2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 07:21

Réforme des retraites

Comprendre la réforme

 

Comprendre le système de retraite

 

Se mobiliser, informer

 

Budget 2019 : SUD éducation dénonce une orientation libérale et réactionnaire au détriment du service public d’éducation

SUD éducation a pris connaissance des premiers projets du gouvernement en matière de création et de suppression de postes dans les différents départements ministériels dans le projet de budget. Ce projet est éloquent : alors que l’Intérieur et les armées bénéficieront de hausses conséquentes d’effectifs, l’Éducation nationale perdra environ 2 000 postes. Les autres services publics comme la santé, la culture et le travail sont également concernés par des suppressions de postes.

Une telle orientation se traduit dès cette rentrée par le licenciement massif d’assistant‑e‑s aux élèves en situation de handicap et d’enseignant-e-s contractuel-le-s.

Depuis 10 ans, près de 100 000 élèves de plus sont scolarisé-e-s dans le secteur privé. La subvention accordée aux établissements privés, majoritairement confessionnels, s’élève à plus de 7,6 milliards d’euros. Avec la loi Blanquer qui impose le financement des écoles élémentaires, cette subvention augmentera de plus de 100 millions d’euros.

SUD éducation dénonce le scandale du financement du privé au détriment d’un service public d’éducation. SUD éducation revendique et appelle les personnels à défendre un service public d’éducation de qualité, laïque, gratuit, ouvert à toutes et tous et émancipateur, à l’opposé des orientations libérales et réactionnaires de ce gouvernement.

Des conditions de rentrée inadmissibles pour les AESH

C’est particulièrement vrai pour les AESH (accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap). Ceux et celles-ci devaient signer à la rentrée des contrats de trois ans avec une durée du travail annualisée (1607h sur 41 semaines à temps plein) selon la circulaire ministérielle du 6 juin 2019. Or plusieurs rectorats ont été incapables d’éditer ces contrats à la rentrée (plusieurs milliers), d’autres ont commencé à réinterpréter la circulaire en augmentant le temps de travail hebdomadaire des AESH sans augmentation ni de la quotité horaire contractuelle, ni du salaire. Ces difficultés de rentrée viennent s’ajouter à la précarité que subissent déjà les personnels AESH. Aucune revalorisation salariale n’est prévue à l’heure actuelle, pourtant les salaires des AESH sont insuffisants : entre les temps incomplets imposés, le refus de leur faire bénéficier de la prime « éducation prioritaire » et l’absence d’augmentation salariale au cours de la carrière, le salaire moyen d’un-e AESH peine à s’élever au-dessus de 600 à 800 euros par mois.
Enfin, la mutualisation des personnels AESH, telle qu’elle est prévue dans la circulaire du 6 juin 2019 avec les PIALs (pôle inclusif d’accompagnement localisé) a considérablement dégradé les conditions de travail avec de plus en plus de service partagé sur plusieurs établissements, ce qui signifie un accompagnement beaucoup plus morcelé. De nombreux-ses AESH manifestent aujourd’hui leur désir de démissionner. Du côté des élèves, il y a toujours de nombreuses notifications pour lesquelles il n’y a encore pas d’AESH affecté-es.

Un plan social chez les enseignant-e-s contractuel-le-s

Après avoir massivement eu recours aux contractuel-le-s ces deux dernières années, le gouvernement a entamé d’autre part un plan de licenciement qui ne dit pas son nom. Les contractuel-le-s sont les premier-e-s à subir les suppressions de postes annoncées par le gouvernement Macron. Des centaines de contractuel-le-s enseignant-e-s, mais aussi des contrats aidés, des AESH et des AED n’ont pas été renouvelé-e-s, sans légitimation, ni respect des règles, en arguant de bilans professionnels à charge parfois ignorés du ou de la salarié-e, voire sur des motifs discriminants. Et pourtant il reste des postes vacants et des besoins à couvrir. L’inquiétude monte à juste titre chez les parents d’élèves. Et non contente de ne pas renouveler les contrats, l’administration tarde à délivrer les attestations Pôle Emploi, laissant ces agent-e-s de la fonction publique sans revenu. Cette « restructuration des moyens humains » n’est-elle pas le résultat de la réforme du lycée ou de la généralisation d’une 2ème heure supplémentaire obligatoire ? Toujours moins de personnels, pour de plus en plus de charge de travail, les contractuel-le-s faisant office de variable d’ajustement.

