nos coordonnées

Syndicat SUD éducation 61

Espace Pyramide

2 avenue de Basingstoke

61000 ALENCON

sudeducation61@wanadoo.fr

06 83 70 38 48

http://www.facebook.com/SudEducation61

Rechercher Dans Le Site

1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 11:18

Les raisons d'être mécontent-es n'ont jamais été aussi nombreuses au sein de l'Education nationale.
Remplacements et contractuel-les dans les écoles de l'Orne

De nombreux témoignages nous parviennent pour des absences non remplacées. Les enseignant·es brigades sont en sous-effectif dans le département, comme nous l'avions prévu l'année dernière au moment de la carte scolaire. Fermer autant de postes en pleine crise sanitaire ne pouvait qu'avoir cette conséquence. Cette situation n’est pas spécifique à l'Orne car le ministère rogne sur les moyens depuis des années. Il y a urgemment besoin d'embauches! Pour le ministre Blanquer, la crise sanitaire agit comme un effet d’aubaine. Avec les absences liées à la pandémie, le recrutement de personnels était inévitable, la dégradation des conditions de travail aurait été trop brutale autrement. Cette situation a permis au ministre d'accélérer un plan annoncé depuis juin 2018 dans le rapport Comité Action Publique 2022 (dit CAP 2022). Ce rapport annonçait la couleur sombre des années à venir en dénonçant la "grande rigidité" du cadre actuel de la gestion des ressources humaines dans la Fonction publique qui "ne correspond pas aux besoins des managers publics ni ne permet de mener des transformations en profondeur". En effet, un-e fonctionnaire peut refuser, peut se mettre en grève ! Noir sur blanc, le rapport désigne le problème: le statut ! "Cette rigidité s’exprime notamment par : [...] - la prépondérance du statut de la fonction publique pour les embauches, le recours au contrat ne pouvant s’entendre que dans des cas spécifiques." Heureusement, le gouvernement a des solutions : - assouplir le statut pour offrir la possibilité d’évolutions différenciées, notamment des rémunérations, entre les trois fonctions publiques; ça c'est pour le volet "primes au mérite" que l'on sent planer au dessus de nos têtes - élargir le recours au contrat de droit privé comme voie «normale» d’accès à certaines fonctions du service public. Alors que dans l'Éducation Nationale, 1 personnel sur 4, soit 300 000 personnels, travaille déjà de manière contractuelle, l'objectif affiché n'est pas de titulariser ces personnes mais au contraire d'étendre le précariat afin d' "offrir davantage d’agilité et de souplesse aux employeurs publics". Le recrutement de personnels contractuels, dans le premier degré, était pour l'heure assez rare sur l’ensemble du territoire et inexistante dans l'Orne. Le ministère de l’Éducation Nationale a choisi de recruter jusqu’à 6000 enseignant·es contractuel·les dans le premier degré pour des contrats d’une durée extrêmement courte : les contrats n’excéderont pas l’année 2021. Le choix du ministère de précariser au maximum les personnels recrutés, alors même que les effets de la crise économique commencent à se traduire par des vagues de licenciements, est bien un choix politique. Pour SUD Éducation, la politique de recrutement de personnels sans formation préalable, avec une rémunération faible et sans aucune autre perspective que le licenciement trois mois plus tard, est indécente. Ces personnels se verront également exclure du versement de la prime d’équipement que le ministère réserve aux personnels contractuels embauchés à l’année scolaire. D’un côté, on écrase toute envie de s’investir, on traite les personnels comme des exécutants qui appliquent des ordres et protocoles. De l’autre, on précarise un peu plus le statut des personnels de l’Éducation Nationale.

Mais tout ça n'est pas une surprise car on fait le constat de l’incapacité de l’Éducation nationale à adapter son fonctionnement à la crise sanitaire pour protéger les personnels et les élèves de la menace épidémique depuis le début de la crise. Les conditions de la rentrée de janvier étaient particulièrement inquiétantes étant donnée la circulation du virus.
Les épidémiologistes s’en inquiètent logiquement ainsi que du brassage qui en résulte. Pourtant dans de nombreux collèges et de nombreuses écoles de France le protocole sanitaire se résume à l’aération des fenêtres et à la distribution de gel hydroalcoolique. Le ministre n’a aucune réponse à apporter aux personnels.

Des annonces inquiétantes pour la rentrée 2021

À cette absence catastrophique de politique sanitaire, s’ajoutent des annonces inacceptables quant aux moyens qui seront attribués au service public d’éducation pour la rentrée 2021. Dans le 1er degré, les créations de postes sont insuffisantes. . Il n’y a aucun espoir d’amélioration de la situation dans ces annonces.

Dans le 2d degré, la rentrée 2021 s’annonce alarmante avec la suppression de 1800 postes convertis en heures supplémentaires et aucune création de poste de CPE depuis maintenant quatre ans. Pourtant la crise sanitaire a mis au jour le caractère essentiel de ces personnels qui ont de plus en plus de difficultés à exercer leurs missions à cause du manque de personnels.
Ces annonces budgétaires vont avoir des conséquences graves sur le service public d’éducation. Les personnels en ont assez de cette école de la maltraitance dans laquelle les personnels, à bout, sont méprisé-e-s et mal payé-e-s. L’administration leur refuse les moyens pour enseigner et pour les aider et accompagner les élèves dans leurs difficultés.

Une politique éducative qui creuse les inégalités

La politique éducative est vouée à creuser les inégalités si le ministère ne se décide pas à donner aux personnels les moyens de faire vivre le service public d’éducation.
SUD éducation revendique un plan d’urgence pour l’éducation avec un volet sanitaire pour luter contre l’épidémie de la covid-19, une autre politique salariale avec la titularisation des personnels précaires et la création d’un corps de la fonction publique pour les AESH et des créations massives de postes d’enseignant-es, d’enseignant-e-s spécialisé-e-s, de Vie Scolaire et de personnels médico-sociaux de la Fonction Publique d’État. Ces créations de postes doivent permettre de limiter le nombre d’élèves par classe pour favoriser la différenciation, la coopération et la réussite de tou-te-s.

Demain, 26 janvier, nous serons en grève pour nos salaires. Pour SUD éducation, il est urgent d’obtenir satisfaction sur les revendications immédiates :

  • l’indexation des salaires sur l’inflation pour garantir le maintien du niveau de vie des personnels ;

  • l’intégration des primes et indemnités au salaire ;

  • une augmentation significative des salaires, d’autant plus forte que le salaire de l’agent-e est bas, pour réduire les inégalités salariales.

SUD éducation revendique également dans le cadre du projet d’égalité salariale qu’elle porte avec l’Union syndicale Solidaires, une augmentation du Smic à 1700€ nets ; la titularisation sans condition de concours ni de nationalité à temps plein de tous les personnels contractuels de l’Éducation nationale.

Partager cet article
Repost0
Published by SUD 61