14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 13:05

Le gouvernement a lancé cet été une consultation « pour la refondation de l’école », dont l’objectif affiché est de préparer une loi d’orientation et de programmation scolaire.

Au niveau national,SUD éducation a décidé de participer à cette concertation pour y porter ses revendications et informer les personnels. Après les séances de l'été, nous constatons que les craintes que nous exprimions au lancement de cette concertation se voient confirmées :

Si cette concertation permet à beaucoup d’acteurs et d’actrices (syndicats, associations, collectivités, "experts", "personnalités") d’exprimer leur point de vue, elle s’inscrit dans un calendrier beaucoup trop serré pour traiter de façon suffisante l’ensemble des thèmes.

A l’évidence le champ des questions ouvertes à la consultation est limité et purement formel, l’essentiel des décisions semblent prises avant même que la consultation ait débuté. Par exemple, le ministre qui affirmait en juillet que « la reconstruction de la formation initiale […] comme la mise en place d’un pré-recrutement […] seront définies à l’issue de la concertation  »  a décidé unilatéralement de créer le dispositif « Emploi d’Avenir Professeur » entérinant au passage la "mastérisation" (passage de 3 ans à 5 ans de formation universitaire pour les enseignant-es, dispositif avec lequel SUD éducation est en désaccord, nous préférons trois ans de formation universitaire et deux ans de formation professionnelle).

Que ce soit pour les rythmes scolaires, l'orientation, l'enseignement professionnel, les dispositifs d'évaluations des élèves et des personnels, l'intérêt des élèves sera-t-il réellement pris en compte, quand on voit qu'une des premières mesures du nouveau ministre a été de recruter massivement des personnes sous contrats précaires !

Dans l'Académie de Caen, la "concertation" est une coquille vide : la semaine de la rentrée de septembre, les personnels étaient invités à déposer par écrit, AU PLUS TARD le 12 septembre, leurs contributions sur un site internet. Le moment est mal choisi, la rentrée constituant toujours un moment particulièrement difficile, ne laissant pas de temps à des activités annexes. Il aurait fallu banaliser une journée de classe et permettre aux personnels, parents, élus, associations complémentaires de se retrouver localement pour débattre et faire des propositions plutôt que de demander à chacun et chacune, individuellement, de déposer des contributions en un temps très limité..

Ensuite, le 14 septembre, 200 personnes triées sur le volet sont invitées à débattre autour de 6 tables rondes à Caen. Plus de 30 personnes par sujet, ce sera une juxtaposition de prises de parole successives où chacun-e exprime sa vision du sujet, sans réelle confrontation des points de vue..

Dans l'Orne ? Rien , rien, rien. A part l'affichage obligatoire dans les établissements scolaires de la lettre du Ministre sur la consultation !!!

Les attentes de nos collègues, les besoins des élèves, en particulier des plus fragiles, sont immenses. Mais la méthode choisie laisse imaginer que ce sont les convictions du Ministre qui vont finir par s'imposer, hors de toute écoute des personnels, parents, élus locaux...

Pourle service public d’éducation, un véritable changement dépend avant tout des mobilisations.

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Published by le bureau syndical - dans communiqués