19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 07:07

Communiqué du 18 juin de SUD éducation Tarn

Un appel plein de bon sens

Blanquer nous avait annoncé 5 % d’élèves en décrochage. Comme toujours, on ne sait pas d’où sortent ses chiffres, il n’y a pas eu d’enquête digne de ce nom sur les élèves dont les enseignant.es n’avaient pas de nouvelles. Cela dit, depuis 2019 et les 0,01 % d’enseignant.es mécontent.es on le savait fâché avec les chiffres. Quoi qu’il en soit les élèves qui n’ont pas donné signe de vie ne l’ont pas fait par fainéantise mais à cause du manque de matériel, des difficultés pour les parents de les aider (temps, plusieurs enfants d’âge différent..) et aussi de la surcharge de travail donné par des profs qui avaient du mal à se coordonner. Si décrochage il y a eu, il est inhérent au travail à distance et non du fait des élèves eux mêmes.

Et maintenant, si tous les élèves ne sont pas revenus en classe c’est à cause du protocole sanitaire qui est très lourd voire ingérable, non à cause des enseignant.es.

Car après avoir fustigé les élèves c’est au tour des profs de faire les frais des propos calomnieux de Blanquer.

Il y aurait 5 % (décidément) de profs décrocheurs. Là non plus aucune enquête sérieuse ne vient étayer ces propos, encore un chiffre lancé au hasard. De toute façon, les enseignant.es qui ne sont pas encore revenu.es sur leur établissement ont de bonnes raisons : problème de santé, vivre avec une personne vulnérable, emploi du temps établi en fonction des élèves présents, travail à distance à continuer pour les élèves à la maison… Blanquer affirme qu’à partir du 22 juin il faudra un certificat médical pour rester chez soi, s’il s’intéressait de près à cette reprise il saurait que c’est le cas depuis le 12 mai. De plus, autoriser la reprise pour tous les élèves brutalement le 22 Juin, c’est faire peser une nouvelle fois, sur les enseignant-es la responsabilité de re-modifier l’agencement des locaux et les contenus pédagogiques pour accueillir tout le monde, alors qu’aucun temps n’est prévu pour cela.

Quel mépris et quelle méconnaissance des réalités de travail des enseignant-es de la part de notre «autorité de tutelle »!

Depuis qu’il est arrivé au ministère, Blanquer multiplie les propos insultants envers les personnels. Mais là, la coupe est pleine surtout après la période que nous avons vécue. Période durant laquelle les enseignant.es, se sont porté.es volontaires en masse pour la garde des enfants de soignant.es, ont assuré le travail à distance, la réouverture des établissements, dans des procédures de travail inédites, et cela sans aucune aide de la hiérarchie, dans un climat d’impréparation et de précipitation permanentes.

Ministre et hiérarchie ont pu compter sur nous mais la réciproque n’est pas vraie.

 

Où le journal de BFM fait office de circulaire.

Nous avons souffert des annonces faites avant que l’organisation n’ait été pensée, renvoyant dos à dos des parents dans l’attente suite à ces annonces et des enseignants dans l’attente de consignes claires. Nous n’avions souvent pas d’autres infos que celles données par les médias.

Nos conditions de travail ont empiré, les heures se sont multipliées, l’espace de travail est devenu flou, le groupe classe a disparu. Nous avons dû nous adapter en permanence et dans l’urgence selon les propos gouvernementaux parfois du jour pour le lendemain (3 changements depuis le 12 mai).

Alors s’il y a eu décrochage il ne se situe que du côté de la hiérarchie qui a brillé par son absence, faisant porter sur nos épaules et celles des maires toute l’organisation et la responsabilité.

Mais nous l’avons fait parce qu’il fallait le faire, et comme les personnels hospitaliers il est temps maintenant de régler les comptes.

 

Diviser parents et enseignant.es pour mieux régner.

Blanquer a également associé les prétendus décrocheurs aux grévistes de 2019. Or, on ne fait pas grève par fainéantise mais parce qu’on dénonce les mesures prises par ce même ministre, mesures qui n’ont d’autre but que de détruire l’école publique.

Il veut nous jeter à la vindicte populaire pour faire oublier tous les manquements dont il a fait preuve.

Nous ne serons pas ses bouc-émissaires. Nous en avons marre de son mépris, marre de travailler dans des conditions déplorables encore aggravées par la crise sanitaire. Combien faudra-t- il encore de burn-out ou de suicides pour que la situation change ?

Nous sommes en colère et notre colère est légitime. Il est temps de la crier haut et fort. Il est temps qu’elle soit entendue. Et ce ne sont ni ses soi-disant remerciements pour les 95 % de bon.nes enseignant.es ni ses primes dont on ne verra jamais le jour qui vont nous faire taire.

Heureusement bon nombre de parents ne sont pas dupes. Il est plus que jamais temps de faire le bilan de ce que nous venons de vivre, pour prévenir les mesures délétères qui se profilent déjà (école du numérique, nouvelle baisse de moyens humains..) et de nous battre parents et enseignant.es pour une école publique digne de ce nom au service des enfants.


 

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Published by SUD 61