10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 12:28

La majorité prépare le retour des EPEP

Le suicide de C. Renon va t-il être utilisé par le ministre pour ramener les établissements publics de l'enseignement primaire (EPEP) ? Selon Les Echos, la députée LREM Cécile Rilhac prépare un projet de loi en ce sens. Celui-ci est déjà annoncé par G Attal, secrétaire d'Etat auprès de JM Blanquer, à l'Assemblée le 1er octobre. Lancés par F Fillon et l'Institut Montaigne, poussés sous de Robien et Luc Chatel, les EPEP sont un vieux projet qui permet d'accélérer le regroupement des écoles primaires et de mettre à leur tête un chef d'établissement supérieur hiérarchique des enseignants. Un projet qui ressemble comme deux gouttes d'eau aux EPSF, proposés par C Rilhac, avec le soutien de JM Blanquer, dans le cadre de la loi Blanquer. Alors que les enseignants marquent leur solidarité avec la directrice de Pantin, ce projet là est-il ce qu'elle aurait souhaité pour l'école ? A l’évidence, non ! Et pourtant, ils ont le culot d’utiliser cet acte tragique et militant pour justifier leur projet. Quelle honte !

Retour des EPSF

La manœuvre qui se joue en ce moment est assez simple. En s'appuyant sur le suicide de C Renon, le ministre va accueillir positivement une nouvelle proposition de loi de C Rilhac sur les EPEP. Elle pourrait permettre le passage des directeurs vers le poste de chef d'établissement du primaire, ce qui n'était pas prévu avec les EPSF. Mais ces EPEP présentent les mêmes caractéristiques que les EPSF retirés de la loi Blanquer.

D'une part les EPEP vont accélérer le regroupement des écoles primaires, permettant ainsi des économies d'échelle importantes. D'autre part elles vont instaurer dans l'école primaire un chef d'établissement, supérieur hiérarchique des enseignants en mettant fin à ces petites républiques que les fondateurs de la grande (République) ont installé dans les écoles. L'argument donné est celui de l'autonomie et de l'adaptabilité des écoles en dotant les chefs d'établissement de pouvoirs importants. La réalité c'est le dirigisme renforcé dans les écoles en instituant l'échelon hiérarchique qui fait défaut. Ces deux objectifs étaient ceux des EPSF. Et c'est bien la vision poursuivie avec constance par JM Blanquer depuis 2007.

 

 

Projet de réforme des retraites :

Macron annonce la couleur pour les enseignant-es

 

Le 3 octobre dernier, devant un parterre de lecteurs-trices du Midi libre réuni-e-s à Rodez, Emmanuel Macron a formulé plusieurs déclarations sur les retraites des enseignant-e-s, chacune plus inquiétante que la précédente. Macron a tout d’abord montré l’étendue de son ignorance du terrain en affirmant qu’une retraite d’un-e enseignant-e en fin de carrière est actuellement de 1 100-1 200 euros, alors qu’elle est en réalité actuellement de 2 380 euros en moyenne. Le plus inquiétant dans cette affirmation, c’est qu’il considère qu’une pension de 1 200 euros constituerait une retraite acceptable. Le coût social à venir de la baisse des pensions est donc parfaitement assumé par ce gouvernement au service des capitalistes. Macron déclarait ensuite que s’il voulait maintenir le niveau de pensions actuel dans le nouveau système de retraite, il faudrait augmenter le niveau des rémunérations de 10 milliards par an. Il annonce clairement que c’est inenvisageable. Ces 10 milliards d’euros de revalorisation salariale sont à mettre en regard de ces quelques chiffres : le CAC 40 prévoit de verser 50 milliards d’euros de dividendes en 2019 ;
Solidaires Finances Publiques, repris par la presse économique, chiffre la fraude sociale et fiscale patronale à au moins 80 milliards d’euros ; La subvention de l’État à l’enseignement privé s’élève à 10 milliards d’euros. Bien évidemment, la réforme des retraites est à combattre dans son ensemble, et ne saurait être compensée par des promesses de revalorisation mais cette fin de non-recevoir sur les revendications salariales montre le mépris que porte le gouvernement aux conditions de vie des personnels.

De plus, Macron déclare : “Vous avez des vacances, et vous partez à la retraite avec un système qui est mieux calculé que chez beaucoup d’autres”. Comme tant d’autres hommes et femmes politiques, le président ne trouve rien de mieux que d’insister sur les prétendus “privilèges” des fonctionnaires en général et des enseignant-e-s en particulier. Cette surenchère démagogique trouve sa justification dans la suite des propos d’Emmanuel Macron, qui prétend rémunérer les enseignant-e-s au mérite, et augmenter leur temps de travail.

SUD éducation revendique des augmentations de salaire et refuse de projet de réforme des retraites du gouvernement. SUD éducation dénonce la mise en place de retraites individuelles par points mettant fin au système de retraites solidaire, et revendique un régime de retraite par répartition intégrale à prestation définie pour limiter les inégalités à la retraite.

SUD éducation revendique : un taux de remplacement à 75 % des dix meilleures années ou du dernier indice, une durée de cotisation de 37 ans et demi, pas de pension inférieure au smic, l’égalité entre les hommes et les femmes au travail comme dans la retraite, départ à 60 ans, à 55 ans pour les métiers pénibles, pas de recul sur les droits acquis.

SUD éducation, avec l’Union syndicale Solidaires, appelle d’ores et déjà à construire la grève reconductible à partir du 5 décembre pour construire un affrontement victorieux avec ce gouvernement au service du patronat et des capitalistes.

 

 

Violences faites aux femmes

117ème féminicide cette semaine ! Il a aussi tué la fille de 8 ans de cette pauvre femme ! Combien de mortes, de mutilées, de brisées faudra-t-il encore avant que de vraies dispositions soient prises pour protéger les femmes dans notre pays dit "civilisé et évolué" ?

 

Se syndiquer pour mieux lutter

Pour vous défendre, pour combattre la politique éducative du gouvernement, pour obtenir de nouveaux droits, choisissez un syndicat au service des luttes et des droits de tous les personnels. Syndiquez-vous !

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Published by SUD 61