11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 08:02

Déclaration liminaire de l'union des syndicats SUD Education de Basse-Normandie


Monsieur le Recteur

Cette rentrée voit l'annonce d'une grande conférence nationale sur l’évaluation des élèves. Dans le même temps, se tient une concertation sur le socle commun et une autre sur les programmes en maternelle.

SUD Education continuera de combattre tout socle commun qui s’inscrirait dans le cadre de la stratégie néolibérale de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) en matière de développement des compétences pour l’employabilité et dans la perspective du Livret personnel de compétences, livret ouvrier 2.0 dont SUD Education revendique l’abrogation.

Ce début d’année, pour nombre de nos collègues, reste également marqué par des réformes problématiques. La réforme des rythmes scolaires est imposée cette année contre l’avis d’une grande majorité des personnels. Sans surprise, elle confirme les difficultés déjà constatées l’an dernier là où elle avait été expérimentée : elle désorganise le temps scolaire et n’a d’autre effet sur les élèves que celui d’accroître leur fatigue, comme celle des personnels. Elle renforce une fois encore une territorialisation de l’École publique avec des dispositifs très inégaux, parfois au sein d’un même département (nouvelles activités péri-éducatives plus ou moins bien organisées dans les communes, payantes ou non…).

La situation de beaucoup de stagiaires demeure très difficile. Elle est aggravée par des affectations qui vont les obliger à valider leur Master 2 dans des conditions difficiles, dans une autre académie souvent que celle où ils/elles ont effectué le Master 1. Le nombre de démissions de stagiaires serait stable au niveau national, mais cette stabilité, l’année où justement a été remise en place une année de formation en alternance, constitue un indiscutable symptôme d’une entrée dans le métier qui demeure très difficile.

Malgré le nombre non négligeable de contractuel-les admissibles, le nombre de non-titulaires dans le second degré a encore augmenté cette année (en valeur et en pourcentage), nous aurions pu penser que la titularisation par concours de contractuels aurait diminué ce nombre d'un tiers or il a augmenté de 5 %. Les non-titulaires représentent de fait 10 % des effectifs en second degré. C'est indéniablement la conséquence de l'affaiblissement continu d'un service de remplacement assuré par des personnels titulaires.

Lors de la préparation de la rentrée 2014, il a été annoncé la baisse de rémunération des heures données en CFA (pondération de 0,56). Cette pondération n'a pas lieu d'être, le statut des enseignants prévoit 15 ou 18h hebdomadaire. Le Conseil d’État a rappelé l'impossibilité d'annualisation pour les enseignants. Le CFA doit se plier à la règle générale.

D'autre part, SUD Education condamne la mise en place de la labellisation des « campus des métiers et des qualifications » qui n'est qu'un prolongement de celle du « Lycée des métiers ». Ces labellisations permettent aux Régions de s'immiscer dans la carte des formations et de promouvoir exclusivement l'apprentissage, les parcours mixés et les classes mixtes (élèves sous statut scolaire avec des apprenti-e-s). L'enseignement professionnel ne peut se réduire à un formatage au service du patronat local. Il doit, au même titre que les filières générales et technologiques, permettre l'acquisition des savoirs généraux et l'apprentissage de la vie démocratique, former des individus autonomes et critiques, aptes à comprendre le monde qui les entoure et à agir pour le transformer.

Enfin, SUD Education réclame des explications sur la mutation hors barème d'une collègue de l'Orne vers l'école de Ouistreham, dans le Calvados. Nous vous rappelons la situation dramatique que vit un grand nombre d'enseignant-es de l'Orne qui émettent le vœu de retrouver leur conjointe ou conjoint, leurs enfants dans le Calvados ou la Manche et qui voient leur demande non satisfaite année après année.

Une école pour tou-te-s ne peut se construire dans le cadre de l’austérité budgétaire, car elle suppose de réels moyens pour garantir l’égalité du droit à l’éducation, une réduction du nombre d’élèves par classe, une vraie politique de l’éducation prioritaire, des moyens à la hauteur des besoins pour une école réellement inclusive, des rythmes scolaires équilibrés sur la journée, la semaine et l’année, bref tout l’inverse des choix actuels.

Partager cet article

Repost 0
Published by SUD 61