27 mars 2020 5 27 /03 /mars /2020 12:53

Afficher l'image d'origine                 Communiqué de SUD Éducation 61                        le 27 mars 2020

 

Dans un contexte anxiogène, les membres du gouvernement multiplient les annonces contradictoires et précipitées, tant sur la nécessité du confinement suivi par une reprise du travail pour certains secteurs, que sur les mesures prises du jour pour le lendemain. BTP, Poste, marchés… pendant que les personnels soignants gèrent comme ils et elles peuvent, et ce au détriment de leur propre santé, une crise sanitaire accentuée par les mesures prises ces 30 dernières années contre l’hôpital public, auxquelles a largement contribué le gouvernement actuel( et les précédents), sourd aux appels lancés par le secteur des urgences en grève pendant un an). Les enseignant-es leur expriment leur solidarité, une solidarité qui, pour elles et eux, n’est pas un vain mot, mais se concrétise par des actes : en effet nous sommes nombreux-ses à nous êtes porté-es volontaires pour assurer la garde de leurs enfants. 

Mais M. Blanquer n’est pas le dernier quant aux annonces tonitruantes. « Nation apprenante » (appréciez le terme) comme label d’émissions mises en ligne, appel systématique de toutes les familles une fois par semaine, prétendue continuité pédagogique via les outils numériques que tout le monde ne possède pas… Il ne pouvait visiblement en rester là. Après nous avoir précisé que la continuité pédagogique ce n’était pas les vacances, il nous explique qu’il sera peut-être question de retarder les vacances d’été. Il faut rappeler qu’en 2017 il parlait déjà de modifier le calendrier scolaire. M. Blanquer a montré ces derniers temps qu’il n’était pas à une incohérence près mais là ça touche à l’indécence. Passant d’un allongement de l’année scolaire le 14 mars, réfutant ses propres propos le 18 pour finalement dire qu’on serait fixé.es fin mars.

Pendant que les enseignant.es se démènent pour assurer un lien avec leurs élèves palliant en cela toute l’impréparation du ministère en ce domaine, pendant que ces mêmes enseignant-es se portent en masse volontaires pour garder les enfants des personnels soignants, au mépris de leur propre santé, le ministère se révélant incapable de leur fournir le moindre masque, le ministre les remercie en faisant planer au-dessus de leur tête la diminution d’un temps de repos qui sera plus que mérité. Déjà que les vacances de printemps se passeront en confinement, si on se réfère aux propos de ce même ministre qui prédit qu’il n’y aura pas de réouverture des écoles avant le 4 mai, il faudrait aussi se résigner à un allongement du temps de travail au mois de juillet. Nous devrions aller travailler dans des classes surchauffées, alors que les parents et leurs enfants eux-mêmes aspireront à une pause nécessaire ?

Il est plus que temps, M. le ministre, d’arrêter d’afficher votre mépris aux professionnel-les que vous administrez. Vos discours contradictoires et fluctuants ont pour seul effet de nous déstabiliser et de nous faire sentir ce dédain que vous avez pour nous. Il serait peut-être préférable que vous vous taisiez puisque de toutes façons, c’est nous qui réfléchissons, imaginons, concrétisons les moyens pour essayer de maintenir un lien pédagogique et relationnel avec nos élèves et leur famille. Nous n'avons d'ailleurs pas attendu vos "consignes" pour cela, agissant en fonctionnaires responsables malgré les outils défaillants (ENT et autres plateformes).

Puisqu’il est courant ces temps-ci d’utiliser un vocabulaire guerrier, nous ne sommes pas de « la chair à ministre ». Nous refusons que la situation actuelle soit un prétexte pour faire passer vos projets les plus funestes contre l’école publique.

Nous avons plus que jamais besoin de considération et de reconnaissance. Ne pas le faire serait vous exposer à une réaction à la hauteur de vos attaques.

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Published by SUD 61