12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 08:13
  • Evolution du nombre de postes : Nous constatons une évolution inquiétante du nombre de postes dans les collèges avec la situation la pire de ces dix dernières années.

  • Clip contre le harcèlement à l’école : Nous sommes scandalisé-es par cette représentation caricaturale d’un autre âge de l’école qui reprend tous les clichés les plus éculés et ceci à des fins soit disant pédagogiques. Ce film, financé et sponsorisé par Disney, représente un enfant en situation de harcèlement dans une classe, sous le nez d’une enseignante représentée sous les traits d’une sorte de cerbère autoritaire et malveillante, qui, à défaut de leur adresser la parole, éructe sur les élèves en écrivant de façon incompréhensible sur le tableau. Le tout en ne voyant absolument rien de la situation de détresse dans laquelle se trouve l’élève. Pire, elle le rappelle à l’ordre parce qu’il semble ne pas écouter. A la fin du film, c’est une fille de la classe qui propose de l’aide au garçon harcelé et qui lui dit qu’ils vont trouver des solutions. Une fois de plus, nous constatons que pour masquer les enjeux réels de la politique qu’il mène, le ministère, toujours prompt à alimenter la défiance envers les enseignant-es, n’hésite pas, avec une certaine complaisance, à caricaturer leur travail en ignorant la réalité de l’école et la diversité de leurs pratiques pédagogiques. Pire dans ce clip, il fait des enseignant-es les responsables de situations dans lesquelles les élèves se trouvent en danger. C’est parfaitement inacceptable ! Alors que les effectifs augmentent dans les classes et qu’il y a de moins en moins d’adultes pour encadrer les élèves ; alors que l’enseignement spécialisé a été décimé et que les RASED sont en voie de disparition ; alors que les missions des psychologues scolaires ont été multipliées dans le cadre des pôles ressources et ne sont pratiquement plus en mesure d’assurer leur mission de prévention ; alors qu’il manque des infirmières, des médecins, des assistant-es sociaux, le ministère préfère donner des gages aux réactionnaires et partisan-es d’une école conservatrice tout en finançant sa propagande grâce à une entreprise privée dont on peut sincèrement douter de la légitimité en matière éducative, plutôt que de donner de réels moyens à l’école. Les clichés éculés que véhicule ce film sont incompatibles avec les valeurs et les pratiques d’une école égalitaire, émancipatrice et autogestionnaire que nous revendiquons. Nous demandons à ce que ce film ne soit pas diffusé et soit retiré des sites institutionnels.

  • Précarité : Mercredi 4 novembre 2015, certaines organisations syndicales dont SUD Education ont organisé une journée nationale de mobilisation en faveur des personnels qui accompagnent les élèves en situation en handicap (AESH). A cette occasion, l'intersyndicale a été reçue au ministère de l’Éducation nationale. Elle a rappelé le fait que nous étions loin de la « professionnalisation » annoncée ceci d'autant plus que ce qui est proposé n'est pas dans un cadre statutaire de la Fonction publique. L'intersyndicale a demandé la mise en place d'emplois de titulaires dans le cadre d’un corps de la Fonction publique. Concernant les personnels AVS en contrat CUI, Le ministère annonce une augmentation de 10 000 CUI en septembre 2015 ce qui porte à 58 000 le nombre de ces personnels ! L'intersyndicale a rappelé qu'elle considérait que cette utilisation massive de contrats aidés, donc de personnels très précaires, n'était pas acceptable. Ces contrats ne sont pas adaptés pour ces missions pérennes.

  • Livret scolaire numérique : A la suite des changements de programmes pour l'école primaire et le collège, le ministère a décidé d'engager une nouvelle réforme de l'évaluation en mettant en œuvre un livret scolaire numérique pour les cycles 2, 3 et 4. Ce livret s’inscrit dans la même logique que le LPC mais en bien pire, puisqu’il intègre dans une même application : le livret de compétences du socle commun et les bulletins périodiques des élèves avec également des éléments de suivi des élèves en difficulté (PAP, PPRE, suivi RASED ou à besoins particuliers (ULIS, UPE2A …). Il n’a rien d’un « outil pédagogique au service du suivi personnalisé des élèves », mais participe de la constitution d’un véritable casier scolaire, au service de la normalisation et du profilage des élèves, chère à cette société néolibérale, pour qui seul ce qui est quantifiable et mesurable compte. C’est pourquoi SUD éducation considère que ce livret scolaire n’est ni plus ni moins qu’un nouvel instrument de fichage et de flicage ET pour les élèves ET pour les enseignant-es, avec de surcroît une absence totale de garanties quant à la maîtrise de l’utilisation par les usager-es de ces données.

  • En conclusion, SUD Education, tout comme un bon nombre d’enseignants d’ailleurs, est bien pessimiste quant à l’avenir de l’enseignement.

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Published by SUD 61