13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 14:29
Combattre l’humour sexiste dans l’Éducation nationale et ailleurs

Tract de SUD éducation

Rappels sur le sexisme extraits du rapport état des lieux du sexisme du haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes

http://haut-conseil-egalite.gouv.fr...

99 % des femmes déclarent avoir déjà été victime d’un acte ou commentaire sexiste :
Pour 86% « tu as tes règles » quand elles sont de mauvaises humeur
Pour 84% se faire siffler dans la rue
Pour 73% avoir une remarque sur leur physique hors contexte
Pour 54% avoir subi une blague ou remarque à caractère sexuel

Le haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes définit le sexisme comme une idéologie qui repose sur le postulat de l’infériorité des femmes par rapport aux hommes, d’une part, et d’autre part, un ensemble de manifestations des plus anodines en apparence (remarques) aux plus graves (viols, meurtres). Ces manifestations ont pour objet de délégitimer, stigmatiser, humilier ou violenter les femmes et ont des effets sur elles (estime de soi, santé psychique et physique et modification des comportements).

Les manifestations du sexisme sont multiples :
Propos ou représentations stéréotypé-e-s, discriminant-e-s, humiliant-e-s, menaçant-e-s ou violent-e-s dans la rue, au travail, dans les médias, la publicité, les arts et la culture, le marketing, etc.
Sur-occupation de l’espace dans la rue (« manspreading »), dans les discussions (« mansplaining » et « manterrupting »), en politique, au travail, dans les classes et les cours de récréation, etc.
Atteinte à l’autonomie des femmes par l’assignation à la maternité : entrave à l’avortement et à la maîtrise de son corps, mariages forcés, non partage de la charge domestique, etc.
Discrimination directe et indirecte, dans l’accès à un emploi, un bien ou un service.
Atteintes à l’intégrité corporelle : coups et blessures, agressions sexuelles, viols, mutilations sexuelles, prostitution, meurtre ou féminicide.

Pour lutter contre le sexisme, nous devons nous interroger sur nos pratiques et sur ce que nous banalisons dans notre quotidien : les propos tenus par les élèves mais également ceux tenus par tous les adultes. L’humour est généralement invoqué pour tenir des propos totalement sexistes. L’humour peut véhiculer des propos sexistes et peut ne pas encourager les hommes et les femmes à combattre toutes les formes de violences liées au sexisme. Il faut former l’ensemble des personnels pour une réelle mise en place de la promotion de l’égalité des sexes dans les établissements scolaires.

L’humour et le sexisme : une combinaison répandue et tolérée mais une arme des dominant-e-s au détriment des dominé-e-s

ce que l’on entend :
- vous n’avez pas le sens de l’humour, c’est une blague , c’est juste pour rire
- c’est au second degré
- tu ne sais pas t’amuser
- on ne peut plus rire de rien !

L’humour sexiste exerce (sous prétexte d’être convivial) une domination d’un groupe sur un autre car, en créant un espace de connivence où on ( les dominant-e-s) rit tou-te-s ensemble contre les dominé-e-s, il véhicule et renforce des stéréotypes dévalorisants à l’encontre des femmes et des minorités sexuelles/de genre.

Les conséquences de l’humour sexiste

- il contribue à renforcer les stéréotypes de sexe et des rôles sexués (les femmes sont sexualisées , réduites à un corps dans les blagues, les femmes sont agressives, hystériques, jalouses, en compétition les unes avec les autres, incompétentes, stupides, naïves, castratrices...)
- il contribue ainsi à légitimer les inégalités et les violences sexistes et sexuelles ( les agressions sexuelles comme « toucher les fesses ou un sein » peuvent être un ressort de l’humour )
- il consolide l’entre soi « masculin » et conforte l’idée que l’hétérosexualité est la seule norme (dans les blagues il y a souvent une injonction à la virilité et une dévalorisation des femmes, homosexuels...)
- il dévalorise l’image que les femmes ont d’elles-mêmes : même s’il y a 15 % des femmes qui apprécient cet humour , elles montrent plus leur désapprobation ( 39 % des femmes soit 12 points de plus que les hommes).

Comment lutter contre l’humour sexiste à l’école ?

Dans la salle des personnels, au self : ce sont des lieux importants de vie où les paroles se relâchent où la blague ou l’humour potache se pratiquent . Les adultes relaient aussi les blagues entendues à la radio, en spectacles, vues sur Internet. Nous ne sommes pas exempt-e-s de l’influence que ces médias jouent sur notre comportement. Ces blagues sont supposées portant peu à conséquence et n’offensent pas autrui . Cependant il faut toujours les analyser au regard de la perception et du ressenti provoqué par celui ou celle qui les reçoit. Le rapport du conseil Supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes du 6 mars 2015 sur « Le sexisme dans le monde du travail » souligne que : ce qui peut paraître drôle pour une personne peut s’avérer désagréable pour une autre, notamment lorsqu’il sert à camoufler une forme de dénigrement en raison du sexe. L’humour et son camouflage en amusement bénin à travers l’argument « c’est juste une blague » joue un rôle majeur dans la diffusion des préjugés sexistes.

