6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 14:43

Loin du plan d’urgence pour l’éducation dans lequel il aurait fallu investir dès le printemps dernier, le gouvernement poursuit le démantèlement du service public d’éducation. Les suppressions de postes, en cette préparation de la rentrée 2021, sont sous le feu des critiques : partout sur le territoire, des équipes se mobilisent pour sauver une classe, une école, un poste, tel ou tel dispositif impacté par les suppressions de postes. Les salaires n’augmentent pas, comme le confirment les arbitrages rendus par le ministre Blanquer en ce mois de mars 2021 suite à un Grenelle de l’éducation qui n’aura été qu’une mystification de plus.  La précarité continue de s’étendre, et la loi de transformation de la Fonction publique va encore l’aggraver. Face à cela, les personnels concernés, AED et AESH en tête, multiplient les mobilisations pour obtenir des augmentations de salaires et un véritable statut. SUD éducation participe activement à ces mobilisations.

Le bassin aiglon est le parfait exemple de l'aveuglement de l'éducation nationale. Après les manifestations inter-établissements du 18 février et du 1er avril, rien ne bouge. L’audience commune sollicitée par les enseignants des collèges Molière et Dolto ainsi que le lycée Napoléon auprès des services académiques n’a pas été retenue, transformée en plusieurs audiences avec chacun des établissements. Le COVID a frappé plus gravement qu'ailleurs cette région mais ça n'empêche pas de continuer à fermer des classes, des postes, multipliant ainsi le risque de contamination avec des classes surchargées et nuisant à la qualité de l'offre d'éducation proposée. Quelles orientations proposer aux élèves après la 3e ? Quel enseignement de qualité sans moyens supplémentaires ?

Les conséquences de la crise sanitaire restent la préoccupation centrale des personnels. L’hypocrisie et l’autoritarisme sont toujours à l'œuvre dans la mise en œuvre d’un protocole sanitaire sans cesse renforcé mais toujours inapplicable : c’est un facteur majeur de souffrance au travail. Il faut accélérer la mise à disposition de la vaccination pour les personnels volontaires afin qu’elle soit possible sans délai et construire avec les personnels des scénarios de poursuite de l’activité dans les mois à venir.

Dans le premier degré, l’adoption d’une version largement remaniée de la proposition de loi Rilhac en première lecture au Sénat le mercredi 10 mars laisse à penser que la majorité est désormais décidée à conférer aux directeurs et directrices d’école une autorité fonctionnelle et une fonction d’encadrement. Les garde-fous qui avaient été introduits lors de la première lecture à l’Assemblée nationale ont été supprimés et l’adoption de cette proposition de loi en l’état modifierait en profondeur le fonctionnement des écoles. SUD éducation a d’ores et déjà porté dans l’intersyndicale la proposition d’une grève au printemps contre cette proposition de loi et mènera campagne pour empêcher la caporalisation des écoles et la transformation du rôle des directeurs et directrices d’écoles.

Les répressions à l’encontre de nos libertés et en particulier syndicales et encore plus particulièrement contre Sud éducation se font de plus en plus nombreuses et violentes. On songe à la loi de sécurité globale en ce qui concerne nos libertés syndicales et de manifester. Pour SUD éducation, des camarades trop nombreux subissent l’arbitraire de l’administration à Bobigny par deux fois, à Melle, Strasbourg, Bordeaux, en Aveyron. Par tous les moyens, nous devons défendre nos camarades contre des sanctions à caractère politiques. Celles-ci ne feront que renforcer notre détermination à lutter.

Enfin, les discriminations, dans l’éducation comme ailleurs, se poursuivent. Les LGBTQIphobies notamment ont des conséquences dramatiques comme le montre le suicide récent de Luna-Avril. SUD éducation s’engage dans une campagne contre les LGBTQIphobies dans l’éducation, dans le but de mobiliser la profession à l’occasion des marches des fiertés et de la journée internationale de lutte contre les LGBTQIphobies du 17 mai.