SUD Éducation revendique :

- la titularisation de tou-te-s les agent-e-s de l’Éducation nationale,

- la mise en place d’un système paritaire de gestion des affectations et des renouvellements de contrats,

- une harmonisation des conditions de travail pour tou-te-s les contractuel-le-s sur l’ensemble du territoire

- un renforcement de la CCP,

- une revalorisation salariale à l’ancienneté des contractuel-le-s, ainsi que le même droit aux primes.

SUD Éducation invite les contractuel-le-s à se faire entendre et à organiser la défense de leurs conditions de travail.

 

Contrôle continu au bac : SUD éducation dénonce une usine à gaz

Le ministre prétendait que le baccalauréat d’avant était trop complexe. Pourtant, la publication de la circulaire organisant le contrôle continu ne fera qu’ajouter à la complexité du bac et à la désorganisation qu’on constate partout depuis la mise en place de la réforme.

L’organisation des épreuves du contrôle en cours de formation (CCF) devra s’intégrer aux emplois du temps normaux des élèves et ne permettra pas la banalisation de certaines journées : la charge pour les élèves et les enseignant-e-s sera sans précédent, mais surtout l’organisation des épreuves s’annonce dantesque !

Des tests de positionnement en seconde aux évaluations incessantes, le lycée Blanquer est le lycée de l’évaluation permanente des élèves contre tout intérêt pédagogique. Les notes obtenues au CCF ne pourront, en effet, être prises en compte dans la moyenne du contrôle continu : les évaluations ne feront donc que se succéder lors des trimestres de CCF. Loin de limiter le bachotage, comme le ministère le présentait, ces nouvelles épreuves ne feront que le renforcer au détriment du temps d’apprentissage.

SUD éducation dénonce cette mascarade et revendique encore et toujours le retrait des réformes des lycées et du bac.

Appel des chercheur-se-s précaires

SUD éducation soutient l’appel solennel des chercheur-se-s précaires aux enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs, chercheuses et chercheurs titulaires de la fonction publique.

Depuis sa création, SUD éducation a fait de la lutte contre la précarité et de la revendication de titularisation immédiate et sans condition l’un de ses axes politiques majeurs. Aujourd’hui, sur ce terrain, force est de constater que tout reste à faire.
Plus que jamais, cette orientation fondatrice reste prioritaire pour la fédération. Car, loin de s’améliorer, la situation s’est au contraire dégradée au cours des dernières années et ne devrait pas s’améliorer à l’avenir. En effet, les mesures offertes par la loi de transformation de la fonction publique projettent un recours encore plus massif aux contrats précaires notamment la création d’un nouveau type de contrat à durée déterminée, le contrat de projet, et l’extension significative des possibilités de recruter des agent-e-s contractuel-le-s.
SUD éducation continuera à susciter et soutenir les luttes des précaires sous toutes leurs formes en appuyant les combats qu’ils et elles mènent. Il n’y a de victoire possible contre la précarité que s’il y a une solidarité de lutte de l’ensemble des agent-e-s de la fonction publique. Titulaires et non-titulaires uni-e-s. Nous devons combattre tous les contrats et toutes les situations précaires.
Le bilan de la précarité dans l’ESR est devenu dramatique (30 à 40 % selon les métiers) et inacceptable. Les jeunes chercheuses et chercheurs précaires, docteur-e-s sans poste, doctorant-e-s ont choisi d’agir et nous appellent à réagir. Sans ignorer que la précarité est généralisée et va bien au-delà de leur situation, SUD éducation soutient cet appel et incite chacun-e, dans les établissements, à les soutenir activement, à diffuser cet appel auprès des personnels titulaires de l’ESR, et à organiser des réunions pour discuter des modes d’action à entreprendre, et apporter une réponse cohérente et solidaire.
Appel solennel des chercheur·se·s précaires (
https://appelsolennelprecaires.home.blog/ )

SUD éducation revendique :

• une réelle politique de lutte contre le chômage et d’amélioration de la qualité de vie et de travail par une réduction conséquente du temps de travail,

• un plan de titularisation,

• des créations d’emplois statutaires partout où cela est nécessaire,

• l’arrêt du recours généralisé à l’emploi précaire, la titularisation immédiate des actuel-le-s non- titulaires et un plan d’urgence permettant de pourvoir les milliers d’emplois gelés,

• le financement public de toutes les thèses et une refonte du contrat doctoral garantissant l’égalité et l’indépendance de tou-te-s les doctorant-e-s,

• la transformation des heures « complémentaires » et des heures de vacation en emplois pérennes, jusqu’à résorption complète du problème des docteur-e-s qualifié-e-s sans poste,

• l’abrogation du statut d’agent temporaire vacataire (ATV) pour leur contractualisation.

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Published by SUD 61