7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 07:16

C’est une rentrée particulièrement difficile que nous vivons dans l’Orne. Il reste de nombreux postes non pourvus, souvent pris en charge par des brigades. Envisagez-vous de recruter sur liste complémentaire ? Dans le cas contraire, que va-t-il se passer pour les arrêts maladie, les congés maternité, les stages de formation continue ?

Par ailleurs, qu’est-il prévu pour l’accompagnement de la mise en place de la refondation ? Quand le livret numérique sera-t-il prêt ? Ne s’agit-il pas à nouveau de vouloir agir trop vite, sans préparation et sans laisser de temps aux enseignants pour la mise en place de ces changements !

Et que dire de la persistance dans notre département de l’annualisation du temps de travail des AVS ? Alors que de nombreuses académies font appliquer l’obligation de faire travailler ces personnels 20h par semaine, notre académie reste sourde !

La communication ministérielle de cette rentrée scolaire est orientée sur les questions sécuritaires, avec des mesures forcément inefficaces, anxiogènes, parfois dangereuses pour les libertés publiques. Les effets d’annonce sur les salaires et sur les effectifs ne répondent pas aux attentes des personnels. Non, la rentrée 2016 ne s’annonce pas meilleure que les précédentes ! Les élèves et les personnels vont subir la réforme du collège, les modalités de mise en place des nouveaux programmes, les effets de la réforme des rythmes scolaires, la territorialisation de l’école, les sureffectifs, la casse de l’éducation prioritaire… Et dans quelques semaines la réforme annoncée de l’évaluation des enseignant-e-s.

Publiés au mois d’août au journal officiel, deux décrets concernant les rythmes scolaires institutionnalisent dans la partie réglementaire du code de l’éducation l’ensemble des dispositions dérogatoires du décret Hamon, généralisent les PEDT (projet éducatif territorial) et entérinent les taux d’encadrement des élèves pour les activités périscolaires. Alors que cette réforme ne présente aucun bénéfice ni pour les apprentissages des élèves ni pour leurs activités périscolaires, le ministère pérennise des dispositions introduites au départ à titre expérimental contre l’avis des personnels enseignants et d’animation. Si les dérogations du décret Hamon ont parfois été accueillies positivement, comme une possibilité d’éviter les pires effets de la réforme Peillon, elles ne changent pas le fond de cette réforme et elles n’effacent pas ses effets néfastes pour les conditions de travail des personnels et pour les conditions d’apprentissage des élèves et ont même créé de nouvelles difficultés. Quant à l’augmentation des taux d’encadrement pour les activités périscolaires, elle est unanimement refusée par les personnels d’animation. Face aux surcoûts que représente la réforme des rythmes, pour les collectivités territoriales, ces mesures n’ont d’autre but que de leur permettre de faire des économies. En effet réunir sur un après-midi les activités périscolaires répond bien souvent aux préoccupations budgétaires des mairies. Les dispositions Hamon poussent à généraliser des journées de 6 heures voire plus, à l’encontre des motivations supposément chrono-biologiques de la réforme. Tout comme les taux d’encadrement élevés dégradent les conditions d’accueil et de sécurité des enfants ainsi que les conditions de travail des animateur-trice-s Cette réforme reste donc néfaste pour les élèves, les enseignant-e-s et les animateur‑trice‑s. C’est pourquoi SUD éducation continue de revendiquer son abrogation.

Mais pour gagner dans notre champ professionnel, c’est avec le reste du monde du travail qu’il faut combattre. Aujourd’hui c’est la loi travail qui est en ligne de mire. Elle constitue une régression historique des droits des salarié-e-s. L’inversion de la hiérarchie des normes est un problème central, mais c’est l’ensemble du projet qui doit être retiré, pas seulement l’article 2. Derrière cette attaque du code du travail, il est évident que c’est la remise en cause du statut de la fonction publique qui se profile. Les grèves et les manifestations du 1er semestre 2016 contre la loi travail ont été massives. Pendant les vacances des actions et pôles d’information se sont mis en place. Le gouvernement a voulu passer rapidement et autoritairement avec l’utilisation du 49.3. Il a joué la carte de la répression à outrance. Cela n’a pas du tout entamé la détermination des travailleurs-euses. C’est pourquoi la mobilisation reprend de plus belle le 15 septembre. La Fédération SUD Education appelle à y participer massivement.

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Published by SUD 61