19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 06:30

Vendredi soir tard, nous recevions une lettre du Premier Ministre réagissant à notre coup de colère lors de la réunion de méthode sur les parcours professionnels, présidée par la Ministre de la Fonction publique le jeudi 13 février.

Si nous sommes satisfaits de lire dans ce courrier que le gouvernement ne prendra aucune mesure qui aurait pour objet de geler l'avancement des agents publics, il est bien clair que pour le reste, rien ne justifie que nous relevions la garde !

Bien au contraire.

Dans cette lettre, l'orientation politique régressive n'a pas changé.

Dès le premier paragraphe, il est fait état de la nécessité de "rénover" notre modèle de fonction publique pour apporter un meilleur service aux Français.

Rappelez vous que c'était le même objectif qui, à l'époque, avait servi de leitmotiv au gouvernement Fillon pour lancer sa RGPP !

Dans le second paragraphe, il est question de la "plus grande transparence" de notre gestion.

Il suffit de lire actuellement tous les rapports sur les volontés de simplification, de rationalisation et de rapprochement entre les versants de la fonction publique pour que l'on comprenne que derrière cette transparence, se cachent de nombreux diables (décentralisation, déconcentration, mobilité etc...).

Enfin, le troisième paragraphe nous fait dire que "nous sommes d'accord pour mener à bien des discussions sur l'avenir de la FP dans un contexte de rétablissement des comptes publics "!

Et puis quoi encore ? et de poursuivre en précisant que la négociation doit s'inscrire dans un contexte où la situation budgétaire impose à la fonction publique de participer à l'effort de redressement du pays.... Comme si nous n'avions pas déjà donné !

Il faut s'en convaincre, l'objectif gouvernemental est de trouver 50 milliards d'euros d'économies dans les trois ans à venir.

La fonction publique fait partie des secteurs potentiels pour y parvenir.

Il suffit d'ailleurs de lire les propos de la porte parole du gouvernement (ci-dessous) pour comprendre que nous sommes clairement en ligne de mire pour alimenter ces 50 milliards.

"PARIS, 18 fév 2014 (AFP) - Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement, a réaffirmé mardi la volonté de l'exécutif de réaliser 50 milliards d'euros d'économies d'ici la fin du quinquennat, en jouant notamment, a-t-elle laissé entendre, sur le nombre global des fonctionnaires.

Interrogée sur RMC et BFMTV sur les propos du sénateur PS Gaëtan Gorce selon lesquels François Hollande n'a "ni les moyens ni la volonté de dégager 50 milliards d'économies supplémentaires", Mme Vallaud-Belkacem a répondu: "Si j'en crois ce qu'est en train de faire en ce moment même le ministre du Budget Bernard Cazeneuve, qui recueille auprès de chaque ministre et avec insistance les propositions d'économies dans chaque secteur, je crois que nous allons y arriver."

"Ce ne sera pas facile, personne n'a dit que ça allait être facile. C'est ce que nous sommes en train de faire, interroger la pertinence de chacune de nos politiques publiques, pas seulement l'Etat mais aussi les collectivités locales", a ajouté la porte-parole du gouvernement.

"Ça n'est pas pour les beaux yeux de la Commission européenne que nous cherchons ces économies mais aussi pour rendre plus efficaces nos pouvoirs publics", a rétorqué Mme Vallaud-Belkacem alors que M. Gorce écrivait lundi sur son blog que cette somme de 50 milliards d'euros d'économies n'était "qu'un leurre destiné à enfumer la Commission."

Pressée de questions sur une baisse possible du nombre de fonctionnaires, la porte-parole du gouvernement a déclaré qu'"à partir du moment où nous interrogeons la pertinence des politiques publiques, s'il apparaît qu'il vaut mieux se recentrer sur quelques politiques publiques phares et laisser de côté d'autres qui apparaissent moins utiles, cela aura des conséquences, évidemment, en termes de ge
stion du personnel."

Mais "nous nous refusons à nous fixer des objectifs fixés à l'aveugle", a-t-elle ajouté. "Le Premier ministre a demandé à Marylise Lebranchu d'ouvrir des négociations dans la fonction publique pour faire en sorte d'affecter les fonctionnaires là où c'est le plus utile. Quel résultat cela aura sur le nombre global de fonctionnaires ? Je ne peux pas répondre."

Il n'est donc pas question de baisser les bras bien au contraire !

C'est tout le sens de la nécessité de construire des mobilisations et un rapport de force qui permettent d'empêcher ces orientations régressives qui fragilisent encore plus la fonction publique et les services publics qui en découlent.

Il est temps d'unir nos forces pour contrer cette politique désastreuse.

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Published by SUD 61