19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 16:12

SUD éducation dénonce le projet de loi Blanquer. Il s’agit d’un projet autoritaire et rétrograde. Depuis les premières annonces, SUD éducation a formulé ses inquiétudes quant aux conséquences de ce projet pour les personnels et le service public d’éducation. Nous avons voté contre ce texte en Conseil supérieur de l’éducation, refusant également de jouer aux jeux nuisibles des amendements : le projet de loi n’est pas amendable. Il est à rejeter dans son intégralité. Plutôt que de se préoccuper des revendications des enseignant-e-s, le ministre et l’Assemblée nationale préfèrent se vautrer toujours plus dans la surenchère réactionnaire. À l’opposé de ces conceptions rétrogrades et dangereuses, SUD éducation continue à revendiquer une école émancipatrice, gratuite, publique et laïque. SUD éducation a voté contre le projet de loi en Conseil supérieur de l’éducation et revendique l’abandon immédiat de ce projet de loi libéral.


Par ailleurs, dans un courrier daté du 8 mars adressé aux DASEN et recteur-ices, le ministre Blanquer, par l’intermédiaire de son directeur général des ressources humaines, menace les enseignant-e-s qui refusent de faire passer les évaluations nationales ou refusent de remonter les résultats ; qui combattent la réforme du lycée général et technologique, par exemple en mettant la note de 20/20 à tou-tes les élèves. Il ose écrire qu’il s’agirait d’une faute professionnelle. SUD éducation rappelle qu’il n’existe aucune circulaire organisant les évaluations nationales, et que les personnels sont seul-e-s responsables de l’évaluation des élèves. Un dossier de presse ne constitue pas une instruction officielle. Il est donc impossible pour l’administration de sanctionner la désobéissance à un ordre qui n’existe pas. Le ministre prétend que les refus des personnels de faire subir les évaluations nationales et d’alimenter la sélection mise en œuvre à travers parcoursup est minoritaire. Ce courrier de menace est la preuve que le refus des enseignant-e-s les inquiète. Face à cela, le ministre Blanquer franchit un pas de plus dans la répression et l’autoritarisme. C’est une atteinte de plus à la liberté pédagogique au respect des personnels. SUD éducation rappelle que les « évaluations nationales » sont un non-sens pédagogique et biaisées : elles sont le produit de l’idéologie libérale et réactionnaire du ministre, et appelle depuis le début à les refuser, tout comme la mise en œuvre de la sélection avec parcoursup.


Pour ce qui est de la carte scolaire, vous avez fait le choix Madame Moncada de mettre plus de conseill-ères, de personnes ressources plutôt que de diminuer le nombre d’élèves par classe afin de favoriser la réussite scolaire et l’inclusion de tou-tes. Ces personnes ressources, évaluées exceptionnelles, qui exercent peu ou plus devant élèves, seraient plus utiles à notre avis chargé-es de classe, et particulièrement sur des lieux où les effectifs sont élevés et les problématiques variées. A SUD éducation, nous sommes persuadé-es que la pédagogie coopérative est plus efficace et émancipatrice que la transmission directe. Nous ne croyons pas à la théorie du ruissellement où les « meilleur-es » font profiter de leurs savoirs. Tout comme le premier de cordée, aucune étude ne montre que cela est efficace pour la réussite et le mieux être du plus grand nombre. C’est à chacun-e de trouver la pédagogie qui lui est la mieux adaptée et qu’il ou ellle pourra questionner. Mais pour cela il faut du temps de concertation avec les collègues et les différent-es partenaires de l’école. Ajoutons que les conclusions de l’enquête indépendante STAR montrent que le faible nombre d’élèves par classe (13 à 17) est un facteur de réussite scolaire immédiat et durable. C’est donc ce que revendique SUD, moins d’élèves par classe : 20 nous semblant un chiffre maximum.  Nous avions pourtant cette année l’opportunité de donner de meilleures conditions de travail aux élèves et aux enseignant-es car le nombre d’élèves baisse alors que le nombre de postes augmente. Or, vous envisagez de fermer des classes dans des écoles où la moyenne par classe sera supérieure à 22 élèves contrairement à ce que vous avez écrit aux élu-es et aux directeurs-trices en février, vous fermez nombre de PMQC alors que vous-même indiquiez il y a peu que ce dispositif est efficace, vous n’ouvrez aucun poste de RASED, vous n’ouvrez aucune unité d’enseignement afin de permettre l’inclusion des élèves d’IME alors que cela avait été annoncé en ce début d’année. Comment pouvons-nous accepter de telles décisions ! Vous proposez même de fermer une classe à St Hilaire sur Erre alors qu’il est prévu de faire un pôle ou un RPI avec Les communes de Mâle et La Rouge l’année suivante et que cette école a absolument besoin d’une année de sursis. Passer de 3 à 2 classes, c’est mettre les élèves en difficulté et prendre le risque de voir partir les élèves vers les écoles proches. Vous décidez de fermer l’école de St Langis alors que les élus s’y opposent et que les effectifs augmentent. Pour nous convaincre d’accepter cette mesure, vous nous avez dit que les élus souhaitaient cette fermeture. Or ils m’ont confirmé par écrit qu’ils ne le souhaitaient pas du tout. J’ai ces écrits avec moi aujourd’hui et peux vous les transmettre. Il s’agit du délibéré du conseil municipal et d’un écrit du Président de la communauté de communes. Il nous faut en débattre absolument aujourd’hui car fermer une école n’est pas une décision anodine.


Quant aux dotations pour le second degré, nous pouvons déjà observer les conséquences néfastes des mesures prises par le gouvernement.


C’est pour toutes ces raisons et bien d’autres que je ne détaille pas ici afin de ne pas retenir l’attention trop longuement, que nous serons nombreux-ses en grève demain et que nous manifesterons notre mécontentement à Alençon et partout en France.

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Published by SUD 61