2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 08:13

Minute de silence

Compte tenu de l’actualité, les personnels auraient pu légitimement s’attendre à ce qu’une minute de silence soit observée à la mémoire de Christine Renon, directrice d’école à Pantin qui s’est suicidée sur son lieu de travail samedi 21 septembre. Il n’en sera rien.
En revanche, le Premier ministre n’a pas perdu de temps pour publier une circulaire dans laquelle il invite les personnels à observer une minute de silence en hommage à Jacques Chirac lundi à 15 heures.

Ne cédons pas à l’angélisme du moment : Jacques Chirac n’est pas le personnage sympathique que l’on veut nous présenter. C’est un homme politique aux nombreuses sorties publiques sexistes et racistes dont la carrière s’est bâtie notamment :
– sur d’innombrables malversations financières et de détournements d’argent public, qu’il s’agisse de logement social ou du système de corruption communément appelé la “Françafrique”. Il a d’ailleurs été condamné en justice pour prise illégale d’intérêt ;
– sur le sang des Kanaks : alors Premier Ministre, il porte la responsabilité directe de l’exécution par les forces armées françaises des militants Kanaks qui luttaient pour leur indépendance ;
– sur des essais nucléaires dans le Pacifique, dont les retombées sur la santé des peuples riverains ne sont toujours pas admises par le gouvernement.
Jacques Chirac était un homme dont la politique a toujours servi le capitalisme et les intérêts particuliers. Les salarié-e-s et la jeunesse lui ont opposé les deux plus grandes grèves de ces dernières années : en 2006, contre la « loi sur l’égalité des chances » (dont le contrat première embauche qui aurait précarisé encore un peu plus les jeunes), et en 1995 contre la casse du système de retraites que le gouvernement actuel ressort du placard.

Pour SUD éducation, il n’y avait donc aucune bonne raison de rendre hommage à Jacques Chirac. SUD éducation appelle les personnels à ne pas respecter cette minute de silence, et rien ne peut les y contraindre.

 

 

 

 

Suicide de Christine Renon : ne laissons pas le travail nous tuer ! Signez la pétition

Le lien vers la pétition : https://plus-jamais-ca.fr

Samedi 21 septembre, Christine Renon, directrice de l’école Méhul à Pantin, s’est suicidée dans le hall de son école. SUD éducation exprime tout son soutien à sa famille et à ses collègues. Se suicider sur son lieu de travail n’est pas un acte anodin, et les lettres qui ont été envoyées pour expliquer ce geste expriment clairement la difficulté d’assumer une charge de travail qui augmente, les demandes excessives de la hiérarchie, un environnement social dégradé. Christine Renon ne raconte rien d’autre qu’un quotidien devenu difficile à affronter, qu’une charge mentale devenue inassumable.  C’est un tragique signal d'alarme qui a été tiré. Dans l’Éducation nationale, mais aussi ailleurs, où les suicides se sont multipliés, les ministres remettent en cause les missions de service public et les salarié-es perdent le sens de leur travail. Cette perte de sens est accentuée lorsque les hiérarchies, des ministres aux rectorats, ne cessent de faire pression et de mettre en place des organisations du travail insupportables. 

Nous invitons tous les personnels de l’éducation nationale et les habitants de Pantin à se joindre à l’hommage organisé en mémoire de Christine Renon, et à demander des comptes à l’Éducation nationale, jeudi 26 septembre 2019 à 18 heures devant l’école Méhul, 30 rue Méhul à Pantin.

En effet, l’administration est pleinement responsable du suicide de Christine Renon dans son école à Pantin. Dans ces lettres, elle pointe l’autoritarisme, l’infantilisation, l’humiliation, l’intimidation, les pressions hiérarchiques qui affectent le travail des personnels et dégradent les conditions de travail. SUD éducation revendique la reconnaissance immédiate des suicides liés au travail.
Le management tue dans l’Éducation nationale, comme à France Télécom, à la SNCF... La souffrance au travail existe bel et bien. Elle touche l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, tou-te-s exposé-e-s à des conditions de travail pathogènes. Ces enseignant-e-s qui subissent l’extrême dégradation de leurs conditions de travail mettent fin à leur calvaire professionnel en s’ôtant la vie.

