10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 12:10
Scandale dans les ULIS
Afin de protéger élèves et enseignant.e.s contre la COVID-19 et ses variants, sont mises en place, par le gouvernement, 2 mois avant la fin de l'année scolaire, des restrictions plus sévères qu'au préalable uniquement pour les enfants bénéficiant d'ULIS (Unités localisées pour l'inclusion scolaire, dispositifs pour la scolarisation des élèves en situation de handicap dans le premier et le second degrés).
 
Le texte laisse le choix aux coordonnateurs et coordonnatrices d'ULIS entre 2 options : "placer" les enfants en classe d'inclusion à temps plein ou bien, les "garder" à temps plein dans le dispositif ULIS.
 
Les coordonnateurs et coordonnatrices d'ULIS doivent donc choisir : ils/elles peuvent garder les enfants à temps plein dans le dispositif quand l'inverse serait par exemple été trop anxiogène pour ces derniers. Cela implique qu'ils/elles sont privés de musique, d'art plastique, de sport, de sorties scolaires, des projets de vie de leur classe d'inclusions ainsi que des matières dans lesquelles ils/elles étaient en confiance. Du jour au lendemain, sans aucune considération pour eux ni pour les enseignant.e.s qui les accueillent, on met fin à une scolarisation souvent élaborée de longue date. Ils/elles doivent quitter leurs copains/ copines en plein cycle d'apprentissage, laisser une œuvre inachevée, ne peuvent plus participer au projet théâtre, etc.
 
Les coordonnateurs et coordonnatrices peuvent aussi laisser l'élève à temps plein dans sa classe « ordinaire » et lui enlever tout le bénéfice des petits groupes d'ULIS. Ils/elles doivent donc rester dans un groupe dont ils/elles ne peuvent suivre tous les apprentissages, sans pouvoir prendre le temps d'apprendre en petit groupe en ULIS.
 
Cette décision est à l'opposé de l'affirmation mentionnée sur le même site officiel et institutionnel https://www.education.gouv.fr/covid-19-questions-reponses :
« Depuis le 1er septembre tous les élèves sont accueillis dans un cadre serein, propice aux apprentissages et à la reprise de la vie collective ».
 
Qui plus est : Dans un cas comme dans l'autre, les coordonnateurs et coordonnatrices sont obligés d'agir contre les besoins des élèves - et ce, contre les textes officiels.
En effet, le Bulletin Officiel n.31 du 25 aout 2015 sur les ULIS dit clairement :
« Les élèves bénéficiant de l'Ulis sont des élèves à part entière de l'établissement scolaire, leur classe de référence est la classe ou la division correspondant approximativement à leur classe d'âge, conformément à leur projet personnalisé de scolarisation (PPS). Ils bénéficient de temps de regroupement autant que de besoin. » (https://www.education.gouv.fr/bo/15/Hebdo31/MENE1504950C.htm)
Les élèves bénéficiant de l'ULIS ont donc le droit de suivre les enseignements de leur classe ET de bénéficier de regroupements au sein de l'ULIS.
 
Comment est-ce possible qu'une simple « Foire aux questions » publiée sur un site internet puisse imposer d'aller contre un texte officiel qui se base sur la loi ? (La loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République, qui a introduit dans le code de l'éducation le concept d'école inclusive et engage tous les acteurs dans une nouvelle conception de la scolarisation des élèves en situation de handicap.)
 
Pour nous parents, enseignant/e/s et autres personnes soucieuses des enfants à besoins particuliers, cette situation est inadmissible. Nous le vivons comme une exclusion supplémentaire pour des enfants qui sont déjà dans une situation fragile.
 
Cette décision intervient au moment même où parallèlement le gouvernement allège l'ensemble des mesures sanitaires pour l'ensemble du quotidien des Français. Cela est un véritable non-sens pour nous.
 
Quel message transmet l'Education Nationale, et notre République ?
Que nos enfants valent moins que les autres plus « normaux » ?
Seraient-ils plus contagieux que les enfants plus « normaux » ?
 
Dans les collèges et lycées, les élèves sont « brassés » dans les cours de latin et de spécialité, à grande échelle, sans que cela pose problème.
Nous demandons au gouvernement d'annuler cette décision concernant les ULIS et de leur permettre de suivre la scolarité à laquelle ils ont droit.
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Published by SUD 61