Dans nos classes : pour les élèves, l’humour sexiste est un mode de communication largement utilisé et ils reproduisent des blagues issues de vidéos vues sur YouTube où le sexisme est le ressort n°1 pour faire rire. Il est important de mettre en évidence que le rire sexiste n’est pas un acte neutre , qu’il représente un pouvoir oppressif d’un groupe sur un autre, qu’il peut avoir des conséquences néfastes sur ce groupe et il convient de ne pas l’invisibiliser en laissant passer cet humour sexiste sans rien dire. Ne pas oublier de s’interroger sur « de qui /quoi rit-on ? », « dans quel but ? », « quelle place sociale occupe la personne qui exerce cet humour ? », « qui rit ? », « que ressent la personne dont on se moque ? », « en quoi ai-je le droit de faire souffrir la personne dont je me moque ? ».

L’humour est une manifestation sexiste parmi d’autres, il convient de ne pas la négliger et de s’emparer de la polémique qu’il provoque pour réaffirmer que le sexisme fait partie d’un système et que plus généralement la langue est une manifestation sexiste parmi d’autres (voir fiche SUD éducation sur « l’écriture inclusive »). Les enseignant-e-s de l’éducation nationale ne sont pas déconnecté-e-s du monde dans lequel ils et elles vivent et ils et elles doivent également faire la promotion de l’égalité entre les sexes et se former.

Evolution sur la condamnation des propos sexistes sous couvert d’humour

Le jugement d’Orléans est un excellent exemple pour marquer une évolution positive dans la condamnation des propos sexistes véhiculés par l’humour. Au sein d’une rédaction d’un journal, une plainte a été déposée pour des faits de harcèlement au sein de la rédaction d’un journal : blagues grivoises fondées sur le sexe, insultes, circulation de vidéos suggestives… la Cour d’appel d’Orléans a sanctionné l’existence d’un harcèlement sexuel basé sur des agissements sexistes en tant que « harcèlement environnemental ». Une première. Dans une décision du 7 février 2017, le journal a été condamné à 78 500 € de dommages intérêts. La cour a considéré que « Le harcèlement sexuel peut consister en un harcèlement environnemental ou d’ambiance, où, sans être directement visée, la victime subit les provocations et blagues obscènes et vulgaires qui lui deviennent insupportables ».

SUD éducation revendique :
- la mise en œuvre réelle d’une éducation de qualité aux sexualités et des moyens y afférents : plus de 3h annuel pour les élèves ;
- une politique de prévention (campagne de sensibilisation sur les ambiances de travail sexistes, affichage de la loi sur le harcèlement sexuel) et de suivi (accompagnement des victimes dans leurs démarches, notamment judiciaires), via les CHSCT s’agissant des cas de harcèlement, et la mise en place systématique de la protection fonctionnelle, qui est de droit ;
- la mise en place dans la formation initiale de modules obligatoires sur les problématiques de genre, pour les futur-e-s enseignant-e-s (selon un volume horaire identique dans toutes les INSPE), et pour toutes les autres catégories de personnel (CPE, agent-e-s) ;
- un renforcement de l’offre de formation continue sur ces questions ;
- L’usage d’écriture inclusive qui n’invisibilise personne et permet de prendre en compte véritablement tout le monde, y compris les personnes non binaires qui ne s’identifient ni comme hommes ni comme femmes
- la possibilité de mettre en place des réunions non mixtes afin de libérer la parole des femmes
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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 14:28
Écologie dans les programmes scolaires : SUD éducation dénonce le double-jeu de Blanquer

Communiqué de presse - jeudi 11 juin 2020

Le ministère de l’Éducation nationale tente de verdir son image pour faire semblant de répondre aux attentes de la jeunesse, mais les réponses ne répondent pas aux enjeux écologiques.

Le projet du ministère présenté au Conseil Supérieur de l’Éducation du 11 juin 2020 concernant le renforcement des enseignements relatifs au changement climatique, à la biodiversité et au développement durable est bien décevant pour tous ceux et toutes celles qui en appellent à des mesures concrètes face à la crise écologique.

En focalisant son attention sur le développement durable ou l’éco-citoyenneté, cela évite soigneusement de pointer les responsables de la crise écologique et climatique que traverse la planète, ainsi que le caractère systémique de ces dégradations, conséquences de l’action des capitalistes et de leur course aux profits. Au contraire, il faudrait rompre avec la logique productiviste : arrêter la course irrationnelle à la croissance et partir de la satisfaction des besoins sociaux notamment en sortant du consumérisme par la publicité et l’obsolescence programmée et en cessant le pillage et l’exploitation des populations des pays des « Suds ».

