29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 15:30

Fatigue, épuisement, stress, burn-out, surmenage, pressions, maladies, isolement… une liste non-exhaustive de mots qualifie ce que les personnels peuvent subir aujourd’hui dans leurs écoles et établissements. Certain-es parlent de « souffrance au travail ». Mais n’est-ce pas l’organisation et la charge de travail qui nous fait souffrir ?
Et si on changeait de point de vue un instant ? Et si on parlait de maltraitance du travail ? Et si on considérait que ces maux sont en grande partie la conséquence d’une gestion entrepreneuriale du système éducatif, d’un management aux techniques calquées sur celles du secteur privé ?

Qu’entend-on par management et comment se traduit-il à l’école ?

Le management, c’est la rationalisation de l’offre éducative et de l’organisation du travail qui viserait une éducation qui serait plus « efficace », plus « rentable », une offre plus « apte » ou « adaptée » pour répondre aux attentes d’un public, dans une optique plus commerciale que de service public. L’école deviendrait-elle une entreprise comme les autres ? En tout cas, elle en adopte de nombreux aspects : partenariat avec les entreprises, externalisation de services, promotion de l’enseignement privé, contractualisation des personnels et des établissements, gestion managériale via des services des ressources humaines de plus en plus prégnants, utilisation invasive des outils numériques. L’intérêt du service, et le service public en général, sont dorénavant des questions comptables et les travailleur-se-s du système public d’éducation doivent servir sans discuter, malgré des réformes imbéciles et iniques et des conditions de travail qui se dégradent.

La hiérarchie de l’Éducation Nationale s’empare des techniques de management du privé

Il faut bien faire passer la pilule ! Alors le poids de la hiérarchie s’accroît d’année en année. Les pressions de type managérial qu’elle exerce se manifestent à divers niveaux et moments de la vie professionnelle : inspections, évaluations professionnelles, projets, contrats d’objectifs. Cette hiérarchie s’immisce également au sein des équipes en créant des échelons intermédiaires, comme les postes de coordination, engendrant ainsi tension et concurrence entre les travailleur-se-s. Derrière les discours officiels sur le travail en équipe, l’innovation pédagogique ou l’autonomie des établissements, nous voyons une récupération des pratiques pédagogiques et professionnelles, retournées contre nous afin de nous imposer toujours plus de contrôle et de charge de travail.

Un fonctionnaire doit fonctionner : l’institutionnalisation de la maltraitance

Privatisation, management et poids accru de la hiérarchie entraînent de nouvelles formes de maltraitance au travail et du travail qui pourraient se résumer par « Servir, c’est dépérir ».
Car c’est bien de maltraitance qu’il s’agit : droits des personnels non-titulaires sans cesse bafoués, pressions quotidiennes au nom des missions de service public, difficultés à faire valoir ses droits, difficultés à faire reconnaître un état de santé fragile ou des atteintes psychologiques induites par la hiérarchie elle-même, etc. Les fameux « risques psycho-sociaux » préoccupent le management uniquement parce qu’ils induisent des pertes économiques.
L’administration use du mépris, du déni ou tout simplement de son autorité au détriment de la question humaine. On est bien entre le marteau et l’enclume : la protection par l’institution des fonctionnaires et assimilés est bien de l’ordre du mythe et c’est plutôt la maltraitance qui s’institutionnalise !

Face à ces attaques à peine masquées qui s’intensifient d’année en année, ne restons pas seuls !

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Published by SUD 61