3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 14:28

SUD éducation de l'Orne s’insurge contre la politique de suppressions d’emplois, alors même que les besoins sont pérennes et que les tâches se complexifient.  

Cette politique désastreuse est le terreau d’une situation toujours plus dégradée et qui devient explosive tant que le ministre parle d’économiser des emplois tout en prétendant améliorer le service rendu à toutes et tous.

La paupérisation du service, de ses personnels accompagne la paupérisation du public accueilli. Ce n’est pas tant les efforts demandés qui sont inacceptables, c’est le détournement de l’argent destiné au service public au profit d’un secteur  privé de plus en plus favorisé.

Sous couvert de réduction des dépenses publiques le ministère accélère sa politique ultra libérale de casse de l’école. Les mesures de cartes scolaires pour la rentrée 2012 font état d’un sabordage quasi intégral de ce qu’il restait du dispositif RASED, seul dispositif gratuit d’aides spécialisées dans l’école, et les mesures substitutives (aides personnalisées, stages de  Remise à Niveau) ne leurrent plus personne.

C’est l’école toute entière qui  est touchée (augmentation des effectifs par classe, dégradation de la formation initiale et continue des maîtres, diminution des postes de remplacements, abandon de la scolarisation des 2 ans…) avec des conséquences tragiques pour les élèves les plus fragiles.

 
Attaquer les RASED, c’est supprimer le regard bienveillant des enseignants spécialisés sur les élèves en difficulté. C’est laisser  des enfants, pour lesquels la réponse pédagogique n’est pas suffisante, s’enfoncer résolument dans l’échec, la violence ou l’exclusion. C’est ne plus accompagner des familles désemparées, abandonner des enseignants désarmés par des enfants dont les difficultés d’apprentissage sont au-delà des pratiques courantes. C’est empêcher l’école d’accomplir ses missions. C’est externaliser la difficulté scolaire vers le privé (marché ô combien florissant), en faisant peser sur les familles seules la responsabilité et le coût.

 
Mettre plus d’élèves par classe, sacrifier les emplois de remplaçants, la scolarisation à 2 ans, l’aide scolaire spécialisée,  diminuer l’offre spécifique : c’est dégrader l’école. Ce n’est pas « optimiser » des moyens.

Dans les mêmes temps, on dit aux personnels : impliquez-vous, améliorez le climat de votre établissement, identifiez vos failles, soyez évalués par vos chefs incompétents en la matière, souriez si vous voulez l’échelon supérieur. Ravalez toute réflexion critique, devenez médiocre tout en affirmant le contraire.

La souffrance des personnels de l’Éducation Nationale augmente au fur et à mesure des réformes, lois, décrets et arrêtés qui mettent en œuvre la RGPP. La souffrance des élèves croît avec la violence sociale que l’école contribue à organiser.

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Published by le bureau syndical - dans comptes rendus