Les annonces du Ministre Blanquer au sujet du “tout numérique” viennent confirmer nos craintes d’un simple verdissement des programmes scolaires sans remise en cause du soutien du ministère de l’Éducation nationale aux industries polluantes (les grosses firmes polluent plus que la plupart des pays). Le numérique a un coût environnemental important : en 2015, celui-ci correspond à 10% de la production électrique mondiale et cette consommation augmente de 9% par an. À la consommation des centres de donnée, s’ajoute le coût environnemental énorme des ordinateurs personnels, smartphones, tablettes et autres appareils qu’il faut renouveler régulièrement.
SUD éducation revendique par ailleurs la mise en œuvre de solutions logicielles libres hébergées en France sur des serveurs sous le contrôle complet de l’institution.
Cette école du numérique ultra polluante promue par le Ministre Blanquer contraste avec le verdissement des programmes et les annonces concernant les dispositifs favorisant l’éco-citoyenneté. Il est urgent d’étendre à tous les programmes scolaires de la maternelle à l’université la formation aux enjeux de la crise environnementale en développant un enseignement critique et pluridisciplinaire.

Pour les programmes scolaires, SUD éducation revendique :
  • un plan de formation renforcé dans l’artisanat, l’agriculture avec l’inscription dans le cursus obligatoire en lycée agricole de la formation à l’agriculture biologique notamment
  • dans les filières du bâtiment renforcer la formation à la rénovation énergétique, à l’isolation du bâti, matériaux écologiques, énergies renouvelables, etc ;
  • une véritable prise en compte de la question écologique dans les programmes scolaires afin que ceux-ci permettent d’étudier l’impact du capitalisme et de ses structures sociales, et ne se contentent pas d’injonctions au changement des comportements individuels.
Dans le secteur de l’éducation, SUD éducation revendique :
  • réalisations de bilan énergétique et plan d’isolation des bâtiments. Réduction des consommations énergétiques et en eau.
  • des outils pour mettre en place la diminution de la production de déchets et d’usage du plastique, et leur recyclage s’ils ne sont pas évitables.
  • l’approvisionnement par des filières locales et bio dans la restauration scolaire ; réduction de la consommation des produits animaux (les élevages ont plus d’impact que les cultures).
  • des recrutements massifs de titulaires remplaçant-e-s dans les premier et second degrés afin de limiter leurs déplacements.
  • la prise en compte des risques environnementaux par les CHSCT et notamment une véritable campagne de désamiantage des établissements scolaires dans le cadre de l’application du Plan amiante relancé en 2016 et une prise en charge des personnels exposés avant 2021.

 

 

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 14:27
 Déclaration de Solidaires CSE 11 juin

L’Union Syndicale Solidaires attend plus qu’un verdissement des programmes scolaires !

Les textes présentés aujourd’hui lors de ce CSE répondent à une urgence écologique indéniable. Pour l’Union syndicale Solidaires et ses fédérations de l’éducation, les textes concernant le renforcement des enseignements relatifs au changement climatique, à la biodiversité et au développement durable dans les programmes de la classe de maternelle au collège sont une avancée. Néanmoins cela reste minime au regard de l’étendu des réformes à accomplir afin de transformer l’Éducation nationale tant d’un point de vue pédagogique que de celui de son fonctionnement.

Les modifications présentées par le CSE ne traitent pas la crise écologique comme un problème résultant de choix politiques, mais comme les effets d’un mode de vie, partagé par tous et toutes qu’il faudrait adapter afin d’être chacun et chacune plus “responsable”. Cette conception de l’éducation au développement durable est en deçà des enjeux actuels.

L’Éducation nationale doit intégrer l’étude des causes du réchauffement climatique et des choix politiques qui l’ont produit à ses enseignements. Mais le ministère de l’Éducation nationale doit surtout montrer l’exemple en adoptant un fonctionnement plus “éco-responsable”. L’aspiration à une société plus écologique concorde avec une hausse nécessaire du niveau de vie, pour cela le ministère de l’Éducation nationale a sa part de responsabilité. La précarité constitue une double peine pour les 25% d’agent-e-s non-titulaires et précaires que compte l’Éducation nationale qui, en plus de subir des conditions de travail dégradées, sont plus vulnérables face aux risques environnementaux et éprouvent de grandes difficultés à réduire leur consommation énergétique (peu d’accès aux transports en commun, logements mal isolés, peu d’accès à une agriculture biologique de proximité…).

Mais les responsabilités de l’Éducation nationale vont au-delà de ses responsabilités d’employeur, car le fonctionnement même des écoles et des établissements scolaires représente une dépense énergétique qui devrait être bien moins élevée. Pour cela un chantier d’ampleur concernant le bâti, la consommation énergétique, le recyclage des déchets, le désamiantage des locaux... est indispensable.

