27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 08:19

La situation sanitaire s’est fortement dégradée avec l’apparition du variant Omicron. Les ministres Blanquer et Vidal, avec le gouvernement, ont joué la fuite en avant, levant de nombreux freins à la circulation du virus, pour permettre aux entreprises de maintenir leurs profits. La propagation de la maladie et l’impossibilité de nombreux pays du Sud à conduire des campagnes de vaccination en raison des brevets imposés par les entreprises pharmaceutiques et défendus par les gouvernements des pays du Nord fait de la levée des brevets un impératif de lutte.

À l’école comme dans les universités, les protocoles successifs, depuis le mois de décembre, ont assoupli progressivement les contraintes, sur le plan des règles de fermeture de classe ou d’isolement des élèves, étudiant⋅e·s ou personnels positifs ou cas contact. Ce protocole s’est avéré non seulement insuffisamment protecteur, mais également ingérable du point de vue des conditions de travail et produisant une perte de sens pour les personnels. Les difficultés dans lesquelles nombre de collègues chargé⋅e⋅s de direction se retrouvent démontrent les dangers de la loi Rilhac, qui fera peser de plus lourdes responsabilités encore sur les directeurs et directrices sans moyens et accroîtra davantage leur isolement et leur séparation par rapport à leurs collègues et pairs.

La colère s’est largement exprimée dès la rentrée de janvier. SUD éducation a appelé, avec l’intersyndicale, les personnels à la grève. Il s’agit maintenant de prolonger cette colère dans le cadre de l’expression de revendications sociales.

À ce titre, la journée de grève du 27 janvier doit être une réussite dans l’Éducation nationale et dans l’Enseignement supérieur et la Recherche.

La mobilisation des AESH et des AED doit dans ce cadre faire l’objet d’un plein investissement militant.

Les quelques maigres avancées qui se dessinent à l’occasion des travaux parlementaires sont largement insuffisantes. SUD éducation sera particulièrement vigilante à la parution des décrets d’application permettant la CDIsation des AED ainsi qu’une CDIsation plus rapide des AESH. SUD revendique d’ores et déjà une grille indiciaire nationale pour les AED, avec des salaires décents.

Au-delà de cette date du 27 janvier, la construction d’un vaste mouvement d’ampleur interprofessionnel contre la vie chère et pour les salaires, appuyé sur la généralisation des grèves, reste notre objectif.

Dans nos secteurs, au-delà de la question sanitaire, les motifs de mécontentement sont nombreux. La casse de l’Éducation nationale ainsi que de l’enseignement et de la Recherche se poursuit, avec la suppression de 440 postes dans le second degré pour la rentrée 2022.

SUD éducation encourage toutes les mobilisations pour des moyens supplémentaires à venir.

Dans l'Enseignement Supérieur et la Recherche, alors que les personnels et les étudiant-e-s sont sous tension, le ministère consacre sa rentrée à faire voter dans les instances le protocole "carrière et rémunération" de la LPR qui mise sur les primes pour quelques titulaires afin de ne pas s'engager dans une revalorisation salariale tout en condamnant les nouvelles générations de personnels à une précarité massive.

De nouvelles attaques contre l’université publique se profilent, à la suite des déclarations d’E. Macron devant France Universités : contrats d’objectif, professionnalisation, hausse des droits d’inscription. Après quinze années de contre-réformes austéritaires, le pouvoir ambitionne d’en finir avec ce qu’il reste d’égalité d’accès à l’enseignement supérieur et de financements structurels protecteurs des libertés d’enseignement et de recherche. Il souhaite  ainsi transformer les universités en prestataires de formation et de recherche, en concurrence entre elles et avec les établissements privés.

Dans le premier degré, le non-remplacement des personnels est devenu structurel depuis plusieurs années. La situation sanitaire a encore aggravé cette situation. Pour pallier ce manque de remplaçant-e-s, le ministère annonce cyniquement un recrutement de contractuel-le-s à Bac + 2, le recours aux listes complémentaires sans chiffrage et le recrutement de retraité-e-s de l’Éducation nationale. SUD éducation revendique le recrutement de PE titulaires dans le cadre d’un plan d’urgence pour l’éducation.

Plus généralement, SUD éducation s'oppose à toutes les nouvelles réformes qui mettent à mal le service public d'éducation telles que : la loi Rilhac dans le premier degré, la réforme de la formation initiale et continue, les évaluations d'école et d'établissement,...

La menace de l’extrême-droite et la prédominance de ses thèmes dans l’espace public comme médiatique sont toujours plus inquiétantes. SUD poursuit sans relâche son travail, au sein de l’intersyndicale et sur le terrain, pour mobiliser les personnels contre ces dangers. Il s’agit de poursuivre dans cette période nauséabonde notre engagement antifasciste, antiraciste, féministe et contre les LGBTIphobies.

SUD éducation dénonce les obsessions islamophobes du Ministre Blanquer, qui, en dévoyant la notion de laïcité, s’attaque aux élèves, parents d’élèves et personnels supposé·es musulman·es et plus largement aux personnels qui s’opposent à ce dévoiement. SUD éducation s’inquiète de la remise en question de la liberté d’expression et des droits syndicaux. Depuis cinq ans, Blanquer essaie d’imposer un climat de peur et de répression pour diffuser sa vision libérale et réactionnaire de l’école. Le Ministre a ainsi parrainé une parodie de colloque qui a servi de déversoir aux idées réactionnaires et à  toutes les lubies de l’extrême droite.

SUD éducation appelle à faire et soutenir la grève des femmes le 8 mars, et mettra tout en œuvre pour réussir un 8 mars inclusif en faveur des droits de toutes les femmes, victimes de l’exploitation au travail. Cette grève le 8 mars sera aussi contre toutes les discriminations et violences de genre, et mettra tout en œuvre pour réussir un 8 mars inclusif en faveur des droits de toutes les personnes victimes du sexisme et des LGBTIphobies, au travail comme ailleurs.

Les syndicats SUD éducation sont largement impliqués dans les luttes pour l’accès aux droits des familles exilées. SUD condamne la politique gouvernementale en la matière et appelle au renforcement des luttes de soutien aux sans-papiers. Dans le cadre de la campagne nationale Antiraciste-Solidarité dans laquelle s’inscrivent l’union syndicale Solidaires et SUD éducation, une mobilisation est prévue le 19 mars, pour dénoncer les violences policières et protester contre toutes les formes de racisme. SUD éducation appelle à faire de cette date une étape importante de la mobilisation antifasciste et antiraciste.

Nous continuons de penser qu’une grande campagne antifasciste, unitaire et de terrain, culminant au mois d’avril par une date de mobilisation nationale contre les extrêmes droites et leurs idées est une urgente nécessité.

Partager cet article
Repost0
Published by SUD 61