13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 16:40

« L’école de la confiance » selon Blanquer, c’est des enseignant-es privé-es de leur liberté d’expression, c’est un beau cadeau estimé à 150 millions d’euros fait au privé, c’est une économie de postes obtenue en confiant aux étudiant·es des responsabilités devant les élèves, c’est la fin de la direction d’école dans sa forme actuelle avec le regroupement écoles-collège. C’est enfin la mise en place d’un pilotage du système éducatif par les résultats, d’un encadrement étroit des pratiques pédagogiques reléguant les enseignant·es au rôle de simples exécutant·es.

Le texte examiné à la hussarde à l’Assemblée a été adopté en première lecture le 19 février.

C’est dans ce contexte que se tient le comité technique aujourd’hui.

 

Pour nos trois organisations syndicales, l’ambition doit être de développer un réseau scolaire rural de qualité et de proximité. La rationalisation des moyens ne peut être la ligne directrice du schéma territorial. A catégorie sociale équivalente, les élèves du rural obtiennent des résultats scolaires équivalents voire même un peu meilleurs que ceux du milieu urbain. C’est dire que l’école rurale a des atouts sur lesquels il faut s’appuyer : taille des classes et des écoles, climat scolaire, lien de proximité avec les parents…

La création des EPSF reliée à l’extension des dispositifs d’expérimentation et au poids pris par l’évaluation des acteurs entre en parfaite cohérence avec la suppression de la liberté pédagogique des enseignant·es ainsi que le resserrement des apprentissages sur les savoirs fondamentaux, contre l’ambition d’une même culture commune pour toutes et tous.

Ces établissements vont profondément faire évoluer le fonctionnement de nos écoles avec leur mise sous tutelle.

 

Nous sommes toujours dans l'attente de moyens pour aider les élèves les plus fragiles, en reconstituant entre autres les RASED, décimés il y a quelques années et jamais reconstitués et certaines mesures prévues restent incompréhensibles. Par ailleurs, en audience en décembre, vous nous aviez fait comprendre que c'étaient les élu.es qui décidaient de fermer leur école et non vous, pourtant vous avez prévu la fermeture de St-Langis.

Pour rappel depuis 2008, l'Orne a perdu 45 postes de RASED et n'a eu que 3 (re)créations depuis et rien de prévu pour la rentrée 2019. L'école rurale n'aurait pas besoin de postes G ? ni de postes E ? Sur les 144 communes environ (sur 389) ayant une ou deux écoles, seulement 15 bénéficient du RASED et encore pas forcément dans toutes les écoles de la commune.

 

Dans ce contexte de retrait de moyens aux écoles, nous déplorons la suppression des postes PMQC, mesure qui pèsera sur les conditions d'apprentissage des élèves notamment celles et ceux qui ont le plus besoin d'aide. L'ouverture d'une classe à la place d'un poste PMQC nous laisse dubitatifs quant à l'avenir : y aura-t-il une nouvelle ouverture d'un poste PMQC dans une école où une classe fermera ou cette mesure est juste le préambule de la suppression définitive des PMQC ?

 

La prise en compte de la ruralité ou d'un contexte social difficile avec l'annonce des ouvertures de classe est certes un point positif mais nous ne pouvons accepter le retrait de moyens sur l'ensemble des écoles (PMQC, RASED, etc.). Vous avez annoncé par une lettre aux élu-es ainsi qu'aux directeurs et directrices des écoles une moyenne inférieure à 22 élèves pour la rentrée 2019. D'après les documents préparatoires, cet engagement n'est pas tenu et cela est incompréhensible.

 

Pour conclure, la restructuration profonde de l'organisation territoriale telle qu'elle se profile ne peut que nous inquiéter. Elle mettra à mal le système éducatif. Nous continuerons de nous mobiliser pour défendre une école publique de proximité au service de la réussite de toutes et tous.

 

 

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Published by SUD 61