De même les annonces concernant une montée en puissance du numérique à l’école et des classe virtuelles sont très inquiétantes d’un point de vue environnemental comme d’un point de vue pédagogique. Comment est-il possible de vouloir renforcer l’enseignement de la transition écologique, du développement durable tout en poursuivant des partenariats avec des entreprises parmi les plus polluantes que sont Amazon et Microsoft et en développant l’usage d’un enseignement à distance, pédagogiquement très discutable et écologiquement néfaste ?
L’Éducation nationale doit à minima développer ses propres logiciels afin de maîtriser sa consommation énergétique.

Depuis plusieurs mois, l’Union Syndicale Solidaires a participé avec d’autres organisations syndicales et associatives à une réflexion collective “Plus jamais ça” afin d’élaborer ensemble des réponses aux urgences sociales et écologiques. De cette réflexion ont émergé 34 mesures concrètes pour sortir de la crise environnementale et changer le système.
L’Éducation nationale a son rôle à jouer. Parmi ces mesures, on trouve l’arrêt des soutiens publics aux acteurs polluants ou encore la nécessité d’accompagner la reconversion via des systèmes de formation et d’enseignement et de recherche rénovés. Pour cela, nous avons besoin d’un vrai plan de formation professionnelle orienté vers les nouveaux métiers avec l’inscription dans le cursus obligatoire en lycée agricole de la formation à une agriculture respectueuse de l’environnement et de la santé. De même, dans les filières du bâtiment il faut renforcer la formation à la rénovation énergétique, à l’isolation du bâti, aux matériaux écologiques et aux énergies renouvelables.

Les catastrophes environnementales s’enchaînent : à l’été 2019, on a assisté avec impuissance à la destruction brutale de l’écosystème en Amazonie, en Afrique et en Sibérie sans qu’aucune mesure significative ne soit prise. Nous connaissons aujourd’hui une crise sanitaire dont on sait qu’elle est exacerbée par la dégradation de l’environnement. Pour l’Union syndicale Solidaires et pour ses fédérations de l’éducation, il y a urgence à agir pour la transition écologique, pour la justice sociale et environnementale au-delà de ces modifications des programmes.

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 14:25
Déclarations au CSE du 11 juin 2020

Déclaration liminaire de SUD éducation - jeudi 11 juin 2020

Un mois après l’annonce de l’ouverture des écoles et des établissements scolaires, d’abord en zone verte et rouge pour les écoles puis en zone orange pour les établissements scolaires, nous pouvons faire un premier bilan de l’état de l’accès au service public d’éducation sur le territoire en cette période si particulière de crise sanitaire.

D’abord, il faut avouer que l’école n’a pas repris : partout les enseignant-e-s font ce même constat. Il y a bien sûr une hétérogénéité des situations selon les réalités locales, néanmoins le principe même du service public d’éducation engage l’État et les Collectivités Territoriales à mettre en œuvre les moyens nécessaires pour réduire les inégalités et assurer l’égalité de traitement des élèves et des personnels sur le territoire. Dans les départements les plus pauvres, le manque de personnels municipaux ou départementaux a contraint le nombre d’élèves à la baisse encore plus que le protocole sanitaire.

Cette situation est la conséquence d’une territorialisation sans moyens, elle devrait alerter notre gouvernement. Au contraire, les décisions budgétaires ne viennent pas. Pourtant il faut d’urgence améliorer les conditions d’accueil et d’étude des élèves à la rentrée 2020 afin de réduire les inégalités qui se sont creusées pendant la crise sanitaire. Pour cela, SUD éducation, continue de revendiquer un plan d’embauches massives de personnels enseignants, d’éducation, médico-sociaux, d’orientation, administratifs et ouvriers.
Dans ce contexte, le refus du ministère d’admettre aux concours internes les admissibles comme cela a été le cas pour les concours externes est incompréhensible et s’apparente à de la maltraitance envers ses personnels déjà en poste dans l’Éducation nationale. Pourtant les besoins sont là.
Plutôt que de garantir le service public d’éducation sur temps scolaire avec des personnels formés, le Ministre annonce des « vacances apprenantes » pour un million d’élèves et un coût de 200 millions d’euros et la mise en œuvre des dispositifs 2S2C qui consiste à externaliser ce qui concerne les activités sportives et artistiques vers les collectivités.

Ces transferts de compétences de l’Éducation nationale vers les collectivités territoriales ont montré leurs effets désastreux pendant cette période de réouverture des établissements et le gouvernement continue dans la même voie avec l’aval du ministère de l’Éducation. C’est confier les missions de l’ Éducation nationale à des collectivités locales aux politiques salariales et aux moyens très hétérogènes selon les territoires.

C’est pourquoi SUD éducation appelle le Ministère de l’ Éducation nationale à annoncer dès à présent un plan d’urgence pour l’éducation pour la rentrée 2020.

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 14:24

Strasbourg : aucune sanction ne doit être prononcée contre notre camarade Yann !

Communiqué de SUD éducation - jeudi 11 juin 2020

Le Premier ministre et le gouvernement ont annoncé la deuxième phase du déconfinement avec la réouverture de tous les établissements situés en zone verte à partir du 2 juin. Le rectorat de l’académie de Strasbourg s’est précipité sur l’occasion pour convoquer notre camarade Yann à une commission consultative paritaire le 1er juillet à 10h dans le cadre de la procédure de licenciement dont il fait l’objet.

