un outil de plus pour que l’école soit au service des intérêts économiques.

Ce processus d’évaluation s’inscrit dans le renversement des stratégies de formation : les besoins en formation sont déterminés par les besoins de l’institution et non ceux des personnels.

Le remplacement du Cnesco par le Conseil d’évaluation de l’école signifie un changement de paradigme : le passage d’une autorité scientifique indépendante chargée de produire des analyses sur les systèmes scolaires à une institution de contrôle et d’évaluation.

https://www.sudeducation.org/autoevaluation-des-eple-mise-en-concurrence-des-etablissements/

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 18:08

Les organisations FCPE, SNUipp-FSU, SE-UNSA, CGT Educ’Action, Sud Education, SNPI-FSU, AFPEN, AGSAS, FNAME, FNAREN, organisations syndicales et associations professionnelles membres du Collectif National RASED tiennent à alerter l'ensemble de la communauté éducative quant aux orientations ministérielles concernant la difficulté scolaire, particulièrement en cette rentrée.

La diminution des moyens alloués aux RASED et les fondements idéologiques qui régissent la gouvernance actuelle de l’Éducation Nationale ne font qu'aggraver la souffrance au travail et privent les élèves des aides nécessaires.

Depuis des années, les effectifs d'enseignant·es spécialisé·es se réduisent, les psychologues demeurent en nombre insuffisant, les Réseaux d'aide sont incomplets ou inexistants, les départs en formation sont bien trop rares pour répondre aux besoins du terrain, les missions sont détournées ou empêchées ...

Cette réalité qui s'assombrit chaque année davantage tend à nous faire disparaître du paysage scolaire, petit à petit. De plus en plus de collègues ont un contact lointain ou plus de contact du tout avec un RASED. De fait, le travail de complémentarité professionnelle tellement nécessaire face à la difficulté scolaire ne peut plus se faire. Nous assistons à une destruction organisée et pernicieuse de ce dispositif.

Pourtant les RASED sont encore là! Et aujourd'hui, il faut faire entendre leur voix avant qu'il ne soit trop tard.

La mobilisation doit être générale face à la mise en péril de l'école publique que vivent les élèves, leur famille et les professionnels dans leur quotidien. Dans cet objectif, il faut obtenir un plan d’urgence pour l'école dans lequel s'inscrirait le

renforcement des RASED.

Cette rentrée particulière exacerbe encore davantage les contradictions entre les discours et les situations réelles. Alors même que les RASED auraient dû avoir une place renforcée pour assurer l'accompagnement des élèves les plus fragiles, mais

aussi l'écoute des familles et le soutien aux équipes.

Des postes d'enseignant-e-s spécialisé-e-s et de psychologues ont encore été supprimés ou demeurent vacants.

Les moyens d'action des Réseaux d'Aides continuent à se réduire. Parce que nous défendons une certaine idée de l’école, celle d’une école publique qui lutte contre les inégalités, aide à devenir autonome, responsable et épanoui·e, refuse la standardisation et la normalisation dictées par les évaluations nationales, nos organisations revendiquent l’urgence à se mobiliser pour notre école. Nous demandons davantage de moyens en postes et en formation.

C'est en effet ainsi que les RASED pourront jouer un rôle majeur pour une véritable école inclusive.

C'est pourquoi nos organisations, membres du collectif nationale Rased, appellent à une mobilisation forte et continue sur tout le territoire.

Paris, le 2 octobre 2020

https://www.sudeducation.org/communiques/des-moyens-pour-les-rased-une-urgence-communique-de-presse-intersyndical/

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 15:15

Le ministère de l’Éducation nationale comme le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche disposaient de plusieurs mois pour préparer une rentrée dans des conditions satisfaisantes, mais c’est dans une complète improvisation qu’elle s’est déroulée : information lacunaire en amont de la rentrée, matériel de protection qui n’a pas été fourni à temps aux personnels et livré en tout état de cause en quantité insuffisante, consignes floues et renvoyées au local systématiquement. Alors que les chiffres de contaminations sont particulièrement inquiétants en milieu scolaire, le ministère décide de modifier brutalement les règles en matière de mesure d’éloignement préventif des élèves et des personnels. Dans certaines académies, l’administration va jusqu’à demander aux personnels de ne plus entrer en contact avec les agences régionales de santé. Cette désinvolture n’est pas de nature à rassurer quant à la capacité du ministre de protéger les personnels et de faire face aux exigences de la situation, au moment même où le gouvernement indique que des mesures de plus en strictes seront prises afin de faire face à la recrudescence des contaminations dans la société tout entière.

