30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 18:17

Après les dernières annonces du Président Macron, nous ne pouvons que réitérer notre colère face à tant de mépris des personnels. En effet, c'est le retour du mythe des enseignants qui auraient disparu pendant le confinement, ce sont des menaces sur le statut des fonctionnaires, du chantage aux tâches supplémentaires pour espérer enfin une revalorisation salariale et de nouvelles réformes hors-sol et inapplicables... Et que penser du triomphal retour des mathématiques dans le tronc commun au lycée, alors qu'elles viennent tout juste d'être supprimées par le ministre Blanquer ? Le rétropédalage de l'équipe de campagne du Président sortant ne compense pas les effets délétères de ce discours catastrophique. Il est clair que le manque de reconnaissance institutionnelle pèse très lourdement sur le moral des personnels.

Une fois encore, SUD éducation souhaite alerter l'administration sur la situation sanitaire. Dans l'Orne, le taux d'incidence a augmenté de 29,8% en une semaine, il dépasse désormais les 1000 cas pour 100 000 habitants. Sur le terrain, dans les établissements, 1er et 2nd degré confondus, nous constatons bien la multiplication des cas, pour les élèves comme pour les personnels.
1 école a déjà fermé, de même que 182 classes dans l'académie.

Dans ces conditions, la levée de l'obligation du port du masque semble peu rationnelle, et ne permet pas à l'Education nationale de protéger ses usagers et ses employés, alors que ce devrait être la priorité. Cette mesure électorale prise par le gouvernement va avoir des conséquences massives sur la nouvelle vague qui vient.  Peut-on espérer que dans notre département, la distribution des masques aux personnels continue, puisque leur usage est plus nécessaire que jamais ? Les AED et les AESH, en particulier, sont en contact permanent avec les élèves, très majoritairement sans masque ces dernières semaines. Ces personnels sont très exposés et doivent être protégés par leur employeur ainsi que la loi le prévoit. De fait, nous voyons bien que nos collègues AED & AESH sont nombreux.ses à garder le masque au travail.

Pour la rentrée 2022, nous constatons encore une fois l'abondance de postes partagés, dont le nombre reste similaire à celui de la rentrée 2021. Cette situation est un des aspects de la dégradation des conditions de travail dans l'enseignement.

La situation au collège de Vimoutiers semble inquiétante, nous relevons 5 BMP dont 3 très importants qui pourraient donner lieu à des créations de postes (en EPS, physique-chimie, lettres modernes).
En physique-chimie particulièrement, une création de poste serait pertinente, puisque le collège a parfois des difficultés à trouver des enseignants.
En Allemand, qu'en est-il du projet d'un poste partagé sur les trois villes de Trun, Gacé et Vimoutiers ?
Cela permettrait de gagner en stabilité.
Vimoutiers fait partie des territoires les plus enclavés de l'Orne. Où en est la signature du projet TER, qui doit favoriser le désenclavement de cette ville en lui faisant bénéficier en priorité des divers projets institutionnels ?

Toujours en physique-chimie, 3 BMP sont à 18h, ce qui risque de mobiliser beaucoup de TZR et de se ressentir sur les capacités de remplacement dans l'Orne.

Les vies scolaires sont toujours sous tension dans le département. Les CPE sont débordés, et les équipes d'AED également. 
Au collège Molière de L'Aigle, par exemple, la gestion du public présente d'importantes difficultés, surtout en ce moment. Depuis la rentrée de septembre, 22 nouveaux élèves ont été accueillis et tou.te.s sont en difficulté (voire grande difficulté) scolaire et sociale.  Il faut bien noter que le public au collège Molière est un public en grande majorité défavorisé (36% de boursiers, et 16 élèves bénéficiaires des fonds sociaux, dont 3 boursiers) et de nombreux élèves subissent une situation familiale difficile (une trentaine d'enfants, à notre connaissance, avec des mesures éducatives).  Même si nous savons que le recrutement de CPE dans le département est compliqué, un second poste permettrait une bien meilleure gestion des problèmes de discipline, un meilleur suivi des élèves et ainsi de regagner un climat scolaire plus serein.
Par ailleurs, avec toutes ces arrivées depuis le mois de septembre, les effectifs ont augmenté (+12 en prenant en compte les départs), particulièrement sur le niveau 4ème qui regroupe 98 élèves. Même si quelques élèves partiront en prépa- métier au lycée Napoléon, il restera toujours plus de 90 élèves en 3ème l'an prochain, or, seulement 3 classes sont prévues. Il n'est pas acceptable d'avoir des classes à plus de 30 élèves au collège dans les conditions décrites précédemment ! Et il devient alors impossible d'inclure les élèves de SEGPA, alors même que cela est demandé aux établissements ! Ces conditions dégradées sont inacceptables pour le bien-être des élèves et des personnels, et le bon fonctionnement de l'établissement !

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Published by SUD 61