Alors que dans de nombreux établissements et au rectorat les protocoles sanitaires locaux demeurent insuffisants, la hiérarchie donne priorité à la répression en réagissant de façon arbitraire face à toute contestation.

Yann, qui est AED au lycée Marie Curie à Strasbourg et adhérent à SUD éducation, a été interpellé lors de la journée de grève du 6 février 2020 devant son établissement alors qu’il venait soutenir les lycéen-ne-s, suite à plusieurs appels syndicaux. Les lycéen-ne-s avaient fait le choix de bloquer leur établissement en contestation de la tenue des E3C.

Cette procédure de licenciement s’inscrit dans un contexte national de répression syndicale à l’instar de ce que subissent nos camarades de Melle, Nancy, Carcassonne, Rodez, Clermont-Ferrand… la liste est longue.

SUD éducation exige l’arrêt de la répression anti-syndicale contre les personnels, à Strasbourg comme ailleurs. L’exercice du droit syndical est un droit constitutionnel, et cette répression envers les personnels qui refusent la mise en œuvre des réformes révèle un autoritarisme inacceptable. Les poursuites disciplinaires doivent être abandonnées immédiatement et nos camarades doivent reprendre leurs fonctions sans délai.

 

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 14:21

L’Union syndicale Solidaires attend plus qu’un verdissement des programmes scolaires !

Déclaration de l’Union syndicale Solidaires au Conseil supérieur de l’éducation du 11 juin 2020

Les textes présentés aujourd’hui lors de ce CSE répondent à une urgence écologique indéniable. Pour l’Union syndicale Solidaires et ses fédérations de l’éducation, les textes concernant le renforcement des enseignements relatifs au changement climatique, à la biodiversité et au développement durable dans les programmes de la classe de maternelle au collège sont une avancée. Néanmoins cela reste minime au regard de l’étendu des réformes à accomplir afin de transformer l’Éducation nationale tant d’un point de vue pédagogique que de celui de son fonctionnement.

Les modifications présentées par le CSE ne traitent pas la crise écologique comme un problème résultant de choix politiques, mais comme les effets d’un mode de vie, partagé par tous et toutes qu’il faudrait adapter afin d’être chacun et chacune plus “responsable”. Cette conception de l’éducation au développement durable est en deçà des enjeux actuels.

L’Éducation nationale doit intégrer l’étude des causes du réchauffement climatique et des choix politiques qui l’ont produit à ses enseignements. Mais le ministère de l’Éducation nationale doit surtout montrer l’exemple en adoptant un fonctionnement plus “éco-responsable”. L’aspiration à une société plus écologique concorde avec une hausse nécessaire du niveau de vie, pour cela le ministère de l’Éducation nationale a sa part de responsabilité. La précarité constitue une double peine pour les 25% d’agent-e-s non-titulaires et précaires que compte l’Éducation nationale qui, en plus de subir des conditions de travail dégradées, sont plus vulnérables face aux risques environnementaux et éprouvent de grandes difficultés à réduire leur consommation énergétique (peu d’accès aux transports en commun, logements mal isolés, peu d’accès à une agriculture biologique de proximité…).

Mais les responsabilités de l’Éducation nationale vont au-delà de ses responsabilités d’employeur, car le fonctionnement même des écoles et des établissements scolaires représente une dépense énergétique qui devrait être bien moins élevée. Pour cela un chantier d’ampleur concernant le bâti, la consommation énergétique, le recyclage des déchets, le désamiantage des locaux... est indispensable.

De même les annonces concernant une montée en puissance du numérique à l’école et des classe virtuelles sont très inquiétantes d’un point de vue environnemental comme d’un point de vue pédagogique. Comment est-il possible de vouloir renforcer l’enseignement de la transition écologique, du développement durable tout en poursuivant des partenariats avec des entreprises parmi les plus polluantes que sont Amazon et Microsoft et en développant l’usage d’un enseignement à distance, pédagogiquement très discutable et écologiquement néfaste ?
L’Éducation nationale doit à minima développer ses propres logiciels afin de maîtriser sa consommation énergétique.

Depuis plusieurs mois, l’Union Syndicale Solidaires a participé avec d’autres organisations syndicales et associatives à une réflexion collective “Plus jamais ça” afin d’élaborer ensemble des réponses aux urgences sociales et écologiques. De cette réflexion ont émergé 34 mesures concrètes pour sortir de la crise environnementale et changer le système.
L’Éducation nationale a son rôle à jouer. Parmi ces mesures, on trouve l’arrêt des soutiens publics aux acteurs polluants ou encore la nécessité d’accompagner la reconversion via des systèmes de formation et d’enseignement et de recherche rénovés. Pour cela, nous avons besoin d’un vrai plan de formation professionnelle orienté vers les nouveaux métiers avec l’inscription dans le cursus obligatoire en lycée agricole de la formation à une agriculture respectueuse de l’environnement et de la santé. De même, dans les filières du bâtiment il faut renforcer la formation à la rénovation énergétique, à l’isolation du bâti, aux matériaux écologiques et aux énergies renouvelables.

