13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 17:33

Former les enseignant-es à distance ? Tous et toutes à vos ordinateurs ! C’est la nouvelle recette miracle... Cela s’appelle M@gistère et c’est à la pointe du progrès pédagogique selon l’éducation nationale !

Peu à peu, l’idée que l’on pourrait être formé à distance s’installe…

Et si on en profitait un peu pour réfléchir à nos pratiques et à notre formation ?

M@gistère, le nouveau plan de formation vient d'arriver. Les maîtres mots de cette réforme de la formation : liberté et innovation. Les grands principes du ministère ! Si on gratte un peu, on découvre vite que liberté signifie liberté dans un cadre imposé, le cadre de l'école libérale et innovation est une manière de former les professeurs sans que cela ne coûte un centime de plus.

M@gistère c'est quoi ? Une formation numérique à distance « tutorée et interactive ». Pour les enseignant-es du primaire cela signifie que 9 heures sur les 18 consacrées à l'animation pédagogique devront être dédiées à des formations sur l'outil numérique. Le-la prof se connecte du lieu de son choix (Liberté!) et a accès à des modules de formation proposés par les IEN, en fonction de l'évaluation des besoins qu'ils ont fait pour leur circonscription (exemple : Enseigner l'orthographe).

A la fin l'enseignant-e s'auto-évalue pour mesurer l'efficacité de sa formation, il/elle valide ses acquis. On est donc bien l'école du libéralisme : celle qui évalue, qui doit être efficace, celle qui s'adapte en permanence aux prétendues réalités du terrain, celle qui surveille par le biais des nouvelles technologies l'activité de ses personnels.

Concernant la formation des enseignant-es, SUD éducation revendique un minimum de 3 semaines de formation, institutionnelles ou non, par an et sur le temps de travail. Revendiquer un droit à la formation étendu, certes, mais quelle formation voulons-nous ? Voici des pistes de réflexions sur les conditions d'une formation vraiment émancipatrice, pour les professeur-es, et pour les élèves.

Il faudrait tout d'abord permettre aux enseignant-es de continuer leur formation didactique. Il faudrait généraliser l'accès des enseignant-es du premier et second degré aux cours universitaires, aux cycles de conférences proposés par diverses institutions, et ce selon le besoin qu'ils/elles éprouvent de se « mettre à jour » dans tel ou tel domaine de leur discipline, mais aussi des autres disciplines.

D'autre part, la formation doit être personnalisée et correspondre aux besoins des enseignant-es dans la temporalité de leur choix. Par exemple, pouvoir bénéficier d'une formation sur le handicap quand où l'on accueille un-e élève handicapé-e dans sa classe (et non trois ans avant ou trois ans après...).

L'analyse des pratiques devrait être un des piliers de notre formation continue. C'est ce que prétendent faire les IEN , mais cela est insatisfaisant puisque d'une part trop ponctuel et d'autre part dans le cadre d'un rapport hiérarchique et non d'un véritable échange.

Seule la co-observation, suivie et analysée par une discussion entre les participants, une co-observation entre enseignant-es bienveillant-es et volontaires, peut nous amener à analyser véritablement nos pratiques pédagogiques. Au lieu d’une vraie discussion construite, M@gistère nous propose de laisser des « commentaires » en ligne pour échanger avec les autres enseignant-es, comme si cette pratique pouvait aboutir à l’élaboration d’un discours complexe et approfondi.

Avec M@gistère, le ministère nous fait l'aumône d'heures de formation qui ne correspondent pas à nos besoins.

En outre, des collègues nous ont fait part de l'absence de discrétion sur M@gistère.

La page 2 du document joint vous propose quelques conseils pour un petit peu plus de discrétion.

Mais l'essentiel, c'est de faire savoir que cette formation, ce n'est pas celle que nous attendons, et pas dans les formes qui nous sont imposées.

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Published by SUD 61