29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 08:38

La CAPD d'aujourd'hui se déroule sur fond de contestation sociale. Le projet de la loi Travail constitue une régression historique des droits des salarié-e-s. L’inversion de la hiérarchie des normes est un problème central, mais c’est l’ensemble du projet qui doit être retiré, pas seulement l’article 2. Derrière cette attaque du code du travail, il est évident que c’est la remise en cause du statut de la fonction publique qui se profile. Le gouvernement a même voulu interdire les manifestations, alors que les violences policières se multiplient et que le pouvoir en place organise la tension et tente de décrédibiliser le mouvement syndical. Déjà, des centaines de personnes ont été interdites de manifestation. Les actes de répression, les arrestations, les condamnations des manifestant-e-s se multiplient. C’est inacceptable ! La véritable violence et la véritable casse, c’est l’Etat qui l’impose en inscrivant dans la loi l’exploitation des travailleurs/euses.

Cette CAPD est aussi l'occasion pour Sud Éducation de rappeler son opposition au système d'avancement de carrière des professeurs des écoles. À l’inverse des choix ministériels, nous revendiquons l’augmentation générale des salaires et la réduction des écarts de rémunération. SUD éducation revendique immédiatement une augmentation inversement proportionnelle aux salaires pour réduire l’éventail des rémunérations entre les différentes catégories de personnels, avec un salaire minimum porté immédiatement à 1700 euros net et l’indexation des salaires sur l’inflation pour garantir le maintien du niveau de vie des personnels en activité et à la retraite.

Nous combattons toute rémunération « au mérite ». Nous revendiquons : l’intégration aux salaires des indemnités générales (ISAE, ISOE), la compensation des tâches ou missions supplémentaires et des conditions de travail difficiles par des réductions des services, la baisse du temps de travail pour l’ensemble des personnels.

SUD éducation est opposé à la notation, aux inspections, à l’évolution différenciée des carrières. Contre les divisions et la mise en concurrence, SUD éducation revendique une évaluation purement formative, complètement déconnectée de la progression des carrières et des rémunérations, une évaluation qui favorise la coopération et le travail en équipe, et une véritable formation. Cela passe par une réforme profonde de la formation initiale des enseignant-e-s, mais aussi, pour tou-te-s, par un droit réel à la formation continue choisie, sur temps de travail, et par une augmentation drastique des droits à congés formation.

La hors classe continuant malgré tout à exister, nous demandons à ce qu'au moins aucun barrage ne soit fait, et que les personnels puissent y accéder uniquement en fonction du barème.

Pour terminer, les directeurs-trices d'écoles ont plusieurs compensations importantes suite aux particularités de leur poste. Nous demandons à ce que tous les personnels puissent accéder à ces postes, même s'ils sont à temps partiel. En effet, nous remarquons que cette limitation d'accès conduit, dans les faits, à une discrimination envers les femmes. Au niveau statistique, il est noté que les femmes ont globalement des salaires inférieurs à ceux des hommes, occupent moins de postes à responsabilité et sont moins nombreuses a accéder à la hors classe. L'accès a un poste de direction ouvre le droit à des primes, et apporte des points supplémentaires pour l'accès à la hors classe, permettrait d'accéder à une éventuelle classe exceptionnelle et donne également des points pour le mouvement inter-départemental. Les temps partiels étant essentiellement demandé par les femmes, nous assistons, dans les faits, à une discrimination que nous ne pouvons accepter.

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Published by SUD 61