Les catastrophes environnementales s’enchaînent : à l’été 2019, on a assisté avec impuissance à la destruction brutale de l’écosystème en Amazonie, en Afrique et en Sibérie sans qu’aucune mesure significative ne soit prise. Nous connaissons aujourd’hui une crise sanitaire dont on sait qu’elle est exacerbée par la dégradation de l’environnement. Pour l’Union syndicale Solidaires et pour ses fédérations de l’éducation, il y a urgence à agir pour la transition écologique, pour la justice sociale et environnementale au-delà de ces modifications des programmes.

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 08:57
AESH et AED : le droit du travail doit s’appliquer à tous

Communiqué de SUD éducation - jeudi 11 juin 2020

Durant la période de déconfinement, de nombreuses et nombreux AESH et AED ont fait les frais du manque de considération de l’institution à leur égard. L’administration a souvent assumé, y compris dans les instances, mettre le droit du travail entre parenthèses. Pourtant l’état d’urgence sanitaire n’autorise pas les employeurs à le remettre en question.

Manque de communication

L’un des premiers manquements a concerné la communication. Les administrations ont souvent négligé d’envoyer les informations aux AESH et AED sur leurs boîtes professionnelles concernant les protocoles de sécurité ou les modalités de reprise. Ne parlons pas de concertation. Certain-es ont reçu la veille pour le lendemain des emplois du temps sans autre forme d’avis ni respect du délai de prévenance.
Pour rappel, le délai de prévenance de modification d’un emploi du temps est de 7 jours (Code du travail L 3121-47).

Non-respect du contrat de travail

Des éléments substantiels du contrat de travail ont pu être modifiés sans avenant. On a demandé à des AESH par exemple de faire de l’administratif ou de la surveillance, quitte à délaisser les élèves qu’ils et elles accompagnaient en télétravail. On a voulu imposer à des AED recruté-e-s sur l’internat de travailler de jour, même si toute leur vie familiale ou étudiante n’était plus gérable.
Le décret 86-83 du 17 janvier 1986, article 45-4 pose que la modification de la quotité horaire, le changement de lieu ou la modification des fonctions doit faire l’objet d’un avenant. L’agent a un mois pour l’accepter ou le refuser. A tout le moins l’administration avait à interroger les personnels sur leur acceptation à remplir des missions qui n’étaient pas les leurs, sans aucune pression hiérarchique.

Inégalité de traitement des agents

Certain-es chef-fes d’établissement ont exigé que tou-te-s les AESH d’un établissement soient présent-es sur leur quotité horaire, alors même que les élèves en situation de handicap étaient absents et qu’un roulement du personnel enseignant était organisé.
La précarité des AESH et des AED ne peut autoriser le manque d’égalité de traitement entre les agents de la fonction publique. Les circonstances impliquent un roulement des personnels quel que soit leur statut.

Remise en cause du temps de travail

Des collèges ou lycées ont pu demander sous prétexte d’annualisation du temps de travail à des AED de rattraper les heures qu’ils considéraient comme non effectuées pendant le confinement.
Ils et elles n’ont évidemment pas à rattraper leurs heures : leurs horaires de service n’ont pas été modifiés pendant le confinement et d’ailleurs les personnels ont été en télétravail quand c’était possible. Sinon une partie d’entre elles et eux ont pu obtenir une autorisation spéciale d’absence (ASA). Ce qui a été le cas ;
– de fait et de droit pendant toute la période de confinement ;
– de droit à partir du 11 mai pour garde d’enfant jusqu’au 2 juin et possiblement au-delà si les enfants ne peuvent être accueillis dans leurs écoles ou établissements ;
– de droit pour les personnes vulnérables ou vivant avec une personne vulnérable jusqu’à fin.

En effet cette ASA par nature autorise les agents à ne pas occuper temporairement leur poste, tout en étant considérés en activité. Ils conservent ainsi donc tous leurs droits, y compris sur le décompte du temps annualisé.

La crise que nous traversons met l’accent sur l’injustice à faire coexister des statuts différents à l’Éducation nationale, entre titulaire et non-titulaires. Plus que jamais la titularisation des AESH et des AED est à l’ordre du jour, à travers la création d’emplois statutaires pour les AESH et les AED.

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 08:42
SUD éducation condamne les propos indignes de Blanquer contre les personnels

Communiqué de SUD éducation - mercredi 10 juin 2020

Une campagne de dénigrement des personnels enseignants a cours dans un certain nombre de media depuis quelques jours. Aujourd’hui, c’est au tour du ministre Blanquer lui-même de livrer les personnels à la vindicte populaire.

