29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 13:49

Nous ne pouvons commencer cette déclaration sans parler du rassemblement qui a lieu devant le Rectorat. Des collègues se sont mobilisé-e-s pour montrer leur mécontentement.

En effet, le mercredi 26 février, dans le cadre intersyndical (FSU, SUD, CGT, CFDT, UNSA), des délégations d’établissements du second degré les plus touchés par les restrictions budgétaires ont été reçues au Rectorat.

Les délégations ont dénoncé les conséquences des politiques de restriction des moyens, les classes qui deviennent ingérables en collège ou en lycée professionnel, une recrudescence de la violence, de l’absentéisme et du décrochage.

Elles ont toutes formulé des demandes précises : des classes supplémentaires pour faire face aux effectifs pléthoriques de 35 élèves en lycée et 30 élèves en collège et lycée professionNel, des heures de dédoublement pour les TP dans les séries technologiques, l’arrêt des fermetures de sections en lycée professionnel et des moyens supplémentaires en encadrement périscolaire (CPE et AED). A chaque fois, le Rectorat a repoussé les demandes, rejetant la responsabilité sur le ministère.

Pour preuve du mécontentement des collègues, la plupart des CA ont voté contre la proposition de répartition des chefs d'établissement. Derrière les chiffres qui institutionnalisent le manque de moyens, nous dénonçons les conséquences pathogènes de nos conditions de travail et la dégradation des conditions de réussite de nos élèves.

Plus précisément, en lycée professionnel, les suppressions de postes s'accumulent tous les ans . Ces suppressions sont génératrices de souffrance au travail pour les personnes victimes de mesure de carte scolaire (changement d'établissement non souhaité, reconversion...) et pour celles qui restent (plus d'élèves par classe, stress de demander une mutation...). Le démantèlement des L.P. continue inexorablement. En 5 ans, 15% des postes de personnels enseignants ont été supprimés dans l’académie. L’année dernière alors que la DHG du Rectorat demandait aux proviseurs de créer 7 postes, 14 ont été supprimés. Cette année, le Rectorat demande la suppression de 3 postes et il en est supprimé 12. Pouvez-vous nous expliquer ce dysfonctionnement et où vont les moyens ainsi perdus ?

La façon dont la réforme STI est accompagnée en France et dans l'Académie de Caen n'est pas respectueuse du personnel. A la suite du CHSCTMEN du 14 octobre 2013, des préconisations ont été adressées aux rectorats dans le plan d'action académique STI le 18 décembre. Elles comprenaient des mesures en faveur de l'ensemble des enseignants de STI, comme «la formation adaptée aux besoins collectifs », «la libération des plages horaires communes », « le regroupement des lieux d'exercice », « la mobilisation d'heures en effectifs allégés dans le but de créer les conditions d'un co-enseignement ». Or, rien de tout cela ne transparaît dans les DHG, les groupes d'élèves pouvant atteindre 18 élèves. L'institution persiste à penser que la souffrance des enseignants n'est qu'un problème individuel qui finira bien par s'estomper (« repérage des personnels en difficulté », « tutorat »...). Grave erreur de jugement ? Méconnaissance des conditions d'exercice ? Refus (inconscient ou conscient) d'accepter la réalité ? L'enquête sur les risques psychosociaux qui vient d'être lancée ne pourra nous donner qu'un aperçu parcellaire du désarroi des enseignants STI.

Dans les lycées généraux, la situation se dégrade, alors qu’on nous avait annoncé la fin de la diminution des moyens mise en œuvre sous l’ère sarkozienne. La restriction non seulement n’est pas stoppée mais est une fois de plus aggravée car les effectifs élèves augmentent alors que nous perdons 14 postes à la rentrée prochaine. Les DHG amaigries octroyées aux établissements entrainent la hausse des effectifs par classe (le nombre de 35 élèves devient la norme), pour que ces DHG soient appliquées il faut récupérer des heures pour assurer les cours, des options sont supprimées, l’aide "personnalisée" aux élèves se fait en classe entière. Les conséquences, nous les connaissons : encadrement des élèves insuffisant, sentiment de travail mal fait et souffrance des collègues, dégradation des conditions de réussite de nos élèves. Nous dénonçons l’affaiblissement continuel de notre service public d’éducation qui atteint des limites au-delà du supportable. Il est urgent que notre hiérarchie jusqu’au plus haut niveau de l’État s’en alarme et prenne de véritables mesures pour répondre à nos revendications.

Dans le corps des CPE, l’académie est toujours aussi mal dotée en postes. Certains collèges n’ont pas de CPE depuis des années. Le choix dans les petits collèges de transférer cette fonction aux principaux adjoints est un scandale. Dans les collèges avec des effectifs importants, il y a souvent 1 CPE pour 600, 700 voire même 800 élèves. Comment un CPE peut-il travailler correctement dans ces conditions ? Le fait de ne pouvoir répondre forcément à toutes les sollicitations des élèves doit être une souffrance pour ce ou cette collègue. La fonction de CPE est pourtant un maillon essentiel et nécessaire au bon fonctionnement d’un établissement et ce ne sont pas les deux postes octroyés qui amélioreront de manière significative le quotidien des adultes et des élèves de l'académie.

De même, la création de deux postes de personnel infirmier dans l’académie est très insuffisante. Nous dénoncions déjà lors du dernier CTA le partage du temps de travail des infirmiers dans les collèges et les écoles primaires. Sud éducation exige une infirmière ou un infirmier par établissement.

Le 22 août dernier, le gouvernement a annoncé la création d’un « statut spécial », la reconnaissance « d’un vrai métier » pour les collègues accompagnant les élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire. M. Ayrault et M. Peillon proclamaient alors « la fin de la précarité » pour les auxiliaires de vie scolaire (AVS). Si ce coup médiatique de rentrée a pu susciter une lueur d’espoir chez les personnels concernés et les parents d’élèves en situation de handicap, la réalité, une fois l’effet d’annonce passé, s’avère très cruelle. Nous sommes bien loin d’un métier et de conditions de travail décentes, nous sommes également bien loin des préconisations rendues au printemps dernier par le rapport du groupe de travail interministériel sur la « professionnalisation des AVS » qui a longuement planché sur la question !

SUD éducation revendique des moyens supplémentaires pour l’aide aux élèves en situation de handicap et la titularisation sous statut de fonctionnaire pour toutes celles et tous ceux qui ont exercé cette mission.

SUD éducation revendique la mise en place d’une réelle formation, indispensable à l'exercice du métier d’auxiliaire de vie scolaire.

Malheureusement, force est de constater que la « refondation » de V. Peillon ne va pas dans le sens annoncé d'une priorité faite à l'éducation nationale. Le choix de l'austérité budgétaire pour les salarié-es et les services publics accompagné, entre autre, des cadeaux aux patrons et actionnaires fait de la refondation de l’école une illusion.

Partager cet article

Repost 0
Published by SUD 61