L’Institution est responsable ! Il est essentiel de rappeler ici le devoir de protection des agent-e-s qui incombe à l’administration. Comme le prévoit le Code du travail, l’Éducation nationale a des responsabilités et se doit en tant qu’employeur de « prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». En Seine-Saint-Denis, un CHSCT départemental extraordinaire aura lieu jeudi 3 octobre à 14h afin qu’une enquête soit menée par les représentant-e-s du personnel pour établir le lien entre la mort de notre collègue et ses conditions de travail et exiger des vraies mesures de prévention et de protection de la part de la hiérarchie. SUD éducation exige que chaque suicide soit porté sans délai à la connaissance d’un CHSCT et des organisations syndicales. L’intersyndicale du 93 appelle à la grève et à un rassemblement ce jour-là.

Partout en France, les collègues témoignent de leur émotion et de leur révolte face à cette situation inacceptable et des initiatives diverses (grèves, rassemblements) auront lieu.
 

SUD éducation met à la disposition des personnels son préavis de grève pour couvrir tous les personnels qui souhaiteront s’y joindre, et appelle l’ensemble des personnels à y participer.
SUD éducation exige du Ministre que cesse la mise en place d’organisations du travail pathogènes et demande de réelles mesures de prévention et de protection des personnels afin d’éviter que ce drame se reproduise encore.

 

Le préavis de grève généraliste de SUD éducation qui couvre tous les personnels de la maternelle à l’université permet à toutes et tous de s’emparer des initiatives prévues le 3 octobre.

 

SUD éducation :

  • soutient toutes les initiatives prises localement pour le 3 octobre (rassemblements, grève) et appelle les collègues à y participer
  • appelle à construire de manière unitaire un mouvement d’ampleur sur cette question
  • revendique le droit des collègues de s’absenter pour assister aux obsèques de leurs collègues

 

Violences faites aux femmes

Razia avait déposé 7 plaintes et déménagé 3 fois en changeant de ville. L’Etat aurait du la protéger. C’était lundi, en France, elle était la 111ème victime de féminicides. Hier, la 112ème femme a été tuée. Rassemblement samedi à 10h30 place Lamagdeleine à l’appel du collectif Droits des femmes pour en finir avec ces féminicides.

 

Catastrophe environnementale à Lubrizol :

 le ministère doit garantir la sécurité des élèves et de tous les personnels

Un incendie s’est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi dans l’usine chimique Lubrizol de Rouen qui produit des additifs pour huile. Le site stocke des produits très toxiques et il est classé Seveso seuil haut. L’incendie a entraîné des fumées toxiques et des retombées de suie qui inhalées peuvent être néfastes pour la santé. Pourtant, depuis le déclenchement de l’incendie, les services de l’État déclarent que l’impact sanitaire pour la population est faible ! SUD éducation exige plus de transparence.

 

Sud éducation dénonce :

  • les consignes préfectorales et académiques inadaptées et le manque de réactivité des autorités
  • le non respect du principe de précaution tardivement appliqué et ce sous la pression des personnels

 

SUD éducation revendique :

  • le contrôle et la dépollution de tous les lieux d’accueil des élèves (gymnases, cantines scolaires, pelouses etc.) par des personnels formés et dotés d’équipements de sécurité adéquats ;
  • la communication publique immédiate des résultats d’analyses effectuées
  • l’organisation « d’un suivi médical spécialisé de tou-te-s les élèves et des personnels exposées aux retombées et aux fumées »
  • une redéfinition des périmètres de sécurité autour des sites industriels ou nucléaires interdisant leur localisation à proximité des établissements scolaires.
  • pour éviter le multiplications des catastrophes, la socialisation des productions d’énergie, la transparence dans leur gestion et la mise en sécurité des équipements.