Le ministre a ainsi pu déclarer qu’une partie des personnels “n’a pas été à la hauteur”, et que leurs manquements sont “sanctionnables”.

Comme à son habitude, Blanquer use de trois registres pour essayer de faire oublier son incapacité à gérer correctement la crise sanitaire : paternalisme, infantilisation et autoritarisme.

Les enseignant-e-s se sont massivement porté-e-s volontaires pour accueillir les enfants de personnels soignants et des services publics vitaux. Ils et elles ont, avec leur propre équipement, continué massivement également à maintenir le lien avec les élèves malgré l’absence d’outils, de formation, et d’organisation de la part de l’administration. Le ministre clamait haut et fort qu’il était “prêt”, alors que les services en ligne (espaces numériques de travail, classes virtuelles, etc.) se sont révélés largement défaillants.

Depuis la réouverture des écoles et des établissements, les organisations syndicales dont SUD éducation ont obtenu qu’un protocole sanitaire permettant de limiter les risques de contamination soit mis en œuvre. Les mesures de distanciation physique (moins drastiques que dans le reste du monde du travail) nécessitent de limiter les effectifs dans des bâtiments trop exigus. Dans ces conditions, de nombreux personnels sont invités à maintenir l’activité à distance. Le ministre et certains media font semblant de l’ignorer. Et si des enseignant-e-s n’ont pas pu retourner dans leurs établissements scolaires ce n’est pas par “fainéantisme”mais parce que certain-e-s d’entre elles et eux sont des personnels à risque.

Le ministre Blanquer n’a pas un mot pour défendre les personnels face à la mise en cause de leur professionnalisme. Il n’a pas non plus un mot pour les personnels qui ont contracté le virus en retournant au travail dans des conditions sanitaires déplorables, dont il est responsable en dernier ressort.

Les personnels n’ont pas de leçon à recevoir d’un ministre qui quelques heures à peine avant la décision prise par le gouvernement de fermer les écoles et les établissements au public, exigeait encore que les agent-e-s se rendent sur leur lieu de travail. Régulièrement avant le confinement, tout comme depuis, les annonces ministérielles qui se sont multipliées se sont révélées floues, contradictoires, et anxiogènes tant pour les personnels que pour les élèves.

Le ministre persiste dans l’irresponsabilité en menaçant de sanction les personnels.

Pour SUD éducation, les propos du ministre de l’Éducation sont indignes. Il doit les retirer.

 

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 08:41

Mobilisons-nous pour obtenir le retrait du projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)

Communiqué intersyndical  - mercredi 10 juin 2020

Mme Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI) veut faire voter les avis sur la LPPR le 12 juin au Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), le 17 au Comité Technique ministériel de l’Enseignement supérieur et de la recherche (CT-MESR) et le 22 au Comité Technique des personnels de statut universitaire (CT-U). Tout cela visant à ce que le texte soit présenté en Conseil des Ministres le 8 juillet. C’est inacceptable !

Le Ministère et le gouvernement veulent passer en force malgré l’opposition unanime des organisations représentatives du personnel et des étudiant·e·s de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR). Ils profitent du fait que les universités et centres de recherches soient fermés, et que la crise sanitaire impose des mesures de restriction des libertés notamment sur le droit de manifester. Ils veulent empêcher les personnels et les étudiant·e·s de prendre pleinement connaissance des conséquences néfastes de ce projet de loi qui modifiera durablement leurs conditions de travail.

Les organisations syndicales signataires avec le personnel et les étudiant·e·s de l’ESR ont dénoncé le contenu de cette loi qui a été annoncé à des nombreuses reprises par Mme Vidal avant le début du confinement. Le texte contient tout ce que nous avions dénoncé, notamment dans les manifestations du 5 mars :
• Liquidation des statuts avec la mise en place de « tenure tracks », contrats de 3 à 6 ans pouvant concerner jusqu’à 25 % des recrutements de directeurs de recherche et de professeurs ;
• Explosion de la précarité avec la mise en place des « CDI » de mission scientifique pour la durée des projets ;
• Renforcement de la recherche sur projets avec une part croissante du financement des besoins pérennes passant par l’ANR et ses appels à projets ;
• Renforcement du rôle du HCERES avec l’extension de l’évaluation à la totalité des missions des établissements.

Quant aux fameux « engagements » budgétaires sur 10 ans que la ministre ne cesse de mettre en avant, ils n’engagent en rien les gouvernements à venir. L’augmentation prévue en 2021, + 224 millions pour programme 172 (ANR et EPST) et + 165 millions pour le programme 150 (université), correspond en fait à une diminution de - 285 millions pour le programme 193 (spatial). Ainsi seuls 104 M€ sont abondés pour 2021, ce qui est bien loin du compte ! (Article 2 du projet de loi : pour 2021, il est prévu au programme 172 +224 M€, au programme 193 -285 M€, au programme 150 +165 M€ = 104 M€).

