6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 18:24

Après des années de casse des services publics d'éducation et une pandémie mondiale, la situation en cette rentrée 2021 est peu engageante. Plus de 7000 postes ont été supprimés alors que partout en France les personnels se sont mobilisés pour obtenir un recrutement massif d'enseignants, de remplaçants, d'AED et d'AESH.
Les 4 niveaux du protocole sanitaire manquent de transparence. On voit mal pourquoi on rentre en niveau 2 alors que la situation est de plus en plus inquiétante. Comme l'année passée, aucun dédoublement n'est prévu à la rentrée, aucun allègement des effectifs par classe. De même, les mesures demandées depuis plus d'un an par les personnels sont traitées par le mépris : quand aurons-nous enfin les capteurs de CO2 et les purificateurs d'air qui permettraient d'affiner la gestion de l'épidémie ? Enfin, il n'y a aucune visibilité sur les critères, indicateurs qui nous feront passer d'un niveau à l'autre : doit-on comprendre que le ministère va décider au doigt mouillé?
Certes il faut vacciner et tester massivement, mais tous les outils devraient être mis à la disposition des équipes éducatives pour préserver les meilleures conditions de scolarité.
De plus, l'échec des campagnes de test de l'année dernière ne contribue pas à la confiance des personnels pour cette rentrée.
La mesure d'éviction des élèves non vacciné.e.s va poser problème, elle traduira encore une fois les inégalités territoriales dans l'accès à la vaccination. De plus, les enfants et adolescents étaient loin d'être les cibles prioritaires de la vaccination pendant ces congés d'été. On instaure de fait une discrimination et la promesse de "continuité pédagogique" est un leurre : comment les enseignant·es pourraient faire cours en présentiel et en distanciel simultanément.
On a le sentiment d'une rentrée sacrifiée une fois de plus, en l'absence de plan d'envergure pour planifier les choses. 
Outre cette absence de plan d'envergure, nous sommes sidéré.e.s de voir que la destruction de l'Education Nationale est toujours en marche: alors que la crise sanitaire aura montré de facto que ce sont les personnel.le.s qui permettent à l'Ecole de "rester ouverte". Alors qu'il est évident que ce sont les moyens humains mis sur la table qui conditionnent la qualité d'accueil des élèves, d'exercice du métier et de réussite pédagogique, nous assistons à une diminution des dotations en ETP d'AED. Comment seront donc assurées les missions suivantes: les heures d'étude en salles fixes pour limiter les brassages, l'aide aux élèves en difficultés, l'aide aux devoirs, l'aide au travail personnalisée, la sécurisation des temps de récréation, de restauration, la gestion des conflits, des situations de crise, le dialogue avec les élèves pour repérer leurs problèmes, leurs malaises...,  la prise en charge des problèmes de santé, la mise en place et le suivi du respect par et pour toutes et tous du protocole sanitaire... Nous le redisons c'est une dégradation du climat scolaire et de l'accompagnement des élèves : c'est donc la réussite des élèves qui est mise en danger.


 

Pour les AESH comme pour les enseignants, les revalorisations salariales sont toujours très en-dessous du compte.
Pour les AESH, il faut enfin reconnaître que 24h est un temps plein et qu'il/elle soit payé.e en conséquence. Le travail de nos collègues est déprécié et invisibilisé. La lutte reste de mise pour faire reconnaître un réel statut pour cette profession essentielle.
La prime d'activité promise par le ministre Blanquer est une rupture flagrante d'égalité puisqu'elle ne concerne ni les AED ni les AESH. De plus, elle est dégressive suivant l'ancienneté, ce qui révèle bien ce qu'elle est en réalité : une rustine face à la crise de recrutement des concours de l'Education nationale.


Le jeudi 2 septembre , en dévoilant son plan « Marseille en Grand », Emmanuel Macron a annoncé un statut dérogatoire spécial pour 50 écoles marseillaises dès la rentrée 2022 dans les quartiers populaires de la cité phocéenne. Dans ces écoles, les directeurs-trices, choisiront les enseignant.e.s « autour d'un projet » et disposeront d'une large autonomie pour adapter les horaires, les rythmes scolaires avec la participation "d'acteurs extrascolaires". En résumé dans ces écoles, censées permettre de mener des projets pédagogiques nouveaux, les enseignant.e.s ne seraient plus affecté.e.s en fonction d'un barème lors des mutations, mais seraient directement recruté.e.s par le directeur ou la directrice ; directeurs ou directrices qui auraient un vrai statut hiérarchique. Comme pour la loi Rilhac sur la direction d'école, Macron et son gouvernement veulent imposer par tous les biais, des chef.fe.s dans les écoles. À l'en croire, les problèmes de l'école seraient donc avant tout liés à un mauvais recrutement des enseignant.e.s et pourraient être réglés d'un coup de baguette magique, grâce à un meilleur management et à un profilage des postes. Il lui aura peut-être échappé que rien n'empêche aujourd'hui des enseignant.e.s motivé.e.s de venir travailler dans le périmètre de l'éducation prioritaire et que le manque de stabilité dont pâtissent certaines écoles ne pourra certainement pas être comblé par une systématisation des entretiens de recrutement : ce n'est pas en donnant de nouvelles responsabilités à des directeurs et directrices déjà surchargé.e.s de tâches administratives qu'on arrivera à constituer des équipes enseignantes soudées, dynamiques et innovantes. Et ce n'est pas en détricotant la formation initiale des enseignant.e.s qu'on pourra nourrir des questionnements pédagogiques. Ce que nous promet E. Macron c'est une école publique alignée sur les écoles privées où tout sera géré comme dans une entreprise, or cela n'est pas notre conception de l'école. Ce que veut Macron, c'est casser l'école publique. De plus, il ajoute que ces « écoles innovantes » pourraient être généralisées. C'est une porte ouverte à l'école libérale. À rebours de cette idéologie du « manager providentiel », nous affirmons qu'une politique éducative ambitieuse doit reposer sur une limitation des effectifs par classe, un plan de construction et de rénovation du bâti scolaire, un recrutement massif de personnel.le.s, notamment pour reconstituer des réseaux d'aide, et une meilleure formation initiale et continue des enseignant.e.s, qui donne toute leur place aux pédagogies alternatives. Nous ne savons que trop à quoi ressemble l'école qu'E.Macron et son ministre Jean-Michel Blanquer appellent de leurs vœux : une école sous contrôle, sans liberté pédagogique et sans esprit critique. À Marseille comme ailleurs, nous revendiquons des moyens pour une école qui favorise la réussite et l'épanouissement de tous et toutes les élèves.

SUD éducation appelle à construire une grève d’ampleur le 23 septembre et à débattre dès maintenant des moyens de l’ancrer dans la durée pour : 

- bâtir l’école solidaire de demain,
- gagner les moyens de faire face à la crise sanitaire,
- gagner les moyens pour transformer l’école ! 

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Published by SUD 61