Le groupe américain, propriété depuis 2011 de la compagnie holding Berkshire Hathaway du milliardaire Warren Buffett, à qui appartient le site est responsable de cette catastrophe sanitaire et écologique. Il doit rendre des comptes ! Le ministère, quant à lui, doit garantir des conditions d’accueil et de travail saines pour les élèves pour tous les personnels. À l’heure où les mobilisations pour la justice sociale et climatique se multiplient, l’incurie de l’administration dans la gestion de l’accident de Lubrizol montre le décalage entre les discours et les actes du gouvernement.

SUD éducation :

  • appelle les personnels à faire usage de leur droit de retrait autant que nécessaire sur cette question, afin de se protéger et de protéger les élèves.
  • apporte son soutien aux collègues qui veillent à assurer un cadre sain et sécurisé pour les élèves et les personnels.
  • soutient toutes les initiatives, rassemblements et manifestations, par exemple à Rouen le 2 octobre

 

Pour nos retraites, toutes et tous ensemble en grève dès le 5 décembre !

Construisons la grève interprofessionnelle !
 

Après la réussite de la grève du 13 septembre à la RATP et l’appel de l’intersyndicale à une grève illimitée à partir du 5 décembre, cette date serait un point de départ pour une grève reconductible dans certains secteurs. Plusieurs organisations syndicales ont d’ores et déjà déposé un préavis de grève reconductible à partir de cette date. Dès maintenant et sans faire l’impasse sur des dates de mobilisation en novembre, SUD éducation appelle les personnels à se mettre en grève le 5 décembre et à mettre en débat dans les assemblées générales sa reconduction, dans l’objectif de construire un vaste mouvement interprofessionnel.

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Macron-Philippe mène son entreprise de destruction à un rythme soutenu. Dans l’éducation les réformes se sont succédées dans tous les degrés. Cette rentrée voit les réformes des lycées s’appliquer dans un ministère marqué par la grève inédite du Bac 2019. La loi Blanquer, dont SUD éducation revendique toujours l’abrogation, commence également à être appliquée. En dehors de l’Éducation nationale, le gouvernement n’est pas en reste.
Notamment, la loi « de Transformation de la Fonction Publique » du 6 août 2019 entraîne le remplacement des CT et des CHSCT par un organe unique, le “Comité social d’administration”, la diminution du rôle des CAP, le développement de la contractualisation (notamment avec les “CDD de chantier”). 
Il convient de rester extrêmement vigilant car les conséquences de ces réformes n’ont pas fini de se faire sentir et dès les premiers jours de la rentrée les personnels en ont constaté les effets néfastes.  Dans ce contexte, SUD éducation continuera de soutenir et d’œuvrer à l’amplification des mobilisations des personnels contre ces réformes et de communiquer sur leurs effets. Notons que le ministre a reculé sur les EPSF suite à la mobilisation dans le premier degré.

Combattre le projet de réforme des retraites, porter notre projet de société

Les retraites constituent un enjeu interprofessionnel qui concerne l’ensemble de la population. Nous pouvons espérer construire une mobilisation qui dépasse les carcans catégoriels bien qu’il faudra la construire dans les secteurs en partant des situations sectorielles. À ce titre, les personnels de l’Éducation nationale vont payer un lourd tribut si cette réforme passe.  Les retraites touchent à de nombreuses questions qui nécessitent de mettre en avant notre projet de société. Dans ce cadre, nous porterons notamment dans nos interventions :
• la lutte contre la précarité : les carrières hachées et les bas salaires touchant des retraites largement amputées
• la lutte contre le sexisme : les femmes ont de nombreuses discontinuités dans leur carrière à cause de la précarité et de l’inégalité, dont la charge de l’éducation, qui repose d’abord sur elles. Leurs salaires sont en général plus bas. Comme la pension sera calculée sur toute la carrière, elles subiront une baisse de pension par rapport à la situation actuelle (qui la calcule sur le salaire ou les meilleurs années). À cela s’ajoute l’inquiétude sur les pensions de réversion alors que celles-ci permettent aujourd’hui de limiter l’écart de pension entre hommes et femmes. 
• la solidarité intergénérationnelle contre le projet de société du gouvernement.

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Published by SUD 61