Le ministère, qui s’est révélé incapable de donner les moyens aux équipes pédagogiques de permettre aux élèves de retourner dans leur école ou établissement après plusieurs mois d’enseignement perdus, se refuse encore à alléger les programmes. Il ajoute à l’anxiété bien naturelle des élèves au retour de cette trop longue césure des évaluations nationales standardisées que les personnels refusent massivement – 77 % des répondantes et répondants à l’enquête de rentrée de SUD éducation estiment ainsi que ces évaluations sont inutiles. Qui plus est, les personnels ont découvert des questions supplémentaires qui ressemblent davantage à une enquête à charge contre les personnels, portant sur la continuité pédagogique. Rappelons à cet égard que le ministère est toujours muet quant à l’indemnisation des personnels qui ont durant tout le confinement utilisé leur matériel personnel afin de maintenir le lien pédagogique avec les élèves. SUD éducation revendique la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour l’Éducation qui requiert un investissement massif dans le bâti scolaire aussi bien que les recrutements nécessaires à une baisse importante des effectifs, bien loin des 1800 suppressions de postes encore prévues dans le second degré.

Cet aveuglement du ministre quant aux conditions de la rentrée trouve un écho dans son incapacité à prendre en compte le rejet massif de ses réformes par les personnels. Il recourt donc à la répression anti-syndicale, en visant directement les personnels qui s’opposent à la destruction du baccalauréat comme diplôme national, et plus largement du démantèlement du service public d’éducation. Quatre militantes et militants de SUD éducation comparaîtront la semaine prochaine devant une commission paritaire réunie en formation disciplinaire à Poitiers pour avoir osé faire grève et tenir un piquet devant leur lycée durant les E3C, suspendu-e-s en toute illégalité depuis mars 2020, au mépris du statut des fonctionnaires. L’intersyndicale CGT – FNEC-FP-FO – FSU – SUD éducation exige l’abandon immédiat des procédures disciplinaires engagées contre nos camarades du lycée de Melle dans les Deux-Sèvres, et exige l’arrêt total de la répression anti-syndicale et des mesures et procédures engagées contre tous les personnels ayant participé à des actions syndicales contre les réformes et le Bac Blanquer, à Melle comme ailleurs.

C’est dans ce cadre donc, alors que ce Conseil devrait se pencher sur la prise en compte par les programmes officiels de la situation que nous traversons, que le ministère n’a rien de plus pressé que de proposer une nouvelle mesure autoritaire, sous le couvert grossier de la simplification administrative. Réduire le rôle de la commission permanente à la portion congrue, en faire un instrument à la main des chef-fe-s d’établissement ne suffit pas. Il faut encore que le ministère s’attache à vider de sens et de perspective le conseil d’administration. Lieu de débat et d’expression de toute la communauté éducative, il permet aux administrateurs et administratrices de s’y faire l’écho des préoccupations et des revendications des personnels. En laissant l’ordre du jour au chef d’établissement sans contrôle par les élu-e-s, le but est limpide : transformer le C. A. en chambre d’enregistrement.

SUD éducation demande solennellement au ministère de retirer ce texte, et ne manquera pas d’informer largement les personnels de cette attaque portée au fonctionnement des instances des EPLE.

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 15:14

Le 23 septembre dernier, une nouvelle réunion du comité de suivi de la réforme de la formation des enseignant-e-s s’est tenue. SUD éducation était présent et nous avons rappelé une fois encore notre opposition à ce que nous considérons comme une contre-réforme qui va profondément dégrader le statut et la formation initiale de nos futur-e-s collègues. départemental, académique et ministériel.

1. Une accélération du calendrier institutionnel, un déni des acteur-trice-s en jeu dans cette réforme :

Malgré la dénonciation de l’ensemble des organisations syndicales, le ministère continue l’imposition de cette réforme à marche forcée en accélérant le calendrier :

— Fin septembre 2020 : circulaire sur l’alternance des Master MEEF précisant aux recteur – trice-s et président-e-s des INSPE les modalités de recrutement, les conditions de l’alternance et la rémunération.

— Deuxième moitié d’octobre : publication des conditions de formations pour la préparation aux concours. La DGSI, DGRH et DGESCO enverront des notes aux INSPE pour préciser les modalités de formation des étudiant-e-s futur-e-s enseignant-e-s.

— Dès novembre, soit deux semaines après l’envoi des notes, les INSPE devront transmettre l’offre de formation finalisée avec annexe et maquette.

Dans les INSPE, les personnels dénoncent ce calendrier précipité alors même que le ministère refuse d’entendre leurs propositions concernant la formation.

2. L’encadrement de la formation dans les INSPE, attention dangers !

— Le projet de réforme prévoit le remplacement d’une partie des formateur-trice-s actuel-le-s de l’INSPE par des enseignant-e-s dits de “terrain”. Attention, cela éloignera de facto le master MEEF de son ancrage au sein de l’université et dévalorisera l’aspect “recherche” du master. Cela fait aussi peser des inquiétudes sur les formateur-trice-s actuel-le-s

- Dans le même temps, si l’on accentue l’accès aux enseignant-e-s dans des missions de formation dans les INSPE, cela doit se faire dans de bonnes conditions et des moyens supplémentaires : temps de décharge, création de postes supplémentaires…

- En ce qui concerne l’encadrement des enseignant-e-s en formation, nous rappelons que les tuteur-trice-s qui vont encadrer les M2 ont également besoin d’une véritable revalorisation. L’indemnité prévue de 600 € par étudiant-e reste peu attractive compte-tenu de l’implication et des missions qu’exigent ces fonctions de tutorat.

