17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 14:44

Vous ne faites qu’ouvrir la porte des classes pour ensuite la refermer, et ne vous préoccupez pas de ce qui s’y passe. Alors de qui se moque-t-on ? • Des AVS (auxiliaire de vie scolaire et AESH accompagnant.e d'élèves en situation de handicap : Rappelons que ces postes ont été créés à la va-vite en 2005 suite à la mobilisation des enseignant.es qui s’inquiétaient, non pas de l’arrivée d’élèves en situation de handicap, mais de l’absence de moyens humains et de formation pour les accueillir comme il se devait. À ce jour les AVS et AESH sont toujours sous-payé.es, sous-formé.es, exploité. e.s et non reconnu.e.s pour le travail qu’elles/ils font. Ils et elles voient leur emploi du temps remanié, morcelé. La précarité de leur statut est à l’image de l’inclusion mise en place dans les écoles. • Des élèves : L’instauration des PIAL (pôles inclusifs d'accompagnement localisés) et la mutualisation sont en train de mener à une aggravation de la situation et à une baisse de l’accompagnement. De plus en plus d’élèves sont parachuté.es dans les classes sans aide particulière. On assiste à du saupoudrage. Cela contribue aussi à déshumaniser la gestion du handicap tout en lui faisant perdre en efficacité, contrairement à ce qui est annoncé. Des chefs d’établissements doivent en effet assurer cette gestion, sans connaître la situation de tous les enfants. De plus, les Rased (Réseaux d’aide aux enfants en difficulté) ont été réduits à peau de chagrin, il n’en reste souvent plus que le nom. Les dispositifs UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) sont quasi inexistants et ne peuvent donc répondre aux besoins et aux droits de ces élèves. • Des parents : On leur promet un accompagnement et un nombre d’heures de prise en charge via la notification de la MDPH(Maison départementale des personnes handicapées). Mais au final cette notification n’est pas forcément respectée. Dans les faits, leur enfant bénéficie parfois de moins d’heures car l’AVS ou l’AESH doit se partager sur plusieurs classes, ou d’une moins bonne prise en charge car l’AVS ou l’AESH doit s’occuper de plusieurs enfants, au profil parfois très différent, au sein d’une même classe. • Des enseignant.es : Qui se retrouvent à gérer des situations inextricables et qui ont l’impression de ne plus pouvoir répondre aux besoins des élèves. Pendant que vous claironnez sur votre école soi-disant inclusive, vous fermez les structures complémentaires extérieures aux classes ordinaires comme les SEGPA (section d'enseignement général et professionnel adapté), les ITEP(Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique), les IME(institut médico-éducatif). Il est à noter qu’on ne parle plus de structures mais de dispositifs, terme flou et fluctuant. De plus, ces élèves ne comptent pas dans les effectifs, ni en tant qu’élèves, ni en tant que classe. Alors, il ne suffit pas d’ouvrir la porte d’une classe pour faire de l’inclusion. L’inclusion c’est répondre aux besoins d’un.e élève en particulier autour d’un projet élaborant un emploi du temps à l’école et au dehors. Conditions de travail dégradées, accueil des élèves déplorable, votre école n’est pas inclusive, elle est génératrice de souffrances. Face aux élèves et à leurs parents, face aux personnels de l’Éducation, vous faites preuve de maltraitance institutionnelle. Votre école n’est pas celle de la confiance ni de l’inclusion, elle est celle de la logique comptable. Pour les AESH, SUD éducation revendique : - Un vrai statut intégré à la Fonction publique de l’État avec la titularisation sans conditions de diplôme ou de nationalité. - L’arrêt du recrutement de personnels non-titulaires - Une augmentation des salaires avec une entrée dans le métier à 1700€ nets et de véritables évolutions salariales tout au long de la carrière. - La fin des temps incomplets imposés et la reconnaissance des « tâches invisibles » des AESH (formation – coordination…) qui permettent de constituer un temps complet. - L’accès aux mêmes primes (éducation prioritaire), indemnités et pondérations (éducation prioritaire et affectation multiple) que les titulaires qu’importe la durée du contrat - Des moyens pour une véritable formation initiale et continue - De meilleures conditions d’affectation : - La création de commissions paritaires pour les affectations des AESH pour garantir le droit à la mobilité - L’affectation sur 2 établissements au maximum - La constitution d’une brigade de remplacement AESH - l’étude en CCP de tous les cas de non-renouvellement

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Published by SUD 61