2 juillet 2021 5 02 /07 /juillet /2021 08:44

Nous dénonçons avec une totale détermination et fermeté la nouvelle attaque prononcée le 22 juin 2021 lors d'une séance de questions à l'Assemblée Nationale au cours d’un échange entre Julien Aubert (député LR) et le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer (LREM) contre la communauté universitaire, décrite comme gangrenée par une « lame de fond » islamo-gauchiste, et comme appuyée sur des « pseudos concepts tels que l’intersectionnalité » ou les recherches décoloniales. Le député termine même son intervention en qualifiant les universitaires de "fascistes qu'il faudrait écraser". Blanquer, dans une inversion totale de la réalité, ne propose rien d'autre que de dénoncer un "MacCarthysme et une police de la pensée".

Cette séquence abjecte, dont le seul objectif consiste à inciter tous les raccourcis et fantasmes simplistes vis-à-vis des chercheur.ses, cède autant à l’indignité d’un ministre et d’un député aux abois de toute communication sensationnelle qu’à l’indigence intellectuelle de deux hommes manifestement perdus dans leurs arguments, qui confondent les mots et les concepts.

La tristesse à entendre ces responsables politiques aussi mal maîtriser les concepts et notions universitaires invite à se questionner fortement sur leur aptitude à exercer leurs fonctions en responsabilité. Nous réitérons donc notre inquiétude concernant l’emploi de ces discours vides de sens, afin d’attiser le fantasme, initié par Frédérique Vidal, d’un monde universitaire qui constituerait un danger pour la république. Que ces personnes aient du temps à perdre sur des sujets qui n’existent pas, pendant que la réforme du Baccalauréat, Parcoursup, la réforme de la formation des enseignant-e-s, la sélection en master, sont appliquées dans des contextes désastreux, laissant sur le bord de la route de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur des milliers d’élèves et d’étudiant-e-s, dont beaucoup ne voient plus aucune perspective ni éducative ni professionnelle à leurs études, justifierait par soi-même leur démission. S’y ajoutent les récentes réformes (LPR) et de la baisse historique du nombre de postes de titulaires ouverts au concours dans l’enseignement supérieur et la recherche, alors même que l’on connaît une forte croissance démographique étudiante depuis les années 2010. Ce débat vide de sens est un écran masquant les résultats de politiques d'éducation générant de plus en plus d'inégalités.

Le fait que des responsables politiques supposément républicains fondent leurs interventions sur un rapport d’une officine composée d'universitaires d'extrême-droite  confirmerait que ces personnes ne sont pas en mesure d’exercer sainement leurs responsabilités. Rappelons que toutes les institutions (CNRS en tête) ont dénoncé l’absurdité de ces enquêtes sur l’ « islamo-gauchisme », et que l’université française s’est historiquement nourrie des approches critiques sur le monde social.

Mais nous ne nous trompons pas :  nous voyons bien le rôle politique que constituent ces attaques contre les universitaires, dans un contexte d'offensive raciste, réactionnaire et autoritaire du gouvernement. C'est bien ici l'ensemble de notre camp social qui est visé, et cela nécessite une réponse à la hauteur des attaques !

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Published by SUD 61