Dans son discours du mercredi 31 mars, le président Macron a annoncé une nouvelle fermeture des écoles et établissements scolaires pendant trois à quatre semaines. De nouveau, l’annonce s’est faite de manière très brusque : cette soudaineté a suscité des difficultés d’organisation évidente, pour les personnels mais aussi les familles. Pour SUD éducation, il s’agit avant tout de permettre immédiatement la vaccination des personnels. Il faut que les écoles et établissements ne rouvrent pas dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui. Les leçons du fiasco doivent être tirées.

En ce qui concerne la période d’enseignement à distance, l’impréparation du ministère, à cette situation pourtant prévisible, est évidente, que ce soit en termes de capacité des serveurs ou d’équipement des personnels et des élèves. L’enseignement à distance doit faire l’objet de garanties : respect des obligations de service, solutions publiques d’enseignement à distance, liberté pédagogique, et refus de toute pression hiérarchique. Les personnels ayant des enfants de moins de 16 ans doivent bénéficier d’autorisations d’absences qui garantissent le maintien de leur rémunération.
Durant cette période, l’accueil des enfants de personnels soignants est quelque chose de positif : le dispositif doit être étendu aux enfants et adolescent-e-s en situation de grande précarité ou de vulnérabilité. Les élèves doivent pouvoir continuer à s’alimenter correctement. L’absence de demi-pension doit être compensée par une aide versée immédiatement aux familles.

SUD éducation alerte depuis le printemps dernier sur la nécessité d’investir dans l’éducation pour baisser les effectifs et permettre à l’école de faire face de manière durable à la crise sanitaire. Le ministre, pendant toute cette période, n’a écouté personne. Il s’est enfoncé dans sa stratégie du déni et du mensonge, et porte à cet égard une responsabilité importante dans cette nouvelle fermeture. Une fois encore, il a été démenti de manière cinglante. Au-delà, en refusant d’investir massivement dans les services publics et notamment de santé, c’est le gouvernement qui est responsable de l’incapacité à faire face durablement à la crise épidémique. SUD éducation avait pourtant proposé dès le printemps un plan d’urgence pour l’éducation. En refusant toute discussion autour de ces mesures, le ministère nous a conduits dans le mur.

Face aux perspectives éloignées de sortie de la crise sanitaire, il s’agit plus que jamais de donner les moyens nécessaires à l’Éducation en termes de postes, de locaux ou de matériel sanitaire. C’est une nécessité absolue : pour résorber les inégalités qui vont de nouveau s’accroître, et pour permettre d’éviter, une nouvelle fois, que les écoles et établissements ne deviennent des foyers de contamination.

Pour ce qui est des OTS que nous devons voter aujourd'hui, comment prendre une décision alors que nous ne connaissons pas l'avis des personnes concernées. Lors des CDEN précédents consacrés à ce sujet, vous nous donniez l'avis du conseil d'école, des élu.e.s et de la DSDEN. Là, nous ne savons pas qui propose quoi. Nous savons en revanche qu'il y a des désaccords entre équipes pédagogiques et CDC dans certaines communes sans être informé.e.s de ce qui a déterminé votre choix. Nous pouvons d'ores et déjà regretter le manque de respect du rythme des élèves en constatant que les choix proposés répondent plus à un désir d'économie des CDC ou/et à l'aménagement du temps de travail des adultes. Quid des enfants dans ces choix. Seules 17 écoles sur 169 n'ont pas demandé de dérogation, n'est-ce pas choquant ?

Pour ce qui est de la MDPH, de nombreux élèves sont en attente de traitement de leur dossier. A la lecture du document transmis, il semble qu'il y ait un problème de moyens. Qu’est-il prévu pour remédier à ce problème et veiller à ce que les personnels soient en nombre suffisant et travaillent dans de bonnes conditions afin d'éviter les démissions évoquées.

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Published by SUD 61