3. LA RÉMUNÉRATION DES FUTUR-E-S ALTERNANT-E-S = PRÉCARISÉ-E-S ET MAL PAYÉ-E-S !

Pour l’année de M2 (hors dispositif « pré-professionnalisation »), il est prévu que les futur-e-s enseignant-es soient contractuel-le-s en alternance à l’INSPE et en responsabilité de classe(s) (9h dans le 1er degré, 6h dans le 2nd degré).

Pendant cette année de M2, les alternant-e-s devront :

assurer des cours en établissement ou école avec préparation des cours, correction de copies…

préparer le concours

rendre des devoirs et surtout un mémoire à l’INSPE afin de valider le master

Rémunéré-e-s à hauteur de 865 € par mois, sans statut de fonctionnaire stagiaire, sous pression d’une année de M2 intenable, nous avons là tous les ingrédients réunis pour une précarisation renforcée de l’entrée dans le métier avec, pour le ministère, l’instauration d’un vivier de collègues corvéables et sous-payé-e-s ! Les alternant-e-s qui ne réussiraient/valideraient pas à la fois, le concours, les cours en établissement ou école et le master pourront continuer à enseigner en tant que contractuel-le-s l’année suivante. Derrière cette réforme, c’est bien le statut de fonctionnaire qui est menacé !

Par ailleurs, qui peut croire que cette réforme rendra notre métier plus attractif dans ces conditions extrêmes ?

4. UNE RÉFORME QUI RESTE FLOUE, LA MASCARADE SE POURSUIT !

— Des statuts inégalitaires persistent : les contrats de pré-professionalisation seront mieux rémunérés que ceux des étudiant-e-s alternant-e-s en M2

— Des contenus d’enseignements qui restent flous :

en M1 : l’objectif n’est désormais plus la préparation au concours alors quels cours constitueront cette année là ?

en M2 : on constate une volonté de valoriser la recherche (via notamment la maintien du mémoire) mais on sait déjà que la préparation au concours ainsi que les heures-classes empêcheront une implication des étudiant-e-s dans une démarche de recherche universitaire telle qu’elle devrait être valorisée par l’Université.

Dans le cadre du comité de suivi de cette contre-réforme, nous avons revendiqué le retrait de la réforme de formation des enseignant-e-s.

SUD éducation demande le retour à un concours à bac +3, suivi de deux années de formations rémunérées validées par un Master et avec une entrée progressive dans le métier.

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Published by SUD 61
9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 15:13

Ce lundi, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures pour Paris et la petite couronne qui passent en zone d’alerte maximale, après Aix-Marseille et la Guadeloupe. Ces mesures concernent un volet assez large d’activités de consommation et de loisir (restaurants, sports, initiatives publiques ou privées). Dans l’enseignement supérieur, les amphithéâtres des universités situées dans des zones d’alerte renforcée et maximale ne pourront pas être remplis à plus de 50%. En revanche, elles laissent en-dehors de toute restriction les transports en commun, le monde du travail, mis à part une allusion au fait de privilégier le télétravail, et l’enseignement scolaire. En ne touchant pas aux entreprises et aux écoles, la logique du gouvernement est de nouveau claire et assumée : il s’agit de restreindre tout ce qui peut l’être, sans toucher à l’économie. Il s’agit principalement de préserver à n’importe quel prix les profits des capitalistes au détriment de la santé de la population.

Pourtant, nous savons maintenant que plus d’un tiers des clusters concernent les établissements scolaires et les universités. Au vu de l’attitude de l’administration consistant, aux différents échelles, à minimiser les chiffres de contamination, il est raisonnable d’estimer que le pourcentage est même plus élevé. 

Nous pouvons d’ores et déjà pointer la responsabilité de cet état de fait : le ministère n’a rien fait pour préparer correctement cette rentrée, ni sur le plan des moyens indispensables pour baisser les effectifs, ni sur le plan de la gestion de la crise sanitaire et notamment celle des cas de Covid-19 dans les écoles et établissements. Pour rappel, SUD éducation porte depuis le printemps un plan d’urgence détaillé pour l’école.  

La progression constante du nombre d’hospitalisations dues à la Covid-19 en ce début d’automne qui marque le retour des épidémies saisonnières, conjuguée à l’accélération des annonces gouvernementales en termes de mesures restrictives rendent désormais envisageables que des fermetures d’écoles ou d’établissements s’imposent pour des zones entières, au-delà des fermetures ponctuelles qui sont la norme actuellement.

Ce que l’ensemble de la communauté éducative, des parents et des élèves, redoute avant tout, c’est la fermeture des écoles et établissements. Au vu de l’incapacité du ministère à anticiper la situation, tout porte à croire que si une fermeture généralisée a lieu, ce sera dans les mêmes conditions chaotiques qu’au printemps dernier. À ce stade, le seul document de cadrage qui viendrait anticiper cela, c’est la circulaire de continuité pédagogique publiée en juillet, qui est très clairement insuffisante et ne prévoit toujours aucun moyen. 

SUD éducation demande à être reçu en urgence par le ministre pour évoquer ces questions et porter les inquiétudes et les revendications légitimes des personnels.

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