5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 15:13

SUD éducation dénonce la reprise de la répression contre les 3 de Melle

Communiqué de SUD éducation

Alors que les établissements scolaires rouvrent à peine, la répression qui s’abat sur trois militant-e-s de SUD éducation à Melle dans les Deux-Sèvres reprend de plus belle.
Ces militant-e-s ont été suspendu-e-s à titre conservatoire à la veille du confinement pour avoir organisé la lutte contre les E3C au lycée Joseph Desfontaines. Le 15 mai, au lieu de s’assurer de la santé et de la sécurité des personnels et des élèves, le rectorat de l’académie de Poitiers s’est empressé de reprendre les auditions et l’enquête administrative.
Pour SUD éducation, cet acharnement à s’attaquer aux militant-e-s est symptomatique de la situation qui règne à l’Éducation nationale. L’institution maltraite les agent-e-s et traite la contestation sociale sur le plan disciplinaire.

SUD éducation exige l’arrêt de la répression anti-syndicale contre les personnels, à Melle comme ailleurs. Les poursuites disciplinaires doivent être abandonnées sur le champ et nos camarades reprendre leurs fonctions sans délai.

 

Vous trouverez ci-dessous et en pièce jointe le communiqué de l’intersyndicale du 79 en soutien aux 3 de Melles

communiqué de presse vendredi 22 mai 2020
Nos organisations syndicales Cgt Educ’action, FNEC FP-FO, SNES-FSU, SUD Education 79, CGT, FO et Solidaires 79 exigent que soient annulées les procédures disciplinaires à l’encontre des trois professeur.e.s du lycée de Melle.

Les 10, 11 et 12 mars 2020 trois enseignants du lycée Joseph Desfontaines de Melle, dans les Deux-Sèvres, engagés dans la mobilisation contre les E3C, se sont vus notifier une suspension à titre conservatoire de quatre mois.

Les organisations CGT Éduc’action 79, FNEC FP-FO 79, FSU 79 et SUD Éducation 79 avaient déjà appelé à la grève pour ces trois jours de convocation, ainsi qu’à se rassembler massivement le 10 mars devant le rectorat de Poitiers. Nationalement, ce sont des milliers d’enseignants qui, le 10 mars, devant les Inspections académiques, les Rectorats, avec leurs organisations syndicales, leurs collectifs et coordinations, ont dit Non au Bac Blanquer, aux E3C et aux sanctions contre les 3 de Melle.

Lors des entretiens, aucune faute professionnelle n’a été explicitement reprochée : cinq rapports à charge, (rédigés par le proviseur, qui n’est n’est plus en fonction depuis fin mars, les équipes mobiles de sécurité académiques et des Inspecteurs Pédagogiques Régionaux) ont suffi au rectorat de Poitiers pour justifier de telles mesures. Le jour de leur convocation, la Directrice des Ressources Humaines leur a précisé qu’une enquête administrative serait mise en place afin d’en évaluer la véracité

A aucun moment, les méthodes et modalités de l’enquête administrative n’ont été précisées, empêchant de fait, les trois enseignants et leur représentation syndicale de l’investir afin de faire valoir au mieux leur droit de défense. Les organisations syndicales demandent un droit de regard sur ces procédures où l’administration est à la fois l’enquêteur et le juge !
Malgré le manque de précision quant à son objet et à ses méthodes, l’enquête a commencé immédiatement après les trois convocations, le 13 mars, puis a été suspendue pendant le confinement de la crise sanitaire du COVID-19 ; elle a immédiatement repris une fois le déconfinement annoncé. Plus facile de sanctionner pour Blanquer que de protéger les personnels du COVID Du 14 au 29 mai, elle a lieu dans l’enceinte du lycée Desfontaines, alors que celui-ci est toujours fermé : ne laissons pas l’administration profiter de ce huis-clos pour s’attaquer à nos collègues !

Officiellement, cette dernière affirme que cette enquête administrative n’est absolument pas corrélée avec les trois suspensions et qu’elle n’a aucune visée disciplinaire. Bien que nous ne soyons pas dupes, nous prenons le rectorat au mot et demandons à ce que les contenus de l’enquête ne puissent, sous aucun prétexte, alimenter des procédures disciplinaires. L’intersyndicale des Deux-Sèvres, CGT Éduc’action 79, FNEC FP-FO 79, FSU 79 et SUD Éducation 79 demande au rectorat de Poitiers la plus élémentaire des transparences concernant cette enquête dont personne ne comprend les tenants et les aboutissants.

Comme nous l’avions déjà fait en mars dernier, nos organisations syndicales CGT Éduc’action 79, FNEC FP-FO 79, FSU 79 et SUD Éducation 79 ainsi que les Unions départementales CGT, FO, Solidaires 79, exigent à nouveau aujourd’hui :

* la garantie que les contenus de l’enquête administrative n’auront pas vocation à alimenter des procédures disciplinaires ;
* la levée immédiate de la suspension de ces trois enseignant.es, afin qu’ils puissent renouer le lien avec leurs élèves en cette fin d’année scolaire ;
• l’abandon de toute procédure disciplinaire contre ces trois enseignant.es, ainsi que contre tous les personnels mobilisés en France contre les réformes et le Bac Blanquer ;
* l’abandon de toute sanction disciplinaire ou pénale, même déguisée, à l’encontre de tout personnel ou élève mobilisé.e ;
* l’abandon des E3C et de la réforme Blanquer ;
* le maintien du diplôme national du BAC ; 
* l’abandon de Parcoursup.

Nous appelons à se réunir en assemblée générale, y compris à distance, pour :

• adopter des motions de soutien aux trois de Melle en AG, CA ou conseil des maîtres, HMI, RIS ou dans toute instance représentative du personnel. (ex adaptable à cette adresse ) : https://frama.link/kit-soutien-melle
• témoigner du soutien en participant à la campagne de selfies et photos en cours depuis mars (modèles de pancartes à la même adresse)
• diffuser la campagne nationale de solidarité sur les réseaux sociaux, en utilisant les hashtags #SoutienAux3deMelle et #SoisProfEtTaisToi
• signer la pétition de soutien aux 3 de Melle

À la suite de la mobilisation contre les E3C, d’autres cas de menaces disciplinaires se sont produits sur l’ensemble du territoire, comme à Dole, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Montauban, Carcassonne, Cahors, Strasbourg, Montbrison. Face à la mobilisation, le rectorat .de Besançon a reculé pour notre collègue Noël Bûcher de Dole. La mise en place d’une commission disciplinaire (CAPA) a été abandonnée.

Si le rectorat de Poitiers décidait de donner des suites disciplinaires à son enquête administrative, nous, CGT Éduc’action 79, FNEC FP-FO 79, FSU 79 et SUD Éducation 79 ainsi que les Unions départementales CGT, FO, Solidaires 79 appellerions à des mobilisations massives y compris par la grève, afin d’empêcher ce dangereux précédent.

Stoppons la répression
contre la mobilisation du Bac Blanquer !
Protégeons les élèves et les professeur.es
du lycée Joseph Desfontaines de Melle !
#SoutienAux3deMelle #SoisProfEtTaisToi

 

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Published by SUD 61