27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 09:31

Le ministère a présenté la répartition académique des 2511 postes supplémentaires programmés dans les écoles pour la rentrée 2015. Les créations de postes restent bien insuffisantes au regard des besoins de l’école primaire. Notre académie perd des postes (29), tout comme les académies de Besançon, Nancy-Metz, Dijon, Paris ou la Guadeloupe, alors même que ces dernières sont très loin d'avoir retrouvé les moyens nécessaires à un fonctionnement respectant nos conditions de travail et celles des élèves.

Dans une période où le rôle de l’école et ses missions ne cessent d’être mis en avant, les suppressions de postes vont à rebours de ce que nous devrions attendre : comment toujours demander davantage aux enseignant-es alors même que les moyens pour exercer leur métier dans des conditions appropriées ne sont toujours pas mis en place ? De la même façon, la défense de la laïcité ne cessant d’être invoquée, comment ne pas condamner les réformes qui favorisent la scolarisation des élèves dans des établissements confessionnels, pas réellement tenus par le principe de laïcité ? Ces réformes font le jeu des suppressions de postes puisque votre principal argument pour justifier ces suppressions est justement la baisse des effectifs, aussi minime soit-elle. Vous admettez vous-même que la baisse des effectifs est due à la fuite d’élèves vers l’enseignement privé. Comment assurer un enseignement de qualité dans ces conditions et comment encore parler d'une refondation de l'école, pourtant promise à de très nombreuses reprises ?

Dans le 1er degré, l'alourdissement des classes par le biais de fermetures d'écoles aggrave la détérioration constante des conditions de travail des personnels. Ces classes surchargées, y compris quand elles sont à multiples niveaux, deviennent la norme, avec des exigences croissantes, abusivement sous-entendues comme réglementaires. Les programmes, dont la conception même est remise en question, trop chargés et mal répartis, favorisent le mal-être des professeurs des écoles, qui, confronté-es à la réalité quotidienne du terrain, ne peuvent atteindre à la vision idéale et culpabilisante de l'enseignement telle que nous la renvoient l'administration et les supérieurs hiérarchiques. Ce sont tous les jours les élèves, leurs maîtresses, leurs maîtres, leurs accompagnant-es qui font les frais de la politique de resserrement des budgets imposée à l'Education Nationale.

Nous nous saisissons également de ce CTA pour vous faire part de notre profond désaccord quant au report des opérations de carte scolaire dans le premier degré. En ajournant ainsi le comité technique départemental et le comité départemental de l’Education nationale (CDEN), toutes les opérations de préparation de la rentrée et d'affectation des enseignant-es vont être retardées de près de deux mois par rapport au calendrier habituel. Ce n’est pas acceptable.

Pour le secondaire, même constat. Les 2550 créations de poste sont largement insuffisantes et ne permettront pas aux personnels d’assurer leur mission et aux élèves d’étudier dans de bonne conditions

Dans notre académie, la baisse des effectifs dans les collèges qui pourraient pour une fois soulager les collègues et améliorer leurs conditions de travail est accompagnée d’une baisse de 10 postes. La baisse des effectifs en 6ème et 5ème est due à un transfert vers l’enseignement confessionnel privé comme vous l’admettez vous même. Votre annonce, Monsieur Le Recteur, lors du dernier CAEN, de la fermeture de collèges de moins de 300 élèves en milieu rural accentuera ce flux.

Dans les Lycées Professionnels, le Rectorat et la Région ne cachent plus leurs intentions : la politique du développement à outrance de l’apprentissage, des parcours mixés et de la mixité des publics. Non Monsieur Le Recteur nous ne serons pas « mixophile » comme vous l’avez déclaré en C.A.E.N. Nous répétons que seule la formation initiale sous statut scolaire est garante d’une formation professionnelle qui se veut émancipatrice pour les jeunes et libérée des intérêts limités de l'économie capitaliste.

Au sujet des indemnités pour mission particulière, SUD Education Basse Normandie soutient la pétition du collectif des administrateurs réseaux et toutes leurs revendications. La seule action convenable aurait été d’augmenter leur temps de décharge. Ils auraient enfin pu avoir un temps suffisant pour pouvoir gérer le réseau informatique pédagogique. Or, vous proposez qu’ils effectuent ce lourd et chronophage travail en plus de leur temps devant élève. Cette mesure est complètement absurde. Comment peut-on croire que les collègues feront tout ce travail en plus de leur temps devant élève ?

SUD Éducation dénonce une fois de plus l’indigence des moyens, alors que les demandes de l'ensemble des personnels sont fortes pour enfin travailler dans de meilleures conditions, avec pour objectif la plus grande réussite des élèves : aujourd'hui ce ne sont que frustration et colère qui sont générées par ces mesures !

SUD Éducation alerte l’administration sur la détérioration des conditions de travail évoquée dans cette déclaration et appellera à une mobilisation la plus large et la plus unitaire possible afin que nos revendications en termes de créations de postes notamment soient satisfaites.

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Published by SUD 61