Les établissements de l’enseignement supérieur et la recherche ont besoin tout de suite de financements pour :
• prolonger immédiatement les contrats doctoraux, les CDD et les stages des étudiants ;
• assumer les dépenses faites dans le cadre de la crise sanitaire (achat de masques, fournitures...) ;
• redémarrer les expériences en laboratoire : des matériels ont été donnés aux hôpitaux.

Nos organisations invitent d’ores et déjà les personnels et les étudiant-e-s à débattre et à se prononcer sous toutes les formes possibles, en présence ou à distance, pour dénoncer ce passage en force, exiger le retrait de ce texte et obtenir l’ouverture de véritables négociations pour un véritable service public national de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

Nos organisations appellent à multiplier les initiatives dans tout le pays le 12 juin au moment où le CNESER « virtuel » est censé se tenir, ainsi que les 17 et 22 juin, jours de tenue des CTMESR et CTU. A Paris, les organisations et la coordination des facs et labos en lutte invitent personnels et étudiant-e-s à se rassembler, avec toutes les précautions sanitaires requises, place de la Sorbonne le 12 Juin à 13h30.

Nous appelons également les personnels de l’ESR et étudiant-e-s à rejoindre les manifestations des personnels de santé prévues le 16 Juin.

 

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 08:41

Communiqué de SUD éducation

 

Publié le jeudi 11 juin 2020 sur https://www.sudeducation.org/AESH-et-AED-le-droit-du-travail-doit-s-appliquer-a-tous.html

Durant la période de déconfinement, de nombreuses et nombreux AESH et AED ont fait les frais du manque de considération de l’institution à leur égard. L’administration a souvent assumé, y compris dans les instances, mettre le droit du travail entre parenthèses. Pourtant l’état d’urgence sanitaire n’autorise pas les employeurs à le remettre en question.

Manque de communication

L’un des premiers manquements a concerné la communication. Les administrations ont souvent négligé d’envoyer les informations aux AESH et AED sur leurs boîtes professionnelles concernant les protocoles de sécurité ou les modalités de reprise. Ne parlons pas de concertation. Certain-es ont reçu la veille pour le lendemain des emplois du temps sans autre forme d’avis ni respect du délai de prévenance.
Pour rappel, le délai de prévenance de modification d’un emploi du temps est de 7 jours (Code du travail L 3121-47).

Non-respect du contrat de travail

Des éléments substantiels du contrat de travail ont pu être modifiés sans avenant. On a demandé à des AESH par exemple de faire de l’administratif ou de la surveillance, quitte à délaisser les élèves qu’ils et elles accompagnaient en télétravail. On a voulu imposer à des AED recruté-e-s sur l’internat de travailler de jour, même si toute leur vie familiale ou étudiante n’était plus gérable.
Le décret 86-83 du 17 janvier 1986, article 45-4 pose que la modification de la quotité horaire, le changement de lieu ou la modification des fonctions doit faire l’objet d’un avenant. L’agent a un mois pour l’accepter ou le refuser. A tout le moins l’administration avait à interroger les personnels sur leur acceptation à remplir des missions qui n’étaient pas les leurs, sans aucune pression hiérarchique.

Inégalité de traitement des agents

Certain-es chef-fes d’établissement ont exigé que tou-te-s les AESH d’un établissement soient présent-es sur leur quotité horaire, alors même que les élèves en situation de handicap étaient absents et qu’un roulement du personnel enseignant était organisé.
La précarité des AESH et des AED ne peut autoriser le manque d’égalité de traitement entre les agents de la fonction publique. Les circonstances impliquent un roulement des personnels quel que soit leur statut.

Remise en cause du temps de travail

Des collèges ou lycées ont pu demander sous prétexte d’annualisation du temps de travail à des AED de rattraper les heures qu’ils considéraient comme non effectuées pendant le confinement.
Ils et elles n’ont évidemment pas à rattraper leurs heures : leurs horaires de service n’ont pas été modifiés pendant le confinement et d’ailleurs les personnels ont été en télétravail quand c’était possible. Sinon une partie d’entre elles et eux ont pu obtenir une autorisation spéciale d’absence (ASA). Ce qui a été le cas ;
– de fait et de droit pendant toute la période de confinement ;
– de droit à partir du 11 mai pour garde d’enfant jusqu’au 2 juin et possiblement au-delà si les enfants ne peuvent être accueillis dans leurs écoles ou établissements ;
– de droit pour les personnes vulnérables ou vivant avec une personne vulnérable jusqu’à fin.

En effet cette ASA par nature autorise les agents à ne pas occuper temporairement leur poste, tout en étant considérés en activité. Ils conservent ainsi donc tous leurs droits, y compris sur le décompte du temps annualisé.

La crise que nous traversons met l’accent sur l’injustice à faire coexister des statuts différents à l’Éducation nationale, entre titulaire et non-titulaires. Plus que jamais la titularisation des AESH et des AED est à l’ordre du jour, à travers la création d’emplois statutaires pour les AESH et les AED.

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