4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 20:36

Mesdames, Messieurs

Cette année scolaire a débuté dans un climat politique délétère de surenchère sécuritaire et sectaire qui assimile une partie de la population au terrorisme sous couvert de prétendus débats sur la laïcité. Nous condamnons une fois de plus sans détour les attentats, leurs instigateur/trices et celles et ceux qui les revendiquent.

Nous sommes particulièrement inquiet-es du traitement actuel de ces questions par celles et ceux qui nous gouvernent ou aspirent à le faire. Il participe au développement des comportements xénophobes et racistes dans la population, tout cela favorisé par certains traitements médiatiques indignes où dominent amalgames, approximations et sensationnalisme.

Nous devons combattre toutes les ségrégations, toute stigmatisation des personnes cataloguées « musulmanes » et la façon dont sont aujourd’hui traitées les migrant-e-s, à qui on refuse les droits les plus élémentaires y compris pour les enfants, celui à la scolarisation obligatoire avec des refus d’inscription d’enfants roms par les maires de certaines communes et ce en toute impunité.

L’empathie que nous avons pour les victimes des attentats, où qu’elles soient, et notre opposition résolue au développement des idéologies mortifères ne nous empêchent pas de mettre en cause les politiques mises en œuvre à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de la France.

Et de fait, à la rentrée, l’essentiel de la communication ministérielle a été orientée sur les questions sécuritaires, avec des mesures que nous jugeons inefficaces, anxiogènes, parfois dangereuses pour les libertés publiques.

Avec en prime, des décisions qui révèlent le cynisme sans limite de ce gouvernement puisqu’il a décidé de prendre 30 millions du fond destiné aux personnes en situation de handicap dans les universités pour financer les mesures sécuritaires.

Ces mesures aggravent la charge de travail des personnels quand elles ne débordent pas totalement le cadre de leurs missions, les personnels de l’éducation nationale n’ayant pas vocation à devenir des agent-es de sécurité.

L’embrigadement de l’école, des enseignant-e-s, de l’ensemble des personnels dans cette logique sécuritaire va encore fragiliser l’école publique en rendant son rôle de plus en plus confus.

Nous ne voulons pas enseigner la peur, nous ne voulons pas devenir les vigiles anti-terroristes d’une école bunkérisée.

Ces mesures qui s’inscrivent dans la même logique que l’état d’urgence permanent passent à la trappe les réels problèmes de l’école et le mécontentement des personnels.

Ces mesures permettent d’occulter des conditions de rentrée que nous ne trouvons pas meilleures que les années précédentes : précarité et inégalités, dégradation des conditions de travail pour toutes et tous, non création de postes RASED malgré nos demandes répétées, réforme du collège...

Les élèves et les personnels commencent à subir cette réforme imposée contre l’avis des personnels qui en accroissant l’autonomie des établissements aggravent les inégalités entre les collèges.

La mise en place des nouveaux programmes n’est guère plus satisfaisante. Les formations se font attendre, les moyens sont absents, et une fois de plus cette réforme permet d’imposer aux enseignant-es des modalités de fonctionnement autoritaires, pyramidales et chronophages qui ne profiteront ni au progrès des élèves ni aux conditions de travail et de concertation des personnels.

La réforme des rythmes scolaires dont nous continuons de revendiquer l’abrogation est toujours remise en cause par les enseignant-es mais également par les animateur/trice-s du périscolaire.

La preuve est faite que ces rythmes détériorent les conditions de travail des personnels et ne sont en rien favorables aux apprentissages des élèves qu’ils ne permettent pas d’améliorer, alors que c’est cet objectif principal qu’ils avaient la prétention de poursuivre.

Elle augmente dans le périscolaire les taux d’encadrement pour les enfants au détriment de leur sécurité et de conditions d’exercice des personnels d’animation.

Enfin, dans quelques semaines, la réforme annoncée de l’évaluation des enseignant-e-s, prochain coup de butoir dans l’atteinte à la liberté pédagogique et à l’autonomie des enseignant-es promet une soumission à la hiérarchie encore accrue et une rémunération au mérite qui favorisera la concurrence entre les personnels et individualisera encore davantage les parcours.

En cela cette réforme s’inscrit dans la droite ligne de la loi travail promulguée à grands coups de 49-3… et de matraques : dans la logique de toujours plus d’arbitraire patronal, de destruction des droits et garanties collectives, de précarité et de chômage, d’inégalités.


 

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Published by SUD 61